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"Un orgueilleux profane le Nom de Hachem et entraîne les gens à fauter.

Il est comme une carcasse qui a été jetée dans un marché, et qui oblige chaque passant à se couvrir le nez jusqu'à l'avoir dépassée.
De même, une personne orgueilleuse déshonore la Torah et ceux qui l'étudient, et ils font s'éloigner les gens de la Torah, car ces derniers se disent : "Quel avantage y a-t-il dans la Torah, si ceux qui l'étudient sont mauvais?"
En conséquence, ils quittent la Torah."

[Or'hot Tsadikim - gaava]

Le Or'hot Tsadikim, affirme également qu'à l'inverse, une personne humble va exercer une influence importante sur autrui, qui vont souhaiter l'imiter, et cela amène alors un grand kiddouch Hachem.

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+ Dans un arbre, les branches vides ne contiennent rien pour les alourdir, tandis que celles qui portent de beaux fruits sont alourdies, entraînant qu'elles se trouvent le plus bas.
De même, une humilité sincère témoigne qu'une personne porte en elle des fruits de qualité.
[Sagesse juive]

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-> Le Kli Yakar (Vayikra 4,35), rapporte le midrach rabba affirmant qu'un orgueilleux sera : "jugé uniquement dans le feu".
Pourquoi cela?

Il explique que par nature le trait de l'arrogance est le désir de s'élever au-dessus d'autrui.
Ainsi, une telle personne sera jugée par le feu, car par nature un feu procède de même : cherchant toujours à monter vers le haut, ses flammes sautant sur tout ce qui peut se trouver sur son chemin (de même qu'un orgueilleux va réduire en cendre tout ce qui a de valeur chez son prochain, pour mieux s'élever!).

On consume un sacrifice par le feu, dans un but d'expier ce mauvais trait de caractère, qui est à l'origine de nos fautes (indirectement on pense en nous : comment Hachem peut me dire quoi faire à moi!).

"Quiconque souhaite accroître ses mérites dominera son mauvais penchant, fera preuve de générosité et apportera en sacrifice la plus belle bête de l'espèce qu'il aura choisie.
Il est dit en effet dans la Torah : "Hével offrit, de son côté, des premiers-nés de son bétail, de leurs parties grasses. Hachem Se montra favorable à Hével et à son offrande" (Béréchit 4,4).

Il en va de même pour tout ce que l'on accomplit pour le D. de bonté : on offrira ce que l'on a de plus beau et de meilleur.
Si l'on édifie une synagogue, celle-ci sera plus belle que notre résidence personnelle.
Si l'on donne à manger à un affamé, on lui offrira ce qu'il y a de meilleur et de plus sain de notre table.
Si l'on habille un démuni, on le vêtira de nos plus beaux habits.
Si l'on consacre un bien au Temple, on lui vouera la plus belle de nos possessions, comme le dit le verset : "Toute graisse sera pour Hachem" (Vayikra 3,16)."

[Rambam - Michné Torah - fin des lois sur Issouré Mizbéa'h]

"Et si son offrande (korbano) est d'entre le petit bétail, d'entre les moutons ou d'entre les chèvres, comme offrande d'élévation (ola)" (Vayikra 1,10)

"Et si son offrande à Hachem (korbano l'Hachem) est une offrande d'élévation (ola) d'entre les oiseaux, il apportera son offrande d'entre les tourterelles ou d'entre les jeunes colombes." (Vayikra 1,14)

-> Dans le cadre du korban ola, la Torah parle :
- de "korbano" : lorsque l'on apporte des moutons ou des chèvres ;
- de "korbano l'Hachem" : lorsque l'on amène des tourterelles ou des jeunes colombes.

Pourquoi une telle différence?

-> Le Ohr ha'Haïm explique que l'offrande faite avec des oiseaux est apportée par un pauvre, et une telle personne souffre souvent d'embarras.
C'est pourquoi le Nom de Hachem se trouve avec elle, faisant allusion au fait que Hachem se trouve parmi les pauvres et les humbles de Son peuple.

-> Selon le Zohar (Vayakél), une personne a de la chance d'avoir la visite d'un pauvre, et on doit voir cela comme si l'on recevait un cadeau de Hachem.

[un pauvre n'est pas un boulet, mais une occasion que D. nous donne afin d'acquérir des mérites si puissants que même un décret de mort sur nous en serait déchiré!]

-> Le Pélé Yoéts (Kavod haBriyot) dit qu'on doit réellement se lever lorsqu'un pauvre passe à côté de nous, car la présence divine est avec le pauvre.

Cela se base sur : "Il [Hachem] se tient à la droite de l'indigent (ev'yon), pour l’assister contre ceux qui condamnent sa personne" (Téhilim 109,31).

-> D'ailleurs, le 'Hafets 'Haïm a commenté ce Téhilim ainsi : "lorsqu'un pauvre ira au Ciel après sa mort, il se tiendra devant le tribunal céleste, et il aura Hachem comme avocat qui l'aidera, ce qui le fera sûrement obtenir le Gan Eden. Qui a-t-il de mieux que cela?"
[ce Téhilim : "ki yaamod léyamin ev'yon, léochia michofté nafcho" = Hachem se tient à la droite du pauvre, pour le sauver dans le jugement]

-> Lorsque sa femme est décédée, le 'Hafets 'Haïm a demandé qu'elle soit enterrée à proximité d'une femme pauvre, qui était morte peu auparavant.
Il a expliqué : "Dans les Téhilim, il est écrit : "ki yaamod léyamim ev'yon" ([Hachem] se tient à la droite de l'indigent - Téhilim 109,31). Il n'est pas dit que Hachem se tient à droite d'un tsadik, ou bien à droite des gaonim (génies en Torah). Mais plutôt, les pauvres méritent que Hachem se tienne à leur côté.
Je veux que ma femme soit également là-bas!"

-> Le rav Shlomo Kluger a également demandé à être enterré à côté d'un pauvre, avec la condition que le pauvre se soit comporté comme il le fallait de son vivant.

[Aux yeux du 'Hafets 'Haïm, les pauvres sont des gens qui bénéficient constamment d'une énorme proximité avec Hachem, et qui vont très probablement sortir gagnant du beit din d'en-Haut.
Combien nous devons respecter et veiller à ne pas froisser un pauvre!]

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-> "Si c’est un oiseau qu’on veut offrir en holocauste" (Vayikra 1,14)

Le Zohar (Vayikra 5a) commente :
Rabbi Yossi a demandé : "Pourquoi les lois concernant l’holocauste diffèrent-elles selon les sortes d’animaux : du gros bétail, du petit bétail ou un oiseau? Puisqu’il s’agit du même sacrifice (holocauste) et qu’on les brûlera tous de la même manière, pourquoi les distinguer l’un de l’autre?

En réalité, quiconque en a les moyens offrira du gros bétail. S’il ne le peut pas, il prendra du menu bétail. Enfin, s’il n’en a pas non plus la possibilité, il offrira un oiseau. En effet, il est dit : "Si cet homme est pauvre et que ses moyens sont insuffisants" : D. n’éprouve pas une personne au-delà de ses capacités."

Rabbi Elazar a déclaré : "Le sacrifice est à l’image de la faute". Un riche qui est parfois arrogant offrira un taureau, car il aura davantage tendance à fauter devant son Créateur. Un homme moyen offrira du petit bétail, car il n’a pas vraiment la volonté de fauter. Un pauvre, qui n’est pas arrogant du tout et dont la volonté est la moins affirmée, offrira le sacrifice le plus léger.

Les sacrifices sont reconnus individuellement. D. juge chaque personne de manière droite.

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-> Le rav Yaakov Klein enseigne que :
Il existe 4 catégories : les minéraux, les végétaux, les animaux et les humains.
Le minéral le plus élevé est le mont Everest avec 8 849 mètres, le végétal le plus élevé est un arbre qui fait environ 116 mètres de haut, l'animal le plus haut est la girafe avec environ 5 mètres, et enfin l'homme le plus grand de l'ère moderne est Robert Wadlow qui mesurait 2,72 mètres.
=> Cela peut s'expliquer ainsi : le moins une entité a de spiritualité, le plus elle a une matérialité élevée.

D'ailleurs, nos Sages disent qu'il y a une 5e catégorie dans la création : les juifs.
Cela peut expliquer pourquoi tout au long de l'histoire les juifs sont considérés de haut par les autres nations (ex: des sales juifs!).

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"Cette pierre que j'ai érigée en stèle sera une maison de D., et tout ce que Tu me donneras, j'en prélèverai régulièrement de la dîme à Ton intention" (Vayétsé 28,22)

Selon rabbi Moché Feinstein (Darach Moché), c'est le fait de prélever régulièrement des actes de bonté ('hessed) et de tsédaka, comme écrit à la fin du verset, qui va faire d'une maison : "une maison de D.", comme écrit au début du verset.

Rabbi Feinstein d'ajouter : "Même si vous accomplissez de nombreuses autres mitsvot (que la tsédaka), et même si vous n'avez aucune faute en votre nom, votre maison n'a pas le statut de : "maison de D.", tant que le 'hessed n'y est réalisé."

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+ Il est intéressant de noter que l'offrande apportée par les pauvres est moindre en taille (oiseau vs. animal domestique), mais en plus :
-> "avec ses plumes" (v.1,17).
Rachi commente : Il n'y a pas d'odeur plus répugnante que celle des plumes brûlées, et pourtant on ne les retire pas du volatile avant de les faire brûler sur l'Autel. Pour quel raison?
Parce que les offrandes d'oiseaux ne sont apportées que par des pauvres n'ayant pas les moyens d'acheter autre chose ; or, sans ses plumes, l'oiseau paraîtrait petit et insignifiant.
Il est donc préférable de supporter cette odeur afin que l'honneur de l'Autel soit rehaussé par l'offrande du pauvre.

Rabbi Yérou'ham Lévovitz (Daat Torah) fait remarquer que par nature les hommes aiment bien se mélanger avec ceux qui sont riches et célèbres, qui sont habillés à la perfection avec classe et dignité (si de telles personnes m'aiment, alors c'est que je suis également quelqu'un de bien!).
Tel n'est pas le cas avec les pauvres, qui ont souvent des habits déformés, les cheveux mal coiffés, une odeur pas toujours agréable. Généralement, les gens tournent leur nez en leur présence, et en sont dégoûtés (je vaux mieux que cela!).
Cependant, Hachem prend l'approche opposée, puisqu'Il recherche la compagnie des pauvres. Par exemple, Il nous demande d'offrir dans Son Temple ce qui a une odeur la plus répugnante possible (les plumes brûlés) par amour et sensibilité à la dignité du pauvre.
Tout spectateur des korbanot devait s'inspirer de cette odeur pour changer sa vision sur les pauvres, et les traiter avec dignité et honneurs.

Rabbi David Pinto (Voie à suivre n°1025) enseigne : "Si on séparait les ailes de l’oiseau, celui-ci se consumerait immédiatement, et le pauvre en éprouverait de la tristesse et de la jalousie vis-à-vis du riche, dont l’offrande, tirée du gros bétail, demandait de nombreux soins jusqu’à ce qu’elle soit brûlée, tandis que la sienne se consumerait rapidement. Afin de lui éviter cette peine, la Torah a ordonné que l’oiseau qu’il apportait soit sacrifié entier, avec ses plumes, de sorte à prolonger la durée de sa combustion et à procurer ainsi de la joie au pauvre. Nous en déduisons combien Hachem tient compte de l’honneur de Ses créatures."

-> Selon rabbi Yaakov Neimann (Darké Moussar), la Torah fait particulièrement attention à l’honneur du pauvre. C’est pourquoi elle enjoint au sujet de son offrande : "Qu’on la divise en morceaux", afin qu’elle ait l’air importante, la poêle en étant pleine.

-> "son jabot avec ses entrailles" (v.1,16)
Rachi commente : Elles ne peuvent pas être offertes sur l'Autel, car contrairement aux animaux nourris par leurs propriétaires, les oiseaux vont librement et mangent tout ce qu'ils trouvent sans s'inquiéter du vol.
[puisque dans le jabot, la nourriture n'est pas tout à fait digérée, on peut encore distinguer le produit du "vol"]
Or, il serait inconvenant de brûler de la nourriture "volée" sur l'Autel.
En revanche, ce problème n'existe pas pour le bétail : leurs entrailles peuvent donc être offertes sur l'Autel.

Rabbénou Bé'hayé dit que cela doit nous inspirer sur la gravité de la faute du vol. De même que Hachem rejette les entrailles des oiseaux de peur qu'elles ne contiennent des traces de nourritures volées, de même Il rejette ce que nous pouvons apporter et qui est souillé par de l'argent volé.
Parmi toutes les fautes (comme la débauche), celle qui a entraîné le Déluge est le vol, et le prophète Yirmiyahou (17,11) écrit sur celui ayant acquis son argent par le vol : "il devra l'abandonner et sa fin sera misérable".
Cette faute retire une personne de ce monde, lui refuse l'entrée dans le monde à venir, et elle a la particularité d'empêcher l'âme de se connecter à sa Source Divine.

=> "un arôme d'agrément" (réa'h nikhoa'h - v.1,17)
Rachi commente : Il est remarquable que les coûteuses offrandes de bétail et les modestes offrandes d'oiseaux soient pareillement qualifiées : d'arôme d'agrément.
Rachi de conclure : "cela pour t’enseigner qu’il importe peu que l’offrande soit importante ou modeste, pourvu que l’on élève son cœur vers le ciel".

[il est intéressant de constater qu'un oiseau (tourterelle ou colombe) est déjà beaucoup plus petit qu'un animal domestique tel qu'un mouton ou une chèvre, et en plus on va lui retirer ses entrailles et son jabot, ne laissant les plumes que pour que cela paraisse grand aux yeux du pauvre.
Or pour les 2, Hachem va témoigner de la même appréciation ("arôme d'agrément").

Le dénuement présent dans la vie d'un pauvre lui accorde davantage d'occasions de se considérer petit et dépendant de Hachem, de Le remercier sur la moindre petite chose, ... La quantité n'est pas là, mais la qualité du cœur l'est plus facilement!
A l'inverse, un riche se doit de brûler un sacrifice beaucoup plus important en taille (et valeur), en allusion à tous les nombreux écrans pouvant le séparer de D., par son attitude hautaine et détachée de D. (c'est ma réussite!, mes honneurs!, ma richesse!, ...).
La quantité est là, mais la qualité du cœur se doit d'être davantage consumée pour apparaître en toute sincérité (à l'image des animaux domestiques qui brûlaient plus longtemps que les oiseaux, car ayant davantage de matérialité qu'eux!).]

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-> "Qu'il fasse beaucoup ou peu n'importe pas, à condition que son cœur soit tourné vers le Ciel."
[guémara Béra'hot 5b - é'had amarbé véé'had amam'it oubilvad chéyé'havén libo lachamaïm]

=> Chacun doit servir Hachem selon ses moyens, l'essentiel étant d'y offrir tout son cœur!

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-> "Il est au sujet de l'offrande d'élévation (ola - holocauste) d'une pièce de bétail : "un arôme d'agrément pour Hachem" (iché réa'h ni'hoa'h l'Hachem), et concernant l'offrande d'élévation de volaille, il est dit également : "un arôme d'agrément pour Hachem".
Ceci nous apprend que, quelle que soit la valeur du sacrifice, l'essentiel est de vouer son cœur à D."
[guémara Ména'hot 110]

-> "Les sacrifices agréables à Hachem, c'est un esprit contrit : un cœur brisé et abattu, ô D. Tu ne le dédaignes pas" [Téhilim 51,19]
[il n'y a rien de plus entier, qu'un cœur brisé!]

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+ "Lorsque quelqu'un (litt. néféch = une âme) apportera une offrande de farine (korban min'ha) à Hachem" (Vayikra 2,1)

-> Rachi de commenter : Qui est celui dont la nature le pousse à présenter un sacrifice min'ha?
Le pauvre.
Hachem a dit : Je lui en tiens compte comme si c’est sa propre "âme" (néfech) qu'il avait offerte.

-> Rabbénou 'Haïm Palaggi (Torah vé'Haïm) enseigne :
La Torah est comparable à une offrande ...
Quelqu'un qui a de grandes difficultés à étudier en raison de douleur et de souffrances, et malgré cela il va étudier, alors il est loué et glorifié.
A l'inverse, celui qui échoue à étudier la Torah alors qu'il a les capacités d'y investir ses énergies, il n'a pas réalisé son devoir. Il est comme un riche qui offre un sacrifice d'un pauvre.

=> En terme de sacrifices, nous pouvoir voir que le plus important est d'y apporter nos ressources intérieures, et non extérieures!

-> Selon le rabbi Guttman, la Torah nous enseigne qu'en ce qui concerne la Torah ou les mitsvot, l'essentiel n'est pas dans le résultat, mais dans l'effort.
Ainsi, lorsqu'un garçon "pauvre" en capacités va mettre toute son âme dans l'étude de la Torah, ne produisant qu'une maigre farine (à l'image du korban min'ha - cf.Rachi), la réalité est qu'il est bien plus aimé par Hachem, qu'un autre garçon qui est très "riche" en capacités, et qui va produire de magnifiques 'hidouché Torah mais sans y mettre tout son cœur et toute son âme.
En effet, Hachem n'a besoin de rien, et ne désire que notre âme.

De même dans les mitsvot, il est facile de se laisser aller à la superficialité.
Par exemple : regarde le prix de ma magnifique Ménora! Ceci n'est pas l'essentiel, qui est plutôt le fait de mettre dans la réalisation de la mitsva toutes ses forces, son cœur, sa joie, son intention, ...
Il faut chercher à embellir Hachem à l'intérieur de son cœur, et ne pas se suffire de le faire extérieurement.

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-> De même Rabbi Eliyahou Lopian (Lev Eliyahou - Vayikra) écrit :
Lorsqu’un riche apporte un taureau en holocauste, il lui reste encore chez lui des biens qui sont supérieurs à la valeur du sacrifice qu’il a apporté. Et bien que sa générosité soit acceptée favorablement par Hachem s’il a offert le sacrifice selon ses lois et dans l’intention qui convient, il reste certain que cela n’arrive pas encore au
niveau du don de soi.
Mais quand le pauvre vient au Temple avec un cœur brisé, honteux du sacrifice bon marché qu’il a apporté (une offrande faite de farine), et demande à Hachem : "Je T’en prie, accepte mon offrande comme si je T’avais sacrifié un taureau en holocauste", Hachem lui dit : "Non seulement ton sacrifice n’est pas inférieur à celui du riche, mais Je le considère comme si tu t’étais lié toi-même et que tu avais donné ta vie pour être brûlé sur l’autel."

De là nous pouvons tirer une leçon pour l’étude de la Torah : il y a des gens à qui Hachem a donné une excellente mémoire ou une compréhension rapide, ou les deux à la fois. Heureux sont ceux qui ont reçu ces dons en cadeau!
Mais il y a aussi des gens qui ne sont pas doués, et qui travaillent dur pour comprendre chaque paragraphe. Quand on arrive au paragraphe suivant, ils oublient presque ce qu’ils ont appris dans le premier paragraphe, et ils doivent le revoir, jusqu’à ce que les paroles de Torah rentrent dans leur âme.
De la même façon que dans les sacrifices le verset n’a parlé de néfech (âme) que dans l’offrande du pauvre, parce qu’il donne littéralement son âme pour le sacrifice, c’est la même chose en ce qui concerne celui qui est pauvre intellectuellement, qui doit travailler très dur pour comprendre la Torah, et qui très souvent ne connaît aucune réussite.
Hachem dit d’une telle personne : c’est comme si tu avais offert ton âme pour la Torah, et Je t’accorde Mon aide.

-> Beaucoup de gens se contentent d’être meilleurs que les autres ... Mais ils se trompent, parce que ses dons et les possibilités qui lui ont été données sont bien supérieurs à ce qui a été donné aux autres, c’est pourquoi on attend beaucoup plus de lui.
Et la faute du riche n’est pas pardonnée s’il apporte le sacrifice d’un pauvre.
Il en va de même dans tous les domaines ...

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-> b'h, on peut illustrer cela par les paroles du Steïpler : http://todahm.com/2018/10/10/agir-au-maximum-de-ses-capacites

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+ "Lorsque quelqu'un [néfech] apportera une offrande de farine (korban min'ha) à Hachem" (Vayikra 2,1)

-> Rachi commente : On n’emploie pas le mot néfech (litt. : âme) pour les autres sacrifices volontaires, mais uniquement au sujet de l’oblation. Qui a coutume d’offrir volontairement une oblation? Le pauvre.
Hachem dit : Je lui en tiens compte comme s’il avait offert sa personne, son âme.

-> Le Baal haTourim fait remarquer : à propos de l’oiseau et de l’oblation, il n’est pas dit "devant Hachem" comme pour le gros bétail, parce qu’il s’agit là des sacrifices apportés par les pauvres, qui se gênent de le faire en présence de tout le peuple ; c’est pourquoi Il a dit à Aharon et ses fils de ne pas le faire en public, et a averti Aharon afin de lui signifier que même le Cohen Gadol ne doit pas mépriser l’offrande du pauvre.

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-> voir également : http://todahm.com/2019/07/07/9442-2

"Le tout sur l'autel comme holocauste, combustion d'une odeur agréable pour Hachem" (Vayikra 1,9)

Que vient nous apprendre la Torah en liant un sacrifice avec : "une odeur agréable" ?

Une odeur est ressentie de loin. Ainsi, toute chose qui se ressent de loin est appelée "odeur".

Le sacrifice aussi doit être une bonne odeur car il doit annoncer à l’avance l’amélioration du comportement de celui qui l'apporte à partir de ce jour.
C’est cela l’essentiel de l’offrande : il doit présager du repentir et de la bonification des actions de son propriétaire.

Une personne qui ne fait qu’apporter une offrande superficiellement, sans l’accompagner d’une réelle décision de s’améliorer dans le futur, ce sacrifice n’aura aucune valeur, car cette bonne odeur fera défaut.

Source : le 'Hidouché Harim

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-> "Le Cohen fera fumer le tout sur l’autel comme holocauste, combustion d’une odeur agréable pour Hachem" (v.1,9)

=> Pourquoi l’holocauste devait-il être entièrement brûlé, contrairement au sacrifice expiatoire?

Le Imré Shéfer l’explique par le fait que l’holocauste expiait les mauvaises pensées, plus graves que le péché lui-même.
Celui qui faute sans avoir eu de mauvaises pensées, mais uniquement suite aux incitations de son mauvais penchant, ne récidivera pas forcément, ce qui n'est pas le cas de celui qui a eu des mauvaises pensées et qui renie leur caractère répréhensible (ça va j'ai rien fait de mal, ce n'est que des pensées!).

C’est pourquoi l’holocauste, expiant les mauvaises pensées, devait être entièrement brûlé, en allusion à l’extrême gravité du péché de cet homme qui, normalement, aurait lui-même mérité ce sort.
Par contre, le sacrifice expiatoire, venant absoudre des actes condamnables, d’une moindre gravité, n’était consumé que partiellement, en rappel aux souffrances mesurées qu’auraient méritées le fauteur et visant à éradiquer de lui tout péché.

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-> Après que le sacrifice soit égorgé et placé sur l'Autel (mizbéa'h), on observait le feu.
Si Hachem était satisfait par les intentions et les pensées du propriétaire du korban, ainsi que des Cohanim ayant participés à ce sacrifice, alors l'ange Ouriel qui est en charge du feu du mizbéa'h, lui donnait une apparence d'un lion mangeant sa proie.
Tout le monde présent se réjouissait alors.
Un feu plus spirituel descendait sur le mizbéa'h pour symboliser l'acceptation du sacrifice par Hachem. Le propriétaire tremblait et s'élevait plus proche vers D. par la téchouva (renforcé dans sa crainte et amour de D.).
[Zohar - Tsav 32b-33a]

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-> Selon la guémara (Yoma 21b), à l'époque du 1er Temple le feu avait la forme d'un lion accroupi, tandis qu'à l'époque du 2e Temple il avait la forme d'un chien accroupi.

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+ "Les descendants de Aharon haCohen mettront du feu sur l'autel et disposeront du bois sur le feu" (Vayikra 1,7)

-> Selon le Méam Loez :
Ce verset nous enseigne qu'outre le feu qui descendait du ciel pour brûler les sacrifices, le Cohen était enjoint d'allumer un feu sur l'autel pour combiner 2 feux : celui d'en-Haut et celui d'en bas.
Cela nous apprend que l'homme apportant le sacrifice aurait mérité d'être jugé par 2 tribunaux.
Le tribunal d'en Haut doit juger son intention de commettre une faute car aucun être humain ne peut connaître les pensées de son prochain.
Cet homme doit aussi être jugé au tribunal terrestre pour l'acte qu'il a commis.
[...]

Lorsque le feu descendait du ciel, 5 miracles intervenaient :
1°/ La flamme, en forme de lion, reposait sur l'autel ;
2°/ Elle brillait aussi intensément que le soleil ;
3°/ Le feu était matériel ;
4°/ Le feu consumait les objets secs comme mouillés ;
5°/ La flamme brûlait sans produire de fumée.

"Lorsqu'un homme (adam - אָדָם) parmi vous apportera une offrande à Hachem" (Vayikra 1,2)

Pourquoi la Torah emploie-t-elle le mot "adam", plutôt que "ich" pour désigner un homme?

-> Selon Rachi, c'est pour nous enseigner que de même qu'Adam, auquel la terre entière appartenait, n'a jamais offert d'animaux volés en sacrifice, ainsi personne ne doit apporter d'offrandes provenant d'un vol.

-> Le midrach (Vayikra Raba 2,7) enseigne : pourquoi est-il dit "un homme" (Adam)? Parce que de même que le premier homme (Adam) n’a rien sacrifié qui provenait d’un vol, vous non plus n’offrez pas un sacrifice qui provient d’un vol, parce que Je suis Hachem, qui hait les sacrifices qui proviennent du vol.

-> Selon le Ktav Sofer, cela renvoie à l'attitude d'Adam, qui après sa faute, apporta aussi un sacrifice, s’est repenti et il a obtenu par cela d’apaiser son Créateur.

Mais pourquoi le prendre comme référence du fauteur qui calme la Colère Divine par son repentir?

En fait, Adam n’avait qu’une seule mitsva à respecter, et en la transgressant, il passa outre la totalité des lois qu’Hachem lui ordonna.

=> Notre verset vient nous apprendre qu’à l’instar d’Adam, même si un homme a énormément fauté et même s’il a contrevenu à toutes les mitsvot de la Torah, s’il se repent, Hachem lui pardonnera.

-> Le Abir Yaakov rapporte que le terme "adam" désigne uniquement un membre du peuple juif, tandis que "ich" inclut tous les êtres humains.
Or, le sacrifice expiatoire n'existe que pour les juifs, d'où l'utilisation du terme : adam.

En effet, selon le Rabam (Hilkhot Maasé haKorbanot 3,2) : "Les hommes, les femmes ou les esclaves (faisant partie du peuple juif) peuvent apporter tous les sacrifices. D'un non-juif, seuls les holocaustes sont accéptés ... mais pas les offrandes de paix, les sacrifices expiatoires et les offrandes de culpabilité."

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-> "Vous êtes appelés "adam", mais les non-juifs ne sont pas appelés "adam"." (guématria Baba Métsia 114b).
b'h, voir le passage sur ce sujet : http://todahm.com/2019/10/02/10766-2

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-> "Un homme d’entre vous qui offrira un sacrifice pour Hachem" (Vayikra 1,2)

Le Zohar dit : "Un homme - à l’exception du premier homme".

Rabbi Méïr Yérouchalmi (Divré ‘Hakhamim) enseigne :
Les Sages ont dit que celui qui fait vœu d’offrir un sacrifice doit dire "c’est un sacrifice pour Hachem" et non "pour Hachem c’est un sacrifice", à cause du risque qu’il ne meure et que le Nom de D. ait été prononcé en vain.
La guémara dit que le premier homme a donné 70 de ses années au roi David.

=> Apparemment, comment savait-il combien d’années il allait vivre?
Comme il lui avait été promis que "le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement", et qu’un jour de Hachem est de mille ans, il ne craignait pas de mourir avant cela, donc il a pu donner de ses années à David.
C’est pourquoi Adam pouvait dire "pour Hachem c’est un sacrifice", car il lui était promis de ne mourir que "le jour où tu en mangeras".

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+ La paracha Vayikra parle essentiellement des sacrifices. Le 2e verset, qui ouvre ce passage, commence par le terme : "Adam". Nos Sages expliquent que celui qui apporte un sacrifice doit le faire à l'image d'Adam, le premier homme. C'est à dire que de la même façon que tout appartenait à Adam, qui était le seul dans le Gan Eden, et donc que le sacrifice qu'il apporta après sa faute ne venait pas d'un vol. Ainsi, quand quelqu'un apporte un sacrifice, celui-ci doit lui appartenir et ne doit pas venir d'un vol.
=> Mais pourquoi avoir besoin de préciser cela particulièrement au sujet des sacrifices, alors qu'aucune mitsva ne peut être faite avec du vol?

-> Le Kli Yakar se base sur le Ramban qui dit que tout le sens du sacrifice est de considérer que ce que l'on applique à la bête, c'est ce qu'on aurait dû faire sur soi-même. En réfléchissant à cela, on pourra se repentir et mettre un terme total à la faute.
Tel était l'essentiel de ce que le sacrifice devait suggérer. Dans la suite de cette idée, il explique que les propriétés d'une personne sont quelque part le prolongement de son être. L'argent qu'un homme possède, il l'a gagné par ses efforts et fait quelque part partie de lui-même.
C'est ainsi que quand quelqu'un apportait un sacrifice, puisque l'animal lui appartenait, il faisait un peu partie de sa personne. Quand on l'abattait et on le sacrifiait, on pouvait ainsi considérer comme si on a un peu abattu et sacrifié son propriétaire, et cela contribuait à entériner la pensée que c'est comme si on l'avait sacrifié lui-même.
Mais si l'animal provient du vol et ne lui appartient pas, il ne pourra pas être considéré comme le prolongement de son être. Ainsi, quand on le sacrifiera, on ne pourra pas considérer que c'est comme si on avait sacrifié son propriétaire. Cette offrande n'aura donc pas sa valeur.
Un sacrifice volé n'a pas simplement le manque commun à toutes les mitsvot venant d'un vol. Mais, il contient aussi un manque inhérent au sacrifice en particulier.

-> Dans même, le Ktav Sofer explique que tout ce qui donne la valeur aux sacrifices, c'est la pensée de repentir et de regret qui l'accompagne. Quand l'animal qui est sacrifié a permis à son propriétaire de se repentir et de renforcer la pensée que c'est lui qui aurait plutôt dû être sacrifié, alors cela est une élévation pour la bête offerte qui a servi à rapprocher un juif de son Créateur.
Mais quand un homme sacrifie un animal sans y associer la pensée de repentir, alors cela est un peu considéré comme si la bête a été abattue pour rien.
A quoi cela a servi qu'elle soit abattue si son offrant ne s'est pas élevé par son intermédiaire?
Dès lors, on considère comme si l'offrant a "volé" et spolié la vie de cet animal, puisqu'il a entraîné qu'il meurt en vain, sans aider au repentir. Quand on dit que la bête sacrifié ne doit pas être volée, cela fait allusion au fait que son propriétaire doit l'offrir avec la pensée de repentir et d'appliquer à soi ce qu'on applique à l'animal. Ainsi, il n'est pas mort pour rien.
Mais s'il n'a pas ces pensées, on considère qu'il aura volé cet animal, car il lui a arraché sa vie et la lui a "volé", puisqu'il l'a tué sans objectif.

Ces paroles du Ktav Sofer peuvent également être formulées de la façon suivante :
Il ne faut pas comprendre ce "vol" au pied de la lettre. Il s’agit du fait que l’on vole la bête elle-même, puisque apparemment, il faut comprendre pourquoi il est permis au pécheur d’apporter un sacrifice d’une bête, alors que selon la stricte justice, l’âme du pécheur doit mourir. Or voilà qu’on apporte une bête à sa place.
Apparemment, quelle faute a commise la bête pour devenir un rachat? Est-ce que ce n’est pas du vol?
Mais l’essentiel, quand on apporte un sacrifice qui rachète, c’est l’humilité de l’homme qui se repent et s’abaisse, et cet abaissement ne sera pas parfait à moins qu’il ne voit de ses yeux ce que l’on fait à la bête, et qu’on aurait dû faire à lui-même.
C’est pourquoi il amène une bête pour s’élever, et par cela elle s’élève aussi, parce qu’elle est la cause d’une amélioration chez l’homme. Or de même qu’il nous est permis d’égorger une bête pour la manger afin de fortifier le corps, et que cela l’élève aussi, comme on le sait, et la mène à sa perfection, ainsi qu’il est écrit : "le but final de la bête est l’égorgement", ce qui veut dire qu’elle se trouve par l’égorgement amenée à son état de perfection, sans aucun vol, puisqu’elle a été créée pour cela et s’en réjouit ; de même et à plus forte raison est-il permis d’amener une bête pour racheter son âme, sans que cela constitue un vol.
On comprend maintenant que le vol dont il s’agit ici n’est pas un vol dans le sens habituel de prendre quelque chose à quelqu’un, mais c’est le vol de l’âme de la bête si on la sacrifie sans se repentir en même temps, car alors il n’y aura pas de rachat et la bête n’arrivera pas à sa perfection.
C’est pourquoi le verset dit : "un homme" (Adam), car on sait que le premier homme (Adam) a passé toute sa vie à jeûner et à se repentir, sans compter sur le sacrifice.

-> Le rav Moché Sternbuch (Taam véDaat) dit que nos Sages ne viennent pas ici enseigner (sur le terme ''Adam'') que la bête à sacrifier ne doit pas être volée, car cela est évident. Comme on l'a dit, aucune mitsva ne peut venir du vol, et il en est de même pour les sacrifices.
[par exemple, ce que l'on fera avec un loulav provenant du vol n'aura aucune valeur, en plus de la faute d'avoir volé autrui]
En fait, nos Sages viennent enseigner que l'animal à sacrifier, même s'il n'est bien-sûr pas volé, ne doit pas non plus contenir la moindre trace de vol. L'argent que l'on utilisera pour acheter cet animal devra être pur de tout vol. Aucune pièce ne devra été acquise de façon illicite.
En effet, quand quelqu'un commet une faute, il crée dans le Ciel des anges accusateurs, qui tenteront de le condamner auprès d'Hachem. En apportant le sacrifice, le fauteur obtiendra réparation de son péché. Ainsi, il pourra écarter l'accusateur. C'est pourquoi, le sacrifice devra être épuré de toute trace de vol, car nos Sages enseignent qu'un tas rempli de péchés, c'est la faute du vol qui accuse en premier. Le vol est la faute la première à accuser. Quand on apporte un sacrifice pour écarter l'accusateur, il faut donc bien veiller à ce que ce sacrifice n'ait aucune trace de vol, pour ne pas renforcer l'accusateur là où on voudrait surtout l'écarter.

-> Le rav Mikaël Mouyal explique que l'essentiel du sacrifice, qui monte vers les Cieux par le feu Céleste, symbolise le fait de tout rattacher et de tout rapprocher d'Hachem. Par l'offrande, on reconnaît que le monde entier appartient à Hachem. Dès lors, on pourrait penser que puisque l'on révèle que le Seul Propriétaire de tout est Hachem, ainsi plus personne n'a de propriété sur rien au monde.
Ainsi, celui qui doit offrir un sacrifice pourrait risquer de se dire que même s'il vole une bête pour l'offrir, ce n'est pas réellement du vol, car par le sacrifice, il s'avérera qu'en fait c'est Hachem le Véritable Propriétaire. C'est pourquoi, il était nécessaire de préciser, dans le cadre du sacrifice, que l'on devait apporter une bête nous appartenant, et non volée.

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-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°253) enseigne :
Comment l’homme en arrive-t-il à pécher? Qu’est-ce qui l’y entraîne?
Nos Sages ont dit (guémara Sota 3a) : "Personne ne faute à moins que ne soit entré en lui un esprit de stupidité".
Cela veut dire que tous les péchés ont pour source l’orgueil. Quand quelqu’un s’enorgueillit, qu’il se sent supérieur à ceux qui l’entourent, cet orgueil le conduit à toutes les fautes possibles, parce qu’il ne peut pas accepter de remontrances des autres, et il ne peut pas modifier ses mauvaises habitudes.
Par conséquent, quand quelqu’un veut se repentir totalement devant le Créateur, il doit commencer par se dépouiller de son orgueil. Il doit décider en lui-même qu’il ne veut pas être abject devant Hachem, qu’il veut habiter dans Sa
proximité, or Hachem ne peut pas habiter à proximité d’un orgueilleux. C’est seulement ainsi qu’il pourra se
rapprocher de D.
Nous apprenons ce principe capital dès le premier mot de la paracha Vayikra. La lettre aleph est écrite plus
petit délibérément, pour enseigner à chacun que si un juif souhaite offrir un sacrifice à Hachem, si un juif veut s’approcher de Hachem, il doit avant tout être humble et bas à ses propres yeux. Il doit être petit, comme le aleph est petit, et c’est seulement quand il se conduira ainsi, avec humilité, qu’il pourra véritablement se rapprocher de Hachem et Lui être agréable.
C’est pourquoi la Torah continue en nous disant dans le verset suivant : "Un homme d’entre vous qui offrira un sacrifice" = Quand quelqu’un veut se rapprocher de D., veut ressembler à un holocauste entièrement consumé devant Hachem, il doit arriver à "mikem", à ce que ce soit véritablement lui qui se sacrifie, tous ses 248 membres et 365 nerfs, en l’honneur du Créateur. Et s’il se conduit avec humilité, la Torah le lui compte comme s’il avait sacrifié toute son âme devant Hachem.

Cependant, en plus de tout cela, l’homme doit se préparer, pour l’amour du Ciel ...
L’homme qui arrive, malgré son humilité, comme si tout lui appartenait, cela ressemble à un vol ... c’est comme un sacrifice qui provient d’un vol, et cela, Hachem l’a en horreur.
C’est ce que nous apprenons du premier homme, qui n’a pas apporté de sacrifice provenant d’un vol.
[puisqu'il n'y avait personne d'autre que lui dans le monde, il ne pouvait pas se sentir supérieur à son entourage, et alors il n'a pas vraiment développé une notion d'orgueil (même inconsciemment).
Ainsi, la Torah nous demande de nous voir comme Adam, l'unique homme sur terre, sans comparaison possible.
On peut ajouter que Hachem souhaite que tous les juifs se voient comme provenant d'un seul et même corps : le Adam haRichon, et en ce sens nous ne sommes pas en compétition, mais plutôt si autrui va mieux alors je vais mieux. Je ne me sens pas supérieur à mon prochain, car spirituellement il est une partie de moi-même (à l'image de différents membres d'un corps. Tous les juifs proviennent d'une seule âme : celle d'Adam, mais chacun provient d'une partie différente [la tête, les pieds, ...]). Tous les juifs ne sont qu'un, que seule la matière divise.
Le Ram'hal dit même qu'en chaque juif il y a une petite partie de l'âme de tous les autres juifs.]

Plus encore que tout cela, la véritable humilité mène l’homme à sacrifier son égoïsme devant Hachem. Mais cette humilité n’a pas le droit d’être feinte, de contenir un petit peu d’orgueil : seul celui dont l’humilité est réelle peut se rapprocher de Hachem."

"Et si une personne faute par inadvertance ... si sa faute qu'il a commise lui est révélée, il apportera son offrande ..." (Vayikra 4,27-28)
Rabbi Yo'hanan était en train de marcher à la périphérie de Jérusalem, avec Rabbi Yéhochoua qui le suivait.
Lorsqu'ils ont vu les ruines du Temple, Rabbi Yéhochoua a dit : "Malheur à nous. Le lieu qui expiait nos fautes est détruit."
Rabbi Yo'hanan lui a répondu  : "Nous avons toujours un autre moyen d'expiation, de réparation qui est équivalent au Temple : le 'hesséd.
Comme il est écrit : "Je (D.) prends plaisir à la bonté et non au sacrifice" (Ochéa 6,6). "

[ Avot déRabbi Nathan - chap.4 ]

"Si quelqu'un d'entre vous veut présenter à D. un sacrifice de bétail, c'est dans le gros ou le menu bétail que vous pourrez choisir votre sacrifice." (Vayikra 1,2)

-> Rabbi Avraham Yéhochoua Heschel d'Apta (le Ohev Israël) propose la lecture suivante de ce verset :

-> "Adam ki yakriv mikèm" = lorsqu'un homme est prêt à se dévouer corps et âme pour le service divin ; il entre dans la dimension de "korban lachem" (un sacrifice pour D.), et d'En-Haut, on considère qu'il a sacrifié son propre sang et sa propre graisse en l'honneur du Créateur.

-> En revanche, "min abéhéma, min habakar ou min hatsone" = celui qui se contente d'offrir des contributions financières, mais n'est pas prêt à dévouer corps et âme pour la gloire de D., verra son sacrifice réduit au titre de "korbané'hem" (votre sacrifice), un sacrifice d'une valeur moindre que le "korban lachem".
Quand un homme veut présenter une offrande, il lui incombe avant tout de "se sacrifier" lui-même, de se rabaisser et de s'humilier afin d'être, lui, l'offrande "pour l'agrément de D."

["mikèm" = de vous-même & le mot korban, sacrifice, renvoi à : karov = rapprocher de D., en sacrifiant de notre intériorité tout ce qui fait écran, prend de la place à une résidence de D. en nous]

D. ne désire pas la chair de l'animal, mais les remords et la soumission qui l’accompagnent.

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-> "Si un homme offre d'entre vous un sacrifice à Hachem" (1,2)

Quand quelqu'un veut offrir un sacrifice, il doit avant tout se sacrifier lui-même, se faire humble, et alors son sacrifice sera agréé par Hachem.
Mais s'il apporte un sacrifice uniquement comme un acte extérieur, sans se rabaisser lui-même, son sacrifice ne sera pas agréé.

Le Chakh dit que c'est pourquoi : "si un homme offre d'entre vous", s'il s'abaisse comme s'il se sacrifiait lui-même, alors "un sacrifice à Hachem", un sacrifice agréé par Hachem.
Mais si "vous offrez votre sacrifice du gros ou du petit bétail", il ne sera pas agréé.

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-> "Un homme qui offre d’entre vous un sacrifice à Hachem"

Le Sforno commente :
Ce que l’homme offre de son corps, quand il s’humilie et se présente avec un cœur brisé, c’est cela le véritable sacrifice.
Si le sacrifice ne s’accompagne pas de repentir et d’humilité, Hachem ne le désire pas.
Un homme qui offre d’entre vous – s’il sacrifie du "vous", de son "moi", c’est un sacrifice pour Hachem.

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-> Le Méam Loez (Vayikra 1,2) enseigne :
"Les hommes apportent des sacrifices pour toutes sortes de raisons.
L'un peut le faire pour se vanter, montrer qu'il est un bon juif et avoir l'air de se repentir, mais en son for intérieur, il reste mauvais et fauteur.
On pouvait connaître la nature d'une personne grâce à son sacrifice : si elle était pervertie, la fumée de son sacrifice montait en spirales tortueuses.
Voyant la fumée s'élever ainsi (et non toute droite), le Cohen savait que le sacrifice était offert avec des motifs indignes et il demandait au Lévi de cesser de chanter.
Le propriétaire du sacrifice repartait humilié.
[...]
La Torah dit : "un homme qui apporte de vous (mikèm) un sacrifice" = vous-même devez être le sacrifice ...
Si vous ne commencez pas par vous sacrifier [l'égo qui est en nous], ce n'est pas un "sacrifice à D." que vous offrez mais un sacrifice à vous-même.
Hachem n'en éprouve nulle satisfaction."
[à l'image de la fumée qui monte en spirales, plutôt que directement, comme signe qu'elle n'est pas vraiment désirée!]

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+ "Il l’offrira (le sacrifice) selon sa volonté, devant Hachem" (Vayikra 1,3)

-> Ce verset nous apprend que le sacrifice doit être offert avec la volonté et l’accord de celui qui l’apporte.
Mais, on peut trouver une autre allusion à ce verset. En effet, l’homme qui apporte un sacrifice, ne doit pas se contenter de l’offrande animale. Il doit aussi s’en inspirer pour offrir et sacrifier toute sa personne et tout son être à Hachem.
Le verset vient ici nous dire que la personne qui apporte un sacrifice "l’offrira avec sa volonté", c’est-à-dire que l’on sacrifiera aussi toute sa volonté, ses désirs et ses aspirations. Tout son être doit s’annuler complètement devant Hachem par le sacrifice.
[Haktav véaKabbala]

-> Pourquoi la Torah commence par ce qui concerne l’holocauste, avant de parler des autres sacrifices.
Rabbénou Bé'hayé (sur ce verset 1,3) explique : Nos Sages ont dit dans le midrach que l’holocauste vient uniquement pour racheter les mauvaises pensées. Or en général, la pensée précède l’acte, c’est pourquoi la Torah a donné les lois sur l’holocauste avant celles des autres sacrifices.

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-> Dans les lois sur la prière, l'auteur du Choul'han Aroukh donne un grand principe :
"La prière vient à la place du sacrifice, c'est pourquoi elle doit être semblable au sacrifice dans l'intention, sans que s'y mêle une autre pensée, de la même façon qu'une pensée étrangère rend un sacrifice invalide.
On doit prier à un endroit fixe, de même que les sacrifices sont offerts à un endroit fixe.
Et rien ne doit s'interposer entre celui qui prie et le mur, comme dans un sacrifice, où ce qui vient s'interposer entre lui et le récipient le rend invalide.

"Et il est souhaitable d'avoir de beaux vêtements spéciaux pour la prière, à l'instar des vêtements des prêtes, mais tout le monde ne peut pas se le permettre."

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+ "Si quelqu'un d'entre vous veut présenter à D. un sacrifice de bétail, c'est dans le gros ou le menu bétail que vous pourrez choisir votre sacrifice."

-> Il est intéressant de rapporter un commentaire sur ce verset du rav Moché Sternbuch.
Pourquoi y remarque-t-on un changement soudain du singulier (quelqu'un - adam) vers le pluriel (vous pourrez - takrivou)?

Cela nous apprend que lorsqu'un homme faute, cela ne l'affecte pas seulement lui, mais cela affecte toute la communauté dans son ensemble (arévim)

Ainsi, lorsqu'une personne apporte un sacrifice et amende ses actions, les mauvais effets de cette faute individuelle qui affectaient la nation sont alors guéris, et la nation entière s'en trouve élevée par la même occasion.

=> C'est pourquoi, le début de notre verset fait référence à la téchouva du fauteur en tant qu'individu, et finit en montrant que cela aura un impact sur le monde entier, lui permettant de recevoir une abondance de bénédictions en raison de fait que l'individu à un niveau supérieur de sainteté.

On peut rapporter les paroles du Ram'hal : "Si l’homme s’élève spirituellement, l’univers entier s’élèvera avec lui, mais s’il s’abîme, l’univers entier s’abîme avec lui."
=> La Torah nous dit quelque chose d'incroyable : Si tu veux changer le monde, ce que tu dois faire c'est te changer toi-même ...

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-> D'ailleurs, le midrach sur notre paracha (Vayikra rabba 4,7) enseigne :
"Il est écrit dans Yirmiyahou (50,17) : "Israël est un agneau pourchassé".
Pourquoi Israël est-il comparé à un agneau?
De même qu'un agneau, lorsqu'il reçoit un coup sur la tête ou sur un seul membre, tout son corps le ressent, ainsi chez Israël, un seul individu faute et le peuple entier le ressent.
Rabbi Chimon bar Yo'haï disait : Ceci est à l'image d'un groupe de voyageurs sur un bateau. Soudain, l'un d'eux saisit une pioche et commence à percer le plancher sous son siège. Ses compagnons lui disent : "Que fais-tu?"
Il leur répond : "Que vous importe? Je ne fais que creuser sous mon propre siège!"
Ils leur rétorquent : "Mais l'eau va pénétrer et inonder le navire tout entier!""

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+ "Un homme qui offrira parmi vous" (adam ki yakriv mikèm - Vayikra 1,2)

Apparemment, le verset aurait dû plutôt dire : "Un homme parmi vous qui offrira".
Le verset fait allusion à : "Un homme qui offrira (yakriv -> karov)", littéralement : "qui rapprochera".
Un homme pourra bien plus se rapprocher et s’élever quand il se trouve "parmi vous", parmi le peuple et la collectivité. Mais s’il reste seul, sa progression sera plus réduite.
[Sfat Emet]

[nécessité d'apprendre de toute personne ; un enseignant apprend davantage de ses élèves ; en permettant à autrui de s'élever spirituellement, alors Hachem en fait de même avec nous ; transmettre clairement à autrui, c'est s'assurer d'avoir bien compris cet enseignement ; ...]

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+ "Lorsqu'un homme parmi vous (mikèm) apporte un sacrifice à Hachem" (v.1,2)

Le Méam Loez (Vayikra 1,8) enseigne :
L'homme doit éviter de commettre 3 péchés au prix de sa vie s'il le faut : l'idolâtrie, l'immoralité et le meurtre.
Si des non-juifs veulent le forcer à transgresser l'un de ces 3 commandements et qu'il livre sa vie pour sanctifier le Nom de D., il et considéré comme un sacrifice sur l'autel.

Si un homme se laisse brûler plutôt que de commettre l'une de ces 3 fautes, il est semblable à un holocauste (ola) entièrement consumé.
S'il est tué d'une autre manière et que son corps reste entier, il est semblable à une expiation ('hatat).

Cette idée est mentionnée par allusion dans le verset : "Lorsqu'un homme parmi vous apporte un sacrifice à Hachem" = si un non-juif force l'un de vous à commettre une faute sous menace de mort et que vous ne cédez pas, votre mort sera considérée comme un sacrifice à Hachem.

"Si le Cohen qui a été oint pèche, pour la culpabilité du peuple." (Vayikra 4,3)

Il est écrit dans la guémara Avoda Zara (4b) :
"Israël n'a confectionné le veau d'or que pour ouvrir la voie aux futurs repentants.

[Le roi] David n'était pas, naturellement enclin à perpétrer son méfait [avec Bat Chéva], ni Israël à commettre le sien [à savoir le veau d'or] ...
Pourquoi alors ont-ils agi ainsi?

Pour t'apprendre que si un individu a péché, on lui dit : "Va donc [prendre exemple] sur l'individu [qui a péché et s'est repenti, à savoir David]", et que si la communauté a péché, on lui dit : "Va donc [prendre exemple] sur la communauté [d'Israël, qui a commis le péché du veau d'or et s'est repentie]." "

Selon le Rav Avraham, le frère du Gaon de Vilna, on trouve dans notre verset une allusion à cet enseignement :
- Si le Cohen = allusion à Aharon qui a été impliqué dans le péché du veau d'or ;
- ... qui a été oint = allusion à David, "l'oint de D." ;
- ... pèche = comment ces géants ont-il pu perpétrer de tels péchés?
- ... pour la culpabilité du peuple = afin de montrer au peuple (à la collectivité, tout comme à l'individu), les voies du repentir.

Source (b"h) : issu du "Talelei Orot" du rav Yissa’har Dov Rubin

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-> "Si le Cohen oint fauterait comme la faute du peuple" (Vayikra 4,3)

Littéralement, le verset dit : "Si le Cohen oint fauterait pour la faute du peuple". On peut l'expliquer de la façon suivante :
Le Cohen oint, c'est le Cohen Gadol. Cet homme doit être normalement un grand Juste (tsadik). Comment envisager que même une personne de cette envergure en vienne à fauter?
La réponse est : "pour la faute du peuple". En effet, parfois, Hachem entraîne que même un Juste parfait puisse commettre une certaine faute, involontairement, pour qu'il s'efforce de trouver le chemin du repentir et corriger sa faute. Et de cette façon, cela aidera le reste du peuple. En effet, cela ouvrira la porte à tous les gens simples du peuple qui auront fauté et qui ne connaissent pas de chemin pour se corriger, pour qu'eux aussi puissent se repentir.
Quand le Juste s'efforcera et trouvera un remède à sa faute, il influera au sein du peuple entier un esprit de repentir et il dévoilera à tous le chemin de la réparation.
C'est pour cela qu'Hachem provoque parfois que même le Juste faute. C'est pour que par ses efforts pour corriger, il aide le peuple aussi à s'amender.
C'est "pour la faute du peuple" = pour aider le peuple à corriger ses fautes.
[rabbi Yissa'har Dov de Belz]

"Et quand une âme offrira un sacrifice de min'ha à D., son sacrifice sera de farine ; elle versera sur elle de l'huile, et mettra sur elle de l'oliban." (Vayikra 2,1)

Qui vient présenter une min'ha, si ce n'est le pauvre, précise Rachi.

Le 'Hafets 'Haïm explique que certaines personnes reconnaissent qu'elles ne sont pas assez scrupuleuses dans l'observance de la Torah et des mitsvot, mais elles se réconfortent en se disant qu'il en existe d'encore plus laxistes qu'elles.
Mais quelle piètre consolation!

Ces gens oublient que chacun est jugé selon son niveau et ses disposition individuelles.
Celui qui est apte à atteindre un plus haut niveau d'observance et ne l'a pas fait sera tenu pour responsable et devra rendre des comptes, contrairement à un autre ayant atteint lui aussi des résultats moyens, mais n'ayant été doté de capacités plus limitées.

Ce principe s'observe dans le domaine des sacrifices : Alors que le pauvre s'acquitte de son obligation avec une paire de colombe, le riche doit présenter un mouton ou une chèvre.
S'il apportait la même chose que l'indigent, son offrande ne serait nullement agréée.

Ainsi en est-il dans le domaine de la sagesse : le riche en savoir ne s'acquitte absolument pas de son obligation s'il se met à servir D. comme le pauvre en sagesse.

Source (b"h) : issu du "Talelei Orot" du rav Yissa’har Dov Rubin

+ Paracha Vayikra :  (Dvar Torah prononcé dans le cadre d’un mariage)

D'une manière générale, les lettres de la Torah ont la même taille.
Il est intéressant de noter, une rare exception à ce fait, au début de 2 des 5 livres de la Torah :
- béréchit = la 1ere lettre (beit) est plus grande que la normale ;
- vayikra = la dernière lettre (aléph) est plus petite.

1°/ Le bét de béréchit ...
Béréchit traite de la création du monde.
A la fin du 7e jour, D. a dit "que D. avait créé pour faire" (achèr bara Elohim la'asot - Béréchit 2;3).
Rachi explique le mot la'asot (pour faire) = cette expression laisse entendre l'existence d'un processus de création continu.
Ainsi, il incombe à l'humanité de continuer à développer et construire le monde.

La lettre bét a une valeur numérique de 2, et en raison de sa grande taille, cela insiste sur le fait que pour construire, il faut un partenaire.
En effet, on peut réaliser beaucoup plus en travaillant à 2 ensemble, en comparaison de la somme de ce qu'il aurait été produit par chacun de son côté (cf. guémara Sota 33a).
D. confirme ce principe en disant : "il n'est pas bon que l'homme soit seul, Je vais lui faire une aide face à lui" (Béréchit 2;18).

Ainsi, le fait que le mari et la femme font équipe, est l'élément indispensable pour continuer à parfaire le monde, et en faire un lieu meilleur pour l'humanité.
[la lettre bét est grande = l'union fait la force, à 2 ont fait des choses plus grandes]

2°/ Selon Rachi, le terme 'vayikra' (=il appela) est une expression d'affection, d'amour.

Les commentateurs disent que la petitesse du aleph renvoie à l'humilité de Moshé.
En effet, la lettre aléph a pour valeur 1 (plus petite unité), et le fait qu'elle est petite illustre bien que Moshé ne s'est jamais considéré comme important ou étant significatif.

Pour avoir un mariage réussi, joyeux et durable, il faut se rappeler du message que nous transmet ces 2 lettres == durant toutes les années de vie commune (lettre bét), il faut se souvenir du message du petit aléph :
- renoncer au "je" au profit d'une utilisation du "nous" (être humble, se faire petit pour permettre à l'autre d'être et ainsi s'épanouir en exprimant ce qu'il y a de mieux en elle) ;
- avoir une communication remplie d'amour et d'affection.

++ Continuons à expliquer ce 1er verset du 3e livre de la Torah ...

La paracha de vayikra traite principalement des sacrifices que les juifs devaient amener au Michkan (ils vont y être amenés par la suite au Temple, et vont l'être, de même, très prochainement lorsque le Machia'h arrivera et que le 3e Temple sera reconstruit).

Le verset dit : "adam ki yakriv mikem korban l'Hachem" = lorsqu'un homme offre, parmi vous, une offrande à D.

Rabbi Schnéour Zalman de Liadi (dans son Likkouté Torah) fait remarquer que si l'intention du verset est juste de nous informer sur les lois des sacrifices, on aurait alors grammaticalement : "adam mikem ki yakriv korban l'Hachem" (lorsqu'un homme, parmi vous, offre une offrande à D.).
Que vient nous apprendre cette "erreur" grammaticale de notre verset?

Il répond en disant que le mot 'korban' a pour origine le mot 'karov' (se rapprocher), signifiant qu'en apportant un sacrifice, on devient plus proche de D.
La Torah enseigne :
- adam ki yakriv = un homme qui désire se rapprocher de D. ;
- mikem (de vous) = doit donner une partie de lui-même dans l'offrande.

Ainsi, si on veut se rapprocher de D., de son prochain ou de son mari/femme, on peut y arriver à la condition que chaque partie démontre sa sincérité en donnant un peu d'elle-même (et pas uniquement en bougeant les lèvres).

De plus, les mots du verset indiquent que si quelqu'un désire se rapprocher d'autrui, [mikem] cela dépend de toi.
Tu dois être à l'origine de l'initiative/ du mouvement de rapprochement.

Le verset commence par 'quand une personne veut offrir' (=au singulier), et finit par 'vous devez amener une offrande' (=au pluriel).
Pourquoi ce changement?

Le roi Salomon dit : "Comme dans l'eau le visage répond au visage, ainsi chez les hommes les cœurs se répondent." (Michlé 27;19).
Certains commentateurs expliquent que les cœurs ayant de la parenté se reflètent/transmettent leurs sentiments.

Lorsqu'une personne prend conscience de la nécessité de faire quelque chose pour se rapprocher d'autrui (adam ki yakriv), il va se produire, au final, qu'autrui va ressentir son sentiment à son égard, et les 2 vont devenir plus proche (kol Israël arévim!).

Par ailleurs, le Midrach explique que l'utilisation du mot 'adam' dans notre verset (en place du terme ich), renvoie à une expression d'amour,de fraternité et d'amitié.

Ainsi, la Torah nous dit que quelqu'un voulant se rapprocher d'autrui, devra être un adam (un homme plein d'amour pour l'autre), qui donne de lui-même, il réussira alors son objectif et fera se développer les mêmes sentiments chez celui dont il cherche à se rapprocher.

 

Source (b"h) : issu d’une série de divré Torah sur la paracha de la semaine, que le Rabbi Moshé Bogomilsky a prononcé pour des mariages (adaptation et traduction personnelle b"h).
Que le mérite de ces cours puisse permettre, à toute personne du klal Israël, de trouver son conjoint facilement et rapidement, b"h.