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"Lève-toi à la vue d'un homme âgé et honore le vieillard, tu craindras ton D., Je suis Hachem" (Kédochim 19,32)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch commente :
Le verset nous apprend que lorsque l'on se lève à la vue d'un homme âgé, c'est un honneur que l'on donne à notre Patriarche Avraham qui est appelé le vieillard. Comme il est écrit "et Avraham a vieilli!" (véAvraham zaken).
La vieillesse et ses signes extérieurs ont débuté depuis Avraham, à sa demande. [Avant cela, les hommes vieillissaient mais leur physique ne changeait pas, ils avaient toujours un aspect jeune et ils mouraient âgés malgré leur apparence].
Ainsi, ce verset fait allusion à ce que disent nos Sages ('Haguiga 14) : "lorsque le tsadik quitte ce monde, on vante Avraham en lui disant, heureux sois-tu, que ce tsadik soit sorti de tes entrailles. Par contre, lorsqu'un racha quitte ce monde, il ne reçoit pas d'éloges, il éprouve au contraire une grande peine".
C'est pour cela que D. réveille l'homme et lui dit tu honoreras le vieillard. C'est Avraham Avinou qui est honoré et glorifié grâce à cet homme.

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-> "Tu honoreras le vieillard" veut dire aussi que lorsque l'homme fait téchouva et améliore ses actions quand il est jeune, il honore sa propre vieillesse.
Ainsi s'expriment nos Sages (guémara Soucca 53) : "heureux celui que sa jeunesse ne fait pas honte à sa vieillesse".
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

La circoncision (selon le Sfat Emet)

+ La circoncision (selon le Sfat Emet) :

-> Grâce à la circoncision, les juifs sont en mesure de recevoir directement la générosité d'Hachem, sans qu'elle soit filtrée par le monde naturel.
[Sfat Emet - Lech Lecha 5655]

-> La circoncision permet au juif d'adopter un mode de vie surnaturel, nous libérant des entraves et des limites du monde naturel imposées au corps humain.
C'est ainsi que Its'hak a été conçu, contre toute attente, mais seulement après la circoncision d'Avraham.
[Lé'h Lé'ha 5653]

-> La circoncision permet de rectifier la faute originelle d'Adam.
En mangeant l'Arbre de la Connaissance, Adam a contribué à une confusion des valeurs dans laquelle le bien et le mal étaient mêlés. Aujourd'hui, suite à la brit d'Avraham et surtout à l'ablation du prépuce, l'homme retrouve son état originel avant le péché originel et la capacité de faire le bien sans le mal.
[5653]

-> Grâce à la circoncision, la véritable personnalité intérieure d'un juif est révélée.
C'est ainsi que le nom d'Avraham lui a été donné au moment de la circoncision.
Aujourd'hui encore, il est d'usage de nommer l'enfant au moment du bris, lorsque son potentiel de grandeur intérieure est révélé.
[Lé'h Lé'ha 5652]

-> La circoncision permet à l'humanité de retrouver les trésors spirituels du gan Eden.
L'épée tournante enflammée qui entoure l'Eden (Béréchit 3,24) symbolise l'orla (le prépuce). En retirant la "barrière extérieure" lors d'une circoncision, les juifs méritent de profiter de la spiritualité de l'Arbre de Vie.
[Lé'h Lé'ha - 5657]

-> La signification de la circoncision (brit mila) en particulier le terme brit (alliance) est répétée 13 fois (cf. guémara Nédarim 31b).
L'insistance répétée de la Torah sur cet aspect de la mila suggère un lien intime entre celle-ci et les 13 Attributs Divins de la miséricorde.
En étant circoncis, le juif est capable d'évoquer les Attributs de miséricorde d'Hachem.
[Lé'h Lé'ha - 5658]

Nos Patriarches (selon le Sfat Emet)

+ Nos Patriarches (selon le Sfat Emet) :

-> Les Patriarches n'ont jamais cessé de penser, ne serait-ce qu'un instant, à leur amour pour Hachem et à leur désir de parvenir à une relation intime (dvékout) avec Lui ...

Lorsque les Bné Israël le méritent, les forces spirituelles générées par les Patriarches sont apparentes.
Même dans l'exil, leur puissant héritage demeure, caché dans chaque âme juive.
Chacune des 3 prières quotidiennes (instituées par les 3 Patriarches) suscite cette force latente et fait remonter à la surface le désir du juif de s'attacher à Hachem.
[Sfat Emet - Vayéra 5661]

-> En restant fidèle à Hachem à travers 10 épreuves (cf. Pirké Avot 5,3), Avraham a permis à ses descendants de surmonter toutes les forces naturelles susceptibles de les empêcher de servir Hachem.
[Sfat Emet - Vayéra 5659]

-> Chaque action des Patriarches était destinée à créer un précédent pour leurs enfants, par exemple, tous les martyrs juifs ont tiré leur force du sacrifice d'Avraham et d'Its'hak à la Akéda.
[Sfat Emet - Vayéra 5637]

-> Rien ne se produit dans ce monde sans la connaissance des Patriarches.
La décision d'Hachem de consulter Avraham avant de raser Sodome en est la preuve ...

Même de nos jours, après leur décès, Hachem "consulte" les âmes saintes [des Patriarches] avant d'émettre un décret [sur notre monde].

Ils ont mérité cette distinction en vénérant Hachem et en s'attachant à Lui à chaque instant de leur vie.
Par conséquent, Hachem ne leur cache rien.
[Sfat Emet - Vayéra 5640]

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-> La guémara (Béra'hot 26b) affirme que les 3 prières quotidiennes ont été instituées par les Patriarches. Ils ont bénéficié de cette distinction en raison de la nature désintéressée de leurs prières, priant non pas pour leur gain personnel, mais simplement pour qu'Hachem obtienne la faveur de Ses créations.
[Sfat Emet - 'Hayé Sarah 5647]

-> Les Patriarches ont servi de véhicule pour transmettre la bénédiction d'Hachem au peuple juif.
[Sfat Emet - 'Hayé Sarah 5655]

-> Une étincelle d'Avraham est ancrée dans chaque âme juive. Cette étincelle est protégée par Hachem et aide chaque juif sincère à surmonter toute épreuve spirituelle dans ce monde.
[Sfat Emet - Toldot 5632]

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-> Même si le mérite de nos Patriarches est épuisé, la guéoula finale se produira par le mérite de nos Matriarches.
[Sfat Emet - Pessa'h 5642]

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-> Les Patriarches ont subi des épreuves qui n'étaient pas nécessaires à leur propre développement spirituel, mais qui avaient pour seul but de donner l'exemple aux générations futures.
[...]
Les juifs d'Égypte ont enduré de nombreuses souffrances afin de minimiser les souffrances des générations futures.
[Sfat Emet - Vayéra 5659 ; Pessa'h 5640]

Les Tables de la Loi (selon le Sfat Emet)

+ Les Tables de la Loi (selon le Sfat Emet) :

-> Les premières Tables de la Loi (avant la faute du Veau d'or) était surnaturelle. Elles ne nécessitaient pas d'Arche puisque la lumière de la Torah (et la présence Divine) était révélée partout (Pékoudé 5655).
Non seulement l'écriture, mais aussi la pierre elle-même provenaient du Ciel. Par extension, nous pourrions dire que le corps et l'âme des tablettes provenaient d'Hachem.
[Sfat Emet - Eikev 5651]

-> En fait, ces [premières] Tables de la Loi ont ramené les Bné Israël au niveau exalté de l'arbre de la Vie au gan Eden (paracha Para 5634). [l'état d'avant la faute d'Adam]
Leur corps ainsi que leurs âmes ont été changés en êtres totalement spirituels. (Para 5659)

-> Le destin de ces [premières] Tables de la Loi dépendait directement du comportement moral des Bné Israël. Les lettres des commandements n'adhéraient solidement aux tablettes que lorsque les enseignements éclairés de la Torah étaient gravés dans le cœur du peuple juif.
[Sfat Emet - Ki Tissa 5637]

- D'autre part, les secondes Tables de la Loi, dont l'écriture venait d'Hachem, alors que la pierre elle-même avait été creusée par Moché, ressemblent à nos vies contemporaines.
Comme les Lou'hot, nous sommes un mélange de ciel et de terre, nos âmes émanant d'Hachem tandis que nos corps luttent contre les défis de la vie dans ce monde.
Ces tablettes, dont la base est naturelle, nécessitaient une demeure sacrée, l'Arche, et sont comparables à l'Arbre de la connaissance du Gan Eden, dans lequel l'homme est confronté au défi de distinguer le bien du mal.
[Sfat Emet - Eikev 5651, Para 5634]

-> Les deuxièmes Lou'hot avaient également une mission redoutable : sanctifier le monde naturel.
[Sfat Emet - Vayakel 5646]

-> Alors qu'au moment des premières Lou'hot, la mission des Bné Israël était de mener une vie sainte, totalement éloignée des vanités matérielles de ce monde, avec le don des 2e Lou'hot, nous avons endossé une nouvelle mission : mener une vie pure au milieu d'un monde impur.
[Sfat Emet - Para 5634]

-> Les 2e Tables de la Loi, données dans une atmosphère calme, ont persévéré alors que les premières, qui ont été présentées avec tant de faste, ne l'ont pas fait.
Cependant, les premières Lou'hot ont rempli une fonction essentielle. L'enthousiasme suscité par le don exubérant des premières Lou'hot a permis aux secondes Lou'hot d'inspirer Israël pour toujours.
[Sfat Emet - Ki Tissa 5639]

-> Les secondes Tables de la Loi, présentées à un peuple pénitent, n'ont jamais été brisées, mais plutôt enterrées par le roi Yochiyahou. Elles illustrent de façon imagée le grand principe selon lequel un juif repentant occupe une place supérieure dont ne jouissent même pas les plus justes.
Comme il est écrit (Pirké Avos 4,17) : mieux vaut une heure de repentir dans ce monde (le monde des secondes Lou'hot) que tout le monde à venir.
[Sfat Emet - Vayakel 5646]

-> L'aura et l'esprit des premières tablettes sont toujours présents.
Moché lui-même a toujours conservé le statut exalté des premières Lou'hot.
[Sfat Emet - Vayakel 5646]

-> Chaque Shabbat, jour imprégné d'une aura surnaturelle, la lumière spirituelle autrefois émise par les premières Tables de la Loi filtre vers la terre.
[Sfat Emet - Ki Tissa 5642]

-> L'écriture des premières Lou'hot est décrite par la Torah comme étant : 'hérout (libre).
Cela peut indiquer que les lettres elles-mêmes, bien que gravées sur la pierre, étaient libres de quitter leur logement physique et de retourner à Hachem, à volonté, pour finalement revenir aux tablettes (un statut similaire à celui d'Adam avant son péché). Lorsqu'Israël a fauté, l'écriture des Lou'hot, étant montée au ciel, n'a pas pu adhérer de nouveau à la pierre, obligeant Moché à les briser.
[Sfat Emet - Ki Tissa 5656]

-> Un don divin est permanent. Ainsi, les premières Tables de la Loi continuent sur terre à éclairer les cœurs du peuple juif et au ciel où Hachem les garde au nom des Bné Israël.
Si le peuple juif le mérite, les lettres des Tables de la Loi peuvent encore éclairer leur vie. Une fois que le péché du Veau d'or aura été entièrement corrigé, les Lou'hot reprendront leur impact antérieur sur les Bné Israël.
Le 17 tamouz, date de l'éclatement des Lou'hot, deviendra alors une fête.
[Sfat Emet - Balak 5660]

+ "La Torah nous dit que la Manne (מָן) a reçu son nom parce que les gens ne savaient pas ce que c'était" (מַה הוּא- Béchala'h 16,15).
Et cela parce qu'il s'agissait d'une nourriture spirituelle, une nourriture que les anges, qui servent Hachem, mangent. Ceux qui en mangeaient s'élevaient de jour en jour, de plus en plus haut, à tel point qu'un homme ne reconnaissait plus son ami d'un jour à l'autre et demandait : "Qui est-il?" (מי הוא).
[ 'Hozé de Lublin]

Le secret derrière les bénédictions d’Its’hak

+ Le secret derrière les bénédictions d'Its'hak (selon le rabbi de Berditchev) :

-> Comme nous le savons, Its'hak souhaitait donner les bénédictions à son fils aîné, Essav, et l'envoya chasser et préparer de la nourriture afin qu'il puisse manger et ensuite le bénir. Pendant ce temps, Yaakov, à qui Essav avait vendu le droit d'aînesse pour un pot de lentilles, se faufila dans la tente, enveloppé dans une peau de chèvre pour simuler les bras poilus d'Essav.
Lorsque Its'hak, qui avait perdu la vue, sentit les bras de Yaakov, il pensa qu'il s'agissait d'Essav et s'exclama : "La voix est celle de Yaakov, mais les mains sont celles d'Essav" (hakol kol Yaakov, véa'yadayim yidé Essav).
Dans sa confusion, Its'hak donna les bénédictions à Yaakov au lieu d'Essav.

=> À propos de cet épisode, le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi - Toldot) dit : "Hakol dougma déléla" (tout cela n'est qu'une allégorie d'un drame conceptuel qui s'est déroulé au ciel).

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-> En tant que juifs, nous avons la conviction profonde que tout ce qui arrive est pour le mieux. Quelles que soient les difficultés, nous pouvons nous réconforter en sachant que la douleur que nous traversons est une kappara, une expiation pour nos fautes.
Le rabbi de Berditchev enseigne que, bien que cela soit vrai, Hachem accomplit une bonté ('hessed) supplémentaire en faisant en sorte que même la "punition" que nous devons subir pour être purifiés à la fin se révèle être une bénédiction en soi.
Outre notre capacité à dire, face à des situations difficiles, "que ce soit une expiation", et à continuer avec un élan dans notre démarche, nous pouvons également être sûrs que cette même situation se révélera être pour le mieux.
Il n'est pas du tout facile de voir la douleur avec cette perspective, et en effet, la situation peut sembler aussi sombre que la nuit, mais nous pouvons rester absolument certains que dans le futur l'obscurité se transformera en une belle aube, remplissant notre monde de lumière et de chaleur. [voir le Tanya - Iguéret haKodech 11]

Le rabbi de Berditchev explique que ce système selon lequel Hachem nous punit avec ce qui finira par tourner à notre avantage a été établi lorsque Yaakov a reçu les bénédictions d'Its'hak.
Its'hak Avinou représente l'attribut Divin de Guévoura, le jugement rigoureux.
Le désir d'Its'hak de donner sa bénédiction à Essav, l'homme sauvage des champs, représente l'attribut de Guévoura qui demande que la punition soit administrée de la manière la plus extrême et la plus douloureuse possible [un juif faute = punition stricte]. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Ce qui s'est passé, c'est que notre saint père Yaakov, déguisé en Essav, s'est faufilé et a reçu les bénédictions à sa place.

Parce que c'est Yaakov qui a reçu les bénédictions d'Its'hak, un nouveau phénomène est apparu dans le monde : bien que la punition soit administrée d'une manière qui semble dure, dans l'aspect "véa'yadayim yidé Essav", au fond, sous toute la douleur et le chagrin, se trouve la douce voix de notre père Yaakov, l'aspect de "hakol kol Yaakov".
=> Le fait que Yaakov reçoive des bénédictions a eu pour conséquence que pour toutes les générations futures, de profondes bontés ('hessed) seraient cachés dans les punitions célestes de la négativité totale ; tout cela n'est que Yaakov Avinou sous le déguisement d'Essav.

Cela signifie qu'un jour, nous serons capables de voir que la douleur que nous avons endurée n'était pas seulement bonne pour nous en ce qu'elle nous purifie de nos péchés, mais qu'elle s'est avérée être la plus grande bonté, produisant le résultat le plus bénéfique.

La puissance de la Torah en Israël

 "Ce sont les paroles que Moché a prononcées à tout Israël, de l'autre côté du Jourdain" (Dévarim 1,1)

-> Le Sfat Emet (Devarim 5658) développe ce point, expliquant que lorsque les Bné Israël sont arrivés sur les rives du Jourdain et ont senti la lumière émanant de la terre d'Israël, les sources de la sagesse se sont ouvertes à eux.
Comme le disent nos Sages : "Il n'y a pas de Torah comme la Torah de la terre d'Israël", et tout comme le mont Sinaï était parfaitement adapté pour recevoir la Torah, la terre d'Israël est également parfaitement adapté pour que la Torah y soit clarifiée.

C'est pourquoi le verset dit : "De l'autre côté du Jourdain, dans le pays de Moav, Moché commença à expliquer la Torah en disant..." (Devarim 1,5).
Le verset souligne que Moché a seulement commencé à expliquer la Torah.
S'il était entré en terre d'Israël, il aurait développé la Torah bien davantage, et le monde aurait alors atteint sa réparation (tikoun) finale.
C'est pourquoi c'est à ce moment-là que Moché a demandé à Hachem d'entrer dans le pays. Puisqu'il avait déjà commencé à expliquer la Torah, il voulait la poursuivre et la compléter, et il savait que cela ne pouvait être réalisé qu'en terre d'Israël.

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+ Précision de la partie le long du Jourdain dite Transjordanie :

-> Le Ran (sur guémara Nédarim 22b) dit que la Transjordanie est considérée comme faisant partie de la Terre sainte, son niveau de sainteté est néanmoins inférieur à celui de la terre d'Israël proprement dit (de l'autre côté du Jourdain).
Le Ran poursuit en énumérant plusieurs ramifications de la différence de niveau de sainteté entre les deux endroits. Le korban omer, par exemple, ne peut être apporté à partir de grains récoltés en Transjordanie.

Etre juif = un privilège unique

+ Etre juif = un privilège unique :

"Un homme qui apportera, de parmi vous, une offrande pour 1'Eternel" (Vayikra 1,2)

-> Le Ben Ich 'Haï rapporte au nom du midrach que lorsque Hachem a ordonné à Israël de réaliser des sacrifices, les nations du monde se sont rassemblées chez Bilaam.
Elles lui demandèrent: pour quelle raison Hachem a-t-il donné la paracha des sacrifices à Israël alors qu'à nous, Il n'a rien ordonné?
Il leur répondit : insensés ! Israël a reçu la Torah et par conséquent la paracha des sacrifices. En ce qui vous concerne, vous n'avez pas reçu la Torah et par conséquent vous n'avez pas reçu la paracha des sacrifices.

Le Ben Ich 'Haï demande à propos de cet enseignement : bien que les nations du monde n'aient pas reçu la Torah, elles ont pourtant la possibilité de transgresser les sept lois Noa'hides qui leur furent attribuées, alors pourquoi ne pas leur donner la possibilité de faire expiation sur ces éventuelles transgressions?

Le Ben Ich 'Hai répond d'après un machal : un homme possédait une coupe en cristal de très grande valeur transmise de génération en génération. Un jour, son épouse affairée à l'entretien de la maison cassa la coupe par inadvertance.
Que pouvait-elle faire? Que pouvait-on lui conseiller?
De mijoter un bon plat apprécié par son mari, de préparer une belle table et de faire comme la reine Esther le fit pour trouver grâce et bonté aux yeux de son mari. Cependant, si la coupe avait été déposée chez un étranger et que ce dernier l'eut brisée, il est évident que même en lui préparant un très bon plat de très grande valeur cela ne l'aurait en rien aidé à apaiser son propriétaire. Le maladroit aurait quand même dû rembourser la valeur du verre.

Ainsi, il faut comprendre la réponse du midrach : la Torah établit une alliance entre le Créateur et le peuple d'Israël qu'Il considère comme Ses enfants.
Comme tous les enfants, ils peuvent parfois commettre des fautes graves et susciter ainsi la colère de leurs parents. Malgré tout, nous sommes très précieux pour le Créateur et Lui-même conseille : "de Le consoler" par nos actes et nos sacrifices.
En revanche, les nations du monde qui n'ont pas reçu la Torah n'ont pas établi d'alliance avec le Maître de l'univers et ne peuvent pas Le "consoler" par des sacrifices. Elles devront payer le prix fort pour chaque faute, qu'elle soit volontaire ou involontaire.
Sachons apprécier à sa juste valeur ce lien si précieux qui nous lie à notre Créateur et apprenons grâce à l'étude de notre sainte Torah, à le mériter tous les jours un peu plus.

Pourquoi le peuple d’Israël est-il comparé à un lion?

+ Pourquoi le peuple d'Israël est-il comparé à un lion?

"Voici un peuple qui se lève comme un lionceau" (Balak 23,24)

-> Dès le lever du soleil, il se lève fort comme un lion pour le service de son Maître (Hachem), en chantant Ses louanges. Il étudie la Tora jour et nuit.
"Il ne se couche pas sans avoir dévoré sa proie" (ibid.) = avant de s'endormir, il proclame que D. est roi ici-bas et dans le ciel en récitant le Shéma et implore la miséricorde du Roi par la lecture de différents versets en ce sens.
Rabbi Aba, lui, déduit du verset : "Voici un peuple qui se lève comme un lionceau" que, dans le futur, ce peuple se dressera contre toutes les nations païennes comme un lion puissant et fondra sur elles.

Autre explication : "Voici un peuple qui se lève comme un lionceau pour offrir des sacrifices sur l'autel devant le Roi. Nous avons appris par tradition que l'on pouvait voir la forme d'un lion dévorer le sacrifice pendant qu'il était en train de brûler sur l'autel. Et Rabbi Aba précise que ce lion dévorant était en fait l'ange Ouriel.
Lorsque les Hébreux avaient moins de mérite, ils voyaient sur le sacrifice la forme d'un chien impudent. Ils comprenaient alors qu'ils devaient se repentir et ils s'empressaient de le faire.
Suivant cette explication, la suite du verset : "Il ne se couche pas sans avoir dévoré sa proie" fait allusion aux sacrifices, comme les holocaustes, qui sont brûlés pendant la nuit.
La fin du verset : "Il boira le sang des victimes" signifie que Hachem fera la guerre pour eux contre leurs ennemis.

Pour sa part, Rabbi El'azar explique la formule "il ne se couche pas sans avoir dévoré sa proie" de la manière suivante : Quand un homme respecte les commandements de son Maître (Hachem), il ne se couche pas avant d'avoir tué 1125 êtres malfaisants qui se trouvaient à ses côtés.

Rabbi 'Hizkiya déclare : Les Bné Israël furent bénis par Bil'am à trois reprises, autant de fois qu'il avait frappé son ânesse. Rabbi 'Hiya ajoute : Ils reçurent le privilège de venir trois fois par an pour se présenter devant D. lors des fêtes de pèlerinage et de bénéficier ainsi de la bénédiction divine.
[Zohar - Balak 211a]

"Choisissez parmi vous (Litt. : retirez d’entre vous - הֵחָלְצוּ) des hommes d’armée ; ils marcheront contre Midian pour exercer sur lui la vindicte d’Hachem" (Matot 31,3)

-> Le Noam Mégadim explique qu’Israël étant un peuple saint, il est soumis à une seule règle lorsqu’il part à la guerre : il doit placer sa confiance en Hachem, seulement en Lui, et non dans les armes, les chevaux ou tout autre élément matériel. Ses yeux doivent être dirigés uniquement vers Hachem.

C’est ce que le verset vient signifier par l’emploi de l’expression : "Choisissez parmi vous [Retirez d’entre vous] des hommes d’armée", voulant ainsi suggérer : "Retirez" [de vos cœurs cette pensée qu’il y a] "parmi vous des hommes d’armée", et "ils marcheront contre Midian" avec une confiance absolue et exclusive en Hachem ; et dès lors, vous serez, à coup sûr, en mesure d’"exercer sur lui la vindicte d’Hachem".

Et le Noam Mégadim de conclure en disant : "Comprends-le bien, et que ces paroles pénètrent dans ton cœur, car ce doit être la même chose dans tous les domaines.
Dans chacune de ses voies, l’homme devra avoir l’intelligence de penser et de ressentir de cette manière, et grâce à cela, il bénéficiera d’une délivrance Divine complète."

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"(Moché envoya) Mille par tribu, mille pour chacune des tribus" (Matot 31,4)

-> Le midrach (Bamidbar rabba 22,3) explique en disant que, de chaque tribu, furent envoyés 2 000 hommes : 1000 pour combattre au front, et 1000 autres afin de prier pour eux.

-> Le rav Yé’hézkiel Lévinstein pose plusieurs questions sur ce midrach :
1°/ Pourquoi ceux qui priaient furent-ils également envoyés au front ; ne valait-il pas mieux les installer à la synagogue pour prier?
2°/ Pourquoi envoyer 1 000 hommes pour prier par tribu? Ne suffisait-il pas de réunir un minyan, d’autant plus que l’on pouvait compter sur la prière de tous les Bné Israël? Quelle était donc l’utilité d’assigner ce rôle particulièrement à ces 1 000 hommes?
Pourquoi était-il nécessaire que chaque soldat avait quelqu'un exclusivement une personne qui était là au front pour prier pour lui?
3°/ Par-dessus tout, il y a lieu de s’étonner : cette guerre était une guerre de mitsva que Hachem avait ordonnée à Moché en lui disant : "Exerce la vengeance des Bné Israël sur les Midianites". Dès lors, pourquoi fallait-il prier pour la victoire de cette guerre?

Le rav Yé’hézkiel Lévinstein y répond en expliquant que, certes c’était D. qui conduisait la bataille, mais néanmoins l’homme par nature a tendance à penser que c’est "à la force de son poignet" qu’il a pu réussir. Or, ce genre de pensée est "le début de la fin", et l’origine de la défaite.
Et puisque Hachem désirait les protéger de telles pensées, Moché dut envoyer 1 000 hommes, comme le nombre précis de combattants, afin qu’ils prient à proximité de ces derniers.
De cette manière, chacun savait qu’il y avait un homme en particulier qui priait pour lui, et il ne s’attribuait donc pas la victoire à lui-même? mais seulement au Maître du monde qui écoutait la prière de cette personne.
[l’homme est, en effet, influencé par ce que ses yeux voient. Donc, le fait de savoir que quelqu’un dans le camp prie pour lui n’est pas suffisant, et n’écarte pas le danger de penser que la réussite lui revient.]

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-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Nous pouvons avancer une autre raison pour laquelle ceux désignés pour prier devaient se trouver sur le lieu de la guerre. C'était pour qu'ils puissent prier de tout leur cœur et de toute leur âme.
Il est vrai qu'ils pouvaient prier de loin, mais s'ils ne voyaient pas le danger devant leurs yeux, leurs prières n'auraient pas la même passion et la même ferveur.
[voyant sous ses yeux les soldats adverses beaucoup plus nombreux, plus armés, plus entraînés, ... face à ce risque de mort réelle, alors chaque personne attitrée pour prier devait le faire de toutes ses forces, pour s'assurer qu'il ne mourrait pas.
Mais s'ils étaient au loin dans la synagogue, alors ils n'auraient pas conscience de cela, et ils auraient certes bien prié, mais pas de toutes leurs forces, coeur, réduisant alors l'impact de leur prière.
On apprend de là que pour nous même, et pour autrui, il ne suffit pas de remuer nos lèvres, mais il faut s'éveiller pour en arriver à tout donner dans notre prière (que tout notre coeur vibre, parle à Hachem). ]

-> Quelqu'un qui a tué accidentellement devait fuir dans une ville refuge, et y rester jusqu'à ce que le Cohen gadol meurt, car alors il devenait libre.
La michna (Makot 11) nous explique que les mères des Cohen gadol fournissaient de la nourriture et des habits [aux meurtriers qui avaient fui dans les villes de refuge] afin qu'ils ne prient pas pour que leur fils meurt.
=> En quoi de simples habits et nourriture pouvaient les apaiser, car être dans une ville refuge était comme être dans une prison (s'il en sortait avant la mort du Cohen Gadol, il pouvait être tué par la famille de la victime). Ne continueraient-ils pas à prier pour la mort du Cohen Gadol, les laisser libres de mouvement?

La réponse est qu'ils continuaient à prier pour la fin du Cohen Gadol, mais en raison des cadeaux qu'ils avaient reçu, ils ne priaient plus de tout leur coeur et de toute leur âme, et de telles prières sont moins efficaces.

-> Suite à la faute des explorateurs dans le désert, chaque année 15 000 personnes mouraient.
15 000 x 40 ans dans le désert égalent 600 000.
Il était prévu que 600 000 personnes meurent. C'était leur punition pour la faute des explorateurs.
Cependant, la dernière année, le pardon leur a été accordé. Personne ne mourut cette année-là.

Nous pouvons expliquer que lorsque les hommes sont descendus dans leurs tombes chaque année, ils n'ont pas prié de toutes leurs forces pour être sauvés.
Ils savaient que 15 000 personnes allaient mourir cette nuit-là, mais ils pensaient que d'autres mourraient peut-être et pas eux, et ils n'ont donc pas prié de tout leur cœur et de toute leur âme.
Mais en cette dernière année, les 15 000 dernières personnes de la génération précédente (qui ont péché avec les explorateurs [méraglim]) sont entrées dans leurs tombes, sachant qu'elles étaient toutes destinées à mourir.
Nous pouvons être certains que cette nuit-là, ils ont prié pour le salut de tout leur cœur.
Et lorsqu'une personne prie de tout son cœur, ses prières sont exaucés. C'est peut-être la raison pour laquelle, cette fois-ci, ils ont tous survécu.