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"Même toute maladie et toute plaie que n'est pas écrite dans le Livre de cette Torah, Hachem les suscitera contre toi, jusqu'à t'anéantir" (Ki Tavo 28,61)

-> Le midrach explique que cette punition spéciale qui arrivera au peuple juif et qui n'est pas trouvée dans la Torah, est la mort des tsadikim.

-> Le rav Eliézer Friedman (Hadrat Yirmiya) dit que selon nos Sages chaque être humain, chaque animal, plante, pierre, ... toute création dans ce monde prend sa source dans les mots saints de la Torah.
Tout ce qu'il y a eu, tout ce qu'il y a et tout ce qu'il y aura, est inclus quelque part entre le 1er mot "béréchit" et les derniers mots de la Torah : "lééné kol Israël".
Ainsi, tous les détails de la vie d'une personne y sont rapportés.

Nos Sages (guémara Shabbath 33b) enseignent : "Les tsadikim sont pris [en mourant ou en souffrant] pour les fautes de la génération".

Même si un tsadik devait vivre une longue et abondante vie, si la génération dans laquelle il vit est mauvaise et que Hachem désire la punir, alors Il peut prendre la vie de ce tsadik pour expier les mauvaises actions des gens de son époque.
Ainsi, lorsqu'un tsadik meurt et que le nombre d'années de vie initialement écrites dans la Torah sont raccourcies, alors cela est désigné comme une punition pour sa génération, "qui n'est pas écrite dans la Torah".
En effet, ce n'est pas le même nombre d'années qu'il était initialement censé y avoir dans la vie du tsadik.

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-> Le Noda Biyéhouda donne une explication allégorique.

Dans chacun des 5 livres de la Torah, Moché (qui y a retranscris les mots de Hachem) rapporte la mort de tsadikim :
- dans Béréchit = nous pleurons la mort de Noa'h, Avraham, Its'hak, Yaakov, et de Matriarches.
- dans Chémot = il y a la mort de Yossef et de ses frères.
- dans Vayikra = la mort des enfants d'Aharon.
- dans Bamidbar = les morts d'Aharon et de Myriam.
- le livre de Dévarim est le seul où il n'y a pas de mention de la mort d'un tsadik.
[la mort de Moché est rapportée à la fin de Dévarim, mais il était évidement encore en vie lorsqu'il a dit la réprimande dans le verset ci-dessus]

Ainsi, Moché a averti le peuple d'Israël que même ce qui n'est pas mentionné dans ce Livre de la Torah (Dévarim - la mort des tsadikim), sera amené sur eux comme punition.

"Vous vous tenez [debout] aujourd'hui, vous tous, devant Hachem votre D." (Nitsavim 29,9)

-> Selon le midrach, en entendant la liste des 98 malédictions de la remontrance (Ki Tavo - chap.28), les enfants d'Israël ont pâli de frayeur, certains que leur avenir était sans espoir.
Moché les réconforte donc en disant que malgré toutes les fautes passées, ils sont toujours "debout ... devant Hachem" : de même qu'Il ne les a pas exterminés jusqu'ici, Il continuera à les garder en vie.

-> Le Imré Emet enseigne :
Dans la Torah, il y a 2 [passages de] remontrances (to'hakhot) :
- un dans la paracha Bé'houkotaï = il s'agit de la punition que le peuple juif va recevoir s'ils fautent.
Cependant, Hachem aime Ses enfants. Ainsi, s'ils fautent, Il n'a alors pas d'autre choix que de les punir, à l'image d'un père qui doit punir son enfant pour lui enseigner le bon chemin.

- un autre dans la paracha Ki Tavo = il s'agit de la punition pour avoir causés de la peine, de la souffrance à Hachem, pour avoir punit Son enfant bien-aimé : le peuple juif.

La michna (Pirké Avot 4,2) enseigne : "une faute conduit à une autre faute". Cela s'explique par le fait que lorsqu'une personne faute, elle va forcer Hachem à agir en la punissant. Ainsi, en plus de la faute qu'elle a commise, elle va en faire une autre en donnant de la souffrance à papa Hachem.

Il en découle que les réprimandes/remontrances (to'hakhot) de la paracha bé'houkotaï conduisent à celles de Ki Tavo.

Moché voulait dire aux juifs que les remontrances de Ki Tavo intègrent une consolation, car l'unique raison faisant qu'ils ont reçu ces punitions, est parce qu'ils sont les enfants de Hachem.
Moché donne donc un encouragement au peuple d'Israël, en leur rappelant qu'ils sont les enfants d'Hachem. [et nous le resteront indépendamment de notre comportement!]

[certes pour nous éviter de fauter de nouveau, il y a une crainte de la punition, mais il y a surtout la conscience de l'amour infini de Hachem envers chaque juif (comment peut-on le décevoir, lui faire de la peine en agissant contrairement à Sa volonté!)]

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-> Le Divré Chaoul affirme que l’essentiel de la réprimande recelée par les malédictions réside dans la précision des nombres 98 et 49 (cf. Rachi).
En effet, lorsqu’on avertit quelqu’un qu’il va recevoir des coups sans lui en souligner le nombre ou en l’arrondissant, comme 50 ou 100, il peut supposer que c’est exagéré et qu’on lui en attribuera sans doute moins.
Par contre, l’évocation d’un nombre précis laisse entendre qu’il est exact et fixe.

C’est pourquoi, lorsque nos ancêtres entendirent les 98 malédictions, s’ajoutant aux 49 autres, ils prirent peur et pâlirent.

"Et l'Amalécite et le Cananéen habitent dans la vallée. Demain, tournez et voyagez vers le désert, en direction de la mer Rouge" (Chéla'h Lé'ha 14,25)

-> Bien que Hachem a pardonné au peuple la faute liée aux explorateurs, Il a quand même maintenu le fait qu'ils n'étaient pas méritants de pouvoir entrer en terre d'Israël.
Ainsi, le peuple juif doit errer dans le désert pendant 40 ans, et le terme du verset : "demain", semble indiquer que cette errance doit commencer le jour suivant.

Plus tard, lorsque Moché va raconter l'histoire des explorateurs dans la paracha de Dévarim, il est écrit : "Vous êtes demeurés à Kadech de nombreux jours" (Dévarim 1,46).
Rachi fait le calcul que la nation juive est restée à Kadech 19 ans, soit aussi longtemps que dans toutes les autres étapes réunies, au cours des 38 ans passées dans le désert.

Le Sifté 'Hakhamim dit que les juifs devaient rester 40 ans dans le désert, mais Rachi en disant 38 ans, prend pour origine le moment du décret, qui eut lieu au cours de la 2e année.
De plus, la 40e année n'a pas été complète, en sorte que la punition n'a duré que 38 ans.

-> "Vous êtes revenus et avez pleuré devant Hachem, mais Hachem n'a pas écouté votre voix, et ne vous a pas prêté oreille." (Dévarim 1,45)

Selon le Ramban, leur faute ne pouvait pas être pardonnée car D. avait fait le serment de les punir (Dévarim 1,34 : "Hachem ... fit un serment en disant : "si un seul de ces hommes, cette mauvaise génération voit la bonne terre que J'ai juré de donner à vos pères, à l'exception de ...").
Or, comme l'enseignent nos Sages (gémara Roch Hachana 18a), un décret accompagné d'un serment ne peut pas être annulé.

-> Rav Shimon Schwab enseigne qu'en entendant qu'ils allaient mourir dans le désert suite à leur faute, ils se sont mis à pleurer des larmes de téchouva, et ils ont prié de tout leur cœur rempli de remords.

Or :
- "Même si les portes de la prière ont été scellées, les portes des larmes n’ont pas été scellées" (guémara Baba Métsia 59a) ;
- "Les portes du Ciel ne sont jamais fermées aux larmes" (guémara Béra’hot 32b).

Le rav Schwab ajoute que la puissance de la prière prononcée avec des larmes a la capacité de supprimer la moitié d'un mauvais décret.
[il y avait 2 décrets : mourir dans le désert (ne pas entrer en Israël), et errer dans le désert. Le 1er ayant un serment de D., seul le 2e pouvait être modifié]
Ainsi, par les prières avec des larmes de téchouva, le peuple juif a réussi à annuler la moitié du décret : au lieu de 38 années d'errance dans le désert, ils sont restés durant 19 ans à Kadech, et pour ensuite se déplacer "que" pendant 19 années.

-> "Les larmes sont la transpiration de l’âme" (Rabbi Samson Raphael Hirsch)
=> On voit la puissance de la prière provenant des profondeurs de notre êtres, qui a toujours un impact énorme!

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-> Le rav 'Haïm de Palaggi (Artsot ha'Haïm) enseigne :
De même qu'on reçoit une récompense pour chaque pas que l'on fait pour se rendre à la synagogue, de même chaque pas que l'on fait pour aller en terre d'Israël est une mitsva, et un ange est créé à chaque pas.

Si le peuple juif était entré rapidement en terre d'Israël, comme plusieurs opinions dans le midrach le suggère, ils auraient perdu ce mérite.
Cependant, les 40 années supplémentaires d'accomplissement des mitsvot liées à la terre d'Israël (lois agricoles) dont ils auraient bénéficié en entrant directement en terre d'Israël, auraient largement dépassées le mérite des pas supplémentaires faits pendant ces années sur la route vers la terre d'Israël.

[ainsi, on voit que dans sa bonté, Hachem a permis qu'à chaque pas fait pendant les 40 ans, chaque juif réalisait une mitsva et créait un nouvel ange. Cependant, cette mitsva était d'une valeur largement moindre que les mitsvot qu'ils n'auraient pu accomplir qu'en Israël.]

"Il se purifiera avec elles (les cendres de la Vache Rousse) le 3e jour et le 7e jour, alors il deviendra pur" ('Houkat 19,12)

-> De nos jours où nous n'avons pas les cendres de la vache rousse (para adouma) pour nous purifier, que doit faire une personne qui s'est souillée?

Le Chla haKadoch répond qu'on doit s'immerger à étudier et enseigner la Torah, afin de pleinement accomplir ses lois.

Le midrach enseigne que pour Hachem, un jour est équivalent à 1 000 années.
[de même, le Téhilim (90,4) : "mille ans sont à tes yeux comme la journée d’hier"]
Selon le Ramban (Béréchit 2,3), les 6 jours de la Création font allusion aux 6 000 années de ce monde-ci, tandis que le 7e jour, le Shabbath, fait référence au monde à Venir.

La Torah a été donnée en l'année 2488, qui est dans le 3e millénaire.
Cela correspond ainsi au 3e jour de la Création, au sujet duquel il est dit : "ki tov" (c'est bien - Béréchit 1,12).
Dans le verset ci-dessus, le mot utilisé pour "purifiera" est : "yit'hata" (יִתְחַטָּא), qui signifie également : fauter.
Ainsi, le verset peut se lire : "quelqu'un qui faute le 3e jour" = quelqu'un qui faute mais se purifie lui-même par la Torah qui a été donnée pendant le 3e millénaire, "il deviendra pur le 7e jour" = dans le monde à venir, qui est comparé au Shabbath (koulo Shabbath), il sera récompensé par la Torah qu'il a étudié.

Nos Sages disent en effet : "Celui qui se prépare la veille de Shabbath, mangera à Shabbath" (guémara Avoda Zara 3a)

=> Ainsi, par la grande puissance de l'étude et de vivre un vie de la Torah, qui a été donné au 3e millénaire, qui correspond au 3e jour de la Création, nous pouvons atteindre une pleine purification de nos fautes, et arriver pur dans le monde à Venir.

[cela explique les dates du processus de la para adouma, le 3 et 7e jour.]

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-> [Selon l’enseignement : "La durée de notre vie est de 70 ans, et à la rigueur, de 80 ans» (Téhilim 90, 10)] Si un homme se "purifie" [dans la Torah] depuis son enfance [bien que durant la jeunesse, l’attirance pour les plaisirs de ce Monde soit persistante], lorsqu’il atteint, sans avoir fauté, la moitié des années de sa vie (entre 30 et 40 ans) [c’est-à-dire le "3e jour" ], il est assuré de ne pas fauter jusqu’à la fin de ses jours (entre 70 et 80 ans) [c’est-à-dire le "7e jour"]. [guémara Yoma 38b]
(la "purification" de l’homme est donc bien liée aux "3e et 7e jour").

Si en revanche, un homme se trouvant dans la force de l’âge (le "3e jour"), ne s’est toujours pas purifié de ses péchés (en faisant téchouva) [il a succombé à la tentation des plaisirs de ce Monde], il peut tenter de le faire à la fin de sa vie (le "7e jour") ; mais s’il laisse passer cette époque sans faire téchouva, alors interviendra le verdict : le "7e jour" arrive, sans qu’il soit purifié, il mourra en tant qu’impie (racha).
[‘Hatam Sofer]

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-> Le "3e jour" symbolise l’Attribut de Yaakov (3e Patriarche et invité du 3e jour de Souccot), l’Attribut de Miséricorde.
Le "7e jour" symbolise l’Attribut de David (invité du 7e jour de Souccot), l’attribut de la Royauté. Par ailleurs, le roi David est appelé : "Mon serviteur" (avdi - עבדי), car il était annulé (batél - בטל) devant Hachem, comme "un esclave devant son Maître".
Ainsi, la Torah vient-elle nous enseigner que l’homme, pour obtenir la véritable purification, doit, d’une part, réveiller la Miséricorde divine, par la téchouva (le "3e jour") et d’autre part, se soumettre entièrement à la Volonté divine, par la pratique des mitsvot (le "7e jour").
C’est ainsi, qu’il est dit à propos de ces 2 bergers que la mort (la source de l’impureté) ne les a pas touchés : "Yaakov Avinou lo mét" (Yaakov notre Père n’est pas mort) et "David Mélé'h Israël 'haï vékayam" (David roi d’Israël est vivant et subsiste).
[Likouté Torah]

"La corruption n'est pas Son fait, c'est le vice de Ses enfants" (Haazinou 32,5)

-> Selon Rachi : Le mal et la corruption que l'on trouve dans le monde ne sont pas l'oeuvre de D.
Seuls les hommes en sont la cause.

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch dit qu'il faut traduire ce verset ainsi : "lorsqu'ils [les enfants d'Israël] agissent de façon corrompue contre Lui, c'est leur propre vice, [car ils ne sont] plus [appelés] Ses enfants. En revanche, lorsqu'ils accomplissent Sa volonté, D. les appelle affectueusement "Mes enfants".

-> Le Ben Ich 'Haï donne l'enseignement suivant :
Ce verset est une allusion au sublime cadeau que Hachem nous donne chaque année : le mois d'Elloul et les 10 jours de téchouva, qui ensemble durent 40 jours.
Ceux sont des jours où la téchouva est plus facilement acceptée par D.

Il est écrit en hébreu : "chi'hét lo lo banav moumam" (שִׁחֵת לוֹ לֹא, בָּנָיו מוּמָם) :
- "chi'hét" (שִׁחֵת - corruption) = même si tout au long de l'année une personne va corrompre son corps et son âme par des fautes ;
- "lo lo" (לוֹ לֹא) = il s'agit des mêmes lettres que : Elloul (אלול) ;
- "banav" (בָּנָיו - Ses enfants) = les jours d'Elloul sont un moment où l'on peut totalement se reconstruire [comme un nouveau départ] ("banav" vient de la racine "construire" - livnot - לבנות) et corriger nos imperfections.
Ainsi, le développement spirituel que nous allons générer pendant ces jours est considéré comme étant nos enfants (banav).
[de même qu'un embryon atteint sa forme humaine en 40 jours, de même les 40 jours d'Elloul à Kippour vont nous permettre de créer notre nouvel être!]

- En plus des 30 jours d'Elloul, Hachem a ajouté 10 jours supplémentaires entre Roch Hachana et Yom Kippour, faisant un total de 40 jours et 40 nuits.
Le mot "moumam" (מוּמָם) se décompose en : מ (mém) ומם (vémém).
Le 1er "mém" (מ) correspond aux nuits, qui majoritairement sont consacrées à dormir.
Le 2e "mém", qui est écrit de façon pleine (מם), correspond aux jours, où nous avons la plupart de notre temps pour développer notre téchouva et nos bonnes actions

La fin de ce verset (32,5) est : "une génération perverse et tortue" = malgré toutes ces incroyables opportunités que Hachem nous donne si gracieusement, la personne qui faute restera toujours Son enfant.
Ils gaspillent ces jours précieux, et ne font pas téchouva de la manière dont ils devraient le faire.

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-> "Grande est la téchouva, car elle a précédé la Création du monde"
[Rabbi Abahou - midrach Béréchit rabba 1]

=> Si la téchouva n'est utile qu'après qu'une personne ne faute, alors pourquoi a-t-il fallu la créer avant le monde?

Lorsque l'être humain a été créé, il y avait une séparation naturelle entre Hachem et l'homme.
L'objectif d'une personne dans ce monde est de se rapprocher de Hachem.
La bonne définition de la téchouva est l'attitude de se rapprocher d'Hachem. Cela est vrai même pour celui qui n'a jamais fauté.
Cependant, lorsque nous fautons, nous agrandissons la distance entre nous et D., et ainsi nous devons augmenter notre téchouva pour être proches de Hachem.
[rabbi Yérou’ham Levovitz - Daat Torah - guémara Nédarim 39b]

"Et maintenant, écrivez pour vous ce chant" (Vayélé'h 31,19)

-> Nos Sages déduisent de ce verset que chaque membre du peuple d'Israël a le devoir d'écrire un rouleau de Torah, commandement dont on peut également s'acquitter en écrivant même une seule lettre d'un rouleau entier. Dans la mesure où l'absence d'une seule lettre invalide tout le rouleau, en écrire ou en corriger une équivaut à écrire un rouleau entier. [Rambam - Hilkhot Séfer Torah 7,1]

D'après certaines opinions, on peut s'acquitter de ce commandement en faisant l'acquisition de livres commentant la Torah (Séfer ha'Hinoukh 613 ; Roch [cf.ci-dessous]).

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-> Le Méam Loez (Vayélé'h 31,19) enseigne :
Pourquoi un homme auquel son père aurait laissé un Séfer Torah doit-il selon nos Sages quand même en écrire un autre? Il n'est pas tenu d'acheter des téfilin si son père lui a laissé les siennes.

[Un réponse est : ] cette mitsva a pour but de multiplier les Sifré Torah pour qu'on puisse les prêter à ceux qui n'ont pas les moyens d'en écrire un. De plus, de nouveaux livres donnent envie d'étudier, et cela combat la paresse.
[...]

Le Roch écrit : "C'est certainement une grande mitsva que d'écrire un Séfer Torah mais cela s'appliquait seulement à l'époque où l'on étudiait dans le Séfer Torah qu'on avait écrit.
Aujourd'hui, on dépose les Sifré Torah à la synagogue pour lire la Torah en public.
Désormais, la mitsva pour chaque juif qui en a les moyens consiste à écrire le 'houmach, la michna, la guémara et leurs commentaires pour pouvoir les étudier, lui et ses fils.
En effet, la mitsva d'écrire un Séfer Torah a pour but d'étudier, comme il est écrit : "Enseigne-le aux juifs et fais-le leur apprendre".
Or par l'étude de la guémara et des commentaires, l'homme connaît parfaitement les mitsvot et leurs lois.

Tels sont donc les livres que nous avons l'obligation d'écrire. On ne devra pas les vendre si ce n'est pour avoir les moyens d'étudier la Torah ou pour se marier (comme pour un Séfer Torah)."
[...]

Celui qui achète un Séfer Torah tout prêt sans peiner pour l'écrire est considéré comme un homme qui a "attrapé" une mitsva. Il est probable que s'il avait dû peiner pour accomplir cette mitsva, il y aurait renoncé.

Mais s'il a peiné pour écrire, même s'il n'a fait que corriger une lettre du Séfer, c'est comme s'il l'avait entièrement écrit. En effet, on pourra dire en sa faveur que, de même qu'il a corrigé cette lettre, il aurait aussi corrigé d'autres.
Et comme il a fourni des efforts pour écrire un Séfer Torah, il en aurait fait autant pour aller dans le désert recevoir la Torah. C'est pourquoi l'écriture d'un Séfer Torah est comptée comme la réception de la Torah au mont Sinaï.
[...]

L'homme qui écrit un Séfer Torah ne subira pas les accusations de l'Attribut de Justice.
Celui qui a accompli la mitsva d'écrire un Séfer Torah doit veiller à accomplir la Torah et les mitsvot avec plus empressement. En effet, le but essentiel de cette mitsva est d'encourager l'étude, l'enseignement et l'accomplissement de la Torah.
Ainsi, si nous les négligeons, le Séfer Torah lui-même portera une accusation contre nous.

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-> D'après la guémara (Ména'hot 30a), si quelqu'un écrit un Séfer Torah, la Torah considère cela comme si elle avait reçu la Torah du mont Sinaï.
Pourquoi cela?

Nos Sages disent que la Torah contient 600 000 lettres. Ces 600 000 correspondent aux 600 000 adultes mâles juifs qui ont quitté l'Egypte ; chaque juif a une lettre dans la Torah.
Ainsi, le peuple juif ne pouvait pas recevoir la Torah au mont Sinaï à moins d'y être tous réunis, car si une seule personne était manquante, alors il manquait une lettre à la Torah.

Une personne qui écrit un Séfer Torah, écrit "sa" lettre dans la Torah et se connecte avec toutes les autres lettres, avec tous les autres juifs.
En agissant ainsi, elle fait ce qui a aidé à rendre le don de la Torah possible, et ainsi elle est considérée comme si elle était au don de la Torah.

Notre verset fait allusion à cela : "écrivez pour vous " = écrivez "votre lettre" de la Torah, connectez-vous à l'ensemble du peuple juif, comme tous les juifs étaient unis comme une seule personne au don de la Torah au mont Sinaï.
[...]

Pourquoi le verset commence-t-il par "et maintenant" (véata - וְעַתָּה)?

Cela nous apprend que nous devons étudier la Torah "maintenant", à tout moment et à toute heure.
On ne doit pas se dire : "Cela m'est trop difficile d'étudier la Torah maintenant, je l'étudierai lorsque cela sera plus facile".

[par exemple, chaque personne dit qu'elle travaille beaucoup pour permettre à son enfant de pouvoir étudier, au final les générations passent, et il n'y a jamais d'enfant qui étudie véritablement.
De même, notre yétser ara trouve toujours de bons arguments pour indéfiniment repousser/réduire notre étude.]

[Béer Moché]

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-> Selon nos Sages, ce verset vient donner l’ordre à chacun d’écrire (ou de faire écrire) un Séfer Torah (rouleau de Torah).
De l’expression “écrivez pour vous”, on apprend que même si ses parents lui ont laissé en héritage un Sefer Torah, il est une mitsva qu’il en écrive un autre de par lui-même.

Cette loi délivre une leçon de morale en allusion. C’est que même si quelqu'un a reçu une bonne éducation juive, et qu’il a toujours vu ses parents accomplir les mitsvot, malgré tout, il ne devra pas pratiquer par habitude, parce que ses parents ont toujours fait, alors lui aussi réalise la Torah.
Même si ses parents lui ont laissé un héritage de Torah, lui il devra pratiquer la Torah avec toute la ferveur qui s’impose, comme si c’est lui le premier à pratiquer. Il doit “écrire” sa propre Torah, et pas seulement répéter ce qui se trouve dans la Torah et dans les habitudes religieuses qu’il a reçues de ses parents.

[Ktav Sofer]

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+ "Et maintenant, écrivez pour vous cette Torah" (31,19)

Nos Sages expliquent par rapport à la joie des jours de fêtes, que le terme ''pour vous'' signifie ''pour vos besoins'', à savoir que les jours de fêtes, il convient de s'occuper de ses besoins, en prenant de bons repas par exemple.

On peut appliquer la même explication dans ce verset.
"Écrivez pour vous (pour vos besoins) cette Torah" = car dans la Torah, l'homme peut y trouver tous ses besoins. La réponse à toutes les questions de la vie, l'attitude à adopter à chaque pas et chaque mouvement, tout est contenue dans la Torah.
Celui qui se consacre à l'étude de la Torah, y trouvera tout ce dont il aura besoin dans chaque étape de sa vie.
[Sifté Tsadik]

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-> "A présent, écrivez ce chant" (Vayélé'h 31,19)

C'est de ce verset que nos Sages apprennent qu'il est une mitsva d'écrire un Séfer Torah.
=> Mais on peut s'interroger. Tout d'abord, pourquoi cette mitsva vient à la suite de la longue série de malédictions qui ont été dites depuis la paracha de Ki tavo? De plus, pourquoi le verset qualifie la Torah de chant?

-> Le 'Hafets 'Haïm explique qu'Hachem vient ici nous apprendre comment traverser et surmonter les moments difficiles. Quand un homme traverse des épreuves et qu'il ressente de la peine et de la souffrance, s'il s'investit alors dans l'étude de la Torah, sa lumière extraordinaire aura la force de le faire tenir et de surmonter sa difficulté.
Après avoir exposé la série de punitions, le verset présente la mitsva d'écrire la Torah pour l'étudier. Car c'est son étude sérieuse et assidue qui lui donnera les forces de tout traverser. Car la Torah place l'homme qui s'y investit au-dessus des difficultés pour ne pas qu'il en soit impacté négativement et perde l'espoir.
La Torah donne espoir, joie et confiance, elle permet de voir les choses différemment, avec plus de recul et de se détacher de ses difficultés, qui perdent par cela tout leur caractère effrayant et insurmontable.
Bien plus, cette étude sera même pour lui source de joie, même au milieu de ses difficultés. Il trouvera en elle réconfort et apaisement au point de faire jaillir de son coeur un chant de joie et de bonheur, heureux d'avoir réussi à traverser ses difficultés avec sérénité et de les avoir surmonté.

C'est pourquoi, c'est précisément dans l'exposé des épreuves et malheurs annoncés, que la Torah présente cette mitsva d'écrire un Séfer Torah et l'appelle même ''chant''. Car son étude sera pour lui non seulement un sauvetage et une force pour tout traverser. Mais elle sera même une source de joie et de réconfort intense, qui pourra même le mener à chanter son étude en plein milieu de sa difficulté. Car il sentira qu'elle est son sauvetage et sa force.

"[Le roi d'Israël] écrira pour son usage, dans un livre, une copie de cette Torah ... Elle sera avec lui et il y lira tous les jours de sa vie ... pour les accomplir" (Choftim 17,18-19)

-> Selon Rachi : 2 livres de la Torah : l’un que l’on dépose parmi les trésors, et l’autre qui part en guerre et en revient avec lui.

-> La guémara enseigne que les rois d'Israël accomplissaient ce commandement en se faisant écrire un Séfer Torah à petites lettres.
Sa taille réduite leur permettait de le porter sur eux constamment.
Lorsque le roi David disait : "J'ai placé D. devant moi continuellement et [D. me protège] à ma droite, je ne trébucherai pas" (Téhilim 16,8), il faisait référence au rouleau de la Torah qu'il gardait toujours attaché à son bras.
Son 2e Séfer était déposé dans son trésor.

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+ Quel en est le sens?

-> D'après le Ramban : ce n'est pas seulement le rouleau de parchemin qui doit accompagner le roi toute sa vie, mais également son contenu et ses valeurs.

-> Le Ktav Sofer écrit que pour tout roi d'Israël, il faut qu'il y ait 2 Torah : l'une qui se trouve dans son trésor, pour lui-même, afin qu'il veille à observer la Torah dans tous ses détails, avec une grande exactitude.
Et l'autre avec laquelle il sort vers le peuple, c'est-à-dire que vis-à-vis du peuple il doit se comporter avec douceur et sans sévérité.

-> Il existe de nombreuses lois afin d'établir le respecter et la crainte de la royauté, comme par exemple le Rambam (Hilkhot Méla'him chap.2) qui écrit : "On manifeste un grand respect envers le roi, et on met sa crainte dans le cœur de tout homme, ainsi qu'il est dit : "Tu mettras sur toi un roi" = dont la crainte sera sur toi."

Rabbi Eliezer Schoulwtiz dit que la concrétisation vivante des 2 Séfer Torah a servi d'exemple au roi David, qui quant il étudiait la Torah, devenait doux comme un ver, et quant il sortait à la guerre il se durcissait comme le bois (guémara Moed Katan 17).

C'est cela les 2 Séfer Torah en même temps : extérieurement les rois juifs doit respecter la loi juive en permettant que le peuple le craigne, mais cela ne doit pas déteindre sur son intériorité, où celui-ci doit garder toute son humilité, toute sa conscience de sa totale dépendance à Hachem.

[on retrouve cela avec certains de nos Sages qui entraient dans une synagogue avec un livre de Torah à la main. Ainsi, ils avaient conscience que tout l'immense respect, affection que les juifs pouvaient leur témoigner n'était pas destiné à leur propre personne, mais plutôt à la Torah de Hachem.

La Torah extérieur était un rappel de la nécessité de permettre à autrui de respecter la Torah, mais surtout c'est un rappel de la Torah interne : celle dont la finalité est de prendre conscience de notre petitesse, de notre ignorance, ... face à l'infinité Divine!]

-> Ces rouleaux de Torah doivent rappeler à tout moment au roi que malgré sa situation élevée, il reste soumis à la Torah.
La Torah était dans le trésor royal, car sa richesse peut facilement lui faire perdre le sens de ses responsabilités.
[rabbi Nathan Scherman]

-> Même si le roi a hérité des rouleaux de Torah de son père, il doit en réécrire une copie pour lui-même ; si son père ne lui en a pas laissé du tout, il doit en écrire deux.
[Rambam]
[on peut éventuellement commenter que quelque soit son ascendance, tout roi se doit d'internaliser, de travailler en permanence pour vivre selon la Torah (et non de se reposer sur les lauriers de ses ancêtres), symbolisé par la nécessité d'écrire au moins un Séfer Torah. ]

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-> Le 'Hatam Sofer explique qu'en toute occasion, le roi doit prendre ses décisions en consultant la Torah.
La loi de la Torah sera le code de toute sa vie : dès qu’il aura le moindre problème et la moindre situation à régler, il la solutionnera uniquement en fonction de la loi et de l’esprit de la Torah.

Par conséquent, "il y lira tous les jours de sa vie" : Il y trouvera la manière d’agir dans chaque situation qu’il vivra dans sa vie et appliquera la décision de la Torah à chaque mouvement.

[il a beau être LE roi, la loi qui compte, le chemin à suivre est celui de la Torah!]

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-> "[Le roi d'Israël] écrira pour son usage, dans un livre, une copie de cette Torah ... Elle sera avec lui et il y lira tous les jours de sa vie ... pour les accomplir" (Choftim 17,18-19).
Ainsi, un roi doit consulter la Torah pour être guidé pour que chacune de ses actions de sa vie soit en phase avec ce qui est écrit dans la Torah.

Par ailleurs, il est écrit : "Un 'hatan (le marié) est comme un roi" ('hatan domé lémélé'h - Pirké déRabbi Eliézer - chap.16).
Un 'hatan étant comparé à un roi, on a pris l'habitude de le faire monter à la Torah le Shabbath précédant le mariage, pour lui rappeler de construire son foyer sur ces fondations.

Nous ne devons jamais se décourager de prier en se disant : "Qui suis-je pour qu'Hachem écoute mes prières, alors que je suis si loin de Lui?"
Cette pensée vient du mauvais penchant qui cherche à décourager l'homme particulièrement de la prière.

Or, la Torah affirme qu'Hachem "réside même dans leurs impuretés" (A'haré Mot 16,16). Ainsi l'homme doit savoir que même impur, Hachem réside avec lui et écoute ses prières.
[Tiféret Chlomo]

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-> Chacun doit renforcer dans son cœur la foi qu'il est sûr qu'Hachem ne rejette aucune prière d'aucun juif.
Et même si la grandeur d'Hachem n'a pas de limite, malgré tout il Lui est très précieux d'écouter les paroles de prière même de celui qui est au plus bas de l'échelle. Même une telle prière procure une satisfaction et un grand plaisir à Hachem.
Cela doit nous encourager à ne jamais renoncer à prier.
[Kédouchat Lévi]

"Pardonne à Ton peuple que Tu as racheté" (Choftim 21,8)

-> Nos Sages dans la Pessikta disent : "c'est une allusion aux morts qui peuvent être pardonnés grâce à l'aumône donnée par les vivants."

Nous apprenons de là que les morts tirent profit de l'argent que les vivants consacrent à la charité en leur faveur ...
Cela s'applique également à quelqu'un qui récite le kadich ou toute autre bénédiction en public, ...

[Rabbéou Bé'hayé - Choftim 21,6]

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-> Le Chla Hakadoch nous dit au nom de nos sages que celui qui fait un acte de Tsédaka entraîne une véritable délivrance pour le défunt et lui procure apaisement et réconfort. (cf. Choul’han Aroukh Yoré Déa fin du chap. 249)

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-> Nos sages n'ont décrété de dire le Kaddich qu’à cause des ignorants, mais le fait d’étudier la Torah, aura sept fois plus d’effet sur l’élévation de l’âme.
En particulier, si le fils fait des ‘hidouchim (interprétation originale des textes) dans la Torah, l’honneur dont bénéficiera son père, dans l’assemblée d’en haut (yéchiva chel ma’ala), sera incommensurable
[Séfer ‘Haïm va’héssèd (p.155)]

"Tu ne dois pas voir le bœuf ou la brebis de ton frère égarés et te dérober à eux : tu es tenu de les ramener à ton frère" (Ki Tétsé 22,1)

-> Le rav Ovadia Yossef y voit un appel pour agir.
Si on voit un animal perdu, nous devons le retourner. Et si nous voyons l'âme de notre frère [juif] perdu, qui est détachée de sa source spirituelle, comment nous est-il possible de l'ignorer? Comment peut-on y rester indifférent?

[Chaque juif est un enfant unique de Hachem. Ainsi, nous n'avons pas conscience de la joie que nous amenons à D. en Lui rapportant un de Ses enfants qui s'étaient éloignés de Lui.

De même que nous avons rapproché un juif par amour, Hachem va en retour nous rapprocher de Lui par amour, et nous combler de magnifiques bénédictions.]

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-> Bien qu'il soit vital d'attirer les gens à observer la Torah, il est d'égal importance de prendre soin de leur besoins matériels.

Nous voyons souvent des gens se tenant en dehors de la synagogue et criant : "Prière! Prière!", conviant les gens à venir prier avec eux.
A quelle fréquence observons-nous quelqu'un criant : "Manger! Manger!", invitant des gens [dans le besoin] à venir profiter d'un repas copieux?
[rav Israël Salanter]

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-> Rabbi Tsvi Hirsch de Sliansky enseigne :
"Il y a des milliers d'années, la Torah nous a enseigné qu'il ne faut pas se dérober si on voit le bœuf ou la brebis de son frère égarés. On est tenu de les ramener à son frère (Ki Tétsé 22,1).
Maître du monde, voici que le peuple qui a appris à l'humanité la compassion pour les animaux est aujourd'hui égaré dans le monde sans personne pour lui offrir le moindre toit!"