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"La Torah qui n’est pas étudiée avec crainte et amour ne s’envole pas vers le haut"
[Tikouné Zohar]

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-> Le Ben Ich ‘Haï rapporte l’histoire d’un grand sage qui est entré au beit hamidrach et y a vu beaucoup d’élèves en train d’étudier par le "pilpoul" de façon acérée, mais il a compris que tous étudiaient la Torah avec un but ultérieur.
Il leur a dit : Je vois le beit hamidrach rempli de Torah jusqu’à ras bord, et les élèves se réjouirent de ces paroles, car ils pensaient qu’il parlait pour leur faire un compliment.
Quand le sage vit qu’ils n’avaient pas compris ses paroles, il leur dit : Sachez que le souffle de l’étude monte devant Hachem, car la Torah s’appelle "feu" et la nature du feu est de monter. Mais si l’étude a des raisons intéressées, le souffle de la Torah n’a pas la force de monter, car d’en haut on le repousse, et il reste dans le beit hamidrach.
C’est pourquoi j’ai dit que je vois le beit hamidrach rempli de Torah ...

Le Ben Ich 'Haï dit que ceci se trouve en allusion dans le verset (Tsav 6,2) : "voici la loi (Torah) sur l’offrande de l'élévation" (Torat aOla - תּוֹרַת הָעֹלָה - litt. la Torah qui monte), c’est-à-dire que la Torah de la meilleure qualité "c'est l'offrande d'élévation" qui monte (olé) immédiatement en haut et n’est pas repoussée vers le bas. A une condition, qu’elle soit "sur le feu de l'Autel" = que l’étude se fasse avec enthousiasme et pour l’amour du Ciel uniquement.

"Offrez votre sacrifice du bétail" (Vayikra 1,2)

Le Tiférét Chlomo (rabbi Chlomo de Radomsk) explique ce verset par un raisonnement a fortiori : Si une simple bête, quand un juif l’appelle explicitement "sacrifice" (korban), devient consacrée d’une sainteté supérieure au point que son sang sera répandu à l’endroit le plus saint, à plus forte raison s’il dit sur lui-même : "Je prends sur moi d’être consacré à Hachem à partir d’aujourd’hui", il est évident qu’une sainteté supérieure repose sur lui.

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-> "Lorsqu’un homme, parmi vous, apportera un sacrifice à Hachem, c’est d’une bête d’entre le gros bétail ou le petit bétail que vous apporterez votre sacrifice" (Vayikra 1,2)

-> Le Tiférète Chlomo apporte à ce verset l’explication suivante :
La Torah vient ici, dit-il, nous enseigner que lorsqu’un homme désire se rapprocher d’Hachem, il s’inspirera de la "bête" que l’on offrait en sacrifice. En effet, celle-ci, qui était un animal, et qui demeure tel quel dans son essence, se voit cependant empreinte d’une sainteté immense au point d’être élevée au degré de Kodech Kodachim ("saint des saints").
Et tout cela uniquement parce que l’homme a prononcé quelques mots et a dit : "Qu’elle soit un holocauste." De là, on peut déduire la force que l’homme possède à travers sa parole, en particulier lorsqu’il prononce des paroles de Torah ou des prières, celles-ci conférant à sa propre personne une grande sainteté.

Pour reprendre ses propres mots :
"Lorsqu’un homme parmi vous, apportera un sacrifice à Hachem » s’explique ainsi : lorsqu’un homme ne ressent dans son existence aucune proximité avec Hachem, il pensera au fait que ses paroles ont le pouvoir de sanctifier une bête et la rendre apte à être offerte en sacrifice, bien que cet animal ne subisse en lui-même aucun changement et demeure tel qu’il était. Cependant, la parole énoncée par l’homme est imprégnée d’une sainteté extrême et c’est elle qui fait que cette bête soit consacrée à Hachem. L’homme pourra dès lors en déduire l’intensité de la sainteté qui réside en lui, et combien plus lorsqu’il s’agit d’une parole de Torah ou de prière.
C’est le sens du verset : "Lorsqu’un homme parmi vous, apportera un sacrifice à Hachem", à savoir lorsqu’il désirera se rapprocher d’Hachem, "c’est d’une bête", autrement dit il s’inspirera de la bête, afin de comprendre la sainteté que lui-même détient grâce à sa parole, et "c’est (de cela) que vous apporterez votre sacrifice", car Hachem se suffit que vous soyez pour Lui un sanctuaire où Il puisse faire résider Sa présence.

C’est à ce propos que certains tsadikim expliquent le verset (Amos 4,13) : "Car voici qu’Il forme les montagnes, crée le vent et raconte à l’homme sa conversation", que nos Sages (guémara ‘Haguiga 5a) commentent : "Même une conversation légère entre lui et sa femme, on lui rappellera au moment du jugement" et y voient une allusion à la prière, car "le terme (שיחה - si'ha - conversation) suggère toujours (dans la Torah) la prière" (guémara Béra'hot 26b).
Cela signifie, d’après cela, qu’au moment du jugement, après qu’un homme aura achevé son existence, on lui rappellera et on lui montrera combien il aurait pu influencer les choses grâce à sa prière, et on lui reprochera de ne pas avoir utilisé ce précieux présent que Hachem a offert à Ses créatures.

-> Le Toldot Yaakov Yossef (paracha Ekev) témoigne avoir entendu de la bouche du Baal Chem Tov qu’une humilité exagérée a pour effet d’éloigner l’homme du service d’Hachem. Lorsqu’il se sent trop inférieur, l’homme ne peut, en effet, concevoir que sa prière et son étude de la Torah soient sources d’abondance dans tous les mondes, dont même les anges se nourrissent. Car s’il en était convaincu, combien servirait-il D. avec joie et crainte et combien se sentirait-il comblé.
Il veillerait alors à chaque mot, à chaque lettre, et à chaque accent tonique, afin de les prononcer comme il se doit. Cela constitue une réponse à tous ceux qui prétendent : "Après avoir tellement fauté, ma prière ne monte plus
dans les hauteurs."
Cet argument découle d’une humilité déplacée et d’une perspective erronée, car Hachem entend la prière de chaque créature!

"Hachem appela Moché" (Vayikra 1,1)

-> Le Likouté bétar likouté explique pourquoi la lettre Aleph (א) du mot vayikra (ויקרא) est écrite en petit : vayikra signifie que D. appelle l’homme, tandis que sans le Aleph, on lit vayikar (ויקר), verbe connotant le hasard (mikré).
Au cours de son existence, l’homme est confronté à diverses sortes de malheurs. Or, ils visent tous le même but : le réveiller et le ramener vers son Créateur.
Cependant, cette finalité lui échappant généralement, il pense que ses souffrances sont le fruit du hasard. Hachem se trouve alors contraint de les amplifier de plus en plus.
Celui qui continue à croire que tout est dû au hasard devra endurer des souffrances plus douloureuses, jusqu’à ce qu’il comprenne que c’est en réalité Hachem qui l’appelle ...

Lorsque D. désire réveiller un homme, Il lui envoie d’abord des souffrances relativement éloignées de lui, touchant par exemple ses amis proches. Si cela ne suffit pas pour le secouer, Il lui inflige des malheurs plus proches, commençant par de petits ennuis comme une détérioration de sa machine à laver ou la perte de son portefeuille. S’il ne réagit toujours pas, les souffrances deviendront insupportables. Il n’aura alors d’autre choix que de se repentir sincèrement ...

Lorsqu’un bouton tombait de son manteau, le ‘Hatam Sofer s’empressait de dire : "Maître du monde, c’est bon, j’ai compris le message, je n’ai pas besoin d’un rappel à l’ordre supplémentaire ..."
[d'après des écrits de rabbi David Pinto]

[le yétser ara nous fait voir la vie comme si tout provient du hasard (vayikar - ויקר), à nous de rajouter le "aleph" (ויקרא) pour comprendre qu'en réalité Hachem nous appelle personnellement pour notre bien.
Dans ce monde de la matière et du libre arbitre, Hachem est tellement caché, qu'il est comme un petit aleph face à l'évidence du hasard, de la force de la matérialité, de la science, de l'égo de l'homme (ça va Hachem je gère tout seul!), ..., mais cette présence de l'Unique (du Un - א) en fin de mot, nous suffit pour percevoir qu'au final de chaque événement il n'y a qu'une réalité : Hachem qui parle avec nous.
Plutôt que de désespérer, que de se plaindre, nous devons nous interroger : "Qu'est-ce que D. souhaite que j'améliore? Sur quoi dois-je faire téchouva?"
D'une certaine façon, plus j'ai une manifestation de l'Unique qui sera petite (comme le petit א) , mieux c'est pour moi, car cela implique que Hachem n'a pas besoin de me réveiller avec une manifestation plus grande : par de grandes souffrances, car j'ai perçu rapidement son message.]

"Tout ce que tu présenteras comme oblation, tu le garniras de sel" (Vayikra 2,13)

-> Le Pélé Yoets (Eleph haMaguen) écrit que le terme méla’h (sel - מֶלַח) peut, en inversant ses lettres, se lire ma’hal (pardonné), tandis que le terme timla’h (tu le garniras de sel - תִּמְלָח) peut aussi se lire tim’hal (tu pardonneras).

Ces allusions nous enseignent : le plus grand sacrifice que l’homme puisse faire à Hachem est de passer l’éponge à son prochain, même si, d’après la stricte justice, il a raison.
Il n’est pas de sacrifice plus sublime que lorsqu’un juif renonce à ses droits.
De plus, on ne perd jamais en renonçant, comme le souligne le rav Steinmann zatsal dans son Ayélèt Hacha’har.
[b'h, à ce sujet : https://todahm.com/2020/09/21/15207-2 ]

Ainsi, à notre époque où nous n’avons pas de Temple ni de Cohen pour nous apporter l’expiation, le pardon et la renonciation que nous accordons aux autres sont le seul sacrifice que nous sommes en mesure d’apporter à Hachem.
A chaque fois que nous nous comportons de la sorte envers notre prochain, notre voisin ou notre conjoint, souvenons-nous que notre conduite est considérée comme un sacrifice apporté au Créateur.

"Quand Aharon fera monter (allumera) les bougies ..., on brûlera les encens" (Tétsavé 30,8)

=> Les encens étaient brûlés en même temps que l'allumage de la Ménora. La simultanéité de ces deux actes montre qu'il existe une corrélation entre eux. Quel est-il?

-> Le Likouté Halakhot explique que les encens (Kétoret) étaient brûlés pour réparer le Mal existant dans le monde et lui permettre ainsi de se soumettre au Bien.
Les encens comprenaient 11 parfums. Dans la tradition, le chiffre 10 représente la Sainteté. La Présence Divine repose dans un endroit où 10 Juifs sont réunis. 10 des 11 parfums de la Kétoret avaient une odeur exquise.
En revanche, la 11ème épice sentait très mauvais. Il s'agit de la 'Helbena. Elle représentait le Mal.
Mais lorsque l'ensemble des 11 parfums étaient consumés par le feu, la mauvaise odeur du 'Helbena ne se faisait plus ressentir. Elle s'effaçait dans la bonne odeur globale. C'est de cette façon que les Kétoret apportaient une réparation au Mal.

Ce travail se trouve en chaque homme. Chacun a des forces émanant de la Sainteté. Mais il a aussi en lui un mauvais penchant, qui l'incite à agir de manière négative ou à ressentir des émotions négatives. Son travail consiste donc à corriger ses propres défauts pour réussir à les éradiquer.
Au moment où il corrige un défaut, on aurait pu penser que seul ce défaut a été corrigé et l'homme est ainsi devenu moins mal. Mais la réalité est tout autre. Quand on s'efforcera d'éradiquer le Mal existant de par ses défauts et ses mauvais comportements, il y aura une répercussion sur l'ensemble des qualités de sa personnalité.
En corrigeant le Mal, le Bien aussi sera alors encore plus éclairé. Oui, le Bien qui est en lui sera encore plus prononcé et plus lumineux. Un défaut corrigé apportera une élévation considérable sur son Service Divin dans son ensemble. Il sentira encore plus d'élan, plus de force, plus de lumière, dans toutes ses actions et ses qualités.
L'homme n'est pas simplement devenu moins mauvais, mais il est devenu encore bien plus bon, plus lumineux.

C'est pourquoi, la combustion des encens était concomitante à l'allumage de la Ménora. Brûler des encens pour élever l'odeur du 'Helbena, corriger le Mal, tout cela permet de faire monter la lumière et d'éclairer encore plus les bonnes facettes de l'homme. Il est difficile d'imaginer quel impact pourrait avoir sur sa personnalité, le fait de corriger ne serait-ce qu'un seul défaut. Même si cela lui est pénible, le gain qu'il récoltera est extraordinaire. Toute sa vie sera élevée et brillera d'une nouvelle lumière qui le remplira de joies et de satisfactions.

"Ce fut au 8e (chémini) jour" (Chémini 9,1)

-> Les 2 enfants de Aharon : Nadav et Avihou, sont morts en ce 8e jour où fût inauguré le Michkan.
Nos Sages font remarquer que les lettres du mot : 'hanoucca (חנוכה) qui signifie : "inauguration", renvoient à :
- le ח = en ce 8e jour (de valeur ח) a eu lieu la חנוכה (inauguration) ;
- les lettres : נו = ont une guématria de 56, qui est la même que : Nadav (נָדָב‎) ;
- les lettres : כה = ont une valeur de 25, soit la même : Avihou (אֲבִיהוּא‎).

[quelle chance nous avons d'être juifs, et d'avoir une Torah incomparable et aussi infiniment sublime! Merci Hachem! ]

"Les chefs d'Israël, chefs de leur maison paternelle, apportèrent des offrandes" (Nasso 7,2)

-> Lors de l’inauguration du Michkan, les princes (nassi) d’Israël, chefs de tribus, voulurent procurer une satisfaction au Maître du monde en offrant des sacrifices dans Son sanctuaire en l’honneur de ce grand jour, où Sa Présence allait venir y reposer.
Les princes voulurent offrir leurs sacrifices de la façon la plus parfaite possible, pour procurer le maximum de plaisir à leur Père céleste. Et comment procédèrent-ils?

Le midrach (Bamidbar Rabba 14, 12) nous dit :
"Rabbi Chimon dit : Que veut dire le Talmud par ces termes “de la part des princes d’Israël”?
Cela nous apprend qu’ils se sont portés volontaires par eux-mêmes, et que leur sacrifice était équivalent, tant au niveau de la longueur, de la largeur que du poids, et qu’aucun d’entre eux n’a offert un sacrifice de plus que son ami, car s’il avait offert un sacrifice de plus que son prochain, aucune de ces offrandes n’aurait permis de repousser la pratique du Shabbath.
Hachem leur dit : Vous vous êtes mutuellement témoignés du respect, et Je vous traite avec égard en vous permettant d’offrir un sacrifice le jour de Mon Shabbath, de sorte à éviter une interruption de vos sacrifices."

Le Hafets ‘Haïm enseigne que les princes d’Israël connaissaient le secret : ils savaient que le meilleur moyen de réjouir notre Père Céleste consistait à offrir exactement le même sacrifice, à l’identique, sans accorder aucune préférence pour l’un ou l’autre.

La joie ressentie par Hachem grâce à leurs sacrifices, serait parfaite ; aucune trace de tristesse n’y serait dissimulée en raison d’une jalousie de l’un envers l’autre. Son plaisir serait extraordinaire en observant tous Ses fils s’aimer et se respecter de la sorte.
Et en effet, les princes eurent droit à un mérite exceptionnel grâce à cette attitude, et bien que selon la stricte loi, le sacrifice des princes ne reportât pas le respect du Shabbath (une offrande volontaire individuelle n’est pas censée repousser le Shabbath), malgré tout, Hachem leur a en quelque sorte transmis le message suivant : Puisque vous avez manifesté du respect l’un pour l’autre, Je vais Moi aussi vous en manifester, et pour éviter une interruption entre vos sacrifices, Je vous permets également d’offrir vos sacrifices le jour du Shabbath.

Plutôt que de tenter d’acquérir de l’honneur par le biais de la haine et de la concurrence, les princes en ont acquis à bien plus grande échelle, par le biais de l’amour fraternel et du respect du prochain.
Lorsque chacun tente de profiter de tout ce que ce monde propose, sur le compte d’autrui, il est capable de réussir ... mais honte à une telle réussite ; elle est tellement limitée et maigre.
En effet, comment l’homme peut-il accéder à l’honneur, à la richesse, ou à la réussite par ses efforts?

Nous vivons parfois avec le sentiment que la réussite vécue par l’une de nos connaissances se fait sur notre compte, et en conséquence, ne la voyons pas d’un bon œil ... or, bien entendu, c’est une erreur. Pour Hachem, cela ne fait aucune différence si vivent sur terre un seul homme ou des milliards d’entre eux. Il n’a aucune difficulté à nourrir toutes Ses Créatures en comblant tous leurs besoins, tout comme Il nourrit et sustente de la plus grande à la plus petite d’entre elles.

Mais ce n’est pas tout, c’est même tout le contraire : non seulement notre désir de voir réussir notre prochain ne porte pas ombrage à notre propre réussite, mais nous bénéficierons d’une abondance illimitée du Ciel, tout en procurant de la satisfaction au Maître du monde en ce que nous désirons le bien de Ses enfants bien-aimés.

[compilation personnelle d'un divré Torah issu de la Voie à suivre n°1025]

"Quand un homme meurt dans la tente" (‘Houkat 19,14)

-> Selon la guémara (Shabbath 83b) :
Même proche de la mort, l’homme doit étudier la Torah.
Reich Lakich explique pour sa part : "Les paroles de Torah ne s’accomplissent que chez celui qui est prêt à mourir pour elle."

-> Le Maharal ('Hidouché Aggadot) commente :
"la Torah est du domaine de l’intellect, comment peut-elle s’implanter chez l’homme qui est entièrement matériel? Les deux sont absolument antinomiques!
C’est pourquoi cette Torah (intellect) ne peut se réaliser que chez celui qui est prêt à mourir pour elle, qui fait abstraction de son corps, de sa vie matérielle. Se séparant de son corps, il n’est plus considéré comme tel par rapport à la Torah et celle-ci, qui est ‘intellect’, pourra alors s’accomplir en lui, et non en celui qui, à côté de la Torah, donne de l’importance à son corps."

-> Rabbi David Pinto écrit :
Comment se détacher de tout ce qui est corporel au moment où l’on étudie? Après tout, l’homme a été créé à partir de la matière!
La matière peut-elle se dissocier de la matière?
En réalité, en se consacrant à l’étude de la Torah avec abnégation, on se détache de son côté matériel pour permettre aux paroles de Torah d’entrer dans son cœur.

De quelle abnégation s’agit-il ?
De celle que décrivent nos Sages lorsqu’ils commentent l’expression ‘de toute ton âme’ : "Même si on t’enlève la vie (ton âme)". Cela signifie qu’au moment où l’on étudie la Torah, on doit avoir l’esprit libéré de toutes ses préoccupations matérielles, et que même si on est absorbé toute la journée par son activité professionnelle, on doit fixer des temps d’étude au cours desquels on oublie totalement ses affaires.

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-> "Voici la loi (la Torah), lorsqu’il se trouve un mort dans une tente" (19,14)

Nos Maîtres déduisent de ce verset : "La Torah ne se maintient qu’en celui qui se tue à la tâche pour elle".

Lors d’un de ses cours, rav ‘Haïm de Brisk prononça les mots suivants :
"Imaginez-vous qu’un jour, D. décide de permettre à tous les morts de se relever et de quitter leur tombe pour une heure, de laquelle ils peuvent profiter à leur gré. Les vivants se précipiteraient alors aux cimetières pour y rencontrer leurs proches décédés et prendre de leurs nouvelles. Cependant, dès l’instant où les sépultures seraient ouvertes, les défunts ne regarderaient même pas leurs visiteurs, mais courraient tous, à grande allure, en direction des lieux d’étude pour étudier assidûment la Torah.

Tel est le sens de l’enseignement de nos Maîtres selon lequel "la Torah ne se maintient qu’en celui qui se tue à la tâche pour elle" = En d’autres termes, elle ne perdure que chez l’homme considérant le temps qui lui est alloué dans ce monde comme l’opportunité, pour un mort, de quitter sa tombe l’espace d’une heure."

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-> on peut également y lier le récit suivant : https://todahm.com/2014/12/21/2511-2

"Voici la loi (la Torah), lorsqu’il se trouve un mort dans une tente" = plus nous sachons faire le mort face aux tentations matérielle, aux pertes de temps de ce monde, plus nous aurons de vie dans le monde à venir.
Notre véritable âge le jour de notre mort est le cumul de tous nos instants de vie bien exploités selon la volonté de D.

["j'ai mis devant toi la vie et la mort : choisis la vie" => le problème c'est que notre yétser ara nous propose une réalité inversée. Il nous vend de la mort pour de la vie (profites!). D'ailleurs, la Torah nous dit : choisis! (cela n'est pas naturel, à cause du yétser ara).
Nous devons faire le mort à notre yétser ara, pour ne pas se laisser embrouiller et pour mieux se focaliser sur la réelle vie de ce monde!]

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-> "Quand un homme meurt dans la tente" (‘Houkat 19,14)

Nos Sages (guémara Béra’hot 63b ; Shabbath 83b) explique que les les paroles de la Torah ne se maintiennent que chez celui qui se tue pour elles.
[au moment où l’on étudie, il faut faire le mort, dans le sens où rien d’autre n’existe pour venir nous déconcentrer]

La tente fait allusion au fait que de même qu’elle ne comporte pas de porte ni de clef, et qu’elle est ouverte à quiconque veut y entrer, ainsi la Torah est placée dans un coin et quiconque veut l’étudier peut venir le faire (cf. guémara Kidouchin 66a)

Le mot : "Ohél" (tente - אוהל) a une valeur numérique de 42, ce qui correspond à "tu parleras d’eux" (bam), où le mot "bam" (בם) a aussi une guématria de 42.

Les lettres dé : bam (בם) renvoient à la 1ere lettre :
-> du 1er mot de la Torah écrite (בְּרֵאשִׁית – Béréchit)
-> du 1er mot de la Torah orale (מאימתי – michna Béra’hot).

[il faut se considérer comme de passage dans ce monde éphémère (à l’image d’une tente), et se consacrer de toutes ses capacités à la Torah, qui est l’essentiel, puisque chaque lettre que nous y étudierons nous accompagnera et nous servira d’habitat pour l’éternité.]

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-> "Ceci est la loi (Thora), un homme qui meurt dans une tente" (19,14)

Le 'Hafets 'Haïm commente :
La Thora (loi) ne peut se maintenir que pour un homme qui se fait mourir dans la tente d'étude. C'est-à-dire qu'il étudie en sacrifiant son bien-être et en renonçant à ses plaisirs physiques.
Mais, cela fait aussi allusion à une autre idée. Au moment où une personne étudie la Thora, il doit se considérer comme s'il était mort. De la sorte, il n'interrompra pas son étude pour aucune raison au monde, même la meilleure. En effet, s'il était mort, il n'aurait pas pu s'occuper de ses affaires même la plus urgente. Au moment de l'étude, il faudra se voir comme s'il était mort. Rien ne pourra ainsi l'interrompre de son étude.
C'est de cette façon que sa Thora se maintiendra.

[plus on considère la Torah comme étant la vie (le reste devenant "mort" en comparaison), plus la Torah pourra avoir d'impact en nous.]

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-> "Ceci est un statut de la Loi (…) lorsqu’il se trouve un mort dans une tente" ('Houkat 19,2-14)

-> Le rav David Pinto (la voie à suivre n°1092) enseigne :
"Le Baal Chem Tov explique pourquoi il existe malheureusement de nombreuses personnes étudiant la Torah et qui manquent pourtant de crainte de D.
D’après lui, tout dépend de la manière dont l’homme entame sa journée. Dès son lever, il doit s’impliquer en premier lieu dans des activités spirituelles, se lever avec zèle pour servir son Créateur, réciter Modé ani avec une grande ferveur, remercier Hachem de tout son cœur pour la magnifique création, puis s’empresser de rejoindre la synagogue pour prier cha’harit.
S’il donne ainsi priorité à des mitsvot et à des actes accomplis pour l’honneur divin, le reste de la journée sera à cette image et la crainte du Ciel l’accompagnera.
Par contre, s’il se réveille avec paresse et ne pense qu’à satisfaire ses divers besoins physiques, comme l’alimentation, pour seulement ensuite se souvenir de son devoir de prier, la crainte de D. lui fera défaut, car son ego aura pris le dessus, empêchant la présence Divine de résider en lui.

Tel est le sens des versets : "Ceci est un statut de la Loi ... lorsqu’il se trouve un mort dans une tente" = Le lien d’un homme avec la Torah dépend essentiellement du début de sa journée, du moment où il gît dans son lit comme un mort trouvé dans une tente. Lorsqu’il se réveille de cette mort apparente qu’est le sommeil, s’il se lève avec zèle pour servir Hachem, considérant cela comme "un statut de la Loi", comme une obligation incontournable, il continuera, tout au long de la journée, à Le servir avec joie et entrain, car la Torah représentera pour lui une priorité et il sera continuellement animé de la crainte de D.

Cependant, s’il ne considère pas cette conduite comme une obligation immuable, mais se lève avec paresse pour se consacrer à ses besoins personnels, se laissant chaque jour convaincre par un autre prétexte soufflé à son oreille par le mauvais penchant (ex: "Je suis fatigué" ; "Je suis faible"), la paresse continuera à prendre le dessus le reste de la journée et il sera perdant sur tous les bords.
Telle est la mauvaise racine du manque de crainte du Ciel."

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-> "Voici la règle (zot haTorah), lorsqu’il se trouve un mort [mot à mot: un homme qui meurt] dans la tente (adam ki yamout baOhel)"(‘Houkat 19,14)

=> Ce verset est interprété par nos Sages dans le sens de l’étude de la Torah [Voici la règle (זֹאת הַתּורָֹה) = c’est-à-dire : "voici la manière idéale d’étudier la Thoraé].
On peut rapporter les commentaires suivants à ce sujet :

1°/ Rabbi Chimon Ben Lakich (guémara Béra'hot 63b) enseigne : "D’où apprenons-nous que la Torah ne se maintient que chez celui qui se tue pour elle [qui consacre toutes ses forces pour la Torah]? Du verset: ‘Voici la règle: un homme qui meurt dans la tente [la maison d’étude]’."

2°/ La Torah, purement spirituelle, ne peut subsister seulement chez une personne qui s’éloigne autant que possible de la matérialité [Maharal de Prague].
Aussi, le rav Niventzal explique-t-il que "mourir pour elle" signifie diminuer notre jouissance de ce Monde. Ainsi, moins un homme profite des bienfaits matériels que cette terre lui offre plus la Torah peut résider chez lui.
Lorsque nous réduisons la place du matériel dans nos vies, alors automatiquement nous faisons de la place au spirituel (la Torah).
Et c’est ainsi qu’il est enseigné (Pirké Avot 6,4]) : "Voici le chemin pour acquérir la Thora : mange du pain avec du sel, bois de l’eau avec mesure, dors à même le sol, endure une vie de souffrances et étudie la Torah de toutes tes forces. Si tu fais cela, tu seras heureux dans ce monde-ci et tu auras une bonne part dans le monde futur".

3°/ La guémara veut dire qu’il faut tuer son "moi", c’est-à-dire ses défauts et ses idées préconçues, afin de parvenir à la vérité en toute objectivité [voir Maor Enayim].

4°/ "L’abnégation qui convient aux érudits de la Torah est définie par le verset : ‘Un homme qui meurt dans la tente’, tel que l’expliquent nos Sages : il faut tuer le plaisir que procurent les attraits du monde matériel, car même les plaisirs terrestres les plus anodins empêchent de se consacrer à la ‘tente’ de la Thora" [Hayom Yom - 1er Tamouz].

5°/ "Si un homme veut acquérir un peu de Torah, il doit faire pendant son étude comme s’il était ‘mort’, et quoi qu’il advienne, ne jamais s’interrompre ni repousser ce moment sacré" [Si’hot ha’hafets ‘Haïm].

6°/ La guémara (Shabbath 83b) rapporte : "Rabbi Yonathan dit : Un homme ne doit jamais se limiter dans l’étude de la Torah ... et ce même lorsqu’il est sur le point de mourir comme il est dit : ‘Voici la règle [de la Torah], lorsqu’un homme meurt dans la tente’, même au moment de la mort il faut se consacrer uniquement à la Thora".

A ce propos, il est enseigné dans la guémara (Béra'hot 61b) que lorsque les Romains interdirent l’étude de la Torah, Rabbi Akiva continua d’enseigner en public. Un juif qui était sorti du chemin, et qui se nommait Papous Ben Yéhouda, lui demanda : "Akiva, n’as-tu pas peur des Romains?"
Le Rav lui répondit : "Voilà à quoi cela ressemble : un jour, un renard vit des poissons qui fuyaient dans tous les
sens. Que faites-vous? demanda-t-il. Nous évitons les filets des pécheurs! Pourquoi ne venez-vous pas sur la terre à côté de moi, au moins vous ne serez plus embêtés par les pièges des pécheurs?
Les poissons lui répondirent : imbécile que tu es! Si nous sommes en danger dans notre environnement naturel, alors à plus forte raison si nous allons dans un endroit où la mort nous est promise. Pareil pour nous : tant que nous étudions, nous sommes en vie comme il est écrit: ‘Car elle est ta vie...’ mais si nous arrêtons de l’étudier, nous sommes déjà morts".

On raconte également qu’à la fin de sa vie, le ’Hatam Sofer souffrait d’une grave maladie et son état de santé ne laissait guère d’espoir.
Toute la communauté priait nuit et jour et lisait des psaumes pour la guérison du Rav. Celui-ci était étendu, son chapeau couvrant son visage, les membres de la ‘Hévra kadicha pensant qu’il était à l’article de la mort commencèrent à prier également. Le ‘Hatam Sofer dit alors à un de ses proches de leur demander d’arrêter de prier car ils le dérangeaient dans son étude. En effet, il tenait à réviser tout ce qu’il avait étudié durant sa vie avant de mourir.
[b'h, d'après le feuillet de la communauté de Sarcelles - Chémini 5782]

Les mots ‘"Mitsraïma" et "Ché'hina" ont la même valeur numérique.
Cela nous indique que la Présence Divine (Ché'hina) était présente même en Egypte et que tout se faisait sur ordre de D.

Un grand secret de la Torah nous est révélé ici : même dans le lieu le plus impur du monde, l’Egypte, appelée "nudité de la terre", le nom Divin était présent [aux côtés de Ses enfants adorés les juifs]!
[rabbi David Pinto]

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-> Le Arizal (Séfer haLikoutim) demande pourquoi le mot : "Egypte" (מצרים) a été écrit dans le 1er verset de Chémot (début de l'exil) de façon singulière "Mitsraïma" (מִצְרָיְמָה)?

Le Arizal répond que la valeur numérique du mot מִצְרָיְמָה est égale à 385, soit la même valeur que le terme : "Chékhina" (שכינה), afin de nous apprendre que la Présence Divine descendit avec Yaakov et ses enfants, et demeura parmi les Bné Israël durant toute la durée de l'exil égyptien jusqu'à leur délivrance.

"Hachem frappa l'Egypte en frappant et en guérissant" (Yéchayahou 19,22)

-> Le Zohar (Paracha Bo 36a) commente : ''en frappant" = cela concerne l'Egypte ; "en guérissant'' = cela s'adresse à Israël.
Chaque plaie qui était un malheur pour l'Egypte était dans le même temps un remède et un immense bienfait pour Israël.

Le rav Elimélé'h Biderman rapporte que, selon nos Sages, les 10 plaies purifièrent les Bné Israël qui étaient plongés dans l'impureté de l'Egypte et hâtèrent leur guérison spirituelle afin de les rendre aptes à être libérés.
La Torah est éternelle et tout ce qu'elle contient concerne toutes les générations.
Même à notre époque, les 10 plaies continuent à purifier les Bné Israël afin de les délivrer de leur yétser ara qui est ''l'esclavage d'Egypte'' actuel.
Dès lors, il nous incombe de réfléchir au contenu profond de ces plaies avec lesquelles Hachem a livré bataille pour nous délivrer de notre mauvais penchant.

-> Le Arizal explique (Pri Ets 'Haïm - Chap.7) que les 10 plaies sont parallèles aux 10 Séphirotes (les sphères kabalistiques qui correspondent aux différentes sortes de forces spirituelles d'un homme), depuis la Séphira (sphère) la plus basse jusqu'à la plus élevée.
Cela signifie par exemple que la plaie du sang (la première des 10 plaies) vient purifier la vertu de "Malkhout" (royauté, la première des 10 Séphirotes).
Ensuite, Hachem envoya la plaie des grenouilles afin de purifier la vertu de Yessod (le ''fondement'', la deuxième Séphira,), puis la plaie des poux pour la vertu de Od (la splendeur) et ainsi de suite.
[Il explique par cela pourquoi les 10 plaies ont été écrites dans 2 parachiotes : 7 dans Vaéra et 3 dans Bo, car les 10 Séphirotes sont également, dans la Kabbale, divisées en 2 groupes, 3 d'un côté qui sont : 'Hokhma, Bina, Daat, et 7 autres qui sont : 'Hessed, Guévoura, Tiférèt, Netsa'h, Od, Yessod et Malkhout.)