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"D. se souvint (vayizkor Elokim) de Ra'hel, D. l'exauça et ouvrit sa matrice. Elle conçut et enfanta un fils" (Vayétsé 30,22-23)

-> Le rav Avraham Pam s'interroge sur l'utilisation du nom : Elokim, qui représente l'Attribut divin de rigueur.
En effet, dans le cadre de ce verset, n'aurait-il pas été plus approprié d'utiliser : Hachem, qui représente l'Attribut de miséricorde?

Le rav Pam explique que Ra'hel était stérile, et selon les lois de la nature elle n'aurait dû avoir aucun enfant.
Cependant le jour de son mariage, qu'elle attendait depuis 7 années (durée du travail de Yaakov pour "l'acquérir"), elle a appris que son père la remplacerait par sa sœur aînée Léa.
Dans un moment de total altruisme, elle a placé les sentiments de sa sœur au-dessus des siens, et lui a partagé les signes que Yaakov lui avait transmis dans le but d'éviter toute tromperie venant de Lavan.
[cf. Rachi (29,25) : elle s’est dit : "Ma sœur va subir une humiliation !". Elle lui a donc transmis ces signes.]

En agissant ainsi (éviter une humiliation au prix de se priver d'enfants qui seront à la tête d'une tribu d'Israël, et du fait d'être une Matriarche!), elle a généré un mérite énorme pour elle-même, faisant que la notion de justice divine a été contrainte de changer la nature, et de la récompenser avec un enfant qu'elle n'aurait sinon jamais eu.

-> Le rav Elya ber Watchfogel précise qu'au moment de cet incident, Ra'hel devait être certaine que ses actes auraient pour conséquence inévitable de la condamner à ne jamais se marier avec Yaakov, et donc à ne pas avoir d'enfant avec lui.

La réalité dans cette situation, si elle avait choisi de poursuivre tranquillement son mariage avec Yaakov, comme elle en avait le droit, aurait fait qu'elle aurait vécu certes un magnifique mariage, mais sans le savoir elle était stérile et n'aurait jamais eu aucun enfant.

=> Ainsi, c'est uniquement par cet acte, qui en apparence semblait détruire toutes ses chances d'avoir un enfant, que Ra'hel a produit le mérite qui a changé son destin, et donc celui de tout le peuple juif.

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-> Nos Sages enseignent qu'au moment où Its'hak était ligoté sur l'autel avec son père Avraham tenant le couteau prêt à l'égorger, il a été pris de peur au point que son âme l'a littéralement quitté, et c'est uniquement un miracle qui l'a ramené à la vie.
Le Zohar enseigne que Its'hak est né avec une âme féminine, qui était incapable de se reproduire.
Lorsqu'il a été ramené à la vie, la nouvelle âme qui est venue en lui était masculine, lui permettant alors d'avoir des enfants.

-> Le Chla haKadoch dérive d'ici une belle leçon.
Lorsque Avraham allait vers la Akéda, il pensait sincèrement qu'il était sur le point d'anéantir le futur des juifs, par le fait de sacrifier son unique descendance juive.
Cependant, il était prêt à le faire puisque telle était l'épreuve que Hachem lui avait donné, même si la conséquence de cela serait qu'il n'y aura pas de juif.

Or, en réalité Hachem savait que sans la Akéda, si Its'hak se mariait, il aurait été incapable d'avoir des enfants, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle Rivka est née au moment de la Akéda.

=> Ce qui devait être pour sûr la fin du peuple juif, en a été le mécanisme permettant sa continuation.

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"Et après, elle [Léa] enfanta une fille et la nomma Dina" (Vayétsé 30,21)

-> Rachi observe que ce nom "Dina" vient de Din (jugement), parce que Léa s'est imposée à elle-même un jugement.
Elle s'est dit : "Yaakov doit engendrer 12 tribus. J'en ai déjà mis 6 au monde et chacune des servantes 2, ce qui fait un total de 10. Si l'enfant que je porte est un garçon, ma sœur Ra'hel ne sera même pas égale à l'une de ses servantes."
Pour lui épargner cette humiliation, Léa a prié pour qu'un miracle se produise et que l'enfant qu'elle portait soit changé en fille.

-> Le Targoum Yonathan ben Ouziel écrit que le mécanisme permettant la naissance de Dina a été un transfert utérin.

Au moment où Léa attendait un garçon, Ra'hel était également enceinte mais d'une fille.
En réponse aux supplications de Léa pour que sa sœur puisse avoir au moins autant de fils que les servantes, Hachem a miraculeusement échangé les 2 fœtus, faisant que Ra'hel a donné naissance à Yossef, et Léa à Dina.

Lorsque Léa implorait Hachem de ne pas avoir un garçon afin d'éviter une humiliation à sa sœur Ra'hel, elle était prête à faire le sacrifie de ne pas être la mère d'une tribu supplémentaire parmi les 12 du peuple d'Israël.

-> Le rav Shimshon Pinkous fait le développement suivant, en expliquant qu'en réalité elle a obtenu bien plus que ce pour quoi elle a été prête à renoncer.

Le Daat Zékénim (41,45) écrit que Dina a été souillée par Che'hèm (Vayichla'h 34,2 : "il la vit, cohabita avec elle et lui fit violence").
Suite à cela, elle a été enceinte et a donné naissance à une fille.
Cette fille a été envoyée au loin, et suite à des miracles de la providence divine, elle s'est mariée en Egypte à son oncle : Yossef.

Et c'est ainsi que Yossef et sa femme Osnat ont eu 2 enfants : Ménaché et Efraïm, qui sont comptés parmi les 12 tribus d'Israël.

=> En renonçant à être la mère d'une tribu supplémentaire pour l'honneur de sa sœur, Léa a en réalité gagné le mérite d'être la mère non pas d'une, mais de 2 tribus supplémentaires.

Le rav Pinkous fait remarquer que la Torah prescrit : "Si l'objet du vol a été trouvé en sa possession ... il paiera le double" (Michpatim 22,3).
Ainsi, si la Torah demande une double punition pour un méfait, la récompense pour une mitsva doit sans aucun doute être également le double, ce qui est illustré par Léa et Dina.

==> Nous pouvons apprendre de ces différents exemples, que parfois nous avons l'impression de perdre beaucoup si nous accordons du mérite à autrui, mais la réalité est que nous en ressortirons toujours gagnant.
En effet, comme nous n'avons pu le voir, l'existence même du peuple juif est le fruit d'une telle attitude!

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-> "Demain, vous vous lamenterez des choses qui vous font rire aujourd'hui.
Et demain, vous vous réjouirez de ce qui vous a fait pleurer aujourd'hui!"
[le Gaon de Vilna - dans une de ses lettres]

-> "Souviens-toi que les voies de D. sont mystérieuses : tout ce qui paraît bon ne l'est pas nécessairement, et tout ce que nous considérons comme mauvais ne l'est pas forcément."
[Eliyahou haNavi à Rabbi Yéhochoua ben Lévi - rapporté par Rabbénou Nissim Gaon au nom du midrach]

=> Comment pouvons-nous faire dépendre notre bonheur de notre perception faussée de la réalité?
Puisque Hachem fait tout pour le bien, alors nous devons nous réjouir avec ce que l'on a, comme étant le top du top pour nous!

"La voix est la voix de Yaakov, mais les mains sont les mains d'Essav" (Toldot 27,22)

Le Maguid de Doubno disait : "Il y a certains juifs qui sont la personnalisation de ces mots :

-> "La voix est la voix de Yaakov" = leur façon de prier et d'étudier se conforme parfaitement avec la loi juive ;
-> "mais les mains sont les mains d'Essav" = malheureusement, dès qu'il s'agit des mitsvot de tsédaka ou de prodiguer des bontés (guémilout 'hassadim), ces mêmes juifs gardent leurs mains bien fermées.

Le Maguid de conclure : "Il est vital que de telles personnes sachent qu'un aspect du service divin sans l'autre, ne peut pas perdurer."

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-> "La voix est la voix de Yaakov, mais les mains sont les mains d'Essav"

-> Le Baal Chem Tov enseigne que le 'hessed (bonté) n'est pas affectée par l'intention des gens. Même si nos intentions ne sont pas pures, le 'hessed qui est accompli est considéré comme complet, car la besoin dans le besoin a reçu l'aide dont elle avait besoin.
Le rabbi 'Haïm Kreizworth disait qu'on ne peut pas étudier la Torah comme Rabbi Akiva Eiger, ni prier comme lui, mais on peut faire du 'hessed comme Rabbi Akiva Eiger, car le 'hessed signifie aider notre prochain, et l'on fait cette mitsva peut importe la pureté de nos intentions.

-> Le rav Elimélé'h Biderman explique en ce sens :
"La voix est la voix de Yaakov" = il y a 2 fois le terme "voix" (kol), en allusion à la voix de la Torah et la voix de la prière. Elles sont "de Yaakov", elles doivent être réalisées à l'image de comment Yaakov le faisait : dans la sainteté et avec la bonne kavana.
"mais les mains sont les mains d'Essav" = quand il s'agit des "ayadaïm" (les mains), de les utiliser pour venir en aide à notre prochain, alors cela peut même être "les mains d'Essav". En effet, le 'hessed a de la aleur peut importe l'intention, car celui qui a besoin reçoit l'aide dont il a besoin.

"Lorsqu'un juif étudie la Torah, le peuple juif dans son ensemble s’élève.
La résultante automatique est que nos ennemis vont tomber."

[Rav Wolbe - Chiouré 'Houmach - Toldot 27,22]

"J'enterre mon mort ...enterre ton mort ... pour inhumer ton mort ... d'ensevelir mon mort ... ensevelis ton mort ... j'y ensevelisse mon mort ... et ton mort enterre-le" ('Hayé Sarah 23,4-15)

Dans cette discussion du début de la paracha entre Avraham et Efron, il apparaît 7 fois la notion d'enterrer ton mort.
Pourquoi était-il besoin de tant de répétitions?
Pourquoi est-ce que nous avons 6 fois une tournure identique du type : "enterre ton mort", et une seule fois une formulation inversée : "ton mort enterre-le"?

Nous allons voir b'h les réponses du Gaon de Vilna.

Avraham savait qu'en plus de Adam et 'Hava, il y aurait 3 autres couples qui allaient être enterrés dans le caveau de Ma'hpella : Avraham et Sarah ; Its'hak et Rivka ; Yaakov et Léa.
De plus, la guémara (Sotah 31a), nous rapporte que la tête de Eisav y sera également enterrée.

=> Au total, il y aura dans ce caveau : 6 tsadikim et un racha.

Nos Sages (guémara Béra'hot 18) enseignent :
"Les réchaïm sont tenus pour morts même de leur vivant.
Les tsadikim même dans leur mort, ils sont toujours considérés comme vivants et de plus, ils exercent une plus grande influence après leur disparition que de leur vivant."

Cependant, nos Sages (guémara Shabbath 152) font remarquer qu'il y aura une courte période durant laquelle même les tsadikim vont goûter à la mort. Cela se passera juste avant qu'ils ne se relèvent de leur tombe au moment de la résurrection des morts.
Ainsi, c'est uniquement durant ce bref moment, qu'ils mourront d'une vraie mort.

Il en découle que l'enterrement d'un tsadik a lieu avant sa mort.
Son corps est enterré alors qu'il est toujours considéré comme vivant (ayant même plus d'influence que lorsqu'il était vivant physiquement!), et ce n'est que dans le futur qu'il devra mourir pendant un court instant.

A l'opposé, l'enterrement d'un racha a lieu après sa mort. En effet, même s'il vit physiquement, il est considéré comme mort.

Nous voyons donc qu'il y a 6 tsadikim qui vont être enterrés dans le caveau de Ma'hpella, et ce avant leur mort, puisqu'ils sont toujours considérés comme vivants (jusqu'à ce moment précédant la résurrection des morts).
=> Il est ainsi mentionné 6 fois : enterre ton mort = d'abord il est enterré, et ensuite il va mourir.

Par contre, concernant Essav, sa tête y a été enterrée après sa mort.
Il apparaît une seule fois : ton mort enterre-le = d'abord il était mort (puisque se comportant comme un racha) et ensuite il a été enterré.

"[Efron dit à Avraham] "Une terre de 400 Shékels en argent entre toi et moi, qu'est-ce que cela?" ...
Avraham écouta Efron, et Avraham pesa à Efron le prix qu'il avait dit ... 400 Shékels en argent, en monnaie qui a cours partout" ('Hayé Sarah 23,15-16)

+ "Entre toi et moi" :

-> Rachi explique que par ces mots : "entre toi et moi", Efron voulait dire à Avraham : "Que représente cette somme pour 2 personnes qui s’aiment comme toi et moi".

-> Sachant que Avraham et Efron se connaissaient à peine, on peut s'interroger : depuis quand sont-ils devenus des amis, des personnes qui s'aiment?

Dans les mots de Rachi : "2 personnes qui s'aiment" se dit : "chéné oavim" (שְׁנֵי אוֹהֲבִים).
Littéralement, ces termes signifient : "2 gens, qui aiment".
Efron fait donc remarquer à Avraham que chacun d’entre eux est : "une personne qui aime".
Avraham aime les mitsvot de tout son cœur et est prêt à tout pour les accomplir. Et Efron aime l’argent plus que tout.

Ainsi, il convient qu’Avraham paie cher (400 Shékels en argent) le caveau de Ma'hpella. En effet, il aime tellement les mitsvot que cette somme est minime pour lui, si elle peut lui permettre de réaliser une mitsva.
Et Efron aime tant l’argent que cette grande somme est infime pour lui. Il en voudrait bien plus.

=> Efron voulait ainsi signifier à Avraham : "Que représente cette somme pour deux "aimant" comme nous? Toi qui aime les mitsvot et moi qui aime l’argent".

-> Selon Rabbénou Yona, c'était la dernière épreuve de Avraham : prouver qu'il aimait Hachem de tous ses moyens, sans se plaindre du prix élevé de la mitsva.

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-> La paracha 'Hayé Sarah commence par le retour d’Avraham (à la suite de la Akéda) qui apprend une terrible nouvelle ; le décès de sa femme, Sarah. Elle nous raconte ensuite les difficultés endurées pour lui acheter une sépulture.
Nos Sages (Pirké Avot 5,3) affirment qu’Avraham dut affronter 10 épreuves. La plupart des commentateurs estiment que la Akéda fut la dernière et la plus éprouvante. Mais Rabbénou Yona (Pirké Avot 5,3) écrit que l’achat d’un caveau chez "Efron le rusé" constitua l’ultime épreuve (la 10e!).
=> Aussi difficile que cela puisse être de devoir organiser l’enterrement de sa femme, comment imaginer que ce soit plus éprouvant que de devoir sacrifier un fils unique et tant aimé?

-> Rav Yissa'har Frand pense qu’il ne s’agit pas d’une épreuve plus difficile, mais d’un test complètement différent des précédents. Après avoir réussi celui de la Akéda, Avraham aurait pu s’attendre à vivre, dès lors, une vie plus facile. La difficulté fut d’être immédiatement confronté à la nouvelle tragique du décès de Sarah et de devoir s’occuper de son inhumation.

Rav Eliahou Dessler (Mikkhtav méEliyahou - vol.4) affirme qu’il s’agit vraiment de l’épreuve la plus rude qu’Avraham dut surmonter. Il fit face à 2 problèmes. Tout d’abord, il venait d’endurer 2 expériences émotionnellement très éprouvantes : celle de la Akéda lors de laquelle il pensait réellement aller sacrifier son fils unique qu’il avait attendu durant plusieurs décennies et celle de la disparition de son épouse. [on oublie parfois que nos Patriarches aussi élevés qu'ils soient, restent des êtres humains!]
Il dut, immédiatement après, gérer une tâche mondaine et frustrante ; celle d’acheter une sépulture pour sa femme. Imaginons-nous revenir à la maison après une journée difficile et affronter une autre situation délicate à notre retour. Les épreuves d’Avraham furent infiniment plus rudes que celles dans lesquelles la plupart des gens se trouvent.

Ce qui rendit également cette épreuve si pénible fut le personnage avec lequel Avraham dut traiter. Efron n’était manifestement pas l’homme le plus intègre. Rav Yissa'har Frand le compare à un vendeur de voitures d’occasion, qui est prêt à tout pour gagner de l’argent. Il prétend se soucier de l’acheteur, mais augmente le prix de vente au maximum. Si le client réalise que le vendeur essaie de l’escroquer, il se sentira frustré, lui en voudra et désirera certainement, et à juste titre, annuler la vente. Avraham connaissait Efron, il savait à quel genre d’individu il avait affaire, et il venait en plus de vivre des moments très éprouvants.

Quelle fut sa réaction?
La Torah nous raconte qu’il se prosterna devant Efron, le considéra avec grand respect, avec beaucoup de savoir vivre (dére'h erets), comme si ce dernier était l’homme le plus honorable au monde. Avraham garda à l’esprit qu’en dépit de ses vilains défauts, Efron était un être humain. Il voyait en lui un tsélem Élokim (un être créé à l’image de D.).
Comme l’exprime le Rav Dessler : "Ce n’est pas parce que je souffre qu’autrui doit souffrir également".

=> Ainsi, l’enterrement de Sarah fut l’épreuve la plus difficile en matière de relations interpersonnelles ; se conduire convenablement avec son prochain, bien que l’on ait toutes les excuses pour réagir différemment.

[imaginons le tourbillon émotionnel d'Avraham de partir secrètement sacrifier son fils, réussir une épreuve énorme (la Akéda), son impatience de vouloir le partager avec sa femme, d'apprendre qu'elle est morte (c'est ça Ta récompense Hachem pour mes actions), se faire baratiner et arnaquer pour enterrer sa femme, ... tout cela dans de la fatigue du trajet, ...
En ce sens, selon le rav Dessler il s’agit vraiment de l’épreuve la plus rude qu’Avraham dut surmonter!]

Rav Yissa'har Frand applique cette idée à notre quotidien : "Le fait que l’on ait eu une rude journée au bureau ne justifie pas celui de faire souffrir ses enfants ou son conjoint par une humeur orageuse. Ceci demande un contrôle de soi énorme et une capacité à traiter tout être humain : juif ou non juif, le plus dignement possible."

b'h, puissions-nous suivre l'exemple d'Avraham et nous efforcer de traiter les autres correctement, même quand cela nous est particulièrement difficile.

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-> Les Parpéraot léParachat haChavoua expliquent : "entre toi et moi", comme faisant référence à la lettre que Efron (עֶפְרוֹן) et Avraham (אַבְרָהָם) partagent ensemble dans leur nom, soit : le réch (ר).

Le réch a une guématria de 200, et si on la multiplie par 2 (puisque présente dans les 2 noms), nous arrivons à 400.

=> Efron exprime à Avraham que cette somme est l'expression du lien les unissant.
[ainsi qu'importe si c'est un montant important, paie!]

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"Avraham écouta Efron (עֶפְרוֹן) et Avraham pesa à Efron (עֶפְרֹן)"

Dans tout ce paragraphe, le nom de Efron est écrit en entier, avec la lettre vav : “עפרון”, sauf dans ce verset où il est écrit sans le vav (עפרן).

-> Rachi explique que la Torah vient ici faire allusion au fait que Efron a certes au début, tenu de belles paroles, offrant le terrain (où se trouvait le caveau de Ma'hpella) à Avraham. Mais finalement, il n’en a rien fait, prenant de Avraham beaucoup d’argent.
Ce grand défaut de sa part s’est exprimé par la réduction d’une lettre de son nom.

-> Le Baal haTourim explique que ce vav en moins, est parce que Efron avait un "mauvais œil" (rav ayin - רַע עָיִן expression que nous trouvons par exemple dans : michlé 16,7).
La guématria de : רַע עָיִן est de : 400, qui est la même que le nom Efron écrit sans le vav : עפרן.

-> Selon rabbénou Bé'hayé, Éfron désirait introduire un "mauvais oeil" (עין רע) dans l’argent du tsaddik (Abraham), c’est pour cela qu’il proposa la somme de 400 sicles d’argent, équivalente à la valeur numérique de עין רע (ou רַע עָיִן œil malveillant).

-> Pourquoi est-ce spécialement la lettre vav qui symbolise ce trait (midda) d'un "mauvais œil" (personne généralement mesquine, avide de toujours plus de biens).
Le Kli Yakar apporte la réponse suivante.

La guémara (Baba Batra 9b) enseigne que celui qui donne de l'argent à un pauvre est béni par 6 bénédictions, tandis que celui qui est avare avec son prochain juif qui est dans la pauvreté, en ne lui donnant rien, ne reçoit pas ces 6 bénédictions.

La lettre vav, a une valeur de 6.
Ainsi, puisque Efron avait un "mauvais œil", il lui manquait ces 6 bénédictions (en allusion par le vav en moins dans son nom).

-> Le nombre 400 a la même valeur que : "mauvais œil", et le Kli Yakar ajoute que l'on peut observer à 4 reprises dans la Torah un lien entre 400 et le trait du mauvais œil :

1°/ Efron a témoigné d'un "mauvais oeil" en demandant un prix énorme de 400 Shékels "en monnaie qui a cours partout".
Rachi (guémara Baba Métsia 87a) explique que chaque Shékel payé par Avraham pour cette parcelle valait 2500 Shékels ordinaires.
Il a payé un total de 1 million de Shékels ordinaires pour l'achat du caveau.

2°/ Essav, par jalousie que son frère ait reçu les bénédictions de son père, va aller combattre Yaakov accompagnait de 400 hommes.

3°/ Les frères de Yossef étaient jaloux de Yossef, ce qui a conduit à sa vente aux Yichmaëlim, et cela a entraîné un exil en Egypte qui devait durer 400 années.

4°/ Le mesquin Naval haKarméli que David a attaqué avec 400 hommes.

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-> Nos Maîtres disent que le nom d’une personne reflète l’essence profonde de cette personne.
Ainsi, si le nom de Efron est réduit, c’est que par le mauvais comportement qu’il a adopté, il en a été réduit dans son être, celui-ci a donc changé négativement.

Cela vient nous apprendre que les actions d’une personne ne restent pas extérieures à elle. En réalité, elles influent sur son identité et sa nature pour même les modifier, en bien comme en mal.
[Léovdé'ha béEmet]

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-> Quand Efron reçut l’argent, il se sentit plus important car il était dès lors riche. Mais il a en réalité perdu une lettre à son nom ; or le nom représente l’essence de la personne. Il perdit donc de la valeur, de sa véritable valeur.
Notons que la lettre qu’il lui manque est le vav, qui marque le lien entre 2 concepts, 2 choses, il signifie "et". Son lien avec Hachem s’est émoussé. En effet, lorsqu’un individu accorde une plus grande importance à son corps, son âme est inévitablement éprouvée.
Une lutte oppose le corps et l’âme et les 2 forces sont en conflit continu. Si l’âme prend une place prépondérante, le corps est automatiquement affaibli et l’inverse est vrai également.

Le Maharal (Gour Arié - Toldot 25,23) fait une remarque sur le commentaire de Rachi à propos du destin inversement proportionnel de Yaacov et d’Essav. Quand Yaacov tombe, Essav s’élève ; quand Yaacov s’améliore, Essav trébuche. C’est Yaacov qui mène la barque : Essav ne peut s’élever qu’en résultat de la chute de Yaacov et si Yaacov triomphe, Essav est impuissant.
=> Il en est de même pour la lutte entre le corps et l’âme. On peut décider de celui qui vaincra : si l’on s’efforce de renforcer notre âme, la force du corps décline.
[d'après le rav Yéhonathan Geffen]

[Face au yétser ara, il faut appliquer les paroles du roi David (Téhilim 34) :
-> "fuir le mal" (sour méra) = je mets en place toutes les barrières me permettant d'éviter d'y être confronté ;
-> "et fais le bien" (assé tov) = je suis tellement occupé positivement, qu'il n'a pas de place pour venir en moi.
L’abandon du mal signifie affaiblir l’emprise du corps. Mais il faut aussi "faire le bien" ; en s’élevant spirituellement, notre attache au monde matériel sera alors forcément amoindrie.]

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-> Le Steïpler affirme que Efron a fait payer à Avraham le prix fort pour cette terre, puisque Yaakov a pu acheter un terrain apparemment équivalent pour 100 kessita (Vayichla'h 33,19), ce qui est équivalent à seulement 5 Shékels.
Cela indique que Efron a profité de Avraham en lui faisant payer à minima 80 fois plus que le prix du marché.

-> Le 'Hatam Sofer suggère que Efron aurait dû recevoir 406 Shékels, qui est la valeur numérique de son nom écrit avec un "vav", mais en étant si désireux de maximiser le prix, il s'est trompé en établissant un prix de 400 Shékels, qui est la valeur de son nom écrite sans le "vav".

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"400 Shékels en argent, en monnaie qui a cours partout" (v.23,16)

Nous allons voir b'h, un commentaire du 'Hida (Torat ha'Hida) sur les mots : "qui a cours partout" (ovèr lacho'hèr - עֹבֵר לַסֹּחֵר).

Le terme : "ovèr" signifie : qui précède, qui vient avant (comme dans : עובר לעשייתן - avant qu'un acte ne soit fait).
Ainsi : "ovèr lacho'hèr" peut se comprendre comme : qui précède le mot : cho'hèr (סֹּחֵר).
En prenant pour chaque lettre, celle venant juste avant, on obtient : nézék (un dommage - נזק).
[réch-> kouf ; 'hét -> zaïn ; samé'h -> noun]

De plus, ce mot : "cho'hèr" (סחר) a les mêmes lettres que : 'hassèr (חסר - manquant)

=> En escroquant Avraham sur le prix du terrain, Efron s'est endommagé lui-même (נזק), et on s'en souvient comme de quelqu'un de cupide.
Cela a prouvé à quel point Efron était malhonnête, manquant (חסר) totalement d'intégrité.

"Hachem lui apparut dans les plaines de Mamré" (Vayéra 18,1)

-> Selon Rachi : C’est Mamré qui l’avait conseillé à propos de la circoncision. Ainsi est-ce sur ses terres que Dieu S’est révélé à Avraham.

-> Dans le Parpéraot léParachat haChavoua, il est enseigné que Mamré (מַמְרֵא) est l'acronyme de différentes difficultés que Avraham a pu endurer :
- le מ (mitsrayim) = lorsque Pharaon a pris Sarah ;
- le מ (méla'him) = les rois que Avraham a dû combattre ;
- le ר (ra'av) = la famine dans le pays ;
- le א (ésh) = Avraham a été jeté dans le feu de la fournaise à Hour Kasdim.

=> C'est ce à quoi Mamré faisait allusion à Avraham : il convient que tu fasses la volonté de D. en te circoncisant, Lui qui t'a sauvé de toutes ces épreuves.

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-> "Avraham n’est appelé parfait qu’après s’être circoncis"
[guémara Nédarim 31b]

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-> "Hachem lui apparut dans les plaines de Mamré" (Vayéra 18,1)

-> Les Sages du midrach nous expliquent pourquoi Hachem Se dévoila à Avraham, précisément dans les plaines de Mamré : "C'est Mamré qui lui a donné le conseil de faire la mila, c'est pour cela que Dieu apparut à Avraham dans les plaines de Mamré".

Le Ktav Sofer pose la question suivante : "Est-il possible qu'un juste de l'envergure d'Avraham, pilier du monde, puisse prendre conseil auprès d'un idolâtre comme Mamré, afin de savoir s'il fallait accomplir l'ordre de D. et comment procéder si ce dernier lui conseillait de ne pas accomplir la mitsva du Créateur, serait-il venu à l'esprit d'Avraham de suivre son conseil et de ne pas accomplir la volonté de Hachem"?

Le Ktav Sofer répond qu'Avraham souhaitait augmenter la puissance de la valeur de l'épreuve de la brit mila. Pour cela il se dit dans son coeur, que même si ses amis et ses proches lui conseillaient de ne pas faire la mila, il ne prendrait pas leurs paroles en considération et se remplirait de joie d'accomplir la mitsva d'Hachem.
Dans ce cas, la mitsva serait d'autant plus grande et revêtue d'importance.
C'est ainsi qu'Avraham se tourna vers ses deux amis : Avner et Echkol, qui lui conseillèrent de ne pas faire la mila. Pourtant, Avraham se détourna du conseil de la majorité de ses proches, et accomplit la parole de D., et ainsi il éleva son épreuve à un niveau supérieur.

4 Questions/Réponses – Paracha Vayéra

+ 4 Questions/Réponses – Paracha Vayéra :

1°/ Après avoir sacrifié un bélier sur l'autel qui était initialement destiné à Its'hak, la Torah relate (v.22,19) que Avraham est retourné auprès de Eliézer et Yichmaël, qui l'attendaient à distance, et ensemble ils allèrent vers Béer Chéva.
On peut constater qu'aucune mention n'est faite concernant Its'hak.
Où est-il allé après la Akéda?

-> Le Targoum Yonathan ben Ouziel écrit que les anges ont amené Its'hak dans la yéchiva de Chèm, où il a étudié pendant 3 ans, jusqu'à ce que Rivka soit assez âgée pour se marier avec lui.

Selon le rav Chloma Margolis (Darké Hachlémout), on peut tirer d'ici une importante leçon de vie.
En effet, même après avoir atteint les plus hauts niveaux, on ne doit pas devenir indulgent avec soi-même, et l'on doit toujours s'efforcer de devenir encore plus grand.
[tant qu'il y a de la vie, c'est qu'il y a encore moyen de grandir, de devenir plus proche de Hachem]

Selon le Sifté Cohen, il était important que Its'hak parte précisément à ce moment, car Avraham avait alors davantage d'amour pour son fils, et il aurait semblé comme s'il regrettait sa décision de vouloir le sacrifier.
En montrant qu'il était prêt à se séparer de son fils (le quittant au loin pour la yéchiva), il montrait alors clairement que sa décision n'a pas été prise dans un instant de folie, sur un coup de tête.

-> Le Daat Zékénim enseigne que Avraham a fait partir Its'hak, en cachette pendant la nuit, afin de le protéger du mauvais œil (ayin ara).   [les gens pouvaient le lui porter en disant : "comment a-t-il pu réussir à passer une telle épreuve, et dans un si grande joie!" ]
Il fait remarquer que suite au sauvetage miraculeux de la fournaise de 'Hanania, Michaël et Azaria, il n'est plus fait aucune mention d'eux. Une opinion de la guémara (Sanhédrin 93a) est qu'ils moururent à cause du mauvais œil.

-> Le Panéa'h Raza est d'avis que Avraham a blessé Its'hak pendant la Akéda, et que suite à cela des anges l'ont pris au Gan Eden pour qu'il récupère et guérisse.

-> A ce sujet, le mékoubal rav Yissa'har Chmouëli Beniahou (rapporté dans le Tsor ha'Haïm - 'Hayé Sarah) enseigne :
il est écrit dans le Zohar Hakadoch que puisque la trachée d'Its'hak fut en grande partie sectionnée, il risquait de perdre la vie. Aussi, Les anges de service vinrent le récupérer après la Akéda et l'amenèrent au Gan Éden afin de le guérir. Il y resta 3 années consécutives.
Ainsi, lorsque Yaakov se présenta devant Its'hak son père afin de recevoir les bénédictions, Its'hak lui dit : "vois l'odeur de mon fils est comme l'odeur du champ que Hachem a béni" (Toldot 27,27), en effet Its'hak notre Patriarche connaissait déjà parfaitement l'odeur du Gan Eden, et c'est le sens du verset : "et Its'hak revenait du puits (du nom de) "vivant de ma vision"" (וְיִצְחָק בָּא מִבּוֹא, בְּאֵר לַחַי רֹאִי - 'Hayé Sarah 24,62), qui a la même valeur numérique que les mots "היה בא מגן עדן" = "il revenait du Gan Eden" (aya ba miGan Eden).
[Toutefois, d'après le sens littéral du verset, il ne ressort pas de l'écriture que la gorge d'Its'hak fut réellement sectionnée puisque l'ange dit à Avraham : "ne lui fait aucun défaut" (Vayéra 22,12). ]

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2°/ "[Avaham] vit 3 hommes debout près de lui" (Vayéra 18,2)
Selon Rachi : L’un pour annoncer la bonne nouvelle à Sarah, un autre pour détruire Sodome, et un troisième pour guérir Avraham (de sa circoncision).

La guémara (Baba Batra 16b) nous enseigne que Avraham portait un pierre précieuse autour du cou, qui avait le pouvoir de guérir toute personne qui la regardait.

Ainsi, pourquoi Hachem avait-Il besoin d'envoyer un ange pour guérir Avraham, alors qu'il pouvait le faire lui même en regarder sa pierre?

-> Selon le Maharcha, certes Avraham pouvait se guérir tout seul, mais il ressentait que pour être vraiment entier avec Hachem (tmimout), il devait laisser son rétablissement dans les mains de D.

-> Le 'Hida, le rav Moché Feinstein et le rav 'Haïm Kanievsky expliquent que puisque sa douleur provenait d'une mitsva, alors elle lui était précieuse.
En effet, il ne voulait rien faire qui puisse être interprété comme un regret d'avoir réalisé cette mitsva, en raison de ses conséquences.

-> Selon la guémara (Taanit 20b), les miracles qui sont réalisés pour une personne réduisent sa part dans le monde à venir.
Cet enseignement nous permet de comprendre le désir de Avraham de ne pas avoir recours à un remède miraculeux (sa pierre précieuse).

-> Le Panéa'h Raza a un avis différent des précédents.
Il cite la guémara (Béra'hot 5b), rapportant que Rabbi Yo'hanan avait la capacité de guérir les autres, mais pas lui même, car : "une personne emprisonnée ne peut pas se libérer elle-même de prison".
Ainsi, tout comme Rabbi Yo'hanan, Avraham ne pouvait pas se guérir tout seul, il avait besoin de l'aide de quelqu'un d'autre (ici l'ange).

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-> Le Maor vaChéméch apporte l'explication suivante sur la nécessité de Avraham, malgré sa douleur, de se mettre à l'entrée de la tente : "en plein soleil ardent" et que 3 anges vinrent à sa rencontre.

Avraham après avoir fait l'énorme mitsva de la brit mila, est parvenu à un niveau d'attachement avec Hachem inimaginable.
Tout de suite, Avraham chercha quelqu'un qui lui permettrait de descendre de ce niveau d'attachement extrême, et ainsi lui permettre de redescendre vivre dans ce monde.
Et "ce soleil ardent" = c'est en réalité le rayonnement resplendissant d'Avraham qui était vraiment très proche/lié à D.

Si Hachem avait envoyé des hommes, Avraham par son niveau tellement élevé les aurait tous brûlés, et c'est pourquoi D. a envoyé des anges d'apparence humaine qui eux pourront le faire descendre un peu de cet attachement extrêmement élevé avec Hachem.

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-> Nos Sages nous disent : "Le but de la visite des anges à Avraham était, en fait, de préparer le futur don de la Torah au mont Sinaï, afin que les anges ne puissent accuser les Bnei Israël de ne pas être aptes à recevoir la Torah."

Le midrach (Chémot rabba 28,1) explique : "Et Moché monta vers Hachem", Comme il est écrit : "Tu es monté dans les hauteurs après avoir fait des prises, Tu as reçu des dons parmi les hommes" (Téhilim 68,19) ... (Moché reçut la Torah).
A ce moment, les anges de service voulurent attaquer Moché. Hachem transforma le visage de Moché et le fit ressembler à Avraham. Hachem dit aux anges : "N'avez-vous pas honte ... c'est celui chez qui vous êtes descendus, vous avez mangé dans sa maison."

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3°/ "Ne porte pas ta main sur le jeune homme" (Vayéra 22,12)

Le midrach Plia dit que ces paroles de l'ange de Hachem à Avraham, servent de preuve à la résurrection des morts.
Ce même midrach ajoute que juste après ces mots, Its'hak a prononcé la bénédiction : "barou'h mé'hayé amétim" (Bénis soit Celui qui fait revivre les morts).

Puisque Its'hak n'a finalement pas été sacrifié, en quoi est-ce une preuve de la résurrection des morts?
Pourquoi a-t-il prononcé la bénédiction?

Nous allons voir (b'h) la réponse du Imré Shéfer.

Selon le midrach Aggada (mentionné dans le Shibalé haLékét Téfila - Siman 18), Avraham a réellement sacrifié Its'hak et il l'a brûlé en haut de l'autel jusqu'à ce qu'il soit réduit en cendres.
C'est seulement après cela, que Hachem l'a fait revivre.

=> Ainsi, il y a bien eu une résurrection des morts, et c'est pour cela que Its'hak a dit la bénédiction : "mé'hayé hamétim".

Pourtant cela semble contredire le verset : "Ne porte pas ta main sur le jeune homme et ne lui fais rien", qui semble indiquer que Hachem a stoppé Avraham avant qu'il ne lui fasse quoique ce soit.

Le Imré Shéfer explique que ces paroles ont été dites une fois que Its'hak avait déjà été sacrifié et que Hachem lui avait redonné la vie, et ce afin d'éviter que Avraham ne porte sa main afin de tuer Its'hak une 2e fois.

Ce midrach permet également de comprendre pourquoi la 2e bénédiction de la amida, celle de la résurrection des morts (té'hiyat hamétim), est appelée : "birkat Its'hak".
[la 1ere bénédiction se terminant par : "magen Avraham" (bouclier d'Avraham)]

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-> Le Chla haKadoch explique au nom du Zohar qu'au moment de la Akéda, l'âme de Its'hak l'a quitté, et elle a alors été remplacée par une nouvelle âme, qui lui a permis d'avoir des enfants.
[Its'hak était âgé de 37 ans lors de la Akéda. N'ayant pas reçu de d'âme masculine jusqu'à cette épreuve, Rivka son âme sœur ne pouvait pas venir au monde. Elle naquit juste après la Akéda. C'est lorsqu'elle atteignit l'âge de 3 ans qu'elle accepta de suivre Eliezer pour se marier avec Its'hak alors âgé de 40 ans.]
Selon le Ohr ha'Haïm haKadoch, c'est la raison pour laquelle la naissance de Rivka est mentionnée juste après la Akéda : puisque Its'hak pouvait avoir des enfants, alors sa future femme est née.

Le Ohr Guédaliyahou dit que l'on peut tirer d'ici une leçon de vie importante.
Avraham est parti plein d'enthousiasme pour sacrifier son fils, en pensant que cela allait conduire à anéantir tout futur du peuple juif.
Et cependant, c'est spécifiquement cet événement qui a été le moyen permettant la naissance du peuple juif.
Ainsi, pour celui qui a confiance en Hachem, ce qui ressemble à un échec, à une perte assurée, n'est en réalité qu'un catalyseur de notre succès futur.

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=> Comment est-il possible que Avraham ait offert le bélier à "la place de son fils"? Est-ce que le sacrifice du bélier venu par hasard, peut être considéré comme un remplacement de son fils?

-> Rabbi Nissim Yaguen (Nétivé Or) explique :
Hachem a ordonné à Avraham de sacrifier son fils comme holocauste, Avraham avait le potentiel de satisfaire la volonté d'Hachem. Mais Avraham savait que ce potentiel ne valait rien tant qu'il ne le mettait pas en action. Parfois, on voit des gens qui ont été créés à l'image de D. avec du potentiel [sublime], mais en pratique, ils ressemblent à des animaux ...

C'est la raison pour laquelle Avraham a demandé à Hachem l'autorisation de faire une toute petite blessure à Its'hak. Ce n'était pas une cruauté de sa part, mais Avraham avait l'intention de réaliser son potentiel, de lui donner un sens, et de mettre en avant ce mérite pour ses enfants, qui en auraient besoin dans les temps troublés, lorsqu'il leur manquerait des mérites pour être sauvés de nombreux malheurs.

Mais Hachem n'accepta pas cela non plus ... Hachem ordonna à Avraham de ne rien faire à Its'hak, et à sa place, Il lui envoya un bélier, celui qu'Avraham offrit en holocauste. Lorsque Avraham sacrifia le bélier, il ne l'a pas fait simplement, il a mis en action son potentiel à sacrifier son fils comme holocauste.

Lorsque Avraham a égorgé le bélier, il pensait qu'il était prêt à agir ainsi avec son fils, comme si Hachem lui avait ordonné d'agir de cette façon. C'est la raison pour laquelle la chose lui a été comptée comme s'il avait égorgé son fils. En conséquence, le mérite de cette énorme épreuve reste pour ses enfants et leurs descendants jusqu'à la fin des temps.

[cela nous enseigne l'importance de mettre nos capacités en action, d'employer notre vie à passer du potentiel au réel. ]

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-> Its'hak est né à Pessa'h (cf.Rachi 18,10), et c'est exactement 400 années plus tard, jour pour jour, le 15 Nissan 2448, que le peuple juif va naître en sortant d'Egypte.

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-> Hachem dit à Avraham "Prends s'il te plaît ton fils" (קַח נָא אֶת בִּנְךָ - Vayéra 22,2)
Le Ran (Drachot - 6) écrit que le mot : "na" (s'il te plaît - נָא) implique que ce n'était pas une obligation, mais une requête, comme si D. lui disait : "Tu n'es pas obligé de le faire, mais c'est Mon souhait".
Le Ran ajoute que Avraham n'aurait ainsi jamais été puni s'il avait refusé d'aller sacrifier son fils.

Avraham avait de nombreuses raisons pour justifier de ne pas réaliser la demande de D., prouvant même qu'en refusant il pourrait mieux servir Hachem.

Par exemple : Sans fils, qui assurera la succession pour diffuser son message?
De plus, le rav Eliyahou Lopian (Lev Eliyahou - Lé'h Lé'ha) dit que Avraham causerait un énorme 'hilloul Hachem en égorgeant son fils. En effet, ayant dévoué sa vie entière à enseigner la bonté et la miséricorde de D., critiquant les sacrifices humains des religions païennes, ... en offrant lui-même son fils en sacrifice il serait la moquerie du monde entier.
Les dizaines de milliers de ses fidèles retourneraient alors à leur vie/croyance d'avant.

=> Cependant, pour Avraham l'essentiel était d'être fidèle, de mettre au-dessus de tout la Volonté de Hachem.
Et même si ce n'est qu'un souhait (et non un ordre), et même si c'est très douloureux (la plus dure des 10 épreuves!), Avraham s'empressa avec zèle d'aller sacrifier son fils (Its'hak).
Peu importe les conséquences, le prix à payer, tant que c'est le désir de D., alors c'est forcément ce qu'il y a de mieux à faire!!

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4°/ Cette épreuve de la Akédat est attribuée à Avraham, comme il est écrit : "Et Hachem éprouva Avraham" (Béréchit 22,1).
=> Mais pourquoi ne pas attribuer cette épreuve plutôt à Its'hak? En effet, ce dernier avait 37 ans ce jour-là, et malgré le fait qu'il aurait pu s'opposer, il accepta de plein gré d'être sacrifié, ce qui est un très grand mérite. Ainsi, pourquoi ne pas parler de cette épreuve comme celle de Its'hak?

-> Le Ets haDaat Tov rapporte un enseignement de nos Sages (guémara Kidouchin 31a-b) selon lequel celui qui fait une bonne action parce qu’il en a reçu l’ordre, recevra une récompense plus grande que s’il la faisait sans ordre.
Les Tossefot en explique la raison. En effet, accomplir un acte suite à un ordre est encore plus difficile, car le yétser ara se renforce et tente d'empêcher l'homme de se plier à cet ordre. En revanche, quand on fait une bonne action de par soi-même, sans ordre, cela est plus facile car on a l'impression de faire ce qu'on veut soi-même et on n'est pas confronté aux attaques du penchant.
Ainsi, la Akéda est l'épreuve d'Avraham, car il en reçut l'ordre d'Hachem, ce qui lui a rendu l'épreuve plus difficile qu'à Its'hak qui s'est livré au sacrifice de plein gré, faisant donc cet acte de sa propre et unique volonté.

-> Le 'Hatam Sofer se base sur les propos de Rachi qui explique que le trajet vers la Akéda dura 3 jours, pour qu'Avraham aie le temps de réfléchir et de réaliser ce qu'il allait faire. Ainsi, son acte n'allait pas être pulsionnel et irréfléchi. En effet, il aura eu le temps de prendre la pleine conscience de cet acte et aura pensé à tout ce que cela représente, et malgré tout, il sacrifiera son fils. Cela est une véritable épreuve!
Si le sacrifice avait eu lieu dans la précipitation, on aurait pu dire qu'Avraham a été troublé et a agi sans mesurer son acte. Mais, ces 3 jours de réflexion lui ont permis d'agir avec tout son esprit.
En revanche, Its'hak, qui fut informé qu'il allait être sacrifié au dernier moment, cela n'était donc pas pour lui une réelle épreuve comme pour Avraham, car il a accepté d'être sacrifié sans avoir eu le temps de réfléchir et de peser les choses. Il a donc pu agir aussi par impulsion et précipitation.

[Nos Sages disent : "Il n'y a pas de récompense pour les mitsvot en ce monde" (guémara Kidouchin 39b).
Comment pouvons-nous bénéficier d'une récompense pour la Akéda?
Le Gaon de Vilna répond que nous n'avons pas de récompense pour la Akéda en elle-même, mais nous bénéficions de la récompense pour toutes les préparations d'Avraham pour la Akédat.
En effet, nous pouvons recevoir dans ce monde une récompense pour la préparation faite pour les mitsvot.
C'est ainsi que nous profitons de très nombreuses bénédictions dans ce monde, grâce à ces 2 journées intenses de préparation qui ont précédées la Akédat.]

-> Le Apiryon explique que quand une épreuve a déjà été surmontée une 1ere fois, elle devient plus facile les fois
suivantes, comme si la porte de cette épreuve a déjà été ouverte. Mais quand c'est la 1ere fois qu'elle doit être réalisée, l'épreuve a toute sa difficulté.
Certes Its'hak devait se sacrifier selon la Parole d'Hachem, mais un tel acte a eu son précédant. En effet, Avraham a déjà été prêt, dans le passé, à donner sa vie à Hachem, quand il a été jeté dans la fournaise par Nimrod, pour avoir refusé de faire de l'idolâtrie. Ainsi, le chemin pour Yitshak a déjà été tracé par Avraham.
Certes il allait se sacrifier pour Hachem, mais Avraham a déjà donné la force à ses descendants de faire une telle chose.
En revanche, l'épreuve d'Avraham consistait à sacrifier son fils bien-aimé. Or, une telle épreuve n'a jamais encore été réalisée. Jamais un père n'a encore sacrifié son fils pour réaliser la Volonté d'Hachem. Et même si des idolâtres ont déjà tué leurs enfants pour leurs idoles, malgré tout jamais une telle épreuve de tuer pour
Hachem ne s'est encore présentée.
D'ailleurs au contraire, Avraham luttait corps et âme contre ce culte idolâtre qui prônait le sacrifice humain. Et à présent, il devait aller à l'encontre de tous ses enseignements et convictions, en sacrifiant son fils pour Hachem.
Évidemment, tout cela n'a fait qu'augmenter la difficulté de cette épreuve, qui peut être qualifié pour cela d'épreuve d'Avraham, car Its'hak de son côté, ne faisait que reproduire une épreuve déjà surmontée par son père : se sacrifier soi-même pour Hachem.

-> Le Beit haLévi explique que Its'hak devait certes se sacrifier et mourir pour Hachem, mais son épreuve allait durer quelques instants, le moment d'être abattu. Mais Avraham, quant à lui, devra ensuite vivre et passer tout le restant de ses jours avec la conscience et la peine de ne plus avoir son fils bien-aimé. Son épreuve n'allait pas durer que le moment de l'abattage (comme ce fut pour Yits'hak), mais son épreuve allait se poursuivre les dizaines d'années qui lui restaient à vivre. Il allait devoir vivre sans Its'hak, son héritier spirituel.
L'essentiel de l'épreuve d'Avraham allait venir après le sacrifice. Comment allait-il continuer son existence sans Its'hak?
Telle était la grande difficulté de cette épreuve qui en fit l'épreuve d'Avraham, et non celle d'Its'hak.

-> Par ailleurs, la difficulté de cette épreuve se trouve aussi dans la pensée. En effet, un midrash dit que le Satan est venu troubler Avraham et lui révéla qu'en vérité Hachem cherche simplement à tester s'il était prêt à sacrifier son fils. Mais qu'en vérité, Il ne veut pas qu'il le sacrifie.
D'après cela, la difficulté de l'épreuve était qu'Avraham devait s'apprêter à abattre son fils, comme si le Satan ne lui avait rien dit, alors qu'il savait que ce n'était qu'un test. Cette lutte intérieure ne concernait bien qu'Avraham.

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-> Le Chem miChmouël rapporte qu'Ichmaël était la réincarnation guilgoul de Caïn tandis qu'Its'hak était le guilgoul d'Hével, comme cela est rapporté dans le Zohar. Hével fut assassiné et ne bénéficia pas de la protection d'Hachem Hou à cause d'un fait bien précis. (Tikouné Zohar 69,102a)
En effet, le Arizal explique que lorsque le feu divin descendit pour accepter le sacrifice d'Hével, ce dernier contempla la Chékhina et fut condamné à mort.

Le Arizal nous dévoile au sujet d'Its'hak, qui était la réincarnation d'Hével, qu'il ne put monter sur l'autel en sacrifice avant l'âge de 37 ans, qui correspond à la valeur numérique du nom de Hével (הבל soit 37) afin de réparer le dommage que ce dernier avait causé en contemplant la Présence divine.

C'est le sens des paroles d'Avraham à son fils Its'hak : "D. pourvoira à l'agneau pour l'holocauste mon fils" (אֱלֹהִים יִרְאֶה לּוֹ הַשֶּׂה לְעֹלָה בְּנִי - Vayéra 22,8)
Nous pouvons remarquer que les initiales des trois derniers mots du verset forment le nom d'Hével (הבל). Its'hak devait donc être ligoté sur l'autel pour expier la faute commise par Hével.

Parallèlement, Ichmaël était la réincarnation de Cain. Sarah dit à Avraham : "Renvoie cette servante et son fils car il ne restera pas avec mon fils, avec Its'hak" (Vayéra 21,10).
Rachi explique que Sarah ne voulait pas que le fils de cette servante hérite avec son fils. En effet, Ichmaël se disputait avec Its'hak au sujet de l'héritage et il disait : "Je suis l'aîné et je prendrai une double part".
Et lorsqu'ils sortirent dans le champ, Ichmaël prit son arc et tira sur Its'hak des flèches.
Le Chem miChmouël explique qu'Ichmaël avait un point commun avec Caïn, celui de vouloir tuer son frère.

[en ce sens : Pourquoi Avraham était-il si réticent à l'idée de renvoyer Ichmaël au point d'attendre l'injonction d'Hachem qui lui dit : "Ne t'oppose pas au renvoi du garçon et ta servante. Tout ce que te dira Sarah, écoute sa voix car c'est par Its'hak que tu auras une descendance" (Vayéra 21,12).
Avraham pensait qu'Ichmaël avait réussi à réparer l'âme de Caïn. Aussi, c'est une mitsva de l'unir avec Its'hak, comme nous l'apprenons de la mitsva des tsitsit qui ne sont pas soumis à l'interdiction du mélange de lin et de laine puisqu'ils sont conçus d'un mélange de lin et de laine.
Ainsi, le Créateur avertit Avraham qu'Ichmaël était un racha et qu'il ne répara pas l'âme de Caïn. Par conséquent, il ne devait pas préserver cette union fraternelle tout comme il est interdit d'unir le lin et la laine. ]

"Its'hak parla à Avraham son père, il lui dit : "Mon père". Il (Avraham) dit : "Me voici mon fils" ..." (Vayéra 22,7)

On peut expliquer cet échange de la façon suivante.
Avraham représente la bonté et Its'hak la rigueur.
Ainsi, Its'hak demande à Avraham : "Mon père" = toi qui représentes la bonté, comment t’apprêtes-tu donc à réaliser un acte d’une si grande dureté que de me sacrifier?
Alors, Avraham lui répondit : "Me voici mon fils " = à présent, me voici (que je suis) mon fils. J’ai saisi ton attribut, mon fils, qui est la rigueur, et c’est avec ton caractère de rigueur que je m’apprête à réaliser cet acte de dureté que de te sacrifier.

=> Lorsque cela est nécessaire pour réaliser le service de Hachem, un tsadik doit être prêt à agir d'une façon contraire à la noble qualité qui le caractérise (à l'image de Avraham qui a été prêt à faire un acte contredisant en apparence toute son essence et ses enseignements, qui n'étaient que bonté).

[le Beit Yits’hak]

-> "Avraham était un" (Yé'hezkiel 33,24 - é'had aya Avraham)
Avraham avait tellement soumis sa volonté à celle de Hachem, qu'il faisait "un" avec Hachem.
Une seule volonté était présente en lui : celle de D.
[le 'Hen Tov]

-> "Si Hachem avait demandé à Avraham de se creuser les yeux, il l'aurait fait.
Non seulement, il aurait donné ses yeux, mais il aurait renoncé à son bien le plus précieux : son âme."
[Yalkout Chimoni Dévarim 943]

-> Les 10 épreuves d'Avraham n'avaient pas pour but de déterminer si oui ou non il obéirait au commandement de D., puisqu'il est clair qu'Avraham n'a jamais désobéi à Hachem. Il n'y a rien d'extraordinaire à ce qu'il accomplisse son devoir.
Mais ce qu'il faut souligner, c'était la joie avec laquelle Avraham réalisait ces choses, même extrêmement difficiles.
Quant il partit sacrifier son fils aimé, il le fit avec autant de joie que s'il le menait sous le dais nuptial.
Il n'y a pas de plus grande joie que d'obéir aux commandements Divins.
[Méam Loez - Béréchit 2,7]

-> Selon nos Sages, Avraham et Its'hak avaient chacun autant de joie et d'enthousiasme d'aller accomplir un commandement de D.
Ils formaient ensemble "un" avec la volonté de Hachem : un devant tuer son fils, et l'autre devant se laisser égorger par son père.
[cf. Rachi sur la double apparition du mot : ya'hdav, avant la Akéda]
Après la Akéda, Avraham n'a eu aucun sentiment d'orgueil pour avoir surmonté une épreuve aussi difficile.
[le 'Hen Tov - 3e apparition de ya'hdav juste après la Akéda- v.22,19).

=> Ils ont réussi le test d'avant la Akéda, et celui d'après.

"Avraham courut vers le troupeau" (Vayéra 18,7)

-> Le Baal haTourim note que le mot : abakar (le troupeau - הַבָּקָר), a les mêmes lettres que : haKéver (la tombe - הקבר), faisant que le verset peut se lire également : "Avraham courut vers la tombe".

Vers quelle tombe?

Selon nos Sages, c'est de cette façon que Avraham a découvert la tombe de Machpéla.
Un des veaux de son troupeau, qu'il souhaitait égorger pour ses invités a couru, et il l'a suivi jusqu'à arriver à la Méarat haMachpéla.

-> Le Pirké déRabbi Eliézer ajoute que lorsque Avraham y est arrivé, il a vu Adam et 'Hava couchés, avec des bougies allumées et il a senti l'odeur des sacrifices du Temple.
Il a alors immédiatement compris que c'était un lieu extrêmement saint, au point de l'acquérir pour lui et sa famille.

"Il était debout pour eux sous l’arbre, et ils mangèrent" (Vayéra 18,8)

La Torah nous dit ici qu'Avraham attendait sous l’arbre, le temps que les anges "mangent". Mais pourquoi ajouter : "Il était debout" ?

-> Lorsque quelqu'un invite une autre personne, il ne doit pas montrer de supériorité par rapport à son invité. Au contraire, si nécessaire, un hôte doit se rabaisser au niveau social et intellectuel de son invité pour qu'il se sente plus à l'aise.

Nos Sages enseignent que :
- les anges sont appelés : "ceux qui sont debout" (Omdim), car ils ne peuvent pas avancer et progresser, ils restent toujours dans l’état où ils ont été créés.
- les hommes sont appelés : "ceux qui marchent" (Méalé'h), car tant qu’un homme est vivant, il peut avancer, progresser et toujours s’améliorer.

=> Ainsi, quand Avraham a reçu les anges, il ne voulait pas montrer sa supériorité par rapport à eux : lui peut avancer alors qu'eux sont statiques.

C'est ce que dit le verset : "Il était debout pour eux" = Avraham, dans l'accomplissement parfait de la mitsva d'offrir l'hospitalité, s'est abaissé du niveau d'homme ("qui marche" et avance) à celui inférieur de ses invités : les anges ("debout" et statiques), et cela pour ne pas montrer sa supériorité par rapport à ses invités.

[le Kédouchat Lévi]

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-> Le 'Hidouché Tossafot apporte une autre explication à ce sujet.

"Sous l'arbre" se dit dans le texte : ta'hat aéts.
Le mot ta'hat, en plus de signifier : "sous", peut également se traduire par : "à la place de".

Nos Sages (fin du traité Sofrim) rapportent que Avraham était extrêmement grand de taille.

=> Ce verset peut se comprendre alors : "Il était debout pour eux à la place de l'arbre" afin de les protéger du soleil, et c'est seulement alors que : "ils mangèrent".

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-> On peut ajouter cet enseignement du Zohar (Vayéra 102b) :
L'arbre révélait à Avraham les pensées internes de ses visiteurs.
S’ils croyaient dans le Créateur, l’arbre déployait ses branches, amenant de l’ombre.
S’ils étaient des idolâtres convaincus, l’arbre repliait ses branches, retirant l’ombre.
Avraham n’était alors pas apaisé tant que ses invités ne croyaient pas en D.
[l'arbre lui permettait de savoir comment s'adresser aux étrangers, en déterminant la nature véritable de chaque visiteur. Avraham ne se préoccupait que des hommes, car Sarah se chargeait d'accueillir les femmes.]

=> On peut se rend compte que même en voyant que ce n'était pas des personnes distinguées (de simples arabes), et à priori des idolâtres convaincus (cf.l'arbre qui ne se déploie pas), malgré cela Avraham les a reçu comme des rois.

-> Il leur a fait abattre 3 veaux pour : "leur servir 3 langues avec de la moutarde" qui est "un plat de princes et de rois" (guémara Bab Métsia 86 & le Rachi sur cette guémara).

-> "Avraham rentra en hâte dans sa tente ... Avraham courut au troupeau ..." (Vayéra 18,7)
=> Il se dévoue corps et âme à leur service.

Surtout que ne parallèle, c'était le 3e jour suivant sa circoncision :
-> "Tout homme qui se circoncit éprouve une grande douleur le 3e jour" (Pirké déRabbi Eliézer - chap.29) ;
-> "Lorsqu'Avraham se circoncit, il éprouva le 3e jour une très grande douleur à sa plaie" (midrach Yalkout Chimoni - chap.82) ;
-> De plus, ses bandages l'accaparèrent beaucoup ce jour-là, puisqu'il dut à plusieurs reprises les défaire et les refaire (guémara Baba Métsia 86) ;
-> En ce même jour, Hachem avait fait sortir le soleil de son "enveloppe" et fit régner sur la surface de la terre une chaleur telle qu'aucun être ne pouvait la tolérer. (Pirké déRabbi Eliézer - chap.29).

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-> Il est également écrit dans le Zohar (Vayéra 102b) précédant que :
Près de cet arbre, il y avait également un petit bassin d'eau de source.
Tout individu impur qui s'en approchait, l'eau s'élevait [comme si elle voulait le purifier].
Avraham était donc averti des souillures du visiteur qui devait se purifier en s'immergeant dans ce bassin [qui n'était autre qu'un mikvé].
Si ce dernier s'asséchait complètement, l'étranger devait se purifier pendant 7 jours avant de s'immerger.