Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"La parole de Hachem se fit entendre à Avram dans une vision, en ces termes : "Ne crains pas, Avram, Je suis pour toi un bouclier, ta récompense sera très grande"." (Lé'h Lé'ha 15,1)

-> Avram pensait que compte tenu des miracles dont il avait bénéficié, il avait perdu sa récompense dans le monde futur. Alors, Hachem lui affirma que son salaire n'avait pas été entamé.

Rav Moché Sternbuch écrit que le Saba de Novardok compare ce monde-ci à un restaurant ouvert à tous, où l'on peut consommer des repas de roi, mais où il faut payer la note à la sortie.
Ainsi, le "prix" de chaque profit de ce monde-ci est très élevé et réduit en conséquence la récompense reçue dans le monde futur.
Cependant, le Saba de Novardok affirme que de même que les employés de ce restaurant y mangent gratuitement, il y va de l'intérêt de leur patron qu'ils aient des forces pour travailler, de même lorsque l'homme qui sert Hachem profite de ce monde-ci, c'est en vue du service Divin qu'il le fait, et donc son salaire n'en est pas entamé.

Le rav Sternbuch explique qu'après avoir vaincu de nombreux miracles contre les 4 rois, Avram pensait avoir perdu sa récompense dans le monde futur.
Hachem lui affirma alors qu'il était Son fidèle serviteur et que tout ce qu'il avait fait n'était qu'une sanctification du nom Divin.
Ainsi, comme les employés du restaurant, Avram n'avait rien perdu de son monde futur.

"Le début de notre travail [dans ce monde] consiste à prendre conscience de la grandeur de nos Patriarches et de l'amour que Hachem leur portait"

[Rabbénou Yona]

[plus nous visons les sommets dans notre service Divin, plus ce qu'on obtiendra au final sera élevé.
Par contre, en visant peu, avec la déperdition naturelle de la mise en pratique, nous n’exploiterons que très peu nos potentialités.]

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-> Le rav Moché Chmouël Chapira dit que toutes nos qualités proviennent de nos ancêtres.
C'est pourquoi nos Sages (Tana déBé Eliyahou rabba 25,2) enjoignent de nous demander : "Quand mes actions atteindront-elles le niveau de celles de mes Patriarches?"
Même si cela semble être impossible, étant descendants d'Avraham, Its'hak et Yaakov, il nous incombe d'aspirer à acquérir leurs qualités, grâce à nos efforts.

Par exemple, lorsqu'Avraham offrit son fils Its'hak sur l'autel, il fit acquérir sa force d'abnégation à tous ses descendants.
De même, lorsqu'il quitta sa terre natale en direction de la terre d'Israël (lé'h lé'ha), il transmit aux Bné Israël son amour profond pour cette terre.

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-> "Je détiens l'antidote le plus fort et le plus grand que l'on puisse trouver contre le yétser ara, c'est une chose très simple, une action qui donne de nombreux fruits et dont les effets sont grands ; voici le secret : chaque jour un homme devra s'arrêter au moins une heure de ses occupations afin de réfléchir et d'étudier ce que nos Patriarches ont fait pour qu'Hachem les aime tant?
D'où provient la grandeur de Moché ou celle du roi David?
Qu'il réfléchisse à la grandeur de nos Patriarches qui nous ont précédés et qu'il devine ce qu'il est bon pour l'homme de faire tous les jours de sa vie ; il sera alors assuré de ne voir que du bien tous les jours de sa vie."
[Ram'hal - Déré'h Ets 'Haïm]

[Le Ram'hal y dit que le plus grand remède pour combattre son yétser ara est de s'interroger chaque jour : "Qui suis-je [vraiment]? Pourquoi suis-je venu dans ce monde? Qu'est-ce que le Roi des rois, Hachem, me demande-t-Il de faire?"]

"Parle à Aharon et dis-lui : "Quand tu feras monter les lumières, c'est vis-à-vis de la face du candélabre (Ménora) que les 7 lampes éclaireront" (Béaaloté'ha 8,2)

-> Nos Sages (Yalkout Chimoni 719) enseignent :
Pourquoi Moché a-t-il fait 7 lampes et le roi Chlomo 70 (il fit fabriquer 10 candélabres portant chacun 7 branches)?

Sur l'ordre de Hachem, Moché chassa 7 peuples de devant les Bné Israël, alors que le roi Chlomo devait dominer les 70 nations du monde, et c'est pourquoi il fit 70 lampes.

-> Le rav Yossef Shalom Eliyachiv explique que cette force dont bénéficie le peuple d'Israël dépend du rayonnement du feu saint qui provient des synagogues et maisons d'étude qu'il fréquente.
Ces dernières sont semblables au sanctuaire où était placé le candélabre (la Ménora - qui fait allusion à la Torah qui est appelée "lumière").
Ainsi, même si nous n'avons pas la possibilité d'allumer la Ménora, nous pouvons néanmoins augmenter l'intensité de la lumière qui émane de ces lieux.

De plus, plus notre environnement est hostile à la Torah, la transgresse et la combat, plus nous devons nous renforcer dans son étude.
Ainsi, rabbi Chimon bar Yo'haï (fin de la guémara Yérouchalmi Béra'hot 68a) dit : "Si tu vois une génération qui néglige l'étude de la Torah, lève-toi et renforce-toi dans son étude, tu recevras alors le mérite de tous".

"Noa'h lâcha la colombe pour voir si les eaux avaient baissé ... La colombe revint vers lui, tenant dans son bec une feuille d'olivier fraîche. Et Noa'h sut que les eaux avaient baissé sur la terre" (Noa'h 8,11)

-> La période du Déluge fut pour Noa'h particulièrement éprouvante, comme nous l'apprenons du récit qu'en fit Chem, l'un de ses fils, à Eliézer le serviteur d'Avraham (cité dans la guémara Sanhédrin 108) :
"Nous éprouvions de grandes souffrances dans l'arche ... Mon père découvrit un jour un phénix qui dormait dans une pièce retirée. Il lui demanda : "Pourquoi ne te nourris-tu pas?"
A quoi l'oiseau lui répondit : "J'ai vu que tu étais accablé de travail, et je me suis dit que je n'en avais pas besoin".
Noa'h lui dit alors : "Tu as eu de la considération pour ma peine, que ce soit la volonté Divine que tu ne meures jamais"."

=> Si telles étaient les difficultés qu'endura Noa'h dans l'arche (s'occupant 24h sur 24 pendant une année, des besoins spécifiques de tous les animaux du monde), pourquoi n'a-t-il pas béni davantage la colombe venue l'informer de la fin de son supplice?
Cette annonce ne méritait-elle pas tout au moins autant d'égards que ceux manifestés au phénix?

Nos Sages (midrach Béréchit rabba 33) nous révèlent que le terme particulier employé dans le verset concernant la colombe tenant ("taraf" - טָרָף) dans son bec une feuille d'olivier suggère une notion de meurtre, comme on le trouve dans cet autre verset : "Une bête féroce a dévoré [Yossef]" (tarof toraf Yossef - טָרֹף טֹרַף יוֹסֵף - Vayéchev 37,33).
Noa'h dit ainsi à la colombe : "Si tu n'avais brisé cet arbre, ton acte aurait été bien plus estimable".

Ainsi, en dépit du caractère positif de son message, parce que la colombe le véhicula en portant atteinte, même faiblement à l'œuvre de la Création, Noa'h s'abstint de la bénir.
Par son annonce, elle aurait pu bénéficier d'une longévité éternelle.
Or, bien que l'intention de la colombe ait été d'accomplir scrupuleusement la mission confiée par Noa'h, apportant même une preuve à ses dires, il n'en demeure pas moins qu'ayant ôté la vie à cette feuille, elle freina le développement de son olivier.
C'est donc l'aspect "destructeur" de son acte qui la priva de la bénédiction de Noa'h.

=> Par conséquent, s'il en est ainsi des végétaux et des animaux, qui sont pourtant dénués de toute sagesse, à plus forte raison est-ce valable pour l'être humain, dont les capacités intellectuelles lui imposent d'être responsable de chacun de ses actes.
Et l'accomplissement de la plus importante mitsva ne saurait jamais justifier qu'il soit porté atteinte à l'une des valeurs de la Création, quand bien même celle-ci pourrait, à ses yeux sembler insignifiante.

[extrait du Yalkout Léka'h Tov]

La yéchiva de nos jours

+ La yéchiva de nos jours :

"Fais-toi une arche de bois de gofer" (Noa'h 6,14)

-> Le rav Its'hak Hutner (1906-1980) enseigne :
Les étudiants en yéchiva doivent prendre conscience du bonheur d'évoluer entre les murs d'un établissement de Torah, qui est aujourd'hui 1 000 fois supérieur à celui que connurent les générations passées.
[...]

L'âme de l'être humain ne peut supporter les situations de vide et de néant spirituels.
Par conséquent, si elle ne goûte pas aux richesses de la Torah, elle aspirera fatalement à combler son manque par d'autres expériences spirituelles, qui peuvent la conduire jusqu'à l'idolâtrie ...

A 2 reprises la Torah s'étend dans la description de 2 différentes constructions : celle du Michkan du temps de Moché, et celle de l'arche de Noa'h.
La construction du Michkan survint à une période où le climat spirituel du monde était empli de sainteté. Cette abondance de sainteté exigeait qu'un emplacement lui soit consacré et un Sanctuaire fut donc construit dans ce but.
Inversement, l'arche fut construite à un moment où l'atmosphère spirituelle délétère conduisait au Déluge et à l'anéantissement de tout être.

C'est de cette manière que s'explique la profonde différence entre le monde des yéchivot, tel qu'on le connaît aujourd'hui et celui qui existait autrefois :
- dans les générations passées, la yéchiva était comme un Michkan au sein du peuple juif.
L'atmosphère spirituelle qui régnait alors était d'une grande intensité, et la yéchiva constituait le lieu vers lequel toute sainteté convergeait.
- de nos jours, la yéchiva se voit chargée d'une seconde fonction : elle est également devenue une "Arche spirituelle", permettant d'endiguer le "Déluge" d'hérésie qui inonde le monde.
Pour la 1ere fois dans l'histoire du peuple juif, ces établissements de Torah représentent une combinaison unique, puisqu'ils sont à la fois un Michkan et une arche.
Un Michkan dans lequel on goûte aux saveurs des mets les plus raffinés, et une arche dans laquelle on se protège des dangers extérieurs.

=> C'est la raison pour laquelle tout jeune élève, au moment où il rentre dans le cursus de l'étude à la yéchiva, doit être conscient de l'importance de son choix et éprouver une immense joie à l'idée d'y être accueilli.

[b'h, compilation personnelle issue du Yalkout Léka'h Tov]

"Toute créature avait perverti sa voie sur la terre" (Noa'h 6,12)

-> La guémara (Sanhédrin 108) nous enseigne qu'à l'époque précédant le Déluge, non seulement les êtres humains étaient corrompus, mais même le règne animal s'était alors dépravé, comme le sous-entend ce verset témoignant que : "toute créature pervertit sa voie".

=> Comment comprendre une telle attitude chez les animaux, alors qu'ils sont, pour leur part, dénués de toute liberté de choix et n'agissent qu'instinctivement?

Le Beit haLévi (paracha Noa'h) enseigne :
"Par ses actions, l'homme a le pouvoir de créer et d'engendrer une seconde nature, notamment par la force de l'habitude. Par la suite, il sera entraîné et désirera assouvir cette nature qu'il a créée lui-même par ses actions antécédentes.
Même s'il sait dans son esprit, que ses actions ne sont pas bonnes, il ne pourra pas résister à cette nouvelle tendance.
Comme il est écrit : "leurs actions ne les ont pas laissés faire téchouva vers Hachem, car un esprit de débauche les habitait" (Ochéa 5,4).
En d'autres termes, ils ont enraciné en eux de nouvelles mauvaises racines desquelles ils étaient prisonniers."

Comme l'enseigne le Gaon de Vilna (Pirké Avot chap.2 : 'une mitsva entraîne une mitsva, une avéra entraîne une avéra') = lorsqu'un homme réalise une bonne action, il créé un ange bénéfique qui ne le laissera tranquille que lorsqu'il aura accompli cette action une seconde fois ; c'est pour cette raison qu'une mitsva en entraîne une autre.
Inversement pour le mal.

-> Le Beit haLévi poursuit :
"Il faut également savoir que les actions de l'homme ont une influence sur tout l'environnement et sur tout le monde ici-bas ; pas seulement lorsqu'un homme agit en public, auquel cas l'influence est directe et logique, mais même s'il faute sans que personne ne le voie.
En effet, par le fait qu'il ait renforcé en lui son penchant, il renforce la présence de cette attirance dans sa génération et il l'enracine dans la nature de toutes les créatures qui l'entourent, ce qui rend tous ces coreligionnaires un peu plus attirés vers la faute qu'il a commise.
Cette influence extraordinaire des actions de l'homme concernant les autres hommes, concernant les animaux et même en ce qui concerne les minéraux et tous les objets qui nous entourent".

-> En ce sens la Torah affirme plusieurs fois : "ils ont rendu impure la terre [d'Israël] par leurs actions" = ce qui signifie que l'impureté de la faute peut même être transmise à la terre, jusqu'à ce qu'elle "en vomisse ses habitants", pour reprendre les mots de la Torah.

Selon la guémara (Kidouchin 49b), chaque pays a des midot ou des tendances qui lui sont propres : "en Israël la sagesse, à Bavél l'orgueil, en Perse le courage, en Egypte la sorcellerie, en Arabie la débauche, à Michane l'effronterie".
Le Beit haLévi commente : "C'est une chose qui ne peut pas être expliquée par les principes de la logique ou de l'intellect mais que l'on ressent très bien lorsqu'on arrive dans un pays qui a telle tendance ou une telle mida pour le bien comme pour le mal ; on se sent naturellement attiré par cette tendance, beaucoup plus que lorsqu'on habitait dans un pays voisin.

-> "Les pierres du mur vont cirer, les poutres en bois vont répondre" ('Habakouk 2,11)
La guémara (Taanit 11a) écrit : à la fin des temps ce sont les poutres et les pierres de nos maisons qui viendront témoigner contre nous, de toutes nos actions.
Le Beit haLévi explique : "En réalité chacune de nos actions entraîne une transformation même dans le bois et dans la pierre quand bien même elle n'est pas visible à l'œil nu.
C'est pourquoi si nous savons distinguer ces influences, nous pourrions lire tous les détails de nos actions dans les pierres et dans les bois qui nous entourent.
Pour revenir à la génération du maboul, ils ont tellement renforcé la taava, la débauche, les mauvaises mœurs, à tel point qu'une nouvelle nature s'est créée et qu'elle a même imbibé les animaux et l'ensemble de la création".

D'ailleurs, Rachi enseigne (Noa'h 6,13) qu'Hachem a non seulement détruit les hommes et les animaux, mais Il a également détruit 3 téfa'him (environ 30cm) de profondeurs sur tout l'ensemble du globe.

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-> Il est écrit dans le midrach (Béréchit rabba 25,8) :
"Rabbi Azaria a enseigné, au nom de Rav Yéhouda bar Simon, que la terre, elle aussi, fut punie pour s'être corrompue en donnant des épines au lieu de produire du blé. Toutes les actions de la génération du Déluge étaient corrompues : le chien s'accouplait au loup, la poule au canard, ...
Il n'est pas mentionné : "tout homme s'est corrompu", mais bien : "toute chair s'est corrompue".
Rabbi Louliani bar Tavrina dit au nom de Rav Its'hak : "Même la terre s'était corrompue car bien qu'elle fut ensemencée de blé, elle produisait des ronces."

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-> "Si l'homme se laisse entraîner par les attraits de ce monde et qu'il s'éloigne de son Créateur, il détériore sa propre personne et le monde entier.
Mais s'il se domine et s'attache à son Créateur, s'il utilise ce monde-ci comme une aide dans le service de D., il s'élève lui-même et le monde entier s'élève avec lui."
[Ram'hal - Messilat Yécharim]

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-> b'h, ce divré Torah, se poursuit ci-après : https://todahm.com/2020/07/21/14356-2

-> C'est ce que nos Sages appellent : "Din vé'Hechbon" (le jugement et le calcul) = c'est-à-dire que non seulement Hachem nous juge sur nos actions (din), mais Il fait également le calcul de toutes les influences et actions ou parts d'actions que nous avons provoquées dans le monde, dans notre génération ainsi que dans les générations futures ('hechbon).

=> Avec tout cela, nous réalisons la portée des mitsvot : quel que soit le degré de son accomplissement, son impact contribue à sanctifier le monde entier.
Inversement, quel immense gouffre ouvre chaque faute commise, amenant avec elle un lot de désolations qui se répandent ici-bas.
Ces empreintes, positives comme néfastes, déteignent sur tous les domaines de la Création, depuis les hommes, les animaux jusqu'aux végétaux, car l'existence tout entière est tributaire des actions humaines.

[après notre mort, nous verrons l'impact en bien ou en mal de nos actions sur d'autres juifs, sur le monde en général. Nous devrons par exemple rendre des comptes sur les prières que nous n'avons pas faites et qui auraient pu changer le cours de l'Histoire juive, ...]

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-> Le rav Yérou'ham Leibovitz (Chémini 9,23) écrit :
A la suite de la faute du Veau d'or, lorsqu'Aharon vit que la Présence Divine ne descendait pas, il en souffrit et n'accusa personne d'autre que lui, jusqu'à en éprouver de la honte, alors qu'en réalité, c'était le peuple qui avait fauté.

Il s'agit là d'un grand renforcement et d'une prise de conscience : lorsqu'un homme est confronté à une épreuve, il ne doit pas penser qu'il a pu fauter sans que personne ne l'ait vu, car Hachem l'observe constamment.
Il doit savoir que sa transgression peut causer un grand dommage, spirituel et matériel à tout le peuple, diminuer l'aide Divine qui protège chacun de la faute, et provoquer de nombreux malheurs et souffrances à tout le peuple.

[une personne "profite" sur le moment de sa faute, tandis qu'au final tout le peuple juif en paie le prix sans l'avoir accomplie et en avoir profité!
Tous les juifs sont liés les uns aux autres (le Ram'hal dit qu'il y a une partie de l'âme de chaque juif en chaque juif!). Ainsi, chacun de nos actes (même le plus simple) a un impact, sur tout le peuple juif vivant actuellement, à venir, et même les morts (qui sont jugés en fonction de leurs descendants).
Ainsi le destin de tout le peuple juif au travers toute l'Histoire est entre nos mains!]

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-> "Aime ton prochain comme toi-même : Je suis Hachem" (Kédochim 19,18)

Le rav El'hanan Wasserman explique :
A de nombreuses reprises, les notions de pureté et de sainteté sont évoquées dans la Torah.
Ces dernières sont source du bien, et ce sont elles qui permettent l'existence du monde.
A contrario, l'impureté est à l'origine du mal.

Lorsqu'un homme accomplit les mitsvot, il se purifie, et par là même augmente la sainteté ici-bas et permet au bien de s'y répandre.
Inversement, quand il commet un transgression, outre le fait qu'il devient impur, il accroît la force du mal et devient la cause d'un grand dommage dans le monde.

Celui qui aime son prochain, et aspire à lui procurer des bienfaits, accomplira toutes les mitsvot, y compris celles envers Hachem, et veillera à ne pas fauter : il sera ainsi source de bien pour le monde entier.

[cela donne un éclairage nouveau aux paroles de rabbi Akiva : "aime ton prochain comme toi-même : ceci est un principe fondamental de la Torah" ; ou bien de Rachi (guémara Shabbath 31) qui écrit que c'est sur cela que sont fondées la majorité des mitsvot (aimer son prochain comme soi-même).]

"La terre s'était corrompue devant Hachem, et elle s'était remplie d'iniquité" (Noa'h 6,11)

-> "La génération du Déluge ne s'emplit d'orgueil qu'à cause du grand bien que lui avait prodigué Hachem.
Qu'est-il dit à son sujet?
"Leurs maisons sont en paix, à l'abri de toute crainte" (Iyov 21,9) = c'est ce qui les incita à déclare à Hachem : "Laisse-nous, nous n'avons nulle envie de connaître Tes voies" (Iyov 21,14).

Ces hommes disaient : "Qu'avons-nous besoin de Lui, si ce n'est pour la pluie du ciel? Or, nous possédons des fleuves et des sources dont nous pouvons nous abreuver!"

Hachem déclara alors : "C'est par le bien que Je leur ai prodigué qu'ils provoquent Ma colère, et c'est par ce même bien que Je les punirai comme il est dit : "Voici, J'amènerai le Déluge d'eau" ; il est aussi dit : "Il mangera et il se rassasiera, et il se tournera vers d'autres divinités"."
[guémara Sanhédrin 108]

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-> Le rav Yaakov Neuman (Darké Moussar) explique que tout homme sensé et profondément croyant ne peut que se renforcer davantage dans son service du Créateur lorsqu'il se voit comblé par la Providence Divine.

Le 'Hovot haLévavot (chaar hakénia) énonce explicitement : "Lorsque Hachem prodigue à l'homme toutes sortes de biens en ce monde-ci, celui-ci se soumettra à Lui en vertu de sa gratitude : il se pliera devant D., de crainte que ces bienfaits ne deviennent prétexte à vengeance."

Et de fait, tel que le monde fut conçu à l'origine, aucune commodité ne devait être refusée à l'être humain, l'aisance n'étant elle-même nullement sujette à corrompre la vocation de l'homme sur terre.

-> Le rav Neuman ajoute suivante l'idée très importante :
"Celui qui apprend à ne pas laisser les bienfaits matériels porter atteinte à son rôle en ce monde, saura se soumettre à la volonté du Créateur, en vertu du devoir impérieux de reconnaissance auquel il est alors appelé.
Comme un cercle bénéfique, cette attitude devient ensuite elle-même une raison pour que Hachem le comble à nouveau de bienfaits.
[...]

A l'inverse, un homme peut devenir orgueilleux face à l'abondance de ses biens, et en venir à oublier qui se tient derrière cette profusion de bonté ...
C'est dans la mesure où l'homme refuse de reconnaître l'immense générosité du Créateur, qu'il se voit privé des avantages de ce monde.

Et si, le cas échéant, Hachem continue tout de même à faire preuve de bonté envers l'individu, celle-ci sera fatalement à son détriment, comme le suggère ce verset : "Il est un mal sous le soleil : c'est la richesse amassée pour le malheur de celui qui la possède" (Kohélét 5,12).

En conséquence du manque de discernement de cette génération, qui ne vit dans les bienfaits du Créateur qu'un prétexte pour s'enorgueillir davantage, Hachem les anéantit dans le flot des eaux du Déluge.

"Hachem bénit le 7e jour et Il le sanctifia" (Béréchit 2,3)

-> Le 'Hafets 'Haïm explique :
Combien absurdes sont ces hommes peu confiants en Hachem, qui tardent à faire entrer le Shabbath et qui s'empressent de le faire sortir!
La subsistance de l'homme, pendant les 6 jours de la semaine, est tributaire de la malédiction proférée à Adam : "A la sueur de ton front, tu mangeras ton pain".
Or seul le Shabbath ne fut pas concerné par cette malédiction, et Hachem en personne bénit ce jour et le sanctifia ...

Une personne avisée comprend qu'elle a tout intérêt à avancer l'entrée du Shabbath, afin de bénéficier au plus tôt de sa bénédiction ; elle tardera également à le faire sortir pour retarder le plus possible l'heure où resurgit la malédiction des 6 jours de la semaine.
Heureux qui mérite de percevoir les choses sous cet angle, et qui s'efforce de prolonger la période où règne la bénédiction Divine, qui imprègne toutes les personnes respectueuses du Shabbath.

"Hével apporta lui aussi les parties grasses des premiers-nés de son bétail. Hachem se montra favorables à Hével et à son offrande, mais vers Caïn et son offrande, Il ne se tourna pas.
Caïn en fut très courroucé et son visage fut abattu" (Béréchit 4,4-5)

-> Le 'Hatam Sofer observe que dès la Création du monde, la Torah vient nous enseigner les voies de Hachem.
=> Qu'a donc gagné Hévél du fait que son offrande fut agréée?
En effet, peu après, il fut tué par son frère Caïn, sans laisser d'enfants. En revanche, Caïn vécut durant 7 générations et eut des milliers de descendants qui construisirent des villes et des pays, comme l'affirment nos Sages dans le midrach (Chémot rabba 31,18).

Le 'Hatam Sofer répond qu'en réalité il ne faut pas tirer de conclusions quand nous voyons la réussite des réchaïm, car toute la descendance de Caïn fut détruite lors du Déluge, 1656 année plus tard, et il ne laissa aucune trace.

Quant à Hével, son âme (néchama) se réincarna dans son frère Chéth, 130 ans après son décès ; puis chez Noa'h, qui reconstruisit le monde après le Déluge, et enfin chez Moché.
Le 'Hatam Sofer fait remarquer que le mot : néchama (נְשָׁמָה) forme l'acrostiche de : 'Hével, Moché, Chéth et Noa'h.

=> Ceci vient nous apprendre la grande récompense réservée par Hachem aux tsadikim à un moment ou à un autre de l'histoire de l'humanité.

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+ "Hével offrit, de son côté, des premiers-nés de son bétail, de leurs parties grasses.
Hachem se montra favorable à Hével et à son offrande. Mais à Caïn et à son offrande, Il ne fut pas favorable (Béréchit 4,4-5)

=> Quelle est la différence entre Caïn et Hével?
Tous deux ont pourtant apporté une offrande à Hachem.

-> Le Yichma'h Moché explique que la différence entre eux se situe au niveau de la pensée.
Caïn jugeait qu'il était apte à apporter un cadeau au Roi des Rois, ce que le texte laisse entendre par les mots : "une offrande à Hachem".
Par contre, outre son offrande, Hével apporta également sa propre personne : "gam ou" (ici traduit par : "de son côté") = il comprit qu'il n'était pas à la hauteur d'offrir un cadeau à Hachem, il voulut lui aussi Lui apporter tout ce qu'il pouvait, néanmoins, il ne pensa pas un instant que cela était considéré comme une offrande pour D. et c'est justement pourquoi elle fut agréée, contrairement à celle de Caïn.

"D. fit le firmament et sépara les eaux qui sont en dessus du firmament de celles qui sont en dessous" (Béréchit 1,7)

-> Rabbénou Bé'hayé (Vayikra 2,13) dit que lorsque le monde a été initialement créé, il n'y avait qu'une seule entité d'eau, et Hachem l'a divisée en 2 entités : les eaux supérieures et les eaux inférieures.
Les eaux inférieures ont alors pleuré car elles étaient ainsi séparées, éloignées de la Présence Divine, qui est en-Haut.
Hachem les a apaisées en disant qu'elles seront utilisées pour la mitsva de libation des eaux (nissou'h hamayim), et que le sel des sacrifices (korbanot) sera pris d'elles.

-> Le rav Aharon Leib Steinman s'étonne : Comment cette promesse faite aux eaux inférieures pour les libations a-t-elle pu les satisfaire?
En effet, ces libations n'avaient lieu que pendant la fête de Souccot, et uniquement lorsque le Temple existait, alors que les eaux supérieures bénéficient de façon permanente de la proximité de Hachem?

Le rav Steinman répond que même si effectivement, celle-ci sont constamment proches de Hachem, elles ne Le servent cependant pas. Tandis que les eaux inférieures, bien que n'étant pas proches de Lui, participent elles à la mitsva que les juifs réalisaient lors des libations, et au service Divin dans le Temple.
Ceci constitue pour nous un grand enseignement : nous vivons dans un monde riche en mitsvot, et ce n'est que par elles qu'il nous est possible de nous rapprocher de Hachem.

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-> "Sur les rives des fleuves de Babylone, là nous nous assîmes, et nous avons aussi pleuré au souvenir de Sion" (al naarot Bavél ... - Téhilim 137,1)

=> Pourquoi est-ce que les juifs pleuraient particulièrement près des fleuves?

Le 'Hout haMéchoulach explique que lorsque le Temple a été détruit, les eaux inférieures ont pleuré de nouveau, car les mitsvot avec lesquelles elles ont été apaisées ne se faisaient plus.
Le verset : "gam ba'hinou" (nous aussi avons pleuré) = Israël a pleuré avec les eaux lorsque le Temple a été détruit.
Les 2 ont pleuré pour la même raison : ils étaient alors distanciés de la Présence Divine.

-> Lorsque les eaux furent séparées, les eaux d’en-bas ont commencé à pleurer.
Chacune disait : "Je veux être devant le Roi!"
[Tikouné Zohar (5,19b)]

-> "Tout celui qui n’a pas vu la joie de Beit haChoéva (fête de la libation des eaux à Souccot), de toute sa vie, n'a jamais vu une véritable joie" (guémara Soucca 53a)

Nous comprenons ainsi la signification de la libation des eaux : de même que le peuple juif a pleuré sur la destruction du Temple ensemble avec l'eau, de même à l'époque de la présence du Temple, le peuple juif se réjouissait ensemble avec l'eau.
L'eau était heureuse d'être amenée sur l'autel (mizbéa'h), proche de la Présence Divine, et le peuple juif était joyeux d'être proche de la Présence Divine dans le Temple.

[il n'y a pas de plus grande joie authentique que d'être proche de Hachem, que de voir son intériorité (âme) être proche de sa source, de son papa Hachem!]

[Baré'h Moché]

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-> "Sur les rives des fleuves de Babylone, là nous nous assîmes, et nous pleurâmes au souvenir de Sion" (Téhilim 137,1)

Le rav Yé'hiel Spéro dit que selon nos Sages, si nous aurions versé rien qu’une seule larme, le Temple n’aurait pas été détruit.
Ainsi, "Sur les rives des fleuves de Babylone, là nous nous assîmes" = pourquoi cela? ; car "nous pleurâmes au souvenir de Sion" = nous n'avons pas pleuré auparavant.

Les eaux inférieures se sont mises à pleurer avec pour objectif : créer davantage de proximité avec D.

[certes dans la Création du monde, elles devaient être séparées des eaux inférieures, mais elles n'acceptaient pas de perdre leur état de proximité avec Hachem. Les juifs auraient dû faire de même avec la perte imminente du Temple.]

=> Nous apprenons de là, que nos larmes (qui sont de l'eau salées à l'image des eaux inférieures) doivent avoir cette même finalité.
En effet, elles ne doivent pas être gaspillées. On ne pleure pas pour s’apitoyer sur notre sort, on pleure, car c’est le langage de de notre âme, du plus profond de nous même, exprimant notre désir intense de vivre au plus proche de D.

[on apprend aussi le pouvoir phénoménal des larmes, à l'image des eaux inférieures qui ont eu gain de cause, et même bien plus : en étant proche de D. d'une manière active par les juifs, les enfants de Hachem!]

[ b'h, par exemple cette idée est développée dans le contexte de la reconstruction du Temple : https://todahm.com/2018/08/08/les-larmes ]

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-> b'h, autre divré Torah en lien avec ce verset : https://todahm.com/2018/12/08/7590-2