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"Moché est venu avec Hochéa, fils de Noun, déclarer toutes les paroles de ce cantique au peuple" (Haazinou 32,44)

Après avoir prononcé le cantique de Haazinou, la Torah rapporte le verset ci-dessus, et nos commentateurs s'interrogent sur le fait qu'ici Yéhochoua est appelé Hochéa, contrairement aux autres endroits où la Torah le nomme par le nom que lui a donné Moché (cf. Chéla'h Lé'ha 13,16), à savoir Yéhochoua
=> Pourquoi cela?

-> Selon Rachi, la raison est :
Pour signaler que son esprit ne s’est pas enorgueilli et que, malgré la grandeur qui lui a été conférée (ce jour-là était le jour où allait se réaliser la transition du pouvoir de Moché à Yéhochoua), il est resté aussi humble que par le passé (au moment de son changement de nom, lorsque encore rien de particulier ne le distinguait des autres).

-> Seul les dirigeants savaient que Moché avait changé le nom de Hochéa : la Torah emploie donc ici le nom sous lequel la masse du peuple le connaissait.
[Ibn Ezra]

-> Moché avait donné ce nom à Yéhochoua pour l'honorer et l'élever, mais lorsque la Torah évoque sa présence à côté de son maître, elle évite de lui donner son titre.
[Ohr ha'Haïm]

-> Le nom que lui a donné Moché était une prière pour le protéger des explorateurs, mais à présent que toute cette génération s'est éteinte, il n'en a plus besoin.
[Kli Yakar]

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-> Le 'Hatam Sofer explique que Moché nomma son élève Yéhochoua, au lieu de Hochéa, avant d'envoyer les explorateurs en terre d'Israël. Par ce changement de nom, il pria pour qu'Hachem aide son disciple à ne pas se laisser influencer par le complot des explorateurs.

Ainsi par ce nom, Moché signifiait que Yéhochoua avait besoin d'une aide Divine particulière pour rester dans le droit chemin, c'est-à-dire qu'il ne pourrait pas rester un tsadik de lui-même, par ses propres forces.
Or, quand en ce jour, Yéhochoua s'éleva et devint le chef d'Israël à la place de Moché, cette élévation lui permit de se remplir de nouvelles forces. A présent, il pourra rester un homme droit et tsadik par ses propres moyens, sans avoir encore besoin de compter sur une aide Divine particulière, lui provenant de la prière de Moché qui l'appela ''Yéhochoua''.

C'est pourquoi, à présent, la Torah le nomme ''Hochéa'', son nom d'origine, qu'il portait avant que Moché ne lui change son nom en Yéhochoua pour exprimer la prière qu'il formula pour qu'Hachem lui vienne en aide.
En effet, à présent qu'il s'est élevé au rang de chef d'Israël, il détient désormais les forces personnelles pour servir Hachem de lui-même, sans avoir besoin de compter sur une aide supplémentaire

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-> Le 'Hanoukat haTorah rapporte le midrach qui dit que quand Hachem changea le nom de Saraï en Sarah, la lettre Youd qui se trouvait à la fin du nom de Saraï, se présenta devant Hachem pour se plaindre du fait qu'elle a été retirée de son nom.
Alors Hachem la consola en lui disant que viendra le jour où elle retrouvera une place d'honneur. Et en effet, quand Moché changea le nom de son disciple de Hochéa en Yéhochoua, il lui ajouta la lettre Youd au début de son nom.
Il s'agissait justement de la lettre Youd de Saraï, qui lui a été ôtée, et qui venait à présent d'être ajoutée à Yéhochoua.
Ainsi, la promesse qui lui a été faite venait de se réaliser.

Or, notre matriarche reçut le nom de Sarah (à la place de Saraï) quand elle avait 89 ans. Et elle vécut 127 ans.
Ainsi, la lettre Youd fut enlevée de son nom et resta en suspends pendant une période de 38 ans.
Cette lettre devait donc rattraper ce temps en étant ajoutée au nom de Yéhochoua, pendant ce même nombre d'années.
Or, Moché ajouta la lettre Youd au nom de son disciple pour le nommer Yéhochoua, avant d'envoyer les explorateurs, la 2e année après la sortie d'Egypte.

=> Désormais, la 40e année après la sortie d'Egypte, 38 ans après l'ajout de la lettre Youd à Yéhochoua se sont achevés.
A présent que cette lettre Youd a fini de recevoir son entière compensation, Yéhochoua dût restituer cette lettre et il fut rappelé de nouveau par son nom d'origine Hochéa.

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-> Le Maharcha rapporte l'enseignement de nos Sages qui dit qu'une fois entré en terre sainte, Yéhochoua aurait dû prier pour supprimer le penchant pour l'idolâtrie. S'il avait prononcé cette prière, ce penchant aurait disparu et le peuple aurait cessé de s'adonner à l'idolâtrie.
Même si Moché ne pouvait pas faire une telle prière, car il ne bénéficiait pas du mérite de la terre sainte, où il n'était pas entré, malgré tout, Yéhochoua, qui bénéficiait du mérite de la terre sainte, aurait pu prier pour supprimer le penchant à l'idolâtrie, et il aurait réussi à le faire.
=> Puisqu'il ne prononça pas cette prière, il fut puni et la Torah lui ôta la lettre Youd de son nom pour l'appeler seulement Hochéa.

Le Pné David ajoute que c'est la lettre Youd de son nom qui lui fut ôtée, car c'est cette lettre qui lui a été ajoutée par Moché pour qu'il ne médise pas de la terre sainte, symbolise donc justement le mérite de la terre d'Israël.
Puisqu'il ne profita pas de ce mérite pour prier pour supprimer le penchant à l'idolâtrie, c'est pourquoi il perdit cette lettre.
Cette punition lui fut donnée lors du récit du cantique de Haazinou, car ce poème évoque les punitions qui s'abattront sur les juifs s'ils s'adonnent à l'idolâtrie.
Ainsi, Yéhochoua en est un peu responsable. Il aurait pu éviter cela s'il avait prié pour supprimer ce penchant.

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-> "Moché appela Hochea bin Noun Yéhochoua" (Chéla Lé'ha 13,16)

Pour dire : que Hachem te sauve (yéhochiakha) de l’emprise des explorateurs.

Quand Yéhochoua a été envoyé pour explorer le pays, il avait déjà dépassé la moitié de sa vie, or nos Sages (guémara Yoma 38b) ont dit : "si la moitié de la vie de quelqu’un est passée sans qu’il ait fauté, il ne fautera plus".
Par conséquent, pourquoi Moché a-t-il eu besoin de prier pour que Yéhochoua soit sauvé de l’emprise des explorateurs et ne pèche pas avec eux, puisque la moitié de sa vie étant passée sans faute, il lui était promis de ne pas fauter à l’avenir?

Le livre "Gan Ravé" répond à cela en fonction de ce que dit la guémara (Taanit 3a): les gens qui meurent avant leur temps, dans le Ciel on donne les années qui leur restaient à un talmid ‘hakham qui est pauvre et se montre compatissant.
Quand Moché a vu la modestie de Yéhochoua, il a craint que la moitié de sa vie ne soit pas encore passée, car il était possible qu’on lui ajoute du Ciel encore de longues années, provenant de ceux qui étaient morts avant leur temps.
C’est pourquoi il a dû lui ajouter la lettre youd et prier pour qu’il soit sauvé de l’emprise des explorateurs.

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-> b'h, voir le 1°/ de : https://todahm.com/2020/07/20/questions-reponses-paracha-chelah-leha

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-> "La seule exception sera Kalev, fils de Yéfouné. Puisqu'il a suivi D. de tout son cœur, non seulement il la verra mais Je lui donnerai, à lui et à ses descendants, le sol qu'il a foulé" (Dévarim 1,36)

-> Le Méam Loez écrit :
Il s'agit de la bonne région située autour de 'Hevron, comme il est écrit : "Ils montèrent vers le Néguev et arrivèrent à 'Hévron" (Bamidbar 13,22).
Hachem a employé ici une double expression : "il la verra et Je lui donnerai ... le sol". Si la terre lui était donnée, n'est-il pas évident qu'il la verrait?
Cela nous enseigne que Kalev possédait 2 mérites : celui de voir le pays de ses propres yeux, et celui d'y recevoir une part et d'avoir des enfants qui en hériteraient. Yéhochoua, par contre, n'a pas eu d'enfants.

La Torah nous donne la raison de la récompense de Kalev : "parce qu'il a suivi D. de tout son cœur".
Inquiet du complot des explorateurs, Kalev a prié sur la tombe des Patriarches de ne pas s'y laisser entraîner. Il a donc mérité d'avoir des enfants qui hériteraient de sa part. Il n'en a pas été ainsi de Yéhochoua, car Moché avait prié pour lui : "Que D. te sauve du plan des explorateurs".
Yéhochoua a donc mérité d'entrer en terre sainte mais n'a pas transmis son patrimoine à ses enfants.

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-> Le Méam Loez (Dévarim 1,37) enseigne :
Moché a commis une faute : comme il l'avait fait pour Yéhochoua, il aurait dû prier que les explorateurs ne diffament pas la terre sainte. Hachem se montre exigeant envers les tsadikim.
Pourtant, il n'a pas voulu châtier Moché de n'avoir pas prié pour ne pas qu'on le soupçonne d'avoir participé au complot des explorateurs.
Hachem a donc attendu que Moché qualité les Bné Israël [au moment de l'épisode où il a frappé le rocher] de : "rebelles" ('Houkat 20,10).
A ce moment-là, Moché fut puni pour la faute des explorateurs ; l'entrée en terre sainte lui a été interdite.

"Et toute la grande peur que Moché accomplit aux yeux de tout Israël" (Vézot haBéra'ha 34,12)

-> Lorsque nous terminons la lecture annuelle de la Torah à Sim'ha Torah, nous commençons dans la foulée la lecture de la 1ere paracha : Béréchit, pour indiquer qu'il n'y a pas de fin à la Torah.
Ainsi, le dernier verset de la Torah a dans sa continuité immédiate le 1er verset de la Torah.

Le Beit Israël (rabbi Israël Alter) donne l'enseignement suivant.
Lorsque nous sommes vigilant à ce que l'on regarde, et que l'on fait une bonne utilisation de ce cadeau de la vision, alors nous pouvons commencer à reconnaître la grandeur du Créateur, et les multitudes de merveilles du monde.
Grace à cela nous pouvons atteindre un niveau supérieur dans notre service Divin.

En réalité, cela est en allusion dans le dernier et le 1er verset de la Torah.
- "Et toute la grande peur [du Ciel] que Moché accomplit/instilla"
=> Comment a-t-il fait cela?

- "aux yeux de tout Israël" = par les yeux des Bnei Israël, par le fait qu'ils ont gardé ce qu'ils observaient en s'assurant de ne jamais regarder quelque chose de nuisible à leur spiritualité.

- Cela a permis qu'il puisse pleinement prendre conscience que : "Au commencement de la Création Hachem a créé les cieux et la terre [avec toutes ses merveilles]" (béréchit bara élokim ét achamayim véet aarets).

=> Il en résulte de cela que : protéger ses yeux des impuretés nous permet de pleinement reconnaître les merveilles de ce monde, et d'ainsi acquérir un niveau supérieur dans notre service d'Hachem.

"La corruption n'est pas Son fait, c'est le vice des enfants" (Haazinou 32,5)

-> Lorsqu'ils [les enfants d'Israël] agissent de façon corrompue contre Lui, c'est leur propre vice, [car ils ne sont] plus [appelés] Ses enfants ; en revanche, lorsqu'ils accomplissent Sa volonté, Hachem les appelle affectueusement "Mes enfants".
[Ohr ha'Haïm hakadoch]

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-> Le 'Hafets 'Haïm donne un autre enseignement :
"Les actions des parents sont un signe pour les enfants" (maassé avot siman labanim).
Si une personne décide de s'égarer légèrement du chemin de la Torah et des mitsvot (ex : en considérant certaines mitsvot à la légère), alors son enfant va s'éloigner d'une manière plus importante, méprisant davantage la Torah et agissant d'une plus mauvaise manière.

Le verset se comprend ainsi :
- "La corruption n'est pas Son fait" = si le père ne s'éloigne que légèrement du chemin de la Vérité, alors il n'a pas atteint un niveau où il devient totalement corrompu, car il n'a pas fauté d'une manière trop importante.

- cependant : "c'est le vice des enfants" = cela va devenir un grand handicap en atteignant ses enfants, car leur chemin de corruption sera plus important, et au final, cela peut affecter et corrompre les générations suivantes.

[le risque de devenir plus léger dans notre accomplissement des mitsvot, est qu'au final un de nos descendants va totalement s'écarter du chemin de la Torah et des mitsvot.]

"Meurs sur la montagne sur laquelle tu montes et rejoins ton peuple, comme Aharon ton frère est mort sur le mont Hor, et a rejoint son peuple" (Haazinou 32,50)

-> Hachem dit à Moché de monter sur la montagne où il mourra et rejoindra son peuple, de la même façon que Aharon, son frère, a pu mourir et rejoindre son peuple.

=> Comment comprendre cette notion de "rejoindre son peuple" répétée pour Moché et Aharon?

Rabbi 'Haïm Elazar Shapiro (le Min’hat El'azar) fait l'enseignement suivant.
Le jour de la semaine où tombe l'anniversaire de mort de Aharon (roch 'Hodech Av) est le même que le jour de la semaine où nous accueillons comme invité (ouchpizin) Aharon, le 5e jour de Souccot.

De même, Moché est l'invité dans la Soucca le 4e jour de Succot, qui est toujours le même jour de la semaine que celui où tombe son anniversaire de mort (7 Adar).

On retrouve cela dans le verset :
- "tu montes" = Moché va mourir le 7 Adar ;
- "rejoins ton peuple" (vééassef et amé'ha) = et le Souccot ('hag ha'assif) suivant, il va rejoindre son peuple, le même jour de la semaine que celui de sa mort, lorsqu'il nous rejoint en tant qu'invité dans notre Soucca ;
- "de la même façon que Aharon, son frère, a pu mourir et rejoindre son peuple" = de même le jour où Aharon est l'invité dans la Soucca, est le même jour de la semaine que celui de sa mort.

"Hachem descendit voir la ville et la tour qu'avaient construites les hommes" (Noa'h 11,5)

=> Pourquoi la Torah ne dit-elle pas qu'Hachem descendit voir les hommes, plutôt que la ville?

En réalité, cette génération (qui construisit la tour de Bavel) recherchait à éloigner la Présence d'Hachem de là où ils vivaient. Ils préféraient vivre dans l'obscurité, sans Hachem. Ils désiraient le retrait de la Providence Divine.
Ainsi, quand Hachem ''descendit'' voir la ville, c'est-à-dire qu'Il se dévoila justement dans le lieu où ils vivaient, alors ils en furent perturbés.
Telle était leur sanction, de constater le dévoilement de la Présence Divine, mesure pour mesure, pour avoir cherché son retrait.
['Hidouché Harim]

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[d'une certaine façon après notre mort, toute la Vérité sera claire devant nos yeux, et nous nous rendrons compte d'à quel point nous avons préféré dissimuler Hachem pour mieux faire notre volonté. Cela sera la pire punition : ce sentiment de honte éternelle et de regrets (si seulement j'avais ... alors j'aurai pu avoir tellement pour mon éternité. Quel gâchis! Quel dommage!).
Ainsi, n'oublions jamais le jour de notre mort où aura lieu un "dévoilement de la Présence Divine" (après l'obscurité de ce monde), et que b'h cette rencontre puisse être la plus belle possible pour toujours. Amen!]

"Une personne qui fautera et entendra la voix d'un serment" (Vayikra 5,1)

-> Le terme "Ala" (אלה), qui signifie ici : "serment", peut aussi avoir dans la Torah le sens de "malédiction".
Ce verset vient alors faire allusion que si quelqu'un entend une malédiction ou une insulte à son encontre, il doit savoir que cela est dû au fait qu'il a commis une faute qui lui a causé cela.
C'est parce qu'"il fautera", qu'"il entendra" l'insulte. Ainsi, au lieu de s'énerver ou encore de se déprimer
suite à cette insulte, il devrait plutôt réfléchir à ses actions et corriger ce qui doit l'être.
[Beit Its'hak]

"Il (Nimrod) était un courageux chasseur devant Hachem" (Noa'h 10,9)

Le Ibn Ezra dit que Nimrod chassait pour apporter des sacrifices devant Hachem.
=> Puisque selon la tradition, Nimrod était un racha, comment l'explication du Ibn Ezra peut-elle se comprendre?

En réalité, même les sacrifices que Nimrod offrait étaient une expression de sa perversité. En effet, Nimrod savait que dans le futur, des hommes Justes (tsadikim) allaient apporter des offrandes à Hachem. Ainsi, il voulait diminuer et affaiblir leur mérite en apportant lui aussi des sacrifices. Car ainsi, on pourra dire : Qu'y a-t-il de si extraordinaire d'apporter des sacrifices à Hachem? Même Nimrod en apportait lui aussi!
Son but était ainsi d'atténuer la valeur des sacrifices que les tsadikim offriront plus tard.
['Hidouché haRim]

-> "Noa'h fut homme Juste et intègre (tsadik tamim) dans ses générations" (1er verset de la paracha - Noa'h 6,9)

-> "Hachem dit à Noa'h : "J'ai vu que tu es Juste (tsadik) devant Moi dans cette génération" (Noa'h 7,1)

=> Pourquoi la qualité d'intègre n'est-elle plus mentionnée dans ce verset?

-> Rachi explique que quand on veut dire des louanges sur une personne, il convient de dire toutes ses louanges en son absence, mais en sa présence, on se contentera de n'en dire qu'une partie, pour ne pas risquer d'éveiller son orgueil ni de risquer de le gêner.
Le Na'halat Yaakov ajoute que dire toutes les vertus d'un homme devant lui risque aussi de s'apparenter à de la flatterie.
Ainsi, quand la Torah décrit Noa'h en tant que narration, sans s'adresser à lui, elle le qualifie d'homme Juste et intègre. Elle mentionne ainsi toutes ses louanges. Mais quand Hachem lui parle directement, Il mentionne devant lui qu'une partie de ses qualités, le fait qu'il soit Juste, mais pas le fait qu'il soit intègre.

-> Le rav Its'hak Kara fait remarquer que Noa'h a connu 2 générations : celle du déluge et celle de la tour de Bavél.
La génération du déluge était dépravée au niveau des moeurs. Noa'h, qui a su se séparer de leurs comportements et rester pur, mérite d'être qualifié de Juste (Tsadik), titre que l'on donne à celui qui résiste aux tentations de débauche, à l'image de Yossef haTsadik (le Juste).
En revanche, la génération de la tour de Bavél s'est révoltée contre Hachem. Leur faute touchait plutôt la foi. Et Noa'h a su, là-aussi, se montrer "intègre", entier dans sa foi.
=> Ainsi, au début de la paracha, Noa'h est décrit comme "un homme Juste et intègres dans ses générations" = Ces 2 qualités correspondent aux 2 générations qu'il a connues.
Mais, quand Hachem parle à Noa'h, avant d'envoyer le déluge, Il lui dit : "J'ai vu que tu es Juste devant Moi dans cette génération", celle du déluge. Et par rapport à cette génération, il était Juste (et non intègre, qui évoquait la génération de la tour de Bavél).

-> Le 'Hatam Sofer rapporte que le terme "intègre" évoque l'humilité, selon l'adage de nos Sages : "Celui qui est
orgueilleux porte un défaut". Inversement, celui qui est humble ne porte donc pas de défaut et est intègre.
Au départ Noa'h n'osait pas s'approcher des gens de sa génération. Il préférait s'éloigner d'eux, de peur d'en être influencé. Cette certaine modestie lui a valu le titre de "intègre".
Mais ensuite, avant d'envoyer le Déluge, Hachem lui enjoignit de construire une arche. Le but était d'éveiller l'étonnement de sa génération, de sorte qu'il puisse leur expliquer qu'Hachem va détruire le monde s'ils ne se repentent pas. Ainsi, Noa'h devait s'armer de courage pour parler aux réchaïm et tenter de les rapprocher du repentir. Dès lors, cette "intégrité", qui exprimait une certaine forme de modestie, ne lui correspondait plus.
Ainsi, Hachem ne le qualifiait donc plus que de Juste et non d'intègre. Mais cela n'était pas un manque pour lui, car quand la modestie empêche de rapprocher le monde de la Torah, elle n'est pas bien placée.
C'était donc une qualité pour Noa'h de pouvoir à présent se confronter à sa génération pour les réprimander. Dans ce contexte, on ne doit pas rechercher la modestie mais le courage.

-> Le Oznaïm laTorah explique que Noa'h était certes de par lui-même Juste et intègre. Il avait ces 2 qualités. Mais, quand Hachem lui dit : "J'ai vu que tu es Juste devant Moi", Il veut montrer le décalage entre lui et sa génération. En effet, pour mériter d'être sauvé du Déluge, il aurait fallu que sa génération se corrige et devienne Juste. Cela aurait suffi pour les sauver. Hachem n'attendait pas d'eux qu'ils soient en plus intègre, qualité de piété plus grande que Juste.
Ainsi, Hachem veut ici lui dire que si lui sera sauvé, c'est du moins parce que "J'ai vu que tu es Juste". Et puisqu'il était le seul à avoir cette qualité, il sera (avec sa famille) le seul à être sauvé. Mais parmi les autres personnes de sa génération, personne d'autre n'a réussi à être Juste. Ils seront donc anéantis. Car Hachem attendait uniquement qu'ils soient Justes, et n'exigeait pas d'eux qu'ils soient en plus intègre.
Et même en cela, ils ont échoués. Seul Noa'h a réussi à être Juste, qualité suffisante pour être sauvé. Néanmoins, quant à lui, Noa'h a encore plus réussi dans sa tâche et il a atteint un niveau supérieur que celui qu'il devait atteindre pour être sauvé. Car en plus d'être Juste, il était aussi intègre.

"Vous vous tenez aujourd'hui, vous tous, devant Hachem votre D." (Nitsavim 30,9)

-> Le Sfat Emet explique que Moché disait au peuple juif : "vous vous tenez devant Hachem, et moi je ne peux pas m'y tenir, car vous êtes tous des baalé téchouva, et : "Les tsadikim parfaits ne peuvent se tenir là où se tiennent les repentis (baalé téchouva)" (guémara Béra’hot 34b).

=> lorsque quelqu'un fait téchouva, il atteint des niveaux supérieurs aux plus grands tsadikim.

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-> Nos Sages (guémara Roch Hachana 16b) enseignent qu’à Roch Hachana 3 livres sont ouverts : celui des tsadikim, celui des réchaïm, et celui des personnes moyennes (bénonim).

Le Likouté Maharil demande : pourquoi doit-il exister spécialement un livre pour les bénonim?
S'ils font téchouva, alors ils doivent être inscrits dans le livre des tsadikim, et s'ils ne font pas téchouva, alors ils doivent être inscrits dans le libre des réchaïm.
=> Pourquoi doivent-ils avoir leur propre livre?

Le Likouté Maharil répond que si les bénonim se repentent, ils deviennent plus importants que les tsadikim, et c'est pour cela qu'ils sont écrits séparément.
Ils sont inscrits dans le livre des bénonim en tant que baalé téchouva, ce qui est un plus grand honneur que d'être inscrits dans le livre des tsadikim.

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-> Le Toldot Yaakov Yossef explique que notre inscription dans le livre des tsadikim ou des réchaïm n'est pas basée sur le passé, mais plutôt sur nos plans actuels pour l'année à venir.
Quoiqu'on a pu faire de notre année passée, si à Roch Hachana nous exprimons à Hachem un sincère ambition de tendre autant que possible vers le tsadik qui est en nous, alors nous serons inscrit dans le livre des tsadikim.
=> Nous ne devons pas avoir de complexes, car le Jugement n'est pas sur ce que l'on a été, mais plutôt sur ce que nous voulons être.
Ainsi, plus nous développons notre envie de grandir Hachem par nos belles actions pendant l'année à venir, plus Hachem les comptant pour déjà parfaitement réalisées, nous considérera à Roch Hachana comme un incroyable tsadik.

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-> Le mot "ouv'hen" (ובכן) est répété à plusieurs reprises dans la Amida de Roch Hachana et de Kippour.
Le Aboudraham écrit que ce mot provient du verset : "et ainsi je me présenterai au roi" (ouv'hen avo el amélé'h - Esther 4,16).
Le rabbi Yéhochoua de Belz dit que la leçon principale provient de la suite de ce verset : "et ainsi je me présenterai au roi, de façon non convenable (acher lo kadat)".

A Roch Hachana et à Kippour, nous disons "ouv'hen" (ובכן) pour signifier : "Je vais me présenter au Roi bien que je ne le mérite pas" en raison de mes nombreuses fautes, car à Roch Hachana et à Yom Kippour Hachem prend dans "Ses bras" tous ceux qui font téchouva.

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-> Dans le moussaf de Roch Hachana, nous disons : "ki ata choméa (שומע) kol Shofar oumaazin (מאזין) troua vé'en domé la'h" (car Tu entends le son du Shofar et Tu écoutes le téroua, et il n'y a rien pas comme toi).
=> On remarque l'utilisation de 2 mots pour une même notion. Pourquoi cela?

Le Pri Mégadim (592,1) écrit : "maazin" est le fait d'écouter de près, tandis que "choméa" est le fait d'écouter de loin.

Le "kol Shofar" (son du Shofar), est un son régulier de tékiya, et il représente les tsadikim parfaits qui ne tombent pas. [tout est constamment parfait chez eux!]
La téroua qui est un son agité, représente les personnes qui luttent contre leur yétser ara.
Parfois ils agissent bien, et parfois mal.
Hachem est proche de ceux qui combattent. C'est pourquoi, pour la téroua, s'appliquant aux gens qui ont des hauts et des bas, il est employé : Hachem les écoute de près (maazin téroua).

Cependant, en comparaison d'eux, Hachem écoute les tsadikim de loin (choméa kol Shofar).
En effet : "Les tsadikim parfaits ne peuvent se tenir où se tiennent les repentis (baalé téchouva)" (guémara Béra’hot 34b).

Cette bénédiction du moussaf de Roch Hachana se termine par : vé'en domé la'h" (il n'y a rien comme Toi).
En effet, personne n'est comparable à Hachem qui désire les personnes imparfaites.
Un roi humain qui veut nommer un ministre va rechercher la personne qui sera la plus adaptée pour cette tâche.
Hachem est Unique, puisqu'il a plaisir des juifs imparfaits qui Le servent.

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-> Hachem se réjouit [énormément] lorsque nous nous renforçons pour faire Sa volonté.
[Yessod véChorech haAvoda]

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=> Pourquoi la paracha de Nitsavim est-elle lue habituellement le Shabbath qui précède Roch Hachana?

-> La guémara [Méguila 31b] enseigne : "Ezra a instauré que les juifs lisent les malédictions du Torat Cohanim (de la paracha de Bé’houkotaï) avant Atséret (Shavouot), et celles du Michné Torah (de la paracha de Ki Tavo) avant Roch Hachana. Pourquoi? ... Afin que l’année se termine avec ses malédictions (ceci expliquant pourquoi nos Sages n’ont pas plutôt instauré de lire la paracha de Béréchit le premier Shabbath de l’année – voir Maharcha)" [et "que l’année commence avec ses bénédictions" – Prière du premier soir de Roch Hachana].
(A noter que la lecture des malédictions de Ki Tavo, avant Roch Hachana, réveillent les juifs à la téchouva, opérant ainsi une purification de leur âme, réceptacle de la Présence Divine, nécessaire pour recevoir la lumière de la nouvelle année, source de la vitalité de tous les jours – Likouté Si’hot).

Tossefot précise que l’on insère la paracha de Nitsavim entre Ki Tavo et Roch Hachana (au même titre que l’on insère la paracha de Bamidbar entre Bé’houkotaï et Chavouot), afin de ne pas trop rapprocher les malédictions du "jour du jugement", car dans un tel cas, on "ouvrirait la bouche" au Satan pour qu’il nous accuse [voir Choul’han Aroukh Ora’h ‘Haïm 428,4].

-> Les malédictions de "Ki Tavo" se réfèrent aux "châtiments" de l’exil du Second Temple (tandis que celles de "Bé’houkotaï" correspondent aux «châtiments» de l’Exil du Premier Temple - Ramban).
En ce sens, elles doivent être lues avant Roch Hachana (moment propice à la Délivrance finale annoncée au Son du Chofar), car les Juifs seront délivrés par l’intermédiaire de la Téchouva, comme indiqué dans la paracha de Nitsavim : "Et tu retourneras" (VéChavta - ושְַׁבתְ) vers Hachem, ton D., ... Hachem, ton D., te prenant en pitié (VéChav - ושְָׁב), mettra un terme à ton exil" (Dévarim 30,2-3) [Maharcha].

"Tu reviendras jusqu'à Hachem, ton D., tu écouteras a voix, selon tout ce que je t'ordonne aujourd'hui" (Nitsavim 30,2)

-> Nous devons voir nos fautes pour faire téchouva, et nous devons faire téchouva pour voir nos fautes.
Ainsi, par où est-ce que cela commence?

Le Baal Chem Tov explique que la téchouva est un acte de bonté de Hachem.
Chaque jour un voix Céleste (bat kol) se lamente en nous implorant tous de faire téchouva.
Mais malgré le fait qu'aucun de nous n'entende réellement le son de cette bat kol, notre âme l'entend.
Notre âme ressent cet appel à la spiritualité, et désire se rapprocher de Hachem.

Le plus une personne se branche à sa néchama, son essence spirituelle, le plus rapidement elle se branchera à cette bat kol.
Ainsi, lorsqu'une personne se stimule et s'implique dans des actions spirituelles (ex: téchouva, téfila et tsédaka), alors le plus rapidement Hachem va initier et mettre en place un processus de téchouva.

[ainsi : "Tu reviendras jusqu'à Hachem, ton D." => alors : "tu écouteras a voix" (cette bat kol)]

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-> "Tu reviendras jusqu'à Hachem, ton D."
Selon le rav Avraham Blumenkrantz : On doit revenir "jusqu'à Hachem" = on doit faire téchouva jusqu'à ce que Hachem devienne "ton D."
Lorsque nous ressentons un lien spécial avec Hachem, alors nous savons que nous sommes sur le chemin vers une bonne téchouva.

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"Et tu reviendras et tu écouteras la Voix d'Hachem" (Nitsavim 30,8)

-> Quelques versets plus haut (Nitsavim 30,2), la Torah a déjà dit : "Tu reviendras jusqu'à Hachem ton D."
Ainsi, pourquoi le Torah redit dans notre verset : "Tu reviendras"? N'est-il pas déjà précisé que tu es revenu?

En fait, quand quelqu'un a fauté, il n'est pas encore vraiment capable de mesurer la gravité de sa faute. Malgré tout, il pourra se repentir en regrettant d'avoir transgressé la Parole d'Hachem et en décidant d'abandonner sa faute.
Mais, quand il se sera repenti, quand il se sera séparé du péché, il prendra alors plus clairement conscience de la gravité de son acte passé. C'est alors qu'il cherchera de nouveau à se repentir et ne se contentera pas de son premier retour, car alors il ne savait pas véritablement l'ampleur de son acte.
Et plus le temps passera, plus il réalisera la gravité de ce qu'il avait fait, et plus il voudra encore plus se repentir.
[Tiféret Chlomo]