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Susciter les bénédictions, et non le ayin ara

+++ Susciter les bénédictions, et non le mauvais œil (ayin ara) :

"Ce sont les comptes du Michkan, le Michkan ha'Edout, qui ont été comptés sur l'ordre de Moché" (Pékoudé 38,21)

-> Nos Sages (guémara Taanit 8b) enseignent qu'une bénédiction ne réside pas dans ce qui est compté ou pesé, mais seulement dans ce qui est caché à la vue, car tout ce qui est compté et mesuré est vulnérable au mauvais œil (ayin ara).
Ici, cependant, la construction du Michkan a nécessité un comptage minutieux et des mesures exactes de tous les éléments, mais une bénédiction y a néanmoins résidé.

L'explication est la suivante :
Il est écrit : "tes yeux sont comme les piscines de Hechbon" (Chir haChirim 7,5).
Le mauvais œil, comme celui que possédait Bil'am et qui provoquait la malédiction sur tout ce qu'il regardait (Zohar 1:68b), fonctionne parce que lorsque le racha regarde quelque chose, il détache l'objet de sa racine spirituelle, la source de la vie. Il le fait en désirant cet objet et en lui attribuant de l'importance, sans tenir compte de l'énergie Divine qu'il contient.

En ce qui concerne le peuple juif, cependant, le verset dit : "tes yeux sont comme les piscines de Hechbon". Le mot " 'hechbon" (חֶשְׁבּוֹן) signifie "calcul". Même si un juif calcule le nombre et la mesure d'un objet, le fait de regarder cet objet ne lui cause aucun préjudice.
En effet, lorsqu'un juif regarde quelque chose, il perçoit l'énergie Divine qui s'y trouve. Puisqu'il relie l'objet à sa racine lorsqu'il le regarde, le regard lui-même suscite une bénédiction de subsistance Divine de sa racine spirituelle sur cet objet particulier.

C'est le sens profond du verset "tes yeux sont comme les piscines de Hechbon". Le mot pour "piscines/bassins" [בְּרֵכוֹת - ber'hot] est phonétiquement similaire au mot pour "bénédictions" (béra'hot - ברכות). Cela signifie que le regard d'un juif suscite des bénédictions et des sources de subsistance divine, même sur quelque chose qui est compté et mesuré.

C'est le sens profond du verset "Voici les comptes du Michkan" (élé pékoudé haMichkan).
Lors de la construction du Michkan, les objets ont été comptés plusieurs fois et fabriqués selon un calcul précis. Néanmoins, la bénédiction divine et la Chékhina demeuraient dans le Michkan, et au contraire, le comptage atteignait un but très élevé.
Il en est ainsi parce que, comme le poursuit le verset : "qui furent comptés sur l'ordre de Moché". Le comptage des objets du Michkan a suscité des bénédictions supplémentaires parce qu'il a été orchestré par Moché, qui s'est attaché à D. et qui a été imprégné de la sainteté divine.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Pékoudé 38,21 ]

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=> Lorsque nous nous concentrons sur la dimension Divine des choses (objet comme personne), nous suscitons des bénédictions sur elles, plutôt que le mauvais œil (ayin ara).

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-> Au sujet du ayin ara : Jalousie et mauvais œil (ayin ara) : https://todahm.com/2018/12/09/jalousie-et-mauvais-oeil

Cohanim – Hachem aime tous les juifs

+++ Cohanim - Hachem aime tous les juifs :

"Aharon portera sur son cœur les noms des Bné Israël (les 12 tribus) sur le 'Hochen Michpat" (Tétsavé 28,29)

=> Il faut se demander pourquoi les noms des tribus ont été inscrits sur le 'Hochen porté par Aharon, alors qu'en général, c'est le mérite de nos Patriarches : Avraham, It'hak et Yaakov, qui est toujours mentionné, plutôt que celui des 12 tribus (voir par exemple : Chémot 2,24 ; 32,13-14 ; Vayikra 26,42).

Bien que nos Sages (guémara Yoma 73b) déduisent que les noms des Patriarches étaient également inscrits sur ces pierres du 'Hochen, la Torah ne le dit pas explicitement. La Torah nous dit seulement que les noms des tribus y ont été gravés.

Ceci peut être expliqué à la lumière de ce qui suit :
En ce qui concerne Aharon, il est dit : "Car D. l'a choisi parmi les Bné Israël" (Tétsavé 28,1).
Généralement, lorsqu'une personne est choisie au sein d'un groupe, il faut dire qu'elle a été sélectionnée en raison d'un amour pour elle, et que les autres sont éconduits. Nous pourrions être enclins à penser que le choix d'Aharon parmi le peuple juif s'est fait dans le même sens.
Pour prévenir une telle pensée, la Torah nous dit que les noms des tribus ont été gravés sur les pierres, afin de prouver que ce n'était pas le cas. Les noms inscrits montrent que D. désire et aime aussi le reste du peuple juif.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Tétsavé 28,29 ]

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Hachem en raison de son amour pour le peuple juif "nous a choisis d'entre toutes les nations" (acher ba'har banou mikol aamim - prière Birkot haTorah) = Il déteste nos ennemis, n'ayant choisi que nous, le peuple juif, qu'il aime.

Néanmoins, en ce qui concerne les Cohanim, qui ont été choisis parmi le peuple juif, la Torah emploie la formulation suivante : Hachem a choisi Aharon et ses enfants "parmi les Bné Israël" (mito'h (מִתּוֹךְ) Bné Israël - Tétsavé 28,1), ce qui signifie que, bien que le Cohen ait été choisi parmi tous les autres juifs pour servir dans le Temple, Hachem continue néanmoins d'aimer le reste du peuple juif.

[en ce qui concerne les nations, le mot utilisé (dans la prière) pour "d'entre" (mikol) signifie littéralement "de tous", ce qui implique que Hachem nous a choisis à l'exclusion de toutes les autres nations.
En revanche, en ce qui concerne les Cohanim, le mot que la Torah utilise pour "d'entre" (mito'h) signifie littéralement juste cela, "d'entre", ce qui implique que, bien que les Cohanim aient été choisis parmi le peuple élu, ce choix n'exclut pas le reste du peuple juif du statut d'avoir également été choisi. ]

Le mot pour "d'entre" (mikol) signifie aussi "de". C'est donc par amour pour nous qu'Il a choisi le Cohen pour Le servir dans le Michkan, afin de réaliser l'expiation pour le peuple juif.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Tétsavé 28,5 ]

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=> Le choix des Cohanim n'implique aucun manque d'amour de la part de D. pour le reste du peuple juif.

[en un sens lorsque nous voyons des personnes qui semblent plus proches, aimés de D., que nous, on ne doit pas venir à désespérer, car la réalité est qu'Hachem aime chaque juif. ]

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-> Selon le Zohar (3:147b), le service Divin de tout Cohen qui n'aime pas son prochain juif, la nation juive, est sans valeur.
[naturellement lorsqu'on a une position plus élevée on a tendance à s'enorgueillir (MOI je suis meilleur, plus important), et en ce sens un juif qui est plus élevé doit davantage se travailler sur l'amour d'autrui (développant l'importance des autres à nos yeux, la notion que tout juif est un enfant d'Hachem toujours aimé par Lui et notre position n'est que par leur mérite pour les aider, ...). ]

Impact de nos avérot & mitsvot dans le monde à Venir

+++ Impact de nos avérot & mitsvot dans le monde à Venir :

"Car je suis Hachem votre D. ; vous vous sanctifierez et vous serez saints, car Je suis saint, et vous ne vous souillerez pas par des reptiles qui rampent sur le sol." (Chémini 11,44)

-> Rachi commente : "De même que je suis saint, car je suis Hachem votre D., vous vous sanctifierez vous-mêmes. Sanctifiez-vous en bas, sanctifiez-vous devant Moi pour que Je vous sanctifie en haut et dans le monde à Venir".

Comment Hachem peut-il rendre une personne sainte dans l'autre monde si elle s'est déjà sanctifiée dans ce monde?
La réponse est que dans ce monde, on ne peut sanctifier que son corps, mais pas son âme (néchama).
Nos Sages (guémara Yoma 39b) nous disent : "Celui qui se purifie un peu sera purifié beaucoup".
Lorsqu'une personne accomplit des mitsvot dans ce monde, elle ne se purifie qu'un peu, car les mitsvot accomplies avec le corps physique ne peuvent purifier l'âme que dans une certaine mesure. Cependant, lorsqu'une personne juste atteint l'autre monde, Hachem la récompense pour ses bonnes actions en purifiant "beaucoup" son âme.

L'inverse est également vrai. Rachi (Chémini 11,43) nous dit : "Si vous vous souillez avec des [créatures impures] sur terre, moi aussi je vous souillerai dans l'autre monde et dans l'académie céleste".
Lorsqu'une personne s'imprègne d'impureté dans ce monde, elle souille son corps physique. Cependant, son âme est transcendante et reste pure.
Cependant, bien qu'une âme soit immunisée contre l'impureté dans ce monde, elle est vulnérable à l'impureté dans le monde à Venir. Lorsqu'un fauteur atteint le monde à Venir sans se repentir de ses fautes, Hachem souille son âme en guise de punition pour ses fautes.
[Maharal - Gour Aryé]

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-> En résumé :
Celui qui est plongé dans l'impureté dans ce monde souille son corps, mais son âme reste pure.
Cependant, lorsqu'il atteindra le monde à Venir, Hachem souillera son âme en guise de punition pour ses fautes.
Inversement, celui qui se purifie dans ce monde verra son âme purifiée par Hachem dans le monde à Venir.

Humilité et place dans le monde à Venir

+++ Humilité et place dans le monde à Venir :

"Tu saleras de sel chacun de tes sacrifices d'offrande, et tu n'oublieras pas le sel de l'alliance de ton D. dans tes offrandes. Vous offrirez du sel pour tous vos sacrifices." (Vayikra 2,13)

-> Rachi commente : "Une alliance a été conclue dès les six jours de la création : les eaux inférieures seraient apportées sur l'autel sous forme de sel [pour les sacrifices] et [sous forme d'eau] pour les libations d'eau".

L'eau est apportée sur l'autel parce qu'elle est la plus humble, et donc la plus spirituelle, des 4 éléments fondateurs du monde (eau, feu, terre et le vent). L'eau est humble parce qu'elle s'écoule toujours vers le point le plus bas.
Les objets humbles sont apportés à Hachem sur l'autel, car l'humilité est synonyme de spiritualité. Les sacrifices montent dans le monde supérieur, qui est un lieu pour les objets spirituels, mais pas pour les objets matériels.

Ce concept s'applique également aux animaux qui sont apportés sur l'autel en guise de sacrifices. Seuls les animaux les plus humbles sont autorisés à être sacrifiés à Hachem. Les animaux les plus humbles sont ceux qui, comme les agneaux ou les chèvres, sont les plus vulnérables aux prédateurs. Ces animaux sont vulnérables et en fuite dans ce monde, et en tant que tels, ils sont plus étroitement liés au monde spirituel.
En revanche, les prédateurs, tels que les lions, les tigres et les oiseaux de proie, sont plus éloignés du monde spirituel et ne méritent pas d'être apportés en sacrifice.

De même, ceux qui sont humbles dans ce monde jouiront d'une plus grande part dans le monde à Venir, tandis que ceux qui jouissent d'une certaine importance dans ce monde trouveront l'autre monde moins hospitalier.
Nos Sages (guémara Pessa'him 50a) nous disent : "L'autre monde est un monde à l'envers, ceux qui sont vus comme importants dans ce monde seront en bas dans l'autre monde".
On ne devient pas important dans ce monde si l'on n'est pas étroitement lié au monde physique/matériel.
Cela démontre qu'on est éloigné du monde spirituel, car le matériel et le spirituel sont opposés et ne peuvent coexister.
Toutefois, si l'importance d'une personne dans ce monde est due à son érudition en matière de Torah, cela ne nuira pas à sa récompense future. Cela s'explique par le fait qu'un érudit de la Torah est intrinsèquement lié au monde spirituel, en dépit de sa importance.
[Maharal - Gour Aryé]

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-> En résumé :
Les choses humbles de ce monde ont une plus grande part de spiritualité et sont donc aptes à être élevées sur l'Autel.
De même, ceux qui sont humbles dans ce monde sont plus spirituels et mériteront une plus grande part dans l'autre monde.

"Il appela Moché, et Hachem lui parla depuis la Tente d'assignation (Ohel Moéd), en disant" (Vaykira 1,1)

-> Rachi commente : "La voix [Divine] a voyagé et est parvenue aux oreilles de Moché, mais le reste d'Israël ne l'a pas entendue".
La voix d'Hachem à la tente de la rencontre était la même que celle entendue par le peuple juif lorsqu'il reçut la Torah. Pourquoi le peuple juif a-t-il pu entendre la voix d'Hachem au Sinaï, mais pas à la Tente d'assignation?

La réponse est qu'Hachem transmet constamment la Torah au monde. Cependant, Sa voix ne peut normalement pas être entendue par des oreilles humaines.
Le don de la Torah a été unique, non pas parce que la voix d'Hachem a retenti dans le monde, mais parce qu'Hachem a ouvert les oreilles de la nation.
Hachem a permis à la nation d'entendre Sa voix diffusant la Torah dans le monde. Après avoir reçu la Torah, Hachem a retiré cette capacité à la nation juive, et elle n'était plus à l'écoute de Sa voix. Cependant, Moché est resté dans le même état, et il a continué à entendre la voix d'Hachem émanant de la tente de la rencontre.

Ce concept est reflété par la bénédiction quotidienne sur la Torah. La bénédiction se termine par les mots : "Béni sois-tu, Hachem, qui donne la Torah". Lorsque nous récitons cette bénédiction, nous affirmons notre foi dans le fait qu'Hachem nous donne continuellement la Torah.
Bien qu'Hachem ait fermé les oreilles de la nation et qu'elle n'ait plus été en mesure d'entendre Sa voix résonner constamment dans le monde, elle peut toujours être entendue par le "Moche" de chaque génération. Les grands hommes de chaque génération sont appelés "Moché" parce qu'ils transmettent la Torah.
La bénédiction se termine par les mots "Béni sois-tu, Hachem, qui donne la Torah", ce qui est reflété par la bénédiction quotidienne sur la Torah.
[Maharal - Gour Aryé]

"Prends avec toi Aharon et ses fils, les vêtements, l'huile d'onction, le taureau pour la faute, les deux béliers et la corbeille de matsot." (Tsav 8,2)

-> Rachi commente : "Hachem donna l'ordre à Moché de prendre Aharon avec lui par de bonnes paroles et de l'attirer [à l'avoda]."
Hachem n'a pas ordonné à Moché de saisir littéralement Aharon et de l'emmener à la Tente d'assignation.
Chaque fois que la Torah utilise ce terme, "ka'h", il s'agit de persuader l'autre personne de venir de son plein gré, sans aucune contrainte. En effet, lorsqu'une personne est contrainte de se rendre d'un endroit à un autre, elle n'est présente que dans son corps, mais pas dans son esprit.
Une telle personne n'est pas vraiment là, car l'identité première d'une personne est son esprit, et non son corps physique. Cependant, lorsqu'une personne vient de son plein gré, elle est présente à la fois dans son corps et dans son esprit, et en tant que telle, elle est vraiment là.

Pourquoi l'esprit est-il la véritable identité d'une personne?
En effet, le corps n'est qu'un vêtement pour l'esprit, comme le dit la Torah : "Tu m'as revêtu de peau et de chair" (Iyov 10,11).
L'essence d'une personne est l'image d'Hachem qui est inhérente à chaque individu, et seul l'esprit peut être à Son image, pas le corps. En effet, une personne sera dépouillée de son corps avant d'entreprendre son voyage vers l'autre monde et sera à la place vêtue de vêtements spirituels créés par les mitsvot qu'elle a accomplies dans ce monde.
Parce que le corps physique est un vêtement temporaire que l'on ne porte que dans ce monde, il ne fait pas vraiment partie de notre identité. Ainsi, prendre une personne physiquement sans la prendre par l'esprit est un acte dénué de sens.
[Maharal - Gour Aryé]

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-> En résumé :
L'identité première d'une personne est son esprit, et non son corps, car le corps n'est rien d'autre que le vêtement de l'âme. Ainsi, emmener de force une personne d'un endroit à un autre ne la rendra pas avec nous en esprit, et donc, elle n'est pas vraiment avec nous.

"Qui peut compter la poussière de Yaakov, nombrer la multitude d'Israël? Puissé-je mourir comme meurent ces justes, et puisse ma fin ressembler à la leur!" (Balak 23,10)

-> Le midrach (Sifri - Haazinou 329) dit : "C'est l'un des endroits où nous trouvons une allusion à la résurrection des morts".

-> Le 'Hafets 'Haïm raconte que Balak avait suggéré à Bil'am de compter les juifs parce que le fait de les compter directement leur attirerait sur eux une plaie (voir Yoma 22b).
Bil'am lui répondit : "Qui a compté la poussière de Yaakov?" = en d'autres termes, il est impossible de les compter, car même lorsqu'ils sont morts et enterrés dans la "poussière" du sol, leur mort n'est pas permanente. C'est comme s'ils dormaient simplement (voir aussi guémara Sotah 21a). Il est donc impossible de les compter et de connaître leur nombre réel.

C'est pour cette raison qu'il conclut : "Que mon âme meure de la mort des hommes droits". Si seulement je méritais une telle mort!" Et que ma fin soit semblable à la sienne, afin que je ressuscite à mon tour.
[Dougma miNimouké Avi - p.49 ]

"Les Bné Israël gémirent du sein de leur travail (min aavoda) et se lamentèrent ; leur plainte monta vers D. du sein de leur travail" (Chémot 2,23)

-> Les Bné Israël ne se sont pas plaints des épreuves physiques qu'ils ont subies en Égypte.
Ils ont compris qu'il s'agissait d'un décret du Ciel et ils l'ont accepté avec amour. Ils ont plutôt crié que leurs travaux éreintants du matin au soir ne leur laissaient pas un seul moment de libre pour servir Hachem.
Au lieu de consacrer leur énergie au service d'Hachem, ils ont été contraints de servir les égyptiens par des travaux inutiles qui n'apportaient aucun bénéfice spirituel.

Cela leur était particulièrement pénible lorsqu'ils comparaient leur propre situation à celle de leurs ancêtres, Avraham, Its'hak et Yaakov, dont la vie entière s'était déroulée au service de l'amour d'Hachem.
Lorsqu'ils comparèrent cela à leur propre service des égyptiens, ils crièrent à Hachem jour et nuit pour mériter de Le servir à leur place.

Hachem entendit leurs supplications et fut submergé par la compassion.
Malgré toutes leurs difficultés physiques et leurs malheurs, leur principale préoccupation était le service d'Hachem. Si telle était leur préoccupation, alors ils étaient certainement dignes de la rédemption.
Bien qu'ils n'aient pas encore accompli les 400 ans qui leur avaient été imposés lors du Brit bein HaBétarim, ils méritaient un plus grand crédit pour les années de servitude qui s'étaient déjà écoulées, étant donné que leurs épreuves étaient si horribles.
[...]

L'épisode qui a réveillé l'amour d'Hachem pour Ses enfants et Son désir de les racheter, c'est lorsque Pharaon est tombé malade, atteint d'une lèpre cutanée, et qu'on lui a conseillé de se baigner dans le sang d'enfants juifs. (voir midrach Chémot rabba 1:34)
Les Bné Israel ont crié d'une voix amère, mais Hachem a vu qu'en dépit de toutes leurs terribles épreuves, leur plus grande demande était de pouvoir Le servir.
C'est pourquoi le verset nous dit qu'ils ont crié "au sein de leur travail" (min aavoda). Cela ne se réfère pas à leur travail d'esclave auprès des égyptiens. Il s'agit plutôt du travail (aavoda), le travail le plus important de l'existence, qui est le service d'Hachem.
Ils s'écrièrent dans leurs prières : "Si seulement nous pouvions déployer le même effort que celui avec lequel nous servons les égyptiens, et servir Hachem à la place!"

Nous pouvons maintenant comprendre pourquoi le verset utilise tant de mots différents pour exprimer les cris de Bei Israël. Ce n'est qu'après avoir crié à Hachem (ils gémirent - וַיֵּאָנְחוּ) à cause du travail (de leur désir de Le servir), qu'ils ont crié (lamentèrent - וַיִּזְעָקוּ) à cause des tortures qu'ils ont endurées.
Le verset ajoute ensuite que leurs cris (leur plainte - שַׁוְעָתָם) sont montés jusqu'à Hachem.
Bien qu'ils aient également pleuré leurs difficultés physiques, ce sont leurs prières pour pouvoir servir Hachem qui ont entraîné leur rédemption.
[...]

Ainsi, les Bné Israel ont été délivrés avant le temps fixé, grâce à leurs prières sincères pour pouvoir mettre les efforts au travail du service d'Hachem.

C'est aussi ce mérite par lequel nous avons mérité de recevoir la Torah ...
Le Zohar (I,27a) explique que les durs labeurs des Bné Israël en Egypte symbolisent nos labeurs dans l'étude de la Torah :
"Ils ont aigri leur vie par un dur labeur" (Chémot 1,14) = cela fait référence au Talmud.
"Avec du mortier ('homer)" = cela fait référence au kal va'homer (le processus logique par lequel les idées talmudiques sont développées).
"Avec des briques (liv'énim)" = cela fait référence à la clarification (livoun) des halakhot.
"Et avec toutes les formes de travail sur le terrain" = cela fait référence à la braïta (les enseignements de nos Sages au temps de la Michna, que Rabbi Yéhouda haNassi a choisi de ne pas incorporer dans les 6 ordres de la Michna Le Talmud les cite souvent. ).

Que signifie ce parallèle entre le travail d'esclave des Bné Israël en Egypte et le labeur de l'étude de la Torah?
D'après ce que nous avons expliqué précédemment, cela est bien compris. Alors que les Bné Israel accomplissaient leurs pénibles travaux [d'esclaves] en Égypte, ils priaient pour mériter d'appliquer le même effort à l'étude de la Torah, au service d'Hachem.
Hachem entendit leurs prières et leur accorda la Torah, ainsi que la Michna et le Talmud, qui exigent un effort extraordinaire pour être compris correctement.
[ rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bigdé Hasrad ]

"Et le feu de l'autel brûlera dessus (l'autel). Et le Cohen se vêtira d'habit de lin ..." (Tsav 6,2-3)

-> "Et le feu de l'autel brûlera" (vé'éch amizbéa'h tokad bo) :
La Torah nous apprend [que lorsque la guéoula arrivera], la colère de D. s'enflammera et consumera tous ceux qui ont fait souffrir et éprouvé le peuple d'Israël.
... Le feu de l'autel rappelle les souffrances que les nations nous ont fait subir. De ce même feu, le Maître suprême (Hachem) qui est caché de tous, s'habillera de vengeance et vengera Son peuple.

-> "Et le Cohen se vêtira d'habits de lin" :
Le Cohen symbolise la bonté et la miséricorde. On nous apprend ainsi que même ces qualités qui représente habituellement le bien elles seront d'accord qu'il faut venger les souffrances que les nations ont fait subir au peuple juif.

[Ohr ha'Haïm haKadoch ]

L’importance de faire les mitsvot avec feu

+++ L'importance de faire les mitsvot avec feu :

"Ce sera un demi-shékel" (ma'hatsit ha'shékel - Ki Tissa 30,13).

-> Rachi (Ki Tissa 30,13) explique que Hachem montra une pièce de feu et dit à Moché que c'est ce que le peuple juif doit donner.
[selon nos Sages, le feu renvoie au fait que nous devons donner à la tsédaka avec le feu du coeur et de la dévotion. ]

-> Chacune des 4 lettres du nom d'Hachem (יהוה) correspond à l'un des 4 éléments : le feu, l'air, l'eau et la terre.
Le youd, la plus haute et la plus spirituelle des lettres, correspond au feu. D'où l'importance de donner les shékalim (qui correspondent au youd du nom d'Hachem) avec tout le feu de notre cœur.

Imaginez une statue imposante représentant des soldats victorieux à cheval au centre d'une place de la ville. Autour de cette statue se trouvent des personnes à l'allure beaucoup moins puissante, mais qui ont également des yeux, des oreilles, un nez et une bouche. Quelle est la différence entre les soldats de la statue et les personnes qui l'entourent?
La statue est une matière morte, terrestre, alors que les personnes vivantes ont le sang réchauffé par l'élément du feu qui pompe dans leur corps.

De même, il y a des pièces de monnaie dont le contenu est un simple métal solide et terrestre, et il y a des pièces de monnaie qui contiennent du feu ; elles sont vivantes, puissantes et dynamiques.

Pour le Michkan, Hachem a demandé à chaque juif un demi-shékel d'argent pour les adanim, les socles qui soutiennent les murs.
De plus, chaque année, chacun devait donner un demi-shékel pour les korbanot (sacrifices).

Mais une unité d'argent peut contenir plus ou moins que la quantité habituelle. Par exemple, nos Sages enseignent que si une personne donne de la tsédaka avec une générosité débordante, une bénédiction sera ajoutée à cet argent : "L'argent d'une personne qui a un bon œil sera béni lorsqu'elle donnera de son pain aux pauvres" (Michlé 22,9).
À l'inverse, la guémara (Sotah 38b) met en garde de ne faut pas accepter d'argent d'une personne avare, car son argent est vide de sainteté et n'apporte pas de bénédiction.

Le peuple juif a donné ses shekalim pour le Michkan, ils étaient animés d'un amour immense pour Hachem. Ainsi, leur argent, contrairement à une statue, était vivant.
Il portait la vitalité d'un amour ardent pour Hachem.

-> Nos Sages font remarque que "Shékel" (שקל) a la même guématria que "néfech" (נפש) soit 430, mettant en avant le composant principal que Hachem veut avec notre argent (on doit y mettre notre âme, avec un feu de joie de faire la volonté de D.).

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-> Un pauvre homme frappe à la porte et nous lui donnons une pièce, un morceau de papier (billet de 5,10, ... euros).
Même si on a donné 1 pièce d'un euro, et bien donner cet euro est une mitsva. Si l'acte est accompli avec feu, avec l'amour d'Hachem, cet euro monte au ciel.

Il s'élève d'abord au plan spirituel de l'Assiya, le plus bas des mondes spirituels d'où émerge notre monde matériel.
Il s'élève alors jusqu'au Yétsira, le plan spirituel de l'émotion, où se trouvent les anges. Il monte alors encore plus haut, jusqu'à Beria, le niveau où se trouve le Trône de Gloire d'Hachem (le Kissé HaKavod).

Si cette pièce a été donnée avec un amour d'Hachem absolument pur, alors elle s'élève encore davantage, jusqu'au plus haut des mondes spirituels : l'Atsilout, où il n'y a que la lumière d'Hachem Lui-même. [c'est trop élevé pour les Créatures Célestes, et il n'y a pas de niveau plus élevé spirituel que celui là. ]

Au fur et à mesure que cette pièce s'élève, sa valeur augmente. Dans chaque monde, l'euro est décuplé.
Lorsqu'il atteint l'Atsilout, il ne vaut ni un euro, ni 10 euros, ni même un million d'euro ; sa valeur est infinie.

[ Même si dans ce monde cela semble être uniquement qu'une "petite" pièce d'un euro, notre feu d'amour lui a donné la force de traverser tous les mondes supérieurs jusqu'au sommet, jusqu'à Hachem, qui conserve précieusement le feu de ces euros/shékalim, et nous bénéficions à jamais de leur mérite.
(selon nos Sages, l'essentiel n'est pas la mitsva que nous faisons, mais plutôt la joie, les sentiments envers Hachem que nous avons en la faisant. En ce sens, ce qui rendait magnifique/important un simple demi-shékel était le sublime feu ardent autour. ) ]

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+ Pourquoi les shékalim d'Haman ont échoué? :

-> Lorsque Mordé'haï informa Esther du décret dévastateur de destruction contre les juifs, il lui parle également du "parachat akessef" (l'interprétation de l'argent - Esther 4,7) qu'Haman a donné à A'hachvéroch.
A priori, personne n'a besoin que quelqu'un interprète pour eux le sens de l'argent. Qu'y a-t-il dans l'argent de Haman qui nécessite une explication?

Haman a distribué une énorme somme d'argent pour avoir le droit d'anéantir les juifs, 10 000 kikar d'argent.
Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach - drouch 15) précise que cet argent était destiné à la charité.
Haman voulait ainsi non seulement acheter le roi terrestre, mais aussi le roi céleste.

C'est pourquoi la guémara (Méguila 13b) nous dit : "[Puisque] Haman allait mesurer des shékalim contre Israël. Par conséquent, Hachem a fait précéder les shékalim (des juifs) aux shékalim [d'Haman]."

Les Tossafot expliquent qu'Haman voulait neutraliser le mérite des shékalim donnés par la génération du désert (dor hamidbar). Chacun des 600 000 juifs avait donné un demi-shékel, soit un total pour tout le peuple juif de 100 kikar, à partir desquels les adanim (socles) du Michkan ont été formés.
Haman donna 100 fois plus, soit 10 000 kikar. Pour cela?

En effet, Haman comprit que la valeur des shékalim juifs augmentait au fur et à mesure qu'ils s'élevaient vers le Ciel. Il a supposé que dans le monde d'Assiya, chaque shékel conservait sa valeur à un chiffre, qu'à Yétsira, elle était multipliée par dix, et qu'à la Beria, elle était multipliée par cent.
Il était déterminé à les rencontrer dans la beria en donnant 100 fois la quantité de shékalim qu'ils ont fait.

Mais Haman ne pouvait pas comprendre la pureté du cœur d'un juif.
Il n'a pas réalisé qu'un juif est enraciné dans le plus élevé des niveaux spirituels, l'Atsilout, dans Elokout (la Divinité) lui-même.
[l'âme de tout juif provient de l'intériorité d'Hachem, de sous le Trône de Gloie, dans la plus haute réalité spirituelle qui existe l'Atsilout, à la différence des non-juifs qui ont une âme provenant d'un niveau plus bas, de l'extériorité d'Hachem. ]
Hachem dit à Haman : "leurs shekalim ont déjà précédé (ikdimou) les vôtres!" (voir Yérouchalmi Méguila 1:5)
Leurs shékalim sont avant les vôtres, ils s'élèvent à un monde plus élevé que les vôtres ne pourront jamais le faire. Leur valeur n'est pas multipliée par 10 ou par100, mais à l'infinie.
Vous donnez du métal froid, avec un cœur cruel, pour détruire une nation. Ils donnent des pièces de feu.

[même Moché a eu besoin qu'Hachem lui montre la pièce en feu, pour réaliser à quel point chaque juif peut par le feu qu'il met dans la mitsva accomplir quelque chose d'inimaginable, d'une valeur infinie : atteindre là où seul peut être D. et Le rendre fier de nous. ]