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"A Yéhouda, il adressa cette bénédiction" (Vézot haBéra'ha 33,7)

-> La bénédiction de Yéhouda suit celle de Réouven.
Nos Sages expliquent cela en disant que c'est Yéhouda, quand il a reconnu son erreur devant Tamar, qui a entraîné que Réouven aussi reconnaisse sa faute avec Bil'a.
Mais cela est étonnant, car Réouven s'est repenti déjà avant l'histoire de Yéhouda et Tamar. En effet, déjà au moment de la vente de Yosseph, nos Sages disent qu'il était absent car il était occupé à se repentir avec ses hayons et ses jeûnes.
En réalité, au départ Réouven pensait que l'essentiel du repentir était de s'imposer des jeûnes et des mortifications. C'est pourquoi, au moment de la vente de Yossef, il était occupé avec ses hayons et ses jeûnes.
Mais, quand il vit l'attitude de Yéhouda qui reconnut son erreur, il comprit alors que l'essentiel du repentir c'est de reconnaître sa faute et la regretter profondément dans son cœur, et pas tant de se mortifier et de jeûner.
Ainsi, c'est Yéhouda qui permit à Réouven de reconnaître sa faute.
[Imré Emet]

"Avraham se leva le matin, il prit le pain et l’outre d’eau et les donna à Hagar, sur son épaule, ainsi que l’enfant" (Vayéra 21,14)

Rachi comment : L’enfant aussi, il l’a placé sur l’épaule de Hagar, parce que Sarah lui avait jeté le mauvais œil, de sorte qu’il avait attrapé une fièvre et ne pouvait plus marcher.

=> Pourquoi ne pas dire plutôt que s’il ne pouvait pas marcher c’est qu’il était malade?
En fait, nos Sages disent qu’avant Yaakov, la maladie n’existait pas, c’est Yaacov qui a prié pour qu’elle apparaisse.
Ainsi, Yichmaël ne pouvait pas être malade. En revanche, depuis toujours, le mauvais œil pouvait causer des dommages. C’est pourquoi, Rachi était forcé d’expliquer que Yichmaël était affaibli du fait du mauvais œil.

On voit de là l’unité de la Torah. Une information concernant Yichmaël ne peut être expliquée que conformément à une autre information concernant Yaakov.
[Rav Chlomo Wolbe]

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-> b'h, sur le sujet du mauvais œil : https://todahm.com/2018/12/09/jalousie-et-mauvais-oeil

"A l’étranger tu prêteras à intérêt mais à ton frère tu ne prêteras pas à intérêt" (Ki Tétsé 23,21)

-> Le Rambam apprend de là que s’il est interdit de prêter à intérêt à un Juif, il est d’autre part une mitsva de prêter à intérêt à un non juif.

=> Mais cela paraît étonnant. Si l’on peut comprendre qu’il ne soit pas interdit de prendre des intérêts d’un non juif, mais pourquoi cela est même une mitsva?

-> Le Rabbi de Loubavitch explique que tout juif est venu dans ce monde pour effectuer le travail d’élever la matérialité du monde en l’utilisant conformément à la Volonté d’Hachem, d’après les lois de la Torah. Dans cette vision des choses, l’homme doit savoir que tout l’argent qu’il possède lui a été confié par Hachem dans ce but. Aussi, on doit l’utiliser au service de la Torah et des mitsvot. C’est de cette façon qu’on l’élève et qu’on atteint l’objectif voulu. De plus, puisqu’il est généralement admis dans le monde que quand un homme prête de l’argent, l’emprunteur lui rembourse des intérêts, c’est qu’une telle pratique exprime une Volonté Divine. En effet, la marche naturelle du monde est le reflet de la Volonté d’Hachem.

Il en ressort, que quand un homme prête de l’argent, puisqu’il est convenu dans le monde qu’il reçoive des intérêts, aussi l’argent de l’intérêt devrait faire partie des biens qui lui reviennent en vue de l’élever et de Servir Hachem par son intermédiaire. Malgré tout, étant donné qu’Hachem a interdit de prendre des intérêts d’un juif, par cela Hachem a décidé qu’il ne lui soit pas donné la possibilité d’élever cet argent de façon directe, par le fait de l’utiliser activement pour le service d’Hachem.
Ainsi, la Torah a conçu que le prêteur élèvera l’argent de l’intérêt, qui doit normalement lui revenir, justement par le fait qu’il se prive de le percevoir pour respecter l’interdit de la Torah de prendre des intérêts.
Mais quand un juif prête de l’argent à un non Juif, puisque la Torah ne lui interdit pas de recevoir des intérêts, cela indique que l’argent de l’intérêt lui revient en vue de l’élever en l’utilisant au service d’Hachem, et il n’a pas d’autres moyens de l’élever qu’en l’utilisant activement pour le Service d’Hachem.
Ainsi, s’il décide de ne pas percevoir d’intérêt, cela lui créera un manque dans son service Divin. Aussi, il est une mitsva de percevoir des intérêts d’un non Juif, car cela relève de la mission de cet homme dans ce monde que d’utiliser cet argent de l’intérêt dans le cadre du service d’Hachem.

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-> "Ne prends de lui ni usure ni intérêt" (Béhar 25,36) : https://todahm.com/2018/06/13/6598-2

"Si un prophète ou un visionnaire se lève en ton sein, qu'il te donne un signe ou un prodige, et que se réalise le signe ou le prodige dont il l'a parlé, en disant : "Suivons les dieux des autres que vous n'avez pas connus et servons-les!" N'écoute pas les paroles de ce prophète, car Hachem ton D. vous met à l’épreuve pour savoir si vous aimer Hachem votre D. de tout votre cœur et de toute votre âme" (Réé 13,2-4)

-> En se basant sur Rachi, on peut expliquer : la Torah nous apprend là qu’Hachem peut permettre à un faux prophète de réaliser des miracles pour attester de ses mensonges et éloigner le peuple du Service d’Hachem. Et tout cela, uniquement pour mettre le peuple juif à l’épreuve : vont-ils rester fidèles à Hachem malgré les miracles, ou vont-ils suivre cet imposteur et croire en ses mensonges, impressionnés par les merveilles qu’il a réalisées.

[ Selon la guémara (Sanhédrin 90a), cela parle en réalité d'un homme connu pour être un prophète authentique mais qui profite ensuite de sa réputation pour prétendre que D. souhaite que Son peuple se livre à un culte idolâtre.]

-> Rabbi Yérou'ham haLévi ajoute que cette attitude d’Hachem ne se limite pas qu’aux faux prophètes à qui Il donne une telle force. Mais cela s’étend à toutes les illusions et l’imaginaire que le mauvais penchant s’évertue à faire croire à chaque homme.
Depuis la faute originelle, l’homme est constamment mis à l’épreuve via le mauvais penchant qui trompe l’homme et lui faire croire à des mensonges, lui donnant l’impression qu’il s’agit réellement de la Vérité. L’ampleur de ces tromperies du penchant dépasse même ce qu’on pourrait imaginer. Et tout le travail de l’homme est de lutter contre les tromperies du mauvais penchant pour clarifier la Vérité.
C’est par une étude sérieuse de la Torah qui présente devant l’homme la vraie Vérité qu’il saura quelle voie devra-t-il suivre. Pour cela, l’homme devra au départ accorder sa confiance en la Vérité de la Torah, même s’il lui semble que cela va à l’encontre de sa vision des choses. Car en fait, sa vision est justement faussée par le penchant. Avec une volonté en acier de ne rien écouter de ce qui s’écarte du chemin de la Torah, l’homme devra tout au long de sa vie faire le tri entre le vrai et le faux et construire son monde intérieur en conformité avec la Vérité que constitue la sagesse de la Torah, qui est une Torah de Vérité.
Nous ne sommes souvent même pas conscients que nous sommes victimes des tromperies du mauvais penchant, car il a reçu le droit de par Hachem de nous convaincre de ses mensonges, sans même qu’on s’en aperçoive. A l’image du faux prophète à qui Hachem laisse le pouvoir de prouver ses mensonges même par de véritables miracles. Nous sommes constamment mis à l’épreuve. Va-t-on se laisser convaincre par ces mensonges? Ou va-t-on lutter pour écarter ces mensonges que le penchant cherche à nous inculquer?
Tel est le dur travail de l’homme dans ce monde : surmonter toutes ces épreuves et tendre le plus possible vers la Vérité, du milieu d’un océan d’imaginaire.

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-> Un prophète reconnu peut, exceptionnellement, si les circonstances l'exigent, outrepasser temporairement un commandement de la Torah. C'est ainsi que le prophète Elie a apporté un sacrifice sur le Mont Carmel, à l'extérieur du Temple de Jérusalem (Méla'him I ch.18). En revanche, tout individu, même s'il s'agit d'un prophète reconnu, doit immédiatement être considéré comme faux prophète s'il prétend avoir été envoyé par D. pour prôner toute forme d'idolâtrie (Rambam, Hilkhot Yessodei HaTorah 9,3 et 5).
Il en est de même s'il affirme qu'un précepte de la Torah doit être définitivement abrogé (Sanhédrin 89a).
Comme le codifie le Rambam dans les 13 principes de foi, aucune partie de la Torah ne peut être révoquée, même pas par un prophète capable de réaliser de nombreux miracles.
Notre foi n'est pas fondée sur les miracles et ils n'ont aucune influence sur elle.

-> "Hachem dit [à Avraham : ] "Marche devant Moi et sois intègre (tamim)" (Lé'h Lé'ha 17,1)

-> "Hachem, qui séjournera sous Ta tente? Qui habitera sur Ta montagne sainte?
Celui qui marche intègre (tamim), pratique la justice et dit la vérité de tout son cœur ; qui n’a pas de médisance sur la langue, ne fait aucun mal à son semblable, et ne profère point d’outrage contre son prochain ..." (roi David - Téhilim 15,1-3)

[il est intéressant de noter que dans ce Téhilim 15, le roi David résume les 613 Commandements de la Torah en 11 principes essentiels (guémara Makot 24a). De même Mikha résumera les 613 mitsvot à 3, et 'Habakouk les réduisit à une seule ("le Juste vivra par sa foi [émouna]" - 'Habakouk 2,4)]
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=> Comment comprendre : "Celui qui marche tamim"?

-> Rachi (Choftim 18,13) écrit :
Le terme "tamim" doit être compris au sens d'une parfaite confiance en D. et d'une acceptation confiante de toutes les épreuves avec un cœur entier, sans se poser de questions et sans demander d'explications. Il s'agit de mettre en Lui ton espoir, de ne pas interroger l'avenir et d'accepter tout ce qui t'advient avec une totale innocence.

-> Selon le Rama :
Être tamim, c'est être "maamine", c'est-à-dire avoir foi en Hachem jusqu'à annuler son propre da'at (sa raison) et sa 'hokhma (sagesse) personnelle devant les ordres de Hachem.
De plus, être tamim c'est ne jamais protester contre les décrets d'Hachem, à l'exemple d'Avraham (voir guémara Baba Batra 15a) à qui Hachem avait donné la terre d'Israël et qui, cependant, dut acheter à prix fort un terrain de sépulture pour Sara à Makhpéla, sans murmurer pour cela.

-> Selon le Radak :
L'homme qui marche tamim est celui qui aborde toute ses actions dans ce monde sans s'engager dans des plans réfléchis ou des calculs ('hechbonot) pour s'assurer le succès, car il est confiant que si Hachem le veut, Il fera réussir cette action sans avoir besoin d'aucune machination.

-> Selon le Arou'h Laner :
Avraham marchait tamim, car il pratiquait les mitsvot de façon désintéressée (léChem chamaim) sans attendre de contrepartie dans ce monde-ci.

La femme Sota (soupçonnée d'infidélité conjugale) a jeté son regard sur un homme qui ne lui est pas approprié.
Elle n'obtient pas ce qu'elle désirait, et de plus ce qu'elle possédait lui est retiré, car quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n'obtiendra pas ce qu'il désire et se verra privé de ce qu'il possède ...

De même, Caïn, Kora'h, Bil'am, ... et Haman n'ont pas obtenu ce qu'ils convoitaient, et de plus ont perdu ce qu'ils possédaient.

[guémara Sota 9a-b]

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=> "Quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n'obtiendra pas ce qu'il désire et se verra privé de ce qu'il possède" :

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne que cela obéit au principe de mesure pour mesure (mida kénéguéd mida).
En effet, en jetant son regard et en convoitant ce qui n'est pas à lui, au lieu de concentrer son regard directement sur ce qui est à lui, cette personne a inversé et déformé sa vision.

En réciprocité, les lettres de l’œil (ayin - עין), organe de la vision, vont être inversées pour donner le mot : ani (pauvre - עני), ce qui fait allusion au fait qu'il s'appauvrira de tout ce qu'il possédait.

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou - tome.2,p.63) commente cette guémara ainsi :
Ceux qui ont vécu dans ce monde-ci en étant attachés à Hachem et à la spiritualité, éprouveront une plénitude de l'âme même dans ce monde-ci, selon le verset : "Ce qui M'aiment hériteront l'être (yéch) dans ce monde-ci et Je remplirai leur trésor" (Michlé 8,21).

En effet, leur être (yéch) dans ce monde-ci est entièrement à l'intérieur d'eux-mêmes et ils n'aspirent en rien à tout ce qui se trouve en dehors de leur être. Ils ne dépendent donc pas des sollicitations extérieures à leur être, et sont donc heureux de leur sort.

Par contre, ceux qui ont vécu dans ce monde-ci uniquement pour la satisfaction de leurs désirs matériels, qui sont extérieurs à eux-mêmes, détruisent leur véritable personnalité (leur yéch).
En courant derrière ces plaisirs matériels, hors de leur être, ils ne seront jamais satisfaits de leur sort.

C'est pourquoi Hillel dit : "Si je ne suis pas pour moi-même, qui sera pour moi?" (Pirké Avot 1,14), c'est-à-dire : "Si je ne possède pas ma véritable personnalité, je n'ai rien à espérer".

Nous pouvons ainsi comprendre la guémara (ci-dessus) : "Celui qui convoite ce qui n'est pas en lui (qui est en dehors de son être) n'obtiendra pas ce qu'il recherche, car il ne pourra jamais combler ses désirs et restera en manque ; de plus, il perdra ce qui est à lui, c'est-à-dire qu'il perdra sa véritable personnalité et son contenu intérieur."

Balak & l’importance d’aimer son prochain

+ Balak & l'importance d'aimer son prochain :

-> Rabbi Avraham Yéhochoua Heshel (le rabbi de Apt) a fait remarquer :
"Les lettres du mot : Balak (בלק) sont les premières de : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ - Kédochim 19,18).
[même si sur le papier visuellement seulement 1 lettre est identique, vocalement on ne voit pas la différence : "vé-aavta" avec un bét (en place du vav), et ka-mo'ha avec un kouf (en place du kaf).]

[On apprend de là que ] Si l'on se focalise sur les petites différences entre nous et notre frère juif, plutôt que de se concentrer sur les grandes similarités, nous ne pourrons alors jamais accomplir cette mitsva."

[même si l'apparence (l'écriture) est différente, l'essence, l'objectif proclamé est commun (on va tous dans la même direction!
Nous profitons de nos différences pour donner davantage de superbe à la tâche collective!!).]

"Il n'a pas observé d'iniquité en Yaakov ... Hachem son D. est avec lui et l'amitié du Roi est en lui" (Balak 23,1)

-> Selon Rachi, lorsque Israël faute, D. s'abstient d'observer de trop près ses péchés.

-> Rabbi Lévi Yits'hak de Berditchev fait remarquer : Si Hachem, à qui tout est révélé et connu, ne regarde pas les fautes des juifs, combien à plus forte raison il nous est interdit de se focaliser sur les fautes d'un autre juif.
Nous devons également atteindre cette attitude élevée de : "Il n'a pas observé d'iniquité en Yaakov".

-> Le Ibn Ezra dit que les 2 parties du verset sont liées : tant qu'il n'y a pas de faute chez Yaakov, D. lui voue son amitié. En revanche si Israël faute, D. lui retire a bonté.
C'est pourquoi Bil'am a compris que la meilleure façon de nuire aux juifs n'est pas de les maudire, mais de les inciter à pécher.

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-> Selon nos Sages, un bon ange est créé pour chaque mitsva réalisée, tandis qu'un mauvais ange est créé pour chaque faut que nous accomplissons (que D. nous en préserve).

Rabbi Zoussia d'Anipoli d'ajouter : "Les juifs sont saints, car j'ai pu voir les anges créés par leurs bonnes actions, et ceux créés par leurs fautes.
Les anges créés par leurs fautes sont imparfaits, faibles, pleins de défauts, car un juif ne faute pas de tout son cœur, puisqu'en fautant il est rempli de honte et de remords."

"Balak fils de Tsipor vit tout ce qu'Israël avait fait à l'Amoréen" (Balak 22,2)

-> La Torah nomme d'abord Balak sans titre, car il n'a reçu le titre de roi de Moav uniquement parce que le peuple avait peur du peuple juif, et pensait qu'il pourrait les aider.
[Ramban]

Rachi rapporte : "Moav eut beaucoup peur …" (en apprenant que les juifs avaient vaincu Si'hon et Og, les puissants rois amoréens).

D'ailleurs, Rabbénou Bé'hayé dit que le titre roi est omit dans notre verset, car Balak avait tellement peur qu'il ne se sentait plus comme un roi.

-> Le mot : émori (Amoréen) provient de la racine : émor (dire).
Ce verset peut se comprendre ainsi : "Balak fils de Tsipor vit tout ce qu'Israël avait fait" avec la parole.
Il a réalisé comment les juifs peuvent transformer le pouvoir de la parole par la Torah, la prière et le fait de se retenir de lachon ara.
Lorsqu'il a pris conscience de cela, il a eu très peur.
[Magen Avraham]

-> Nous en tant que juifs, nous avant été directement témoins des événements écrits dans la Torah, à l'exception du récit sur Bil'am.
Nos ancêtres étaient en Egypte, et tout ce qui a pu se passer depuis la Création du monde a été transmis de génération en génération.
La seule chose dont la nation juive n'a pas été témoin est ce qui s'est passé (dans l'intimité du duo) entre Balak et Bil'am
Comment cela a-t-il pu être rapporté [dans la Torah]?

Nous le savons directement par Hachem, qui a demandé à Moché de l'écrire dans la Torah.
Ainsi, si une personne croit dans toute la Torah mais nie cette paracha, c'est quelle refuse la vérité de notre D.
['Hatam Sofer]

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+ "Il envoya des messagers (mala'him) à Bil'am" (Balak 22,5)

-> Balak était un plus grand sorcier que Bil'am, mais il ne savait pas comment finaliser la sorcellerie par sa bouche.
[Zohar]

-> Les nations (à l'exception d'Israël) sont sous la supervision d'un ange.
Pensant que cela était également le cas pour Israël, Balak envoya des mala'him (littéralement : des anges) à Bil'am : il écrivit le nom des 12 anges (un par tribu) en charge d'Israël.
Ce qu'il ne savait pas c'est que le peuple juif est sous la supervision directe de Hachem.
[Yalkout Réouvéni]

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-> Rachi (v.22,5) rapporte : Pourquoi Hachem a-t-Il fait reposer Son esprit majestueux sur Bil'am, un païen pervers? C'est afin que les autres nations n'aient pas l'excuse de dire : "Si nous avions eu des prophètes, nous aurions trouvé le bon chemin".

-> Le rav Eliyahou Lopian s'interroge : Pourquoi Bil'am, qui ne se démarquait pas de tous les hommes des autres peuples, a-t-il été choisi pour être le prophète de toutes les nations?

Il répond que Bil'am était doté d'une grande intelligence ; cependant, ceci n'avait aucun rapport avec ses "qualités de cœur".
En effet, les nations n'estiment l'homme qu'en fonction de ses capacités intellectuelles, sa conduite personnelle n'entrant pas en ligne de compte, car leur sagesse n'a pas d'implication sur leur façon de vivre.
Ainsi par exemple, on trouva un jour Aristote en train d'agir de manière détestable. On l'interpella sur ce fait et il répliqua : "Maintenant, je ne suis pas Aristote".

Cependant, en ce qui concerne les Bné Israël, ce n'est pas uniquement leur intellect qu'ils développent par l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitsvot : c'est surtout leur pureté d'âme et leur sainteté, et c'est précisément ce que Hachem attend de nous (comme le disent nos Sages dans la guémara Sanhédrin 106b).

C'est ainsi que Bil'am s'exclama au sujet des Bné Israël (cf.Rachi 23,24) : "Lorsqu'ils se lèvent le matin, ils s'empressent d'accomplir les mtisvot, se vêtissent du talit, lisent le Shéma et mettent les téfilin ; de même le soir ils lisent le Shéma".
Bil'am vit que les Bné Israël étaient liés aux mitsvot du matin au soir, et s'attachaient ainsi à leur Créateur.

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+ "Il (Balak) envoya des messagers à Bil'am, fils de Béor" (Balak 22,5)

-> Selon une tradition, Balak était un grand astrologue. Il vit bien qu'un homme issu de Moav détruirait les Moavites.
En réalité, il s'agissait du roi David, un descendant de Ruth la Moavite.
[Méam Loez - Balak 22,5]

-> Bien que Balak fût un meilleur jeteur de sort, il avait malgré tout besoin de Bil'am qui connaissait les moments propices aux influences magiques.
Balak ne possédait pas cette science ; dans ce domaine, il ressemblait à un aveugle que Bil'am devait guider.
Le midrach rapporte la comparaison suivante entre Balak et Bil'am : l'un ressemblait à un homme tenant un couteau mais ne sachant pas où couper ; son compagnon savait où couper mais ne disposait pas de couteau.
Balak était très savant en sorcellerie mais ne savait pas où la pratiquer.
Pour sa part, Bil'am connaissait les lieux où les Bné Israël allaient commettre des fautes et où ils seraient vulnérables.
Balak conduisit donc Bil'am à l'un de ces lieux afin que sa malédiction soit efficace.
[...]

"Mais comment puis-je maudire si D. ne donne Sa malédiction? Comment pourrais-je attirer la colère Divine si Hachem n'est pas courroucé?" (Balak 23,8)
Bil'am disait : "Mon seul pouvoir consiste à connaître le moment précis où D. est en colère. Si D. n'éprouve pas de colère à ce moment-là, je suis impuissant!"
[...]

Selon une source, Bil'am n'était nul autre que Lavan l'araméen, beau-père de Yaakov.
Son nom Bil'am (litt. avaleur) évoque son désir d'avaler les Bné Israël par sa malédiction.
De plus, le nom "Béor" (בעור) signifie "stupide", comme il est écrit : "Je suis dépourvu d'intelligence (baar - בער) et je ne sais pas " (Téhilim 73,22).
L'intelligence de Bil'am fut transformée en sottise car il aurait dû être pris de compassion envers les Bné Israël au lieu de les maudire, eux qui n'étaient pas des étrangers pour lui mais sa propre chair, les descendants de ses filles.

Selon une autre opinion, le père de Bil'am, Béor, était Lavan l'araméen, identifié également à Kouchan Richatayim, le roi d'Aram mentionné dans le livre de Shoftim (3,8-11).
Il reçut le nom de Richatayim à cause des 2 forfaits (rachaouyot) dont il s'était rendu coupable.
A 2 occasions, il chercha à détruire les Bné Israël : à l'époque de notre père Yaakov et à l'époque des Juges (Shoftim).
[Méam Loez - Balak 22,5]

"Il ne voit pas le mal en Yaakov ... Hachem son D. est avec lui" (Balak 23,21)

-> Même si une personne commet des fautes, s'il porte sur lui le joug de la Royauté Divine et qu'il accepte qu'Hachem est son D. et son Roi, alors Hachem ne verra pas et ne considérera pas ses fautes, car Il les considérera comme accidentelles.
En effet, un homme qui est conscient de la Royauté d'Hachem sur lui, même s'il commet une faute, elle ne peut être profonde et enracinée. Ses fautes ne sont que des accidents de parcours, commises un peu contre son gré, et Hachem ne les considère pas.

Cela est en allusion dans ce verset :
"Hachem ne voit pas le mal en Yaakov " si "Hachem son D. est avec lui" = Si un homme prend avec lui cette réalité qu'Hachem est son D. et son Roi, alors vis-à-vis d'un tel homme, Hachem ne verra pas le mal et les fautes qui sont en lui.
['Hidouché haRim]

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-> "Il ne regarde pas de faute en Yaakov, il ne voit point de péché en Israël : Hachem, son D., est avec lui, et l'amitié du Roi est en lui" (Balak 23,21)

Rabbi ‘Haïm de Zanz avait l’habitude d’interpréter ainsi la juxtaposition des versets : "Il ne regarde pas de faute en Yaakov, il ne voit point de mal en Israël", et "Hachem, son D., est avec lui, et l'amitié du Roi est en lui".

Voici ce qu’il dit :
- "Il ne regarde pas" = seul celui qui ne voit pas de "faute en Yaakov" ni de "péché en Israël", ne cherche pas les transgressions des bné Israël et les juge toujours favorablement dans tous leurs actes et leurs façons de vivre, seul un tel tsadik mérite que s’accomplisse en lui ce que dit le verset : "Hachem, son D., est avec lui, et l'amitié du Roi est en lui".

["l'amitié du Roi est en lui" : se dit littéralement dans le verset : "la sonnerie du Roi en lui" (outérou'at mélé'h bo - וּתְרוּעַת מֶלֶךְ בּוֹ). Lorsqu'au mois d'Elloul, à Roch Hachana, ... on entend la sonnerie du Shofar, on doit penser à ce qu'elle sonne aussi en nous, en développant un regard positif, favorable, envers tout juif!
Celui qui préserve la paix, maintient de l'amitié, alors "Hachem est avec lui, et l'amitié du Roi [Hachem] est en lui".
De même que l'on juge autrui favorablement, de même Hachem nous juge favorablement!]

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-> "Il ne voit pas de mal en Yaakov" (Balak 23,21)

Rachi explique que même quand le peuple juif commet des fautes, Hachem ne regarde pas et ne prête pas attention à ces méfaits. Mais cela paraît étonnant, car Hachem est Juste et ne commet pas d’iniquités. Nos Sages disent qu’Hachem n’ignore aucune action de l’homme.
=> Comment peut-on donc dire qu’Hachem ne regarde pas les fautes d’Israël?

-> En fait, chaque juif a en lui une âme Divine d’une pureté absolue. C’est une "partie" d’Hachem Lui-Même.
Ainsi, même si l’homme dispose également d’un mauvais penchant qui le séduit et le pousse à la faute. Malgré tout, même quand il commet une transgression, en réalité au fond du fond de cet acte se cache une intention positive et complètement pure, qui lui vient de son âme divine. Ainsi par exemple, un juif qui commet un vol, il se peut qu’au fond de son cœur, il se réjouisse de pouvoir utiliser cet argent pour aider un pauvre. Il en est ainsi de chaque action.
Au fond, se cache une petite étincelle d’une pureté authentique qui est consacrée à Hachem uniquement. Ce principe permet de comprendre l’obligation de juger son prochain positivement. Même si parfois il est clair que son comportement est répréhensible et on ne voit aucun moyen d’interpréter en bien, néanmoins au fond de chaque action se cache une intention pure.
Ce que l’on demande à l’homme c’est de s’efforcer de découvrir cette partie lumineuse et le juger favorablement du fait de cette étincelle. Et quand on se focalisera à ne voir que la pointe de bien en l’autre, alors cette pointe de lumière se renforcera et repoussera toute l’obscurité. Bien plus, de cette façon il sera même possible de le rapprocher du repentir.

Et c’est justement ce qu’Hachem fait avec chaque juif. "Il ne voit pas de mal en Yaakov" = cela ne veut pas dire qu’il ignore les méfaits, mais plutôt au contraire, qu’Il regarde chaque acte d’un regard authentique. Et c’est ainsi qu’Il se rend compte qu’il n’y a pas d’acte complètement mal. Même dans les mauvaises actions, Il voit cette pointe de lumière et de pureté, car telle est la réalité.
C’est ce que dit la suite du verset : "Hachem Son D. est avec lui" = même dans ses mauvaises actions, Hachem est avec lui, il a une intention pure et authentique, consacrée à Hachem son D.
[rav Mikaël Mouyal]