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Yitro se réjouit lorsqu'il entendit parler des miracles incroyables dont bénéficia le peuple juif. Comme l'indique le verset : "Yitro se réjouit de tout le bien qu'Hachem avait fait pour le peuple juif, qu'Il avait sauvé du pays d'Egypte" (Yitro 18,9).

-> Rachi explique que Yitro fut impressionné par l'abondance de bénédictions dont bénéficiait le peuple juif : la manne, le puits de Myriam et la Torah. Toutefois, ce qui l'étonna le plus fut la façon dont le peuple juif était parvenu à fuir la captivité. Aucun esclave n'avait jamais réussi à s'échapper d'Égypte, et voilà qu'une nation de six cent mille hommes s'en allait simplement, traversant la frontière vers la liberté sans aucune difficulté. C'était vraiment miraculeux.

-> Le 'Hida (Na'hal Kédoumim - Yitro) explique le pouvoir mystérieux que les égyptiens exerçaient sur leurs captifs, qui rendait pratiquement impossible à quiconque d'envisager de s'échapper : l'Égypte était connue sous le nom de "Bét HaAvadim" (la Maison des esclaves), car c'était l'habitation permanente de toute personne asservie. Une fois qu'un esclave y entrait, il n'y avait aucun espoir qu'il soit un jour libre avant la fin de son existence.
Les égyptiens accomplissaient cet exploit grâce à l'utilisation de la sorcellerie. Tout esclave qui avait le malheur de se trouver à l'intérieur des frontières de l'Egypte s'y trouvait piégé pour toujours par un sort magique jeté sur le pays.

-> Le Hida (Haggada Baté Néfech) pose la question suivante : contrairement au reste des Bné Israël, la tribu de Lévi ne fut pas soumise à l'esclavage en Égypte. Pour eux, quitter l'Égypte ne signifiait pas la délivrance de la servitude. Pour quelle raison, alors, célèbrent-ils le Zman 'Hérouténou (le temps de notre libération)?

Le 'Hida répond que même s'ils n'étaient pas esclaves, ils étaient quand même piégés en Egypte. La sorcellerie qui empêchait les esclaves de s'échapper des frontières de l'Égypte emprisonna également les Léviim.
Comme leurs frères juifs esclaves, ils étaient dans l'incapacité de quitter l'Egypte sans que la Main puissante d'Hachem ne les guide. Ainsi, eux aussi célèbrent leur libération du Beit HaAvadim, la Maison des esclaves.

-> Le séfer vaYossef David précise que le nom même de מצרים fait allusion à l'idée que le peuple juif était physiquement piégé là-bas.
Lorsque les Bné Israël descendirent en Égypte, la Torah rapporte : "aba'im mitsrayéma" (qui sont venus en Egypte - הַבָּאִים מִצְרָיְמָה - Chémot 1,1). Les 2 lettres מ qui sont présentes dans מצרים (mitsrayim - Egypte), dans ce cas, sont ouvertes, ce qui indique que le pays était ouvert à ce moment-là (il n'y a pas de mém final, fermé, dans מִצְרָיְמָה). Ses frontières étaient parfaitement et couramment franchissables. Au début de leur arrivée, les Bné Israël pouvaient donc aller et venir à leur guise.

Peu de temps après, toutefois, le nom devient מצרים, où le premier מ est ouvert, et le dernier ם est fermé.
Cela indique qu'à l'entrée, le pays était ouvert, mais une fois à l'intérieur, les frontières étaient fermées.
Par le biais de la sorcellerie, il était littéralement impossible à quiconque de quitter l'Égypte.

-> Le Vayossef David explique plus en détail en quoi consistait ce confinement magique. Il y avait dix entrées en Egypte, dix postes-frontières. Par voie de sorcellerie, les égyptiens érigèrent des effigies ayant la forme d'animaux. Il y avait un chien à une porte, un âne à une autre, un lion à une troisième, ...

Si un esclave parvenait d'une manière ou d'une autre à une frontière, l'image de l'animal de cette porte criait. Si quelqu'un essayait de s'échapper par la porte avec le lion, par exemple, le lion rugissait, et des images de lions rugissaient également dans toute l'Egypte. Les gardes de Pharaon étaient ainsi immédiatement informés que quelqu'un tentait de sortir par la porte du lion. Des soldats étaient alors très vite envoyés à cette porte pour traquer et capturer le fuyard.

Lorsque le peuple juif quitta l'Egypte, il sortit par la porte de l'animal le plus important : le chien. Mais, comme le raconte le verset, les chiens restèrent miraculeusement silencieux.
"Mais contre tous les Bné Israël, aucun chien n'aiguisera sa langue" (Bo 11,7) ; malgré le fait que tout un peuple sortit, aucun chien n'aboya.

-> Le midrach rabba (Chémot rabba 20,19) rapporte une opinion selon laquelle les égyptiens eurent également recours à la sorcellerie pour dissimuler l'emplacement des restes de Yossef. Conformément à la coutume égyptienne, celui-ci, en tant que personne royale, fut enterré dans le palais.
Son lieu de sépulture était gardé par des chiens en or massif. Au moyen de la sorcellerie, ces chiens en or étaient programmés pour aboyer chaque fois que quelqu'un s'approchait. Le son de leurs aboiements pouvait être entendu dans tout le pays, jusqu'à une distance aussi grande que l'on peut couvrir en marchant 40 jours.

Lorsque Moché Rabbénou réussit à faire taire ces chiens, la Torah rapporte: "Mais contre tous les Bné Israël, aucun chien n'aiguisera sa langue" (Bo 11,7).
Moché cria alors : "Yossef, Yossef, le moment est venu pour nous de quitter l'Egypte, et nous pouvons maintenant accomplir le serment de "Hachem se souviendra assurément de vous, et vous ferez monter mes os d'ici avec vous" (Vayé'hi 50,25).

Ainsi, les égyptiens n'eurent pas seulement recours à la sorcellerie pour piéger le peuple juif à l'intérieur de leurs frontières, mais également pour s'assurer que les restes sacrés de Yossef ne soient pas emportés.
=> Comment, en fait, le peuple juif parvint-il à vaincre ces forces obscures? De quelle manière le peuple juif put-il surmonter la magie employée pour les enfermer à l'intérieur des frontières d'Égypte?

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-> Rabbi 'Hanina (guémara 'Houlin 7b) explique le verset : "én od milévado" (rien n'existe en dehors de Lui! - Vaét'hanan 4,35) comme faisant référence à la réalité qu'Hachem est omnipotent et que même la magie la plus puissante est inefficace contre Lui.
Il rapporte qu'une femme de son quartier tenta d'utiliser la sorcellerie contre lui. Elle s'efforça avec ardeur de ramasser la poussière sur laquelle il marchait, dans le but de tuer Rabbi 'Hanina par sorcellerie.

Celui-ci la mit en garde que ses efforts seraient vains, car aucune magie ne pourrait lui causer de mal.
La sorcellerie serait inefficace contre une personne juste (tsadik) ; comme le dit le verset : "én od milévado". Même la sorcellerie la plus puissante ne constitue pas une menace pour les tsadikim de Hachem.

La Guemara se demande si cette déclaration ne s'oppose pas à Rabbi Yo'hanan, qui enseigna que כפירה (la sorcellerie - kéchafim), est un acronyme de : "chémakh'hichin pamal'ya chél mal'a", indiquant qu'ils sont capables de contredire l'autorité céleste d'Hachem.
Cela semble impliquer que la sorcellerie est bien, en réalité, une force apte à agir malgré la présence de Hachem.

La guémara concède que, en effet, Rabbi Yo'hanan a raison dans son évaluation de la puissance de la sorcellerie, mais les mérites de Rabbi 'Hanina étaient si grands qu'ils le protégeaient de toute magie employée contre lui.
Ainsi, la guémara conclut que la magie ne peut être tenue à distance que par une personne parfaitement juste. Pour un tel individu, l'adage "én od milévado sert à l'isoler des forces maléfiques de la sorcellerie.

"Moché fit sortir le peuple du camp à la rencontre de D. et ils se tinrent au pied de la montagne" (Yitro 19,17)

-> Nos Sages (guémara Shabbath 88a) disent que Hachem a déraciné le mont Sinaï et l'a tenu au-dessus de la tête des juifs comme un tonneau : "Si vous acceptez Ma Torah, c'est bien, dit-il, sinon ce sera votre tombeau".
Cela enseigne que même si nous n'avons pas envie d'étudier la Torah et de servir Hachem, "vous n'êtes pas libre d'y renoncer" (Pirké Avot 2,3).
Imaginez que quelqu'un nous force à le faire. C'est une bonne approche pour les périodes d'étroitesse d'esprit. Nous ne devons jamais cesser d'étudier ou de servir le Hachem, même si nous n'en avons pas le désir, car au moins vous accomplissez l'action.
[le Baal Shem Tov enseigne que la principale récompense que nous recevons pour l'observation de la Torah et des mitsvot provient des efforts accomplis pendant nos périodes de petitesse, d'étroitesse (morale). ]
[Ben Porat Yossef - Vayéchev]

"Efface le souvenir d'Amalek de sous le ciel plutôt que sur la surface de la terre" (Béchala'h 17,14)

-> Le rav 'Haïm Kanievsky explique : nos Sages affirment (voir Yérouchalmi - Roch Hachana 3,8 ; Rachi - I Shmouel 15,3) que les Amalécites étaient connus pour être des sorciers. En racontant une autre bataille contre un sorcier, la guerre de Moché contre Midian et le sorcier Bilaam, Rachi (Bamidbar 31,6) relate comment Bilaam a utilisé la sorcellerie pour suspendre les rois madianites dans les airs, hors de portée des épées des juifs.
Afin de tuer les Midianites, Pin'has pointa le Tzitz (plaque frontale portée par le Cohen Gadol, sur laquelle était gravé le nom de Hachem) vers eux, et ils tombèrent.

Il est clair que les sorciers utilisaient la tactique de voler dans les airs pour éviter d'être capturés. En conséquence, la Torah déclare que les Amalécites, qui étaient connus pour être des sorciers, seraient détruits où qu'ils se trouvent sous les cieux, même s'ils volaient dans les airs et n'étaient donc pas sur la surface de la terre.
Le rav Kanievsky ajoute qu'il n'y avait aucune crainte que la génération du Déluge utilise la sorcellerie pour se suspendre au-dessus de la terre, car les Sages enseignent que l'eau annule les effets de la sorcellerie (Sanhédrin 67b). Ainsi, l'eau du Déluge les maintiendrait sur terre. En conséquence, la Torah stipule qu'ils devaient être effacés de la surface de la terre.

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-> Le Yérouchalmi (Roch Hachana 3,8) déclare qu'Amalek était un sorcier et un astrologue. Lorsqu'il combattit les juifs, les premières lignes de son armée étaient composées d'hommes dont l'anniversaire tombait ce jour-là, car on supposait que le jour de sa naissance, le mazal (la chance) d'une personne était plus forte et qu'elle avait moins de chances de mourir.

Le rav 'Haïm Kanievsky note que ce concept ne s'applique pas aux tsadikim. Au contraire, les Sages enseignent que les tsadikim sont plus susceptibles de mourir le jour de leur anniversaire, vivant ainsi des années complètes (Kidouchin 38a).
La raison de cette différence est que pour les gens ordinaires, la mort peut être une punition ; le jour où leur mazal est plus fort, ils sont moins susceptibles d'être punis.
Ainsi, une personne est moins susceptible de mourir le jour de son anniversaire. Pour les tsadikim, cependant, la mort n'est pas une punition, mais une récompense, puisqu'ils vont directement au Gan Eden. Ainsi, ils sont en fait plus susceptibles de mourir le jour de leur anniversaire.

On n’emporte avec nous que la tsédaka

"Lorsque vous prêtez de l’argent à Mon peuple (im kessef talvé ét ami), au pauvre qui est avec vous" (Michpatim 22,25)

-> Le rabbi de Kotzk (séfer Ohel Torah) explique ce verset en citant la michna (Pirké Avot 6,7) qui dit : "L’or et l’argent d’une personne ne l’accompagnent pas. Les seules choses qui l’accompagnent sont sa Torah et ses bonnes actions."

Le mot "talvé" (prêter - תַּלְוֶה), peut également signifier "accompagner". En conséquence, le verset pose une question : "Im kessef talvé et ami" = l’argent des gens les accompagnera-t-il (dans l’autre monde)?
Le verset répond : "ét ha'ani ima'h" = la seule chose qui sera avec lui est l’argent qu’il a donné aux pauvres.

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-> "Une personne ne peut pas être accompagnée d’argent. Mais elle peut l’envoyer à l’avance en donnant la tsédaka!" [rabbi de Kretchnifer ]

Naassé véNichma

+ Naassé véNichma (selon le Zera Chimchon)

Et ils dirent : "Tout ce que Hachem a dit, nous le ferons et nous l'accomplirons" (Michpatim 24,7)

-> La guémara (Shabbat 88a) rapporte que lorsque le peuple juif dit "nous ferons et nous accepterons" (naassé vénichma), une voix céleste proclama : "Qui a révélé ce secret à Mes enfants? Cette manière de servir Hashem est un secret que (seuls) les anges utilisent".

=> Le Zéra Shimshon demande : qu'y a-t-il de si extraordinaire dans l'attitude des anges pour que Hachem la qualifie de grand secret?

-> Le Zéra Shimshon explique que même si un non-juif peut étudier la Torah et la guémara (Sanhédrin 59a & Baba Kama 38a) et qu'il est alors assimilé à un Cohen Gadol, il reste néanmoins une différence.
Lorsqu'un non-juif étudie la Torah, il n'est pas tenu de le faire, mais il accomplit néanmoins ce qu'il sait être le désir d'Hachem. Dans ce contexte, il n'est pas confronté à la résistance du yétser ara qui, naturellement, tente d'arrêter ceux qui sont tenus d'accomplir les commandements.
Un juif se trouve à un niveau supérieur : il est tenu d'accomplir les commandements et les accomplit, annulant ainsi l'influence automatique du yétser ara qui s'oppose à celui qui est tenu par Hachem d'accomplir quelque chose. C'est pourquoi un juif reçoit une récompense pour son étude de la Torah et un non-juif n'en reçoit pas.

Bien qu'un juif reçoive une récompense pour ses actions, le niveau le plus élevé qu'un juif puisse atteindre est de servir Hachem sans que la récompense ultime soit ce qui pousse une personne à faire la volonté de Hachem. Au contraire, on doit servir Hachem simplement parce que Hachem nous l'a ordonné, comme l'enseigne les Pirké Avot (1,3).

La profondeur de la proclamation du peuple juif de "naassé vénichma" concernait cette disposition à faire la volonté d'Hachem.
Évidemment, ils devaient d'abord entendre les mitsvot d'Hachem afin de savoir quoi faire. Ils ne voulaient pas dire qu'ils serviraient Hachem avant même d'en avoir reçu l'ordre, car cela n'aurait aucun sens.
Leur déclaration "naassé vénichma" était plutôt une façon de dire qu'ils étaient prêts à servir Hachem comme quelqu'un qui Le sert de son propre gré, sans même en avoir reçu l'ordre.
Ainsi, "naassé" (nous ferons), avant "nichma" (nous écouterons), signifie que nous sommes prêts à servir Hachem comme quelqu'un qui n'a même pas reçu d'ordre, une telle personne ne sert clairement pas Hachem pour obtenir une récompense, car lorsqu'il n'y a pas d'ordre, il n'y a pas de yétser ara et donc pas besoin d'une récompense.
C'est ce que voulaient signifier les juifs par "nichma", ils étaient prêts à servir Hachem au plus haut niveau, sans être motivés par leur désir de récompense.

C'est ainsi que les anges servent Hachem. Ils ne reçoivent aucune récompense pour leurs actions, mais cela ne les préoccupe pas. Ils servent Hachem sans même se soucier de la récompense.
Le peuple juif a reflété cette attitude lorsqu'il a dit "naassé vénichma", et c'est le secret auquel la voix céleste faisait référence.

Yaakov dit à Yossef qu'il a conquis le pays des Emorites "avec mon épée et mon arc" (bé'harbi oubékachti - Vayé'hi 48,22).

Le Targoum Onkelos traduit le mot 'harbi (mon épée), par "prière établie", et kachti (mon arc) par "prière personnelle".
Le Messé'h 'Hokhma enseigne que ce Targoum Onkelus met en lumière la différence entre la prière établie, c'est-à-dire les prière fixée par nos Sages, et nos prières personnelles.

La comparaison des prières fixées par nos Sages à une épée nous enseigne à quel point ces prières sont puissants. Même une personne faible ou peu qualifiée peut blesser gravement quelqu'un avec une épée.
De même, les prières établies pour nous par nos Sages sont intrinsèquement puissantes. Même une personne qui n'a pas de compréhension ou de niveaux profonds de kavana (intention) peut accomplir beaucoup en récitant ces prières établies.
Le rav Shimshon Pinkous enseigne que non seulement nous puisons dans la grandeur des Anché Knesset HaGuédola (sages de la grande Assemblée) chaque fois que nous récitons ces prières, mais que nous puisons également dans les pouvoirs spirituels d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov lorsque nous faisons la prière de cha'harit, de min'ha et de arvit, respectivement.

D'autre part, nos prières personnelles sont comparées à des flèches. La puissance d'une flèche dépend de la force avec laquelle elle a été tirée, et elle n'atteindra sa cible que si elle est correctement dirigée. La force de nos prières personnelles dépend de leur profondeur.

"Voici les ordonnances que tu placeras devant eux" (Michpatim 21,1)

-> Rachi commente : "La paracha des dinim (lois) est juxtaposée à la paracha de l'autel dans la Torah pour nous enseigner que le Sanhédrin sera situé à côté de l'autel (dans le saint Temple)".

-> Le Maharal (Gour Aryé) enseigne :
Quel est le lien entre l'autel et le sanhédrin?
Le thème commun est qu'ils apportent tous deux la paix au monde. L'autel apporte la paix entre les juifs et Hachem, et le Sanhédrin apporte la paix entre les juifs.

Comment l'autel apporte-t-il la paix entre le peuple juif et Hachem?
Lorsqu'une personne faute, sa faute l'éloigne d'Hachem. Lorsqu'elle expie sa faute en se repentant et en apportant une offrande, sa relation avec Hachem est rétablie. En effet, la racine du mot "korban" (sacrifice) est karov (proche). Les sacrifices permettent de combler le fossé qui se creuse entre Hachem et le fauteur en raison de ses fautes.

On peut comparer cela à l'effet du Sanhédrin. Le Sanhédrin résout les conflits entre des personnes qui, autrement, n'étaient pas d'accord entre elles.
[ le Sanhédrin aide à maintenir la paix entre les hommes en réglant les différends, et c'est pour cette raison que le Sanhédrin est situé à côté de l'Autel. ]
Cette idée se retrouve dans la Mékhilta (Michpatim 21,11), qui déclare : "Pourquoi la mitsva des dinim a-t-elle été mentionnée en premier parmi toutes les mitsvot [qui sont mentionnées dans la Torah après le don de la Torah? Parce que lorsqu'il y a un différend entre un homme et un autre, il y a de l'hostilité entre eux, mais lorsque le différend est tranché, il y a de la paix entre eux".

La paix que le Sanhédrin apporte au sein du peuple juif est une condition préalable essentielle à la paix entre Hachem et les juifs. Les querelles entre juifs éloignent la Présence divine.
Les querelles entre juifs, ou entre un mari et une femme, sont un affront à la Présence divine qui réside parmi eux. En conséquence, le Talmud déclare que lorsqu'un homme divorce de sa femme, cela fait couler des larmes sur l'autel.
L'autel est au centre de la relation de l'homme avec Hachem. Lorsque le lien d'un homme avec sa femme est rompu, cela a également un impact sur sa relation avec Hachem, qui est symbolisée par l'autel.

Le concept selon lequel la paix avec Hachem dépend de la paix avec les autres hommes est symbolisé par l'interdiction de la Torah d'utiliser du métal pour tailler les pierres de l'autel.
La Mékhilta (Yitro 20,22) déclare : "Les pierres de l'autel n'entendent pas et ne voient pas. Cependant, parce qu'elles apportent la paix entre les juifs et Hachem, la Torah déclare : "N'agitez pas le fer (c'est-à-dire n'utilisez pas le fer pour tailler) sur elles".
Certes, celui qui apporte la paix entre un homme et un autre, ou entre un homme et sa femme, ou entre deux villes ou deux nations, sera à l'abri de la punition. Pourquoi le fer ne peut-il pas être utilisé pour tailler les pierres de l'autel?
La réponse est que la paix entre Hachem et les juifs, apportée par l'autel, dépend de la paix entre les hommes. Une épée (qui est faite de métal) signifie la désunion entre les hommes. Ainsi, l'interdiction d'utiliser du métal sur l'autel signifie que la désunion entre les hommes perturbe notre unité avec Hachem.

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"Voici les ordonnances que tu placeras devant eux" (Michpatim 21,1)

-> Rachi commente : "De même que [les 10 Commandements] viennent du [mont] Sinaï, ces [mitsvot] viennent aussi du Sinaï".

-> Le Maharal (Gour Aryé) enseigne :
Comme nous le savons, toutes les mitsvot viennent du mont Sinaï. Cependant, il était nécessaire que la Torah déclare que les michpatim, les ordonnances, proviennent également du Sinaï, car ces mitsvot régissent le commerce et les relations interpersonnelles.
Toutes les nations ont des lois pour maintenir la société civile. Ainsi, nous aurions pu croire que les michpatim ont été promulguées par Moché pour le bénéfice de la société civile et qu'elles ne sont pas d'origine divine.
C'est pourquoi la Torah nous informe que les michpatim proviennent également du mont Sinaï et ne sont pas moins divines que les autres mitsvot de la Torah. En effet, tout bénéfice pour la société civile est accessoire et ne constitue pas l'objectif premier de ces mitsvot.

Ce qui précède souligne l'importance de porter les litiges monétaires devant un tribunal rabbinique plutôt que devant un tribunal non juif. Lorsqu'une personne porte son litige devant un tribunal rabbinique, elle reconnaît la supériorité des michpatim divines de la Torah. À ce titre, cette personne est considérée comme ayant porté son litige devant Hachem, comme le dit la Torah : ki hamichpat l'Elokim hou" (les michpatim sont pour Hachem).

En revanche, celui qui porte un litige devant un tribunal non juif implique que les michpatim de la Torah sont d'origine humaine et non divine. Il dit que les michpatim sont simplement destinées à maintenir la société civile, et que par conséquent, il n'y a pas de différence entre un tribunal rabbinique et un tribunal non juif, que D. nous en préserve.

La réciprocité de la prière

Lorsqu'un pauvre demande à un riche de satisfaire sa demande, et que ce dernier a les moyens de le faire, le riche doit compatir à la situation du pauvre s'il veut avoir de la miséricorde. Une fois que le riche s'identifie à la douleur du pauvre, il acquiescera certainement à sa demande.
De même, lorsque le peuple juif est en détresse, il crie à Hachem d'avoir pitié de lui, en espérant qu'il se montrera compréhensif à son égard.

Puisque D. répond toujours aux demandes de Sa nation, l'individu doit également adresser ses pensées et ses prières à Hachem. Le mot même de "prière" (téfila) connote "l'attachement", comme dans le verset : "J'ai été uni [naftoulé] par les liens divins [niftalti]..." (Béréchit 30,8).
Alors Hachem répond, en quelque sorte, en s'attachant à eux, afin d'avoir pitié d'eux.

Tel est donc le sens profond du verset "D. vit les Bné Israël, et D. connut (vayéda Elokim - Chémot 2,25)".
Le verbe "connaître" (vayéda) implique "l'attachement", comme dans le verset "Adam connut (vayéda) 'Hava" (Béréchit 4,1).
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Chémot 2,25]

"Vous le mangerez à la hâte" (Bo 12:12)

-> Pourquoi les juifs devaient-ils consommer l'offrande de Pessa'h à la hâte s'ils n'allaient quitter l'Égypte que le lendemain?

Le Imré Emet (Likouté Yéhouda) explique que c'est au cours de cette nuit qu'ils ont commencé à devenir le peuple élu de d'Hachem, de vrais juifs.
Un juif doit être comme un soldat, en perpétuel état de préparation pour exécuter la volonté de D. avec zèle.

"Puis, moi-même, Je désolerai cette terre, si bien que vos ennemis, qui l'occuperont, en seront stupéfaits" (Bé'houkotaï 26,32)

-> Rachi explique : Il est bien pour Israël, que les ennemis ne trouvent pas satisfaction de leur terre, puisqu’elle sera désolée pour ses habitants.

-> Le Ramban ajoute que durant tous les exils, notre Terre n’accepta pas nos ennemis. C’est une preuve que l’on ne trouvera nulle part ailleurs, une terre qui est aussi bonne et large, mais qui peut être tellement dévastée par ailleurs. Ceci, parce que dès lors que nous la quittons, elle n’accepte aucun autre peuple, aucune autre langue. Tous tentent de s’y installer, sans succès.

=> Une lecture superficielle nous laisserait penser qu’il s’agit d’une mauvaise chose que la terre reste désolée quand nos ennemis y résident, mais nos Sages soulignent que c’est en fait un point positif. Rachi et le Ramban affirment que c’est une preuve de la Providence ; cette même Terre peut être incroyablement fertile quand le peuple juif y habite et totalement dévastée quand nous sommes en exil.

-> Le rav Moché Sternbuch (Taam véDaaat) développe cette idée : à travers les siècles, les nations se sont battues pour la Terre, mais aucune n’a réussi à la cultiver avec succès. Cela prouve la véracité de la Torah ; cette prédiction ayant été faite il y a des milliers d’années, et s’étant réalisée.

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[dans un cours de Aish haTorah, on fait remarquer que la terre d'Israël fait partie d’une région appelée "Croissant fertile" en raison de sa productivité. Pourtant, dès que le peuple juif quitte la terre, elle se transforme en désert et aucune des nombreuses nations qui l’ont habitée n’a réussi à la cultiver.]

[Seul un Texte dicté par D. pourrait faire une prédiction si audacieuse et avec une telle assurance.
En plus de l’aspect "preuve" de ce phénomène, cela doit renforcer notre émouna, notre foi en la Providence et en ce lien que nous avons avec la Terre.]