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Au commencement de l'exil des juifs [en Egypte], les âmes de tous les fils de Yaakov se rassemblèrent dans la grotte de Ma'hpéla et crièrent aux Patriarches : "Une nation cruelle asservit vos enfants!"
Elles s'y étaient réunies afin de demander aux Patriarches de prier pour leurs enfants.

La Torah dit donc : "Voici les noms des fils d'Israël qui vinrent avec Yaakov" (Chémot 1,1) = après leur mort, ils vinrent avec Yaakov prier pour leurs enfants.
[l'exil égyptien ne commença qu'après la mort du dernier des enfants de Yaakov (Lévi)].
[rabbi El'azar ben Arakh - Zohar]

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-> "Voici les noms des fils d'Israël qui viennent en Egypte ; ils y accompagnèrent Yaakov, chacun avec sa famille" (Chémot 1,1)

-> Rabbi Ména'hem de Lonzalo explique que le terme "chémot" (שמות) signifie en réalité "néchamot" (נשמות).
Les âmes des pères des 12 tribus d'Israël accompagnèrent les Bné Israël jusqu'à leur délivrance afin de pouvoir expier le fait d'avoir vendu leur frère Yossef qui a été exilé en Egypte.

Le midrach nous rapporte que lorsque les Bné Israël sortirent d'Egypte, bien que la Torah ne mentionne uniquement le rapatriement des ossements de Yossef, chacune des tribus prit le cercueil qui lui correspondait : la tribu de Réouven, les descendants de Chimon prirent avec eux le cercueil de Chimon, ...
Yossef les avait fait jurer qu'à leur sortie d'Egypte, ils emporteraient son cercueil, comme il est écrit : "Moché prit les ossements de Yossef avec lui, car il avait fait jurer les Bné Israël" (Béchala'h 13,19).
Il faut savoir que les cercueils de toutes les tribus sortirent d'Egypte pour recevoir une sépulture en Israël. Ce n'est donc pas seulement leurs corps qui restèrent en Egypte jusqu'à la délivrance mais également les âmes (néchamot), comme il est écrit : "véélé chémot" : ne lis pas chémot mais plutôt néchamot.

"Assurément, la chose est connue" (Chémot 2, 14)

-> Rachi explique que Moché se demandait quelle était la faute des juifs pour ''mériter'' de telles souffrances.
Quand il constata qu'il y avait parmi eux des médisants, il comprit que c'était cela la cause de l'exil, et il dit : "Assurément, la chose est connue" = je connais à présent la raison de cette chose.

Mais lorsque plus tard, Hachem se dévoilera à Moché sur le buisson, et qu'Il l'enverra libérer les juifs d'Egypte, Moché demandera : "Pourrai-je sortir Israël du pays d'Egypte?" (Chémot 3,11)
Rachi d'expliquer cette question : "Mais quel mérite ont-ils pour être libérer?"

=> Ainsi, au départ, Moché ne voyait aucune raison à cet esclavage, mais quand il sut qu'il y avait parmi eux de la médisance, tout d'un coup, il ne voit à présent plus aucune raison pour qu'ils soient libérés.
Même si cela semble étonnant et paradoxal, c'est la réalité : lorsqu'il y a de la médisance, plus aucun mérite ne peut plus aider pour être sauvé!

[Sfat Emet]

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=> Pourquoi est-ce précisément la faute du lachon ara qui fut la cause de souffrances si atroces pour le peuple juif ; en effet les Bné Israël pratiquaient l’idolâtrie, qui ne provoqua pourtant pas tant de malheurs.

Le 'Hafets 'Haïm explique que lorsqu’une personne enfreint un interdit, un ange accusateur est créé ; il s’agit d’un être spirituel qui puise sa force de la faute qui le fit naître. Cet ange accuse le fauteur dans le Beit Din (Tribunal) Céleste, et ce dernier est alors puni.
Or, si l’ange est créé par une action qui ne requiert pas la parole, celui-ci est privé de la faculté d’exprimer clairement l’infraction commise et la personne reste impunie.

La transgression du lachon ara est néanmoins différente, parce qu’elle implique la parole. En conséquence, l’ange créé par cette faute est doté, lui aussi, de cette capacité. Il peut alors exprimer verbalement la nature du lachon ara commis ; la ‘Hafets ‘Haïm poursuit en disant que cet ange énumère également toutes les fautes non dites, que l’homme a commises jusqu’alors.
Ainsi, le fait de dire du lachon hara est la porte ouverte à une punition pour de nombreux autres péchés.

Ceci explique pourquoi le lachon ara du peuple juif engendra les terribles souffrances qu’il dut endurer en Égypte. Sans ce démérite, les Bné Israël auraient été épargnés de la sanction reçue pour leurs autres fautes, comme l’idolâtrie, mais une fois que Moché vit clairement qu’ils avaient trébuché dans ce domaine, il comprit l’amertume de cet exil.
[rapporté dans Tallelé Orot - Chemot 2,14]

"Moché consentit à demeurer avec cet homme" (Chémot 2,21)

-> Dans la Mékhilta, il est écrit que lorsque Moché demanda à Yitro la main de sa fille Tsipora, il accepta à la condition que le fils qu'il aurait en premier (té'hila) serve l'idolâtrie, tandis que les suivants pourraient servir Hachem.
Moché accepta et Yitro le fit jurer, comme le laisse entendre le terme "vayoel" (consentit) qui se réfère à un serment.

-> Selon le 'Hidouché haRim, nous ne devons pas comprendre cela au sens propre, mais plutôt ainsi :
Yitro voulait que le fils qu'aurait Moché suive sa voie, c'est-à-dire serve d'abord (té'hila) l'idolâtrie, puis constate sa vanité et son abomination et découvre ensuite la vérité : la foi en Hachem, D. du peuple juif.
Mais Moché changea d'avis et s'y opposa, car il est impossible de se soustraite à toute impression de l'idolâtrie une fois qu'on l'a servie.

"Un nouveau roi s'éleva sur l'Egypte, lequel n'avait pas connu Yossef" (Chémot 1,8)

-> "Rav et Chmouël au sujet de ce verset : l'un pense qu'il s'agissait véritablement d'un nouveau roi, le second estime que seuls ses décrets changèrent [...]
"Lequel n'avait pas connu Yossef" = il laissait croire qu'il ne l'avait jamais connu."
[guémara Sotah 11a]

-> Rav Méïr Rubman (Zikhron Méïr) rapporte le michnat Rabbi Eliézer :
"Pourquoi la Torah se montre-t-elle si intransigeante envers l'homme ingrat?

Parce que l'ingratitude est assimilable au reniement de Hachem, car celui qui refuse de croire en D. n'est en réalité qu'un homme ingrat : il refuse aujourd'hui de reconnaître le bienfait dont l'a gratifié son prochain, et le lendemain il conteste les bienfaits de son Créateur.

C'est ce qui est dit au sujet de Pharaon : "Lequel n'avait pas connu Yossef" = Pourtant, les bienfaits de Yossef n'étaient-ils pas jusqu'à ce jour reconnus par toute l'Egypte?

C'est qu'en réalité, Pharaon savait mais refusait de l'apprécier. Et pour avoir nier les bienfaits de Yossef, il finit par renier la bonté de Hachem, comme il est dit : "Je ne connais point Hachem".
Il est donc établi que l'ingratitude est assimilable à l'athéisme."

-> Une idée similaire se trouve dans le midrach (Chémot rabba chap.1) :
"Lequel n'avait pas connu Yossef" = Se peut-il réellement qu'il ne l'ait pas connu? ...

Le verset renvoie ici à l'idée que : "Aujourd'hui, Pharaon ne connait pas Yossef, et demain, il finira par dire : Je ne connais pas Hachem!"

[ainsi, toute la chute de Pharaon a résidé dans sa non appréciation de tout le bien que Yossef lui apportait!
=> Dans notre vie, chaque occasion de témoigner de notre gratitude est un pas nous rapprochant de Hachem, et inversement.
La reconnaissance est à la base de la foi juive!]

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-> Le Kli Yakar dit que la vie de Yossef démontre que malgré toute la volonté de ses frères de le faire disparaître et de lui nuire pour empêcher ses rêves de se réaliser, pour ne pas qu’il règne sur eux, ce sont justement ces tentatives qui ont menées à sa réussite et à sa grandeur.

Quand Hachem décide d’élever quelqu'un, rien ne sert de le rabaisser. Seule la Volonté Divine se réalisera, et les actions de ses ennemis pour lui nuire seront utilisées par Hachem pour justement le mener à sa réussite.

Pharaon ne connaissait pas Yossef = c'est-à-dire qu’il ignorait cet enseignement qui ressort de la vie de Yossef, car s’il en avait conscience, il n’aurait pas essayer de nuire aux juifs de peur que le mal qu’il leur ferait entraînerait justement leur délivrance et leur grandeur.

Et c'est effectivement ce qui se passa, la Torah nous dit que "plus il les oppressait, plus ils se multipliaient".
Le mal que Pharaon imposait aux juifs pour ne pas qu’ils se multiplient entraîna l’inverse de sa volonté et Pharaon n’a réussi qu’à se causer des nuisances à lui-même.

Ainsi :
- "S’est levé un nouveau roi sur l’Egypte" = ce nouveau roi s’est en fait "élevé" sur l’Egypte, c’est-à-dire "contre" l’Egypte :
- comme "il ne connaissait pas (l’histoire de) Yossef" = en fait, en voulant nuire aux juifs, il ne nuisit qu’à l’Egypte : "Il s’éleva contre l’Egypte".

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-> Le 'Hatam Sofer rapporte les propos du Targoum qui dit : "Qui ne réalisa pas l’ordre de Yossef".
Il ignorait Yossef, c’est-à-dire les décrets de Yossef, comme le fait que les égyptiens devaient se circoncire, ce qu’ils firent.
Cependant, ce nouveau roi qui se leva ignora ce décret de Yossef et l’annula. Il décréta qu’à présent les égyptiens ne devaient plus se circoncire.

Le 'Hatam Sofer explique que cela était un remède pour les juifs, et ne servit que de moyen pour amener la libération des juifs.
En effet, la Torah nous dit que quand la fille de Pharaon vit le panier sur le Nil, elle a su que le bébé était un juif, et c’est ainsi qu’elle accepta de le confier à des juifs, à savoir à ses vrais parents qui lui enseignèrent l’existence de Hachem et lui révélèrent que lui aussi était un Hébreu.
Sans cela, il n’aurait rien su de tout cela, et il n'aurait probablement jamais été apte à délivrer le peuple juif d'Egypte.
[le jour même où il fut mis sur le Nil, Moché fut également confié par Batiya à sa mère (Batiya ne savait pas que c'était sa mère), pour qu'elle le nourrisse (il refusait tout autre lait). Moché est resté chez ses parents jusqu'à l'âge de 2 ans, et il a rejoint alors le palais où il vécu jusqu'à ses 12 ans.]

Cependant, nos Sages enseignent que Pharaon décréta de jeter dans le Nil tous les garçons, et même les égyptiens et pas seulement les juifs.
=> Comment la fille de Pharaon a-t-elle pu savoir que le bébé était un juif et pas un égyptien?

Le Ramban répond qu'elle constata qu’il était circoncis (Moché est né ainsi).
Il en ressort que si Pharaon n’avait pas supprimé l’ordre de Yossef que les égyptiens doivent se circoncire, alors tous les égyptiens aussi l’auraient été et la fille de Pharaon n’aurait pas pu savoir que le bébé était juif, avec toutes les conséquences que cela auraient entraîné.

=> Ainsi, Pharaon pensaient faire du mal en annulant l’ordre de Yossef, mais en réalité Hachem était en train, sur son dos, de préparer la délivrance.

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-> "Un roi nouveau s’éleva sur l’Égypte, lequel n’avait point connu Yossef" (Chémot 1,8)

-> Le Ben Ich 'Haï (Od Yossef 'Haï - Chémot) enseigne :
Le Alchikh haKadoch a déjà fait remarquer que ce verset pourrait laisser entendre que la raison de l’esclavage des Bné Israel en Egypte est purement naturelle et fortuite ; le nouveau Pharaon n’aurait pas entendu parler de Yossef et donc, découvrant ce peuple étranger sur sa terre il décide de l’asservir. C’est très peu probable que ce fût possible. Yossef avait inventé un système économique qui propulsa l’Egypte à la tête des nations, et ce, si récemment que personne ne pouvait l’ignorer. il existe donc des explications cachées à ce verset.

Le Alchikh haKadoch donne son explication, mais dans la lignée de l’interprétation du Arizal, la théorie du Tikoun (réparation), qui donne un sens commun à la création du monde, les actions des pères et l’exil d’Egypte, on peut expliquer que si l’exil d’Egypte était nécessaire à la récupération des étincelles de sainteté d’Adam Harishon, la vente de Yossef et sa condition d’esclave aurait du dispenser les Bné Israel de l’esclavage.
Et c’est ce que Pharaon décida d’ignorer, que cette partie de la réparation des étincelles et du séjour en Egypte était déjà accomplie.
Ceci répond également à la question: "pourquoi les égyptiens ont-ils été punis, alors que l’exil et l’esclavage étaient un décret divin?", c’est, comme on a dit qu’ils n’auraient pas du les réduire en esclavage, car ce niveau avait été accompli par Yossef. Ceci Pharaon l’ignora et lui et son peuple furent punis pour esclavage "injustifié".

"Les égyptiens asservirent les enfants d'Israël avec une extrême rigueur" (Chémot 1,13)

-> Les Tossafot (Pesachim 117b) utilise le système at'bach (א-ת ב-ש), dans lequel chaque lettre hébraïque est substituée par son inverse en partant de la fin de l'alphabet.
Ainsi, à la place de la 1ere lettre (aleph), on prend la 1ere en partant de la fin (tav), pour la 2e lettre (bét), on prend la 2e en partant de la fin (shin), ...

Le mot : "faré'h" (une extrême rigueur - פָרֶךְ), se transforme alors en : וגל, qui a une guématria de 39.
Cela fait allusion au fait que les égyptiens obligeaient leurs esclaves juifs à accomplir l'ensemble des 39 méla'hot (travaux créatifs).
Par conséquent, après leur libération de l'esclavage, Hachem leur a ordonné d'observer le Shabbath en n'accomplissant pas ces 39 méla'hot.

Cela permet de mieux comprendre pourquoi nous récitons dans le Kidouch : "en souvenir de la sortie d'Egypte" (זכר ליציאת מצרים).
De même que sur : "Tu te souviendras que tu étais esclave dans le pays d'Egypte et que Hachem ton D. t'en a fait sortir d'une main puissante et d'un bras étendu ; c'est pourquoi Hachem ton D. t'a ordonné de faire le jour du Shabbath" (Vaét'hanan 5,15)

Hachem écoute nos cris du coeur

"Maintenant, voici que le cri des enfants d'Israël est venu à Moi" (Chémot 3,9)

Ce verset au complet dit : "Maintenant, voici que le cri des enfants d'Israël est venu à Moi, et également J'ai vu l'oppression que les Egyptiens leur imposent".
=> On peut s'interroger. Puisque tout le cri des enfants d'Israël n'est venu que du fait de l'oppression. Alors pourquoi la Torah présente cette oppression comme une chose indépendante des cris?

-> En fait, le Yisma'h Israël explique que parfois un homme peut se retrouver dans une situation tellement difficile, une oppression tellement lourde, qu'il n'a même plus la force de prier et se tourner vers Hachem. Parfois la vie fait qu'on se sent découragé voire même abandonné, et qu'on n'a même plus la force et la clarté d'esprit de formuler des mots et de s'adresser à Hachem pour Lui demander de l'aide. L'homme se trouve alors entouré de ténèbres et il est accablé par les difficultés.
Parfois, ce ne sont pas des épreuves matérielles qui l'accablent, mais des épreuves spirituelles. Il se sent envahi par son mauvais penchant (yétser ara), empli de doutes dans sa foi, enfoncé dans l'impureté des fautes et se sent si loin d'Hachem. Alors, il commence à ressentir sa détresse spirituelle et cherche désespérément à revenir vers son Père qui est aux Cieux. Mais il se sent si loin qu'il n'arrive même pas à parler à Hachem, il ne trouve pas les mots dans son désarroi. Et dans sa détresse, matérielle ou spirituelle, la seule chose qu'il puisse arriver à faire, c'est de crier, de lever la voix et dire : "Ah! Ah!"
Mais du fait de sa difficulté, il n'a pas l'esprit assez clair et la confiance en Hachem assez forte pour se motiver et s'adresser à Lui avec lucidité et clarté, par une prière bien formulée ...

Bien que de façon générale, Hachem attend de l'homme qu'il Lui parle, qu'il prie, qu'il prononce des phrases, des demandes explicites. En général, Hachem écoute les prières, il faut Lui adresser des prières. Malgré tout, Hachem connaît le cœur de l'homme et Il sait que sa situation et sa détresse l'empêche de prier. Il sait qu'il aimerait bien Lui parler, mais se trouve dépourvu, sans mot, et que la seule chose qu'il puisse faire, c'est crier vers Lui.
Ainsi, Hachem écoutera ses cris et trouvera le moyen de lui répondre et lui envoyer Sa Lumière et Son secours.

Tel est le sens de ce verset : "Maintenant, voici que le cri des enfants d'Israël est venu à Moi", des cris sans mots, sans prières, de simples gémissements. Bien qu'en général, Hachem attende qu'on lui parle mais "maintenant", la situation est arrivée au point de tellement les submerger qu'ils ne sont plus capables de prier. Alors à présent, leurs cris peuvent venir vers Lui.
"Et également J'ai vu l'oppression que les Egyptiens leur imposent", parallèlement à ces cris, Hachem a également vu l'oppression que leur imposent les égyptiens. Compte tenu de cette situation, Il a accepté de se contenter de simples cris des enfants d'Israël et les a exaucé.

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-> Nous avons crié vers Hachem, le Dieu de nos pères.
J’ai entendu le rabbi de Satmar, rabbi Yoël, dire que lorsque la génération est spirituellement basse et entourée d’impureté et de mal, Hachem accepte nos cris pour revenir vers Lui, même si nous n’avons pas rempli toutes les conditions de la téchouva qui étaient exigées des générations précédentes.

Le rabbi apporte la preuve suivante du verset : "Maintenant, voici que le cri des enfants d'Israël est venu à Moi" (Chémot 3,9) : Hachem disait, c’est-à-dire dans les ténèbres et l’impureté de l'Egypte, si seulement vous criiez pour implorer miséricorde et aspiriez à quitter cette prison d’impureté, alors J’entendrais vos cris!"
[rav Moché Sternbuch]

"Ils (les Egyptiens) leur rendirent la vie amère par de rudes travaux, par l’argile et par les briques, et par tous les ouvrages des champs, toutes ces charges qu’ils leur imposèrent avec cruauté" (Chémot 1,14)

Sur ce verset, le Zohar (III, 153a) enseigne :
"- "par de rudes travaux" (bavoda kacha) = c’est le questionnement [de la Guémara] (קושיא – Kouchia) ;
- "par l’argile" (bé'homer), c’est le raisonnement à fortiori (קל וחומר – Kal Va’Homer) ;
- "et par les briques des champs" = c’est l’éclaircissement de la Halakha (לבון הלכה – Liboun Halakha) ;
-" et par les ouvrages des champs" = c’est la Baraïta (ברייתא) [l’enseignement des Tanaïm non-inclus dans la Michna – resté ‘à l’extérieur’ comme le champ] ;
- "toutes ces charges qu’ils leur imposèrent avec cruauté" = c’est Tikou (תיק״ו) [les questions non résolues. תיק״ו est formé des initiales de la phrase: ובעיות קושיות יתרץ תשבי – Tichbi (Eliahou Hanavi) viendra résoudre des questions et des problèmes de Torah]
(selon une autre version, ‘Toutes ces charges qu’ils leur imposèrent avec cruauté’, c’est la Michna)."

=> A première vue, cet enseignement du Zohar est difficile à comprendre, comment pouvons-nous dire que les Egyptiens ont fait souffrir les Hébreux avec les différents aspects de la Loi Orale, alors que la Torah n’avait pas été donnée, et que d’autant plus et de manière littérale, les Egyptiens ont fait souffrir les Hébreux physiquement et non au niveau de l’étude de la Loi.

-> A propos de la promesse faite à Avraham, lors de "l’Alliance entre les morceaux" : "Et Hachem dit à Avram : Sache que ta postérité sera étrangère dans un pays qui ne lui appartiendra point, et qu’elle en servira les habitants, et qu’ils l’opprimeront pendant 400 ans. Mais je jugerai aussi la nation à laquelle tes descendants seront asservis ; et ensuite ils sortiront avec de grandes richesses" (Lé'h Lé'ha 15,13-14) ...

Selon le Alchikh haKadoch : les "richesses" dont il est question dans la promesse divine : ‘Et ensuite ils sortiront avec de grandes richesses’, sont les richesses de la Loi Ecrite et de la Loi Orale qu’ils mériteront de recevoir grâce à la purification égyptienne.

-> Le Chlah haKadoch (Lé'h Lé'ha) nous explique que la raison de l’esclavage d’Egypte, rendant la vie amère aux Bné Israël, par le mortier et les briques, était d’inscrire dans le cœur des Hébreux le principe même de la servitude, afin que celle-ci leur procure l’aptitude au Service divin (c’est-à-dire, opérer le transfert du statut d’esclave [éved - עבד] à celui de Serviteur d’Hachem [éved Hachem - עבד ה׳]).

Plus encore, la guémara (Béra'hot 63b) nous enseigne : D’où apprenons-nous que la Torah ne persiste que dans une personne qui est prête à mourir pour elle? Car il est écrit : ‘Voici la Torah – un homme qui meurt dans la tente [de l’étude]’ ('Houkat 19,14)."
Ainsi, Hachem a fait en sorte que les Egyptiens rendent amère la vie des hébreux par le mortier et les briques, afin d’inscrire dans leur essence la force de se sacrifier dans la "Tente" de la Torah.

C’est également le sens du verset : "Quand tu auras fait sortir ce Peuple de l’Égypte [une fois épurés], vous adorerez le Seigneur sur cette montagne même [ils mériteront le Don de la Torah]" (Chémot 3,13) [ils recevront la Torah sur cette Montage, trois mois après leur sortie d’Egypte – Rachi]
(A noter que le mot : ַּTaavdoun (vous adorerez - תעבדון), se décompose en ת עבדון (Tav Avadoun – 400 ans vous serez esclaves).
Bien qu’Hachem ait décrété, dans l’Alliance avec Avraham, un Exil de 400 ans, sa descendance n’a séjourné que 210 ans en Egypte, car ce nombre d’années suffit pour réaliser "l’épuration de la morsure du Serpent", condition nécessaire et suffisante pour recevoir la Torah. Quant à savoir comment devons-nous compléter les 190 années manquantes (400-210) ; du fait que "la Torah ne peut subsister que dans une personne qui est prête à mourir pour elle" - ainsi, grâce à la "servitude" de l’étude de la Torah [l’étude avec fatigue jusqu’à "mourir"], nous complétons le décret de servitude des 400 ans.

Plus encore, enseigne le Torah Ohr (sur Chémot), de même que nos ancêtres ont mérité le Don de la Torah "Niglé" (dévoilée), "grâce" à la servitude des "travaux rudes, de l’argile et des briques" (comme nous le révèle le Zohar), de même, par l’étude assidue durant le dernier Exil, nous mériterons le dévoilement de la partie profonde de la Torah (Nistar).

Nous pouvons aussi rappeler l’enseignement de la guémara (Erouvin 54b) selon lequel, Rabbi Pereida avait un élève pour qui, il se devait de répéter 400 fois son enseignement, et la guémara de conclure que Rabbi Pereida mérita en récompense de vivre 400 années de plus.
Le parallèle [enseigné par le Zohar] entre les 400 ans de servitude égyptienne et le labeur de l’étude de la Torah, fut pour Rabbi Pereida, une source d’inspiration pour sa méthode de répétitions de l’enseignement de la Loi, ce qui lui valut un ajout de 400 années de vie, à l’instar de l’étude assidue qui a la capacité de compléter les années manquantes du décret divin.

[Moché et Aharon vinrent et dire à Pharaon : ... ] "Laisse-nous donc partir 3 jours de chemin dans le désert et nous offrirons des sacrifices à Hachem notre D." (Chémot 5,3)

-> Hachem ne donne pas à un homme une épreuve s'il ne peut pas la surmonter.
Cela est valable même pour un non-juif, et même pour un racha.

En effet, Hachem savait que si Moché avait demandé à Pharaon de libérer son peuple pour toujours, alors Pharaon n'aurait pas pu surmonter cette épreuve. Le peuple juif lui servait grandement et lui amenait la bénédiction.

C'est pourquoi, Moché lui a dit : "Laisse-nous donc partir 3 jours de chemin dans le désert" = sous-entendant qu'ils reviendraient ensuite.
[Pharaon pouvait alors pleinement exercer son libre arbitre pour y répondre]

[d'après le Alshich haKadoch]

[Chaque épreuve que D. nous envoie est une occasion de nous élever, de rendre réel nos potentialités internes, et d'ainsi nous rapprocher davantage de Hachem, ce qui est l'objectif de notre vie.
Toute épreuve est décrétée par D., pour notre bien, et est dosée dans les moindres détails pour que nous puisions la surmonter (la durée, l'intensité, ...).]

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-> "Hachem n'élève personne à la dignité avant de l'avoir testé" (midrach Béréchit rabba)

-> "Il [D.] voulait t'éprouver par les tribulations pour te rendre heureux à la fin" (Ekev 8,16)

[Une épreuve est pour nous comme un test personnalisé de notre fidélité à Hachem.
A quel point Lui resterons-nous confiant, plein d'amour?]

"De même qu'en Egypte, Hachem a nommé 2 messagers pour mener les juifs en dehors de l'esclavage : Moché et Aharon, de même nous aurons 2 émissaires au moment de la délivrance finale : Machia'h ben Yossef et Machia'h ben David.

Pourquoi cela?
Un pour sortir les juifs de l'exil, et un autre pour sortir l'exil des juifs."

[rabbi Chmouël Mohilever]

Réincarnations & paracha Chémot

+++ Réincarnations & paracha Chémot :

+ Quelle est la raison profonde qui poussa Batya a prendre le risque de sauver Moché?

-> Selon le Arizal (Chaar haGuilgoulim), Batya, fille de Pharaon, était une réincarnation de 'Hava.
Or, 'Hava est la mère de toute l'humanité, et elle n'est pas née de parents : Hachem ayant pris une partie d'Adam pour la créer.

- Le nom Batya (בתיה) est constitué de : בת - יה (bat ya) = la fille de Hachem.
- Moché (משה) est l'acronyme de : Moché (משה), Chét (שת) et Hével (הבל), dont il en était la réincarnation.

=> Batya ('Hava) a pris Moché, car elle avait beaucoup de miséricorde pour ses propres enfants (Chét et Hével).

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-> Rabbi Eliezer Friedman poursuit cette idée un peu plus loin.

C'est 'Hava qui a donné à son mari du fruit interdit, entraînant alors leur exil du gan Eden, avec l'obligation de vivre une vie difficile, plein d'efforts, et avec l'apparition de la mort.
D'une certaine façon, 'Hava est "responsable" à chaque fois qu'une personne va mourir, puisqu'elle a conduit à introduire cette réalité.

Cependant, Moché a permis de ramener la vie dans le monde, en libérant le peuple juif de l'esclavage et en apportant la Torah, au point où l'on parle de : Torat Moché du Sinaï!
En effet, la Torah c'est la vie, et c'est l'héritage qu'il nous laisse chaque jour.

Batya en récupérant Moché du fleuve, elle lui a sauvé la vie, mais également celle de chacun des juifs (car seul Moché avait la capacité de faire sortir le peuple!), et en réalité c'est toute l'humanité, le monde entier qu'elle a également sauvé en permettant le don futur de la Torah (en effet, si à un seul instant personne n'étudie la Torah, alors le monde disparaît immédiatement!).

=> C'est ainsi que Batya (réincarnation de 'Hava) a pu effacer la faute originelle de 'Hava.

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-> Le Chla haKadoch explique la raison pour laquelle le peuple d'Israël fut asservi précisément en Egypte, chez Pharaon le roi d'Egypte.
Pharaon avait les caractéristique du serpent avant la faute de l'arbre de la connaissance, qui par conséquent a fait fauter tout Israël (toutes les âmes d'Israël étaient incluses dans Adam).
Ainsi, Hachem a réincarné toutes ces âmes contenues dans Adam. Elles fautèrent malgré elles sous le conseil du serpent avec l'arbre de la connaissance. C'est pourquoi elles subirent la difficulté de l'esclavage en Egypte chez Pharaon, le serpent des 6 premiers jours de la création. C'est donc par son intermédiaire qu'elles devaient réparer les dommages causés par le serpent.

-> Le Tsor ha'Haïm (Chémot 2,5) enseigne :
"La fille de Pharaon descendit pour se baignait près du fleuve" (Chémot 2,5).
D'après le midrach (Chémot rabba 1) : "Elle descendit se laver des impuretés de la maison de son père".
C'est-à-dire réparer les impuretés du serpent qu'était Pharaon, son père.

Tout ceci par le mérite d'un seul homme, Moché qui va recevoir la Torah et la transmettre à son peuple.
Moché était la réincarnation d'Adam, et lorsqu'il était dans le panier sur le Nil, sa simple présence réussit à soumettre les forces des klipot de l'idolâtrie du fleuve.
Puis, lorsque Batia descendit vers le fleuve, elle fut attirée par une très grande force de sainteté.
A ce moment précis, elle comprit que Moché était la réincarnation d'Adam le premier homme.
Elle sut qu'elle le fit fauter dans sa première réincarnation. Ainsi elle sauva sa vie et étendit son bras pour épargner cet enfant destiné à la mort et l'amener vers la vie.
Il devait réparer toutes les âmes qui fautèrent avec l'arbre de la connaissance et qui avaient été réincarnées en Egypte pour s'épurer.
Et grâce à cet acte de noblesse, elle mérita elle-même en se baignant de se purifier des impuretés du serpent, c'est-à-dire "des impuretés de la maison de son père".

Ainsi, Batia étant la réincarnation de 'Hava, elle fournit tous les efforts nécessaires pour sauver Moché, la réincarnation d'Adam. En effet, afin de réparer la mort qu'elle lui causa par sa faute lors de sa réincarnation précédente, mesure pour mesure, elle lui sauva la vie dans cette réincarnation.

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-> Rabbi Ména'hem Azaria de Pano écrit :
"Batia la fille de Pharaon était la réincarnation de 'Hava. Or puisque 'Hava fut directement créée par Hachem, elle fut appelée Batia : בת - יה (bat ya) = la fille de Hachem.
Il est rapporté dans le midrach (Vayikra rabbia 1) une explication sur la fille de Pharaon : Hachem dit à Batia : fille de Pharaon! Moché n'était pas ton fils et malgré tout tu l'as appelé ton fils. De même que tu n'es pas ma fille, Je t'appellerai ma fille, comme il est : "Eux furent les enfants de Batia".

Il est également mentionné que la fille de Pharaon épousa un homme qui se prénommait Mérèd : "Eux furent les enfants de Batia, fille de Pharaon, qu'avait épousée Mérèd" (Divré haYamim 1,4-18).
Nos Sages (guémara Sanhédrin 19b) précisent que Mérèd était en réalité Kalev ben Yéfouné, comme il est rapporté : "Mérèd est-il réellement son nom? Pourtant Kalev est son nom. Hachem dit : puisque Kalev s'est rebellé (rebellé = Mérèd) contre l'avis des explorateurs, il épousera la fille de Pharaon qui s'est elle aussi rebellée contre les impuretés de la maison de son père".

-> Rabbi Nathan Shapira ajoute que puisque 'Hava entraîna la mort dans le monde, lorsque Batia sauva Moché de la mort, cela entraîna l'annulation du décret de Pharaon ordonnant de jeter tous les nouveau-nés mâles dans le Nil. Grâce à son intervention, elle sauva un très grand nombre d'âmes de la mort.
C'est le sens des paroles de la guémara (Soucca 12b) : "Dès que Yo'hévét déposa Moché sur le fleuve, le décret de Pharaon contre tout Israël fut annulé".

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-> Moché était la réincarnation d'Adam, qui incluait en lui toutes les âmes de l'humanité.
De même Moché avait des mérites qui étaient équivalents à tous ceux du peuple d'Israël.
Moché était la réincarnation de la bonne partie partie d'Adam, c'est-à-dire après que ce dernier se soit repenti de façon complète de la faute de l'arbre de la connaissance, comme il est rapporté : "Adam était d'une grande piété car lorsqu'il vit que la punition de la mort vint par sa faute, il jeûna durant 130 ans" (guémara Erouvin 18b).
Ainsi, Moché naquit après 130 ans d'exil en Egypte. En effet, il était âgé de 80 ans lorsqu'il fit sortir les Bné Israël d'Egypte après 210 ans d'esclavage.
C'est le sens du verset : "Elle le vit car il était bon" (Chémot 2,2), elle vit qu'il possédait la bonne partie d'Adam.
[rav Yaniv Yaakov]

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-> Le Arizal rapporte que Yo'hévét était elle aussi la réincarnation de 'Hava. De la même façon que 'Hava enfanta après s'être séparée d'Adam durant 130 ans, de même Yo'hévét conçut Moché à l'âge de 130 ans après s'être séparée d'Amram.
L'enfant contenait des étincelles d'âme de Chét, le 3e fils d'Adam, conçu après qu'Adam se soit repenti.
C'est la raison pour laquelle il est dit à propos de Moché : "Elle vit qu'il était bon".

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+ Comment comprendre que Moché a pu se marier avec une fille de Yitro, un des principaux prêtes idolâtres de l'époque? Est-ce vraiment approprié pour un enfant de la tribu de Lévi?

-> "Celui qui verse le sang de l'homme, par l'homme (baadam) son sang sera versé" (Noa'h 9,6)

Le Chla haKadoch note que le mot : baadam (par l'homme) est en trop, et cela afin de nous enseigner que si quelqu'un est tué par les mains d'un d'autre, alors son âme réincarnée devra tuer celui qui l'a tué.

Le premier meurtre de l'histoire du monde fut lorsque Caïn a tué son frère Hével. C'est ainsi, que la future réincarnation de Hével devra tuer la future réincarnation de son frère Caïn.

-> Rabbi Chimchon d'Ostropoli (grand kabbaliste du 17e siècle) nous livre le développement suivant.
Il est écrit : "Caïn a subi vengeance" (Béréchit 4,24), qui se dit : "youkam Caïn".

- Caïn a été réincarné dans 3 personnes, qui sont l'acronyme du mot : youkam (יֻקַּם), soit : Yitro (י), Kora'h( ק) et Mitzri (מ).
- Moché rabbénou était la réincarnation de 2 âmes : Chét et Hével.
[le nom Moché (משה) est l'acronyme de : Moché (משה), Chét (שת) et Hével (הבל)]

=> C'est pourquoi selon nos Sages, il était nécessaire pour Moché de venger la mort de Hével par Caïn en : tuant l'égyptien (Mitzri), en se débarrassant de la nation de Kora'h, et en convertissant Yitro.

-> Le nom Moché (משה) est l'acronyme de : Moché (משה), Chét (שת) et Hével (הבל).
Rabbi Chimchon d'Ostropoli fait remarquer que les lettres restantes des noms שת et הבל forment le mot : תבל.
Afin de pouvoir achever la réparation totale des noms Chét et Hével, Hachem se dévoila à Moché dans une "flamme de feu" (lavat éch - לַבַּת אֵשׁ). Or, le terme לַבַּת (flamme) est composé des mêmes lettres que תבל.
Ainsi, en se rapprochant de cette flamme de feu, Moché répara les lettres restantes qui complètent les noms de Chét et Hével, finalisant leur réparation (tikoun).
["Un ange d'Hachem lui apparut dans une flamme de feu au milieu d'un buisson" (Chémot 3,2)]

=> Pourquoi cela?

Selon le Zohar (Tikouné Zohar 69,102) : "En contemplant la Présence Divine qui descendit durant son sacrifice, Hével se rendit passible de la peine de mort. Ainsi, Hével ne bénéficia pas d'une protection particulière lorsque Caïn son frère vint le tuer".

D'après ce Zohar, le Arizal (Chaar haGuilgoulim hakdama 34) écrit :
"C'est en contemplant la Présence Divine qu'Hével se rendit passible de la peine de mort ; et c'est la raison pour laquelle Caïn réussit à le tuer. C'est par le mérite que "Moché cacha son visage" (Chémot 3,6), que la réparation d'Hével put s'opérer.
C'est pourquoi Moché était la réincarnation d'Hével. Ce dernier s'étant endommagé en contemplant la Présence Divine lorsque Hachem descendit vers son sacrifice, Moché quant à lui, cacha son visage devant le buisson ardent".
[en cachant son visage, Moché put ainsi réparer l'âme d'Hével.]

Le Arizal ajoute que la raison pour laquelle Moché n'a pas eu des enfants qui ont été des grands tsadikim est parce qu'ils sont nés avant la vision du buisson ardent, et par conséquent, avant que Moché ne répare les lettres restantes des noms de Hével et Chét.
Il y a également une autre raison à cela ; toutes les âmes du peuple juif sont considérées comme les enfants de Moché, comme les sages nous ont enseigné : Moché était équivalent à tout Israël (Mékhilta Yitro 1), car de la même façon qu'Adam contenait en lui toues les âmes de l'humanité, Moché contenait en lui toutes les âmes d'Israël.
Ainsi, Guerchon et Eliézer étaient semblables à tous les autres enfants d'Israël.

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-> Selon le midrach (Béréchit rabba 22), Caïn et Hével sont nés avec des sœurs jumelles, avec lesquelles ils se sont mariés ensuite.
Cependant, Hével est né avec une jumelle supplémentaire (à partir des mots : "elle enfanta encore son frère Hével" - Béréchit 4,2).
Cela a rendu Caïn jaloux, qui a alors tué Hével afin de pouvoir revendiquer pour lui cette sœur.

Tsipora, la fille de Yitro, était une réincarnation de cette fille.

=> C'est pourquoi, Moché, la réincarnation de Hével, devait se marier avec Tsipora, la jumelle pour laquelle il était destiné, qui lui a été accordée par Yitro, la réincarnation de son meurtrier : Caïn.

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-> Le rav Yissa'har Chmouëli Beniahou enseigne :
Qui était Tsipora?
Tsipora était d'une très grande pureté. Ses actions étaient dignes de louanges. Elle était la réincarnation de la 2e sœur jumelle d'Hével. Elle n'a jamais écouté les arguments de Caïn.
C'est cette dispute qui attira le regard Azael (עזאל) [ange venu sur terre pour prendre conscience du libre arbitre d'un juif à la différence des anges ??]. Il posa les yeux sur elle, comme cela est décrit : "Les fils de D. virent que les filles de l'Homme étaient belles" (Béréchit 6,2).
Elle refusa de l'écouter tant qu'il ne lui apprendrait pas le Nom ineffable de D.
Il accepta et lui transmit le Nom de D., et grâce à cela elle monta immédiatement dans les mondes supérieurs sans avoir commis une seule faute sur son passage sur Terre.
Yitro était quant à lui la réincarnation de Caïn. Ainsi lorsqu'il la trouva, il s'occupa d'elle et la rendit à Moché, réincarnation d'Hével, puisqu'elle était son âme sœur depuis les 6 jours de la création.

Il est rapporté dans le midrach (Chémot rabba 81,31) qu'elle fut appelée Tsipora car elle a purifié la maison de son père comme un oiseau ...

Tsipora vint rejoindre Moché seulement après la sortie d'Egypte et l'ouverture de la mer Rouge, et de ce fait n'eut pas le mérite d'entonner le chant prophétique que prononcèrent les Bné Israël pendant la traversée de la mer.
Ainsi Tsipora revint en réincarnation à travers Déborah qui composa un chant prophétique à sa place.

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-> voir également l'enseignement du Ben Ich 'Haï et du Yaarot Dvach : https://todahm.com/2019/01/12/8065-2

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+ Pourquoi avons-nous été exilés en Egypte, d'après le Sod?

-> Le Arizal nous enseigne que la génération qui fut asservi en Egypte provient des étincelles d'âmes qu'avait perdu Adam au cours des 130 années durant lesquelles il se sépara de 'Hava jusqu'à la naissance de 'Hét, comme il est écrit : "Adam vécu 130 ans, et il engendra à sa ressemblance, selon son image" (Béréchit 5,3).
Les Sages du Talmud (guémara Erouvin 18b) déduisirent de ce verset qu'il n'a pas, jusqu'à cet âge, engendré à son image, qu'il perdit sa semence en vain et généra des esprits et des démons et non des hommes de chair et de sang.

Ces âmes se réincarnèrent ensuite dans la génération du Déluge. Cependant, ils commirent la même faute en détruisant leur semence jusqu'à ce qu'ils fussent effacés de la surface de la terre, comme il est écrit : "Hachem vit que le mal de l'homme était grand sur la terre" (Noa'h 6,5).

Le processus de réparation de ces âmes est comparable au processus d'extraction de l'or. En effet, pour extraire l'or de ses minerais, il doit être nettoyé minutieusement, suivant plusieurs étapes, à plusieurs reprises, afin d'être dégagé de tous ses résidus jusqu'à ce qu'il devienne totalement pur.
Les âmes perdues par Adam durant ces 130 années devront passer par un processus de purification similaire. Ces étincelles d'âmes primordiales sont d'une sainteté très élevée et sont toutes prisonnières des forces du mal.
Elles devront en être libérées par le biais de multiples purifications, en l'occurrence par des réincarnations, afin de retrouver leur état de perfection originelle.
Elles furent donc réincarnées dans la génération du Déluge, puis durant la génération de la tour de Bavél, de Sodome, jusqu'à être réincarnées au sein du peuple juif durant l'esclavage en Egypte.

-> Le Tsror ha'Haïm ajoute :
C'est pourquoi il a été décrété à leur encontre un esclavage aussi pénible et affligeant en Egypte.
Après la faute commise par la génération du Déluge, qui détruisait sa semence en vain, mesure pour mesure, Pharaon décréta : "Tout fils qui naîtra, vous le jetterez dans le fleuve" (Chémot 1,22).
Ainsi, seuls les nouveau-nés mâles furent condamnés à être jetés dans le Nil, car ils étaient la réincarnation des hommes morts noyés durant le Déluge pour avoir perdu leur semence en vain.
[...]

En correspondance avec la faute de la génération de la tour de Bavél, comme cela est exprimé ainsi : "Venez, fabriquons des briques" (Noa'h 11,3), il fut décrété à leur égard : "Ils leur rendirent la vie amère par un dur labeur sur l'argile et les briques" (Chémot 1,14).
Parce qu'ils construisirent une ville et une grande tour, mesure pour mesure, il fut décrété à leur propos : "Par leur labeur, ils construisirent des villes pour Pharaon, Pitom et Ramsès" (Chémot 1,11).
[...]

Moché était la réincarnation de 'Hét (qui est né après 130 années où Adam perdit sa semence en vain), et il ne provenait pas de cette semence perdue, ainsi qu'il est écrit à propos de Moché : "La femme conçue et donna naissance à un fils. Elle le vit, il était bon" (Chémot 2,2).

Lorsque l'homme crée un dommage dans le monde d'en bas, il forme une brèche dans les mondes supérieurs. Ainsi, les forces du mal (klipot) se nourrissent de cette source d'abondance, à l'endroit où se situe cette brèche, ce qui fait écran et diminue le flux d'émanation vers notre monde ici-bas.
C'est pourquoi les Bné Israël descendirent en Egypte qui représente la sources des forces du mal.
Ces klipot se saisirent de l'abondance du daat des mondes supérieurs et se matérialisèrent dans la civilisation.
[au regard du niveau très élevé d'Adam, sa semence en vain, a donné de grandes puissance aux forces du mal]
C'est la raison pour laquelle ils furent asservis en Egypte, et c'est le secret du verset : "Et vous, Hachem vous a pris, il vous a fait sortir du creuset de fer, de l'Egypte" (Vaét'hanan 4,20). L'Egypte était le creuset de fer dans lequel on place l'or afin de l'épurer et de lui extraire tous ses résidus.

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-> "Hachem fait correspondre l'un à l'autre" (Téhilim 7,14)

-> Le rav 'Haïm Vital enseigne :
Même chez les nations et les peuples du monde, la réincarnation existe.
=> Quel est l'intérêt pour les nations de revenir en réincarnation dans ce monde puisque la réincarnation n'a lieu d'être que pour la réparation de l'âme que seul Israël possède?

Rabbi 'Haïm Vital répond que le sitra a'hra n'est que le reflet du sitra déKédoucha.
Et si les forces de sainteté font descendre des âmes dans le monde pour qu'elles puissent être réparées, ainsi les forces du mal font également descendre des âmes dans le monde.
Cela ressemble à un singe qui imite les pas de l'homme.