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"C'est en ce même jour que fut circoncis Avraham" (Lé'h Lé'ha 17,26)

Nos Sages enseignent que Avraham a réalisé la mitsva de la brit mila le jour de Yom Kippour.
D'ailleurs, on remarque que les mots : "C'est en ce même jour que fut circoncis" (בְּעֶצֶם הַיּוֹם הַזֶּה, נִמּוֹל) ont la guématria que : Yom haKippourim (יום הכפורים).

C'est ainsi que chaque année, le jour de Kippour, le sang de la brit mila d'Avraham se manifeste devant Hachem, à l'image du sang des sacrifices (korbanot), et cela permet l'expiation des fautes du peuple juif.

[le 'Hida - Na'hal Kédoumim]

"Hachem dit à Avram : Va pour toi ..." (Lé'h Lé'ha 12,1)

-> Eliyahou haNavi dit : "Chacun de nous est obligé de se demander : Quand est-ce que mes actions atteindront celles de mes Patriarches : Avraham, Its'hak et Yaakov."
[Tana déBé Eliyahou 21]

-> Le Ram'hal (Déré'h Ets 'Haïm) le reformule de la façon suivant :
"Chaque personne doit se demander : Qu'est-ce que les Patriarches ont fait pour que Hachem les désire autant? ... Qu'est-ce que tous nos guédolim avant nous ont-ils fait?

On doit se rendre compte à quel point il est bien pour une personne de vivre tous les jours de sa vie de cette même façon, et combien Hachem apprécie cela.
Ces pensées doivent nous pousser à réfléchir à la situation dans laquelle nous sommes."

=> Avec la paracha de Lé'h Lé'ha, nous commençons le récit de la vie de nos Patriarches, et leur exemplarité doit nous servir d'inspiration à notre niveau.
Si Avraham, Its'hak ou Yaakav, était à ma place (avec mes capacités et mon environnement), comment aurait-il agit?

Imaginons leur fierté de nous voir marcher dans leurs pas, imaginons toute la proximité avec Hachem que nous pouvons ainsi atteindre.

"Hachem dit à Avram: "Va pour toi, hors de ton pays, de l'endroit où tu es né et de la maison de ton père, vers la terre que Je te montrerai. Je ferai de toi un grand peuple" (Lé'h Lé'ha 12,1-2)

-> Rachi commente : "Va pour toi" : Pour ton bonheur et pour ton bien. C’est là-bas que je te ferai devenir une grande nation. Ici tu n’auras pas la faveur d’avoir des enfants.

-> Les lettres des mots : "Va pour toi" (lé'h lé'ha - לֶךְ-לְךָ) ont une guématria totale de : 100.

Selon le Baal haTourim, le message est qu'ici dans ton pays de naissance, tu ne mériteras pas d'enfant, mais si tu réalise le "va pour toi", alors tu mériteras un fils à l'âge de 100 ans.
Cela fut le cas au moment de la naissance de Its'hak.

-> Rabbi David Feinstein (Kol Dodi) rapporte qu'il existe 50 niveaux dans l'impureté, et en parallèle 50 niveaux dans la pureté.
[Par exemple, les juifs sont sortis d'Egypte en étant au 49e niveau d'impureté, jusqu'à se hisser au moment du don la Torah en étant au 49e niveau de pureté]

Ainsi :
-> "Va" (lé'h - לֶךְ) = d'abord, quitte les 50 degrés d'impureté des personnes de ta patrie.
-> "Pour toi" (lé'ha - לְךָ) = pour ensuite, monter vers les 50 niveaux de sainteté.

-> Rabbénou Bé'hayé enseigne que les mots : lé'h lé'ha, peuvent se lire ensemble : li'hlou'h (un endroit sale, corrompu - לכלך).
Avraham avait besoin de quitter sa terre pleine d'immondices et de paganisme, pour aller vers un endroit plus propice à la sainteté (kédoucha).

-> Le Ktav Sofer nous apporte l'enseignement suivant.
Avraham a découvert Hachem à l'âge de 3 ans. Il a jeté un coup d’œil sur le monde, et il en est arrivé à la conclusion qu'il doit y avoir un "Maître du monde", auquel tout appartient et dont tous doivent le servir.
Il a pris cela très à cœur et il se modela une vie 100% dans le spirituel.

C'est alors que Hachem lui dit :
- "Va pour toi" (lé'h lé'ha) = Fais partir de toi cette vision de la matérialité. Quittes cette mentalité que la matérialité est mauvaise, qu'elle est néfaste au rapprochement avec Hachem.
- "vers la terre que Je te montrerai" = vers la terre, c'est-à-dire vers la matérialité.
Hachem dit : "Je vais te montrer les problématiques matérielles d'un autre regard! Je vais te montrer à quel point on peut devenir grand et saint en élevant le terrestre!"

Le Ktav Sofer dit que Hachem a enseigné à Avraham le concept de : "Dans toutes tes voies, songe à Lui" (Michlé 3,6 - bé'hol déra'hé'ha daéou).
En effet, toute chose que nous faisons est une occasion de venir plus proche de Hachem.
Lorsque je mange, boit, dort, ..., je me comporte comme un animal, mais par la force de ma pensée, de mon intention (kavana), c'est l'occasion de me lier avec mon Créateur.
Par exemple, il suffit de prendre un bref instant et de penser : "Je suis en train de manger/boire afin d'avoir les forces nécessaires pour servir Hachem!"
C'est aussi simple que cela de transformer quelque chose de très physique (animal) en très spirituelle (divin).

-> Hillel avait l'habitude de dire : "Si moi je ne suis pas pour moi, qui le sera? Et quand moi je suis pour moi, que suis-je? Et si pas maintenant, quand?" (Pirké Avot 1,4)

"Va pour toi" = commence par aller en toi, par prendre conscience de tes qualités et de tes défauts, de ta nature propre (ta mission sur terre), et alors tu pourras illuminer pleinement ton environnement.

"Va pour toi" = dans ta vie, va pour ton vrai toi : ton âme.
Il faut être vigilant à ce que le yétser ara ne soit pas le pilote de notre vie : va pour toi, et non pas pour lui!
[le corps doit être au service de l'âme, et non l'inverse]

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-> "Va pour toi" (lé'h lé'ha) : D. n'a pas précisé à Avraham sa destination, se contentant de dire : "vers la terre que Je te montrerai".
Rachi explique que c'est une façon de lui faire acquérir une récompense pour chacun de ses pas.

-> La Torah décrit l'épreuve d'Avraham par ordre croissant de difficulté.
Il est difficile de quitter l'endroit où l'on vit, plus difficile de quitter sa terre natale, et encore davantage ses parents.
[le Ramban]

[ => Nous pouvons apprendre de là que la sensation d'être perdus sur le chemin de sa vie, que Hachem nous a laissé tout seul, n'est en réalité qu'une énorme bonté pour nous faire cumuler un maximum de mérites dans ce monde.
En effet, si tout était clair, qu'il n'y avait pas de libre arbitre, la récompense serait alors quasi-nulle, car on n'aurait aucune envie de faire autre chose que Sa volonté.

=> Nous pouvons également en tirer la nécessité d'évoluer dans un ordre croissant de difficulté, en fonction de nos capacités personnelles, en faisant les efforts pour monter sur la durée une marche après l'autre vers papa Hachem.
Nous devons nous connaître, et exploiter nos capacités, nos potentialités, en toute honnêteté.
Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons être sûr de terminer la totalité de NOTRE chemin de vie, que Hachem nous a assigné à notre naissance. ]

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"Je ferai de toi un grand peuple" (Lé'h Lé'ha 12,2)

Qu'est-ce que cela signifie?

Nous allons voir b'h une réponse du Gaon de Vilna.

Nos Sages (Massé'hét Sofrim chap.21) commentent le verset : "le plus grand des géants" (Yéhochoua 14,15 - aadam agadol ba'anakim), en disant que cela fait référence à Avraham, qui mangeait et buvait comme 74 hommes.

Comment comprendre cela? Est-il possible que Avraham était à ce point glouton?

Au moment du don de la Torah, il est écrit : "Moché monta, ainsi que Aharon, Nadav et Avihou, et 70 des Anciens d'Israël ...ils contemplèrent Hachem et ils mangèrent et burent" (Michpatim 24,9-11).

Nous pouvons noter qu'il y avait en tout : 74 hommes.
A ce moment, ils ont mérité une incroyable proximité avec la présence divine, puisque respirant la kédoucha présente lors du don de la Torah.
D'ailleurs, c'est cela le sens véritable des mots : "ils mangèrent et burent".
De même qu'une personne va ingérer de la nourriture et de la boisson en mangeant et buvant, de même ces 74 hommes ont ingéré de la sainteté en "mangeant" et en "buvant" de la nourriture spirituelle, particulièrement abondante à ce moment du don de la Torah.

=> Lorsque nos Sages disent que Avraham mangeait et buvait comme 74 hommes, leur intention est de nous enseigner que la spiritualité de Avraham était aussi importante que si l'on cumulait ensemble celle de ces 74 personnes au moment du don de la Torah.

Le Gaon de Vilna conclut en disant que c'est cela qui a fait mériter à Avraham la description de : "le plus grand des géants", et c'est cette grandeur qu'Avraham a reçu par le biais de la puissante bénédiction : "Je ferai de toi un grand peuple".

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-> D'après le Zohar, Hachem nous dit : "lé'h lé'ha", qui a une guématria de 100, comme les 100 bénédictions qu'un juif doit faire par jour, et dont leur qualité dépend de l'enthousiasme que l'on va y mettre en les récitant.
Va pour toi = il faut les faire avec tout notre cœur, pour notre bien d'en bénéficier au maximum.

"[Avraham dit à Lot : ] Sépare-toi de moi ... Et Lot leva les yeux" (Lé'h Lé'ha 13,9-10)

Nous pouvons voir ici combien il faut faire attention aux paroles des tsadikim, qui sont puissantes et ont une grande influence.

En effet, dès qu'Avraham dit à Lot : "Sépare-toi de moi", cette parole eut un grand impact, au point que lorsque Lot leva les yeux et vit la contrée de Sodome, il désira y habiter, se détachant par là avec force d’Avraham, non seulement physiquement, mais aussi spirituellement, se séparant de ses valeurs et de ses enseignements.

[le 'Hidouché haRim]

"Hachem dit à Avram : Va pour pour toi ... de la maison de ton père" (Lé'h Lé'ha 12,1)

-> Quel est le nom de la mère de Avraham?
Amat'laï bat Kornévo (אמתלאי בת כרנבו).

-> Quel est le nom de la mère de Haman?
Amat'laï bat Orvéta (אמתלאי בת עורבתי).

=> Comment comprendre que 2 personnes aussi opposées : un tsadik parfait et un racha parfait, sont nées avec une mère portant le même nom?

Nos Sages (guémara Baba Batra 91a) donnent une réponse en se basant sur le nom des grands-mères :
-> Kornévo : fait référence à un type de bête (le kar) qui est permis à la consommation.
Ainsi, elle a donné naissance à un fils pur : Avraham.

-> Orvéta : fait allusion à un type d'oiseau (le orèv) qui est impur.
Elle a ainsi donné naissance à enfant impur : Haman.

"Hachem prit l'homme et le plaça dans le Jardin d'Eden, pour le travailler et pour le garder" (Béréchit 2,15)

-> Puisque la Torah a précisé auparavant que les arbres du jardin poussaient d'eux-mêmes et que le fleuve en assurait l'irrigation. En quoi consistait alors le "travail" d'Adam?

Il devait "travailler" le jardin en étudiant la Torah et en accomplissant des commandements positifs, et le "garder" en s'abstenant d'activités interdites.
[midrach Pirké déRabbi Eliézer]

-> Le Ohr ha'Haïm poursuit cette idée :
Même de nos jours, longtemps après avoir été expulsés du Jardin d'Eden, nous continuons le travail que devait faire Adam.
En effet, chaque mitsva que nous faisons plante une graine qui va se développer au Gan Eden, et chaque faute (avéra) détruit ces mêmes plantations spirituelles que nous avons planté.

Il y a cependant une différence avec le travail de Adam avant qu'il ne soit expulsé du Gan Eden.
En effet, Adam voyait clairement à quel point chaque mitsva qu'il faisait était une graine qui se développait en une création spirituelle.
Il voyait les effets de chacune de ses mitsvot dans le monde d'en-haut.
De même, il pouvait observer la destruction qu'entraînait une avéra sur ces mêmes plantations (de mitsvot).

Par contre, une fois qu'il a quitté le Gan Eden, cette capacité unique à voir la spiritualité, lui a été retirée.

Mais dans le monde à venir, nous pourrons voir les fruits qu'auront produit nos mitsvot, et qui nous servirons de nourriture spirituelle.

"D. appela le firmament : Ciel" (Béréchit 1,8)

Le Abir Yaakov (Pitou’hé ‘Hotam) enseigne que nous pouvons lire le verset ainsi :
-> "D. appela le firmament (rakia)" = c'est une allusion à l'âme qui au moment où elle descend dans ce monde, est vide (réka) de tout mérite.
Le mot "rakia" (רָקִיעַ) a également la même guématria que "chamèm" (vide - שׁמֵם).

-> "Ciel (chamayim)" = c'est une référence à l'âme qui s'est remplie de Torah et de mitsvot, dans ce monde.
En effet, nos Sages (guémara 'Haguiga 12a) disent que le mot :"chamayim" est composé des 2 mots suivants : "cham mayim" (là-bas de l'eau).
Or, la guémara (Ta'anit 7a) statue : "l’eau, c’est la Torah".

=> "D. appelle" une âme dans ce monde.
Elle est alors "rakia" (dépourvue de tout mérite), et son objectif est de devenir "chamayim" (se remplir au maximum de Torah et de mitsvot).

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-> Rachi (v.1,8) explique que le mot :"chamayim" (Ciel) provient également de : "éch oumayim" (feu et eau).
Le feu et l'eau ont été unis pour former le Ciel.

-> Le Kli Yakar enseigne que c'est pour cela que nos Sages disent qu'une dispute qui est "léchem chamayim" produira un résultat constructif.
En effet, quoi de plus opposés que l'eau et le feu, qui par le fait d'avoir une finalité de paix, réussissent à s'unir et à produire un résultat sublime : le Ciel, au sein duquel Hachem et tous les êtres célestes y résident.

["Toute controverse qui a vocation d’honorer les Cieux (lechem chamayim) connaîtra un aboutissement perdurable ; et celle qui n’a pas vocation d’honorer les Cieux ne connaîtra pas d’aboutissement perdurable." - Pirké Avot 5,17]

De plus, on peut remarquer que :
-> pour le 2e jour, il n'est pas écrit : "ki tov" (c'était bien), car l'apparition du "rakia" (firmament) : "fit une séparation entre les eaux qui étaient au-dessous du firmament et les eaux au-dessus du firmament" (Béréchit 1,7).

-> pour le 3e jour, il est écrit 2 fois : "ki tov" : une fois pour ce qui a été créé le 3e jour, et une autre fois pour la finalisation de ce qui a été commencé le 2e jour, car il y a eu : "le rassemblement des eaux ... D. vit que c'était bien!" (Béréchit 1,11).

=> On voit l'importance de toujours chercher à maintenir la paix.

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-> Rabbi Tivyoumi a dit : "Si le terme "tov" ne peut pas être utilisé pour cette division qui était pour le bien du monde et afin de l’habiter, alors à plus forte raison cela est valable pour les conflits, les querelles, qui amènent le chaos dans le monde."
[midrach Béréchit Raba 4,6]

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+ "Et D. fit le firmament" (Béréchit 1,7)

-> "Depuis le jour où le Temple a été détruit, on n'a pas vu le firmament dans toute sa pureté"
[rav 'Hisda - guémara Béra'hot 59]

Le Michtav Sofer (rabbi Chimon Sofer) commente :
Le firmament fait allusion à la dissension, et tous ceux qui se disputent disent en général que leur dispute est pour l'amour du Ciel, mais en réalité, depuis que le Temple a été détruit, on n'a plus vu une dissension pure, sans aucun intérêt personnel.

"D. fit les 2 grands luminaires : le plus grand luminaire pour la domination du jour et le plus petit luminaire pour la domination de la nuit, ainsi que les étoiles" (Béréchit 1,16)

Le Abir Yaakov (Pitou'hé 'Hotam) enseigne que nous pouvons lire le verset ainsi :
-> "le plus grand luminaire pour la domination du jour" = c'est la prière de cha'harit, qui est la plus importante des prières, et qui se récite en journée.

-> "le plus petit luminaire pour la domination de la nuit" = c'est une allusion à Arvit, prière récitée la nuit, et durant laquelle nous lisons également le chéma (ce qui lui donne ce titre de "luminaire").

- "les étoiles" = c'est min'ha, qui est la plus petite des prières.
D'ailleurs, le mot : min'ha (מנחה) a la même guématria que : "les étoiles" (ako'havim - הַכּוֹכָבִים), soit : 103.

"D. dit : Que la terre fasse pousser de la végétation" (Béréchit 1,11)

Le Gaon de Vilna fait remarquer que les lettres du mot : "végétation" (déché - דֶּשֶׁא) font allusion au fait que : "Le monde repose sur 3 choses : sur la justice (din - דִּין), sur la vérité (émet - אֱמֶת) et sur la paix (shalom - שָּׁלוֹם)" (Pirké Avot 1,18).
[la 1ere lettre de ces 3 mots formant : דֶּשֶׁא]

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-> Le Baal haLévouchim commente :
Hachem nous demande : faites en sorte que la végétation (דשא = la justice, la paix et la vérité) pousse, se développe, afin que [la terre, le monde] puisse continuer à exister.

"L'arc sera dans le nuage ... Hachem dit à Noa'h : "Ceci est le signe de l'alliance que J'ai établie entre Moi et toute chair se trouvant sur la terre"." (Noa'h 9,16-17)

-> L'arc-en-ciel a une signification symbolique : lorsqu'un archer veut montrer que ses intentions sont pacifiques, ils inversent son arc en le pointant vers lui.

Il en est ainsi avec un arc-en-ciel : les extrémités de l'arc touchent le sol de ce monde, tandis que son centre pointe vers le Ciel, témoignant des intentions pacifiques de Hachem à l'égard de la terre.
De plus, cet arc ne contient pas de corde avec laquelle tirer une flèche.
Il symbole la paix entre Hachem et ce monde.

[le Ramban]

-> Les gens utilisent l'arc comme signe pour la bataille. Hachem a ainsi désigné l'arc-en-ciel comme un signe de paix et de tranquillité.
[Rabbénou Efraïm]

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-> Selon le midrach (Béréchit rabba 35,3) : "Hachem dit : "L'arc-en-ciel est comme Moi."
Est-possible? [Quelque chose peut-il se comparer à Hachem?]. Plutôt, c'est comme : la partie dure du fruit (kashin dépéri)." [c'est-à-dire le noyau ou la coquille autour d'un fruit]

Pour ainsi dire, lorsque Hachem est "dur", c'est-à-dire en colère contre le monde, Il place la "partie dure" de sa colère dans les nuages, et se retient alors de détruire le monde comme punition.

[le ‘Hen Tov]

[ -> Un arc-en-ciel a une forme inverse à celle d'un sourire, témoignant que Hachem est triste de voir ses enfants se comporter de la sorte.
-> Il est comme une flèche vers le haut, nous indiquant qu'il faut élever nos actions vers le Ciel, car actuellement à cause de nos fautes nous sommes tombés bien bas, créant une distance avec papa Hachem. ]

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+ "[Israël dit à Yossef : ] ... avec mon épée et mon arc" (Vayé'hi 48,22)

Le Targoum Onkelos traduit ces mots par : "avec ma prière (bitsloti) et ma supplication (ouvévaouti)".
[la guémara Baba 123a va également dans ce sens, en disant : épée = téfila, et arc = bakacha (supplication) ]

=> Que peut-on apprendre de ces rapprochements?

Une épée est une arme efficace, dans le sens où même une personne inexpérimentée lorsqu'elle touche quelqu'un d'autre avec, elle lui inflige des dommages.

Un arc n'est pas une arme dangereuse en soi.
Si un archer ne sait pas comment viser ou n'a pas suffisamment de force, la flèche va partir sans faire aucun dommage.
Cependant, dans les mains d'un archer expérimenté, un arc produit un grand impact.
De plus, le plus on tire fort sur sa corde, le plus loin va la flèche.

Il en est de même avec les différents types de prières :
- une téfila = la prière instituée par nos Sages, elle agit comme une épée, dans le sens où elle produit de grands effets même pour une personne qui n'a pas la bonne kavana.
- la bakacha = les prières individuelles sont comme l'arc, plus on va y mettre notre cœur, plus on va être saint (expérimenté en Torah), plus notre prière sera puissante.

[le Griz - Rabbi Its'hak Zev Soloveitchik]

[ L’apparition de l'arc-en-ciel nous enseigne :
-> de même qu'il est composé de couleurs différentes qui s'unissent et se complètent pour former un tout magnifique, de même nous devons accepter les différences au sein du peuple juif, car cela enrichit notre objectif commun : faire la volonté de Hachem.

[l'arc-en-ciel pointant vers le haut, c'est comme si Hachem nous disait : arrêtez de vous diviser. Certes cultivez votre unicité, mais regardez ensemble dans la même direction : le Ciel!]

-> de même qu'il ressemble à un arc (bakacha : requête personnelle), nous devons savoir nous isoler afin de remercier et prier Hachem, car chaque respiration est un magnifique cadeau.

[l'arc-en-ciel pointant vers le haut, c'est comme si Hachem nous disait : N'oubliez pas de me dire : merci! ; N'hésitez pas à vous tourner vers moi en prière à tout moment, car je n'attends que cela!] ]

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-> "Il existe des générations qui n’auront pas besoin du signe (de l’arc-en-ciel), car y vivait un juste parfait, telle la génération du roi ‘Hizkiyahou et celle de Rabbi Chimon bar Yo’haï."
[Rachi – Noa'h 9,12]

L’arc-en-ciel est un signe qui annonce que le monde ne sera pas détruit par un nouveau déluge, bien que la génération où il apparaît l’ait mérité.

La guémara (Sabbath 63a) enseigne qu'un tsadik a la capacité d'annuler les décrets divins.
La guémara (Kétoubot 77b) nous rapporte que pour des grands tsadikim comme : Rabbi Chimon Bar Yo'haï et Rabbi Yéhochoua ben Lévi, aucun arc-en-ciel n'est apparu de leur vivant.

Le Maor vaChémech dit que puisque ces tsadikim avaient la capacité d'annuler les décrets divins, alors il n'était pas nécessaire à Hachem de faire apparaître un arc-en-ciel pour permettre l'annulation d'un décret.

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-> Les commentateurs s’interrogent par ailleurs sur l’origine de l’arc-en-ciel.
Certains estiment qu’aucun arc-en-ciel n’avait jamais existé auparavant, et qu’il s’agissait là d’une nouvelle Création [Ibn Ezra].
D’autres [comme le Rav Saadia Gaon] pensent que l’arc-en-ciel est un phénomène parfaitement naturel, qui a existé de tous temps, mais qu’il s’est vu attribuer une nouvelle fonction par D. après le Déluge.
Le Ramban, citant les "philosophes grecs", tranche également en faveur de cette 2e opinion, argumentant que tout un chacun peut observer des arcs-enciel, tout le temps, du moment qu’une lumière traverse de l’air humide.

On peut rapprocher ces 2 thèses opposées à l’aide du commentaire suivant : Avant le Déluge, les nuages étaient si matériels et grossiers que les rayons du soleil ne parvenaient pas à s’y réfléchir. L’arc-en-ciel était donc impossible. Le Déluge eut pour effet de raffiner les éléments constitutifs du Monde, permettant ainsi à l’arc-en-ciel de surgir. L’arc-en-ciel étant donc le signe d’un certain raffinement du Monde.
[rabbi de Loubavitch - Likouté Si'hot]

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-> "Celui qui regarde les 3 choses suivantes, ses yeux s’affaiblissent : l’arc-en-ciel, le "prince" (nassi), et les Cohanim (pendant qu’ils récitent la bénédiction sacerdotale)"
[guémara méguila 16a]

-> Cet enseignement de la guémara présente une difficulté, soulevée par le rav Aboudraham au nom de son maître, le Roch : Il est une mitsva de réciter une bénédiction à la vue de l’arc-en-ciel [voir Choul’han Aroukh Orakh ‘Haïm 229,1] : "Baroukh Ata Ado-naï Elo-heinu Mélekh Haolam Zokhèr Habrith Vénéémane Bivrito Vékayam Bémaamaro" (Béni sois-tu, Hachem notre D., Roi de l’univers, qui se souvient de l’alliance et est fidèle à Son alliance et tient Sa promesse).
=> Mais comment peut-on la réciter s’il n’est pas permis de regarder cet arc-en-ciel?

En réalité, explique le Roch, la guémara emploie une expression (amistakel - המסתכל) totalement étrangère à la simple vision (réyia - ראיה ). Ce qui est interdit, ce n’est pas de voir mais de contempler.
Ainsi, le regard doit-il rester furtif afin de ne pas s’attarder.

-> Lorsque l'arc-en-ciel apparaît, il est interdit de l'observer longuement, mais nous devons le regarder le temps nécessaire pour réciter la bénédiction : "Barou’h ata Hachem élokénou, mélé’h aolam, zo’hér abérit vénééman bivrito, vékayam bémaamaro" (Ora’h ‘Haïm 229,1).
[en hébreu : ברוך אתה ה’ אלוקינו מלך העולם זוכר הברית, נאמן בבריתו וקיים במאמרו]

-> La michna Broura nous averti que si nous le regardons trop longtemps, alors nos yeux s'affaibliront.
Elle ajoute également que si nous voyons un arc-en-ciel, il vaut mieux ne pas en avertir d'autres personnes de sa présence.

-> Selon le Maharcha (guémara Bera'hot 59a), ce que l’arc-en-ciel, le "prince" et les Cohanim ont en commun, c'est qu’ils sont représentatifs de la présence divine, voilà pourquoi ils ont tous droit à la même attitude de respect.
Voilà pourquoi ils ont tous droit à la même attitude de respect.

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-> Selon le Zohar (Béchala'h 66b), celui qui regarde l'arc-en-ciel, c'est comme s'il avait regardé la présence divine.

-> Le Zohar (Tikouné Zohar 36b) nous enseigne que si les couleurs de l'arc-en-ciel sont brillantes et vives, sans la moindre brume ou autre altération similaire, alors le machia'h viendra immédiatement.

-> L’apparition de l’arc-en-ciel est également le signe de la Délivrance. Ainsi, le Zohar [I,72b] rapporte: "Rabbi Chimon Bar Yo’haï a dit à Rabbi Eléazar son fils : Mon fils, n’attend-pas les pieds du machia’h tant que tu ne vois pas l’arc-en-ciel avec des couleurs lumineuses (hors du commun)".
En effet, le Monde aura atteint un nouveau degré de raffinement et sera digne de cette nouvelle époque, celle du dévoilement de la lumière du machia’h : Oro Chel Machia’h.
[rapporté dans le feuillet de la communauté de Sarcelles 5782 (N°142)]

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-> Pourquoi Hachem choisit-il l'arc-en-ciel comme signe de l'Alliance entre lui et Noa'h et comme la promesse selon laquelle plus jamais "nulle chair ne périrait par les eaux du Déluge" (Noa'h 9,12)?
Parce que l'arc est constitué par le feu et l'eau et qu'ils cohabitent paisiblement. Pour preuve que la paix est possible dans le monde".
[rabbi Mena'hem Mendel de Kotzk]

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-> A ce sujet, (b'h) voir également : https://todahm.com/2016/12/26/4976