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"Moché vit tout le travail" (Pékoudé 39,43)

-> "Moché vit" = qu’a-t-il vu?
Moché a vu les anges qui avaient été créés par les mitsvot accomplies par les Bné Israël lorsqu’ils ont apporté leur contribution au Michkan, puisque celui qui fait une mitsva acquiert un ange défenseur.
Ils avaient atteint une perfection et un niveau très élevé, et Moché a compris de là que la mitsva avait été faite de tout cœur, comme Hachem l’avait ordonnée, avec une pensée très pure et très sainte, c’est pourquoi il les a bénis.
[Birkat Chamayim]

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-> "Moché vit tout le travail, et ils l’avaient fait comme il l’avait ordonné, ils l’avaient fait ainsi » (39,43)

=> Pourquoi répéter "ils l’avaient fait", "ils l’avaient fait ainsi"?

Les Sages ont dit dans Avot : "Celui qui fait une mitsva s’acquiert un défenseur, et celui qui commet une faute s’acquiert un accusateur".
Cela signifie que de toute mitsva naît un bon ange, et de toute faute naît un mauvais ange.

Rabbi Zoucha d’Anipoli dit : Mais je n’ai pas encore vu un mauvais ange né d’une faute d’un juif dont les membres étaient entiers. S’il a une tête, il lui manque une jambe, et s’il a une jambe il lui manque un bras, parce qu’il n’y a pas de juif qui commette une faute dans le but de fauter.
[en ce sens, nous faisons une séouda mitsva, et non une séouda avéra. Une faute est le fruit d'un vent de folie et non d'envie profonde d'un juif.]

C’est pourquoi la Torah souligne : "Ils l’avaient fait comme il l’avait ordonné, ils l’avaient fait ainsi" = ils avaient accompli la mitsva avec une perfection extraordinaire, pour l’amour du Ciel.

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-> "Moché vit tout le travail. Ils l'ont fait comme Hachem l'ordonna, ainsi ils l'ont fait" (39,43)

=> Pourquoi la Thora répète-t-elle les termes "ils l'ont fait"?

-> En fait, chaque élément du Michkan matériel, devait servir de modèle pour que l'on apprenne à construire son propre Michkan intérieur pour parfaire son comportement et son Service d'Hachem.
Ainsi, d'une part, "Ils ont fait (le travail) comme Hachem l'ordonna" = Cela évoque le Michkan matériel qui a été fait en respectant toutes les consignes. Mais en dehors de cela, "ainsi ils l'ont fait", c'est-à-dire que le peuple tira les leçons de ce Michkan, et les appliquèrent en eux-même, pour parfaire leur personnalité et faire ce Michkan intérieur, calqué sur les leçons tirées du Michkan matériel.
[Daat Sofer]

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-> "Et Moché bénit le peuple" (Pékoudé 39,43)

-> Rachi explique que Moché formula la prière suivante : "Qu'il soit la Volonté Divine que la Chekhina (Présence Divine) vienne résider dans l'action de vos mains".
=> Mais cela est étonnant! Hachem demande au peuple de fabriquer un Michkan pour y installer Sa Présence. Il donne les consignes de fabrication. Tous les détails sont respectés à la lettre. Il est donc logique qu'Il y installe Sa Présence! C'est ce qu'Il avait annoncé, et ce qui était naturellement attendu. Pourquoi prier pour obtenir cela?

-> En fait, la prière ne vient pas seulement pour obtenir que Hachem réalise une action qui n'est pas prévue, ou que l'on ne mérite pas, ou qui demande d'opérer une modification de l'ordre naturel. Même si une chose doit se réaliser naturellement et qu'il ne peut pas en être autrement, malgré tout, le moyen de l'obtenir c'est par la prière.
Prier Hachem permet d'attirer dans le monde Sa Bénédiction, même si celle-ci doit descendre de façon obligatoire. Mais tant que l'homme ne prie pas, cette bénédiction peut rester suspendue, en attente de la prière de l'homme. Quand Hachem a créé le monde, Il a créé les végétaux le 3ème jour. Les plantes ne pouvaient pas pousser tant qu' il n'avait pas encore plu. Au moment où l'homme a été créé, le 6ème jour, il comprit que la pluie lui était indispensable. Aussi, il pria Hachem pour qu'Il envoie la pluie. Et il se mit à pleuvoir.

Nous voyons de là que bien que Hachem ait prévu dans la marche du monde d'envoyer la pluie, le monde ne pouvait exister sans pluie, mais celle-ci n'est descendue qu'après la prière de Adam auprès de Hachem. Même une bénédiction prévue et qui doit venir naturellement, attend la prière de l'homme pour être envoyée par Hachem.
Cela est une grande leçon pour l'homme qui a tendance à ressentir le besoin de prier dans des moments où l'avenir est incertain, où il appréhende le futur, où les choses vont mal.
Mais quand tout est sensé aller bien, et que son avenir est assuré, il peut avoir tendance à penser que la prière est inutile. Mais cela est une erreur. L'homme ne doit pas se reposer sur la nature, satisfait et confiant en son sort. Même quand il se sent protégé, il est nécessaire de prier.
Même dans une réussite certaine, la prière est nécessaire pour assurer cette réussite. Sinon, sa réussite pourra être "bloquée", en dépit des prévisions naturelles. Hachem attend que l'homme prie, prenne ainsi conscience que tout vient de Sa Bonté et place ainsi sa confiance en Lui.
[rav Mikael Mouyal]

La force d’Amalek réside dans le découragement des juifs

+ La force d’Amalek réside dans le découragement des juifs :

-> "Il [Amalek] te rencontra en chemin, démembra tous les gens affaiblis sur tes arrières" (Ki Tétsé 25,18)
Rachi commente : "Ils manquaient de force à cause de leur péché, ceux que la nuée avait rejetés."
[le rav Soloveitchik dit que Amalek ne craignait pas D., mais uniquement les hommes, et c'est pour cela qu'il s'en ait pris à ceux qui étaient affaiblis et qui trainaient à l'arrière, las et épuisés, presque incapables de se défendre.]

-> Le Yichma’h Israël (Parachat Zakhor 3) explique qu’Amalek rappelait à ces juifs qui s’étaient souillés par leur impureté, qu’ils ne pouvaient plus réparer leurs actes.
C’est à ce propos, dit-il, qu’il est écrit : "Il démembra tous les gens affaiblis sur tes arrières" ... comme il est enseigné dans le Pirké dé Rabbi Eliézer (chap.48) : "Celui qui avait besoin de se tremper pour se purifier [suite à une faute], la nuée le rejetait."
Or, il fut facile de faire ressentir à ces personnes déjà fragiles de la tristesse et de les réduire à néant en les poussant au désespoir ... Car elles s'imaginèrent que tout espoir était perdu, qu'elles avaient même égaré leur âme et l’étincelle Divine qui était en eux ...
Les Bné Israël durent alors se renforcer, en répondant à Amalek qu'une étincelle Divine unique et particulière résidait en eux qui ne s'éteindrait jamais.

Le Yichma’h Israël explique ensuite que là se trouve précisément le travail de tout juif concernant cette mitsva d’effacer le nom d’Amalek = ancrer en lui-même le fait qu’il ne sombrera jamais définitivement et que Hachem tend Sa main à chaque juif quel qu’il soit, l’accepte à bras ouverts et le ramène à Lui comme si rien ne s’était passé.

Nos Sages (guémara Méguila 12a) commentent le verset de la Méguilat Esther (1,8) : "laassot kirtson ich vé ich" (pour satisfaire la volonté de chaque homme - לעשות כרצון איש ואיש) en disant que l’expression : "ich vé ich" (littérallement : chaque homme et homme) évoque Morde'haï qualifié de "un homme juif" (ich Yéhoudi - Esther 2,5) et Haman au sujet duquel il est écrit "un homme oppresseur et ennemi" (ich tsar véoyév - Esther 7,6).
A priori on peut se demander pourquoi le premier mot : ich (איש) est associé à Morde'haï et le second "vé ich" (et homme - ואיש) est associé à Haman? Et pourquoi pas le contraire?

Une réponse qui peut être donnée est que les lettres du mot ואיש sont les mêmes que celles du mot יאוש (yéouch - le désespoir), car celui-ci caractérise les nations réchaïm. Il est donc associé
à Haman, puisque Amalek n’aspire qu’à faire tomber le juif dans le désespoir.
En revanche, le mot איש est l’acrostiche de la phrase : "én choum yéouch" (le désespoir n’existe pas - אין שום יאוש).
C’est pourquoi il est associé à Morde'haï qui ne désespéra jamais de la miséricorde Divine même lorsque le décret fut signé et fermé par le sceau royal.

=> Ce point marque la différence entre Israël et les nations.
Combattre Amalek, c'est combattre toute forme d'abattement, de désespoir, qui s'installe en nous.

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-> Le Rama (Méhir Yain) explique quelle était l’intention de Zérech lorsqu’elle incita son mari Haman à ériger une potence de 50 coudées.
Il écrit que : 50 portes de sagesse ont été créées dans le monde, et même Moché n’atteignit pas la 50e (guémara Roch Hachana 21b).
La potence de 50 coudées évoque le fait qu’Haman désirait inciter Morde'haï à vouloir toutes les atteindre. Et voyant qu’il n’y parviendrait pas, ce dernier en perdrait ses moyens et il serait dès lors facile de le faire fauter et de le vaincre.

Pour ce qui nous concerne, cela signifie que telle est la voie du yétser ara et d'Amalek : faire croire à l’homme qu’il peut prendre de bonnes résolutions au-delà de ses possibilités, afin qu’il ne puisse s’y tenir et qu’il finisse ainsi par tomber entièrement.
Quelle est, en revanche, la voie juste à adopter?
Il faut prendre sur soi petit à petit de bonnes résolutions et avancer pas à pas suivant les possibilités.
C’est de cette manière que les progrès pourront se maintenir.

-> "D. considéra tout ce qu’Il avait fait et voici que c’était très bien" (Béréchit 1,31)
Le midrach (Béréchit Rabba 9, 7) commente : "Bien = cela évoque le yétser atov ; très bien = le yétser ara."

Rabbi Yissa'har Dov de Belz interroge : en quoi l’expression "très bien" (tov méod) suggère-t-elle le yétser ara?

Il répond que c'est parce que celui qui ne vise que le "très bien" et qui pense "commencer à travailler uniquement s'il arrive au sommet de la montagne", alors il sert son yétser ara, car de telles pensées ont de quoi décourager le monde entier.
Le mauvais penchant lui suggère dans le même temps jour après jour : "De toutes façons, tu n'atteindras pas le sommet. Dès lors, à quoi bon commencer, ne fût-ce qu'un peu, à avancer ?"

Et de fait, on s’aperçoit que lorsque ces personnes qui désirent grimper très haut jusqu’au niveau le plus élevé n’atteignent pas leur but et n’obtiennent pas de satisfaction du peu qu’elles ont accompli, elles sont entièrement brisées.
Elles ne retirent aucune joie de leur spiritualité et lorsqu’elles ne remplissent pas toutes leurs aspirations, plus rien n’a de valeur à leurs yeux.
Mais il faut savoir que de telles pensées sont le fruit du yétser ara qui cherche à les faire tomber au plus profond de l’abîme.
D’où le commentaire de nos Sages : ''Très bien'', c’est le yétser ara.

Certes, il est nécessaire d’aspirer à progresser sans arrêt, mais il est nécessaire dans le même temps de se réjouir du plus petit progrès comme du plus grand en sachant que le moindre petit acte accompli en l’honneur d’Hachem a une importance immense à ses yeux.

[rapporté par le rav Elimélé'h Biderman]

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-> b'h, voir également : Amalek, le yétser ara, profite de nos moments où l'on manque de tranquilité d'esprit pour bien nous faire chuter : https://todahm.com/2022/01/17/35613

"L'un tourné vers l'autre" (Térouma 25,20)

-> Nos Sages (guémara Baba Batra 99a) disent que lorsque Israël accomplissait la volonté d'Hachem, les visages des chérubins étaient tournés l'un vers l'autre.
Dans le cas contraire, ils se tournaient chacun vers les murs du Sanctuaire (ils étaient alors dos à dos).

-> Le Beit Israël voit en cela une allusion : lorsqu'un juif est tourné vers autrui et cherche à lui faire du bien, il accomplit alors la volonté d'Hachem.

L'allusion va plus loin : même celui qui est pur de toute faute comme un nouveau-né (évoqué par les chérubins), et "étend ses ailes vers le haut" symbolisant ainsi qu'il est spirituellement élevé, n'est pas encore considéré pour autant comme accomplissant la volonté d'Hachem tant qu'il ne se tourne pas vers autrui afin de lui venir en aide, en parole ou en acte, en renonçant parfois à son propre droit et en étant disposé à lui rendre le bien pour le mal.
En revanche, si "il tourne sa face vers le mur" en ignorant son prochain et ses besoins, il pourrait avoir "les ailes dirigées vers le haut" et se conduire avec piété dans ses devoirs envers D., il n'en demeurerait pas moins comme n'accomplissant pas la volonté d'Hachem.
Car le fondement de tout est de veiller à ses devoirs envers autrui.

-> Le Tiférét Chlomo enseigne : Grâce à la bienveillance qu'il manifeste envers son prochain, l'homme mérite également l'expiation de ses propres fautes.

Le Tiférét Chlomo voit une allusion à cela dans la fin du verset : "leur visage sera tourné l'un vers l'autre" = à savoir sans dispute ni haine.
Au contraire, en veillant à prier pour son prochain, il méritera alors d'être vers la Kaporet (sorte de couvercle de l'Arche en or massif orné des chérubins. En hébreu le terme "Kaporét" évoque "Kapara", l'expiation des fautes).

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-> Le Sfat Emet (Shékalim 5634) enseigne que c'est précisément parce que "dès que débute le mois d'Adar on redoublera de joie" (guémara Taanit 29a), que nos Sages ont institué "dès le 1er Adar on rappelle l'obligation de donner le demi-Shékel" (Shékalim 2,1).
Ceci nous enseigne que grâce à la bienfaisance qu'il prodigue aux autres, un juif mérite de redoubler de joie.

-> "Tu as ouvert mon cilice et Tu m'as étreint de joie" (pita'hta shaki, vatéazéréni sim'ha - Téhilim 30,12)
Selon le Beit Israël, on peut le comprendre allusivement : "Tu as ouvert mon sac (c'est-à-dire ma bourse) et grâce à cela Tu m'as donné la joie".
En effet, telle est la nature des choses : celui qui donne aux autres se détache de ses propres besoins et il peut ainsi permettre à la joie de l'envahir.
[une personne qui manque de joie, est quelqu'un qui ne s'occupe pas assez d'être utile à son prochain]

[rapporté par le rav Elimélé'h Biderman]

"Tu feras 2 chérubins en or" (Térouma 25,18)

-> La Mékhilta (Yitro 10) enseigne qu'il est permis de confectionner tous les usteniles du Temple en argent ou dans un autre métal si l'on ne possède pas l'or requis, à l'exception des chérubins qui ne peuvent être fabriqués qu'en or (rapporté par le Rambam Beit haBékhira 3,4).

-> "En araméen, un enfant se dit : kéravia" (guémara Soucca 5b).
Cela vient nous enseigner que lorsqu'il s'agit de l'éducation des enfants, leur place doit être dans un lieu de Torah (au-dessus de l'Arche Sainte).
Dans ce domaine, il est défendu de lésiner sur les moyens et d'utiliser des "matériaux bon marché", car tout doit être accompli de la meilleure manière possible : tout en or!
[rav Moché Chapira de Lublin]

-> Le rav Elimélé'h Biderman rapporte que la voie la plus sûre pour réussir dans l'éducation de ses enfants est que parents et enseignants les encouragent et valorisent ce qu'ils font, à leurs propres yeux.
Chaque petit acte devra faire l'objet d'un compliment : "je considère ce que tu as fait comme de l'or pur".
On devra se garder à tout à tout prix de leur donner l'impression que ce qu'ils font n'a pas d'importance.
En agissant ainsi à l'occasion de chaque acte, fût-ce le plus anodin, le père suscitera chez ses enfants l'envie d'aller dans le droit chemin, d'accomplir vraiment des actions "en or pur", justes et intègres (ils aimeront également ainsi naturellement leurs parents et leurs enseignants et seront disposés à écouter leurs recommandations).

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-> Le rav Wosner rapporte l'enseignement suivant du rav Chimchon Raphaël Hirsch :
Dans la méguilat Esther, on constate que la reine Esther resta fidèle à Mordé'haï.
Malgré toutes les tentatives du roi A'hachvéroch pour lui soutirer une information sur ses origines et sur le peuple dont elle faisait partie, elle demeura intransigeante : "Esther ne révéla pas son peuple ni ses origines car Mordé'haï lui avait ordonné de ne rien dire" (Eshter 2,10).

=> Comment a-t-elle pu faire preuve d'une telle fidélité et ce pendant une aussi longue durée dans la demeure d'un homme aussi racha que représente le palais d'A'hachvéroch? Comment une telle prouesse fut-elle possible?

La réponse se trouve dans la suite du verset : "Chaque jour Mordé'haï s'en allait dans la cour de la maison royale s'enquérir de l'état d'Esther et de ce qui lui était advenu".
=> Ainsi, jour après jour, Mordé'haï se rendait jusqu'à la cour du roi, non pas pour mettre Esther en garde d'obéir à son ordre, mais pour lui demander comment elle se porte et ce qui lui arrive.
C'est une telle attitude chaleureuse qui préserva éternellement l'éducation qu'elle a reçu.

Cela constitue un enseignement pour nous-mêmes : en faisant preuve de chaleur et de don de soi envers nos enfants et nos élèves, nous mériterons de les préserver et de les voir grandir dans le bon chemin malgré toutes les épreuves et les difficultés que traverse cette génération de la fin des temps.

Certes, nous sommes tenus de placer des barrières et de redoubler de vigilance dans une telle époque aussi bouleversée.
Néanmoins, cela doit s'effectuer avec sagesse en faisant comprendre à nos enfants et élèves que cela représente un bien pour eux à l'instar de la garde des réserves d'or pur qui patrouille autour du palais royal pour le préserver des éventuels voleurs.
En comprenant l'importance, ils accepteront d'eux-mêmes ces barrières et les réclameront, se sentant ainsi protégés, et ils ne tenteront pas de les franchir.

Faire des bontés à son prochain = faire la guerre contre Amalek

+ Faire des bontés à son prochain = faire la guerre contre Amalek :

-> Rabbi Moché Cordovéro (Tomer Dévora - chap.1) enseigne :
"L’homme doit s’efforcer de ressembler à son Créateur dans toutes ses actions et dans toutes ses midot ; car voici que son corps et son âme ont été forgés par Hachem de telle manière qu’il soit à l’exacte image d’Hachem.
Ainsi, lorsque l’homme n’accomplit pas des actes de bonté à l’image d’Hachem, il trahit son apparence et son essence à tel point qu’on pourra dire sur lui (les anges en particulier) : cet être humain est très beau, exactement à l’image d’Hachem, mais toutes ses actions sont l’exact contraire de son apparence ...
C’est pourquoi l’homme doit s’efforcer de ressembler à Hachem dans toutes Ses midot de bonté, de compassion, de patience et en particulier dans les 13 midot de bonté d’Hachem qui sont appelées : Kéter (la couronne d’Hachem)."

-> Il en ressort qu’à chaque fois que nous renforçons la bonté entre les Bné Israël et rehaussons l’importance de chaque juif nous participons à un combat direct contre Amalek.
En effet, lui veut effacer la présence d’Hachem de sur la terre et mépriser toutes les valeurs Divines qui existent en bas, et nous par notre bonté ('hessed), nous nous attachons à renforcer l’image d’Hachem présente en chaque juif et développons les midot de bonté Divine sur terre.

Lorsque nous faisons de la bonté, nous devons nous efforcer de ne pas nous limiter à l’aide matérielle que nous apportons à l’autre mais de rehausser son honneur et par là même : l’image Divine de notre prochain.
A l’inverse Amalek s’efforce de mépriser l’importance Divine du peuple d'Israël et par la moquerie et l’impureté il refroidit chaque juif dans sa spiritualité.
D’autre part, grâce à la mida de bonté, nous renforçons également la présence des d’Hachem en nous-mêmes puisque nous nous efforçons de nous attacher à Ses midot Divine, jusqu’à lui ressembler le plus possible, ce qui sera également un grand kiddouch Hachem.
[d'après le rav Chmouël Hagege (sur Pourim)]

-> Le Rambam, à ce sujet, écrit qu’il n’y a pas de plus grande mitsva que celle de réjouir les veuves, les orphelins, et les malheureux car celui qui agit ainsi ressemble à la Présence Divine.
Il a donc effacé Amalek sur terre en faisant apparaître l’image et les midot d’Hachem en lui-même et en rehaussant la valeur Divine de son prochain.

"Hachem regretta le mal qu’Il avait envisagé de faire à Son peuple" (Ki Tissa 32,14)

-> Rabbi Mena’hem Mendel de Kotzk enseigne :
Pourquoi Hachem a-t-Il pardonné à Israël la faute du Veau d’Or bien qu’il ne s’en soit pas repenti, alors que la faute des explorateurs ne leur a pas été pardonnée, bien qu’ils s’en soient repentis?

La réponse est que la faute du Veau d’Or comportait une étincelle de spiritualité et de soif d’une force supérieure, "fais-nous un Dieu", alors que dans la faute des explorateurs il y avait un désir de matérialité ... "Vous verrez quelle est la nature du pays" (Chéla'h Lé'ha 13,18).

"Le peuple d'Israël n’existe que pour la Torah ... et c’est la raison essentielle pour laquelle ils ont été libérés d’Egypte afin qu’ils reçoivent la Torah au mont Sinaï et qu’ils l’appliquent ...
[Avoir la Torah et pouvoir la mettre en pratique : ] c’est la plus grande bonté qu’Hachem peut nous faire, encore plus grande que la libération de l’esclavage."
[Séfer ha'Hinoukh - mitsva n°306]

"Moché sortit tous les bâtons de devant Hachem et les exposa devant les Bné Israël : ils les regardèrent, et reprirent chaque homme son bâton" (Kora'h 17,24)

-> On peut avoir tendance à penser que l'herbe semble plus verte chez autrui, et on peut alors en venir à souffrir, à se refuser d'être heureux en appréciant ce que l'on a déjà.
Le Rachach enseigne que si chacun posait sur une place publique un sac empli de toutes ses richesses, ses misères et ses épreuves, et qu’il avait ensuite la possibilité de choisir le sac qu’il voudrait, alors chacun reprendrait finalement le sac qu’il venait de poser.

Selon le rabbi Bounim de Pschisha, on retrouve cette idée dans le verset ci-dessus, où finalement chacun repris son bâton personnel, et réalisa pleinement que son lot dans la vie est ce qu'il y a de meilleur pour lui.

"N'affligez pas la veuve et l'orphelin ; Si tu les affligeais et qu’ils crient vers Moi, assurément J’entendrai leur plainte. Mon courroux s’enflammera et Je vous tuerai par le glaive, vos femmes seront veuves et vos enfants orphelins" (Michpatim 22,21-23)

-> Rachi commente : Il en va de même de tout homme qu’il ne faut pas faire souffrir, mais la Torah a utilisé des exemples courants (veuve, orphelin) car étant faibles et fragiles, il est habituel qu’on les vexe ou qu’on les fasse souffrir.

-> De fait, dans le doute, nous devons soupçonner chaque individu de rentrer dans la catégorie de la veuve et de l'orphelin. En effet, qui peut connaître les sentiments d'autrui, ses épreuves, ses handicaps,...
C'est pourquoi s'applique également à ce sujet le principe général de : "safék déOraïta la 'houmra" (dans un doute qui concerne une loi de la Torah, on se comporte avec rigueur).

-> La Mékhilta explique sur "si tu les affligeais" (im ané taané) : qu’il s’agisse d’une grande souffrance ou même d’une petite souffrance (dans tous les cas, cela est interdit).
[le "ça va, c'est vraiment rien ce que je lui fais/dis!" : n'est pas une excuse valable!]

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-> Pourquoi le verset débute au singulier : "Si tu les affligeais" et se termine par une malédiction au pluriel "Je vous tuerai".

Le Ibn Ezra répond : celui qui verrait un homme affliger un orphelin ou une veuve et ne leur viendrait pas en aide, lui aussi serait considéré comme leur oppresseur ...
Si un seul les opprime et que personne ne leur vient en aide, le châtiment les concerne tous.
Car celui qui est en mesure de protester contre l’oppresseur et ne le fait pas, ou de venir en aide aux victimes et ne le fait pas, lui aussi sera inclus dans le même sort amer, comme s’il les avait lui-même oppressés.
Car le Hachem est particulièrement sévère en ce qui concerne la souffrance occasionnée à une veuve et à un orphelin.

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-> "Si tu le feras souffrir (l'orphelin)... J'enflammerai Ma Colère et Je vous tuerai par l'épée"

=> Ce verset débute par un singulier : "Si tu le feras souffrir", et se poursuit par un pluriel : "Je vous tuerai". Comment l'expliquer?

En fait, quand un homme fait souffrir l'opprimé, tous ceux qui le voient faire doivent l'en empêcher et s'insurger.
Mais, si on le voit passivement, sans réagir et en le laissant faire, alors non seulement Hachem punira le méchant, mais aussi Il déversera Sa Colère sur tous ceux qui n'ont pas empêché.
"Si tu le feras souffrir" = si un homme unique le fera souffrir, alors "J'enflammerai Ma Colère et Je vous tuerai par l'épée" = à savoir vous tous, qui avez vu et n'avez pas empêché.
[rav Moché Sternbuch - Taam véDaat]

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-> Le rav Shach a vu son maître le rabbi Isser Zalman Melzer qui montait à son appartement, puis il est immédiatement redescendu.
Par la suite, rabbi Isser Zalman Melzer est monté à nouveau, et il en est redescendu à peine arrivé en haut.
Le rav Shach lui a demandé ce qui se passait.
Rabbi Isser Zalman lui a répondu : "Il y a une orpheline qui nettoie ma maison, et en ce moment elle chante à elle-même. Si je rente chez moi maintenant alors elle va devoir s'arrêter de chanter, et la Torah dit : "N'affligez pas ... l'orphelin".

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-> Le Gaon de Vilna ("Si tu l’affliges [l'orphelin]" - v.22,22) commente :
Littéralement, ce verset dit : "Si tu le fais souffrir, seulement qu'il crie Je l'entendrai"
=> Comment comprendre cela?

En fait, il peut arriver qu'un homme qui voit un orphelin dans sa peine, souhaite le pousser à prier et à implorer Hachem pour qu'Il le prenne en pitié et lui accorde Ses Bienfaits.
Mais même quelqu'un qui ferait souffrir un orphelin avec l'unique intention de le pousser à implorer Hachem, même s'il a cette bonne intention, Hachem écoutera le cri de l'orphelin et punira cet homme qui l'aura fait souffrir.

Même "si tu le fais souffrir seulement pour qu'il crie", avec cette unique bonne intention qu'il implore Hachem et obtienne Son Secours, malgré tout "Je l'entendrai" et enverrai des lourdes sanctions à cette personne qui l'aura fait souffrir, comme le dit la suite du verset : "J'enflammerai Ma Colère".
Aucune raison n'est valable pour faire souffrir un malheureux.

[on peut arriver à se mentir à soi-même pour justifier le fait de faire du mal à autrui, même un peu, même pour son bien futur, ... mais Hachem nous avertit qu'aucune justification n'est acceptable!]

-> Le rav ‘Haïm Chmoulévitch explique :
"Celui qui met sa main dans le feu, fût-il contraint de le faire par un véritable cas de force majeur, ne pourra se soustraire aux conséquences de son acte en arguant qu’il y était forcé.
Il subira la même brûlure, même s’il avait une intention Léchem Chamaïm (pour Hachem).
Il en est de même à ce sujet : la souffrance d’un juif est un feu, et même si celui qui la provoque y est forcé, même s’il le fait Léchem Chamaïm, il manipule alors un feu dévorant."

-> L’exemple de Pénina (l’autre femme de Elkana, le père du prophète Chmouël) qui faisait de la peine à ‘Hanna en lui rappelant qu’elle n’avait pas mérité d’enfant le prouve.
La Guémara (Baba Batra 16a) enseigne qu’elle agissait de la sorte avec une intention pure afin que ‘Hanna prie de tout son cœur et qu’elle soit exaucée.
Malgré tout, elle fut quand même punie, comme il est dit : "Jusqu'à ce que la femme stérile enfante et que celle qui était rassasiée de fils s'afflige" (Chmouël I 2,5), car tous ses fils moururent de son vivant.

"Nous ferons et nous comprendrons" (Nassé véNichma - Michpatim 24,7)

-> Certains commentateurs voient dans ce verset en allusion une ligne de conduite pour celui qui s'adonne à l'étude de la Torah.
Il est dit : "nous ferons et nous comprendrons", et non l'inverse afin d'évoquer que le moment venu d'étudier, un juif ne doit pas se perdre dans des préparations superflues. Il doit sans tarder se mettre à étudier.
C'est pourquoi la Torah donne la préséance à l'action (nous ferons), car seulement alors il pourra réfléchir avec raison (nous comprendrons).

A quoi cela ressemble-t-il?

A quelqu'un qui viendrait rénover sa maison en la dotant de tout le luxe "dernier cri".
Il prendra son temps afin d'agencer méticuleusement chaque détail avant d'entreprendre les travaux.
En revanche, lorsqu'un incendie se déclarera dans sa maison, il ne perdra pas une seconde pour prévoir dans quel ordre agir.
Mais on le verra courir sans relâche afin de sauver ce qui peut l'être de biens et à plus forte raison de vies humaines.
Il en va de même pour la manière d'aborder l'étude de la Torah.
Dès qu'arrive le moment où il doit étudier, un juif s'imaginera que les flammes du yétser ara menacent de le déloger de la maison d'étude et qu'il n'a d'autre choix que de se jeter dans le feu de la Torah sans plus attendre.
[rav Elimélé'h Biderman]

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-> Les personnes pieuses des générations précédentes se préparaient pendant une heure avant de prier afin de pouvoir diriger leur cœur à leur Père au Ciel. [guémara Béra’hot 30b]

Le 'Hidouché haRim note que cela n'est rapporté que pour la prière. Mais il n'est pas dit qu'ils attendaient pendant une heure avant de commencer à étudier la Torah.
La raison est que nous ne devons jamais repousser une possibilité d'étudier la Torah, mais plutôt le faire immédiatement.

[on a toujours de bonnes excuses : je suis trop fatigué, je n'ai pas assez de temps pour bien étudier, ce n'est pas le bon endroit, demain cela sera mieux, ...
Naassé = si tu peux étudier même une minute, alors fais-le!
Nichma = tu verras qu'ensuite tu seras fier d'avoir agi ainsi.
Le "Tu comprendras" ne peut venir qu'après un "tu feras", car avant le yétser ara te brouille, t'anesthésie, l'esprit!]