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Le récit de Kayin, du Déluge, de la Dispersion sur nous

+ Le récit de Kayin, du Déluge, de la Dispersion sur nous :

-> La Torah est l'histoire de chaque personne. Les récits qu'elle contient ne sont pas de simples histoires, même dans le but de nous éduquer. Au contraire, tout comme elle décrit le développement spirituel de l'humanité dans son ensemble, elle décrit également le processus qui doit se dérouler dans l'histoire personnelle de chaque juif.

À cet égard, le 'Hidouché haRim cite le Maguid de Kozhnitz selon lequel les thèmes du Kayin, du Maboul (Déluge) et de la Haflaga (dispersion suite à la tour de Bavél) existent dans la psyché de chaque personne.
Cela s'exprime sous la forme des 3 principaux traits négatifs identifiés par nos Sages : la jalousie, le désir et l'honneur (Pirké Avot 4,28).
Tout comme l'humanité a fait face aux retombées de ces qualités, chaque personne doit rectifier leur présence en elle.

Kayin a manifesté le trait de la jalousie (la kin'a (en hébreu) - comme l'indique la similitude phonétique), au point qu'elle l'a poussé à assassiner son frère.
La génération du Maboul a été détruit principalement à cause de l'immoralité née du désir.
Et la génération de haFlaga a déclaré que leur objectif en construisant la tour était de "se faire un nom", c'est-à-dire de s'agrandir.

Les Imré Emet ajoute que l'antidote à ces déficiences est la Torah, que le peuple juif a reçue au mont Sinaï. À ce titre, le don de la Torah a été précédé de 3 étapes préparatoires, symbolisant le potentiel de la Torah à rectifier ces défaillances.
Tout d'abord, une frontière/délimitation a été tracée autour de la montagne, limitant la liberté de mouvement d'Israël. Il s'agissait d'un frein à la jalousie, qui enseignait qu'une personne devait respecter les limites de son champ d'action.
Deuxièmement, l'abstinence était pratiquée pendant les 3 jours précédant la Révélation, ce qui indiquait la limitation des désirs.
Troisièmement, le peuple juif a vécu l'expérience impressionnante qui a accompagné la Révélation, le tonnerre et les éclairs, le tremblement de la montagne et le nuage épais, qui a dégonflé leur égoïsme.

De même que le peuple juif a franchi ces étapes en cette occasion singulière pour commencer à rectifier l'échec historique de l'homme dans ces trois domaines, de même, chaque Juif est confronté chaque jour à ce triple défi, et ce n'est que par la Torah qu'il est équipé pour le surmonter.
[Sfat Emet 5656 ; Likouté Yéhouda p.90]

Ne vous découragez pas à cause d’un échec spirituel

"Si Essav vient au camp et le frappe, le reste du camp sera sauvé" (Vayichla'h 32,9)

-> Le séfer Divré Israël cite son grand-père, le rav Yé'hezkel de Kouzmir, qui enseigne sur ce verset :
Si quelqu'un échoue à un défi spirituel et tombe dans sa avodat Hachem, il ne doit pas s'inquiéter outre mesure ou se laisser aller au désespoir. Le yétser ara veut qu'il abandonne afin de le conduire à d'autres échecs. [il est là avant pour nous faire tomber, et ensuite pour nous attrister, faire rester au sol plutôt que de se relever et continuer à avancer de notre mieux (nous ne sommes pas des anges, la téchouva est là). ]
L'important est de s'inquiéter de l'avenir et de veiller à ce que cela ne se reproduise pas. On doit essayer de s'améliorer en matière de Torah, de téchouva et de joie de vivre.

Le yétser ara est comme les voleurs. Il pousse une personne à trébucher et à commettre un petit péché. Il la pousse ensuite à devenir déprimée et à sombrer dans le désespoir à cause de cette seule faute. Puisqu'elle est si déprimée, elle ne peut pas fonctionner et elle est trop faible pour se garder de commettre de plus en plus fautes. (ex: puisque je suis quelqu'un d'aussi mauvais spirituellement, alors autant que je profite! ; le désespoir nous fait avoir peu d'ambition pour notre spiritualité)
C'est la mauvaise chose à faire. Au contraire, après avoir commis une faute, on doit se renforcer dans la Torah et les mitsvot et se protéger contre les mauvaises actions à l'avenir. Si on ne laisse pas le yétser ara nous éloigner du droit chemin, on s'améliorera à l'avenir et rectifiera la faute que l'on a commise.

C'est ce que nous enseigne ce verset. Le Zohar (Toldot 144b) dit qu'Essav représente le yétser ara.
Yaakov dit que si Essav arrive dans un camp et le frappe, c'est-à-dire si le yétser ara fait trébucher une personne et lui fait transgresser une faute, la personne ne doit pas se désespérer.
Au contraire, "le camp restant sera sauvé", ce qui signifie que l'on doit travailler sur soi-même pour l'avenir avec ce que l'on a encore.
De cette façon, on peut à la fois rectifier le passé et s'améliorer pour l'avenir.

-> [Le nazir] doit également expier le fait qu'il s'est infligé une souffrance [en faisant le vœu de devenir nazir et en se privant ainsi de vin], "Car tu n'as pas servi Hachem, ton D., avec joie" (Ki Tavo 28,47), mais plutôt dans la souffrance [par le fait qu'il a été nazir].
La joie est un indicateur de l'intégrité d'une action ... S'il était joyeux à propos de ce vœu de nézirout, il aurait été plus prudent pour éviter l'impureté rituelle.
Maintenant qu'il n'a pas été prudent, cela indique qu'il n'était pas joyeux à propos de son vœu de nézirout, ce qui a permis au yétser ara de trouver un moyen de diminuer tout ce qu'il avait promis de faire.
"Et les tsadikim se réjouissent et se réjouissent devant Hachem, et ils se réjouissent dans la joie" (Téhilim 68,4). "Dans la joie" signifie par le mérite de la joie, car ils ont servi Hachem avec joie.
[Kli Yakar - Nasso 6,11 ]

[il ressort que d'après le Kli Yakar, par la joie, on peut être plus vigilant à éviter la faute. ]

-> "Dis à la maison de Yaakov" : cela fait référence aux femmes ; "Et dis aux fils d'Israël" : cela fait référence aux hommes (Yitro 19,3 - Rachi).
Le Baal Hatourim écrit que, puisque la Torah a honoré les femmes en les mentionnant en premier, elles n'ont pas été tentées d'enlever leurs bijoux pour former le Veau d'or.
Il est possible que cela signifie que, puisque les femmes étaient élevées (grandes) à leurs propres yeux, elles n'ont pas commis de péché.
[Guilyon Shémouat HaLévi ]

[cela témoigne de l'importance d'avoir une orgueil de ses capacités, du fait d'être juif(ve), nous amenant à davantage agir en responsabilité avec grandeur spirituelle! ]

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-> Une personne au service de [Hachem] doit reconnaître sa [réelle] valeur, ses forces, les forces de ses ancêtres, ainsi que leur grandeur et leur importance devant le Créateur.
Elle doit essayer de se renforcer et de se comporter constamment à ce niveau ...
Quand elle désire quelque chose et qu'elle est tentée de se livrer à un comportement inapproprié ... elle doit se dire : "Une personne aussi grande et importante que moi, dotée d'une grandeur aussi élevée et merveilleuse, fils de grands personnages et fils de rois, comment pourrais-je commettre un acte aussi mauvais et fauter contre Hachem et mes Patriarches tous les jours de ma vie?"
[Rabbénou Yona - Chaaé haAvoda ]

Lorsque Hachem ordonne à Moché de nommer Yéhochoua comme son bras droit, Il dit à Moché :
"Et donne-lui des instructions devant eux" (vétsivita oto lééné'ém - Pin'has 27,19).

Rachi (citant Sifri) explique que Hachem voulait que Moché donne des instructions à Yéhochoua concernant le peuple juif en disant : "Sache qu'ils sont difficiles ; ils sont têtus (prompts à se rebeller), ainsi accepte cette mission en connaissance de cause".
Le Ramban n'est pas d'accord avec cette interprétation, car si Moché avait dit cela "lééné'ém" (לְעֵינֵיהֶם), en présence du peuple juif, cela les aurait amenés à se débarrasser du joug de la Torah.
En d'autres termes, le Ramban estime qu'insulter le peuple juif en face leur donnerait une perception négative d'eux-mêmes et les amènerait à fauter.
De même, le Tiféret Shlomo (Shabbath Na'hamou) décrit comment, en exil, le cœur du peuple juif s'est découragé, avec le sentiment : "Qu'est-ce que Shadaï pour que nous le servions? Et à quoi cela servira-t-il de le prier?" (Iyov 21,15).
C'est pourquoi la première étape des prophètes pour consoler le peuple juif consiste à leur montrer que Hachem est avec eux en toutes circonstances et qu'Il entend toujours leurs prières.

Notre ingratitude donne de la force à Amalek

-> Nos Sages (Mékhilta) disent à propos du verset : "Et Amalek vint" (Béchala'h 17,8) = "Amalek, qui manque de gratitude, doit venir punir le peuple (juif) qui manque (actuellement) de gratitude [envers Hachem]."

Avraham – le monde tenait sur son pilier de bonté

+ Avraham - le monde tenait sur son pilier de bonté :

"Il levait les yeux et regardait, il vit trois personnages debout près de lui (véhiné chélocha anassim nitsavim alav). En les voyant, il courut à leur rencontre" (Vayéra 18,2)

-> Le séfer Toldot Yaakov Yossef écrit que les "trois hommes" symbolisent les trois piliers sur lesquels repose le monde : la Torah, la avoda et la guémilout 'hassadim, qui représentent les trois Avot (Patriarches).
Yaakov représente le pilier de la Torah, comme il est dit : "La voix est la voix de Yaakov" (Toldot 27,22). Its'hak représente le pilier de la avoda, et Avraham représente le pilier du 'hessed (bonté).
Cela signifie qu'avant la naissance d'Its'hak et de Yaakov, le monde reposait uniquement sur le pilier du 'hessed. En conséquence, le verset dit qu'Avraham vit les "trois hommes", c'est-à-dire les 3 piliers du monde, et qu'ils étaient "nitsavim alav", ce qui peut être traduit par "ils reposaient sur lui", car le monde entier à cette époque était soutenu par son pilier de guémilout 'hassadim.
C'est pourquoi "il courut à leur rencontre", afin d'accomplir la mitsva de hachnassat orchim (hospitalité) et de renforcer le pilier du 'hessed.

"Yaakov arriva complet à la ville de Ché'hem" (Vayichla'h 33,18)

-> La guemara (Shabbath 156a) mentionne 7 corps célestes : חמה , נוגה ,כוכב , לבנה , שבתאי , צדק , מאדים , le soleil, Vénus, Mercure, la lune, Saturne, Jupiter et Mars.
[les noms des planètes sont : Saturne (shabtaï), Vénus (nogah), Jupiter (tsédek), Mercure (kokhav), Mars (ma'adim), Lune (lévana) et le Soleil ('ḥama)]
Le rav Shimshon d'Ostropoli (Nitsotsé Shimshon - Vayichla'h) cite le Rambam (dans son Moré Névo'him) selon lequel 4 de ces planètes מורים על הטובה , indiquent le bien ( חמה ,נוגה , כוכב , צדק ) et 3 le mal ( מאדים , שבתאי et לבנה ).
Ces 3 apportent la destruction : שבתאי au corps, לבנה à la Torah et מאדים à l’argent.
Rachi (Vayichla'h 33,18) commente sur ויבא יעקב שלם (vayavo Yaakov shalèm) que Yaakov était intègre physiquement (alors qu’il se remettait de la blessure infligée par l’ange d’Essav ), financièrement (bien qu’il ait donné des cadeaux à Essav) et dans son limoud, étude (dont il n’a rien oublié ).
Par conséquent, שלם a les 1ères lettres de מאדים , לבנה , שבתא.

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-> Une allusion se trouve dans le mot שלם , acronyme de ממון , לימוד , שלדה , c'est-àdire : le squelette faisant référence au corps physique, au limoud et à l’argent.
Une autre allusion se trouve dans le trait de Yaakov, le אמת (Mikha 7,20), qui est l'acronyme de : אברים , ממון , תורה , les membres (se référant au corps), l’argent et la Torah.

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-> Le 'Hida (Dvach Léfi .מערכת ח , 7,) écrit qu’Hachem nous a donné le kidouch ha'hodech (sanctification du mois), le shabbat et la mila (circoncision) pour neutraliser ces 3 forces négatives : שבתאי , מאדים et לבנה .
La mitsva de chabbat est sous le domaine de שבתאי . En fait, les 3 premières lettres de שבתאי épellent שבת .
Roch ‘hodech est sous le domaine de la לבנה car il dépend de la lune lorsque nous déterminons ראש חודש.
Enfin la מילה est liée à מאדים car la guémara (Shabbath 156a) dit que celui qui naît sous cette influence astrale qui versera du sang, comme un mohel par exemple.
Les Grecs voulaient abolir ces 3 mitsvot afin que nous soyons sous la domination de ces 3 mauvaises étoiles.

"Et Its'hak préférait Essav parce qu'il mettait du gibier dans sa bouche ; mais Rivka préférait Yaakov" (Toldot 25,28)

-> Rachi explique qu'Essav a trompé son père par ses mots. Il dupa Its'hak en lui faisant croire qu'il était un tsadik en lui posant des questions telles que comment prendre le maaser sur le blé et le sel.

-> Le 'Hidouché haRim note que cela est difficile à comprendre. Même si cela était vrai qu'Essav prenait le maaser sur le blé, Its'hak l'aimerait-il plus que Yaakov, qui passait toutes ses journées à étudier la Torah?

Il répond que Its'hak pensait que Yaakov était une personne simple (tamim) qui étudiait la Torah toute la journée, mais qui n'avait aucun lien avec les affaires du monde.
Essav, quant à lui, se décrivait comme un marchand intelligent et mondain, qui avait des relations avec le monde, mais qui restait une personne droite et pieuse.

Yaakov appréciait davantage les mitsvot d'Essav parce qu'il était dans le monde, où il faisait face à de nombreux défis, et qu'il agissait toujours comme s'il restait un tsadik. Il considérait que ses mitsvot avaient plus de valeur que celles de Yaakov parce que ce dernier n'était pas dans le monde et n'avait jamais été confronté à ces défis.

Cependant, après que Yaakov eut donné les bénédictions à Yaakov et qu'il eut appris d'Essav comment Yaakov l'avait piégé, il s'aperçut que même si Yaakov était assis et étudiait dans sa tente toute la journée, il était encore plus intelligent qu'Essav. Il vit qu'il comprenait le monde. Par conséquent, il conclut que Yaakov méritait les bénédictions.

[tamim tiyé im Hachem Eloké'ha = on doit agir avec simplicité (conscient qu'on comprend rien, que tout vient d'Hachem, ...), cela ne veut pas dire être simplet, paresseux, ... Au contraire, on doit faire une hichtadlout pour se défendre d'autrui, pour gagner sa vie, ...

On voit également de ce verset : si 2 personnes (une étudiant à plein temps et une qui doit travailler) font de leur mieux pour tendre vers une vie de tsadik (juste), alors celui qui évolue dans le monde par son travail et reste malgré tout juste, alors il fait quelque chose de sublime, "Its'hak préférait Essav". ]

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-> Le Séfer miZékénim Etbonen demande pourquoi l'étalage de piété d'Essav a incité Its'hak à l'aimer, mais n'a pas fonctionné pour Rivka. Il répond que Its'hak a grandi dans la maison d'Avrahom, qui était imprégnée de témimout et de vérité (émet). Il ne connaissait pas la ruse et pensait qu'Essav était sincère dans ses paroles.
Rivka, en revanche, a grandi dans la maison de Bétouel et de Lavan, qui étaient des menteurs et des tricheurs. Elle savait comment repérer un imposteur et elle était capable de voir qu'Essav n'était pas vraiment juste (tsadik).

Le louz

"Its’hak avait quarante ans lorsqu’il prit pour épouse Rivka, fille de Bétouel l’Araméen, du territoire d’Aram, soeur de Lavan, l’Araméen" (Toldot 25,20)

-> Le Zohar (I, 137a) interprète notre verset en rapport avec la Délivrance finale et la résurrection des morts (té’hiyat hamétim) : Its’hak symbolise l’âme et Rivka, le corps.
La résurrection des morts (le "mariage" indélébile de la fin des temps entre l’âme [Its’hak] et le corps [Rivka]) aura lieu 40 ans après le rassemblement des Exils sur la terre d’Israël.
[on peut noter que le nom יצחק (Its’hak) se décompose en קץ חי (Kets ‘Haï - "fin des temps vivante" [Zohar] : allusion au kéts hayamin (קץ הימין) de la résurrection (voir Marharcha sur Pessa’him 56a), et que le nom רבקה (Rivka) est formé des mêmes lettres que הַבֹקֶר (haboker - le matin = allusion à la Lumière de la Délivrance [suite à l'obscurité de l'exil])].

Le Zohar poursuit et explique que c’est à partir d’un minuscule os de la colonne vertébrale, désigné dans notre verset par l’expression : "Bétouel l’araméen" (בְּתוּאֵל הָאֲרַמִּי - Bétouel haarami) que D. reconstituera les corps.
Cet os est aussi désigné sous deux autres appellations : "louz (לוז) d’après le midrach et "niskoï"
(נסכוי) d’après les anciens maîtres [voir Beth Yossef sur Ch. A. Ora’h ‘Haïm 130]). Aussi, les trois initiales de ces noms forment-ils le mot לבן (Lavan), qui, d’une part, rappelle l’expression de notre verset : "soeur de Lavan l’Araméen" [Ben Ich ‘Haï], et d’autre part, indique le caractère pure et unitaire de cet os, à l’instar du "blanc" (לבן - Lavan), pur de tout mélange de couleur.

Ainsi, n’étant pas un élément composite, cet os est alors indestructible.
Rabbi Yéhochoua Ben ‘Hanania en fit la démonstration devant l’empereur Adrien. Il tenta de le broyer sous une meule, sans succès. De le brûler, sans y parvenir. De le faire s’effriter dans l’eau, sans résultat. Il le mit sur une enclume pour le frapper, c’est l’enclume qui se fendit, le marteau se cassa mais l’os resta entier. [midrach Béréchit rabba 28,3]

Le Zohar rapproche le terme הָאֲרַמִּי (haarami) au mot הרמאי (haramaï), "le trompeur", à l’instar du yétser ara appelé aussi רמאי (Ramaï).

=> Pourquoi l’os, à partir duquel D. opérera la résurrection des morts (l’étape ultime de la guéoula qui verra la disparition du mal), est-il appelé du nom d’un racha, comparable au yétser ara, "Bétouel le trompeur?
Le nom "Bétouel" (בתואל) est en rapport avec la résurrection. Le Zohar nous dit qu’il s’agit d’une allusion à la "fille de D." (bito chel El - בתו של א־ל) [littéralement, la "fille" du Nom E-l ].
Or, la résurrection des morts et le Nom de D. (א־ל - E-l) sont justement intimement liés. En effet, le mot א־ל (E-l) [D. Tout puissant] étant le premier des "13 Attributs de Miséricorde" (אֵל רַחוּם וְחַנּוּן - Tout puissant, Clément, Miséricordieux - [voir Ki Tissa 34,6]), il est relié au premier des 13 Principes d’interprétation de la Torah enseignés dans la braïta de Rabbi Ichmaël (קל וחומר - kal va'homer [raisonnement à fortiori], גזרה שוה [Gzéra Chava - raisonnement par analogie]).
Ainsi, le Nom א־ל (E-l) de l’os de la Résurrection est lié avec le Principe de "Kal V'ahomer"[raisonnement à fortiori] comme cela ressort de l’enseignement du Talmud (prouvant la Résurrection) [Sanhédrin 91a - Rachi] : "Ceux qui n’ont jamais vécu [naissent et viennent à la vie], ceux qui ont déjà vécu, n’est-ce pas, à plus forte raison qu’ils vont revivre".

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=> Pourquoi cet os est appelé : ramaï (trompeur)? On peut citer :

1°/ Il donne l’apparence de profiter de la nourriture et de la boisson, comme toute autre partie du corps, alors qu’en réalité il ne se nourrit que du repas de Mélavé Malka (le repas de la sortie du Shabbath) [Sidour du Yaavets]
[étant déjà rassasié par les trois repas du Shabbath, l’homme qui consomme cette Séouda, appelée aussi "repas du roi David oint" (vivant et existant - 'haï végayam - חי וקים), n’a pour seul plaisir véritable que celui d’"accompagner la reine Shabbath"].

2°/ Il donne l’impression de connaître la mort, après le retrait de l’âme, alors qu’en réalité il est indestructible et immortel [le Yaavets note que la valeur numérique du nom בְּתוּאֵל (Bétouel) - 439 est, à une unité près, la valeur numérique du mot מת (mét - mort) - 440, pour dire qu’il semble mourir comme le reste du squelette, mais en réalité n’est pas touché par la mort].

3°/ Il trompe la vigilance du "Grand Trompeur" (le yétser ara, à l’origine le Serpent). [‘Hidouché haRim]
En effet, ne profitant pas de la nourriture de la semaine, cet os n’a pas été nourri du fruit de la Connaissance du Bien et du Mal, consommé par Adam Harichone le 6e jour de la Création, suite à l’incitation du Serpent. Aussi, n’est-il pas concerné par le décret de mortalité engendré par la faute originelle : "Le jour où tu en mangeras, tu mourras" (Béréchit 2, 17). C’est pourquoi, la mort et la décomposition n’ont aucune prise sur lui.
Au contraire, c’est à partir de cet os que s’opérera la résurrection, mettant ainsi un terme au Mal et à son instigateur, le yétser ara (identique au Satan et à l’Ange de la Mort - voir guémara Baba Bathra 16a).
[d'après feuillet de la communauté Sarcelles - 5783 ]

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+ Egalement sur le louz :

-> le passage : Comment l'âme peut-elle réintégrer un corps qui a été totalement désintégré? : https://todahm.com/2022/11/23/37925

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-> Rava dit : Pourquoi la Torah demande-t-elle (au Cohen) de mettre de la poussière (afar) dans l'eau que doit boire la femme Sota (soupçonnée d'adultère par son époux)?
C'est parce que si elle est innocente, elle aura un fils comme Avraham qui avait dit : "Et moi qui ne suis que poussière et cendres" (Béréchit 18,27), et si elle est coupable, la femme Sota retournera dans la poussière. [guémara Sota 17a]

=> Comment comprendre : "si elle est coupable, la femme Sota retournera dans la poussière"?

-> Le Tiféret Tsion explique :
C'est à partir du petit os nommé : louz (לוז), habituellement indestructible, que s'effectuera la résurrection des morts.
Cependant, pour la femme Sota, si elle meurt après avoir bu les eaux "amères", ce qui prouve sa culpabilité, son louz redeviendra poussière et elle ne pourra pas bénéficier de la résurrection.
Pourquoi? Du fait qu'en ne reconnaissant pas sa faute, elle a provoqué l'effacement du Nom Divin qui ne doit pas être effacé inutilement, alors mesure pour mesure, son louz sera réduit en poussière alors qu'il est indestructible pour les autres personnes.

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-> Selon la Tradition (voir midrach Béréchit rabba 28,3), il existe un "os" de la taille d’un grain d’orge, appelé en hébreu "Louz" (לוז), qui se trouve au-dessus de la colonne vertébrale [à l’intérieur du crâne sous le cerveau].
Cet "os" ne reçoit sa nourriture que de ce que l’on mange le samedi soir à la séouda de Mélavé Malka. Il est indestructible.
La future Résurrection des morts aura lieu à partir de cet "os" (voir Michna Beroura – Choul'han Aroukh Ora'h ‘Haïm 300,2).
Le Kotel ressemble à cet égard au Louz : de même que le Louz ne sera jamais détruit, et il deviendra le point de départ de la Résurrection des Morts, de même, le Kotel ne sera jamais détruit et c’est à partir de lui que sera construit le 3e Temple. [Séfer Emouna VéHachga’ha]
Il est remarquable de noter que "Yom Yérouchalaïm" tombe le 43e jour du Omer ; nombre [43] qui correspond précisément à la valeur numérique du mot "Louz" (לוז).
[d'après le feuillet de la communauté Sarcelles - Bé'houkotaï 5782]

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-> L'os du Louz est l'os à partir duquel il y aura la résurrection des morts. [midrach Béréchit rabba 28,3]
Il est indestructible (Vayikra rabba 1,18), et se nourrit du repas de Mélavé Malka (Kaf ha'Haïm 300:1-2).
Il est également appelé Neskvi (michna Broura Ohr Ha'haïm 300:6), ou Bétouel Harama (midrach Hanelem 1, Toldot 137).

Où se situe-t-il sur le corps humain?
Il existe une multitude de réponses. Soit à l'extrémité de la colonne vertébrale (Kliboses) (Shabbath 152a ; midrach Talpiot Adam), soit tout en haut de la colonne vertébrale (séfer Habrit 1:11,10), soit à l'endroit de la tête où l'on place ses Téfilin (Zohar - Noa'h 69a), soit le petit os qui se trouve sous le cerveau dans le crâne ('Hessed léAvraham 4:52).