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"Sois entier avec Hachem ton D." (Choftim 18,13)

-> "Croire que D. seul connaît le futur et a pouvoir sur toute chose, [comme] ne pas consulter d'astrologue pour chercher à percer les mystères de l'avenir, car D. modifie les décrets Célestes à sa guise.

Plus nous nous élèverons vers D., et plus il sera susceptible de modifier le cours naturel des choses en notre faveur."
[Ramban - Choftim 18,13]

-> "Si tu ne cherches pas à sonder le futur, même par des voies licites, mais que tu te confies seulement en Hachem, alors Il veillera à ce que l'avenir te réserve les plus heureuses destinées."
[Malbim - Choftim 18,13]

-> "Si nous croyons que tout ce qui advient est le fait de D., et que nous faisons téchouva, alors Il changera pour nous le mal en bien."
[Rabbénou Yéhouda (fils du Roch) - Zikrone Yéhouda 91]

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-> Il faut s'habituer à dire : "Tout ce que D. désire s'accomplira".
Ne pas chercher à sonder l'avenir, comme nous l'enseigne la guémara (Béra'hot 10a) : "Qu'as-tu donc à te mêler des secrets du Miséricordieux (Hachem)?"
[Smak - Choftim 18,13]

La hichtadlout

"Hachem ton D. t'a béni dans toutes les actions de ta main" (Dévarim 2,7)

-> Il n’est pas dit : "dans toutes les pensées de ta tête", mais "dans toutes les actions de ta main".
En effet, il ne convient pas d’investir sa tête et toutes ses pensées dans sa profession pour gagner sa subsistance.
L'homme doit simplement s'acquitter de sa dette par un simple travail, où il ne laisse agir seulement ses mains, en ayant une confiance totale que par cela, Hachem lui donnera ce dont il a besoin.

Mais on ne doit pas y investir sa tête et sa réflexion pour trouver des idées et des subterfuges, pensant que cela aidera à gagner plus, car en réalité cela n’ajoutera rien de plus.

=> Ainsi, la tête ne doit pas être placée dans son travail, mais on doit la préserver que pour l’étude de la Torah.

[Rabbi Barou'h de Kossov]

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-> "Un père est obligé d'apprendre à son fils comment nager" (guémara Kidouchin 29a)

-> Rabbi Ména'hem Mendel de Kotzk disait :
Le secret pour nager est de ne jamais laisser sa tête totalement sous l'eau (ou très brièvement).
Nous vivons dans un monde [matériel] qui nous attire vers lui, et nous devons toujours être vigilant à avoir notre tête au-dessus de l'eau, c'est-à-dire à ne pas se permettre d'être totalement submergé par les préoccupations du quotidien.
[de la même façon que lorsqu'on nage, il faut veiller à garder la tête hors de l'eau, il faudra aussi tâcher de garder la tête en dehors, quant il s'agit de la parnassa. Dans notre tête, il ne doit y avoir que la émouna dans le Maître du monde, et donc le labeur de la parnassa ne doit toucher que les mains.]

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=> Comment savoir si notre est effectuée uniquement avec les mains ou également avec la tête?

-> Le 'Hazon Ich disait : Lorsqu'on plante un clou dans un mur, on peut continuer à taper dessus tant qu'il ne se tord pas. Dès qu'il se tord, on sait immédiatement que la mission a échoué et qu'il faut essayer à nouveau avec un autre clou.
Il en est de même pour la hichtadlout. Un homme peut s'occuper de sa parnassa sans souci, jusqu'à ce qu'il remarque que quelque chose devient "tordu".
Par exemple, lorsqu'il se rend compte qu'il manque une prière à la synagogue ou qu'il arrête même sa prière en plein milieu pour les besoins de sa parnassa, c'est le signe que le clou commence à se tordre, et qu'il ne s'agit plus de hichtadlout mais d'hérésie dissimulée.

-> Le rabbi Ména'hem Mendel de Kotzk apporte une autre preuve sur le fait que la hichtadlout doit faire fonctionner les mains et non la tête :
La michna (Baba Métsia - 1er chapitre, michna 4) dit : "Celui qui voit une trouvaille et tombe dessus, puis qu'un autre vient et s'en saisit, c'est celui qui l'a saisie, qui l'a acquise".
=> Pourquoi celui qui attrape l'objet l'a-t-il acquis, et non pas celui qui s'est couché dessus auparavant?

Le rabbi de Kotzk explique que celui qui s'est couché dessus a fait une hichtadlout "hystérique" qui était inconvenante. Il s'est empressé pour obtenir ce qu'il voulait, car il craignait qu'un autre ne s'empare de la trouvaille s'il ne tombait pas immédiatement dessus.
Or Hachem a tout ce qu'il faut dans Son monde, on a le temps de se baisser doucement et de ramasser. Si c'est prévu pour nous, cela ne peut pas s'enfuir!
Ainsi, l'homme, qui fait une hichtadlout démesurée, démontre qu'il a associé la tête à ses efforts, et pas seulement ses mains, oubliant le rôle d'Hachem dans la parnassa.

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-> "Plus grand est celui qui profite de son labeur, que celui qui craint le Ciel" (guémara Béra'hot 8a)

-> L'un des 'hassidim du rabbi Ména'hem Mendel de Kotzk lui demanda la raison de cette déclaration de la guémara : "Ce n'est qu'à propos de Moché qu'il est dit que la crainte d'Hachem était facile pour lui, mais pour des gens simples comme nous, la crainte du Ciel est dure à atteindre. Alors comment la guémara peut-elle dire que celui qui profite de son labeur dépasse l'homme qui crainte le Ciel?"

Le rabbi de Kotzk lui répondit :
Il faut préciser que pour appuyer ses dires la guémara rapporte le verset suivant : "Du labeur de tes mains tu mangeras, sois heureux et bien" (Téhilim 128,2).
"Du labeur de tes mains" et pas du labeur de ta tête!

Si l'homme travaille pour sa parnassa uniquement avec ses mains, mais que sa tête demeure toujours dans le Ciel, à s'adonner à la spiritualité, il possède une crainte d'Hachem (yirat chamayim) de haut degré.

Il sait que même lorsque ses mains s'occupent de leur travail, ce ne sont pas elles qui lui apportent la parnassa. Sa tête n'est pas plongée dans la parnassa, ni dans d'autres domaines matériels de ce monde, elle reste réservée au Ciel.

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-> Rabbi Aharon Kotler rapporte le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.21) : "L'homme doit faire une hichtadlout pour sa parnassa, car c'est ce qu'a décrété le Roi Absolu [Hachem]. C'est une taxe que toute l'humanité se doit de payer, et dont on ne peut se défiler".
Le rav Kotler ajoute : lorsqu'un homme fait un effort en effectuant encore une hichtadlout, puis encore une, à quoi cela ressemble-t-il? A celui qui a déjà payé ses impôts, mais revient encore et toujours au guichet pour payer".

-> Rabbi Avraham, le fils du Rambam, écrit dans son livre "Hamaspik léové Hachem" que la hichtadlout est une condition qu'Hachem a placée sur Ses créatures, à cause de la faute d'Adam. Nous sommes obligés de respecter cette condition : chacun doit faire sa hichtadlout à son niveau pour qu'Hachem envoie la parnassa.
Mais si l'homme pense, dans son cœur, que c'est la hichtadlout qui li amène la parnassa, il renie l'existence d'Hachem.

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-> Le Ram'hal (Messilat Yécharim chap.21) écrit :
"L'homme pourrait aisément rester assis à rien faire et le décret s'accomplirait (à savoir ce qui lui a été octroyé du Ciel), si ce n'était le châtiment de toute l'humanité qui l'avait précédé selon lequel : "C'est à la sueur de ton front que tu mangeras ton pain" (Béréchit 3,9).
De ce fait, l'homme est tenu de fournir des efforts dans le but de pourvoir à ses besoins, puisque c'est ainsi que l'a décrété le Roi suprême, et cela constitue comme un impôt que toute l'humanité doit payer et dont elle ne peut s'affranchir. C'est ce que veulent signifier nos Sages lorsqu’ils disent : "Pourrait-on penser que l’homme demeure sans rien faire? C'est pourquoi la Torah écrit : ‘toute l'œuvre de tes mains que tu entreprendras’." (Sifri Dévarim 123).
Cependant, ce n'est pas que la Hichtadlout (les efforts personnels) détermine (sa subsistance) mais seulement que celle-ci est obligatoire. Dès lors, à partir du moment où il a fourni des efforts, l'homme est quitte de cette obligation, il a déjà donné à la bénédiction du Ciel la possibilité de s'accomplir, et il n'a donc désormais plus besoin de gaspiller tout son temps à courir.
Désormais, il ne lui incombe plus que de placer sa confiance dans son Créateur, et il ne doit donc plus du tout s'affliger de ce qui arrive dans le monde."

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-> Lorsqu'un homme se dit : je ferai comme cela, je réussirai et j'obtiendrai tant et tant, de cette manière ses projets n'aboutiront pas.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - Téchouva]

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-> Le rav Yaakov Israël Pozen dit que la dose de hichtadlout varie d'un homme à l'autre, en fonction de son bita'hon.
Plus l'homme a véritablement confiance en Hachem, moins il a l'obligation de hichtadlout.

S'il en fait trop, cette hichtadlout devient superflue : non seulement elle est inutile car la parnassa de l'homme est déjà prévue depuis Roch Hachana, mais elle constitue une faute et met l'âme en danger d'éloignement d'Hachem.

-> En vue de la rencontre prévue de Yaakov avec Essav, Yaakov devance l'arrivée de son frère en lui envoyant un cadeau particulier : "Il choisit, dans ce qui se trouvait en sa possession, un hommage pour Essav son frère" (Vayichla'h 32,14).
"De ce qui se trouvait en sa possession" = c'est-à-dire sans choisir, sans tri particulier, sans avoir examiné la qualité des bêtes envoyées.

=> C'est surprenant. Tout le but de Yaakov était de trouver grâce aux yeux d'Essav, alors pourquoi ne vérifie-t-il pas ce qu'il envoie?

Rabbi Aharon haCohen, le gendre du 'Hafets 'Haïm explique :
Lorsque Yaakov a vu, dans son rêve, que les anges prenaient du bétail du troupeau de Lavan, et le faisaient passer dans son troupeau à lui (Rachi - Vayétsé 31,10), il comprit que toute la hichtadlout qu'il avait effectuée avec les bâtons pour faire multiplier le troupeau, avait été superflue.
Du Ciel, on se préoccupait de se battre pour lui, on arrangeait tout sans son intervention.

Ce troupeau, gagné par sa hichtadlout disproportionnée (au regard de son niveau), était pour Yaakov un rappel constant de sa faute et il en voulait pas en profiter. C'est pourquoi il l'a envoyé à son frère Essav.
C'est donc ainsi qu'il faut comprendre le verset : "Il prit de ce qu'il avait sous la main en offrande à Essav" = ces bêtes qui lui étaient parvenues par ses mains, par ses efforts et sa hichtadlout [superflue], il les a envoyées à Essav.

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-> Le rav Yaakov Israël Pozen dit que le juif, qui est confiant que sa parnassa est décidée par Hachem, ne voit pas de raison de s'inquiéter ou de trop se fatiguer pour elle.
Il sait qu'en aucun cas, il ne pourra recevoir plus que prévu, et que la hichtadlout qu'il fera ne l'aidera pas non plus à recevoir l'argent avant l'heure qui a été programmée.

L'homme, convaincu qu'Hachem pourvoit à ses besoins, est toujours heureux de son sort et ne s'inquiète jamais du lendemain.
A propos de la manne, il est dit dans le verset (Béaaloté'ha 11,8) : "Le peuple errait pour la recueillir, puis on l'écrasait sous la meule ou on pilait au mortier".
Le Zohar haKadoch commente : "Le terme "errait" (chatou) vient de la même racine que "sot" (chatya/choté).
"Le peuple errait pour la ramasser" : ils sont sots, ceux qui se jettent par terre pour ramasser la manne puisque chaque bien de l'homme lui est réservé et viendra facilement à lui, sans même qu'il n'ait à se baisser!"

[on peut citer le Méam Loez (Béchala'h 16,36) :
"La manne tombait dans la maison et dans la bouche des juifs saints [donc ayant un fort bita'hon (en Hachem)] ... La manne leur tombait réellement dans la main, ils n'avaient plus qu'à la porter à leur bouche pour la manger.
Par contre, au sujet des réchaïm [donc ceux ayant peu de bita'hon], la Torah dit : "Le peuple s'éparpilla et ramassa [la manne]" (Bamidbar 11,8). Ce verset implique qu'ils devaient aller loin dans le désert pour ramasser la manne ..."]

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-> Rien ne vaut pour la subsistance que la émouna.
[Divré Israël]

"L'essentiel de la quête de la subsistance (parnassa) consiste à tourner son regard vers le Ciel avec foi et confiance en Hachem ...
Plus un homme dirige son regard vers le Ciel, plus il reçoit, car de la sorte il devient un réceptacle davantage apte à contenir l'abondance qui se déverse".
[Divré Israël - Vayigach 47,12]

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-> Le rav Yaakov Galinsky, au nom du rabbi Moché Rozenstein, enseigne :
Il apparaît une contradiction entre 2 notions dans le judaïsme.
D'un côté, on dit "Je crois d'une émouna entière que le Créateur a fait, fait et fera toutes les actions", et c'est Lui seul que nous devons remercier pour tout.
D'un autre côte, nous avons l'obligation de hichtadlout selon nos possibilités, comme si c'est nous qui agissions et engendrions des résultats, comme si notre hichtadlout était celle qui porte des fruits.
=> Comment concilier ces 2 notions?

La réponse est que toute la hichtadlout n'est valable que pour le futur.
La hichtadlout ne touche pas le passé.
En ce qui concerne le passé, nous n'avons que la conviction qu'Hachem a fait, fait et fera tout.
Celui qui pense que le résultat aurait été différent, s'il avait agi autrement, frise l'hérésie.

Si l'homme n'a pas fait une certaine hichtadlout, c'est le signe qu'il ne devait pas la faire. La réalité n'aurait pas pu être autre!

-> Le rav Yaakov Galinsky continue en disant qu'en vérité, c'est ce que dit expressément le verset : "L'homme est maître des résolutions de son cœur ; mais c'est Hachem qui détient la réponse de la langue" (Michlé 16,1).
Et Rachi explique : "L'homme planifie son projet et ses paroles dans son cœur, mais lorsqu'il vient à parler, Hachem le rend plus intelligent".

Combien de fois l'homme programme-t-il de dire telle ou telle parole, de riposter de telle façon, et finalement les mots qu'il a sur la langue sont avalés et remplacés par d'autres.
Il s'en veut alors : "Pourquoi n'ai-je pas dit cela?" Et il ne comprend pas que l'activité de la langue appartient à Hachem. Il était décidé qu'il parle de cette façon.

Qui avons-nous de plus grand que Rabbi Yo'hanan ben Zakaï, et que lui est-il arrivé?

Vespasien a accepté de répondre à une seule requête, et Rabbi Yo'hanan a demandé de sauver Yavné et ses Sages, au lieu de demander de lever le siège sur Jérusalem. Pourquoi?
Parce qu'il s'est dit que "Si je demande trop, il ne me donnera rien", ou parce que "Il force les Sages de reculer" (Yéchayahou 44,25).
Le Maharcha (guémara Guittin 56b) explique qu'à cause des fautes de la génération, Hachem a fait qu'il réponde ainsi. L'homme ne dit ni n'agit si Hachem ne veut pas qu'il dise ou agisse ainsi!
[...]

Lorsqu'il naît, l'homme pense qu'il va travailler, obtenir, agir et acquérir.
Lorsqu'il meurt et qu'il passe en revue tout ce qu'il a accompli, il comprend que c'est Hachem qui a œuvré et que c'est un grand 'hessed qu'Il nous fait en nous donnant l'illusion que nos actes portent à conséquence : "Oui, Hachem est la bonté, car Tu rémunères chacun selon son œuvre" (Téhilim 62,13).

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-> Le machguia'h rav Yé'hezkel Lévinstein dit qu'il y dans le monde des dizaines de milliers de bêtes qui se nourrissent des poubelles, et l'on a l'impression que personne ne se préoccupe d'elles, et qu'en outre, on les chasse de partout. Pourtant, elles continuent à vivre, à se multiplier, parce qu'Hachem nourrit toute créature, depuis les grands réem jusqu'aux œufs des poux.
=> S'il en est ainsi pour des animaux, à plus forte raison pour les êtres humains, créés à l'image d'Hachem : Hachem ne les abandonne pas sans nourriture.

-> Le "réem" est un animal de très grand taille qui ne lui permet pas de pourvoir seul à sa nourriture, et si ce n'était Hachem, il ne survivrait pas.

Le 'Hida (Midbar Kdémot 100,12) dit avoir trouvé un ancien parchemin de l'année 226 qui explique que le réem était un animal pur dont la gestation dure 12 ans. Durant la 11e année, la femelle bascule sur le flanc et est incapable de se relever.
Hachem la prend alors en charge complétement : une salive particulière sort de sa bouche et fait pousser des plantes autour d'elle, dont elle se nourrit durant les 12 mois qui la sépare de la mise à bas.

A ce propos, nos Sages (guémara Avoda Zara 3b) disent qu'Hachem "est assis et nourrit le monde entier, depuis le réem jusqu'aux œufs des poux", ces espèces-là, de par leur taille, ne peuvent se débrouiller seules pour trouver de la nourriture, soit parce que ces animaux sont trop grands, soit parce que les insectes sont trop petits.
Ils ont des difficultés à subvenir à leurs besoins, alors Hachem se préoccupe d'eux dans Sa grande bonté.

De la même façon, le roi David dit : "Il donne leur pâture aux bêtes, aux petits des corbeaux qui la réclament".
Rachi explique que le corbeau est cruel vis-à-vis de ses petits, et il ne leur donne pas à manger. Que fait Hachem?
"Il a pitié d'eux et leur apporte des moustiques, attirés par leurs excréments, qui se dirigent directement dans leurs bouches".
Cela se renouvelle jusqu'à ce que les petits corbeaux soient suffisamment grands pour être capables de voler et de chercher de la nourriture par eux-mêmes.

=> Si Hachem se préoccupe tellement de chaque créature, à plus forte raison qu'Il abandonne aucun être humain qui lève les yeux vers Lui et espère en son aide.
[d'après un divré Torah du rav Yaakov Israël Pozen]

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-> "Hachem t'a béni dans toutes les œuvres de tes mains ... Il connaissait ta marche à travers ce long désert ... Hachem ton D. était avec toi et tu ne manquais de rien" (Dévarim 2,7)

-> Le midrach (Yalkout Chimoni Dévarim 2 - rémez 808) demande : Que signifie "Il connaissait ta marche"? et il répond : "Il [Hachem] était au courant de ta fatigue, ta souillure, ta peine quand tu t'occupes de ta parnassa".

-> Rabbi Ména'hem Mendel de Rimanov explique : "Je sais que l'homme se salit avec les inquiétudes de la parnassa et qu'elle le préoccupe et l'inquiète. Quel est le conseil pour éviter cela?
"Hachem ton D. est avec toi" = sache que c'est Hachem qui fait tout, c'est Lui qui te nourrit et qui donne à chaque créature ce dont elle a besoin. Toi occupe-toi simplement de hichtadlout.
De cette façon, "Tu ne manques de rien" = tu es garanti de ne manquer de rien, et également de ne jamais tomber dans le piège de la réussite ou de l'échec qui te rendent fou".

-> b'h, sur ce verset, voir également : https://todahm.com/2019/10/02/10641-2

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-> "Hachem dit à Moché : Je vais faire pleuvoir pour vous une nourriture céleste" (Béchala'h 16,4)
-> "[Hachem] fit pleuvoir sur eux la manne" (Téhilim 78,24)

Le rav Elimélé'h Biderman enseigne que la Torah utilise pour la manne le terme "pleuvoir" pour nous rappeler que : combien nous gagnerons d'argent, quand et comment, cela ne dépend pas de nous à l'image de la pluie. C'est entièrement dans les mains d'Hachem!
Nous ne pouvons rien faire pour avoir davantage de pluie (si ce n'est prier pour cela).
De même, il est impossible d'augmenter notre subsistance (sauf par notre prière). Certes nous faisons notre hichtadlout, mais le montant final obtenu ne changera pas, pas une goutte de plus, pas une goutte de moins.

-> 4 clés sont entre les Mains d’Hachem, qu’Il ne confie à aucun émissaire, pas même à un ange : la clef qui commande les naissances (‘haya – accouchement), la clef qui commande les pluies (guéchamim), la clef qui commande la résurrection des mots (té’hiat hamétim) et enfin la clef de la subsistance (parnassa).
[d’après la guémara Taanit 2a et 2b]

-> b'h, sur la notion que la subsistance est déterminée à Roch Hachana : https://todahm.com/2020/12/26/29603

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-> "Tout ce qui s'est passé à l'époque de la manne [la subsistance], se passe encore aujourd'hui, seulement la Providence d'Hachem était révélée à leurs yeux alors qu'aujourd'hui elle est cachée, quand bien même elle est similaire."
[rav Yérou'ham de Mir]

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-> Le Or'hot Tsadikim (Chaar HaSim'ha) écrit :
"(L'homme) devra être confiant qu'Hachem lui apportera la réussite dans ses entreprises et ne pas placer sa confiance en elles. Il pensera qu'elles ne sont qu'un moyen pour Hachem de lui apporter sa subsistance.
A l'instar du bûcheron qui fend le bois à l'aide de sa hache, bien que cette dernière constitue l'instrument qui coupe les bûches, la force nécessaire provient néanmoins de l'homme qui la saisit en main."

-> "Afin qu'Hachem ton D. te bénisse dans toute l'oeuvre de tes mains que tu entreprendras" (Réé 14,29) = selon nos Sages cela signifie que toute l'abondance dont un homme bénéficie, même s'il a travaillé durement pour l'obtenir ne lui est accordée que grâce à la bénédiction d'Hachem.

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-> "Le décret est vrai et l’empressement mensonger" (Vayéchev 37,15).
Le Rambam explique que cela signifie que l’homme ne gagnera exactement que ce qui a été décrété pour lui et tout empressement dans ce domaine et tout effort supplémentaire ne lui serviront à rien.
Si la richesse est son lot, il s’enrichira, même sans travailler davantage.

-> Le rav Shlomo Auerba'h a dit :
"Celui qui place sa confiance dans son métier et dans ses affaires et qui pense que ce sont eux qui lui apportent sa subsistance et qui pourvoient à ses besoins, ressemble à un idolâtre. En effet, qu’est-ce qui le différencie de ce dernier qui s'imagine que les astres et les constellations ont une influence sur l'abondance de ses ressources?
Il en est exactement de même de cet homme qui place sa confiance dans ses entreprises et dont il devient le serviteur en pensant que c'est d'elles que viendra son salut!"

-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Au contraire, l'homme doit être parfaitement convaincu que la réussite de ses entreprises n'est qu'un canal par lequel Hachem lui envoie sa subsistance à chaque instant, et que tout ce qui lui est nécessaire lui parviendra, qu'il travaille ou pas pour l’obtenir.
Il devra toutefois agir selon l'ordre naturel du monde et accomplir sa part personnelle d'efforts afin de faire descendre cette subsistance de la main grande et généreuse du Créateur.

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-> "Tu te souviendras d'Hachem ton D. car c'est Lui qui te donne la force de réussir" (Ekev 8,18)

-> Le Yessod haAvod (2,8) commente :
"On nous enjoint par là à avoir la foi que tous les gains réalisés par un homme et l’obtention de sa subsistance, tout est dirigé par Hachem et n’existe que grâce à Son aide. Ce commandement constitue une des 613 mitsvot.
Grâce à cela, Hachem lui viendra en aide même dans les situations les plus difficiles.
Mais s’il pense : "C'est à la force de mon poignet que j'ai réussi", il ne bénéficiera pas de l'aide du Ciel et par conséquent, il ne pourra réussir dans ses entreprises."

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-> Le rav Pin'has Koritz enseigne que celui qui vit avec une confiance entière en D., Hachem le délivrera par des voies auxquelles il n'aurait jamais songé auparavant.

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-> L'une des raisons pour lesquelles nous devons faire hichhtadlout est de nous tester pour savoir si nous croyons que nous sommes la cause des résultats ou si nous croyons qu'Hachem l'est.
[ 'Hovot haLévavot - chaar HaBitachon 3]

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-> b'h, voir également le développement du rav Biderman dans le divré Torah : https://todahm.com/2022/03/30/36000

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-> Lorsqu'il s'agit de gagner sa vie, il existe 2 lignes rouges à ne pas franchir. II faut veiller à ne pas mettre sa santé en danger, et prendre soin de ne pas endommager son lien à Hachem avec des mensonges et des tromperies.
[Baal HaAkéda]

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-> Lorsqu'un homme atteint ses objectifs, il ne doit pas s'enthousiasmer à outrance en portant aux nues son talent et ses capacités. II doit plutôt être convaincu que toutes ses réussites sont dues à la bienveillance de Hachem.
['Hovot haLévavot - ch.4]

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-> Les efforts que l'on doit fournir à cause de la malédiction "Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front" (Béréchit 3,19) sont négligeables, comparés aux efforts que l'on doit déployer pour obtenir la bénédiction : "Béni soit l'homme qui a confiance en Hachem" (Yirmiyahou 17,7).
[l'Alter de Novardok]

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-> "Et Hachem, ton Seigneur, te bénira dans tout ce que tu feras" (Béchala'h 15,8).
Selon le Sifri, ces mots impliquent que nous devons agir et ne pas compter sur les miracles.
[il nous est ordonné de faire notre part dans notre relation avec Hachem. ]

-> Lorsqu'on a demandé au 'Hazon Ich combien de hichtadlout il fallait investir, il a répondu : "La hichtadlout, c'est comme frapper un clou dans le mur. Tant que le clou s'enfonce, vous continuez à frapper. Lorsqu'il commence à s'enfoncer de travers, on s'arrête".

-> L'obligation de hichtadlout ne s'applique que jusqu'à ce qu'une personne commence à attribuer le succès à ses propres efforts. Une fois que cela se produit, elle doit cesser immédiatement.
[rav Yé'hezkel Levenstein]

-> Le rav Aharon 'Hadach demanda un jour à son père : "Comment une personne peut-elle acquérir le bon équilibre entre le bita'hon et hichtadlout? N'est-il pas plus facile de choisir la solution qui n'exige aucun effort de sa part? Peut-être qu'une personne qui se contente de s'asseoir et de ne rien faire n'est pas vraiment un baal bita'hon. Peut-être préfère-t-elle simplement suivre le courant parce que l'effort est trop pénible".
Son père, rav Meir 'Hadach, répondit : "Le roi David dit dans les Téhilim que l'homme qui s'abrite en Hachem est heureux. Nous voyons ici que si votre choix vous laisse un sentiment de sérénité, c'est du bita'hon.

-> Étant donné que le bita'hon est plus important que le hichtadlout dans la matérialité, nous pourrions aborder la spiritualité avec la même attitude, à savoir que la principale contribution dans la spiritualité est le bita'hon et que le hichtadlout n'est qu'un facteur secondaire.
Cependant, le Sifté 'Haïm souligne qu'il existe une différence cruciale entre les deux : "En matière de matérialité, la hichtadlout requise est une pénalité qu'une personne doit payer, et il n'est pas bon d'ajouter au paiement de la pénalité [c'est-à-dire qu'il doit minimiser sa hichtadlout autant que possible].
En revanche, dans l'avodat Hachem, il doit faire autant de hichtadlout que possible et s'efforcer de toutes ses forces".

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-> Lorsqu'une personne sait avec certitude (à 100%) qu'Hachem va certainement lui fournir ce dont elle a besoin, mais qu'elle attend de voir par quels moyens merveilleux Hachem va le faire, Hachem ne retiendra pas Ses bénédictions, même par des moyens surnaturels.
[Béer Mayim 'Hayim]

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-> Malgré la nécessité de faire des efforts pour se procurer ce dont il a besoin, l'homme doit comprendre que toute sa hichtadlout ne lui sert absolument à rien pour arriver à ses fins, car c'est Hachem qui détermine sa subsistance.
Dans son travail, il doit simplement être comme quelqu'un qui exécute le décret du Roi, car c'est ce qu'Hachem a décrété pour lui : Il ne lui enverra sa subsistance qu'après ses efforts, comme le disent [nos Sages] dans le Midrach en commentant le verset (Iyov 5,7) : "L'homme est né pour l'effort", Hachem a décidé que si [l'homme] ne fait pas d'effort, il n'aura pas de quoi manger.
Après avoir fait ce qui lui incombe et payé sa dette (c'est-à-dire avoir rempli son obligation) en ayant une activité quelconque, l'homme doit avoir confiance qu'Hachem lui procurera sa subsistance, comme il est écrit : "Tourne ta voie vers Hachem, aie confiance en Lui et Il agira" (Téhilim 37,5).
[Beit haLévi - maamar haBita'hon]

-> Selon le rav David Sutton :
La seule chose qui a changé à cause de la faute d'Adam, c'est l'obligation de travailler. Notre subsistance reste fournie par Hachem seul, exactement comme au Gan Eden; la seule différence, c'est qu'à présent, nous devons faire des efforts.
Pour mieux comprendre l'idée que nos efforts ne sont pas la cause de notre réussite financière, nous devons nous rappeler qu'on voit souvent des gens qui travaillent dur dans un domaine mais qui finissent par gagner de l'argent d'une autre source. C'est parce qu'Hachem décide de nos revenus, et nous ne travaillons qu'à cause du décret divin. Il n'y a pas de relation de cause à effet directe entre notre travail et son résultat. (voir Ram'hal - Messilat Yécharim, ch.21 ; rav Eliyahou Dessler * Mikhtav méEliyahou, Vol.1)

La hichtadlout peut être comparée à la peine de travaux forcés. Un prisonnier proposerait-il de faire des heures supplémentaires? Sûrement pas!
Il en est de même pour la hichtadlout. Nous avons l'obligation de faire la hichtadlout nécessaire. Une fois que nous l'avons faite, nous pouvons nous détendre, car nous avons fait notre part.
Celui qui engage une hichtadlout supplémentaire et fait plus d'efforts que nécessaires ressemble à celui qui travaille au-delà des heures de travaux forcés auxquelles il a été condamné.

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-> L'homme doit comprendre aussi que s'il limite son occupation professionnelle et se renforce dans son bita'hon, il aura besoin de faire moins d'efforts, car [Hachem] lui procurera ses besoins par un métier facile et propre.
Par contre, plus un homme accroît son hichtadlout, l'approfondit et la considère essentielle, en conséquence [Hachem] lui fournit sa subsistance seulement après de grands efforts de sa part.
Comme le disent nos Sages, de mémoire bénie (voir Ramban, Chemot 3,13) : D. dit : "Comme tu es avec Moi, Je suis avec toi". Car le libre arbitre est donné à l'homme pour choisir le bien ou, D. en préserve, le contraire, [et l'homme peut choisir dans quelle mesure accomplir la mitsva de bita'hon.
Si un homme choisit d'avoir un haut niveau de bita'hon, il a atteint un haut niveau de « Je suis avec toi » de la part d'Hachem et il n'aura pas à faire une grande hichtadlout. ]
[Beit haLévi - maamar haBita'hon]

-> "Hachem est ton ombre protectrice à ta droite" (Téhilim 121,5).
Le midrach (cité par le Rambam - Chémot 3,3) explique qu'Hachem est comparé à l'ombre de l'homme. De même qu'une ombre bouge suivant les mouvements de l'homme, Hachem agit en fonction des actes de l'homme.

L'Alter de Novardok (Madrégat haAdam - Darké Bita'hon - chap.2) écrit que cette idée évoque le niveau de bita'hon de l'homme. Hachem traite une personne en fonction de son niveau de bita'hon : plus notre niveau de bita'hon est élevé, plus Hachem nous octroiera des bienfaits, mesure pour mesure.

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-> "Celui qui bénéficie du labeur de ses mains est plus grand que celui qui craint le Ciel" (guémara Béra'hot 8a).

=> Cette déclaration est étonnante. Est-il possible que celui qui passe sa journée au travail et n'a pas la crainte du ciel soit supérieur à celui qui a la crainte du ciel?

-> Le rav 'Haïm Chmoulévitz (Si'hot Moussar - maamarim 1, 69 et 70) explique que les Sages parlent de deux hommes craignant D. : l'un gagne sa vie en travaillant et l'autre non.
Pourquoi celui qui bénéficie du labeur de ses mains est-il considéré comme supérieur?

Le rav Chmoulévitz répond que celui qui bénéficie de son labeur voit clairement, quotidiennement, qu'il ne peut pas compter sur sa hichtadlout. Il constate qu'il investit parfois beaucoup d'efforts dans une certaine entreprise qui ne réussit pas, mais que l'argent lui arrive ensuite par une source tout à fait inattendue. Cet homme voit constamment la façon dont Hachem s'occupe de lui.
Cependant, celui qui ne travaille pas, même s'il a la crainte du ciel, ne bénéficie pas de ces leçons constantes d'émouna et de bita hon.

Il ajoute que cet enseignement ne s'applique pas seulement à l'homme engagé dans le monde du travail, mais aussi à l'érudit de la Torah qui passe sa journée à l'étude. Cet homme voit constamment la présence d'Hachem.
Il reconnaît qu'Hachem lui donne l'intelligence pour comprendre ce qu'il étudie, et qu'Il lui répond lorsque, devant une difficulté dans l'étude, il L'appelle par la prière.
Bien que la hichtadlout fût au départ une punition pour la faute d'Adam, aujourd'hui, dans le monde d'après la faute, c'est une occasion de renforcer notre bita'hon.

-> Rabbi Yossef Dov Soloveitchik (le Beit haLévi - dans son maamar haBita'hon) écrit :
Notre subsistance nous parvient au prix de grands efforts seulement, à cause de nos nombreuses fautes. Car [Hachem] nous envoie notre subsistance couverte sous "l'enveloppe" du travail, c'est-à-dire d'une façon où la subsistance est le fruit de nos efforts, afin qu'il ne soit pas évident aux yeux de tous que c'est le Créateur qui nourrit et subvient aux besoins de tous les êtres vivants.
Mais en réalité, l'effort et le travail ne sont qu'un bandeau sur les yeux demandé à l'homme afin qu'on ne voie pas la grandeur d'Hachem, c'est-à-dire que c'est Hachem, plutôt que nos efforts, qui nous fournit notre subsistance ...

Mais malgré le décret divin nous imposant de travailler pour notre subsistance, notre travail ne sert en réalité à rien, comme le disent [nos Sages - Kidouchin 4,14] : "ni la pauvreté ni la richesse ne proviennent du métier. Seule la bénédiction d'Hachem enrichit" (Michlé 10,22).

Le lecteur ne doit pas penser qu'il n'est pas nécessaire de travailler, car au contraire, la Torah veut que chaque homme jouisse du travail de ses mains, comme le disent nos Sages (guémara Béra'hot 8a) : "Celui qui bénéficie du labeur de ses mains est plus grand que celui qui craint le ciel".
... Un homme doit comprendre que le travail ne peut produire de résultats que par la bénédiction d'Hachem.

"Tu seras un objet de terreur pour tous les royaumes de la terre" (Ki Tavo 28,25)

-> Tout au long de l’Histoire, on a pu constater combien les nations ont pu repousser et éprouver du dégoût pour le peuple juif, à un point qui défie la logique. Il est intéressant de se demander pourquoi Hachem a fait qu’il en soit ainsi.
Le rav Yérou’ham halevi Lévovitch de Mir l’explique en comparaison avec un père qui cherche à protéger ses enfants de jeunes voisins qui pourraient exercer une mauvaise influence sur eux. Malgré les leçons, les mises en gardes et les sanctions, ses enfants persistaient à conserver ces fréquentations. Alors en désespoir de cause, le père alla trouver les familles des voisins et leur annonça que ses enfants ont contracté la maladie des ulcères qui abîme la forme de la peau et qui est très contagieuse. A partir de ce jour, les voisins commencèrent à éviter ces enfants et les fuir comme on fuit la peste. C’est ainsi que le père réussit à protéger ses enfants de mauvaises influences.

Hachem agit de la même façon avec Son peuple qu’Il aime tant et cherche à protéger spirituellement et moralement des dépravations et des comportements légers des autres nations. Quand Il constate que les Juifs ne se méfient pas et se rapprochent un peu trop de personnes étrangères, aux idées et mœurs dangereuses pour leur sainteté, alors Hachem met dans leur cœur l’idée et la conviction que le peuple Juif est répugnant et qu’ils doivent s’en éloigner avec dégoût.
De la sorte, Hachem parvient à préserver malgré tout l’intégrité de son peuple. Si nous ne savons pas nous protéger par nous-même, de Son côté Hachem ne nous laissera pas nous abîmer, et même contre notre gré, Il veillera à notre véritable bien en éveillant la haine et le dégoût des nations envers nous, pour nous éloigner des souillures spirituelles, même contre notre gré. Car même si nous, nous ne connaissons pas quel est notre véritable bien, Hachem Lui le connaît et nous aide à l’obtenir en forçant parfois un peu les choses, par amour véritable pour nous.

"Celui qui n'a pas prémédité le meurtre et dont D. a dirigé la main (ira en ville de refuge)" (Michpatim 21,13)

-> Rav 'Hama ben 'Hanina a abordé le sujet (de l'assassin volontaire qui doit s'exiler) avec le verset : "Hachem est bon et droit, c'est pourquoi Il guide les pécheurs sur le chemin" (Téhilim 25,8) = si D. guide même les pécheurs, Il guide les Justes (tsadikim) à plus forte raison.

Rabi Chim'on ben Lakich a abordé ce même sujet avec ce verset (Michpatim 21,13) : "Celui qui n'a pas prémédité le meurtre et dont D. a dirigé la main (ira en ville de refuge)". Ce verset doit être compris selon ce proverbe ancien (Chmouel I 24,14) : "C'est des méchants que vient le mal". De quoi parle ce texte ?
De deux hommes qui ont commis un homicide; l'un a tué involontairement et l'autre délibérément sans témoins. Hachem provoque alors leur rencontre dans la même auberge. Celui qui avait commis l'homicide volontairement s'assied sous l'échelle (de l'auberge) ; celui qui avait commis l'homicide involontairement descend cette échelle, tombe sur le premier et le tue.
Ainsi, celui qui avait tué volontairement a trouvé la mort (qu'il méritait) et celui qui avait tué involontairement part en exil ...

Rav Houna dit au nom de Rabbi Elazar : "Dans la voie qu'un homme veut suivre, le Ciel l'y conduit".
[guémara Makot 10b]

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=> Comment comprendre le verset : "Il guide le pécheur" et le raisonnement a fortiori de Rav 'Hama sur les tsadikim ?

-> Selon le Maharcha :
Rav 'Hama a prononcé ce verset (25,8) de Téhiim : "Hachem est bon
et droit ; ainsi, Il guide le pécheur" où les pécheurs ('hataïm) désignent les meurtriers qui ont tué involontairement, par accident, en à qui Hachem, dans Sa bonté, a préparé pour eux des villes de refuge (aré miklat) dans lesquelles ils pourront se réfugier et se protéger du vengeur de sang.
De plus, ce verset : "Tu prépareras la route. afin que tout meurtrier puisse s'y réfugier" (Choftim 19,3) est expliqué ainsi par Rabi Eli'ézer ben Ya'aqov (guémara Makot 10b) : Le mot "miklat" (refuge) était écrit à tous les carrefours, afin que le meurtrier involontaire connaisse la route à prendre et puisse se diriger le plus rapidement possible vers la ville de refuge la plus proche.

Pourquoi le meurtrier involontaire est-il qualifié de pécheur?
C'est parce qu'il n'y a pas de hasard; c'est Hachem qui a amené la victime sous la main du meurtrier, d'après le verset ("D. seul ait conduit sa main" - Michpatim 21,13).
Or un meurtre involontaire ne peut se produire que par un "tueur" qui a commis des fautes précédemment ; c'est pourquoi il est désigné pécheur.
Rav Hama ben 'Hanina a donc fait ce kal va'homer (raisonnement a fortiori) : si D. guide le pécheur en préparant à l'avance son itinéraire, afin de le sauver d'un vengeur de sang, à plus forte raison D. guide les tsadikim (Justes) pour les écarter des mauvaises choses.

-> Selon le Iyoun Yaakov :
Hachem guide les pécheurs vers les villes-refuge pour les sauver de la mort par un vengeur de sang ; a fortiori Hachem guide les tsadikim et leur montre la route à emprunter pour les épargner du yétser ara d'autant plus que plus un homme est grand sur le plan spirituel, plus son yétser ara est grand et désire le "tuer spirituellement, si ce n'est qu'Hachem aide les tsadiquim.

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
Le kal va'homer peut être compris ainsi : Si D. protège même les pécheurs en les guidant pour les sauver de la mort, a fortiori Il guidera le chemin des tsadikim vers l'étude de la Torah qui constitue leur miklat (refuge) en plaçant dans leur cœur la volonté d'étudier la Tora avec assiduité.
C'est pourquoi, ce verset dit : "Une grande paix attend ceux qui aiment la Torah. Pour eux, point d'obstacle" (Téhilim119,165), car la Torah devient la "ville-refuge" de ceux qui l'aiment et retire les obstacles de la vie.

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=> Comment le principe énoncé par Rav Houna : "Le Ciel conduit un homme là où il veut aller" peut-il être lu?

-> Le Maharcha commente :
Il aurait été plus normal que Rav Houna affirme : "Sur le chemin qu'un homme veut prendre, Hachem l'y conduit!" avec le singulier "moli'h oto", puisque c'est Hachem (ou le Ciel) qui conduit cet homme sur le chemin qu'il désire. Pourquoi alors Rav Houna a-t-il utilisé le pluriel : "moli'hin oto" (ils l'y conduisent)?

Rav Houna a voulu faire allusion au fait qu'une bonne pensée ou une bonne parole ou une bonne action, crée un Ange (mala'h) du côté du bien, et inversement, une mauvaise pensée, une mauvaise parole ou une mauvaise action crée un Ange du côté du mal.
Ainsi, après que l'homme, doté d'un libre-arbitre, ait choisi le bien ou le mal, Hachem donne ordre à ces Anges, créés par cet homme, de le conduire dans le chemin qu'il a choisi. C'est pourquoi, il est écrit : ils l'y conduisent (moli'hin oto) au pluriel.

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-> "Un homme qui aurait tué sans pourchasser la victime ..., Je placerai pour toi un endroit où il fuira là-bas" (Michpatim 21,13)

-> Ce verset présente une anomalie. En effet, il commence à la 3ème personne : "un homme qui aurait tué", pour poursuivre à la 2e personne : "Je placerai pour toi", pour ensuite repasser à la 3ème personne : "où il fuira".
En fait, ce verset rapporte que quand un homme tue involontairement, il devait fuir vers une "ville refuge" pour se protéger du vengeur du sang de la victime. Or, Moché lui aussi a commis un meurtre en tuant l'Egyptien qui était en train de frapper l'Hébreu. Malgré de bonnes raisons qui justifiaient son acte, compte tenu de son niveau de Sainteté, Hachem le lui considéra néanmoins comme un meurtre involontaire.
Vers la fin de sa vie, Hachem lui rapporta qu'il fallait réserver 3 "villes refuge" à l'ouest du Jourdain. Avant l'entrée en Terre Sainte, ces villes ne pouvaient pas encore servir de refuge. Elles seraient d'aucune utilité.
Malgré tout, Moché s'exécuta et s'empressa de réserver ces 3 villes à l'ouest du Jourdain. Il comprit qu'Hachem voulait par cela lui donner l'occasion d'effacer complètement toute trace de son meurtre.

Cela est tout en allusion ici. Bien que le verset soit exprimé à la 3e personne pour parler d'un homme qui tuerait involontairement, Hachem fait allusion à Moché et lui prépare une réparation du meurtre de l'égyptien, par la mitsva de réserver ces « villes refuge ». Aussi, Il lui dit : « Je placera pour toi (Moché) un endroit où il fuira là-bas (שמה)", qui a les mêmes lettres que משה (Moché). Je prévois pour toi, Moché, une réparation lorsque tu prépareras les "villes refuges" vers lesquelles le meurtrier pourra se mettre à l'abri.
[Chaar Hapsoukim]

+ Kora'h :

-> Le nom de קרח (Kora'h) fait allusion au fait que par sa rébellion contre Moché et Aharon, il a causé une קרחה (kor'ha : calvitie) dans Israël, c'est-à-dire qu'il a provoqué un vide dans la population des Bné Israël, puisque plus de 250 hommes éminents ont péri ainsi que plus de 14 000 hommes morts dans une épidémie (maguéfa).
[Talmud Sanhédrin 109b]

-> Kora'h s'est révolté contre Moché qui a amené sur terre les 5 Livres de Tora, en lui reprochant d'énoncer des Lois de sa propre initiative et non ordonnées par Hachem.
Ainsi, Kora'h a nié l'origine Divine de la Torah. C'est l'affaiblissement du pouvoir des 5 livres de la Torah qui est désigné קרחה (kor'ha) qui peut être lue רחק ה (ra'hak hé) : il a éloigné d'Israël les 5 Livres de la Torah qui exerçaient une influence positive sur eux.
En réarrangeant les lettres des mots רחק (ra'hak), on obtient le nom קרח (Kora'h) désigné ainsi pour avoir éloigné Israël de la Torah, donc de son Créateur.
[Ben Ich 'Haï]

"Voici l'histoire de Noa'h ; Noa'h fut un homme juste et intègre à son époque?" (Noa'h 6,9).
Rabi Yo'hanan déduit de ce verset que Noa'h était un Juste dans sa génération, mais n'aurait pas été considéré comme tel dans d'autres générations.
Rech Lakich en déduit au contraire : si Noa'h était irréprochable dans sa génération (d'impies), a fortiori s'il avait appartenu à d'autres générations de Justes.
Selon Rabi 'Hanina, l'opinion de Rabi Yo'hanan peut être illustrée par cette parabole : un tonneau de vin a été placé dans une cave remplie (de tonneaux) de vinaigre ; dans cet endroit, l'odeur (agréable) du vin se répandait, mais si ce tonneau était retiré de cet endroit, l'odeur du vin n'aurait plus été perceptible.
Selon Rabi Ocha'ya, l'opinion de Rech Lakich peut être illustrée par cette parabole : un flacon de parfum placé au milieu d'immondices exhale sa bonne odeur (malgré la présence d'ordures), a fortiori ce parfum exhalerait sa bonne odeur au milieu d'autres parfums.
[guémara Sanhédrin 108a]

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=> Comment expliquer la différence d'opinion entre Rabi Yo'hanan, et Rech Lakich sur le niveau de Noa'h?

-> Rachi (Noa'h 6,9) commente :
C'est le mot "bédorotav" (dans sa génération) qui est la source de la divergence entre Rabi Yo'hanan et Rech Laquich.
Selon Rabi Yo'hanan, le mot «dans sa génération» est lu comme un blâme pour Noa'h : relativement à sa génération composée d'impies (récha'im), c'était un tsadiq (Juste); mais s'il avait vécu à une génération de tsadikim comme Avraham, il n'aurait compté pour rien.
Selon Rech Laquich, au contraire, le mot «dans sa génération» est lu comme un éloge : si Noa'h a pu se maintenir tsadiq au milieu de tant d'impies, à plus forte raison, il aurait été encore plus tsadiq s'il avait vécu à une génération de tsadikim, sous leur influence.

-> Selon le Gour Arié :
Selon Rabi Yo'hanan, Noa'h a été sauvé du déluge, car dans sa génération il était le seul tsadik relatif et personne n'atteignait son niveau. Mais selon Rech Lakich, Noa'h a été sauvé du déluge, car il avait le potentiel pour devenir un grand tsadik s'il avait vécu dans une génération composée de tsadikim.

-> Rabbi Shimshon Raphaël Hirsch enseigne :
L'expression (bédorotav) peut être interprétée de deux façons : soit "A son époque, il fut un tsadik relatif" selon Rabi Yo'hanan, soit "Même à son époque, il demeura tsadik" selon Rech Laquich.
Les 2 interprétations sont correctes; en effet, le combat mené par Noa'h dans cette génération de récha'im a certainement exercé une influence négative sur lui. Cependant, une petite mesure de moralité et de droiture conservée par Noa'h dans cette période a eu plus de poids dans la balance Divine qu'une plus grande mesure de moralité et de droiture à une meilleure époque où la majorité sont des tsadikim.

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=> Peut-être Rabi Yo'hanan et Rech Lakich ne sont-ils pas en position, mais ils se seraient exprimés sur deux plans différents?

-> Le Iyoun Yaakov explique :
Le redoublement du nom Noa'h au début du verset cité (Noa'h 6,9) suggère ; d'après le Midrach, que le premier nom Noa'h se rapporte au monde supérieur, c'est-à-dire aux mitsvot entre Noah et Hachem, tandis que le second nom Noa'h se rapporte au monde inférieur, c'est-à dire aux mitsvot entre Noa'h et son prochain.
Ainsi :
- Rabi Yo'hanan se serait exprimé sur la relation de Noa'h avec le Ciel (le monde supérieur) et a comparé la situation spirituelle de Noa'h, qui avait besoin d'un appui pour le soutenir, selon la fin du verset : "Noa'h cheminait avec (l'appui de) D." (Noa'h 6,9), à celle d'Avraham qui avait un niveau très supérieur à celui de Noa'h, car Avraham marchait dans sa piété, de lui-même sans être soutenu, selon le verset adressé par Hachem à Avraham âgé de 99 ans : "Marche devant Moi et sois intègre" (Lé'h Lé'ha 17,1).
C'est pourquoi, Rabi Yo'hanan a affirmé que Noah était tsadik relativement à ses concitoyens récha'im, mais il n'aurait pas été considéré comme tel à d'autres générations (comme celle d'Avraham).
- Par contre, Rech Lakich se serait exprimé sur la relation de Noa'h avec ses concitoyens (le monde inférieur) envers qui il pratiquait la tsédaqa (la charité) et des actions bienveillantes de guémilout 'hassadim (bienfaits). Si dans cette génération d'impies, Noa'h était si bienveillant, a fortiori il aurait été bienveillant dans une autre génération de tsadiquim.

-> Selon le Ben Ich 'Haï :
Le guémara (Shabbat 53b) rapporte ce récit : Une femme mourut en laissant un nourrisson. Son époux n'avait pas les moyens financiers pour payer une nourrice ; ses seins se développèrent miraculeusement et il put ainsi allaiter son jeune fils.
Rav Yossef dit : "Combien est grand cet homme pour bénéficier d'un tel miracle!", tandis que Abayé dit : "Combien est petit cet homme pour qui on a dû changer les lois de la nature!".
Apparemment, Rav Yossef fait l'éloge de cet homme et Abayé blâme cet homme.

Le commentateur Yéchouot Yaakov (Ora'h 'Haim - ch.218) dit que Rav Yossef et Abayé n'exprimaient pas des opinions divergentes, mais s'exprimaient sur 2 plans différents : avant et après le miracle.
Rav Yossef voulait dire : Comme il était grand (le capital spirituel de) ce veuf avant le miracle pour mériter un tel miracle qui a modifié l'ordre de la Création.
Mais Abayé se place après le miracle et veut dire : Comme il est devenu petit le capital spirituel de ce veuf, après ce miracle "payé" par une forte diminution de son capital initial.

De même ici, Rabi Yo'hanan et Rech Lakich sont en fait d'accord, mais ils se sont placés sur deux plans différents : avant que Noa'h n'entre dans l'Arche et après que Noah en soit sorti sain et sauf. Tous deux admettent que Noa'h avait de grands mérites avant d'entrer dans l'Arche, suffisantes pour être préservé du déluge et tous deux admettent que les mérites de Noa'h avaient fortement baissé à la sortie de l'Arche, comme le prix à "payer" pour les miracles faits en sa faveur et son sauvetage.
Mais Rabi Yo'hanan met l'accent sur le déshonneur de Noa'h après sa sortie de l'Arche, avec un capital spirituel très amoindri. Par contre, Rech Laquich met l'accent sur l'éloge de Noa'h avant d'entrer dans l'Arche, car ses mérites étaient très nombreux avant leur amputation.

"[Avraham] fit un grand festin le jour où il sevra Its'hak" (Vayéra 21,8)

-> La guémara (Sanhédrin 89b) enseigne :
"Il arriva, après ces paroles, que D. mit Avraham à l'épreuve" (Vayéra 22,1). Après quelles paroles?
Après les paroles du Satan, selon Rabbi Yo'hanan au nom de Rabi Yossi ben Zimra ; en effet, il est écrit : "L'enfant grandit et fut sevré ; Avraham apprêta un grand festin" (Vayéra 21,8).
Satan dit à Hachem : "Maître de l'Univers, Tu as favorisé ce vieillard (Avraham) en lui accordant un enfant (Its'hak) à l'âge de 100 ans. De tous les festins qu'Avraham a apprêtés, il ne T'a pas offert une tourterelle ou une colombe!".
Hachem répondit : "Tout cela, il ne l'a fait qu'en l'honneur de son fils; si je lui demande : Offre-Moi ton fils en sacrifice, il le fera immédiatement". Aussitôt, D. mit Avraham à l'épreuve et lui dit : "Prends donc ton fils, ton unique, que tu aimes, Its'hak (et offre-le en sacrifice)" (Vayéra 22,2) ...
Quand D. lui dit "(Prends) ton fils", Avraham répondit : J'ai deux fils. Puis D. dit "(Prends) ton unique" ; il répondit : chacun d'eux est le fils unique de sa mère. Puis D. dit : "(Prends) celui que tu aimes" ; il répondit : je les aime tous deux. Enfin D. dit : "Its'hak".
Pourquoi toute cette discussion? Pour éviter de lui faire perdre la raison (par une annonce brutale)."

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=> Est-ce immédiatement après l'accusation du Satan qu'Avraham a été éprouvé ou longtemps après?

-> Le festin organisé par Avraham en l'honneur d'Its'hak a eu lieu le jour Où Its'hak avait deux ans, comme le dit Rachi a propos du verset : "L'enfant fut sevré et Avraham apprêta un festin" (Vayéra 21,8), tandis que l'épreuve d'Avraham (et d'Its'hak) a eu lieu lorsqu'Its'hak eut l'âge de 37 ans, donc 35 années après le festin.
=> Quand le Satan est-il venu accuser Avraham?

On peut citer les avis suivants :
-> Le Maharcha écrit :
Dans le verset (Lé'h Lé'ha 15,1), Rachi dit que le mot "a'har" (après) signifie immédiatement après, tandis que le mot "a'haré" signifie après un certain délai, après plusieurs jours ou plusieurs années.
Ce commentaire soulève une difficulté : le verset (Vayéra 22,1) a écrit "a'har hadévarim" (juste après les paroles du Satan - וַיְהִי אַחַר הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה), alors que l'épreuve d'Avraham s'est produite 35 ans après l'accusation du Satan.
Pour lever cette contradiction, il faut admettre que le terme "a'har" prend ici le sens de "mipné" (en raison de), c'est-à-dire à cause des paroles du Satan qui avait accusé Avraham juste après le festin offert, D. éprouva Avraham

-> Le Arou'h Laner enseigne :
Le mot : "a'har" prouve que Satan a accusé Avraham immédiatement après le festin. Mais Hachem a attendu qu'Its'hak soit âgé de 37 ans pour éprouver Avraham et Its'hak. Pourquoi ce retard?
C'est parce qu'Hachem a voulu aider Avraham à surmonter cette dernière épreuve, la plus difficile. En effet, selon Rabi Yo'hanan dans la guémara (Yoma 38b), lorsqu'un homme a passé la plus grande partie de sa vie sans fauter, il ne fautera plus. Or, selon le midrach (Tan'houma Vayéra, 6), la véritable vie d'un homme commence au jour de la mila ; celle d'Avraham a donc commencé à l'âge de 99 ans. Comme il est décédé à l'âge de 175 ans, sa durée de vie à prendre en compte est 175-99 = 76 années. Ainsi, Hachem a attendu qu'Avraham ait dépassé la moitié de sa "vie", c'est-à-dire 38 années et un jour pour l'éprouver avec succès. Ce jour-là, Avraham avait donc 99+38 = 137 ans et
son fils Its'hak, né lorsqu'Avraham avait 100 ans, avait donc 37 ans.
Hachem a alors éprouvé Avraham ce jour-là, 35 ans après l'accusation du Satan.

-> Selon Ben Ich 'Haï, il faut donner au mot "a'har" son sens classique : "juste après", et ainsi le Satan aurait accusé Avraham longtemps après le festin, lorsqu'Its'hak a atteint l'âge de 37 ans (donc 35 ans après le festin) et, aussitôt, D. éprouva Avraham. Pourquoi le Satan a-t-il attendu tant d'années avant d'accuser Avraham?
C'est parce que le Satan savait qu'Hachem éprouverait Avraham aussitôt après son accusation et il savait qu'Avraham, très attaché à Hachem, aurait accepté d'offrir Its'haq. Cependant, le Satan a attendu qu'Its'hak grandisse et atteigne l'âge mûr de 37 ans, car il était persuadé qu'Its'hak refuserait alors de se soumettre à son père, à cet âge où ses forces sont maximales et le désir de vivre est le plus intense.
Ainsi, selon les plan du Satan, cette épreuve serait un échec, car si elle réussissait le mérite de la 'Akédat Its'hak rejaillirait sur tous leurs descendants.
Contrairement au plan prévu par le Satan, Its'hak était prêt à se soumettre et à donner sa vie, et l'épreuve a donc réussi.

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=> Pourquoi Avraham n'a-t-il pas offert à Hachem un sacrifice de remerciement à la naissance d'Its'hak?

-> Selon le Ben Ich 'Haï :
Satan a accusé Avraham d'ingratitude puisqu'il n'a même pas remercié Hachem par un sacrifice (gorbane) peu onéreux, comme la tourterelle ou la colombe qui sont habituellement amenées par les pauvres. Pourquoi Avraham n'a-t-il pas offert un sacrifice de remerciement après la naissance d'Its'hak?
Avraham n'a pas jugé utile d'offrir un korban (animal ou oiseau) à Hachem, car il a sanctifié totalement ce fils et l'a consacré à Hachem et il ne le considérait pas comme lui appartenant ; c'est donc son fils qu'il a offert à Hachem ; l'offrande d'un oiseau n'avait donc plus de sens.
C'est d'ailleurs la réponse d'Hachem aux accusations du Satan : Avraham ne voit pas Its'hak comme un cadeau du Ciel, mais comme un homme consacré à Hachem depuis sa naissance.

-> Le Sanhédré Kétana nous enseigne :
Lorsqu'Avraham reçut, quelques années avant la naissance d'Its'hak, la promesse de cette naissance, il offrit un sacrifice. A fortiori aurait-il dû offrir un korban de remerciement à Hachem à la naissance d'Its'hak!
S'il ne l'a pas fait, c'est qu'il s'est dit : aucun korban ne sera suffisant pour remercier Hachem qui a réalisé pour moi un bienfait aussi grand, en accord avec ces propos du roi David dans ce verset : "Que répondrai-je à Hachem en retour de tous Ses bienfaits pour moi?" (Téhilim 116,12).
C'est pourquoi Hachem répond au Satan : Rien ne compte pour Avraham devant sa gratitude envers Moi et l'amour qu'il Me porte ; si Je lui demandais de M'offrir son fils en sacrifice, il le ferait aussitôt.

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=> En quoi le sacrifice d'Its'hak fut-il l'épreuve d'Avraham la plus difficile des 10 épreuves subies?

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikkhtav méEliyahou - tome 2 - pages 190-191) écrit :
La 'aquéda fut l'épreuve la plus difficile réussie par Avraham , car elle se situait sur 3 plans :
- sur le plan affectif, il s'agissait de renoncer à son fils bien aimé, unique de Sarah, qu'il avait eu tardivement à l'âge de 100 ans ;
- sur le plan spirituel, car il avait rapproché de D. de très nombreux idolâtres qui avaient renoncé à la pratique des sacrifices d'enfants sur le conseil d'Avraham; si Avraham avait sacrifié Its'hak, ils se seraient tous détournés de leur maître Avraham, réduisant à néant ce travail de zikouï harabim depuis plusieurs décennies ;
- sur le plan de l'avenir de la Nation d'Israël, puisque Hachem avait promis à Avraham qu'il serait le père d'un grand Peuple à travers son fils Its'hak.

Bien que l'ordre de la Akédat Its'hak soit en contradiction avec les promesses d'Hachem à Avraham, ce dernier se soumit totalement à la Volonté d'Hachem, sans poser aucune question, car toute explication demandée à Hachem aurait pu être interprétée comme un soupçon d'opposition à Sa Volonté.

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=> Pourquoi Hachem a-t-il ajouté : "ton unique" et "que tu aimes"?

-> Selon le midrach (Béréchit rabba ch. 14), l'expression "yé hidékha" (ton unique) fait allusion au mot "yé'hida" qui est un des 5 noms de l'âme humaine.
Pour Avraham, offrir son fils à Hachem équivalait à offrir son âme, car ce fils était son unique espoir pour l'avenir de sa mission (Sifré, Dévarim 313).

-> Le 'Hidouché haRim nous explique :
En ajoutant l'expression "acher ahavta" (que tu aimes), Hachem a voulu signifier à Avraham qu'en offrant Its'hak, il ne doit pas annuler l'amour qu'il porte à son fils devant l'amour de D. : la 'aquédat Its'haq ne doit pas être réalisée dans un état de cruauté et de dureté de cœur, mais avec un sentiment paternel d'amour envers son fils aussi intense que celui qu'il ressentait jusque-là.

-> Selon le Messé'h 'Hohkma :
Pourquoi l'Ange, qui a interrompu la Akédat Its'hak, félicite-t-il Avraham par les termes (Vayéra 22,12 et 22,16) : "Tu ne m'as pas refusé ton fils, ton unique" sans ajouter "que tu aimes" comme dans les propos d'Hachem (Vayéra 22,1)?
C'est parce que seul Hachem sait scruter nos cœurs et nos sentiments d'amour, contrairement aux Anges qui ignorent les pensées dans nos cœurs.

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=> Pourquoi Avraham a-t-il surmonté l'épreuve de la Akédat Its'hak, contrairement à son épouse Sarah qui en est morte?

-> Le rav 'Haïm Chmoulévitch (Si'hot Moussar - si'ha 11) enseigne :
Au cours de l'annonce progressive, en 4 étapes : ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Its'hak, Avraham a eu un certain temps pour s'adapter à l'idée qu'il fallait offrir un de ses fils à Hachem, sans savoir, au début, de quel fils il s'agissait. Cette capacité d'adaptation, imprimée dans l'âme de tout être humain, a permis à Avraham d'accepter sereinement cette grande épreuve et de maîtriser ses sentiments, malgré son grand amour pour Its'hak.
Par contre, pour Sarah qui a été informée brutalement par le Satan de la Akédat de son fils, sans aucun temps d'adaptation, son cœur n'a pas résisté à ce choc émotionnel et son âme l'a quittée.

Citons une deuxième raison à la différence de réaction d'Avraham et de Sarah à la Akédat d'Its'hak. Arvaham mis à l'épreuve par Hachem, a reçu du Ciel les moyens de la surmonter, si difficile soit-elle, et il a ainsi réussi à la surmonter. Par contre, Sarah, que D. n'a pas mise à l'épreuve, n'a pas reçu du Ciel les moyens de résister à cette épreuve, et c'est pourquoi elle n'y a pas résisté.
=> Ainsi, une personne ne doit jamais se placer d'elle-même en situation d'épreuve (voir guémara Sanhédrine 107a), car dans ce cas, elle ne reçoit pas d'aide du Ciel pour la surmonter.
[et à l'inverse lorsque nous sommes dans une épreuve nous ne devons pas désespérer, et rester toujours convaincus que puisque Hachem nous y a mis, c'est qu'on peut la surmonter, qu'on a les capacités et Son aide pour cela. ]

"Tu supprimeras le mal de ton sein" (17,7)

Ce verset a été dit concernant la peine de mort imposée à l'idolâtre.
Le verset qui vient juste après est : "Si une chose t'échappe au sujet d'une loi", qui a été dit à propos du fait d'écouter les Sages quand ils tranchent une question dont on ignorait la façon de procéder.

On peut expliquer le lien entre ces deux versets ainsi :
Quand une personne est éloignée de la Torah et vit dans l'impureté, alors il est clair qu'elle ne se posera même pas la question de savoir si ce qu'elle fait est convenable ou pas.
Quand on baigne dans la faute, on ne se rend même plus compte que ce que l'on fait est mal. C'est seulement quand on décide de se purifier et que l'on se repent de ses fautes que commencent à se poser ce genres de questions.
Seul celui qui veut éradiquer le mal en lui commencera à envisager que peut-être son comportement n'est pas correct et se demandera si ce qu'il fait est bien.

Ainsi tout d'abord, "tu supprimeras le mal en toi" (v.7), et seulement alors : "Si une chose t'échappe au sujet d'une loi" (v.8), tu commenceras à t'interroger sur ta conformité à la loi.
Mais tant que tu vis dans le mal, tout ce que tu fais te paraîtra bien et tu n'auras pas ces questions.
[Tiféret Avot]

"Car si vous garderez bien toute cette loi que Je vous ordonne, pour l'accomplir, pour aimer Hachem votre D., pour aller dans toutes Ses voies et vous attacher à Lui" (Ekev 11,22)

-> Rachi : Comment peut-on s'attacher à D.?
Selon nos Sages, on y parvient en s'attachant aux érudits.

-> Le Ramban interprète "s'attacher à D." comme le devoir de combattre la tentation de l'idolâtrie en se souvenant en permanence de Hachem et en exaltant notre amour pour Lui.

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+ "Car si vous garderez bien" (chamor tichméroun - שָׁמֹר תִּשְׁמְרוּן)

-> La double expression de ce verset peut se lire ainsi : "Car si garder [les mitsvot]" (ki im chamor), alors "tichméroun" (vous serez gardez).
A chaque fois qu'une personne réalise une mitsva, elle va créer un ange qui va agir comme son Défenseur et Protecteur lors de son jugement au Ciel.
[Sifté Cohen]

-> L'âme et la Torah sont comparées à une lampe.
Hachem a dit à Adam : "Ma lampe est dans ta main, et ta lampe est dans Ma main.
"Ma lampe est dans ta main" = cela fait référence à la Torah, et "ta lampe est dans Ma main" = cela fait allusion à ton âme.
Si tu gardes Ma lampe, alors Je garderez la tienne. [d'où le double emploi dans le verset]
Si tu délaisse Ma lampe éteinte, alors J'éteindrai ta lampe."
[midrach Dévarim rabba 4,4]

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-> "Car si vous garderez bien"
La double expression enseigne que nous devons avoir une double protection pour la Torah.
De même que plusieurs protections sont nécessaires pour éviter de perdre notre argent, de même nous devons s'assurer de ne pas perdre notre Torah, qui a beaucoup plus de valeur que l'argent et l'or.
[Panéa'h Raza]

[au-delà de la nécessité de revenir sur notre Torah pour pas la perdre, nous devons établir des barrières personnelles (là où nous avons des faiblesses naturelles), pour ne pas en venir à franchir les barrières établies par la Torah.]

-> Si une personne étudie une michna et veille dessus pour s'assurer de ne pas l'oublier, alors on lui fournit l'occasion d'étudier davantage de Torah et de la retenir.
[רבנו מיוחס]

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"Gardez (ouchmartem) donc tous les commandements que je vous donne aujourd'hui ; alors vous serez forts, et vous obtiendrez la possession du pays où vous allez, pour le conquérir" (Ekev 11,8)

-> La guémara (Kidouchin 30b) commente que le mot : "Gardez" (ouchmartem - וּשְׁמַרְתֶּם) peut se lire : "sam tam" (un remède parfait - סם תם), en référence au fait que la Torah est comparée à un remède/élixir qui donne la vie.
Rachi (dans cette guémara) commente que la Torah est parfaite, que c'est le "médicament" dont il ne manque rien.
Tandis qu'accomplir différentes mitsvot peut être une source d'aide pour certaines situations, la Torah est la seule chose qui est complètement parfaite : elle élimine le yétser ara et rend une personne compète avec Hachem.
['Hen Tov]

[en employant à plusieurs reprises le terme de garder/écouter, Hachem nous fait comprendre l'importance de ne pas considérer la Torah à la légère, mais de lui donner beaucoup de valeur à nos yeux (on garde ce qui est précieux).
Elle nous protège du mal, et nous rapproche de Hachem (si tu fais le 1er pas : (chamor), alors tichméroun, alors D. vient ensuite à ton aide). Seule elle peut nous assurer un monde à Venir sublime!]

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-> "Ce sera, si vous écoutez (chamoa tichméou) Mes commandements que Je vous ordonne aujourd'hui, d'aimer Hachem votre D. et de Le servir de tout votre cœur et de toute votre âme" (Ekev 11,13)

-> Rachi enseigne :
Ce sera, si écouter, vous écoutez = Si tu écoutes [ce qui t’a déjà été enseigné] autrefois, tu comprendras le neuf (guémara Soucca 46b). De même : "Ce sera, si oublier, tu oublies" (Ekev 8,19) : si tu commences d’oublier, un jour viendra où tu oublieras tout. C’est ainsi qu’il est écrit dans une meguila : "Si tu m’abandonnes un jour, deux jours t’abandonnerai-je".

Je vous ordonne aujourd'hui = [Que mes mitsvot] vous soient aussi neuves que si vous les aviez entendues aujourd'hui même.

Pour aimer Hachem = Que tu ne dises pas : "Je vais étudier pour devenir riche, pour que l’on m’appelle : “Maître”, pour percevoir un salaire." Mais tout ce que vous faites, faites-le par amour, et les honneurs finiront par venir (guémara Nedarim 62a).

Et pour le servir de tout votre cœur = Un service qui est dans le cœur, à savoir la prière.

"Ils (les anges) lui dirent : Où est Sarah ta femme?" (Vayéra 18,9)

On peut expliquer cette question de la façon suivante.
Les anges savaient qu’Avraham était un grand homme. En effet, dans le Ciel, on parlait beaucoup de ses mérites et de ses actions extraordinaires. Ainsi, quand ces 3 anges descendirent sur terre pour se rendre chez Avraham, ils tentèrent d’analyser ses actes pour se rendre compte de par eux-mêmes de sa grandeur.
Mais Avraham, qui était humble, dissimulait ses bonnes actions et ne les exposait pas. De la sorte, les anges ne se rendirent pas tellement compte de sa grandeur.

C’est ainsi qu’ils lui demandèrent où est Sarah. En effet, puisque Avraham ne laissait rien apparaître, ils voulaient voir si tout au moins, ils pourraient discerner chez Sarah des attitudes élevées qui expliqueraient la grandeur de ce couple.
Et là Avraham leur répondit : "Elle est dans la tente", que Rachi explique comme voulant dire : "Elle est discrète". Ainsi, Avraham répondit que même de Sarah, ils allaient rien discerner de grand, car elle aussi, elle est discrète et ne montre pas sa véritable valeur.

[rabbi Yé'hiel Mi'hal de Zlotchov]

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-> Selon certains commentateurs, les anges sont incapables de lire dans les pensées de l'homme, à moins que D. ne les leur révèle.
C'est la raison pour laquelle l'ange a demandé : "Où est Sarah ta femme?"
L'ange ignorait où elle se trouvait.
[Méam Loez - Vayéra 22,11-12]