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"Si un homme a un fils dévoyé et rebelle, sourd à la voix de son père comme à celle de sa mère et qui, malgré leurs corrections, persiste à leur désobéir" (Ki Tétsé 21,18)

-> "Le cas du fils dévoyé et rebelle ne s'est jamais présenté et n'aura lieu.
Alors pourquoi le verset l'évoque-t-il?

Pour que tu l'étudies et que tu reçoives la récompense [de l'étude].
[guémara Sanhédrin 71a]

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-> La Torah est infinie, pour quelle raison était-il nécessaire de faire mention d'un cas purement théorique?

Rav Israël Salanter (Ohr Israël) répond que la Torah connaît différents degrés d'importance.
Il y a "l'étude réalisée pour l'accomplir", et à un niveau supérieur, il existe celle à laquelle on s'astreint d'étudier uniquement en vertu du décret divin, et ce même si elle ne conduit à aucune application concrète.

=> La Torah évoque le cas de l'enfant dévoyé et rebelle afin d'offrir au peuple juif le mérite de ce formidable degré d'étude : une étude 100% parce que Hachem nous l'a ordonné!!

[nous pouvons étudier des mitsvot qui se feront lorsque le Temple sera reconstruit, mais on ne sera jamais au 100% uniquement pour l'étude de cette mitsva, car d'une certaine façon on a en tête l'idée qu'on pourra les appliquer très rapidement avec la venue du machia'h.]

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-> Lorsqu'un juif étudie la Torah, il unit son esprit à la volonté et à la sagesse infinie de Hachem.
Le lien spirituel qu'il établit avec D. ne dépend pas de l'application du concept étudié.
[Méam Loez]

-> Le Méam Loez cite également l'idée suivante du Maharcha (et du Séfer 'Hassidim) :
Les parents doivent dominer leur sentiments naturels de pitié envers leurs enfants, et les discipliner quand cela est nécessaire.
Bien qu'il n'ait jamais existé de fils rebelle qui ait subi les sévères châtiments mentionnés dans les versets, il y a certainement des moments où nous devons corriger nos enfants plus sévèrement s'ils négligent l'étude de la Torah et son observance.

-> Rabbénou Bé'hayé enseigne :
Ce commandement nous montre le niveau que doit atteindre notre amour pour D.
En attachant son fils Its'hak pour le sacrifier, Avraham a montré que son amour pour D. surpassait son affection naturelle pour son fils.
Les parents d'un enfant rebelle doivent faire preuve d'un amour envers D. semblable à celui d'Avraham.

[de façon plus large cela peut renvoyer à toutes les fois où nous laissons nos sentiments venir impacter nos choix de la vie.
En effet, Rachi (Ki Tétsé 21,22) écrit que les parents du fils rebelle ne gagneront rien à avoir pitié de lui. Lorsqu'il grandira, il commettra des fautes punissables de la peine de mort. Il faut donc l'exécuter tant que, dans une certaine mesure, il est innocent.
=> De même, nous devons parfois savoir sacrifier le fruit de nos désirs dans leur jeunesse, pour nous éviter de commettre des fautes graves dans le futur.]

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-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - Sanhédrin 71a) explique que la paracha du "ben sorer oumoré" a été écrite comme moussar pour le peuple d'Israël.

Le yétser ara peut convaincre les juifs en leur disant : "vous êtes les enfants de Hachem votre D." (banim atem laShem Eloké'hem) : quoique vous puissiez faire, Il fermera les yeux et ne vous punira pas.
Cependant, la paracha de l'enfant dévoyé et rebelle vient nous dire qu'un tel enfant est amené par son père et sa mère au beit din et qu'il est condamné à mourir.

La guémara enseigne que toute la paracha s'applique à un "ben" (fils) et non pas à une "bat" (fille).
"Ben" fait référence au peuple d'Israël, et "bat" fait allusion aux autres nations du monde.
Le message est clairement destiné aux juifs qui peuvent penser que leur statut d'enfants de Hachem retire la nécessité de faire téchouva car leur Père au Ciel ne les punira pas.

=> Cette paracha est un message direct aux juifs afin qu'ils fassent téchouva.

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-> Pourquoi est-ce qu'un enfant dévoyé et rebelle (בֵּן סוֹרֵר וּמוֹרֶה) est-il mis à mort?

C'est parce qu'il s'est éloigné du véritable chemin de la Torah.
Il est "moré" (un enseignent - מוֹרֶה), apprenant aux autres à s'en éloigner également.
Or, ce crime est plus grave que le fait de tuer quelqu'un, car la victime a alors droit au monde futur, tandis que celui qui pousse son prochain à la faute, entraîne que sa victime perd à la fois ce monde-ci et celui à venir.

[Rabbi Ména'hem de Kotzk]

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-> Selon Rachi : Le fils dévoyé et rebelle était tué en prévision de son avenir : la Torah pénètre le fond de sa pensée. Elle voit que cet enfant en viendra à dilapider l'argent de son père, et cherchant en vain à assouvir ses passions, il se tiendra à la croisée des chemins et détroussera les passants.
La Torah dit donc : Qu'il meure innocent et q'il ne meure pas coupable!

-> "On ne condamne l'homme qu'en vertu de ses actes présents, comme il est dit [au sujet d'Ichmaël] : "D. a entendu la voix de cet enfant s'élever de l'endroit où il demeure"."
Rachi d'expliquer : "ses actes présents" = même s'il viendra plus tard à se pervertir.

-> On trouve la même idée dans le midrach (Béréchit rabba 53,19) :
"Les anges de service dirent à Hachem : Maître du monde! Cet homme [Ichmaël] viendra un jour à faire mourir Tes enfants par la soif, et Toi, Tu fais apparaître pour lui un puits?"
D. répondit : "Qu'est-il aujourd'hui? Un juste ou un racha?"
Les anges dirent : "Il est un juste".
D. repris : "Je ne juge l'homme que selon le moment présent!"

-> On peut citer un autre midrach (63,11) :
"Lorsque Chmouël vit que David était roux, il fut saisi de crainte et se dit : "Celui-ci sera un meurtrier comme Essav!"
Hachem lui montra alors que David avait de beaux yeux" (Chmouël I 16) : c'est-à-dire que contrairement à Essav, qui tuait selon son bon vouloir, David ne tuerait des hommes que selon les prescriptions du Sanhédrin".

Le roi David était né sous l'influence de Maadim (Mars), et la guémara (Shabbath 156a) affirme que les enfants nées sous ce signe ont une tendance naturelle à être des meurtriers. Nos Sages leur conseillent par exemple de devenir mohalim (circonciseurs) : permettant ainsi de "verser du sang" pour une noble cause.
Hachem rassura donc Chmouël, et lui dit : "Va oins-le, car c'est lui! (Chmouël I 16).

=> Selon le rav Eliyahou Lopian, nous pouvons en dire que l'on ne doit pas juger l'homme selon ses tendances innées, car il peut toujours les utiliser pour le bien.
C'est qu'a fait le roi David, il ne laissa pas sa cruauté le dominer, et il su orienter ses pulsions pour accomplir la volonté de Hachem.

==> Comment comprendre alors qu'on juge l'enfant rebelle en fonction de son présent?

-> Le rav Eliyahou Lopian, au nom du Mizra'hi dit : contrairement à Ichmaël, le fils dévoyé commence dès son jeune âge à commettre les actes qui finiront pas le perdre.

Par son attitude très jeûne, il réduit à néant son libre arbitre, et le dénouement de sa vie est donc connu par avance : il dilapidera l'argent de son père, après quoi il continuera à chercher à assouvir ses pulsions, et lorsqu'il n'y arrivera pas il en viendra fatalement à piller ses semblables et à commettre des meurtres.
C'est pourquoi la Torah le juge dès à présent comme s'il avait déjà commis ces méfaits, sans attendre que les actes justifiant sa condamnation soient concrètement perpétrés.

=> Ceci nous montre l'extrême pouvoir des habitudes : les mauvaises tendances peuvent toujours être corrigées par la force du libre arbitre, mais l'accoutumance à une action assujettit l'homme et le contraint à commettre ce qu'elle lui dicte.
En ce sens le roi Chlomo préconise : "Donne au jeune homme de bonnes habitudes dès le début de sa carrière ; même avancé en âge, il ne s'en écartera pas" (Michlé 22,6)

[c'est sur l'inverse de cela que l'enfant dévoyé a été jugé en avance de ses actions futures]

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+ Comment expliquer la différence de traitement entre Ichmaël (jugé sur son avenir) et l'enfant rebelle (jugé sur son présent)?

-> Le Maharcha explique que pour Ichmaël, ce sont ses descendants, et pas lui en personne, qui vont faire du mal. Lui, personnellement, n’a pas entraîné du mal pour les juifs. Ichmaël a lui-même fait téchouva!

C’est pourquoi, lui, qui est et qui restera toute sa vie innocent, n’a pas été puni par rapport à la faute future de ses descendants.
En revanche, pour l’enfant rebelle, c’est la même personne qui a commencée à mal se comporter et qui finira plus tard par commettre des fautes passibles de mort. Dans ce cas, Hachem l’a jugé par rapport au futur.

-> Le Sfat Emet dit que concernant le jugement du Ciel, Hachem ne condamne une personne que par rapport à sa situation présente. C’est pourquoi, Ichmaël qui a été ici jugé par Hachem, a été innocenté, car dans le présent il n’était pas condamnable.
En revanche, l’enfant rebelle est jugé par le tribunal terrestre, la Torah préconise que les juges doivent le lapider. En effet, en ce qui concerne le jugement humain prévu par la Torah, les juges tiennent compte du futur pour condamner cet enfant dès à présent.

-> Le Rav Ayzik Cher propose une autre explication.
Il a une différence entre la stricte justice et le comportement de miséricorde :
- La justice veut que l’on juge un homme par rapport à son état présent, en faisant abstraction de son devenir dans le futur.
- Le fait de condamner une personne parce qu’il va fauter plus tard, n’est pas juste. En revanche, parfois la miséricorde Divine veut que l’on condamne un homme au présent par rapport à ses fautes futures. En effet, une personne encore innocente pourra être condamnée si on sait qu’il va fauter, pour qu’il meure innocent et non coupable, lui évitant de graves punitions, voir même la perte de son monde futur.
=> Cela est une bonté que lui fait Hachem.

C'est ainsi que :
- Ichmaël qui n’était pas particulièrement apprécié par Hachem, a été jugé d’après la loi stricte, par rapport au présent, où il était encore innocent. Et ce, même si son sauvetage miraculeux a entraîné qu’il ait des enfants qui fassent souffrir les juifs, ce qui lui causera de grandes peines et de graves souffrances.

- le fils rebelle, en revanche, qui est juif et apprécié (malgré tout) par Hachem, est dirigé par la miséricorde Divine.
Hachem préfère qu’il meure innocent plutôt que coupable.

-> En ce qui concerne les mitsvot et les récompenses, Hachem prend en compte le futur. Si un homme n’est pas méritant dans le présent, mais qu’il va le devenir, Hachem peut le sauver et lui donner un mérite, par rapport à ses bonnes actions futures.

Il est écrit : "Les enfants d'Israël allèrent accomplir ce que Hachem avait ordonné" (Chémot 12,28)
Le midrach (Yalkout Chimoni 208) de commenter : "A ce moment, ils ne l'avaient pourtant pas encore accompli. Ceci nous apprend qu'ils prirent la résolution d'accomplir, et la Torah considère à cet égard que c'est comme s'ils l'avaient fait concrètement."

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-> Rabbi Aharon Kotler (Michnat Aharon p.190) rapporte une guémara (Yérouchalmi) suivante : "Hachem vit par avance que la fin de cet enfant serait [...] de dépouiller les hommes, de tuer ses semblables et finalement d'oublier son étude".

Il commente : Si l'on n'avait pas la certitude qu'il en viendrait un jour à oublier son étude, l'espoir que la lumière de la Torah le remette sur le droit chemin aurait persisté, et au regard de cette éventualité, jamais il n'aurait été condamné à mort par anticipation.

Comme le dit le Ram'hal, (Messilat Yécharim), le seul remède que l'on connaisse pour lutter face aux agressions du yétser ara se trouve dans la Torah.
Sans attachement à la Torah, son avenir est scellé et sans espoir, dès aujourd'hui.

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+ "Il n'écoute pas la voix de son père ni la voix de sa mère" (Ki Tétsé 21,18)

-> Selon la guémara (Sanhédrin 71a), les lois sur le fils "dévoyé et rebelle" ne s'appliquent que si les voix de son père et de sa mère s'expriment à l'unisson.

-> Rav 'Haïm Kanievsky fait observer que la conduite des parents dans leur foyer constitue la meilleure éducation qu'un enfant puisse recevoir.

Lorsqu'il voit son père et sa mère se comporter selon les croyances qu'ils professent et qu'ils l'incitent à suivre, on a toutes les raisons de penser qu'il les imitera plus tard.

Mais s'il ne voit chez eux que querelles et hypocrisie, non seulement ne les suivra-t-il pas, mais nous n'avons pas le droit de le juger, car il n'en porte pas la responsabilité.
[d'où la nécessité que ses parents doivent "s'exprimer à l'unisson"]

"Souviens-toi de ce que t'a fait Amalek sur le chemin ... qu'il a frappé en toi ceux qui étaient en arrière ... et il n'a pas craint D. ... Tu effaceras le souvenir d'Amalek de dessous le Ciel, n'oublie pas!" (Ki Tétsé 25,17-19 ; cf. également paracha Béchala'h)

=> Dans ce verset, il y a une contradiction apparente : effacer le souvenir d'Amalek et "n'oublie pas".

-> Le Ktav Sofer explique la différence :
- "Tu effaceras le souvenir d'Amalek" = nous devons totalement faire disparaître Amalek et tout ce qu'il représente.

[Le Rokéa'h dit que nous devons prier Hachem de supprimer Amalek à l'extérieur et en nous.]

- "N'oublie pas!" = mais cependant, n'oublie jamais ce qui a donné à Amalek la capacité et la force d'attaquer le peuple juif. C'est parce qu'ils se sont affaiblis dans leur étude de la Torah et qu'ils n'avaient pas de crainte de Hachem.

Nous ne devons jamais oublier que nous pouvons être attaqué par d'autres nations du monde à partir du moment où nous abandons la Torah et que nous manquons de crainte de D. En effet, sinon, nous sommes toujours protégés de toutes les nations du monde, quelque soit leur puissance.

-> Le 'Hidouré haRim donne l'explication suivante :
"Tu effaceras le souvenir d'Amalek" = ce qui cause le fait que l'on oublie, c'est notre arrogance, comme il est écrit : "Ton cœur s'enorgueillira-t-il, et tu oublieras" (Ekev 8,14).

Amalek (עמלק) a la même guématria que : ram (élevé - רם).
Ainsi, c'est en supprimer l'orgueil qui est en nous, que nous pouvons en arriver à : "tu n'oublie pas".

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-> Amalek (עמלק) a la même guématria que : "un dieu étranger" (אל אחר - él a'her).

Amalek fait tout pour retirer aux juifs la certitude que Hachem est l'Unique, le poussant petit à petit à croire qu'il y a d'autres dieux.
Nous devons le combattre en renforçant notre certitude que Hachem est l'Unique, infiniment supérieur à toute chose.
[le Imré Yossef]

-> Amalek (עמלק) a la même guématria que : ram (élevé - רם), car il était d'avis que Hachem est tellement élevé qu'il ne va pas se déshonorer en s'abaissant aux problèmes de notre monde, restant plutôt en hauteur (au Ciel).
C'est pour cela qu'il est écrit : "il n'a pas craint D."
[avec cette logique : Puisque papa Hachem est en haut, alors en bas les souris peuvent danser!]

Dans le futur, Hachem démontrera clairement qu'il est responsable de chaque aspect de ce monde, et il donnera au peuple juif le pouvoir de supprimer la mémoire d'Amalek de "dessous le Ciel".
[mesure pour mesure : Amalek a supprimé D. de ce monde, alors Hachem le supprimera et la Vérité deviendra éclatante]

Le pouvoir d'Amalek n'est pas apparent, il réside dans la pensée (du fait que D. est absent).
Pour lutter contre cela, nous devons accomplir de nombreuses actions positives et renforcer notre émouna en Hachem

[Rabbi Zvi Hirsch Friedman - Akh Pri Tévoua]

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+ "Et il dit : "Car la main est sur le trône de D. : Hachem entretient une guerre contre Amalek, de génération en génération"." (Béchala'h 17,16)

En hébreu ce verset s'écrit : וַיֹּאמֶר, כִּי-יָד עַל-כֵּס יָהּ, מִלְחָמָה לַיהוָה, בַּעֲמָלֵק--מִדֹּר, דֹּר
Si l'on prend les 10 mots de ce versets (à l'exception du 1er : "vayomer" - et il dit), nous avons la même valeur numérique que : שְׁמַע יִשְׂרָאֵל ד' אֱלֵֹקֵינוּ ד' אֶחָד (Écoute Israël, Hachem est notre D., Hachem est Un).

C'est une allusion au fait que la guerre contre Amalek est essentiellement d'ordre spirituel, avec la lecture du Shéma (notre proclamation de foi, de l'Unité de D.).
En effet, lorsqu'une personne a une émouna totale en Hachem, elle a alors les forces pour vaincre le yétser ara, en lui retirer toutes ses forces.

[Amalek a la même guématria que "safék" (doute), ce qu'on n'a plus lorsque nous sommes armés de la émouna!]

[Rabbi Moché Yé'hiel Epstein - Béer Moché]

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+ "Tu effaceras le souvenir d'Amalek de dessous le Ciel" (Ki Tétsé 25,19)

Le Ciel se dit en hébreu : "שמים" (chamayim).
En descendant dans l'alphabet hébraïque, quelles sont les lettres qui viennent "en dessous" (après) celles de שמים?

Dans ce mot, il y a 3 lettres différentes : après le ש vient le ת ; après le מ vient le נ ; et après le י vient le כ.
Cela permet de former : תנך (Tana'h), qui est l'acronyme de : Torah, Névi'im et Kétouvim (תורה נביאים וכתובים), qui comprend toute la Torah Écrite.

=> Ainsi : "Tu effaceras le souvenir d'Amalek", mais avec quoi?
"de dessous le Ciel" : avec ce qui se trouve sous les lettres du mot Ciel (שמים) soit : le Tana'h (תנך).

En effet, par le mérite de la Torah, le nom d'Amalek sera effacé.

[le Adéret Eliyahou]

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+ "Souviens-toi de ce que t'a fait (עָשָׂה לְךָ) Amalek sur le chemin"

-> Amalek fait référence au yétser ara , et il fait en sorte que l'on agisse : "pour toi" (לְךָ), pour soi-même et non pas pour Hachem.

La guémara (Pessa'him 50b) fait remarquer :
- "Ta bonté s’élève jusqu’au Ciel (ad chamayim)" [Téhilim 57,11]
- "Ta bonté s’élève par-dessus le Ciel (méal chamayim)" [Téhilim 108,5]
=> La bonté de D. est-elle au-dessus ou bien en-dessous du Ciel?

Lorsque nous agissons de manière désintéressée (lichma), uniquement parce que telle est la volonté de D., alors nous sommes au-dessus du Ciel.
Tandis le cas contraire, nous restons en-dessous du Ciel.

Le verset dit : "Tu effaceras le souvenir d'Amalek de dessous le Ciel (mita'hat haChamayim)".
=> Il faut supprimer notre yétser ara qui nous pousse à agir au mieux d'une manière intéressée (lo lichma), faisant que nous restons limité sous le Ciel.

Ainsi,nous devons tout faire pour agir d'une façon lichma afin de pouvoir monter toujours plus haut dans le Ciel, exprimer pleinement nos énormes potentialités, et être ainsi toujours plus proches de papa Hachem.

[le Yatsèv Avraham - רבי אברהם צבי גינצלער]

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+ "Souviens-toi de ce que t'a fait Amalek sur le chemin" (Ki Tétsé 25,17)

-> Le yétser ara fait tout pour que nous soyons tellement occupés par les problèmes de ce monde, que nous n'avons alors plus de temps à consacrer pour Hachem et Sa Torah.

Ainsi, la mitsva de toujours se rappeler de l'attaque d'Amalek, qui est venue en conséquence d'un relâchement dans notre service de D., nous permet de toujours se rappeler de Hachem et de Sa Torah.

[si tu veux éviter que Amalek te rende visite pour te pousser à te rapprocher de D. par ses attaques douloureuses, alors reste proche de papa Hachem dès maintenant!]

Par ailleurs, la mitsva de se souvenir de ce que t'as fait Amalek, est une allusion au fait de constamment observer les conséquences du fait d'avoir écouté notre yétser ara, "sur le chemin" dans cet exil.

[plus on se rend compte de ce qu'il nous a fait perdre de bien (du temps de vie, des mitsvot, ...) et gagner de mauvais (ex: des souffrances en réparation de nos fautes, ...), plus nous pourrons lui répondre la prochaine fois : Non, je ne t'écoute plus. Stop aux dégâts la vie est si courte!! Je perds tellement à t'écouter!!]

[basé sur des écrits du 'Hida]

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+ "Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek ... il a frappé en toi ceux qui étaient en arrière"

-> Amalek a attaqué tous les Juifs. Le verset aurait dû donc dire : "Souviens-toi de ce que vous a fait Amalek".
En fait, la force d'Amalek est d’attaquer les juifs qui se mettent à l’écart de la communauté et se séparent de l’ensemble du peuple.

Selon l’expression de nos Sages, il attaque ceux que les nuées de gloire ont rejeté, c'est-à-dire ceux qui se sont exclus.

C’est pourquoi, le verset dit : "Souviens toi de ce que t’a fait Amalek", au singulier, car Amalek ne peut endommager que ceux qui ne sont plus parmi la communauté, mais qui se sont divisés et qui ont mis leur individualité au-dessus de l’unité juive.

Mais quand tous les Juifs sont réunis et que la communauté est forte, toute entière rassemblée, alors Amalek perd toute sa force.

[Rabbi Bounim de Pchis’ha]

[nos divisions donnent de la force/puissance à Amalek, pour d'une certaine façon qu'il vienne nous unir dans la souffrance.
Nous devons prendre le mal à la racine, en combattant pour que l'unité, l'amour entre les juifs soit présent, plutôt que de se focaliser sur la conséquence : chercher à combattre les expressions de la puissance d'Amalek dans ce monde.]

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+ Pourim et l'unité :

-> "Haman dit au roi A’hachvéroch : Il y a (yéchno) un peuple disséminé et dispersé parmi les [autres] peuples" (Esther 3,8)

Selon la guémara (méguila 13b), les mots : "un peuple disséminé " (Yéchno am é’had) signifient : endormi (yochèn) et négligeant à l’égard des commandements.

Il n'y est pas spécifié quelles mitsvot en particulier, mais le Kli Yakar (Chémot 17,8) et le Sfat Emet (5641) viennent expliquer qu'il s'agit des mitsvot entre l'homme et son prochain, et de l'unité.
D'ailleurs, Haman observe que c'est : "un peuple disséminé et dispersé". Il fait alors remarqué à A'hachvéroch que puisqu'il y manque de l'unité, alors il est possible de les attaquer. (à l'image d'Amalek, dont il était un descendant).

En effet, le Kli Yakar explique que la 1ere attaque de Amalek a immédiatement suivi le lieu de : Massa ouMériva (Béchala'h 17,7) qui veut dire littéralement : "épreuve et querelle".
Dans le sens simple, cela signifie que les juifs se sont rebellés contre Hachem car ils manquaient d'eau, mais le Kli Yakar affirme que cela fait référence aux querelles et disputes entre les juifs.

-> "Israël y campa face à la montagne [de Sinaï]" (Yitro 19,16)
Rachi commente : Comme un seul homme, d’un seul cœur [d’où l’emploi du singulier], tandis que les autres étapes ont eu lieu dans des récriminations et des querelles

=> On voit que si Amalek a pu nous attaquer c'est à cause du manque d'unité, et que si on a pu recevoir ensuite la Torah c'est grâce à notre unité.
D'ailleurs, Hachem dit : "Puisqu’ils haïssent la discorde et aiment la paix, le moment est venu que Je leur donne la Torah." (traité Déré’h Erets Zouta)

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-> Dans le désert Amalek a également attaqué le peuple juif à Réfidim (רפידים), et le Kli Yakar fait remarquer que c'est les mêmes lettres que le mot : פרידים qui signifie : séparés.

Puisque les juifs étaient divisés entre eux, alors Hachem a donné la permission à Amalek de nous attaquer.
[=> se souvenir de Amalek/Haman et vouloir le combattre, c'est se souvenir de la raison qui lui a permis de nous nuire!]

-> Lorsque le peuple juif a combattu Amalek, la Torah rapporte que Aharon et 'Hour tenaient les bras de Moché (lorsqu'ils étaient au-dessus de sa tête les juifs étaient en train de gagner la bataille).
=> Quelle est la signification de Aharon et 'Hour dans ce contexte?

Le Kli Yakar explique que 'Hour était le fils de Myriam.
Myriam est le symbole ultime des mitsvot entre un homme et son prochain. En effet, pendant l'esclavage en Egypte elle était une sage-femme qui passait son temps à aider autrui pour donner la vie, elle a également aidé Moché en le plaçant sur le Nil.

Hillel dit : "Sois parmi les disciples d’Aharon, en aimant la paix et en poursuivant la paix, en aimant les créatures" (Pirké Avot 1,12). Il passait son temps à développer l'harmonie dans le peuple.
D'ailleurs, dans la paracha 'Houkat (21,1), il est rapporté une autre attaque de Amalek contre les juifs.
Rachi commente : "[Amalek] entendit que Aharon était mort et que les nuées de gloire avaient disparu"
Selon le Kli Yakar, Amalek a attaqué car il savait qu'en l'absence de Aharon, l'unité des juifs s'est trouvée affaiblie, les rendant vulnérables.

=> On comprend mieux pourquoi c'était particulièrement ces 2 personnes qui soutenaient les bras de Moché, pendant la bataille contre Amalek.

[Les mains devaient être grandes ouvertes vers le haut pour gagner, symbolisant la nécessité de témoigner de l'amour l'un envers l'autre et de l'unité (mains grandes ouvertes à autrui = tu es le bienvenue mon frère, ta présence me comble de joie!)]

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b'h, sur ce sujet :
-> il y a : https://todahm.com/2015/10/25/3841
-> et également : https://todahm.com/2018/03/05/effacer-amalek-de-nos-jours
-> et aussi : https://todahm.com/2014/08/08/reflexions-sur-la-difference-entre-amalek-et-le-peuple-juif

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+ "Et les bras de Moché étaient pesants ... Aharon et 'Hour soutinrent ses bras ... jusqu'au coucher du soleil" (Béchalah' 117,12)

-> Dans le désert, la guerre contre Amalek n'a duré qu'une journée, jusqu'au coucher du soleil.
Ainsi, plusieurs fois au cours de cette même journée, le peuple d'Israël passait d'un état de confiance envers Hachem à un état de découragement, ce qui se traduisait par des phases successives de victoire et de défaite.
Quelle est l'origine de cette instabilité?

Chaque homme est relié à 2 réservoirs : un réservoir de lumière spirituelle grâce à son âme (néchama) et un réservoir d'obscurité spirituelle à cause de son corps.
Après un élan spirituel intense, induit par les forces de lumière, où ils priaient en manifestant leur confiance totale en Hachem, les forces d'obscurité réagissaient en freinant cet élan spirituel, entraînant un découragement, l'arrêt de leur prière et de la défaite.
Les forces d'obscurité se sont agrippées aux forces de lumière pour les contrecarrer et les chasser.
[rabbi ‘Haïm Chmoulévitch – Si’hot Moussar (si’ha 2)]

[cela est applicable dans notre vie quotidienne, où le yétser ara ("Amalek") fait tout pour diminuer autant que possible nos élans, notre dynamique spirituelle.
A nous d'en être conscients, et de tâcher que notre "machine" tourne à plein régime, avec le moins possible de pertes de réalisations de notre potentiel par le yétser ara.]

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-> Le 'Hatam Sofer décrit le grand miracle qu'il y a eu pendant cette guerre.
Les juifs n'étaient pas concentrés dans le combat. Leurs pensées n'avaient qu'un but : attacher leur cœur à leur Père au Ciel, et néanmoins, ils ont gagné la guerre.
Généralement les soldats doivent se focaliser de toutes leurs forces pour être réactifs, et bien viser leurs cibles. Mais pendant cette guerre l'esprit des soldats était totalement ailleurs, et malgré cela ils ont gagné le combat grâce à leur dévouement total à Hachem.

"La dégradation des générations provient essentiellement du manque de vigilance des gens pour le vol et la spoliation sous toutes ses formes.

C'est la plus grande accusation pesant sur l'homme, conformément au commentaire de nos Sages (midrach Vayikra rabba 33,3) sur le verset : "Or la terre s'était corrompue" (Noa'h 6,11) : "Ils ont rempli une mesure de fautes, celle du vol étant le principal chef-d'accusation".

[rav Shmouël Wosner - rapporté dans le Omatok haOr
- à propos de la guémara (Erouvin 100b) : "Si la Torah n'avait pas été donnée, nous aurions appris [l'interdiction du] vol de la fourmi".]

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+ "D. dit à Noa’h : "la fin de toute chair est venue devant Moi, car la terre est remplie de brigandage à cause d’eux"." (Noa’h 6,13)

-> Rachi = D. a décidé la condamnation des habitants de la terre à cause du vol.

-> "Viens et vois comment est grande la force du vol.
La génération du déluge a transgressé toutes les prescriptions qui lui avaient été faites (meurtres, incestes, ...), mais finalement, elle n’a été détruite qu’à cause du vol."
[rabbi Yo'hanan - guémara Sanhédrin 108a]

-> Ceci peut être compris à la lumière de l'explication du rav Shimhon Hirsch concernant la raison pour laquelle un éved Ivri (esclave hébreu) fut la première mitsva que Moché Rabbénou enseigna au peuple juif au mont Sinai : "Le vol montre le mépris le plus direct de l'idée du droit de propriété, et une personne qui vole perd son droit à la liberté et est vidée de sa sainteté intrinsèque qui l'élevait au-dessus de la mondanité physique".

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-> "Combien la faute du vol est grave, car du Ciel on se hâte d’écouter le cri de celui qui a été volé, et les portes ne sont pas fermées devant ceux qui crient de cette façon."
['Hafets 'Haïm - Sefat Tamim ch. 3]

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-> "La terre s’était remplie d’iniquité" (Noa'h 6,11)

-> L’auteur du Yalkout haGuirchoni souligne que Hachem, miséricordieux, ne punit pas l’homme directement, mais tout d’abord ses biens : comme par les affections lépreuses qui touchaient en premier lieu les murs de sa maison, puis ses vêtements.
=> S’il en est ainsi, pourquoi n’appliqua-t-Il pas ce principe pour les contemporains de Noa’h, dont Il décréta directement la mort?

Leur argent ne leur appartenait pas, puisqu’ils l’avaient volé ; il était donc impossible de les punir par ce biais.
C’est la raison pour laquelle D. dut les sanctionner en les anéantissant. D’où le sens de cet enseignement de nos Sages : "Leur décret ne fut scellé qu’à cause du vol" : le Créateur dut les détruire par le déluge, car, en tant que voleurs, ils ne pouvaient pas être châtiés autrement.

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-> "La terre s’était remplie d’iniquité" (Noa'h 6,11)

=> Pourquoi les hommes de la génération du déluge, qui transgressaient de graves péchés comme l’idolâtrie et l’immoralité, furent-ils anéantis précisément à cause du vol ?

L’auteur du Pir'hé Chochana, l’un des élèves du ‘Hafets ‘Haïm, rapporte cette réflexion de son Maître :
il répond en s’appuyant sur cet enseignement de nos Sages : "Quand la mesure est pleine de fautes, quel est le principal chef d’accusation? Le vol".
Pourquoi? Dans le traité Avot, il est dit : "Celui qui accomplit une mitsva acquiert un défenseur et celui qui commet un péché acquiert un accusateur". Or, ces anges créés par la mitsva ou la avéra sont le reflet de l’acte étant à leur origine. Par exemple, si une mitsva a été exécutée avec zèle, l’ange qui en découle sera lui aussi zélé, alors qu’une autre faite avec paresse donnera naissance à un ange paresseux.

Or, le vol est généralement entrepris avec effronterie, si bien qu’il engendre un ange effronté.
Lorsque les péchés de l’homme outrepassent la mesure, il a de nombreux accusateurs, mais seul l’un d’entre eux, insolent, prend les devants pour s’empresser de l’accuser : celui créé par le vol.
Les autres cherchent également à l’accuser, mais n’ont pas la même audace. C’est pourquoi, parmi les nombreux péchés perpétrés par l’homme, le vol est son principal chef d’accusation, principe confirmé au sujet de la génération du déluge.

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-> "Car la terre était remplie de violence devant eux (Noa'h 6,13)

-> Rachi : Le décret contre eux n’a été scellé qu’à cause du vol

-> Le Tiféret Shlomo enseigne :
Le midrach rapporte qu’Avraham a demandé à Chem le fils de Noa’h comment ils avaient été sauvés du déluge, et que Chem lui a répondu que c’était par le mérite d’avoir eu pitié des animaux, des bêtes sauvages et des oiseaux qu’eux aussi avaient mérité la pitié du Ciel.

Par conséquent, si les gens de la génération du déluge avaient eu pitié les uns des autres, eux aussi auraient éveillé envers eux-mêmes la pitié du Ciel, et ils auraient été sauvés eux aussi du déluge.
Mais comme ils n’ont pas eu pitié les uns des autres et volaient et se montraient violents envers le prochain, il n’y a pas eu de pitié dans leur jugement, et le décret a été prononcé contre toutes leurs fautes mises ensemble.

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=> Pourquoi la punition de la génération du déluge, qui a été scellée parce qu’ils s’étaient livrés au vol, a-t-elle pris cette forme-là, de la descente d’un déluge, et non celle d’une autre forme de destruction?

Le Kli Yakar explique :
"Comme tout ce qui est volé rentre dans le domaine de quelqu’un d’autre, il est juste de leur infliger des cataractes d’eau, car alors chaque goutte touche l’autre et rentre dans son domaine.
Il est dit à propos des pluies de bénédiction : "Qui a creusé des rigoles à l’averse", d’où l’on peut déduire que chaque goutte a un canal particulier, et il y a de la place entre chaque goutte, pour que l’une ne pénètre pas dans le domaine de l’autre.
Or si quelqu’un a volé en entrant dans le domaine de l’autre, il est juste que les pluies de bénédiction se transforment pour lui en déluge, car alors toutes les gouttes se mélangent."

-> b'h, voir aussi : https://todahm.com/2019/10/02/10801-2

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-> b'h, également sur la notion du vol : https://todahm.com/2014/05/18/vous-ne-volerez-point

"Si tu rencontres en ton chemin un nid d'oiseaux sur quelque arbre ou à terre, de jeunes oiseaux ou des œufs sur lesquels soit posée la mère, tu ne prendras pas la mère avec sa couvée. Tu es tenu de laisser envoler la mère, sauf à t'emparer des petits ; de la sorte, tu seras heureux et tu verras se prolonger tes jours" (Ki Tétsé 22,6-7)

-> Il s'agit de la mitsva de chasser la mère du nid, et elle ne se fait que si la mère est en train de couver les œufs ou les oisillons avant qu'ils ne sachent voler.

-> "Honore ton père et ta mère, comme te l'a prescrit Hachem, ton D., afin de prolonger tes jours et de vivre heureux" (Vaét'hanan 5,15)

A l'exception de toutes les autres mitsvot, pour ces 2 là nous avons connaissance de la récompense ("prolonger tes jours").

La guémara (Yérouchalmi Péa 1,1) fait remarquer qu'elles encadrent l'ensemble des mitsvot : le respect des parents étant vu comme la plus difficile des mitsvot ('hamoura chébé'hamourot), et à l'opposé, le "chiloua'h akèn" est considérée comme la plus facile (kalla chébékallot).

Malgré cela, on peut constater que la récompense promise par Hachem est la même pour les 2 mitsvot, ce qui nous apprend que nous ne pouvons pas savoir qu'elle sera la récompense des mitsvot.
En ce sens, il est écrit : "Sois méticuleux [en accomplissant] une mitsva [apparemment] mineure, comme pour une mitsva conséquente, car tu ne connais pas la rétribution accordée pour les mitsvot." (Pirké Avot 2,1)

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-> On peut se demander pourquoi finalement la même récompense concerne une mitsva très lourde autant qu’une mitsva beaucoup plus légère?

Le Sfat Emet de répondre :
C’est que quand une mitsva paraît légère et semble ne pas avoir beaucoup d’importance, les gens risqueraient de ne pas tellement s’y consacrer. Il est naturel de chercher à faire ce qui est important plus que ce qui l’est moins.
Et cela même, confère une certaine difficulté d’accomplir ces mitsvot plus légères, car on les délaisse naturellement.
=> C’est cette difficulté qui rehausse leur récompense au niveau de celle des mitsvot plus importantes.

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-> Selon le Rambam, cette mitsva vise à nous interdire d'utiliser notre supériorité sur les animaux, au moment où une bête ne peut fuir et se protéger à cause de son instinct maternel qui lui interdit d'abandonner ses petits.

En effet, nous pouvons prendre les oisillons car ceux-ci sont par nature dans une situation de faiblesse, mais pour la mère se serait faire acte de cruauté que de profiter du sacrifice (au lieu de partir elle va rester pour sauver ses petits) pour la capturer.

Par cette mitsva, la Torah cherche à nous inculquer une leçon vitale : si déjà par rapport à un animal dépourvu d'intelligence, qui n'agit que par instinct, nous devons faire preuve de compassion, à plus forte raison sommes-nous tenus de manifester de la considération envers nos semblables.

=> Ainsi, n'exploitons jamais la faiblesse d'autrui, lorsqu'il est incapable de se protéger du fait de sa situation.

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-> "Quiconque dit au sujet de [cette mitsva de] renvoyer la mère : "Ta miséricorde la prend en pitié", on le fait taire". [michna Béra'hot 5,3]

Hachem ne manque pas de moyens pour protéger Ses créatures, sans avoir recours aux actions des hommes.
Ce n'est pas l'oiseau que D. prend en pitié, mais les hommes, pour épurer leurs cœurs de toute cruauté et les gratifier de belles vertus morales.
En effet, en étant cruel avec les animaux, on devient davantage cruel d'une manière générale, même avec les autres personnes.

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-> Rabbénou Bé'hayé, cite le Zohar, rapportant en détails comment cette mitsva réveille la miséricorde Divine sur le monde entier.

En effet, lorsque l'oiseau est envoyé au loin de son nid, il est rempli de chagrin sur la destruction de son nid et de comment il est brusquement séparé de ses oisillons.
Il est tellement bouleversé qu'il a envie de se tuer.
En raison de cette grande tristesse, l'ange en charge des requêtes des oiseaux, va demander de la compassion pour cet oiseau.
C'est alors que Hachem, qui "est bon pour tous, sa pitié s’étend à toutes ses créatures" (Téhilim 145,9), va étendre son abondante compassion sur tous ceux qui souffrent et qui ont besoin de miséricorde.

=> Ainsi, une personne qui va réaliser la mitsva de "chiloua'h haken", va stimuler la miséricorde pour le monde entier, et par ricochet sur elle également.

-> D'une façon similaire, le Sifté Cohen enseigne
La mitsva de chiloua'h haken entraîne un éveil de la miséricorde Divine sur le monde.
Le Zohar dit que lorsque la mère de l'oiseau est chassée au loin, elle s'inquiète et est peinée sur le nid et ses enfants, au point de vouloir se tuer.
En raison de sa grande souffrance, le ministre/ange Céleste responsable des oiseaux va chercher de la miséricorde Divine pour cet oiseau.
Hachem se dit : "Si le ministre/ange recherche de la miséricorde pour ceux dont il est responsable, alors sans aucun doute, Moi qui suis la source de toute la miséricorde/bonté, Je dois témoigner de la miséricorde sur Mes enfants!"
Cela entraîne qu'Hachem a de la miséricorde sur le monde entier.
Ainsi, celui qui accomplit la mitsva de chiloua'h haken est à l'origine de cette grande conséquence positive.

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-> Le Gaon de Vilna (sur Michlé 30,17) dit que chasser la mère oiseau, est un acte cruel et sans cœur, à l'opposé de la mitsva de respecter ses parents, qui est un acte de compassion et d'amour.
C'est ce contraste qui fait que ces 2 mitsvot vont amener la même récompense.

En effet, la pleine mesure d'une personne s'exprime lorsqu'elle réalise une mitsva qui est contraire à sa tendance naturelle.
Certaines personnes sont gentilles de nature : la mitsva de respecter ses parents se fait alors facilement, par contre, il leur sera difficile d'agir avec cruauté, comme dans la mitsva de renvoyer la mère qui est avec ses petits ne sachant pas voler.
Pour d'autres personnes, cela sera l'inverse.

Nous recevons une récompense pour le fait d'avoir agit selon la volonté de Hachem, et non en fonction de notre logique et de nos incitations naturels.
Ainsi, pour être considéré comme un homme entier (adam chalèm) dans sa pratique de la volonté de D., il faut posséder ces 2 traits de caractère diamétralement opposés.

=> Ces 2 mitsvot ont la même récompense, car elle partage un objectif commun : démontrer un attachement total à Hachem.

Selon le Gaon de Vilna, cette mitsva n'a pas été créé pour développer de la compassion, au contraire, nous devons aller contre notre nature, nous devons être insensible à la souffrance de la mère oiseau. Cela témoigne alors que nous n'agissons que selon la volonté de D., peu importe ce que l'on ressent comme compassion.

Le Gaon de Vilna fait remarquer l'appellation de Avraham après avoir passé sa 10e et plus dure épreuve : la Akéda Yitsa'hak : "Maintenant, Je sais que tu es [un homme] craignant D. (yéré Elohim)" (Vayéra 22,12)
=> Est-ce que les 137 années de sa vie avant la Akéda n'ont-elles pas suffit à prouver qu'il était un tsadik?

Le Gaon de Vilna dit que jusqu'à cette épreuve, Avraham était connu pour son hospitalité et sa très grande bonté, mais il n'avait pas été testé sur l'opposé : la cruauté.
Peut-être qu'il ne faisait que suivre son instinct plein de gentillesse à l'écart des autres.

Ce n'est qu'une fois qu'il a été prêt à offrir en sacrifice son fils, un acte cruel et sans cœur, agissant à l'opposé de sa nature, et réalisant l'impensable pour une personne possédant autant de compassion que lui, qu'il a été dénommé ainsi.
En effet, sans hésitation, Avraham a choisi de faire la volonté de Hachem, il y a alors prouvé rétroactivement que chacun de ses actes était motivé par D., et non par sa nature interne, et c'est pourquoi il a été alors appelé : "un craignant D."

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-> Une personne reçoit assurément une plus grande récompense pour la réalisation de la mitsva du respect de ses parents, car elle demande bien davantage d'efforts.
La mitsva de chiloua'h haken, qui survient par hasard, et qui est plutôt facile à accomplir, donne une récompense bien moindre.
[même si les 2 mitsvot offrent une récompense de longue vie = une bonne récompense dans le monde à venir]
Une personne doit placer tout son cœur dans chacune des mitsvot qu'elle réalise, car chacune d'elle la rapproche davantage de Hachem.
['Hen Tov]

[il y a un lien entre ces 2 mitsvot pour nous enseigner qu'à nos yeux une mitsva n'est pas valoriser par la récompense qu'elle amène (on les trie alors selon notre échelle d'importance, nos envies, donc notre égo!), mais plutôt toute mitsva doit être aussi importante, indispensable à accomplir car étant un moyen de pouvoir être éternellement plus proche de D., ce qui est la meilleure des choses!]

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-> La guémara (Yérouchalmi Péah 1,1, basée sur Michlé 30,17) écrit que de même que les mitsvot de respecter ses parents, et de "chiloua'h haken" reçoivent une récompense identique, de même, elles amènent une punition similaires :
- Si quelqu'un ne respecte pas ses parents comme il le faut, des corbeaux, qui sont cruels, vont picorer et déchirer sa chair.
- Si quelqu'un ne réalise pas le "chiloua'h haken" comme il le faut, des aigles, qui sont compatissants, vont festoyer sur lui.

-> Le Gaon de Vilna explique que la punition correspond parfaitement, mesure pour mesure :
- lorsque l'on ne respecte pas ses parents correctement, c'est qu'on a été trop cruel avec eux.
En punition, sa peau est déchirée par des corbeaux, oiseaux pleins de cruauté, puisqu'attaquant sa proie non pas pour manger, mais uniquement par méchanceté.

- lorsque l'on n'a pas réalisé correctement le "chilou'ah kahen", c'est qu'on avait trop de compassion mal-placée.
En punition, sa peau est mangé par un oiseau qui est compatissant : l'aigle, qui mange sa proie afin de se nourrir.

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-> Le Méam Loez écrit que cette mitsva nous donne une leçon quant à nos relations avec nos enfants.
Comme par nature les oiseaux sont effrayés par les hommes, la mère oiseau a peur mais reste sur le nid par dévouement pour ses petits.
Nous devons faire preuve d'un dévouement comparable pour nos enfants.

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-> "Tu ne prendras pas la mère avec sa couvée. Tu es tenu de laisser envoler la mère"

On pourrait avoir tendance à vouloir prendre la mère et l'utiliser comme nourriture ou autre occupation.
Mais la loi de la Torah nous ordonne de considérer le bien-être des autres et de la renvoyer afin qu'elle puisse produire davantage de jeunes (oisillons).
L'observance de cette mitsva enseigne à l'homme de combattre son égotisme (le culte du moi) pour le bien commun (ex: profiter de la mère), et c'est pour cette raison que la récompense pour son accomplissement est si importante.
[Avné Ezel]

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-> Il est écrit dans le Tikouné Zohar et dans les écrits du Arizal que la réalisation de la mitsva de "Chiloua'h haken" rapproche le moment de la guéoula.
[le ‘Hida - Dvach Léfi]

-> Hachem promet : "Si vous renvoyez la mère oiseau, Je réaliserai la prophétie : "Voici, Je vous envoie le prophète Eliyahou" (Mala'hi 3,23)."
[midrach Dévarim rabba 6,7]

-> Si tu "renvoie la mère", quelle sera ta récompense?
"Tu prendras les petits" = c'est-à-dire que tu auras des enfants.
[midrach Dévarim rabba 6,6]

Le Ktav Sofer commente :
Selon nos Sages, nous ne recevons pas la récompense des mitsvot dans ce monde.
Ainsi, en ce qui concerne, la mitsva de chiloua'h haken :
- la récompense est une longue vie [soit une bonne récompense dans le monde à venir] ;
- il s'y ajoute une récompense supplémentaire (matan sechar), qui nous est accordée dans ce monde, et il s'agit d'avoir des enfants.

"Il a témoigné à faux contre son frère. Vous lui ferez comme il a projeté de faire à son frère et tu détruiras le mal de ton sein" (Choftim 19,18-19)

-> On appliquera aux faux témoins (édim zomémim) la peine qu’ils ont voulu imposer à la tierce personne.
Ainsi, par exemple, si leur témoignage avait entraîné que l'on condamne à mort une autre personne, alors les faux témoins seront exécutés.
Cependant, nos Sages expliquent que l'on exécute les faux témoins que si la tierce personne a uniquement été condamnée à mort, mais n’a pas encore été tuée du fait de leur témoignage.
Mais, si le tribunal a déjà mis à mort l’accusé, alors les faux témoins ne seront pas exécutés. En effet, la Torah dit : "On lui fera (au témoin) comme il a voulu faire à son frère", et la Torah orale explique : "Comme il a voulu faire mais pas comme il a fait."

Cette loi paraît très étonnante. Si déjà quand l'accusé a simplement été condamné à mort, alors les témoins seront tués, quand il a été effectivement mis à mort suite au témoignage, la logique voudrait qu'à fortiori les témoins soient tués!
=> Comment comprendre cela?

Nous allons voir b'h quelques réponses de nos Sages.

-> Le Ramban explique que Hachem siège avec les Sages dans le tribunal rabbinique.
Ainsi, si un homme a été exécuté par le tribunal suite au témoignage de 2 témoins, et qu’il s’avère par la suite que les témoins ont été confondus, si le Juge Suprême (Hachem) a laissé faire une telle chose que le tribunal mette à mort un individu, c’est qu’Il a trouvé bon que l’accusé soit tué.

En effet, ce dernier avait certainement commis des actions qui le condamnaient par le Tribunal d’En-Haut. Hachem a donc entraîné que celui-ci soit exécuté.
Ainsi, si le tribunal rabbinique exécute un homme c'est que cela a été décidé par Hachem.

C'est pourquoi, les témoins, même s'ils ont été confondus, ont permis de réaliser la Décision Divine, et ne seront donc pas exécutés.
En revanche, si l'accusé a été condamné à mort, puis les témoins ont été démentis avant l’exécution de l’accusé, alors on mettra à mort les témoins, car le Ciel n’a pas décidé que l’accusé mérite la mort.
En effet, les témoins ont donc réellement mis en place un plan pour tuer un véritable innocent, c'est pourquoi ils seront exécutés.

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-> Le Maguid de Doubno apporte une parabole pour expliquer ce sujet.

Réouven fait convoquer Chimon au tribunal parce que ce dernier l’a giflé.
Le juge tranche alors que Réouven doit rendre une gifle à Chimon, et Réouven proteste : "Voilà que Chimon m'a giflé alors que je ne lui avais rien fait. En revanche, moi je vais lui donner un coup alors qu’il le mérite. La punition ne correspond donc pas à la faute !"

Si les faux témoins ont simplement cherché à entraîner la mort de quelqu'un d'innocent sans être parvenus à leur fin, alors quand on les met à mort, cette punition est équitable. En effet, ils seront tués sans avoir non plus réussi à commettre de faute concrètement.

Mais, si l’accusé est exécuté suite à leur témoignage, alors le fait de tuer les témoins n’est pas une punition équitable. En effet, ils ont entraîné la mort d’un innocent alors qu'eux seront tués suite à un réel crime.
Ainsi, cette punition n’est pas suffisante par rapport à leur si grave faute et ne pourra donc pas réparer cette faute. Or, puisque les peines de la Torah ne viennent que afin de réparer la faute commise (et non pas en tant que vengeance, que D. préserve), quel est donc l’intérêt de tuer ces faux témoins si cette peine ne suffit pas pour compenser et réparer leur faute.

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-> Le Maharal de Prague explique que tant que le mauvais projet des faux témoins n'a pas encore été réalisé et que l’accusé n’a pas encore été exécuté, alors cette volonté sinistre de tuer leur prochain continue toujours a être "collée" à leur âme. Ils restent toujours attachés à cette idée et cherchent encore éperdument à réaliser leur plan.
=> C’est pourquoi, la Thora décrète qu’il faudra tuer les témoins, pour supprimer le mal du sein du peuple juif. En effet, ce mal brûle dans le cœur des témoins et il faut le supprimer.

Mais, si leur mauvais dessein a été réalisé et que l’accusé a été mis à mort, alors le mal et le désir du crime se trouvent séparés du cœur des témoins.
En effet, quand quelqu'un désire commettre une faute, tant que la faute n'est pas réalisée, cette personne "brûle" pour celle-ci. Mais une fois que la transgression a été commise, la personne se "refroidie", se calme, et son mauvais penchant le laisse seul avec sa conscience.

C’est pourquoi, nos Sages enseignent que "les réchaïm sont remplis de regrets", car une fois la faute commise, le mal se détache de leur cœur et les regrets commencent à prendre la place.
=> De ce fait, si les témoins ont entraîné la mort de l’accusé, la Torah tranche qu’on ne les tue pas, étant donné que le mal s’est détaché de leur personne, les tuer ne reviendrait donc pas à supprimer ce mal.

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-> Rabbénou Bé’hayé rapporte une réponse plutôt technique. Il dit que si l’accusé a été exécuté, il se trouve que les 2 témoins confondus s'opposent aux 2 autres témoins qui les ont démentis.
Ainsi, il n’y a que 2 personnes (à savoir les 2 autres témoins) qui s’opposent aux dires des 2 témoins confondus. C’est la parole de 2 personnes contre 2 autres personnes.
Puisqu’il n’y a pas de majorité contre les témoins confondus, on ne peut donc pas les exécuter.

En revanche, si l’accusé n’a pas été exécuté, alors lui aussi s’ajoute aux deux autres témoins pour s’opposer aux témoins confondus et dire qu’ils ont menti.
Ainsi, il y a 3 personnes (les 2 autres témoins et l’accusé) qui s’opposent aux 2 témoins confondus. Du fait d’une majorité qui s’opposent à eux, on peut donc mettre à mort les 2 faux témoins.

[Source : issu d'un dvar Torah du rav Mikaël Mouyal]

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-> Le châtiment infligé par le beth din fournit une expiation pour le fauteur même dans l'au-delà.
Par conséquent, lorsque les Edim zomémim (faux témoins) ont comploté la mort d'un innocent, ils sont condamnés à mort, et cette sentence suffit à expier leur faute.
Cependant, si les faux témoins ont réussi à faire exécuter l'accusé, leur crime est trop grave pour être pardonné.
Nous attendons donc que le beth din céleste administre un châtiment approprié pour le crime effroyable d'avoir calomnié un innocent et d'avoir causé sa mort.
[Méam Loez]

"Caïn dit à Hachem : "Ma faute est trop grande pour être supportée!"" (Béréchit 4,13)

-> Le Baal Chem Tov (Béréchit 167) enseigne :
Les étincelles de sainteté sont dispersées à travers l'univers. Rien ne peut exister sans la force vitale de ces étincelles saintes, pas même les objets inanimés comme le bois ou la pierre.
Dans chaque action qu'un homme accomplit, oui, même dans ses fautes, il subsiste une étincelle de sainteté.
Or, quelle étincelle peut être contenue dans une faute?
C'est l'étincelle de la téchouva.

Lorsqu'une personne se repent de son péché, elle libère l'étincelle sainte qui était prisonnière de ce péché, l'élevant vers les Cieux.
C'est la signification la plus profonde de la clameur de Caïn : "Ma faute est trop grande! Je ne peux pas l'élever vers les Mondes Supérieurs!"

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-> "Ma faute est trop lourde à supporter" (Béréchit 4,13)

Cette parole a été prononcée par Caïn suite au meurtre de Hevel. Le midrach explique cette phrase sous forme interrogative : "Toi qui supportes le monde entier, est-ce que moi, Tu ne pourrais pas me supporter?!"
=> Ce midrash nous apprend que la manière comment Hachem maintient le monde est comparée à un poids qu'on doit supporter. Mais pour Hachem, rien est difficile. Comment comprendre cette image?

-> Le rav Yerou'ham haévi Lévovitch explique que ce midrach veut nous enseigner une leçon pour nous. Le monde est une charge et un poids. Si on est prêt à tendre les épaules pour supporter les événements qui nous arrivent, alors on pourra traverser les événements de la vie. Mais si on cherche à les fuir et on ne se prépare pas à porter, alors il y a un grand risque de crouler sous le poids.
Cette idée nous éveille à ne pas se plaindre ou s'affliger ni se défiler devant les situations qui nous arrivent, mais au contraire à être prêt à porter et à vivre ce qui nous arrive avec courage et bravoure. C'est comme cela que l'on réussit.
Mais pour pouvoir le faire, il faut placer sa confiance en Hachem et savoir qu'Il ne donne pas de poids que l'homme ne peut supporter. Cette idée lui donnera confiance et conviction qu'il pourra tout traverser. Mais sans cette conviction qu'il sera capable de supporter les situations qu’Hachem lui envoie, l'homme risque de tomber dans l'inquiétude et le découragement, envahi par la peur qu'il n'a pas les forces pour surmonter son existence.
Confiance et courage, voici les 2 principes que l'on doit intégrer pour réussir à traverser les événements de sa vie.

" Avraham l'Hébreu (a'ivri - הָעִבְרִי)" (Lé'h Lé'ha 14,13)

-> "ha'Ivri" = celui qui se tient de l'autre côté (de : évér - cf. Rachi).
Même si l'ensemble du monde se tient avec une vision de ce qu'il faut faire dans la vie, les juifs (a'ivri) se tiennent solidement de l'autre côté, fidèles à la Volonté de D.

-> Le Divré Yé'hezkel (le rabbi de Shiniava) commente ce verset :
"Le mot "Ivrim" (hébreux) est dérivé du verbe : "avar" (passer).
Pourquoi les juifs sont-ils appelés : "Ivrim" (Hébreux)?

Un juif doit savoir que ce monde n'est rien d'autre qu'un passage vers le monde futur.
Nous ne sommes que des gens en transit, nous déplaçant d'un monde [éphémère] à l'autre [éternel].
Rappelez-vous, la chose principale est le monde futur."

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-> Pourquoi Hachem s’appelle-t-Il "le D. des Hébreux"?
Le mot "ivri" (hébreu) vient de avar (le passé). Israël ne ressemble pas aux autres nations du monde.
Les autres nations ne rêvent que de progrès et de science, alors que les juifs restent toujours en arrière, ils portent la barbe, mettent un chapeau et ne vivent pas en conformité avec l’époque moderne.
Les juifs n’ont mérité d’être délivrés de l’Egypte que parce qu’ils n’imitaient pas les égyptiens, et n’avaient changé ni leurs noms ni leur langue ni leurs vêtements (Leka’h Tov Chemot 6, 6).

[en se rattachant à nos ancêtres, nous bénéficions alors de leurs mérites énormes!]

"Aime ton prochain comme toi-même : Je suis Hachem" (Kédochim 19,18)

-> Les lettres hébraïques qui suivent celles de : "réa'ha" (ton prochain - רֵעֲךָ), sont :
- le : ר suivi par :ש ;
- et ע par : פ ;
- et ך par : ל.
Ces lettres forment le mot : "chafal" (שפל) : modeste, humble.

=> Ainsi, nous pouvons traduire : "vé'aavta léréa'ha" = "aimer", c'est-à-dire "choisir", le mot qui est le "prochain" de "réa'ha" dans l'alphabet hébraïque.
Il s'agit de : "chafal" (humble) = "choisissez l'humilité", car ainsi vous aimerez votre prochain comme vous-même.

[rabbi Shalom de Belz - Dover Shalom]

[une personne humble n'est pas remplie par son égo, et a donc de la place pour autrui en elle-même!]

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-> Comment pouvons-nous aimer un prochain qui nous traite mal?

Rabbi Shmelke de Nikolsbourg (Imré Chmouël) répond :
Toutes les âmes individuelles d'Israël sont une partie de l'âme globale d'Adam, le 1er homme.
L'âme de chaque juif constitue une étincelle découlant de cette âme d'Adam.

Considérons les implications de cette idée.
Il arrive parfois qu'une personne se donne un coup à la tête involontairement. Si de rage, elle prend un bâton et frappe sa main pour avoir blessé sa tête, vous allez penser qu'elle a perdu l'esprit.
Pourquoi devrait-elle s'infliger encore plus de douleur?

Il en est de même si un juif blesse volontairement son prochain juif.
Si la personne blessé se venge, elle s'inflige un dommage contre elle-même.

=> Considérons plutôt que tout est décrété par D., et que Hachem possède plusieurs moyens d'administrer la justice.

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-> "Comment pouvons-nous aimer un méchant (racha)?

Pensez de la façon suivante : l'âme de chaque personne est une part du D. Tout-Puissant.
Par conséquent, ayez pitié de l'étincelle Divine qui est emprisonnée à l'intérieur de l'homme méchant, et aimez cette étincelle."
[Rabbi Shmelke de Nikolsbourg - Chémen haTov]

-> "J'espère pouvoir aimer un bon juif autant que D. aime un racha"
[rabbi Aharon de Karlin - Birkat Aharon]

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-> Lorsque vous voyez votre ami commettre une faute, ne l'incriminez pas.
A la place, pensez : "Quelles excuses pourrais-je imaginer pour m'exonérer si j'avais été dans sa situation?"

Appliquez la même excuse à votre ami et faites de votre mieux pour l'exempter de toute faute.
C'est le sens du passage : "Aime ton prochain comme toi-même".
[rabbi Ména'hem Mendel Haguer de Kossov - Even Chtia'h]

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-> "Aime Hachem ton D." et "Aime ton prochain" sont effectivement 2 commandements distincts, mais par essence, aimer D. et aimer son prochain forment un seul et même commandement.
C'est la tâche du tsadik de transformer les 2 amours en un seul.
[le Ohev Israël - Esser Orot]

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-> Le Noam Elimélé'h enseigne :
Le Zohar nous enseigne que l'âme habille le corps comme un vêtement, imprégnant les membres et les organes.
L'âme désire aimer Hachem, mais notre matérialité est un obstacle.

Au sens figuré, la Torah nous instruit par le verset ci-dessus d'aimer notre voisin, c'est-à-dire D. (comme dans le verset de Michlé (27,10) : "N'abandonne ni ton ami, ni l'ami de ton père"), comme nous-mêmes.
De la même façon que votre âme aime Hachem d'un amour entier, ainsi vous, le double corporel, devez aimer D. d'un amour véritable, afin que le corps et l'âme se complètent harmonieusement.

"Ils diront tour à tour : Nos mains n'ont pas versé ce sang-là, et nos yeux ne l'ont pas vu se répandre." (Choftim 21,7)

-> Rachi : Est-il envisageable que les Anciens de la ville soient des meurtriers?
Les Anciens sous-entendent : "Nous ne l'avons pas vu ni laissé repartir sans provisions et sans escorte".
=> S'ils avaient effectivement laissé partir cet homme sans provisions et sans l'avoir raccompagné, ils auraient été responsable de ce meurtre.

-> Le Saba de Kelm explique que si ce voyageur a quitté la ville dans l'indifférence générale de ses habitants, il a certainement éprouvé un abattement moral.
Cette tristesse n'aura pas manqué de l'affecter profondément, et l'aura assurément empêché de pouvoir se défendre contre un éventuel agresseur.

En revanche, s'ils avaient fait preuve de considération à son égard, cette marque d'attention l'aurait renforcé et il aurait pu tenir tête à son meurtrier.
C'est pourquoi les Anciens doivent témoigner, lors de cette confession qu'ils ne sont pas responsables de la mort de cet homme.

=> Cette réalité attribue une immense responsabilité à toute personne représentant D., et qui a la possibilité de réchauffer le cœur, de témoigner de l'amour et de l'estime à autrui.

[Nous pouvons transposer cela dans la vie de tous les jours.
En effet, si nous ne réchauffons pas le cœur de notre entourage, alors ils auront moins de forces pour faire face à leur yétser ara, et risqueront par notre faute de tomber morts sous les attaque du yétser ara.
N'oublions jamais les paroles du Zohar (Tazria 46,2) : "De même qu’un juif est puni pour avoir dit du lachon ara, de même il est puni s’il avait une opportunité de dire quelque chose de positif à autrui, et qu’il ne l’a pas fait."]

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-> Le Divré Yoël (rabbi Yoël Teitelbaum de Satmar) enseigne sur ce verset :
La guémara (Sotah 45b) demande pourquoi les Anciens doivent déclarer leur innocence. Il est certain que personne ne les suspecte d'avoir commis ce crime.
La guémara répond qu'en lavant leurs mains, ils déclarent qu'ils n'ont pas envoyé cet homme consciemment sans lui donner de provisions et de protection pour son voyage.
=> Pourquoi les Anciens doivent-ils demander pardon en disant : "Pardonne à Ton peuple Israël que Tu as racheté, Hachem!" (Choftim 21,8)?

Il est tout à fait vrai que les Anciens sont innocents du crime, car ils ont fourni au voyageur des aliments et une protection, mais ils sont coupables d'avoir permis qu'une atmosphère de manque de respect de la loi s'installe dans la cité.
Ils auraient dû faire plus attention à l'attitude morale générale de la population.
C'est ce manque qu'ils doivent expier.

En effet, lorsqu'ils déclarent : "Nos mains n'ont pas versé ce sang-là, et nos yeux ne l'ont pas vu se répandre", ils veulent dire : "Nous n'avons pas été attentifs. Nous n'avons pas pris de mesures préventives pour renforcer la stricte obéissance à la loi. Si nous avions créé un esprit de respect de la loi, ce meurtre ne se serait pas produit."

"Quand tu t’approcheras d’une ville pour lui faire la guerre, tu déclareras pour elle la paix" (Choftim 20,18)

-> La ville fait référence à l’homme qui ressemble à une ville dont tous les membres sont les rues.
De plus, la guerre en question représente la guerre que l’homme doit mener contre son mauvais penchant.

On peut remarquer que les termes : "Tu t’approcheras", qui se disent ici dans la Torah : "תקרב "(tikrav), ont la valeur numérique de 702, la même que celle du mot "שבת" (Shabbat).
Ainsi, la Torah vient faire allusion au fait que si une personne souhaite s’approcher de cette ville, c'est-à-dire de son corps, et vaincre le mauvais penchant qui la hante, il doit essentiellement s'attacher au respect du Shabbat.

De la sorte, il vaincra son penchant et atteindra même la paix avec lui.
D'ailleurs, c'est pourquoi, on se souhaite "Shabbat shalom", c'est-à-dire : "Shabbat de paix", car par le respect, la joie et la délectation du Shabbat, on en vient à obtenir la paix avec son mauvais penchant.

[Rabbi Mendel de Vizhnitz]