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"Intercédez pour moi" (Vaéra 8,24)

-> Pharaon incarne l’égoïsme propre à tous les rois du monde, qui ne sont préoccupés que par leur intérêt personnel.
Pharaon ne demanda à Moché et Aharon que d’intercéder en sa faveur. Le sort de son peuple lui importait peu.
A l’inverse, les rois d’Israël et ses grands Rabbanim sont toujours à l’écoute des membres du peuple.

[rav Moché Sternbuch - Taam véDaat]

"Les grenouilles se retireront de toi et de tes demeures" (Vaéra 8,7)

La prière de Moché a permis de renvoyer les grenouilles des maisons de Pharaon et de ses serviteurs.
Ce ne sera pas le cas lorsque les serpents seront envoyés par Hachem contre les bnei Israel dans le désert, faisant de nombreuses victimes parmi le peuple.
Lors de cet épisode, la prière de Moché n’a pas eu d’effet, mais Hachem lui a conseillé : "Fais toi-même un serpent et place le au haut d’une perche : quiconque aura été mordu, qu'il le regarde et il vivra!" ('Houkat 21,8).

Le 'Hafets 'Haïm explique cette différence : il existe une réparation pour toutes les fautes, sauf pour la médisance. En effet, L’ange accusateur créé par la faute de la médisance accuse sans cesse, et il est impossible de l’écarter.
De plus, tout comme le calomniateur a utilisé sa bouche à une mauvaise fin, l’ange accusateur généré par cette faute parle, et on ne peut pas le faire taire.

Or, du fait que les serpents ont été envoyés en punition de la médisance proférée par le peuple contre Hachem et Moché, la prière ne pouvait suffire à les neutraliser.
Il fallait que D. donne le moyen de guérir les hommes touchés par les morsures de ces serpents, comme il est écrit : "Fais toi-même un serpent et place-le au haut d’une perche : quiconque aura été mordu, qu'il le regarde et il vivra".

[toute faute peut être expiée par notre téchouva, mais pour certaines cela est plus difficile, comme par exemple avec le lachon ara qui créé un ange Accusateur très bavard contre nous!
De plus, l'idée que nos paroles de lachon ara donnent de la force aux anges Accusateurs de pouvoir parler contre nous, et diminuent le pouvoir de nos prières, doit nous faire réfléchir à la nécessité de les dire. Le prix final à payer est quand même vachement élevé!
D'une certaine façon, c'est ça une vraie téchouva sur le lachon ara : avoir le serpent en haut d'une perche qui attend que l'on parle du lachon ara pour avoir le droit de nous attaquer. Conscients de cela on n'en viendra plus facilement à fauter par la suite.]

"J'endurcirai le cœur de Pharaon ... et Pharaon ne vous écoutera pas" (Vaéra 7,3-4)

=> Est-ce que cela signifie qu'il n'avait plus de libre arbitre?

-> Le Rambam (Hilkhot Téchouva 6,3) et le rav 'Haïm de Volozhin écrivent que parfois les fautes d'une personne sont si importantes qu'elle reçoit la pire de toutes les punitions : être empêché de faire téchouva afin qu'elle meurt coupable sans parvenir à expier ses fautes.

Comme exemple, ils citent Pharaon, car il a d'abord fauté intentionnellement par cruauté mettant en esclavage toute la nation juive, et refusant de les libérer.
Une partie de sa punition, a été que Hachem a endurci son cœur et lui a refusé la capacité de changer d'avis afin qu'il puisse être puni jusque qu'il soit contraint de libérer les juifs.

-> Le 'Hafets 'Haïm et le rav 'Haïm de Berlin maintiennent que Hachem ne retire jamais le libre arbitre d'une personne.
Ils expliquent que Hachem a retiré de Pharaon l'aide Divine qui est disponible à toute personne qui souhaite se repentir.
Néanmoins, le libre arbitre de Pharaon était intact, et bien que cela lui soit plus difficile car sans assistance Divine, s'il le voulait vraiment, il avait toujours la capacité de changer son esprit.

-> Le Radak (Chmouel 1 2,25) écrit que si les fautes de quelqu'un sont trop importantes, Hachem va lui retirer sa capacité à se repentir, pour le punir et qu'il serve de dissuasion pour les autres afin qu'ils évitent de suivre ses mauvaises conduites.
Cependant, il ajoute que s'il fait une téchouva de tout son cœur, et qu'il manifeste publiquement qu'il s'est repenti de ses mauvaises voies, alors sa téchouva sera acceptée.

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-> Le cœur de Pharaon a été endurci et les portes de la téchouva scellées devant lui.
Néanmoins, j'envie Pharaon pour l'incroyable kidouch Hachem qu'il a entraîné (indirectement) par son obstination.
[le Kédouchat Lévi - Rabbi Lévi Its'hak de Berditchev]

-> Pharaon favorisa le repentir des juifs davantage que de nombreux jeûnes.
La Torah dit donc littéralement : "Pharaon rapprocha (ik'riv)" (Béchala'h 14,10) = il rapprocha Israël de son Père céleste.
[Méam Loez - Béchala'h 14,13-14]

-> Dans la méguilat Esther, il est écrit : "Le roi ôta son anneau de sa main et le remit à Haman" (v.3,10)

Nos Sages (guémara Méguila 14a) commente :
"Plus grande fut la cession de l’anneau royale [à Haman] que les 48 prophètes et 7 prophétesses qui livrèrent leurs messages aux enfants d’Israël sans parvenir à les remettre sur le droit chemin, alors que le fait d’avoir ôté l’anneau royal les ramena sur la bonne voie."

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+ "Jusqu’à quand vas-tu refuser de te soumettre devant Moi?" (Bo 10,3)

-> Le verset ne dit pas : "Jusqu'à quand ne vas-tu pas te soumettre", mais plutôt : "vas-tu refuser de te soumettre".

En effet, Hachem ne reproche pas à Pharaon de ne pas se plier, d'autant qu'Il a Lui-Même endurci son cœur l'empêchant par-là de se soumettre. Mais malgré tout, Pharaon aurait pu et aurait dû néanmoins vouloir obéir à Hachem.

C’est là où se situait toute la faute de Pharaon : il a refusé de se soumettre, il ne témoigna d’aucune volonté positive. Hachem lui a certes endurci le cœur, mais lui, au lieu de regretter cette situation et d’espérer s’attendrir, au contraire il se réjouit d’avoir ce cœur dur, en en devenant même arrogant!

=> Même si un homme n’arrive pas à vaincre son mauvais penchant, il doit tout au moins désirer y arriver, avoir honte de cette situation puisque désirant tout au fond de son cœur s'annuler devant le Maître du monde [Hachem].
[Sfat Emet]

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+ "Le cœur de Paro est endurci, il refuse de renvoyer le peuple" (Vaéra 7,14)

Le Alcheikh haKadoch (dans son Torat Moché) explique ainsi cette dureté du cœur :
Les Sages ont dit sur les tsadikim que leur cœur est sous leur contrôle.
Cela signifie que les tsadikim dominent leur cœur, qui est à la source de tous les désirs et de toutes les pulsions.
Mais les réchaïm sont soumis à leur cœur, ils sont sous la domination de leurs instincts et de leurs désirs à chaque instant.

C’est ce que D. a dit à Moché : "Le cœur de Paro est endurci" vis-à-vis de lui-même = il est sous la domination de son cœur et il est livré à ses instincts, c’est pourquoi "il refuse de renvoyer le peuple."

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-> "Hachem endurcit le cœur de Pharaon" (Vaéra 9,12)

-> Les commentateurs s'intéressent à savoir comment Hachem a-t-Il pu endurcir le cœur de Pharaon, entraînant son refus de libérer le peuple. Mais cela ne s'oppose-t-il pas au libre arbitre? Hachem a pour démarche de préserver le libre-arbitre.
Rachi explique qu'Hachem a endurci le cœur de Pharaon dans le but de multiplier Ses merveilles et ainsi, montrer au peuple juif Sa Grandeur. Mais cette explication est étonnante. En effet, comment Hachem peut-Il priver un homme de son libre arbitre dans le seul but de réaliser de grands miracles et ainsi permettre à d'autres personnes, ici les Hébreux, de connaître Sa Grandeur? Cela ne semble pas juste!

En fait, le midrach explique que chaque plaie venait apporter une punition aux égyptiens relative aux souffrances infligées aux Hébreux. Ainsi, les plaies ne venaient pas uniquement pour convaincre les égyptiens de libérer les Hébreux, mais aussi pour les punir de tout le mal qu'ils leur assenaient. Ainsi, Hachem ne voulait pas libérer les Hébreux tant que les égyptiens ne furent pas punis pour toutes les atrocités qu'ils ont commises. C'est ainsi que quand Pharaon a risqué de libérer le peuple du fait de la pression des plaies, Hachem a dû lui endurcir le cœur pour ne pas qu'il les libère.

Ainsi, l'Egypte a pu être punie jusqu'au bout pour tout le mal infligé aux Hébreux. Aussi, les égyptiens méritaient bien qu'Hachem les prive de leur libre arbitre, pour les punir de tout le mal qu'ils avaient déjà commis. Néanmoins, nos Sages enseignent que Hachem a créé le monde pour la Torah et les enfants d'Israël, c'est-à-dire pour que les juifs puissent y accomplir la Torah. Cela implique que tous les événements qui s'y déroulent doivent avoir également un lien avec ce but d'aider le peuple juif à mieux servir Hachem. Même si Hachem a endurci le cœur de Pharaon pour punir l'Egypte du mal commis, il est nécessaire que ces punitions aient aussi le but d'aider le peuple juif à mieux servir Hachem.
C'est cela que Rachi vient expliquer. Hachem voulait réaliser de grandes merveilles pour montrer encore plus Sa Grandeur à Israël.
Bien sûr que le but premier était de punir l'Egypte. Mais cet événement doit aussi pouvoir servir de leçon aux juifs pour leur service d'Hachem. C'est dans cet esprit qu'un juif doit vivre au quotidien. Tout ce qu'il entend dans le monde, que ce soit des guerres, des famines ou autres catastrophes, même ce qui semble ne concerner que les nations et paraît complètement indépendant du peuple juif, doit aussi nous éveiller à réfléchir sur notre Service d'Hachem et l'améliorer.
[rapporté par le rav Mikaël Mouyal]

-> "Moché dit devant Hachem : Voici, J'ai les lèvres obstruées et comment Pharaon m'écoutera-t-il?" (Vaéra 6,30)

-> "Moché dit à Hachem : ... je ne suis pas homme de paroles ... car j'ai la bouche pesante et l'élocution embarrassée" (Chémot 4,10)

-> Yossef a donné un signe pour reconnaître celui qui sera le sauveur d'Israël.
Lorsqu'une personne viendra et dira : pakod pakadti (je me suis bien souvenu de vous - פקד פקדתי), les juifs sauront qu'elle va les sauver.

Comment pouvaient-ils être certain que Moché n'avait pas entendu ces mots d'autres personnes?

C'est pour cette raison que Hachem a fait en sorte que Moché avait un défaut de langage, faisant entre autre qu'il ne pouvait pas prononcer la lettre פ (pé).
Néanmoins, il pouvait miraculeusement prononcer parfaitement bien les mots : פקד פקדתי, ce qui confirma qu'il était le véritable sauveur.
[Adérét Eliyahou]

Le Ramban et le Steïpler suggèrent que dans la promesse de Yossef (cf. Vayé'hi 50,25 : "D. Se souviendra assurément de vous" - pakod yifkod Elohim ét'hem) était inclus l'assurance qu'aucun charlatan ne viendrait utiliser cette expression, et que la 1ere personne l'invoquant sera la bonne désignée par Hachem.

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"pakod pakadti" : il s’agit de la formule secrète, transmise par Yaakov à son fils Yossef et que celui-ci révéla à ses frères (voir Ramban sur Chémot 3,16), que le Libérateur d’Israël devait prononcer pour s’identifier. Précisément, c’est Séra’h la fille d’Acher, encore vivante au moment de la sortie d’Egypte et connaissant cette formule, qui permit d’authentifier Moché comme l’envoyé de D-ieu (voir Tossafot – Sotta 13).
=> Pourquoi cette expression est-elle doublée?

-> Le Baal HaTourim (sur Vayé'hi 50, 24) fait remarquer que le précurseur de la délivrance d’Egypte – Yossef HaTsadik – régna 80 années en terre d’Egypte (valeur numérique de la lettre Pé). Par ailleurs, observe-t-il également que le Libérateur de l’Exil d’Egypte – Moché Rabbénou – était âgé de 80 ans quand il libéra le Peuple juif de son premier Exil.
On retrouve ainsi, à travers la valeur numérique, le double caractère de la lettre "Pé" attestant du symbole de la délivrance d’Egypte. [פָּקֹד פָּקַדְתִּי]

-> En relation avec deux libérateurs opéreront en Egypte : Moché et Aaron. (voir Targoum Yonathan Ben Ouziel - Vayé'hi 50,25).

-> La Délivrance d’Israël s’est faite en 2 étapes : la sortie d’Egypte et l’ouverture de la mer Rouge.
Egalement : c’est une allusion à la Délivrance passée et à la Délivrance future. (midrach Chémot rabba 3,11)

-> La Délivrance eut un double effet : sauver Israël et frapper l’Egypte.
La partie cachée (Milouï) du mot פקד (Pakod) : פא קוף דלת fait allusion à la durée de l’asservissement des hébreux : א (une année = l’année meurtrière qui précéda la fin de l’exil), וף (soit : 86 ans = la durée de l’esclavage) et לת (soit : 430 ans = la durée de l’exil). [Maharal]

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-> L'homme est la synthèse d'une partie physique et d'une partie spirituelle.

Le pouvoir de parler est le résultant de cette fusion entre le corps et l'âme.
Dans la majorité des êtres humains, la relation entre les éléments matériels et spirituels est plus ou moins équilibré, et le résultat est une capacité de parler qui est normale.
Cependant, chez Moché, la relation entre le corps et l'âme n'était pas du tout équilibrée, puisqu'il était principalement une âme. La résultante était qu'il avait des défauts de prononciation.
[Maharal - Guévourot Hachem 28]

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-> Pourquoi est-ce que Moché exprime 2 fois sont inquiétudes concernant son défaut de prononciation : paracha Chémot (v.4,10) et Vaéra (v.6,30) [cf. ci-dessus]?

Le rav Yossef Sorotzkin explique que Moché avait 2 préoccupations principales :
1°/ il avait peur qu'on ne le comprenne pas et d'être un agent inefficace pour transmettre le message de Hachem.

2°/ le Rambam (Hilkhot Yessodé haTorah 7,1) écrit que pour recevoir la prophétie, une personne doit être physiquement parfaite et entière, sans défaut. Moché avait peur que les gens soient septiques de l'accepter comme une prophète légitime, puisque pensant à tord que son défaut de prononciation l'invalide à recevoir la prophétie.
[le fait que Aharon sera son interprète lève ces doutes]

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-> Autre explication :
Le Assoufat Maara'hot explique que l'Egypte était le pays le plus matérialiste et qui cultivait le plus les plaisirs du corps.
La sortie d'Egypte consistait à ce que le peuple juif puisse, après être descendu dans la matérialité de l'Egypte, en sortir et en remonter.
L'objectif était de réussir à élever et éclairer le matériel par le spirituel. C'est pourquoi, la sortie d'Egypte devait déboucher sur le don de la Torah et l'acceptation de ses mitsvot. Car par l'accomplissement des mitsvot, qui exigent des supports matériels, les juifs permettent justement d'attirer la lumière Divine sur la matérialité, pour l'élever.

La préparation à cela était la sortie d'Egypte, qui devait introduire cette dimension de raffinement de la matière.
Or, quand un homme descend dans la matérialité, même si le but est de l'élever, cela comporte malgré tout le risque de s'enfoncer dans la matérialité et d'y sombrer, au lieu de l'élever.
=> Pour éviter un tel risque, il faut recevoir la force d'un homme qui est complètement séparé de la matière, et qui est épuré de toute trace de matérialité.
Seul Moché, qui correspondait à cette description, pouvait donc être le libérateur.
En effet, puisqu'il transcendait complètement la matérialité,
il pouvait donner la force au peuple de sortir d'Egypte en élevant la matérialité, tout en étant protégé du risque de s'y enfoncer.

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-> "Comment Pharaon m'écoutera-t-il?" (Vaéra 6,30)

Ce verset révèle l'énorme humilité de Moché.
Si l'immense Moché rabbénou était si humble, alors il est certain que toute autre personne qui n'a pas sa grandeur, se doit d'être humble.
[midrach haGadol]

-> Il est écrit : "Les enfants d'Israël n'écoutèrent pas Moché, à cause du souffle court et du travail pénible" (v.6,9)

Le Sfat Emet enseigne : "Moché pensait cependant qu'ils ne l'ont pas écouté à cause de son défaut de prononciation.
L'humilité de Moché était telle qu'il pensait qu'il était à blâmer du fait qu'ils n'avaient pas écouté, et c'est pour cela qu'il a déclaré : "les enfants d'Israël ne m'ont pas écouté, et comment Pharaon m'écouterait-il?"."

-> Le Maayan Bét haChoéva rapporte l'idée que Moché s'est encouragé en se disant : même si à priori Pharaon ne m'écoutera pas en raison de mes défauts de prononciation, néanmoins j'accomplirai la mitsva (volonté de D.) d'aller parler à Pharaon, et cela sera un bénéfice au profit du peuple juif.

[ainsi, même à son très haut niveau, Moché se travaillait constamment : Hachem contrôle absolument tout, et je dois suivre Sa volonté.]

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-> Pourquoi est-ce que Moché n’a pas prié Hachem pour qu’Il le guérisse de son fort défaut de prononciation?

Le Ramban (Chémot 4,10) explique qu’il préférait garder son handicap afin de pouvoir se rappeler toute sa vie des miracles que D. a fait pour lui dans sa jeunesse.

[par exemple : Hachem a envoyé l'ange Gavriel pour qu'il lui bouge sa main vers les braises ardentes qui lui ont brûlé la langue entraînant son défaut de prononciation, plutôt que vers le tas d'or, signifiant une mort certaine par Pharaon.
=> On peut comparer cela à quelqu'un qui a miraculeusement survécu à un terrible accident, et qui souhaite garder un signe lui rappelant pour toujours la bonté de D.]

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-> "Hachem dit à Moché : Vois, J'ai fait de toi un maître sur Pharaon et Aharon ton frère sera ton interprète" (Vaéra 7,1)

Lorsque des rois se rencontrent, celui qui est le plus important n'a pas besoin de parler la langue de l'autre, et il peut utiliser un interprète.
Hachem dit à Moché qu'étant le "maître" de Pharaon, il n'aura pas à lui parler directement, Aharon le faisant à sa place, et c'est cela qui démontrera sa supériorité sur Pharaon.
['Hatam Sofer]

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-> "Souvenez-vous de la Torah de Moché (תּוֹרַת מֹשֶׁה), mon serviteur" (Mala'hi 3,22)
=> Pourquoi la Torah est appelée en son nom?

Généralement, une personne qui a la langue agréable, qui articule clairement, peut convaincre des masses de gens de suivre chacun de ses mots, et même si de façon inhérente ils ne sont pas bons, les gens vont le croire.
[c'est si joliment dit (la forme), alors c'est que c'est forcément vrai (le fond)!]
Moché avait des défauts de prononciation, et si la Torah qu'il transmettait était agréable, cela ne provenait pas de sa façon de la présenter, mais plutôt du fait qu'elle est intrinsèquement agréable et bonne.
[le Chla haKadoch]

-> Le Ran rapporte qu'au moment du don de la Torah tous les juifs ont été guéris de leurs handicaps (ex: les muets parlaient, les aveugles voyaient, ...).
=> Pourquoi Moché a-t-il gardé son handicap de parole?

Il l'a gardé afin de témoigner que le peule juif a accepté la Torah par amour pour Hachem et en reconnaissance de la Véracité de la Torah, et non pas parce qu'ils auraient été séduits par ses belles paroles.

Le Ran (dans ses drachot) explique que Moché devait diriger le peuple, le libérer d'Egypte et lui donner la Torah.
Or certains auraient pu dire que c'est par la force de sa parole et la beauté de son élocution, que Moché a réussi à autant influencer les foules. Les juifs ne l'ont pas suivi parce que ce qu'il disait est vrai et qu'ils se sentaient impliqués, mais parce qu'il a réussi à les convaincre par son talent.

Pour éviter une telle erreur, Hachem a occasionné que Moché ait justement de grandes difficultés à parler. Ainsi, il devenait évident que toute sa force lui venait de l'authenticité de son message et du fait qu'il était envoyé par Hachem pour transmettre Sa Parole.
Mais il devenait impossible de dire qu'il a réussi à les attirer par la force de sa parole. De cette façon, cela permettra aux autres générations d'accepter la Torah, car le peuple n'a pas accepté la Torah sous l'influence d'une quelconque manipulation de Moché, ce qui n'engagerait donc pas les générations futures.
=> C'était seulement la Vérité du message qui a contraint les juifs à accepter la Torah. Dès lors, l'engagement pourra être éternel, car la Vérité est absolue et ne change pas selon les périodes.

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+ "Moché parla devant Hachem, en disant : Voici, les enfants d'Israël ne m'ont pas écouté, et comment Pharaon m'écouterait-il? Et j'ai les lèvres obturées! (aral séfataïm)" (Vaéra 6,12)

-> Lorsque Hachem a demandé au prophète Yona de se rendre à Ninvé pour les réprimander pour leurs fautes, Yona a désobéi.
En effet, il avait peur que les habitants de Ninvé écoutent ses réprimandes et fassent téchouva, ce qui aurait entraîné une terrible accusation contre le peuple juif qui ont ignoré les avertissements de plusieurs prophètes.

=> La remarque de Moché est identique.
Le peuple juif n'a pas écouté Moché, et il n'a pas cru qu'ils seraient libérés d'Egypte.
Moché avait peur que d'aller chez Pharaon, et qu'il l'écouterait, cela entraînant alors une accusation envers les juifs : [même] Pharaon a écouté, tandis que vous non!
['Hatam Sofer]

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+ "Moché parla à Hachem et dit : "Voici, les Bné Israël ne m'ont pas écouté. Comment donc Pharaon m'écoutera-t-il, puisque j'ai les lèvres closes?" (Vaéra 6,12)

-> De nombreux commentateurs s'interrogent sur l'argument de Moché qui semble être défectueux. Le verset dit précédemment que la raison pour laquelle le peuple juif n'a pas écouté Moché était "le manque de souffle et le dur labeur". Si c'est le cas, comment le fait qu'ils ne l'aient pas écouté prouve-t-il que Pharaon ne l'écouterait certainement pas? Ils avaient une raison spécifique d'être incapables d'écouter, ce que Pharaon n'avait pas.

Le séfer Yisma'h Moché répond en citant le verset : "Yona se leva pour s'enfuir à Tarchich" (Yona 1,3).
Nos Sages (Yalkout Chimoni - remez 549) disent que Yona a pensé : si les non-juifs font téchouva, ce sera une plainte contre le peuple juif pour n'avoir pas fait de même et n'avoir pas écouté Hachem. C'est pourquoi Yona n'a pas voulu se rendre à Ninive pour exhorter les résidents non juifs à faire téchouva, comme il lui avait été ordonné de le faire.

C'est dans cet esprit que le Yisma'h Moché explique que lorsque Hachem a dit à Moché de parler à Pharaon, Moché a répondu que "les Bné Israël ne m'ont pas écouté et que Pharaon ne les écoutera pas". Son intention était de demander : "De quoi cela aura-t-il l'air si Pharaon écoute?"

En d'autres termes, il craignait que Pharaon ne l'écoute, ce qui pourrait être une plainte accusatoire contre les juifs qui ne l'ont pas écouté.
Il dit ensuite : "Et moi, j'ai les lèvres closes". Son intention était de dire que si Pharaon l'écoutait, ses lèvres devraient être fermées, car il n'aurait aucun moyen de défendre le peuple juif.

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-> "Déjà les enfants d'Israël ne m'ont pas écouté, alors comment Par'o m'écouterait-il?" (Vaéra 6,12)

=> Quand Hachem envoya Moché parler à Par'o, il se permit d'argumenter et de mettre en avant un raisonnement qui démontre que cette mission ne pourrait pas réussir. Hachem ne lui en fait aucun reproche. Tout cela est étonnant.

En fait, il existe 13 méthodes d'interprétation de la Thora écrite pour déduire les lois de la Thora orale. La première est le raisonnement à fortiori. De plus, la Thora fait état de 13 Attributs de Miséricorde Divine. La première est exprimée par le Nom El (אל).
De plus, chaque méthode d'interprétation correspond à un attribut de Miséricorde et permet de le révéler.

Il en ressort que le raisonnement à fortiori révèle l'Attribut El. Or, cet attribut exprime la Bonté Divine, comme le dit le verset : "La Bonté de El (אל) toute la journée". La particularité de cet attribut par rapport aux autres est qu'elle exprime la Bonté Divine absolue, même en cas d'absence de tout mérite.
Or, quand Hachem envoya Moché chez Pharaon pour lui demander de libérer le peuple, il Lui fit valoir que les juifs ne méritaient pas la délivrance. Ainsi, Moché voulait attirer l'Attribut El, pour déclencher la libération des Hébreux, même sans mérite. Pour cela, il lui fallait formuler ce raisonnement à fortiori.
Hachem ne lui en fit donc aucun reproche, car cette démarche était nécessaire. Et effectivement, Moché atteignit son but et put attirer le Nom El qui permit la délivrance, comme il est dit : "El (אל) Qui les sortit d'Egypte".
[Imré Yossef]

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-> "Moché dit devant Hachem : Voici, J'ai les lèvres obstruées et comment Pharaon m'écoutera-t-il?" (Vaéra 6,30)

-> "Moché dit à Hachem : ... je ne suis pas homme de paroles ... car j'ai la bouche pesante et l'élocution embarrassée" (Chémot 4,10)

-> Le Zohar(Bo 125a) enseigne :
"A chaque fois que Moché s'exprimait, tant qu'il était en exil en Egypte, il le faisait en bégayant. Cette situation perdura jusqu'à ce qu'Israël se rapproche du mont Sinaï et reçoive la Torah".
C'est seulement lorsqu'il quitta l'exil d'Egypte, lors du don de la Torah, que Moché fut guéri et put retrouver l'usage complet de la parole. Ainsi la promesse d'Hachem : "Moi Je serai avec ta bouche" (véano'hi éyé im pi'ha).

-> Comment comprendre les paroles du "Tant que ta parole est en exil en Egypte"?
Les Bné Israël ne pouvaient pas étudier la Torah en Egypte puisqu'ils ne l'avaient pas encore reçue. Ils ne pouvaient pas non plus apprendre la Torah acquise par Avraham, Its'hak et Yaakov en raison de la difficulté de l'esclavage qui pesait sur eux. Ainsi, les égyptiens incarnaient également l'exil de la parole car quelle est l'utilité de la parole lorsqu'on ne peut pas la mettre au service de la Torah?
[ce qui nous différencie des animaux, c'est cette capacité à utiliser positivement la parole]

C'est le sens des paroles de Moché lorsqu'il dit : "Je suis incirconcis des lèvres.
Puisque la bouche des Bné Israël ne pouvaient pas s'affairer à la Torah à cause de la servitude, Moché prophétisa qu'il était incirconcis des lèvres puisqu'il était l'équivalent de tout Israël.

-> Le Zéra Kodech (le rav de Ropshitz - Moadim daf 11) explique que l'exil en Egypte n'était rien d'autre que l'exil de la parole, car là-bas, les Bné Israël ne pouvaient pas s'affairer aux paroles de Torah.
C'est la raison pour laquelle tous les rois d'Egypte sont mentionnés avec le titre de Pharaon (פרעה), dont les lettres sont les mêmes que : pé ra (la bouche mauvaise – פה רע).
Empêcher Israël de prononcer des paroles de kédoucha revenait à leur planter quelque chose dans la gorge.
Ils étaient incapables de sortir ne serait-ce qu'un seul son.

L'idée plus profondément est que les égyptiens n'ont pas laissé la possibilité à Israël d'émettre des paroles bénéfiques de leur bouche. Or aucun bénéfice ne peut être octroyé au monde sans paroles de Torah.
[c'est pourquoi le soir de Pessa'h, la fête de la liberté, nous disons : Péssa’h (פסח) qui signifie : "la bouche raconte" (pé sa’h - פה סח), afin de rappeler allusivement l'exil de la parole.
(Selon nos Sages, un homme libre est celui qui est esclave d'Hachem, esclave de la Torah).]

Les 4 étapes de la délivrance d’Egypte

La délivrance d’Egypte comporte "4 expressions de guéoula" : "Véhotséti" (וְהוֹצֵאתִי - Je vous sortirai), "Véhitsalti" (וְהִצַּלְתִּי - Je vous sauverai), "Végaalti" (וְגָאַלְתִּי - Je vous affranchirai) et "Vélaka'hti" (וְלָקַחְתִּי - Et Je vous prendrai) (voir Vaéra 6,6-7)

-> Rabbénou Bé'hayé nous apprend (au nom du midrach) que ces 4 expressions correspondent respectivement aux 4 promesses divines concernant la Délivrance d’Egypte :
1°/ Qu’ils sortiront du joug de l’esclavage
[la guémara (Roch Hachana 11a) nous enseigne que 6 mois avant la Sortie d’Egypte, l’esclavage prit fin] [le premier Tichri].
2°/ Qu’ils seront séparés définitivement de l’emprise des égyptiens (du fait qu’ils quitteront l’Egypte à la suite de la mort des premiers-nés) [le 15 Nissan].
3°/ Qu’ils vivront l’ouverture de la Mer (la délivrance complète) [le 21 Nissan].
4°/ Qu’ils connaitront le don de la Torah (la finalité de la sortie d’Egypte) [le 6 Sivan].

-> Le midrach (Chémot rabba 6,4) enseigne que les 4 expressions de Délivrance correspondent aux 4 décrets qu’ordonna Pharaon sur les Bné Israël, et c’est pour cela que les Sages instituèrent les 4 coupes de vin le soir de Pessa’h.
Concernant les 4 décrets de Pharaon, il s’agit :
1°/ "Ils leur rendirent la vie amère par des travaux pénibles sur l’argile et la brique" (Chémot 1,14).
2°/ "Si c’est un garçon, faites-le périr" (Chémot 1,16).
3°/ "Tout mâle nouveau-né, jetez-le dans le fleuve et toute fille laissez-la vivre" (Chémot 1,22).
4°/ "Qu’il y ait donc surcharge de travail pour eux et qu’ils y soient astreints" (Chémot 5,9).

-> Les 4 expressions de Délivrance conviennent également aux délivrances des 4 Empires ayant asservis Israël durant ses exils : Babel (Babylonie), Paras (Perse), Yavan (Grèce) et Edom (Rome). [voir Béréchit Rabba 88, 5]

La relation avec les 4 décrets de Pharaon est la suivante :
- Babel (où fut construite la Tour de Babel rappelle "l’argile et la brique") ;
- Paras (le décret d’extermination d’Haman rappelle "la mort des garçons") ;
- Yavan (le décret des grecs envers les jeunes filles à marier, rappelle l’ordre de "laisser vivre les filles [pour les épouser]") ;
- Edom (l’exil le plus accablant de l’histoire rappelle "la surcharge de travail").

-> Ces 4 Empires ont tiré leur vitalité respectivement des 4 fautes les plus graves : l’idolâtrie, le meurtre, l’inceste et la médisance (équivalente à elle seule aux 3 autres).
La délivrance de ces 4 exils fut procurée par le mérite, respectivement, d’Its’hak, de Yaakov et d’Avraham et de Moché. [voir Chem MiChmouël].

-> On peut comprendre la raison d’un partage en 4 étapes des exils et des délivrances à travers 3 commentaires :
1°/ Le Arizal enseigne que les 4 Exils découlent des quatre lettres du Tétragramme (יהוה) abimées par les fautes ayant entrainé les existences : Youd – pour Babel, Hé – pour Paras, Vav – pour Yavan et Hé – pour Edom.
L’exil d’Egypte, le premier duquel résultent les 4 autres : "Tous les Empires s’appelle Mitsraïm (Egypte) car ils ont martyrisé (Metsirine) les juifs" (midrach Vayikra rabba 13), correspond à la pointe du Youd (kotso chel youd).
2°/ Le chiffre "Quatre" fait allusion à la dispersion d’Israël aux 4 coins du monde lorsqu’il subit l’Exil (voir Maharal de Prague - Netsa’h Israël)
[à noter que la lettre "Dalet" (ד), de valeur numérique 4, signifie "pauvre" (dal) et fait allusion à la condition de la Chékhina en exil - Likouté Moharan]
3°/ La halakha stipule (Lois de celui qui cause un dommage corporel 1,1) : "Qui blesse autrui est tenu de payer 5 indemnités, qui sont : le dommage, la souffrance, les frais médicaux, le chômage et la honte".
Concernant l’esclave, seuls 4 indemnités lui sont à payer, le "chômage" n’étant pas retenu du fait qu’il soit pleinement au service de son maître ...
Les égyptiens ont opprimé les esclaves juifs plus qu’il ne fallait, plusieurs d’entre eux devinrent boiteux, sourds, aveugles ... ainsi, fallait-ils qu’ils payent ces 4 indemnités qu’Hachem transforma en 4 étapes de Délivrance qui firent souffrir l’oppresseur.
[‘Hida]

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b'h, voir :
-> le passage sur les 4 coupes à Pessa'h : https://todahm.com/2022/05/18/le-seder-quelques-enseignements

-> aussi sur ce verset : https://todahm.com/2018/01/01/5990-2

"Les égyptiens reconnaîtront que Je suis Hachem, lorsque J'étendrai ma main sur eux et que Je ferai sortir du milieu d'eux les enfants d'Israël" (Vaéra 7,5)

-> Rachi (Yitro 18,9) : Un esclave ne pouvait pas, jusque-là, fuir l’Egypte, dont les frontières étaient hermétiquement closes. Et eux [les juifs] ont été 600 000 à sortir.

-> Le Ibn Ezra commente que les égyptiens, la nation la plus puissante en magie, avaient jeté un sort à leurs frontières de telle façon que personne ne pouvait en sortir librement.

-> Le Ben Ich 'Haï dit qu'on trouve une allusion à cela dans le mot : "Egypte" (מצרים), qui commence par un מ, lettre qui est ouverte, signe qu'à l'arrivée des juifs la terre était ouverte. Cependant par la suite, lorsqu'ils ont voulu en sortir cela était totalement impossible, à l'image de la lettre : ם de la fin du mot qui est fermé.

Ainsi, la grandeur de la sortir d'Egypte se tient dans les mots : "Je ferai sortir du milieu d'eux les enfants d'Israël", dont le mot : "mito'ham" (du milieu d'eux - מִתּוֹכָם) peut se décomposer en : מתוך ם (béto'h mém) = de l'intérieur du mém (ם), c'est-à-dire des limites de l'Egypte.

Hachem a libéré les millions de personnes composant Sa Nation en un seul instant, en faisant même des miracles énormes dans les frontières fermées de l'Egypte.
[cela doit renforcer notre émouna dans la certitude d'une guéoula grandiose à tout moment, avec la venue du machia'h!]

Moché se rendit auprès des juifs en Egypte et leur décrivit la merveilleuse rédemption qui allait se produire. Mais les juifs ne pouvaient pas écouter Moché, tant ils étaient accablés par la pénibilité de leur travail (d'esclaves).
De la même manière, à travers ses enseignements, Rabbi Na'hman de Breslev s’adresse à chacun d’entre nous et nous montre comment mener une vie de rédemption personnelle, une vie de joie, de paix, de clarté d’esprit, ... Cependant, nous pensons que nous devons travailler très dur dans la avodat Hachem pour remplir nos obligations. Nous avons l’impression de devoir faire plus que ce dont nous sommes capables afin de plaire à Hachem. À cause de cela, nous nous sentons dépassés et nous sommes incapables de prendre à cœur les conseils de rabbi Na'hman.

Le tikoun pour y remédier consiste à renforcer notre émouna en nous-mêmes. Nous devons croire que chaque petite chose que nous faisons dans la avoda d'Hachem illumine tous les mondes supérieurs et inférieurs et procure au Créateur une joie incroyable.
Chaque bénédiction et chaque mot de la Torah sont très précieux aux yeux de Hachem. Hachem n’attend pas de nous que nous soyons parfaits.
[rav David Kivak - rapportant Rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran II,86 ]

Introduction aux 10 plaies

+ Introduction préalable aux 10 plaies :

-> Chaque plaie a duré un mois, mais certains commentateurs pensent que la durée de la mise en garde était de 7 jours et ensuite la plaie durant 3 semaines, ou bien pour d'autres c'était l'inverse : 3 semaines de mise en garde et une semaine de plaie. [midrach Chémot rabba 9,12]
Toute les opinions s'accordent à dire que la période totale couverte par les plaies a été de 12 mois, prenant fin le 14 Nissan.
[l'esclavage a pris fin 1 an avant la sortie d'Egypte]
[Selon les Avot de Rabbi Nathan, les plaies d'Egypte se poursuivirent durant 12 mois, car les plaies ressemblaient au jugement des réchaïm dans le guéhinam, qui dure 12 mois.]

-> Le Séfer Péninim Yékarim (Ekev 7,15) cite l'enseignement de nos Sages selon lequel à chaque fois qu'une plaie s'abattait sur les égyptiens, il y en avait un petit peu chez les juifs pendant un moment, pour qu'ils sachent ce que souffraient les égyptiens.

-> Le 'Hida (Pné David) enseigne également en ce sens :
Toutes les plaies ont également affecté les juifs pendant un court laps de temps, afin qu'ils puissent connaître la puissance des plaies qui étaient infligées aux égyptiens.
Cela se voit dans le verset : "mais tous les Bné Israël jouissaient de la lumière dans leurs demeures" (Bo 10,23) = cela implique que les juifs ont ressenti la joie d'avoir de la lumière après avoir été exposés à l'obscurité pendant un petit moment.
Ce phénomène de d'abord ressentir la plaie a également eu lieu pour les autres plaies.

-> Selon le Saba de Kelm, en Egypte chaque plaie durait une semaine, et entre 2 plaies, il y avait une pause de 3 semaines.
Que faisaient les juifs pendant ces 3 semaines?

Ils étudiaient la plaie qui venait de passer, afin de se rendre compte à quel point Hachem était précis avec chaque égyptien en fonction de ce qu'il avait pu faire durant l'esclavage des juifs.
Il était alors clair dans la tête de chaque juif, que pour Hachem chaque acte (même le plus petit/anodin) positif ou négatif donne droit à une conséquence.
Rien n'est caché, ni oublié de D.

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-> Chacune des plaies avait toute seule la puissance de complétement détruire l'Egypte, si on lui avait laissé durer plus longtemps que le nombre fixé de jours.
La raison pour laquelle Hachem a amené 10 plaies était afin de démontrer Sa maîtrise totale sur toute la nature.
[Steïpler - 'Hayé Olam 15]

-> Le Maharal (Guévourot Hachem 57) explique qu'avec chaque plaie, Hachem a démontré un aspect différent de Son pouvoir, montrant comment chaque tissu de l'existence du monde repose uniquement entre Ses mains. [rien ne peut exister ou se produire sans un décret de Sa part. ]
Chaque plaie témoigne qu'Hachem manipule les fondements de la création du monde, révélant à tous que c'est Lui, et Lui seul, qui apporte les plaies parce que Lui seul, en tant que Créateur du monde, a le pouvoir de le faire.

Le Maharal écrit que les plaies ne démontrent pas seulement la souveraineté d'Hachem sur l'Égypte, mais aussi sa domination sur le monde entier, car chacune des 10 plaies correspond aux 10 Paroles qui ont été utilisées pour créer le monde, établissant ainsi son contrôle total sur la création.

C'est pourquoi nous lions la sortie d'Egypte avec le Shabbath en déclarant zé'her l'Yetsiat Mitsrayim et zikaron lémaassé Béréchit dans le Kidouch, par exemple.
En effet, bien qu'aucun être humain n'ait été présent au moment de la Création pour témoigner qu'Hachem a créé le monde (ex: comme la notion du temps!), la nation juive était présente en Égypte.
On a été témoin des miracles, on ont vu les "signes et les prodiges" (Vaéra 7,3) qu'Hachem a fait subir à l'Égypte. Par conséquent, on peuvent témoigner de la Création du monde, car seul Celui qui a créé la nature peut totalement la manipuler. [voir Ramban - Dévarim 5,15]

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-> Pourquoi les appelons-nous : "les 10 Plaies (makot)" et non "les 10 Prodiges"?
Le rav Mattitiahou Salomon donne la réponse suivante.
C'est parce que le prodige n'est pas le principal, ni le but recherché par Hachem, mais seulement le moyen pour Le craindre, d'où l'utilisation du mot : "maka" (un coup/plaie).

Le Ramban écrit : "Si un homme fait une mitsva, il gagnera son salaire et s'il faute il recevra la punition d'Hachem. Tout le but des actions d'Hachem en Egypte était d'apprendre au monde entier qu'Il se conduit dans Son monde avec la conduite de la Justice".

Malheureusement, beaucoup de gens pensent que Hachem met tout le monde au Gan Eden, et qu'Il est tellement bon qu'Il pardonnera tout, peu importe les bêtises que la personne en question a fait.
Ceci est une grande erreur, Hachem est certes d'une bonté infinie, mais ce qu'Il attend de nous est qu'on Le craigne dans Son monde.
Il est prêt à tout pardonner si l'homme en question fait téchouva (n'importe quelle faute sans exception!), mais il faut qu'il sache qu'Hachem a aussi l'Attribut de Justice, et que pour toute chose qu'un homme fait, il devra rendre des comptes à 120 ans.

[à Pessa'h, en développant largement les  détails concernant les plaies, nous en venons à prendre conscience que rien n'a été fait par hasard, mais selon le principe de : mesure pour mesure (mida kénégéd mida). Les égyptiens ont été punis pour chacune des fautes qu'ils ont pu faire subir aux juifs (même en cachette!).
[par exemple, à la mer Rouge, on voit que chaque égyptien a reçu une punition personnelle, en fonction de ce qu'il avait pu imposer aux juifs. ]
En développant concrètement cette notion en nous, nous en venons à craindre Hachem, et se dire que : certes Il est d'une miséricorde infinie, mais nous devrons également rendre des comptes sur toutes nos actions (sa Justice est parfaite).

=> Cela doit éveiller en nous un sentiment de crainte, qui vient s'ajouter au sentiment d'amour (vu tous les miracles que D. a réalisé pour nous!). Or, la crainte et l'amour sont les 2 jambes indispensables au bon déplacement spirituel de tout juif!]

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+ Les 10 plaies = Hachem laisse plusieurs occasions de faire téchouva, même aux égyptiens :

-> Il existe une autre facette à la fonction des 10 plaies. Une seule grande plaie n'aurait pas été aussi efficace pour convaincre les Egyptiens de l'existence de D. que plusieurs petites. Si l'Égypte avait été effacée dès l'instant de son premier refus, cela lui aurait supprimé toute possibilité de téchouva.
Bien que les égyptiens fussent punis de leur conduite cruelle, ils bénéficièrent de l'opportunité de s'arrêter un instant pour réfléchir à leurs erreurs et se repentir. À la suite de chacune des plaies, ayant assisté à l'intervention miraculeuse de D. au sein de leur existence, ils auraient pu revenir sur leur opposition vis-à-vis du peuple juif et accepter sur eux le joug de la royauté d'Hachem. Ainsi, ils auraient été pardonnés.
Malheureusement, ils n'en firent rien, tout comme les autres nations du monde n'en feront rien jusqu'aux Temps Futurs. Toutefois, durant les plaies, D. laissa aux Égyptiens la porte ouverte vers la téchouva.
[Chem miChmouël - Vaéra 5678]

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-> Lorsque Moché et Aharon sont venus pour la 1ere fois rendre visite à Pharaon afin de lui demander de libérer le peuple juif, il a répondu en augmentant la difficulté de leur esclavage.
Pharaon dit : "Qu'il y ait donc surcharge de travail pour eux et qu'ils y soient astreints; et qu'on n'ait pas égard à des propos mensongers" (Chémot 5,9).
Ce verset contient 10 mots (dans la Torah), indiquant que Pharaon a augmenter la charge de travail des Bné Israël d'une proportion 10 fois plus importante qu'auparavant.
En conséquence de cela, Hachem a puni Pharaon avec 10 plaies.
Ainsi : un travail * 10 a entraîné que Pharaon et sa nation se sont amenés sur eux les 10 plaies.
[Na'hal Kédoumim (Chémot 5,9) ; Shévet Sofer]

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-> La façon de parvenir [à la crainte du Ciel (yirat Chamayim) ] consiste à créer des images vivantes des événements de la sortie d'Egypte. Il ne suffit pas de simplement penser au concept de Délivrance ; il faut plutôt visualiser la situation du peuple juif pendant tout son séjour en Égypte." (d'où l'importance de la vivre dans ses détails)
[rav Yé'hezkel Levenstein - Ohr Yé'hezkel]

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-> En quoi le récit des détails des 10 plaies est-il pertinent dans nos vies, dans notre quotidien?
L’objectif principal des 10 Plaies était d’enseigner la émouna aux égyptiens et au reste du monde. Elles furent également là pour punir les égyptiens, de la façon la plus précise qui soit, du traitement abominable qu’ils firent subir au peuple juif.
Nous savons qu’Hachem récompense le bien de manière bien plus marquée qu’Il ne punit le mal. Donc s’Il fit en sorte que chaque détail de la plaie vienne sanctionner les mauvaises actions des tortionnaires, on imagine combien de bontés sont réservées à Son peuple qui accomplit Sa volonté.
[rav Yehonathan Gefen]

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-> "Nous nous souvenons du poisson que nous mangions gratuitement en Egypte" (Béaaloté'ha 11,5)

-> Rachi rapporte le Sifri : "Se peut-il que les égyptiens leur aient donné du poisson gratuitement? Il est pourtant écrit : "Et la paille ne vous sera pas donnée" (Chémot 5,18). S’ils ne leur donnaient pas gratuitement la paille, leur auraient-ils donné du poisson pour rien?"

-> Rabbi Zlig Bengis (cité dans Peninim miChoul'han Gavoa sur ce verset) explique cela ainsi :
Après avoir souffert de la plaie des poux, Pharaon a libéré totalement les juifs de leur esclavage, 6 mois avant la sortie d'Egypte. Pharaon a alors conçu un plan pour encourager les juifs à rester en Egypte, en distribuant les meilleurs produits à ses anciens esclaves.
Hachem a orchestré ces événements pour permettre aux juifs de prouver leur loyauté à Hachem en résistant aux tentations de rester en Egypte et de vivre une vie de luxe, plutôt que de suivre Moché dans un désert aride (où il n'y a rien (à boire, manger), si ce n'est des scorpions).
C'est au sujet de cette période de 6 mois que les juifs font allusion lorsqu'ils se plaignent de la manne et se lamentèrent : "nous nous souvenons du poisson que nous mangions gratuitement en Egypte".

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+ Les 10 plaies d'Egypte inscrites sur les égyptiens :

-> En Egypte, lors que les plaies se produisaient, les égyptiens avaient un rappel remarquable des plaies sur leur corps, les noms des plaies étaient écrits entièrement sur leur corps.

Il y a différents avis sur lesquelles plaies y étaient inscrites :
Selon Rabbénou Efraïm (Bo) et Tossefot Hachalem (Bo) : les plaies des poux, des bêtes sauvages, la grêle, l'obscurité et la mort des premiers-nés ;
Selon le Rokéa'h (Chémot) : celles des grenouilles, des poux, des bêtes sauvages, de la grêle et la mort des premiers-nés ;
Selon le midrach (Dévarim rabba 7,9) : celles du sang, des grenouilles et des poux ;
Selon un autre avis du Tossefot Hachalem (Bo) : celles du sang et des grenouilles ;
Selon le Shocher Tov (78,105) : l'ensemble des dix plaies étaient écrites sur leur corps.

Il existe même une opinion (le Vayaged Yaakov), selon laquelle seules les premières lettres des plaies (Détsa'h Adach Béa'hav) ont été écrites sur le front des égyptiens au début des dix plaies, et à la fin de chaque plaie, cette lettre a été effacée de leur front.

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+ Y a-t-il eut 10 plaies ou bien 16 plaies?
Que s’est-il réellement passé lors des plaies des poux, des ulcères et des ténèbres (obscurité) ?

-> Le Zéra Shimshon (parachat Bo) souligne qu’en parcourant les versets relatifs aux 10 plaies, on constate que Moché n’a pas donné d’avertissement avant l’arrivée de trois d’entre elles : les poux (כנם - la 3e plaie), les ulcères (שחן - la 6e plaie), et l'obscurité (חשך - la 9e plaie).
Le Zéra Shimshon explique la raison de cela de la manière suivante.

Le Yalkout Réouvéni (Vaéra) cite le Séfer HaPliah selon lequel ces trois plaies se sont produites simultanément. Lorsque l'Égypte a été frappée par les poux, cela s'est accompagné également d'ulcères et de l'obscurité.
[il semblerait que les poux aient été le plaie principal et que les autres plaies qui les accompagnaient ne se soient pas manifestés avec la même force que lorsqu’elles servaient de plaies principales. ]
De même, lorsque l’Égypte fut frappée par les ulcères, cela s’accompagna d’un degré moindre de poux et d'obscurité, ...

Cela est illustré dans le diagramme suivant :

Toutes ces plaies peuvent être lus normalement (de droite à gauche) et peuvent également être lus de bas en haut. Cela indique qu’elles sont interconnectées.

C’est pour cette raison que Moché Rabbénou n’a pas averti Pharaon avant l’arrivée de ces plaies, car s’il l’avait averti au sujet des poux, Pharaon aurait dit que Moché avait tort, puisque ce n’étaient pas seulement des poux qui étaient venus, mais plutôt des poux, des ulcères et l'obscurité.
De même, il ne pouvait pas avertir Pharaon des deux autres plaies qui accompagneraient les poux, car ce n’était pas encore le moment pour ces deux autres plaies de servir de plaie principale. C’est pourquoi aucun avertissement n’a précédé ces plaies.

La 1ere plaie : le sang

+ La 1e plaie = le sang :

-> Pourquoi l’eau a-t-elle été frappée la première, et par le sang?

Parce que Pharaon et les égyptiens idolâtraient le Nil, D. dit : "Je vais frapper leur D. en premier et ensuite son peuple" (Chémot Rabba 9,8).

D'ailleurs, les eaux du Nil avaient une odeur de charogne, ce qui humilia grandement les égyptiens et Pharaon qui virent leur dieu ainsi frappé (Midrach Hagadol 7,17).

-> Le midrach haGadol (Vaéra 7,21) explique que le "sang" ne ressemblait pas seulement à du sang, c'était du vrai sang, et qu'il sentait aussi le sang. Par conséquent, malgré la puanteur rance des poissons morts du Nil, l'odeur du sang était encore plus forte.

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-> "Il y aura du sang dans tout le pays d’Egypte, et dans les bois et dans les pierres" (chémot 7,19).
Comment comprendre : "dans les arbres et dans les pierres"?

Le sang perçait depuis l’intérieur des arbres et des pierres et coulait au dehors.
Lorsqu’une femme pétrissait la pâte et l’enfournait, le sang sortait du bois et éteignait le feu. Il mouraient ainsi de faim.

Le sang coulait même de leurs idoles en bois et en pierre. Même les fruits des arbres contenaient du sang et lorsque, assoiffés, ils essayaient de presser des fruits, du sang en coulait (Midrach Hagadol Vaéra 7,21).

Même leur salive fut transformée en sang (Midrach Tanhouma Vaéra 11).
D'autres sources ajoutent que c'était tous les liquides du corps qui se sont transformés en sang : les larmes, la salive, la transpiration.

-> Le fléau du sang était si grave qu'il était presque impossible de manger, car chaque goutte de liquide, même dans la nourriture, se transformait en sang. Par conséquent, de nombreux égyptiens sont morts de soif ou de faim pendant cette épidémie (midrach haGadol - Vaéra 7,19).

-> Pour humilier les égyptiens et symboliser clairement l'impuissance de leurs dieux, même les idoles et les divinités allaient produire du sang (midrach Yalkout Chimoni - Chémot 7:182)

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-> Ceux qui se risquaient à boire du sang voyaient leur estomac gonfler et éclater. (Zohar haKadoch 22)
Les animaux mourraient, déshydratés. (Abravanel - Vaéra)

-> S’ils buvaient avec un juif du même verre, l’eau se transformait en sang dans leurs bouches.
Lorsqu'ils s’asseyaient sur leur lits ou sur un rocher, ils abîmaient leurs habits (coûteux) qui s’imprégnaient de sang (midrach chémot Rabba 9,11).

-> Les eaux amères et salées sont restées disponibles, et les égyptiens se forçaient à en boire parce qu'ils n'avaient pas le choix.
Ils préféraient acheter de l'eau potable aux juifs, plutôt que de consommer de l'eau amère.
[Rabbénou Bé'hayé ; Malbim]

Les juifs se sont considérablement enrichis en vendant de l'eau aux égyptiens.

Le Messekh 'Hokhma cite le midrach enseignant qu'un des objectifs de cette plaie était d'enrichir les juifs, par la vente d'eau potable.
De son côté Pharaon, puisqu'il avait déjà "payé" aux juifs par toutes les bontés qu'il avait pu octroyer à Moché en l'élevant dans son palais, il a été totalement exempté de cette plaie.

Dans le verset, il est écrit : "Pharaon s’en retourna, alla vers sa maison et ne se préoccupa pas de cela aussi" (Chémot 7,23). On observe que Pharaon, n’étant pas personnellement concerné, il ne partagea pas la souffrance de son peuple ("ne se préoccupa pas de cela").

[En épargnant à Pharaon cette 1ere plaie, Hachem l'élevait aux yeux de tous pour mieux le faire tomber de haut, et également Il lui laissait du temps pour faire téchouva.
Nos Sages enseignent que Pharaon n'a pas été touché par la 1ere plaie en gratitude et en "paiement" pour avoir élevé, nourri, hébergé, ... Moché dans son palais pendant 10 années (de 2 à 12 ans).]

-> Le Michnat Rav Eliézer (19) affirme que Pharaon n'a pas été affecté par la plaie du sang.
[de même que Pharaon a élevé Moché dans sa maison, lui donnant ainsi la vie, de même en retour Pharaon a été récompensé par de l'eau, qui est un élément vital/essentiel à la vie. ]

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-> "Pharaon s'en retourna et rentra dans sa demeure, sans se préoccuper non plus de ce prodige" (Vaéra 7,23)

-> Selon le Séchel Tov, Pharaon était content de boire du vin, et ce n'est que la population égyptienne en générale qui souffrait du manque d'eau buvable.

-> "Il y aura du sang sur tout le pays d'Egypte et dans les [récipients de] bois et [de] pierre" (Vaéra 7,19)

Rabbénou Ephraïm tire de ce verset que l'eau qui était contenue dans des récipients en métal n'a pas été changée en sang. C'est pourquoi pour cette plaie, Pharaon n'a pas demandé à Moché d'y mettre un terme, car il buvait uniquement de l'eau entreposée dans du métal, le laissant non affecté par cette plaie.

[A cette époque "ancienne", le métal était une matière nouvelle rare et très chère (surtout pour y entreposer un bien peu précieux comme de l'eau!), faisant que seul Pharaon était vraiment concerné, puisqu'étant un signe extérieur de richesse pour lui.]

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-> Jusqu'aux frontières de l'Egypte, l'eau était parfaitement pure et claire. Mais dès que l'eau traversait la frontière, elle se transformait en sang.
De même, dès que l'eau quittait l'Egypte pour se jeter dans la mer méditerranée, elle redevenait pure.

Durant la plaie, les égyptiens apprirent que l'on pouvait obtenir de l'eau fraîche à la source du Nil et y envoyèrent des expéditions pour rapporter de l'eau potable. Mais dès que les tonneaux d'eau passaient les frontières égyptiennes, cette eau-là aussi se transformait en sang.
Ainsi les égyptiens ne purent-ils pas boire la moindre goutte d'eau du Nil.
[Méam Loez - Vaéra 7,16-18]

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Nos Sages disent que les Juifs se sont enrichis grâce à la plaie du sang, car pour que les égyptiens puissent boire de l'eau, ils devaient payer cette eau aux juifs.
=> Pourquoi les juifs avaient-ils besoin d'une telle richesse, alors qu'au moment de la sortie d'Egypte, ils emporteront avec eux de grandes richesses ?

La guémara (Baba Batra 116a) enseigne que la pauvreté dans la maison d'un homme est pire que 50 coups.
De plus, dans la Haggada, Rabbi Akiva dit que chacune des 10 plaies étaient composées de 5 plaies, ce qui qu'en tout l'Egypte fut donc frappée de 50 plaies.
Ainsi, avant d'envoyer les plaies, Hachem souhaita enrichir les juifs, dès la 1ere plaie, car s'ils étaient pauvres, cela reviendraient comme s'ils étaient frappés de 50 plaies.
=> Alors, on n'aurait pas vu la différence entre les égyptiens qui allaient recevoir 50 plaies, et les juifs qui, du fait de la pauvreté, seraient eux-aussi considérés comme étant frappés de 50 coups.
[le Zéra Chimchon]

-> Le Séfer Peniné Kedem explique pourquoi c’est justement la Plaie du Sang qui a enrichi Israël, et non une autre Plaie. Nos Sages (guémara Baba Batra 116a) enseignent : "La pauvreté dans la maison d’un homme est plus difficile à supporter que 50 Plaies" [la Guemara apprend cela du verset : "Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, vous du moins, mes amis, car la Main de D. m’a frappé" (Iyov 19,21) : Si les 10 Plaies d’Egypte sont appelées le "Doigt de D." ( אֶצְבַּע אֱלֹהִים – Etsba Elokim) (voir Vaéra 8,15), la "Main de D." fait allusion à 5 fois plus de Plaies – voir Rachi]. Ainsi, fallait-il, dès la première Plaie, enrichir les Bné Israël, car sinon la vengeance divine n’aurait pas été appréciée à sa juste valeur du fait que leur situation misérable aurait continué à être plus douloureuse que 50 Plaies subies par les égyptiens.

=> Pourquoi les Egyptiens n’ont-ils pas obligé les Bné Israël à vendre de l’eau pour une somme modique?
En réalité, ni les juifs n’abusèrent des Egyptiens, ni ces derniers ne s’étaient fait escroquer par les juifs. Hachem a puni Pharaon et les Egyptiens "mesure pour mesure". Ainsi, chaque égyptien recevait sa punition personnelle, tous ne se ressemblaient pas et certains avaient été beaucoup plus cruels que d’autres. Lorsque l’égyptien venait voir le juif et lui demandait de lui vendre de l’eau, celle-ci ne demeurait pour lui de l’eau que lorsqu’il avait payé le prix correspondant à son châtiment. Tant qu’il ne lui donnait pas la somme adéquate, l’eau se transformait en sang. Ainsi, même si les juifs avaient voulu vendre leur eau à un prix dérisoire, ils n’en avaient pas le pouvoir et celle-ci se transformait en sang jusqu’à ce que le prix juste et proportionnel aux actions de chaque Egyptien soit atteint.
Cela répond à présent à notre interrogation. Les égyptiens n’avaient donc pas la possibilité de forcer les juifs à leur vendre de l’eau à un prix dérisoire. Les juifs non plus ne pouvaient faire des réductions à leurs bourreaux. Par ailleurs, les Bné Israël n’abusèrent pas des égyptiens. [Lev Chalom]

-> Le rav Ibn Ezra demande pourquoi ce prodige surnaturel (décrit dans le midrach), qui réalisa une séparation remarquable entre les Egyptiens et les Bné Israël, n’est pas mentionné dans la Thora. Il en conclut que celui-ci n’est pas exact et que les Béné Israël comme les égyptiens ont subi la Plaie du Sang (tout comme les Plaies suivantes : les grenouilles et les poux). Ainsi, le verset : "Tous les égyptiens creusèrent dans le voisinage du fleuve, pour trouver de l’eau à boire; car ils ne pouvaient boire de l’eau du fleuve" (Vaéra 7,24) s’applique-t-il non seulement aux Egyptiens mais également aux Béné Israël.

-> Nous pouvons cependant concilier le point de vue du Ibn Ezra avec le midrach avec l’explication suivante du Divré Yoël : Hachem a frappé le Nil car celui-ci était considéré comme un dieu d’Egypte, aussi l’a-t-Il frappé avant les Egyptiens. Ceux parmi les juifs qui se comportaient comme des Egyptiens, idolâtres et adorateurs du Nil, ont donc subi également la Plaie du Sang afin de leur faire prendre conscience du véritable Maître de la Nature.
C’est à cette frange du Peuple juif à laquelle fait référence le rav Ibn Ezra, lorsqu’il affirme que les Béné Israël ont aussi subi la Plaie du Sang. Quant à ceux qui sont restés fidèle à un D. unique, il n’y avait pas de raison de leur faire subir une telle Plaie. Bien au contraire, ils ont mérité de bénéficier d’un prodige extraordinaire (précisément décrit dans le midrach) qui les distingua des égyptiens et leur permit de s’enrichir.

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-> "Il y eut du sang (vayéhi adam) dans toute la terre d’Egypte" (v.7,21)

De ce verset vient l’usage du mot damim pour désigner l’argent.
En effet, les Sages ont dit que par la plaie du sang, les juifs se sont enrichis, parce que les égyptiens n’avaient pas de quoi boire, et ils étaient obligés d’acheter de l’eau aux juifs au prix fort.
Contre l’argent (damim) que les égyptiens donnaient aux juifs, ils pouvaient se débarrasser du sang (damim) qui remplissait l’Egypte.

Rabbi Itzélé de Volozhine avait l’habitude de dire sur ce verset qu’il n’est pas étonnant que les mages égyptiens aient réussi par leur propre force à transformer des fleuves d’eau en sang. C’est l’art des non-juifs depuis toujours!

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-> Il est à noter que lorsqu'un égyptien venait voir un juif et lui demandait de lui vendre de l’eau, tant qu’il ne donnait pas la somme adéquate, l’eau se transformait en sang.

C'est ainsi que chaque égyptien recevait une punition personnalisée (le prix d’achat étant unique) en fonction de l’importance de la cruauté qu’il avait eu envers les esclaves juifs.

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+ "Toute l'eau qui était dans le fleuve se changea en sang" (Vaéra 7,20)

-> Le Sforno écrit que l'eau s'est littéralement transformée en sang, et en conséquence les poissons sont morts puisque ne pouvant survivre dans du sang.

Le Ibn Ezra précise que le sang étant plus chaud, c'est cette différence de température qui tué les créatures aquatiques du fleuve.

-> Le Daat Zékénim est d'avis que le fleuve a pris l'apparence du sang, mais il est resté en réalité avec le goût de l'eau. Pour éviter les égyptiens de le boire, Hachem a également entraîné que les poissons meurt, et c'est ce qui a rendu l'eau imbuvable.
[v.21 : "le poisson qui était dans le fleuve périt ... et l'Egypte ne put boire l'eau du fleuve"]

Le rav Aharon Leib Steinman dit que selon cette explication, pour toutes les autres sources d'eaux non reliées au Nil et ne contenant pas de poissons, l'eau s'est réellement transformée en sang, empêchant de la boire.

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+ "Les magiciens d'Egypte en firent de même avec leurs sortilège" (Vaéra 7,22)

=> D'où provenait l'eau qu'ils ont utilisé pour la transformer en sang?

-> Le Targoum Yonatan ben Ouziel écrit que les magiciens ont pris de l'eau de Gochèn, où les juifs vivaient, car elle n'était pas affectée par la plaie.

Le Targoum Yonatan (Vaéra 7,22) explique que le sang à Gochen ne s'est jamais transformé en sang.
En fait, explique le Targoum Yonatan, lorsque les nécromanciens "changeaient le sang en eau", ils ne pouvaient le faire qu'avec de l'eau qu'ils avaient transformée en sang par illusion. Ils n'ont pas été en mesure de changer le sang qu'Hachem avait transformé en eau. Si tel est le cas, où ont-ils puisé l'eau nécessaire à la réalisation de leur tour?
De Gochen, où l'eau est restée de l'eau.

-> Selon le Ohr ha'Haïm haKadoch se base sur le midrach (Chémot tabba 9:10), qui dit que l'eau pouvait être achetée aux juifs et que, par conséquent, en achetant ce bien précieux, les magiciens avaient de l'eau à "transformer" en sang.

-> Rabbénou Bé'hayé répond qu'ils creusaient des trous dans le sol pour trouver des sources d'eaux souterraines, puisque la plaie affectait uniquement l'eau exposée.

Il dit également que lorsque les magiciens ont entendu que la plaie allait commencé, ils ont voyagé jusqu'à des endroits où l'eau n'avait pas encore été transformée, en affirmant qu'elle allait se transformer en sang. Quelques instants plus tard, cela se produisit, mais pas grâce à eux, mais des effets de la plaie.

-> Le Panéa'h Raza explique que l'eau s'est transformé en sang l'espace d'un instant pour tuer les poissons, devenant nauséabonde et imbuvable à cause des poissons morts, et immédiatement ensuite elle a été changée de sang en eau.

-> Le rav Israël Reisman (commentaire v.7,24 - mimémé) affirme que seule l'eau potable a été transformée en sang, permettant aux magiciens d'utiliser l'eau non potable pour la transformer en sang.

-> Les sorciers ne parvenaient à transformer en sang que le contenu de petites bouteilles d'eau.
Le fait qu'ils y parvinrent convainquit Pharaon que Moché et Aharon n'avaient rien accompli de plus qu'un habile tour de magie.
Selon certains, la seule eau utilisable était l'eau salée de la mer méditerranée.
[Méam Loez - Vaéra 7,21 & 22]

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-> C'est uniquement l'eau buvable qui était transformée en sang, et non pas les eaux salées ou amères.
[rav Saadya Gaon - cité par le Malbim 7,22]

Les eaux souterraines et les eaux qui étaient collectées dans des ustensiles, des puits, des citernes, avant que la plaie ne commence, ne se sont pas transformées en sang.
[selon rav Yéhouda - midrach Chémot rabba 9,11 ; Ets Yoessef, ibid.]

Le rav Levin dit qu'il se peut que la 1ere plaie soit venue avec des possibilités de ne pas trop en être impacté afin de servir d'un premier avertissement pour que les égyptiens libèrent les juifs. Cependant les plaies se sont ensuite intensifiées en raison du refus de Pharaon de laisser le peuple juif partir.

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-> Le Ohr ha'Haïm (Vaéra 7,21) explique que les poissons morts et l'odeur nauséabonde émanant de l'eau étaient un signe pour tous qu'il s'agissait d'un véritable fléau et non d'une illusion.
En effet, bien que les égyptiens soient passés maîtres dans l'art des ténèbres, leur magie n'affectait pas la réalité. Ils étaient capables de changer l'apparence des choses, mais pas leur essence. Par conséquent, lorsque le poisson mourut, il était clair pour tous que l'eau s'était véritablement transformée en sang, un signe certain que seule la main d'Hachem pouvait être responsable de cet acte.
Et bien que les sorciers aient réussi à reproduire quelque peu le fléau, le plus qu'ils aient pu faire avec leur sorcellerie a été de changer l'image de l'eau, mais pas sa composition chimique.

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-> En réalité, le fait que l'eau se soit transformée en sang n'a pas dérangé beaucoup les égyptiens, puisqu'il était habituel parmi les anciennes nations de boire du sang.
D'une certaine façon c'est comme si Moché avait transformé notre eau en coca cola!

Par contre ce qui a fait la dureté de cette plaie a été la mort des poissons suite à la transformation de l'eau en sang.
Il est écrit : "Les poissons du fleuve moururent, le fleuve devint infect, et les égyptiens ne purent boire de ses eaux" (Vaéra 7,21) = c'est les poissons morts qui ont fait que les égyptiens ne pouvaient plus boire de l'eau. [car en absolu boire du sang ne leur été pas répugnant]
C'est pour cela que cette plaie aurait dû plutôt être appelée : "makat bi'ouch" (la plaie des eaux nauséabondes).
La raison qui a fait que cette plaie a été dénommée : "makat dam" (la plaie du sang), est parce que les odeurs nauséabondes ne sont pas visibles à l'œil humain. C'est pourquoi elle s'appelle "dam" (sang), car de façon visible l'eau s'est transformée en sang.
[Daat Zékénim]

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-> On peut s'interroger : à l'époque du Déluge, bien que toute vie sur terre fut anéantie, les poissons ne furent pas décimés. Ici pourtant, les poissons moururent.
La raison est qu'avant le Déluge, les mœurs sur terre étaient dépravées. Les animaux et les oiseaux s'accouplaient eux aussi contre nature, souvent avec d'autres espèces. Telle était la raison pour laquelle même les animaux et les oiseaux furent anéantis par le Déluge. Seuls les poissons qui ne s'étaient pas accouplés à d'autres espèces, furent épargnés.

Cependant en Egypte, les poissons avaient participé au crime : lorsque les nourrissons juifs étaient noyés dans le Nil, les poissons les avalaient. C'est la raison pour laquelle les poissons également méritaient la mort.
De plus, les poissons moururent pour prouver que l'eau s'était réellement transformée en sang et qu'il ne s'agissait pas d'une simple illusion semblable à celle que les magiciens égyptiens furent capables de produire ...
[Méam Loez - Vaéra 7,21]

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+ Mesure pour mesure :

-> Les égyptiens ont été punis par le sang, car ils ont versé le sang des enfants juifs lorsqu'ils les ont jetés dans le Nil.
[midrah haGadol]

-> Ils n'ont pas permis aux femmes juifs de s'immerger rituellement dans l'eau de leur impureté par le sang.
[midrach Tan'houma ; Chémot rabba 9:9]

-> La 1ere source de sécurité des égyptiens était le Nil, et ils forçaient les juifs à aller y tirer de l'eau pour eux.
C'est pour cela qu'ils ont été frappés par le Nil.
[Rabbénou Bé'hayé]

-> Une partie de la plaie a été la mort des poissons du Nil, et cela parce que les égyptiens souhaitaient annuler la bénédictions de Yaakov : "qu'ils se multiplient abondamment comme des poissons, au sein de la terre" (Vayé'hi 48,16).
[Kli Yakar]

-> Les poissons morts dans le fleuve pendant la plaie du sang, représentent les enfants juifs morts qui étaient noyés dans le Nil.
[Abarbanel 7,14]

-> Le sang qui s'écoulait des arbres et des pierres pendant cette plaie correspondait au sang versait par les enfants juifs, qui été placés à la place des briques dans les constructions égyptiennes.
[Oznaïm laTorah]

-> Pharaon avait assassiné tous les jours 300 nourrissons juifs afin de se tremper dans leur sang.
[Sifté Cohen]

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-> Hachem attaque dès le début le dieu égyptien : le Nil. (le Malbim)

[c'est leur confiance dans leur divinité qui leur a laissé croire qu'ils pouvaient tourmenter les juifs, et ce sans craindre aucune conséquence.
Chaque fois qu'ils voyaient le Nil, cela renforçait en eux leur toute puissance, oubliant Hachem, et faisant encore davantage souffrir les juifs.]

-> [l'Egypte était la capitale de la magie noire, et ayant les sorciers/magiciens les plus puissants (même un enfant égyptien était très compétent en sorcellerie), elle se pensait au-dessus de tout (on est comme des dieux pouvant tout faire par nos fabuleux pouvoirs!)]
En ce sens, le Zohar (rapporté dans le Méam Loez (Vaéra 7,20)), nous enseigne :
L’approvisionnement en eau d'une nation peut avoir un effet profond sur son peuple.
C'est ainsi qu'en raison de la composition chimique de l'eau, ainsi que des créatures qui y vivent, une certaine sorte d'eau peut être thérapeutique ou une autre développer l'intelligence.
Les eaux du Nil étaient particulièrement efficaces pour donner à ceux qui en buvaient des pouvoirs mystiques et occultes.
Mais après sa transformation en sang et la mort de toute vie aquatique, le fleuve cessa de posséder ces propriétés.

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-> Le verset dit : "Les poissons qui se trouvaient dans le fleuve moururent et le fleuve devint impur" (Vaéra 7,21).
Le Zohar (2:30b) explique que la raison pour laquelle les poissons devaient périr de cette manière était d'empêcher les égyptiens de boire l'eau du Nil. Pourquoi cela était-il nécessaire?
Parce que chaque masse d'eau a un effet différent sur une personne. Par exemple, le Zohar dit que certaines masses d'eau rendent une personne sage alors que d'autres nuisent à son intelligence. Les eaux de l'Egypte, explique le Zohar, possédaient le secret de la compréhension profonde de la magie noire par les égyptiens, car elles leur donnaient spécifiquement de la clarté dans ce domaine.
Par conséquent, pour les empêcher d'accroître leur connaissance de la magie noire, Hachem a rendu l'eau et tout ce qu'elle contient totalement inconsommables.

Le rav Tsadok haCohen (Pri Tsadik Chémot 11) pousse cette idée plus loin en expliquant que le message de la transformation de l'eau en sang n'était pas seulement destiné aux égyptiens, mais qu'il fournissait le message suivant pour le peuple juif. Alors que l'eau des égyptiens se transformait en sang, signifiant que leur source de sagesse, qu'ils célébraient et dont ils s'enorgueillissaient, était putride et sans valeur, pour le peuple juif, en revanche, l'eau restait de l'eau.
Cela symbolisait le fait que la Torah, la source de sagesse du peuple juif, restait constante et pure, démontrant ainsi que la Torah est une source de sagesse vivante et éternelle, dont il faut vraiment être fier et qu'il faut célébrer.

"Hachem parla à Moché : ... tiens-toi devant Pharaon" (Vaéra 9,13)

-> Le midrach rapporte que l'entrée de la porte du palais de Pharaon était très basse, afin que tout celui qui voulait y pénétrer était obligé de se prosterner devant une idole égyptienne qui faisait face à cette porte.

Cependant, lorsque Moché et Aharon se sont approchés de cette porte, elle est miraculeusement devenue plus haute, et ils n'ont même pas eu besoin de baisser leur tête pour entrer.
[surtout qu'ils avaient tous les deux une taille d'environ 5 mètres (10 coudées)]

-> Le Alshich haKadoch dit que c'est ce que Hachem signifie lorsqu'il dit à Moché : "tiens-toi devant Pharaon" = lorsque tu arriveras devant lui, tu n'auras pas besoin de te prosterner, vas-y en te tenant bien droit [fier de ton patron : Hachem!].

Le Alshich rapporte qu'il en a été de même lorsque Yaakov a rencontré Pharaon. Hachem a produit un miracle en agrandissant la porte du palais, afin de le dispenser de se prosterner devant les idoles.
En effet, il est écrit : "Yossef amena Yaakov, son père, et le présenta en se tenant debout devant Pharaon" (Vayigach 47,7).

[Pharaon représente le yétser ara.
Le message est que lorsqu'il nous arrive de faire face au yétser ara, il faut bomber le torse, avoir la tête haute : être fier de ses origines (je suis juif! mon père c'est Hachem!), et avoir conscience que nous devons donc agir avec toute la grandeur qui va avec (tu connais la valeur d'une mitsva! comment puis-je faire un acte si bas pour mon rang si élevé de juif?)]

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-> Le midrach (Yalkout Chimoni 181), nous rapporte quelques miracles qui se déroulèrent à l'occasion de cette visite chez le roi d'Egypte :
"Le palais de Pharaon possédait 400 portes, et chacune d'elles était gardée par des lions, des ours et des bêtes sauvages qui ne laissaient personne entrer, à moins qu'on ne leur amène de la viande à manger.
Lorsque Moché et Aharon arrivèrent, toutes les bêtes se rassemblèrent, elles se frottèrent à leurs jambes et les accompagnèrent jusqu'à Pharaon."

On apprend également dans ce midrach, que c'était le jour d'anniversaire de Pharaon, et que tous les rois de l'Est et l'Ouest s'étaient réunis en son honneur.
En voyant Moché et Aharon arriver dans la salle du trône, ils leur apparurent comme des Anges célestes, leurs yeux brillaient comme le soleil, ...
Ils furent saisis de tremblements et se prosternèrent devant eux.

Le midrach (Yalkout Chimoni 176) nous enseigne qu'au début l'ensemble des 71 Anciens accompagnèrent Moché et Aharon, mais au fur et à mesure qu'ils prenaient conscience des dangers auxquels ils s'exposaient, ils se sont tous désistés.

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2015/02/16/2717