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"Il conserve sa faveur à la millième génération" (Ki Tissa 34,7)

-> Le Sforno explique que Hachem prend les bonnes actions qu'une personne fait et les utilise pour aider les enfants et les petits-enfants, et ce même de nombreuses années plus tard.
Il est évident que chacun est récompensé pour ses propres actions, mais Hachem est tellement rempli de bonté qu'Il utilise également nos actions au bénéfice de nos descendants.

[à chaque action (même la plus simple), et à plus forte raison dans une épreuve difficile dans laquelle nous restons fidèle à Hachem, nous devons avoir à l'esprit que nous laissons un super héritage à notre descendance.
Certes nous bénéficierons personnellement de l'énorme récompense, mais nous mettons en place un moyen par lequel D. comblera de bénédictions nos descendants.]

"Meurs dans la montagne où tu montes" (Haazinou 32,50)

-> On peut s'interroger : Pourquoi au début du livre de Dévarim (dans la paracha de Vaét'hanan), Moché pria de nombreuses fois et supplia Hachem pour entrer en terre d'Israël, et là, quand Hachem lui dit qu'il va mourir, Moché n'essaya même pas de prier encore une fois pour tenter d'annuler ce décret?
En réalité, cette fois-ci, Hachem lui dit : "Meurs dans la montagne", sous la forme d'un ordre. Ainsi, Moché vit en cela un ordre et une mitsva d'Hachem qui lui recommande de mourir. Et fidèle à lui-même, comme pour toute mitsva, Moché s'empressa de la réaliser avec amour [et zèle] et ne chercha pas à la repousser ultérieurement. En effet, si c'est une mitsva, il faut l'accomplir.
Ainsi, même au moment de sa mort, Moché réalise la mitsva d'Hachem. Il meurt en accomplissant Sa Volonté, avec joie et amour.
[Mimékor haNetsa'h]

[quelle leçon énorme! Toute la finalité de nos actions est d'accomplir la volonté de Hachem. Moché a beau avoir une envie folle d'aller en terre d'Israël [dans une optique spirituelle et pour le bien de tout le peuple juif!], mais à partir du moment où il a un mitsva, alors toutes ses volontés personnelles s'effacent pour laisser place à celle d'Hachem.
De même dans notre vie, est-ce que sous couvert de servir D. nous sommes en réalité au service de notre égo? ou bien sommes-nous à l'image de Moché totalement soumis à la volonté d'Hachem, quoiqu'Il nous demande?!]

"Peuple idiot et pas intelligent" (Haazinou 32,6)

-> Apparemment, le fait d'être idiot est pire que de simplement ne pas être intelligent. Ainsi, le verset aurait dû plutôt dire : "Peuple pas intelligent et idiot ".
En réalité, le terme "idiot" fait référence aux fautes et aux péchés que l'homme commet. ["L'homme ne commet de faute que lorsqu’un vent de folie s’empare de son esprit" (guémara Sotah 3a)]
Tandis que "pas intelligent" fait référence au fait que l'homme ne fasse pas de mitsvot et de bonnes actions.

Quand un homme quitte ce monde après sa vie sur terre, dans l'autre monde, il ne sera plus possible d'acquérir d'autres mérites et d'autres mitsvot. Les seuls mérites qui l'accompagneront sont ceux qu'il a acquis ici-bas.
En revanche, les fautes commises dans ce monde pourront être réparées et expiées, à travers les punitions de l'autre monde.

=> Ainsi, certes si ce peuple commet des fautes, alors c'est un "peuple idiot", mais cela n'est pas encore le plus grave, car cela pourra être corrigé par les sanctions du monde de Vérité dont l'objectif est de nettoyer l'âme des fautes.
En revanche, le plus embêtant, c'est qu'il n'est "pas intelligent", et qu'il n'a pas accompli beaucoup de mitsvot ici-bas, car ce manque-là n'est pas réparable. Une mitsva qui n'a pas été accomplie dans ce monde, ne pourra plus jamais être obtenue après.
[notre richesse éternelle, dépend des bonnes actions qu'on ara pu faire pendant notre court passage dans ce monde éphémère. Ce qu'on aura pas fait, ne pourra plus jamais être obtenu, c'est une perte [un regret] éternelle!]
['Hafets 'Haïm]

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-> Le 'Hafets 'Haïm explique que l'homme "infâme" est celui qui fait du mal et transgresse les interdits de la Torah. Par contre, celui qui ne cherche pas à accomplir les mitsvot est celui qui manque d'intelligence.
Et même s'il est vrai que faire le mal est assurément plus grave que de simplement ne pas faire du bien, malgré tout un homme doit plus s'inquiéter du fait qu'il lui manque des bonnes actions, plus encore que du fait d'avoir commis des fautes. En effet, les bonnes actions ne peuvent être accomplies que dans ce monde. Après cette vie sur terre, quand l'âme remonte auprès d'Hachem, il deviendra alors impossible d'ajouter ne serait-ce qu'une seule bonne action supplémentaire. En revanche, quand un homme a commis des fautes, bien que ce soit très dommageable, malgré tout Hachem a prévu un moyen de nettoyer l'homme de toutes ses fautes : à travers les punitions et les souffrances.
Toutes les difficultés, contrariétés et épreuves qu'un homme endure ici-bas et que l'âme sera amenée à subir en-haut ont pour objectif essentiel de purifier l'homme des tâches et souillures que les fautes ont marquées en lui.

En fin de compte, l'âme finira par se libérer et se nettoyer de l'impact de toutes ses fautes. Par contre, après la vie en ce monde, il sera définitivement impossible d'accomplir la moindre mitsva supplémentaire.
Or, chaque Mitsva relie l'homme à Hachem et lui accorde une lumière spirituelle extraordinaire qui s'exprimera par une récompense et un plaisir infini dans l'autre monde. Ainsi, l'homme doit s'empresser à chercher à accomplir un maximum de mitsvot tant que cela lui est possible. Au regard de la Thora, qui reflète la vérité des choses, un homme doit plus s'inquiéter de ne pas avoir fait assez de mitsvot, car la perte est définitive. Ce qui n'est pas le cas des fautes commises qui, bien que plus grave en soi, mais ont la possibilité d'être entièrement réparées et nettoyées.
C'est pourquoi, quand la Torah fait état du malheur de l'homme, elle déclare : "Peuple infâme et pas intelligent". Non seulement infâme, ce qui peut se réparer, mais en plus qui n'est pas intelligent, dont la perte est définitive. Efforçons-nous de rechercher un maximum de mitsvot. Le gain est inimaginable et le temps pour l'obtenir est limité.

"A Yéhouda, il adressa cette bénédiction" (Vézot haBéra'ha 33,7)

-> La bénédiction de Yéhouda suit celle de Réouven.
Nos Sages expliquent cela en disant que c'est Yéhouda, quand il a reconnu son erreur devant Tamar, qui a entraîné que Réouven aussi reconnaisse sa faute avec Bil'a.
Mais cela est étonnant, car Réouven s'est repenti déjà avant l'histoire de Yéhouda et Tamar. En effet, déjà au moment de la vente de Yosseph, nos Sages disent qu'il était absent car il était occupé à se repentir avec ses hayons et ses jeûnes.
En réalité, au départ Réouven pensait que l'essentiel du repentir était de s'imposer des jeûnes et des mortifications. C'est pourquoi, au moment de la vente de Yossef, il était occupé avec ses hayons et ses jeûnes.
Mais, quand il vit l'attitude de Yéhouda qui reconnut son erreur, il comprit alors que l'essentiel du repentir c'est de reconnaître sa faute et la regretter profondément dans son cœur, et pas tant de se mortifier et de jeûner.
Ainsi, c'est Yéhouda qui permit à Réouven de reconnaître sa faute.
[Imré Emet]

"Avraham se leva le matin, il prit le pain et l’outre d’eau et les donna à Hagar, sur son épaule, ainsi que l’enfant" (Vayéra 21,14)

Rachi comment : L’enfant aussi, il l’a placé sur l’épaule de Hagar, parce que Sarah lui avait jeté le mauvais œil, de sorte qu’il avait attrapé une fièvre et ne pouvait plus marcher.

=> Pourquoi ne pas dire plutôt que s’il ne pouvait pas marcher c’est qu’il était malade?
En fait, nos Sages disent qu’avant Yaakov, la maladie n’existait pas, c’est Yaacov qui a prié pour qu’elle apparaisse.
Ainsi, Yichmaël ne pouvait pas être malade. En revanche, depuis toujours, le mauvais œil pouvait causer des dommages. C’est pourquoi, Rachi était forcé d’expliquer que Yichmaël était affaibli du fait du mauvais œil.

On voit de là l’unité de la Torah. Une information concernant Yichmaël ne peut être expliquée que conformément à une autre information concernant Yaakov.
[Rav Chlomo Wolbe]

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-> b'h, sur le sujet du mauvais œil : https://todahm.com/2018/12/09/jalousie-et-mauvais-oeil

"A l’étranger tu prêteras à intérêt mais à ton frère tu ne prêteras pas à intérêt" (Ki Tétsé 23,21)

-> Le Rambam apprend de là que s’il est interdit de prêter à intérêt à un Juif, il est d’autre part une mitsva de prêter à intérêt à un non juif.

=> Mais cela paraît étonnant. Si l’on peut comprendre qu’il ne soit pas interdit de prendre des intérêts d’un non juif, mais pourquoi cela est même une mitsva?

-> Le Rabbi de Loubavitch explique que tout juif est venu dans ce monde pour effectuer le travail d’élever la matérialité du monde en l’utilisant conformément à la Volonté d’Hachem, d’après les lois de la Torah. Dans cette vision des choses, l’homme doit savoir que tout l’argent qu’il possède lui a été confié par Hachem dans ce but. Aussi, on doit l’utiliser au service de la Torah et des mitsvot. C’est de cette façon qu’on l’élève et qu’on atteint l’objectif voulu. De plus, puisqu’il est généralement admis dans le monde que quand un homme prête de l’argent, l’emprunteur lui rembourse des intérêts, c’est qu’une telle pratique exprime une Volonté Divine. En effet, la marche naturelle du monde est le reflet de la Volonté d’Hachem.

Il en ressort, que quand un homme prête de l’argent, puisqu’il est convenu dans le monde qu’il reçoive des intérêts, aussi l’argent de l’intérêt devrait faire partie des biens qui lui reviennent en vue de l’élever et de Servir Hachem par son intermédiaire. Malgré tout, étant donné qu’Hachem a interdit de prendre des intérêts d’un juif, par cela Hachem a décidé qu’il ne lui soit pas donné la possibilité d’élever cet argent de façon directe, par le fait de l’utiliser activement pour le service d’Hachem.
Ainsi, la Torah a conçu que le prêteur élèvera l’argent de l’intérêt, qui doit normalement lui revenir, justement par le fait qu’il se prive de le percevoir pour respecter l’interdit de la Torah de prendre des intérêts.
Mais quand un juif prête de l’argent à un non Juif, puisque la Torah ne lui interdit pas de recevoir des intérêts, cela indique que l’argent de l’intérêt lui revient en vue de l’élever en l’utilisant au service d’Hachem, et il n’a pas d’autres moyens de l’élever qu’en l’utilisant activement pour le Service d’Hachem.
Ainsi, s’il décide de ne pas percevoir d’intérêt, cela lui créera un manque dans son service Divin. Aussi, il est une mitsva de percevoir des intérêts d’un non Juif, car cela relève de la mission de cet homme dans ce monde que d’utiliser cet argent de l’intérêt dans le cadre du service d’Hachem.

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-> "Ne prends de lui ni usure ni intérêt" (Béhar 25,36) : https://todahm.com/2018/06/13/6598-2

"Si un prophète ou un visionnaire se lève en ton sein, qu'il te donne un signe ou un prodige, et que se réalise le signe ou le prodige dont il l'a parlé, en disant : "Suivons les dieux des autres que vous n'avez pas connus et servons-les!" N'écoute pas les paroles de ce prophète, car Hachem ton D. vous met à l’épreuve pour savoir si vous aimer Hachem votre D. de tout votre cœur et de toute votre âme" (Réé 13,2-4)

-> En se basant sur Rachi, on peut expliquer : la Torah nous apprend là qu’Hachem peut permettre à un faux prophète de réaliser des miracles pour attester de ses mensonges et éloigner le peuple du Service d’Hachem. Et tout cela, uniquement pour mettre le peuple juif à l’épreuve : vont-ils rester fidèles à Hachem malgré les miracles, ou vont-ils suivre cet imposteur et croire en ses mensonges, impressionnés par les merveilles qu’il a réalisées.

[ Selon la guémara (Sanhédrin 90a), cela parle en réalité d'un homme connu pour être un prophète authentique mais qui profite ensuite de sa réputation pour prétendre que D. souhaite que Son peuple se livre à un culte idolâtre.]

-> Rabbi Yérou'ham haLévi ajoute que cette attitude d’Hachem ne se limite pas qu’aux faux prophètes à qui Il donne une telle force. Mais cela s’étend à toutes les illusions et l’imaginaire que le mauvais penchant s’évertue à faire croire à chaque homme.
Depuis la faute originelle, l’homme est constamment mis à l’épreuve via le mauvais penchant qui trompe l’homme et lui faire croire à des mensonges, lui donnant l’impression qu’il s’agit réellement de la Vérité. L’ampleur de ces tromperies du penchant dépasse même ce qu’on pourrait imaginer. Et tout le travail de l’homme est de lutter contre les tromperies du mauvais penchant pour clarifier la Vérité.
C’est par une étude sérieuse de la Torah qui présente devant l’homme la vraie Vérité qu’il saura quelle voie devra-t-il suivre. Pour cela, l’homme devra au départ accorder sa confiance en la Vérité de la Torah, même s’il lui semble que cela va à l’encontre de sa vision des choses. Car en fait, sa vision est justement faussée par le penchant. Avec une volonté en acier de ne rien écouter de ce qui s’écarte du chemin de la Torah, l’homme devra tout au long de sa vie faire le tri entre le vrai et le faux et construire son monde intérieur en conformité avec la Vérité que constitue la sagesse de la Torah, qui est une Torah de Vérité.
Nous ne sommes souvent même pas conscients que nous sommes victimes des tromperies du mauvais penchant, car il a reçu le droit de par Hachem de nous convaincre de ses mensonges, sans même qu’on s’en aperçoive. A l’image du faux prophète à qui Hachem laisse le pouvoir de prouver ses mensonges même par de véritables miracles. Nous sommes constamment mis à l’épreuve. Va-t-on se laisser convaincre par ces mensonges? Ou va-t-on lutter pour écarter ces mensonges que le penchant cherche à nous inculquer?
Tel est le dur travail de l’homme dans ce monde : surmonter toutes ces épreuves et tendre le plus possible vers la Vérité, du milieu d’un océan d’imaginaire.

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-> Un prophète reconnu peut, exceptionnellement, si les circonstances l'exigent, outrepasser temporairement un commandement de la Torah. C'est ainsi que le prophète Elie a apporté un sacrifice sur le Mont Carmel, à l'extérieur du Temple de Jérusalem (Méla'him I ch.18). En revanche, tout individu, même s'il s'agit d'un prophète reconnu, doit immédiatement être considéré comme faux prophète s'il prétend avoir été envoyé par D. pour prôner toute forme d'idolâtrie (Rambam, Hilkhot Yessodei HaTorah 9,3 et 5).
Il en est de même s'il affirme qu'un précepte de la Torah doit être définitivement abrogé (Sanhédrin 89a).
Comme le codifie le Rambam dans les 13 principes de foi, aucune partie de la Torah ne peut être révoquée, même pas par un prophète capable de réaliser de nombreux miracles.
Notre foi n'est pas fondée sur les miracles et ils n'ont aucune influence sur elle.

-> "Hachem dit [à Avraham : ] "Marche devant Moi et sois intègre (tamim)" (Lé'h Lé'ha 17,1)

-> "Hachem, qui séjournera sous Ta tente? Qui habitera sur Ta montagne sainte?
Celui qui marche intègre (tamim), pratique la justice et dit la vérité de tout son cœur ; qui n’a pas de médisance sur la langue, ne fait aucun mal à son semblable, et ne profère point d’outrage contre son prochain ..." (roi David - Téhilim 15,1-3)

[il est intéressant de noter que dans ce Téhilim 15, le roi David résume les 613 Commandements de la Torah en 11 principes essentiels (guémara Makot 24a). De même Mikha résumera les 613 mitsvot à 3, et 'Habakouk les réduisit à une seule ("le Juste vivra par sa foi [émouna]" - 'Habakouk 2,4)]
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=> Comment comprendre : "Celui qui marche tamim"?

-> Rachi (Choftim 18,13) écrit :
Le terme "tamim" doit être compris au sens d'une parfaite confiance en D. et d'une acceptation confiante de toutes les épreuves avec un cœur entier, sans se poser de questions et sans demander d'explications. Il s'agit de mettre en Lui ton espoir, de ne pas interroger l'avenir et d'accepter tout ce qui t'advient avec une totale innocence.

-> Selon le Rama :
Être tamim, c'est être "maamine", c'est-à-dire avoir foi en Hachem jusqu'à annuler son propre da'at (sa raison) et sa 'hokhma (sagesse) personnelle devant les ordres de Hachem.
De plus, être tamim c'est ne jamais protester contre les décrets d'Hachem, à l'exemple d'Avraham (voir guémara Baba Batra 15a) à qui Hachem avait donné la terre d'Israël et qui, cependant, dut acheter à prix fort un terrain de sépulture pour Sara à Makhpéla, sans murmurer pour cela.

-> Selon le Radak :
L'homme qui marche tamim est celui qui aborde toute ses actions dans ce monde sans s'engager dans des plans réfléchis ou des calculs ('hechbonot) pour s'assurer le succès, car il est confiant que si Hachem le veut, Il fera réussir cette action sans avoir besoin d'aucune machination.

-> Selon le Arou'h Laner :
Avraham marchait tamim, car il pratiquait les mitsvot de façon désintéressée (léChem chamaim) sans attendre de contrepartie dans ce monde-ci.

La femme Sota (soupçonnée d'infidélité conjugale) a jeté son regard sur un homme qui ne lui est pas approprié.
Elle n'obtient pas ce qu'elle désirait, et de plus ce qu'elle possédait lui est retiré, car quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n'obtiendra pas ce qu'il désire et se verra privé de ce qu'il possède ...

De même, Caïn, Kora'h, Bil'am, ... et Haman n'ont pas obtenu ce qu'ils convoitaient, et de plus ont perdu ce qu'ils possédaient.

[guémara Sota 9a-b]

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=> "Quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n'obtiendra pas ce qu'il désire et se verra privé de ce qu'il possède" :

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne que cela obéit au principe de mesure pour mesure (mida kénéguéd mida).
En effet, en jetant son regard et en convoitant ce qui n'est pas à lui, au lieu de concentrer son regard directement sur ce qui est à lui, cette personne a inversé et déformé sa vision.

En réciprocité, les lettres de l’œil (ayin - עין), organe de la vision, vont être inversées pour donner le mot : ani (pauvre - עני), ce qui fait allusion au fait qu'il s'appauvrira de tout ce qu'il possédait.

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou - tome.2,p.63) commente cette guémara ainsi :
Ceux qui ont vécu dans ce monde-ci en étant attachés à Hachem et à la spiritualité, éprouveront une plénitude de l'âme même dans ce monde-ci, selon le verset : "Ce qui M'aiment hériteront l'être (yéch) dans ce monde-ci et Je remplirai leur trésor" (Michlé 8,21).

En effet, leur être (yéch) dans ce monde-ci est entièrement à l'intérieur d'eux-mêmes et ils n'aspirent en rien à tout ce qui se trouve en dehors de leur être. Ils ne dépendent donc pas des sollicitations extérieures à leur être, et sont donc heureux de leur sort.

Par contre, ceux qui ont vécu dans ce monde-ci uniquement pour la satisfaction de leurs désirs matériels, qui sont extérieurs à eux-mêmes, détruisent leur véritable personnalité (leur yéch).
En courant derrière ces plaisirs matériels, hors de leur être, ils ne seront jamais satisfaits de leur sort.

C'est pourquoi Hillel dit : "Si je ne suis pas pour moi-même, qui sera pour moi?" (Pirké Avot 1,14), c'est-à-dire : "Si je ne possède pas ma véritable personnalité, je n'ai rien à espérer".

Nous pouvons ainsi comprendre la guémara (ci-dessus) : "Celui qui convoite ce qui n'est pas en lui (qui est en dehors de son être) n'obtiendra pas ce qu'il recherche, car il ne pourra jamais combler ses désirs et restera en manque ; de plus, il perdra ce qui est à lui, c'est-à-dire qu'il perdra sa véritable personnalité et son contenu intérieur."

Balak & l’importance d’aimer son prochain

+ Balak & l'importance d'aimer son prochain :

-> Rabbi Avraham Yéhochoua Heshel (le rabbi de Apt) a fait remarquer :
"Les lettres du mot : Balak (בלק) sont les premières de : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ - Kédochim 19,18).
[même si sur le papier visuellement seulement 1 lettre est identique, vocalement on ne voit pas la différence : "vé-aavta" avec un bét (en place du vav), et ka-mo'ha avec un kouf (en place du kaf).]

[On apprend de là que ] Si l'on se focalise sur les petites différences entre nous et notre frère juif, plutôt que de se concentrer sur les grandes similarités, nous ne pourrons alors jamais accomplir cette mitsva."

[même si l'apparence (l'écriture) est différente, l'essence, l'objectif proclamé est commun (on va tous dans la même direction!
Nous profitons de nos différences pour donner davantage de superbe à la tâche collective!!).]