Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

+ "Lé'h Lé'ha" = Hachem ordonne à Avraham de quitter son lieu de naissance et de se rendre en Terre Sainte (Lé'h Lé'ha 12,1).
Hachem dit à son fidèle serviteur : Ne pense pas que tu es la même personne autre part qu'en Terre sainte [d'Israël]. Ailleurs, tu n'es pas complet, car tu n'es pas relié à ta racine, qui s'attache à D.
Mais lorsque tu vas sur la Terre [d'Israël], tu vas vers ta racine, vers ton toi-même (Alchikh haKadoch).

De même, Hachem dit aux juifs en exil : "Lève-toi, mon amour, et va vers toi-même" (Chir haChirim 2,10) = lève-toi et quitte ces terres impures, et va vers ta racine en Terre sainte.
[Ben Ich 'Haï - Even Chéléma ]

Quand Hachem s'adresse à Moché, il lui dit : "Moi aussi, J'ai entendu le cri des Bné Israël" (Vaéra 6,5)

=> Pourquoi Hachem a-t-il dit qu'Il avait "aussi" entendu les cris de Son peuple? Qui d'autre que Lui a entendu ces cris?

-> Le 'Hatam Sofer dit que cela signifie que chaque juif a entendu les cris de son prochain, et que leur cœur est devenu tellement lourd de la douleur qu'avaient les autres aussi, et pas seulement pour eux-mêmes.
C'est alors qu'Hachem dit : "Moi aussi, J'ai entendu" = Je veux entendre, Moi aussi, les souffrances que chacun d'entre vous a entendues de son prochain, et ce sera le levier de votre délivrance.
Cette compassion a abouti à la fin de ce verset, à la promesse d'Hachem : "vaézkor ét bériti" (Je me souviendrais de Mon alliance [avec eux]).

-> Un fois le 'Hatam Sofer dit sur " Moi aussi, J'ai entendu la plainte des Bné Israël" = celui qui cherche un bon conseil, afin de solliciter l'aide de D., doit aider les autres précisément à ce moment-là, quand il est en difficulté. C'est alors qu'il méritera que D. lui vienne en aide et le délivre de ses maux.

-> Le Pné Ména'hem voyait parfois des tsadikim décédés dans ses rêves. Une nuit, alors qu'il dormait, il rencontra en rêve son oncle, le rav Ména'hem Mendel de Pabinetz, qui avait été tué par les nazis.
Le Pné Ména'hem demanda : "Mon oncle, comment se fait-il qu'il y ait aujourd'hui, tant de maladies, de souffrances et d'épreuves, comme il n'y en a jamais eu auparavant. Comment cela se fait-il?"

Dans son rêve, le rav Pabinetzer répondit à la question de son neveu : "Il fut un temps où à une tragédie personnelle, qu'un juif qui souffrait, cela signifiait que tout le village (shtiebel) le ressentait aussi, les voisins portant le fardeau avec celui qui souffrait. Les gens étaient liés les uns aux autres d'une manière très profonde, chacun ressentant les coups portés par ses amis.
Et lorsqu'un décret amer était décrété contre quelqu'un, il était épargné, car même s'il méritait ce coup, les autres, ceux qui pleuraient avec lui, ne le méritaient pas.

Mais aujourd'hui, conclut le Rav Pabinetzer, les gens ne se sentent plus concernés par le souffrances des autres comme ils l'étaient autrefois, et ce mérite a donc été supprimé.

En conduisant Yaakov en Egypte, Hachem lui promet : "[Moi-même] Je descendrai avec toi en Egypte, et [Moi-même] Je te ramènerai aussi (véanokhi aalé'ha gam alo)" (Vayigach 46,4).

-> Le Sfat Emet se demande ce que l'ajout du mot "gam" (aussi - גַם) ajoute. Pourquoi ne suffit-il pas de dire "Je [Moi-même] descendrai avec toi et Je [Moi] te ramènerai"?

Il explique que le mot גַם indique toujours une augmentation ou une expansion. Hachem assurait à Yaakov que le séjour en Egypte ajouterait des dimensions à la grandeur de Ses enfants, car personne ne traverse une période difficile sans acquérir de nouvelles forces, et il n'y a pas de souffrance qui ne s'accompagne pas de croissance.
Ils descendront et reviendront encore plus grands qu'ils ne sont descendus.

[à combien plus forte raison cela s'applique à notre si long exil actuel!
En racontant le récit de la sortie d'Egypte, cela nous renvoie à notre exil, et nous avons alors beaucoup d'espoirs à l'idée des sublimes richesses spirituelles et des grandes choses que nous fera Hachem, très prochainement. Amen! ]

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+ "[Lors de la plaie de l'obscurité,] pour tous les Bné Israël, il y avait de la lumière dans leurs maisons" (Bo 10,23).

-> "Même l'obscurité n'obscurcira rien de Toi" (gam 'hochékh lo ya'hchikh mimé'ha - Téhilim 139,12).
Le 'Hidouché haRim explique cela comme signifiant : "Même les ténèbres (nos difficultés) n'obscurcissent rien, car elles proviennent "de Toi" (mimekha). C'est pourquoi elles sont aussi une lumière."

=> Pour un juif, une période sombre est une opportunité de croissance, de connexion avec le Créateur, de découverte de nouvelles forces internes, et c'est pourquoi elle contient aussi de la lumière.
Dans le monde, il peut y avoir de l'obscurité, mais pour les Bné Israël, il y a toujours de la lumière.

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-> Le Imré Emet explique ce verset à sa manière, en commentant que lorsqu'une personne peut "voir" une autre personne, en ayant un bon oeil "ayin tov" et en se réjouissant des succès et de la bonne réussite de son ami, alors cela crée de la lumière dans leurs habitations.

Le mois de Nissan

+ Le mois de Nissan :

-> "Ce mois [Nissan] est pour vous la tête des mois ; c'est pour vous le premier des mois de l'année" (Bo 12,2).
-> "Vous sortez aujourd'hui, au mois du printemps" (Bo 13,4).

-> Lorsque Hachem a choisi Son monde, il y a établi un système de mois et d'années. Et lorsqu'Il a choisi Yaakov et ses fils, Il a établi pour eux que la tête des mois (sera celui où aura lieu) la rédemption.
En effet, c'est au cours du mois de Nissan que Israël a été racheté d'Egypte, et c'est au cours de ce mois qu'ils seront rachetés à l'avenir. Comme il est dit : "Comme à l'époque de votre sortie du pays d'Egypte, je ferai des prodiges" (Mi'ha 7,15).
C'est au cours de ce mois que naquit Its'hak, qu'il fut attaché (sur l'autel - Akéda) et que Yaakov reçut les bénédictions.
Et c'est au cours de ce mois qu'Hachem a indiqué à Israël qu'il serait le premier mois de leur salut (à l'avenir), comme il est dit : "C'est le premier (mois) pour vous, pour les mois de l'année" (Bo 12,2).
[midrach Béréchit rabba 15,11]

-> C'est à partir de Roch 'Hodech Nissan que la géoula (rédemption) avait déjà commencé.
[Rachbam]

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-> "Ce mois [Nissan] est pour vous (a'hodéch azé la'hem) la tête des mois (roch 'hodachim) ; c'est pour vous le premier des mois de l'année" (Bo 12,2).

Le terme roch (רֹאשׁ - généralement traduit par "tête") peut ici être compris comme "premier" ou "choisi", comme dans le verset : "ka'h lé'ha samim roch" (tu prendras des aromates de premier choix - Ki Tissa 30,23).
En spécifiant que le mois est la'hém (לָכֶם - pour vous), le verset signifie que c'est seulement pour Israël que Nissan est un mois de premier ordre.
La déclaration de nos Sages (gémara Roch Hachana 10b) va dans le même sens : "en Nissan, ils (les juifs) furent délivrés (la sortie d’Egypte), et en Nissan ils le seront également dans l’avenir (la Délivrance finale). Ce mois est destiné à l'ascension et au bénéfice d'Israël.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

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-> "Ce mois [Nissan] est pour vous la tête des mois (roch 'hodachim) ; c'est pour vous le premier des mois de l'année" (Bo 12,2).

-> Ce mois est une période particulièrement efficace pour rectifier sa roch (tête), c'est-à-dire pour purifier son esprit et son intellect.
Même si la tête (roch) d'une personne peut être rempli de toutes sortes de pensées inappropriées, d'une nature basse et impure ou même de tendances potentiellement hérétiques, il est possible pour une personne de se renouveler à cette époque et de purger son esprit de telles pensées.
Et cette résolution et renouvellement peuvent affecter positivement tout le reste de l'année, comme conclue le verset : "c'est pour vous le premier des mois de l'année" [tellement ce mois peut impacter le restant de l'année!].
[Beit Avraham]

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-> "Ce mois [Nissan] est pour vous la tête des mois (roch 'hodachim) ; c'est pour vous le premier des mois de l'année" (Bo 12,2).

-> Il y a en fait 2 mois de l'année qui sont des périodes de jugement divin.
On peut comparer cette situation à celle d'un roi qui examine périodiquement le courage et la loyauté de son royaume. Parfois, il les teste pour voir s'ils aiment leur roi ; parfois, il les teste pour voir si leur amour s'étend à sa descendance.
Le jugement divin opère de la même manière. Au cours du mois de Tichri, Hachem juge le monde pour déterminer s'ils L'aiment et Le craignent. Mais pendant le mois de Nissan, Il cherche à déterminer s'ils aiment Son peuple, le peuple juif.
C'est pour cette raison que la défaite de Pharaon s'est produite en ce mois. Il avait manifestement maltraité les enfants d'Hachem, et c'est au cours de Nissan, lorsque Hachem juge le monde sur cette question précise, qu'il a connu sa chute.
Le verset fait allusion à cet état de fait : "a'hodech azé la'hem" (Ce mois [Nissan] est pour vous) = c'est surtout au cours de ce mois qu'Hachem juge et agit en votre faveur (pour vous - la'hem - לָכֶם).
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi]

[ => quel enseignement : chaque juif a tellement d'importance aux yeux d'Hachem, qu'au mois de Nissan le monde entier est jugé sur son amour envers les juifs, les enfants adorés d'Hachem.
Combien le mois de Nissan doit nous redonner de l'espoir en nous, de la confiance en nos capacités et en notre relation privilégiée avec Hachem, et que nous n'avons rien à craindre, mais plutôt tout à espérer pour le meilleur! ]

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-> "Ce mois [Nissan] est pour vous la tête des mois ; c'est pour vous le premier des mois de l'année" (Bo 12,2).

-> Dans le moussaf de Roch 'Hodech, nous décrivons Roch 'Hodech comme un temps de : "téchout nafcham miyad choné" (le salut de leur âme de la main de l'ennemi).
Le Yessod ha'Avoda interprète cela au sens spirituel, faisant référence à l'assistance divine pour vaincre le yetser ara, le plus grand "ennemi de l'âme".
Bien que Roch 'Hodech se réfère au premier jour du nouveau mois, nos Sages nous enseignent que la totalité de Nissan est considérée comme un Roch 'Hodech d'une durée d'un mois (chaque jour de ce mois est comme un jour de roch 'hodech). C'est ce qu'indique le verset qui se réfère à Nissan en ces termes : "a'hodech azé la'hem roch 'hodachim" = ce mois est pour vous comme un Rosh 'Hodech.
Ainsi, cet aspect de la victoire sur le yétser ara est une caractéristique prédominante de l'ensemble du mois de Nissan, qui est, au sens littéral (et comme nous le récitons dans la Haggadah), une période de "notre délivrance et la rédemption de nos âmes" (géoulaténou oufdout nafchénou).
[ainsi en Nissan chaque jour est comme un jour de roch 'hodech, et donc nous avons chaque jour une aide d'Hachem pour vaincre notre yétser ara (notre grand ennemi de l'âme), et grâce à cela nous pouvons délivrer nos âmes et devenir des personnes libres (des chaînes dont nous attachent le yétser ara le restant de l'année). Ainsi, c'est vraiment le moment de notre délivrance personnelle! ]
[Birkat Avraham]

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-> "c'est pour vous le premier des mois de l'année" (richon ou la'hem - Bo 12,2).

-> Selon le midrash, le mot : richon (רִאשׁוֹן - littéralement : premier) peut être compris comme se référant, pour ainsi dire, à Hachem lui-même. [ce qui est premier à toute chose c'est Hachem]
Ainsi, le verset peut être lu ainsi : "Rishon Hou la'hem" = (si l'on peut dire), Hachem est pour vous, car Il se rend encore plus disponible pour tout juif au cours de ce mois exceptionnellement élevé.
[Birkat Avraham]

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-> "c'est pour vous le premier des mois de l'année" (richon ou la'hem - Bo 12,2).

-> La littérature kabbalistique regorge de références à la notion d'itarouta, les "réveils" divins, qui se présentent sous deux formes :

- Un réveil par le bas, s'effectue à travers les actions de chaque individu. C'est-à-dire qu'en tant que résidents des sphères inférieures, nous prenons nous-mêmes des mesures qui catalysent une stimulaiton et un "réveil de l'inspiration divine".
C'est ce que décrit le verset : "Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi" (Ani léDodi, véDodi li - אֲנִי לְדוֹדִי וְדוֹדִי לִי - Chir haChirim 6,3). Ici, c'est par l'initiative humaine que l'on se rapproche d'Hachem, notre "Bien-aimé". Cette forme d'avoda (service) est du ressort du mois de אלול (Elloul), dont le nom est un acrostiche de : אֲנִי לְדוֹדִי וְדוֹדִי לִי

- le mois de Nissan, quant à lui, se caractérise par un réveil d'en haut.
Cette forme de réveil (itarouta) a son point de départ entièrement dans les cieux ; dans un geste de pure magnanimité (indépendant de nos mérites, actes), Hachem fait descendre d'en haut un éveil de lumière et d'assistance.
Dans ce cas, c'est le "Bien-aimé" qui initie le processus, comme l'indique le verset : "Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à mon bien-aimé (odi li, vaani lo - דּוֹדִי לִי וַאֲנִי לוֹ - Chir haChirim 2,16).
Mais cela ne s'applique qu'à l'"éveil" initial ; après avoir reçu ce don, un juif doit prendre certaines mesures de son propre chef pour maintenir un tel lien. C'est ce à quoi fait allusion le verset : "richon ou la'hém" = même pendant Nissan, ce n'est que "dans un premier temps" (richon) qu'Hachem vous accorde la'hém, un bienfait spirituel sous la forme d'un réveil d'en haut.
Par conséquent, il faut se mettre en mouvement et s'efforcer d'obtenir un réveil par le bas.
[Torat Avot - citant le Saba Kadicha de Slonim]

[par amour Hachem nous donne en Nissan de l'impulsion d'en-Haut, et à nous ensuite de l'utiliser pour générer des éveils de bonnes choses du Ciel suite à nos actions. ]

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-> Nissan est un mois au cours duquel des yéchout (délivrances) sont "prêtées" au peuple juif.
En d'autres termes, Hachem peut accorder le salut même à quelqu'un qui n'a pas suffisamment de mérite par lui-même, comme ce fut le cas pour la sortie d'Egypte.
[le rav d'Apt (Ohev Israël)]

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-> Il est dit dans le Zéra Kodech que le mois de Nissan (ניסן - gematria de 170) a la même guématria que dix fois le mot "tov" (bien - טוב est égal à 17, et multiplié par 10 on a : 170).
Cela signifie que ce mois a une force complète de tov (car le nombre dix représente un tout, une totalité).

L'inauguration du Michkan a eu lieu dans ce mois, ce qui fait allusion au fait que dans ce mois spécial, on peut atteindre le vrai et complet tov.
C'est la raison pour laquelle il est interdit de jeûner au cours de ce mois, car Nissan est plein de sainteté, et il est même interdit de jeûner après Yom Tov au cours de ce mois.
[Arougat Habossem ]

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-> La guémara (Roch Hachana 10b) fait état d'un différend concernant la date de la future rédemption. Selon Rabbi Eliezer, la géoula aura lieu en Tichri, tandis que selon Rabbi Yéhochoua, elle aura lieu en Nissan (comme la géoula originale à l'époque de la sortie d'Egypte).

Nous pouvons comprendre le différend de la manière suivante : Tous sont d'accord pour dire que Tichri, le mois contenant les jours de jugement des Yamim Nora'im, est une période marquée par l'attribut de michpat (jugement), tandis que Nissan est un mois de ra'hamim v'hessed (miséricorde et bonté divines).
Le problème tourne autour de la question de la valeur des juifs. Selon Rabbi Eliezer, les juifs doivent être jugés dignes afin de mériter la rédemption future.
Ils y parviendront en fait et seront jugés favorablement au moment du jugement. Ainsi, la géoula arrivera au cours du mois de Tichri.

En revanche, s'ils sont jugés indignes, il ne sera pas possible de les racheter. Rabbi Yéhochoua adopte l'approche opposée. Même si les juifs n'avaient pas suffisamment de mérite, Hachem les rachèterait néanmoins dans un acte de bonté et de bienveillance divines.
C'est pourquoi, selon lui, la guéoula aura lieu pendant le mois de Nissan, un mois marqué par une augmentation de miséricorde et bonté divines.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Chémot 5,22 ; 6,1]

[cela met en avant à quel point le mois de Nissan est une période positive, pleins d'aide et de bénédictions gratuites que D. nous donne.]

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Au Séder de Pessa’h, le fils demande : "Pourquoi cette nuit est-elle différente?" (ma nichtana - guémara Pessa’him 116a)
Pourquoi le fils pose-t-il cette question spécifiquement à Pessa’h, et non à Souccot?

[en effet, la nuit de Pessa'h et la nuit de Souccot célèbrent toutes deux des aspects de la sortie d'Egypte, et à chaque fois, nous nous comportons très différemment des nuits ordinaires de l'année : à Pessa'h, nous avons le Séder avec tout ce qu'il implique, et à Souccot, nous quittons notre maison pour habiter dans une structure temporaire.
Apparemment, la question "Pourquoi cette nuit est-elle différente?" (ma nichtana alaïla azé) est tout aussi valable dans les deux cas.

Pour y répondre, nous devons commencer par expliquer le débat suivant :
Le principe sous-jacent est le suivant : Dans le Talmud, 6) un Sage soutient que

Selon un avis, le monde a été créé en Nissan, tandis qu'un autre soutient qu'il a été créé en Tichri. (guémara Pessa'him 118a)
Hachem gère le monde de 2 manières.
La première est due à Sa bonté et à Son immense miséricorde.
La seconde est due à la fierté qu'Il éprouve à l'égard du peuple juif. Puisqu'Il est fier de Sa nation Israël, Il répond à leurs souhaits et leur accorde toutes les faveurs que les juifs demandent.

[ces 2 modes correspondent généralement à la conduite du monde par Dieu selon les lois de la nature qu'Il a établies au moment de la Création, et à la forme de conduite miraculeuse qui résulte de Sa relation avec le peuple juif. Ainsi, nos Sages affirment que, jusqu'à ce que la Torah soit donnée, le monde n'était nourri que par la bienfaisance de D. ]

Ce dernier mode est évoqué dans le verset : "Alors Moché chanta ... ce chant à D." (az yachir Moché - Béchala'h 15,1). Le verset implique que le même chant chanté par le peuple juif a ensuite été chanté et récité par Hachem. En effet, lorsque Hachem dirige le monde en raison de la fierté qu'il éprouve à l'égard du peuple juif, il exauce ses souhaits et ses désirs. Tout ce que le peuple juif dit devoir se produire, D. le dit également.

Ces 2 façons dont Hachem conduit le monde correspondent aux 2 opinions mentionnées plus haut dans la guémara. L'une des opinions est que le monde a été créé en Nissan (naissance du peuple juif, suite à sa sortie d'Egypte), parce que c'est en Nissan que D. gère le monde en raison de la fierté qu'Il éprouve pour le peuple juif. C'est pourquoi, au cours de ce mois, de nombreux miracles et merveilles ont été accomplis pour le peuple juif.
La seconde opinion est que le monde a été créé en Tichri (lors de la Création, l'être humain en général a été créé début Tichri), en référence à l'ordre naturel avec lequel D. dirige généralement le monde, une manière de bonté extraordinaire.

Cela fait allusion à la raison pour laquelle le fils pose ces questions spécifiquement à Pessah, parce qu'en vérité, lorsque Hachem dirige Son monde en raison de Sa fierté à l'égard du peuple juif, c'est comme s'Il se restreignait à la mesure de leur service, ce qui Lui procure une grande joie et c'est pour cette raison qu'Il satisfait leurs besoins et leurs désirs.
Cette dynamique est analogue à celle d'un fils posant une question à son père ; l'intellect du père dépasse de loin celui du fils, mais en raison de l'immense amour du père pour son fils, le père condense et simplifie ses pensées afin de répondre à la question du fils.
Ce comportement est parallèle à la dynamique décrite plus haut, par laquelle D. se limite aux attributs d'Israël, s'en enorgueillit et accomplit leur volonté.

[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Pessa'h ]

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+ Révéler le but de la Création :

-> La guémara (Roch Hachana 10b) fait état de 2 opinions quant à la date de création du monde. Un sage déclare qu'il a été créé en Nissan, tandis que l'autre affirme qu'il a été créé en Tichri.

En réalité, il n'y a pas de désaccord. L'analogie suivante permet de le comprendre.
Lorsqu'une personne fabrique quelque chose, il y a 2 aspects à ce qu'elle a fait.
Le premier est l'objet qui a été fabriqué ; le second est la raison pour laquelle elle l'a fabriqué.
Il en va de même lorsque D. a créé le monde. Cependant, lorsque Hachem, a créé le monde, la raison pour laquelle il l'a fait n'était pas encore évidente.
La vérité est que le but principal de la création du monde était qu'Il jouisse de Son monde par l'intermédiaire du peuple juif, qu'il obéisse à sa volonté, qu'il reconnaisse sa grandeur et qu'il comprenne qu'il a tout créé pour sa gloire. Mais lorsque le monde a été créé pour la première fois, la raison de Sa création était cachée.

Il en fut ainsi jusqu'à Nissan, lorsque le peuple juif quitta l'Egypte et que chacun vit qu'Il est D., le Seigneur du monde. Chacun a alors compris que D. a créé tous les mondes et qu'il est le seul à mériter d'être servi.
En conséquence, c'est à Nissan qu'a été révélé le motif de la création du monde, à savoir la révélation de la divinité dans le monde.

[il n'y a donc pas d'argument entre ces 2 Sages : Rabbi Eliezer, qui soutient que le monde a été créé à Tishri, se réfère à l'époque de la Création. Rabbi Yéhochoua, qui soutient que le monde a été créé en Nissan, fait référence à l'objectif de la création, qui était de libérer le peuple juif de l'esclavage pour le préparer à servir Dieu sur le mont Sinaï. ]
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Pessa'h ]

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-> Une chose remarquable se produit au cours de la période de 30 jours qui précède Pessah. Dans Son infinie bonté, Hachem prépare Sa nation à cette occasion capitale et sacrée au cours de cette période.
Il extrait leurs âmes, petit à petit, des chambres de l'impureté (hé'halot hatouma).
Cela se produit chaque jour d'un degré, une partie sur trente, de sorte que, le soir de l'éradication du 'hamets (levain), c'est-à-dire la nuit précédant Pessah, même les pécheurs ne se trouvent plus qu'à la "périphérie" de ces 'chambres de l'impureté'.
Puis, lorsque la nuit de Pessah arrive enfin, ils sont complètement débarrassés de l'impureté et sont complètement libérés, devenant des hommes libres (bné 'horin).
[rabbi Avraham Azoulai - 'Hessed léAvraham]

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-> "Ce mois [Nissan] est pour vous la tête des mois" (Bo 12,2).

-> Au sujet de la vision en rêve de l'échelle de Yaakov, il est écrit : "et voici qu'une échelle se tient sur la terre, et son sommet atteignait les cieux ... et voici qu'Hachem se tenait dessus" (véiné soulam moutsav artsa vérocho maguia achamayéma ... véiné Hachem nitsav alav - Vayétsé 28,12-13)
Le Nésivot Shalom (Torat Avot) affirme que cette vision reflète les 2 façons différentes par lesquelles Hachem conduit les affaires de l'humanité.
Le "et voici qu'une échelle se tient sur la terre" = cela fait référence à la conduite "naturelle" du monde.
La Torah y fait allusion en parlant de la terre : "soulam moutsav artsa" = "l'échelle qui se tient sur la terre". Déterminé par le jugement annuel de Roch Hachana, Hachem établit l'ordre et le plan qui dicteront les affaires de chaque individu tout au long de l'année, ainsi que la mesure de la shéfa (émanation de bénédiction) qui lui parviendra d'en haut.
La mention dans le verset de "Hachem nitsav alav" (Hachem se tient dessus) = reflète l'autre forme de conduite Divine, celle qui transcende tout autre calcul ou plan naturel. Ce mode de conduite est laissé entièrement entre les mains d'Hachem seul.

Rabbi Eliézer dit : "le monde a été créé en Tichri" ... Rabbi Yéhochoua dit : "Le monde a été créé en Nissan" (guémara Roch Hachana 10b).
Bien qu'il s'agisse de 2 opinions, il est possible de se baser sur les deux, comme l'affirment nos Sages (guémara Guittin 6b) : "Ceux-ci et ceux-là sont les paroles du D. vivant" (élou véélou divré Elokim 'haïm én).
Ainsi, Roch Hachana (en Tichri) représente le renouveau du monde et l'établissement, pour cette année, de l'ordre naturel, un temps de "voici qu'une échelle se tient sur la terre".

Mais le mois de Nissan représente le renouveau du monde dans la mesure où la transcendance de l'ordre naturel est concernée : "voici qu'Hachem se tenait dessus" (Hachem nitsav alav).
Cela reflète la nature de Nissan en tant que période d'immense bonté divine.
Il se peut que façon naturelle de conduire le monde dicte qu'une personne doive subir un malheur ; c'est ce qui lui a été décrété à Roch Hachana, lorsqu'il a reçu un jugement défavorable. Néanmoins, Hachem, dans Son attribut de pure bienveillance, peut décider de "prendre les choses en main".
Même si, selon les critères de la stricte justice, l'individu n'est pas méritant, Hachem peut annuler le décret de Roch Hachana et accorder un salut miséricordieux venant d'en haut.

C'est cette qualité de Nissan, la transcendance de la nature et même du temps, ce qui en fait une période de guéoula : "en Nissan, ils (les juifs) ont été délivrés (d’Egypte), et en Nissan ils le seront également dans le futur" (guémara Roch Hachana 11a).
À l'origine, il avait été décrété que les juifs resteraient dans l'exil d'Egypte pendant 400 ans (Lé'h Lé'ha 15,13). Cependant, l'atmosphère spirituelle polluée d'Egypte a eu un effet des plus délétères sur les juifs, et comme nous le disent les Sages, ils sont descendus au 49e niveau d'impureté. S'ils étaient restés plus longtemps, ils auraient atteint le 50e et dernier niveau, au-delà duquel il n'y a pas de retour possible.
Ainsi, Hachem a "sauté" le temps imparti ; comme le dit le verset : "c'est la voix de mon bien-aimé! Le voici qui vient, franchissant les montagnes, bondissant sur les collines" (Chir haChirim 2,8).
Ainsi, même avant le temps fixé, Il a racheté Sa nation au cours de ce mois [de Nissan] qui est au-dessus de la nature (lémaala min hatéva).
[Nétivot Shalom]

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+ Nissan : moment propice pour se renouveler :

-> Hachem dit à Moché et à Aharon, dans la terre d'Égypte : "Ce mois-ci [Nissan] est le premier des mois ; c'est pour vous le premier des mois de l'année" (Bo 12,1-2)

-> La géoula d'Egypte a été marquée non seulement par la libération des juifs de la main de ses oppresseurs, mais aussi par une transformation considérable de leur statut spirituel.
Auparavant, comme nous le disent nos Sages, ils avaient succombé à l'atmosphère polluée d'Egypte et atteint le 49 des 50 niveaux d'impureté, grâce à la sortie d'Egypte, ils se sont élevés à une grande hauteur spirituelle ; comme le proclame le prophète : "Vous avez grandi et vous avez été parés d'ornements" (Yé'hezkel 16,7).

Comme nous le savons, les périodes spéciales et les fêtes juives qui se déroulent tout au long de l'année ne sont pas de simples événements de commémoration ; au contraire, les événements eux-mêmes, d'une certaine manière, se répètent ...
Nos Sages déclarent (guémara Roch Hachana 11a) : "en Nissan, ils (les juifs) ont été délivrés (d’Egypte), et en Nissan ils le seront également dans le futur" = la géoula d'alors, qui a affecté l'ensemble du peuple juif, ressurgit chaque année pour chaque individu.
Au cours du mois de Nissan, alors que l'aura de la géoula refait surface, chacun d'entre nous est en mesure d'émerger de son exil personnel, dans lequel il a pu tomber aux mains du yétser ara.
Nous aussi, tout comme les Bné Israel l'ont fait à travers de la sortie d'Egypte, nous pouvons nous élever de l'indigence spirituelle vers les plus hauts sommets.
[Méor Enayim]

-> [à la différence des non-juifs, nous établissons notre calendrier en fonction de la lune (qui a la différence du soleil évolue cycliquement de rien à complet).]
La Torah nous dit que : même si vous vous trouvez, au sens propre ou figuré, dans une situation de "terre d'Egypte" (Bo 12,1), à un point d'abaissement et d'obscurité flagrants, vous êtes néanmoins capable et même obligé de vous transformer en une nouvelle personne.
Telle est la signification de l'association des juifs avec le système lunaire : Israel compte selon la lune (Israel monin lalévana ).
La lune est le modèle parfait à cet égard ; alors qu'elle est engloutie dans l'obscurité totale, au point de ne plus être visible, elle commence à briller d'un nouvel éclat.
C'est pourquoi cette mitsva [de sanctifier le nouveau mois] n'est destinée qu'à Israël, car seul Israël possède cette qualité de renouvellement ...

Un juif, même au plus bas, possède toujours une étincelle spéciale et éternelle de la Divinité qui est une "portion divine d'en haut" ('helek Eloka mima'al - Iyov 31,2). C'est à partir de cette étincelle qu'il peut se régénérer et se former à nouveau.
Les non-juifs, cependant, n'ont pas cette étincelle de kédoucha (sainteté), de sorte que lorsque le déclin s'installe, il le fait de manière définitive.

Tel est le message de la mitsva de Roch 'Hodech ("Ce mois-ci est le premier des mois"), que la Torah a jugé si important de transmettre qu'elle en a fait la toute première mitsva.
Nous devons être conscients que même au milieu d'une obscurité abjecte, où il ne semble pas y avoir la moindre lueur de lumière, nous avons toujours la capacité de nous renouveler et de devenir comme une entité complètement nouvelle.
[Nétivot Shalom]

[ainsi, le mois de Nissan est un moment propice pour se renouveler. Même si à l'image de nos ancêtres nous sommes tombés au plus bas (49e niveau d'impureté), que notre vie est pleine d'obscurité, nous avons cette capacité de se renouveler et devenir une nouvelle personne sublime (qui tend vers le 49e niveau de pureté, comme nos ancêtres dans le désert).
Nous ne fêtons Nissan (et Pessa'h) pas en une seule commémoration d'un lointain passé, mais parce qu'à un niveau spirituel cela se reproduit identiquement de nos jours. Alors profitons-en! ]

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+ Nissan & inauguration du Michkan :

-> Le Michkan (Tabernacle) a été érigé le premier du mois de Nissan (Pékoudé40,17).
Cela est assez curieux, car la construction du Michkan s'est achevée plusieurs mois avant, au mois de Kislev. Pourquoi une telle attente?

Il est écrit : "Les eaux abondantes ne peuvent éteindre l'amour, ni les rivières l'emporter ; si une personne offrait toute la fortune de sa famille (en échange) pour l'amour, elle serait dénigrée" (Chir haChirim 8,7).
Le midrach (Chemot rabba 49,1) explique :
"Les eaux abondantes" se réfèrent aux non-juifs ; comme il est dit, "(les nations) déferlent comme la mer en crue" (Yéchayahou 17,12), car si tous les non-juifs se rassemblaient pour annuler l'amour entre Hachem et les juifs, ils seraient incapables de le faire. C'est l'intention de : "les eaux abondantes ne peuvent éteindre l'amour" (en référence à l'amour d'Hachem pour Son peuple) ; comme il est dit : "J'ai aimé Yaakov" (Mala'hi 1,2).
... (Le verset de Chir haChirim continue) : "Si une personne offrait la totalité de la fortune de sa famille (en échange) de l'amour, elle serait dénigrée" = mais Mes enfants M'ont façonné un sanctuaire de (simples) rideaux, et Je suis descendu et ai reposé Ma Présence au milieu d'eux.

-> Nous voyons donc que le Michkan servait à refléter l'amour suprême entre Hachem et les juifs.
Nous retrouvons cette même idée dans le fait que nos Sages associent la construction du Temple à des festivités de mariage. C'est également ce qu'exprime un autre verset du Chir haChirim : ""le jour de son mariage et le jour de la joie de son cœur" (Chir haChirim 3,11).
Selon la guémara (Taanit 26b) : "Le jour de son mariage" fait référence au don de la Torah ; "et le jour de la joie de son cœur" : cela fait référence à la construction du Temple.

Il en ressort que le mois de Nissan a été choisi pour l'édification du Michkan parce qu'il s'agit d'une période d'abondance où le grand amour qu'Hachem porte à son peuple se manifeste de manière éclatante.
En effet, c'est au cours de ce mois qu'a lieu la sortie d'Egypte, un événement marqué par l'amour illimité d'Hachem pour les juifs.
Au début du processus de rédemption, qHachem a envoyé par l'intermédiaire de Moché un message révélant son grand amour pour ses enfants, en les désignant par des termes très affectueux : "ainsi parle Hachem : Israël est Mon premier-né!" (béni bé'hori Israël - Chemot 4,22). Ce message est d'autant plus puissant qu'il a été délivré alors que Israël (les juifs) se trouvait encore en Egypte, à une époque où son état spirituel était assez faible.

=> Bien qu'ils soient descendus, comme le racontent nos Sages, au 49e des 50 niveaux d'impureté, Hachem n'hésite pas à proclamer son amour éternel pour eux. Car les juifs sont toujours Ses enfants, peu importe jusqu'où ils peuvent tomber et peu importe ce qu'ils peuvent faire.
Le prophète fait référence à une telle circonstance en déclarant : "l'amour couvre toutes les transgressions" (al kol pécha'im té'hassé aava - Michlé 10,12).
Et cet amour est éternel, il se manifeste surtout pendant le mois [symbolisant] l'amour [d'Hachem envers nous], le mois de Nissan.
Ainsi, le mois de Nissan présente les deux géoulot (rédemptions) : passées et futures. Comme le disent nos Sages (guémara Roch Hachana 11a) : "en Nissan, ils (les juifs) ont été délivrés (d’Egypte), et en Nissan ils le seront également dans le futur".
[Nétivot Shalom]

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-> Le Déguel Ma’hané Efraïm nous rapporte un enseignement au nom de son grand-père, le Baal Chem Tov, sur Roch ‘Hodech Nissan :
"Le Baal Chem Tov dit au célèbre Maguid de Mézéritch, un jour de Roch ‘Hodech Nissan : ‘Maintenant, il nous faut prier, car le premier jour de Nissan est le Roch Hachana des rois. Ce jour-là sont nommés tous les princes et gouverneurs du Monde. Or jusqu’à présent, ce sont de mauvais dirigeants qui ont été nommés ..."

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-> -> Nous prononçons la phrase : "l'année prochaine à Jérusalem" (léchana abaa") deux fois par an : une fois à la fin de Yom Kippour (10 Tichri) et une fois à la fin de la Haggadah (15 Nissan). Pourquoi spécifiquement ces deux moments de l'année?

La guémara (Roch Hachana 11a) dit qu'il y a un discussion sur la question de savoir si la future géoula aura lieu au mois de Tichri ou en Nissan.
Les Tossafot disent à propos de ce désaccord que "ellou véellou divré Elokim 'haïm", [les deux] sont les paroles du D. vivant", c'est-à-dire que les deux sont correctes.
Nous pouvons supposer qu'il doit y avoir une sorte de géoula dans chacun de ces deux mois, et donc, nous disons pendant ces mois "léchana abaa biYérouchalayim", que nous devrions être méritants à la géoula au cours de ces mois.
[Yisma'h Moché]

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-> Selon la halakha (Choul'han Aroukh - Ora'h 'Haïm 429) : "én noflim al p'néhem méroch 'hodech nissan" (on ne doit pas faire la néfilat apanim (vidouï après la Amida), "tomber sur notre face" pendant le mois de Nissan).
Le Imré 'Haïm de Vizhnitz commente que nous devons nous abstenir d'un autre type de "néfilat apayim" et veiller à ne pas marcher avec un "visage tombé", en ayant l'air abattu et triste.
Au lieu d'être stressés par les pressions de la saison de Pessa'h, concentrons-nous sur la joie et les opportunités de ce mois passionnant de guéoula.

"Ils Me feront un sanctuaire et J'habiterai en eux" (Térouma 25,8)

-> Hachem a demandé au peuple juif de lui construire une maison, afin qu'il puisse venir vivre avec lui.
Le Zohar haKadosh (paracha Michpatim) écrit que cette demande a donné aux juifs plus de 'hizouk (renforcement) que tous les miracles de la sortie d'Egypte et de l'ouverture de la mer Rouge réunis.
A ce moment-là, les juifs se sont sentis aimés et désirés, et ont éprouvé un désir irrésistible de servir Hachem.
Lorsqu'une personne se sent aimée, elle veut lui rendre la pareille. Si nous savions vraiment à quel point Hachem nous désire/aime, nous courrions pour Le servir.

-> Lors de l'ouverture de la mer Rouge, chaque juif a fait l'expérience d'un niveau de prophétie supérieur à celui du prophète Yé'hezkel. Au mont Sinaï, ils ont reçu un niveau de prophétie semblable à celui de Moché Rabbénou, en étant face à face (panim él panim) avec D.
Hachem leur dit : "vous serez pour Moi le trésor le plus cher" (viéyitem li ségoula - Yitro 19,5).
Or, après le don de la Torah, Hachem leur dit : "Je veux venir vivre avec vous". Imaginez ce qu'ils ont ressenti!

[ même de nos jours : "Ils Me feront un sanctuaire et J'habiterai en eux" = c'est une déclaration d'Hachem qui veut résider Le plus possible en chaque juif car Il est fou d'amour pour chaque juif! ]

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-> Eliyahou haNavi témoigne dans le Tana déBé Eliyahou (chap.31) que plus qu'une femme qui désire que son mari ou son enfant rentre à la maison après un long voyage, Hachem désire que chaque juif soit proche de Lui.

Chaque fois que le rav 'Haïm Palagi lisait cette phrase, ses yeux se remplissaient de larmes et il disait : "Si nous savions à quel point Hachem nous désire, nous serions beaucoup plus enthousiastes et attentifs à son service. "

Hachem nous aime et nous désire plus que nous ne pouvons l'imaginer. Peu importe ce que nous avons fait dans le passé, Hachem désire toujours que nous soyons proches de Lui.

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-> Voici les paroles d'Hachem à Israël par le biais de Mala'hi : "Je vous aime, dit Hachem" (aavti ét'hem amar Hachem - Malah'hi 1,1-2)

-> Les enfants d'Israël doivent savoir que Hachem les aime.
[Sfat Emet - Chémot]

-> Si nous avions conscience d'à quel point Hachem aime chaque juif, nous rugirions comme des lions bondissant sur chaque opportunité de pouvoir faire Sa volonté.
[Zohar]

-> Lorsqu'une personne sait qu'Hachem aime chaque juif d'un grand amour, il est plus facile de vouloir de bonnes choses pour les autres de la même manière que l'on veut de bonnes choses pour soi-même.
[Ramban]

"N'humiliez jamais la veuve ni l'orphelin. Si tu l'humiliais, sache que, quand son cri s'élèvera vers Moi, assurément j'entendrai ce cri" (Michpatim 22,22)

-> Bien qu'Hachem écoute tout le monde, la Torah nous enseigne qu'Il accorde une attention particulière aux cris de ces individus.
Rabbénou Bé'hayé explique que normalement, si quelqu'un est victime d'intimidation, il cherchera de l'aide auprès d'autres personnes qui peuvent l'aider. Mais les veuves et les orphelins sont faibles et n'ont personne vers qui se tourner. Lorsqu'ils sont malmenés, ils se tournent directement vers Hachem : "le Roi, l'Aide, le Sauveur et le Bouclier" (mélé'h ozér omochia oumaguen), le seul qui puisse vraiment les aider.
=> Parce qu'ils savent que seul Hachem peut les aider, ils reçoivent plus d'aide que n'importe qui d'autre.

-> Le Séfer Ohel Moché (Ekev) en déduit qu'il n'est pas nécessaire d'être orphelin ou veuf pour bénéficier de ce privilège spécial d'être exaucé immédiatement.
Au contraire, toute personne qui ressent profondément qu'Hachem est le seul à pouvoir l'aider est également incluse dans le verset : "assurément j'entendrai ce cri".
Mais cela est plus facile à dire qu'à faire ... [car souvent nous prions plutôt machinalement, en élaborant des plans B [comptant sur plusieurs autres moyens/combines que D. ], sans agir à l'image d'un orphelin qui n'a personne si ce n'est son papa Hachem pour le sauver]

[ Il est écrit : "quand son cri s'élèvera vers Moi" = on doit mettre nos espoirs/attentes 100% en Hachem (personne d'autre ne peut nous aider que Lui, qui peut tout faire et en plus avec de la bonté gratuite de nos mérites), et alors "assurément j'entendrai ce cri" = Hachem entendra nos cris et nous serons sûrement aidés. ]

" Désormais, si écouter, vous écouterez ma voix, si vous gardez mon alliance, vous serez pour Moi un peuple précieux (ségoula) entre tous les peuples!" (Yitro 19,5)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch commente : "Vous serez pour Moi un peuple précieux" :
Dans la guémara (Avoda Zara 22), il est dit que, lorsque les Bné Israël se sont tenus devant le mont Sinaï, l'impureté qui était collée à eux depuis la faute originelle (le venin du serpent) s'est séparée d'eux, c'est en cela leur particularité, leur préciosité contrairement aux autres nations, dont cette impureté ne les a pas quittés.

Une autre allusion est que ... des étincelles, des dérivés de sainteté, se sont éparpillés dans le monde. Il n'y a pas d'autre manière de les trier, si ce n'est que par le biais des Bné Israël, grâce à leur étude de Torah, qui comme une pierre aimantée, attire à elle toutes ces étincelles, de l'endroit où elles se trouvent. Ces étincelles de sainteté sont aussi surnommées : "Précieuses" (סגלה).

Car à Moi appartient le monde. C'est la raison pour laquelle le peuple d'Israël est éparpillé sur toute la surface de la terre, afin de rechercher ces étincelles précieuses qu'ils ont perdues.
Si ce n'était pas à cause de leurs fautes, ils auraient pu le faire sans avoir à s'éparpiller à travers le monde, et uniquement par la force de leur Torah. Ils auraient attiré à eux toutes ces nuances de sainteté de là où elles se trouvent; mais à cause du péché, cette force s'est affaiblie et ils doivent obligatoirement descendre là-bas afin de recueillir ces étincelles et attirer à eux ce bien.

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-> "Et vous serez pour moi une royauté de Cohanim et une nation sainte" (Yitro 19,6)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch explique :
Cela veut dire qu'à partir de ce moment-là ils (les juifs) deviendront en quelque sorte sa cour royale des mondes supérieurs. De la même manière que dans les mondes supérieurs, il y a des serviteurs surnommés "Cohanim" et aussi une armée céleste, surnommée "Sainte", Hachem dit aux Bné Israël qu'à partir de ce jour, Il va remplacer Ses serviteurs et Ses armées célestes par Son peuple d'Israël.

D'après cela, il faut dire que le verset : "Et vous serez ..." s'adresse à l'ensemble du peuple [et non pas à Moché et Aharon]. Les mots "et vous" nous précisent que ce n'est pas dans les temps futurs, lorsque l'âme Divine va quitter le corps, seulement alors vous atteindrez des niveaux spirituels très élevés, mais déjà de votre vivant!
Et bien que la logique repousse cet argument, c'est pour cela qu'Hachem précise : "et vous" (véatem) = tels que vous êtes avec votre corps humain fait de chair et de sang. Vous atteindrez des niveaux supérieurs à Mes serviteurs célestes.

Nous avons d'ailleurs vu que des grands tsadikim sont arrivés à ce niveau jusqu'à même avoir été surnommés "des anges, des saints" (mal'akhim oukédochim). Par la Torah qu'ils étudient, ils vont s'élever encore plus haut que les anges divins.

L’amour et la crainte de D.

+ L'amour et la crainte de D. :

"Et Moché monta vers Hachem, et D. l'appela du haut de la montagne, et lui dit : Ainsi tu parleras à la maison de Yaakov, et tu diras aux Bné Israël" (Yitro 19,3)

-> Le Ohr ha'Haïm commente :
"Ainsi tu parleras à la maison de Yaakov et tu diras aux enfants d'Israël" :
Pourquoi y a-t-il 2 sortes de langages? (tu parleras [ko tomar], tu diras [taguèd]).
Il faut dire que : quelque chose est établi dans la connaissance de D., que le Maître du monde, D. d'Israël, son désir de faire le bien est plus fort encore que celui qui désire recevoir ce bien.
Et cela afin de nous faire savoir combien D. est bon, et plus encore envers les Bné Israël. Il fait donc en sorte d'augmenter notre salaire et les bienfaits qu'Il veut nous donner. Cela est son désir!

Par ailleurs, Hachem a dévoilé que la récompense de celui qui réalise la Torah et Ses mitsvot, par crainte, est 2 fois moins grande que celui qui le fait par amour.
Ainsi, un verset parlant [de celui servant D. par la crainte], il est écrit : "son salaire sera pour mille générations" (Réé 7,9).
Dans un autre [celui qui le sert par amour] il est écrit : "il sera pour des milliers de générations" (Yitro 20,6).

Cependant, servir Hachem par amour uniquement, peut avoir un effet indésirable, car cela ne lui permettra pas de se préserver à tout jamais de ne pas transgresser, ne serait-ce que passagèrement un des interdits de la Torah.
En argumentant dans son esprit, que du fait que je suis proche de D. de par mon service, et de par Son amour qu'Il a pour nous, Il ne me punira pas, si je viens à transgresser une des paroles de Torah.
Comme deux personnes qui sont familières et de ce fait ne savent pas mettre de distance quand il le faut et parfois même ils font des choses qui peuvent déplaire à son prochain.

C'est pourquoi, au moment du Don de la Torah, D. a voulu qu'il soit bénéfique uniquement pour nous et a mis devant nous deux chemins : l'un dans lequel Il dit des paroles d'amour et d'affection envers nous.
Et il y aura une bonne finalité pour celui qui la fera par amour : son salaire sera double!

Mais il y a aussi un autre côté qu'il faut voir. Celui qui ne le fera que par amour, il lui arrivera parfois de ne pas bien faire attention et à transgresser une certaine partie de la Torah, chose qui ne peut arriver si l'homme reçoit la Torah avec la crainte comme il se doit.
L'habitude de celui qui craint D. est d'avoir toujours cette peur de ne pas enfreindre une des paroles de son Maître, il se trouve toujours préservé dans le chemin de l'Arbre de la vie.
Cet autre chemin est de parler avec rigueur, de dire des paroles dures, et cela sera mieux car alors jamais on n'en viendra à enfreindre les ordonnances de la Torah, seulement la récompense, le salaire sera de moitié, par rapport à celui qui le fait par amour.

=> Pour cela, Hachem nous a ordonnés 2 manières d'accomplir les mitsvot : une par amour et l'autre par la crainte et la peur de notre Maître.
[à l'image de : avinou (notre Père) et Malkénou (notre Maître).]

Il a employé ces 2 langages dans le même sujet :
- "ainsi tu parleras (ko tomar) à la maison de Yaakov" = "parleras" c'est un verbe qui indique qu'il faudra leur dire des paroles tendres qui réveilleront en eux le service Divin par Amour ;
- "et tu diras (taguèd) aux Bné Israël" = "diras" indique des paroles dures, qui réveilleront en eux la peur et la crainte Divine.
Les 2 réunis sont indispensables à l'application de la Torah. Chaque membre d'Israël devra acquérir ces 2 vertus : l'amour et la crainte.

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-> La crainte est comparée à une épice que l'on rajoute mesurément à un mets, afin d'améliorer son goût, afin qu'un homme ne vienne pas à trébucher à un moment dans une des mitsvot car le principal service Divin que D.attend de nous est celui fait par amour pour Lui et non pas par crainte.
[Ohr ha'Haïm haKadoch - Yitro 19,6]

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-> Le Ohr ha'Haï (A'haré Mot 18,4-5) écrit :
Il y a 2 manières de servir Hachem : en servant Hachem par la crainte et en Le servant par amour.
Comme je l'ai écrit par ailleurs (cf ci-dessus) que le salaire de celui qui sert par crainte est pour mille générations (Devarim 7,9) et celui qui le sert par amour pour des milliers de générations (Chemot 20, 6).

La crainte de Dieu doit toujours précéder l'amour afin de ne pas trébucher. C'est ce que le verset (A'haré Mot 18,4) nous enseigne "Je suis Hachem votre D." qui représente les deux attributs de D., Elohim = D. de rigueur ; Hachem = D. de miséricorde.

Et dans le verset (A'haré Mot 18,5), qui parle de celui qui le sert par amour uniquement, il est écrit "Je suis Hachem" (D. de bonté) et le deuxième attribut du D. de justice n'est pas mentionné.
Afin de stimuler l'homme à Le servir uniquement par amour et à ne garder Ses lois que par amour du bon qu'il y a dans les mitsvot. Cette bonne volonté poussent l'homme à aimer la parole divine et à la suivre même s'il n'y avait de punition pour celui qui la transgresse.

Le verset continue et écrit et il vivra grâce à eux. C'est-à-dire que celui qui sert Hachem par amour sera récompensé de bonté matérielle dans ce monde indépendamment de ce qui lui est réservé dans le monde éternel.
Par contre celui qui sert par crainte aura sa récompense uniquement dans le monde supérieur.
C'est ce que le verset 4 écrit d'aller avec eux, dans les mondes supérieurs.

=> Quel est le mérite de Yitro pour lequel une paracha entière porte son nom? [qui plus est, celle décrivant le don de la Torah au mont Sinaï ]

-> Il faut dire que D. veut montrer par cela aux enfants d'Israël de cette génération et de toutes celles à venir, qu'il y a toujours parmi elles de grands hommes, intelligents et instruits, comme Yitro par exemple. Les conseils qu'il a donnés à Moché pour choisir les chefs du peuple et suivant quel ordre.

Il y a comme cela, des personnes dotées de valeurs morales, afin de nous faire comprendre que notre privilège d'être le "peuple élu" par D. ne résulte pas de notre intelligence ou pas même de nos connaissances plus vastes que celles d'autres peuples (comme celles d'Yitro), mais simplement par bonté suprême et par amour de nos Patriarches.

Hachem nous le fait comprendre avant le don de la Torah, pour nous dire que, bien qu'il y ait parmi les nations des hommes plus savants que les Bné Israël, c'est nous qu'il a rapprochés de son service et qu'il a choisis parmi toutes les nations. Combien nous devons le louer pour cela.
[Ohr ha'Haïm haKadoch - Yitro 18,19-20]

Avant l’ouverture de la mer Rouge

+ Avant l'ouverture de la mer Rouge (selon le Ohr ha'Haïm) :

-> "Et Pharaon s'approchait, les Bné Israël levèrent les yeux et voici que l'égyptien était à leur poursuite ; remplis d'effroi, les Israélites jetèrent des cris vers Hachem" (Béchala'h 14,10)

-> "Et Pharaon s'approchait" :
il semble qu'il faille expliquer le verset en s'inspirant des paroles de nos Sages (midrach Chémot rabba 21,5) : "ils disent, voici l'Egypte qui voyage derrière eux" = le mot "Égypte" étant le nom du prince céleste préposé sur l'Égypte. Et voici que cet ange-là s'est joint à eux à leur poursuite car c'est l'habitude que le prince céleste d'une nation vienne aider son peuple et s'ils viennent à tomber, il tomberai aussi au même moment.

D'une manière générale, ce prince céleste se tient à la droite du roi de la nation, et non pas devant le peuple, et le roi est fondu dans le peuple (guerriers) et non pas devant.
Ici, la Torah précise que le prince se trouvait à la tête du peuple égyptien juste derrière les enfants d'Israël. C'est la raison pour laquelle les enfants d'Israël ont eu très peur.

La raison pour laquelle Hachem n'a pas empêché ce prince céleste d'Egypte de s'associer à cette poursuite, était de le tuer aux yeux de tous les enfants d'Israël, comme dit le verset (14,30) "Israël a vu l'Egypte morte au bord de la mer", et le Zohar dit que "Égypte" ici est le prince céleste surnommé "Égypte".

Une autre raison aussi est que par la peur, les Bné Israël vont se repentir, vont faire téchouva et épancher leur cœur vers D.
Ainsi par le biais de cette téchoua, Il pourra faire tous les grands miracles qu'll a faits au moment où les Bné Israël sont arrivés devant la mer Rouge.
Auparavant, cette chose n'était pas assurée du tout. D'ailleurs, nos Sages ont interprété les mots : "il s'est rapproché" signifiant que le cœur des enfants d'Israël s'est tourné et s'est rapproché d'Hachem. Et ainsi cela s'est passé comme le verset le précise "et ils ont crié envers D."
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

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-> Hachem dit à Moché : "Pourquoi m'implores-tu? Ordonne aux Bné Israël de se mettre en marche" (Béchala'h 14,15)

-> Pourquoi cries-tu envers moi?
Afin de comprendre ce verset, nous allons rapporter un midrash (Chémot Rabba 21) qui dit que lorsque les Bné Israël sont arrivés devant la mer rouge, ils avaient des accusateurs contre eux et la mer a refusé de s'ouvrir devant eux en disant (plaidoyant) que de même que les égyptiens sont un peuple idolâtre, de même les enfants d'Israël ayant vécu parmi eux, avaient aussi goûté à leur idolâtrie.

Il est connu que les bonnes actions que les Bné Israël font renforcent la miséricorde divine sur eux.
Au contraire, les mauvaises actions diminuent cette bonne influence de miséricorde.
Hachem a vu qu'au moment où les enfants d'Israël étaient en danger, la rigueur a accusé les enfants d'Israël et bien que D. soit bon et veut faire le bien, les mauvaises actions d'un homme (celles des Bné Israël) affaiblissent cette miséricorde que D. voudrait influer sur eux, l'empêchant de faire les miracles qui vont leur venir en aide au moment critique.
C'est pour cela qu'Il dit à Moché "pourquoi cries-tu vers moi?" = cela ne dépend pas que de moi, car je veux faire un miracle mais du fait qu'ils ne sont pas aptes à cela alors la vertu de rigueur (qui les accuse) m'empêche de le faire. Alors D. dit à Moché "Parle aux Bné Israël!"

=> Voici le conseil qu'ils doivent appliquer afin d'amener sur eux la bonté et à la miséricorde, dis leur de renforcer leur émouna, de tout cœur, et qu'ils se jettent à l'eau avant même que la mer ne s'ouvre, et, par le mérite de la confiance qu'ils mettront en Moi, je ferai le miracle, et la miséricorde prendra le dessus.
Car grande est la force de la croyance et de la confiance en Moi. Qui feront tout inverser dans le bien. Comme cela s'est réellement passé.

Il me semble pouvoir dire que la raison pour laquelle les accusateurs et la rigueur ont pris le dessus est du fait que leur croyance s'est affaiblie dans leur cœur. Ils ont dit "il vaut mieux retourner en Égypte, être esclave" (v.14,12). Pour cela, Il leur a demandé de faire un geste prouvant leur parfaite émouna (croyance).
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

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-> Or, au petit matin, Hachem fit peser sur l'armée égyptienne une colonne de feu et une nuée et jeta la perturbation dans l'armée égyptienne, et il détacha les roues de ses chars, les faisant ainsi avancer pesamment. Alors l'égyptien s'écria : "Fuyons devant Israël, car l'ÉteHachemrnel combat pour eux contre l'Egypte!" (Béchala'h 14,24-25)

-> Voici au petit matin :
Il faut comprendre la raison pour laquelle D. a fait ces grands miracles et ces grands signes "le matin" et non pas la nuit, qui est pourtant le moment où la rigueur se renforce.

Il faut dire que la volonté divine est, que bien que le matin ne soit pas un moment de vengeance, et au contraire un moment de bonté. Moi, j'inverse les lois du monde pour le bien des descendants d'Avraham.
Car bien que la nature d'Avraham soit bonté et miséricorde, lorsque D. lui a demandé de sacrifier son fils sur l'Autel, alors qu'il était son fils unique, il a contenu son instinct naturel et il a accepté de le faire.
Alors D. dit : "Moi aussi je vais me comporter de même, je vais inverser les lois du monde, et bien que le matin soit propice à la bonté, j'inverserai cela et j'amènerai la vengeance sur les Egyptiens".
Il y a aussi un profit pour les Bné Israël, que cet instant leur vienne en mérite.

Ainsi, Je ferai de moi-même cette vengeance, de la même manière qu'Avraham a fait lui-même, en personne, ce que je lui ai ordonné, "et il a attelé son âne", c'est ce que le verset précise en disant "et D. a supervisé, a vu" Lui-même.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]