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"Comment maudirais-je celui que D. n’a point maudit? Comment menacerais-je, quand Hachem est sans colère?" (Balak 23,8)

-> Le Ménorat haMaor commente :
"Maudirais-je" se dit en hébreu : "Ekov" (אֶקֹּב).
Que cachent les lettres de ce mot?

Les 3 lettres qui le composent sont les initiales des mots : "Amen", "Kadich", "Baré'hou".
En réalité, Bil’am le racha a dit : "Comment pourrais-je les maudire alors qu’ils disent plusieurs fois par jour "Amen", le "Kadich" et "Baré'hou" ?"

L'ânesse dit à Bil'am : "Ne suis-je pas ton ânesse, que tu as toujours montée jusqu'à ce jour? Avais-je coutume d'agir ainsi avec toi?" (Balak 22,30)

-> Abba Cohen Bardéla dit : Malheur à nous au jour du jugement! Malheur à nous au jour de la remontrance!
Bil'am, l'homme le plus sage parmi les nations du monde, ne put rien répondre aux reproches de son ânesse. [...]
A plus forte raison en sera-t-il ainsi lorsque Hachem adressera des remontrances à chacun selon ce qu'il était, comme il est dit : "Je te reprendrai et te mettrai Mes griefs sous les yeux" (Téhilim 50)"
[midrach Béréchit rabba - Vayigach]

-> Le Beit haLévi commente :
Par nature, quand un homme commet une faute ou un acte répréhensible, il se trouve toutes sortes d'excuses pour justifier son geste.
Mais lors du Jugement futur, Hachem, chez qui l'oubli n'existe pas, présentera à l'homme d'autres actions similaires, accomplies dans des circonstances différentes, qui l'amenèrent à opter pour l'attitude exactement inverse.
C'est en ce sens que l'on peut lire dans ce texte : Hachem adressera des remontrances à chacun selon ce qu'il était" = c'est-à-dire à l'aune de sa propre conduite.

[ex : on affirme ne pas avoir de forces, de temps pour aller étudier la Torah, mais lorsqu'il s'agit de faire autre chose, alors nous le pouvons!]

"Il se couche, il repose comme le lion et le léopard : qui osera le réveiller?" (Balak 24,9)

-> Rabbi Abahou ben Zoutrati dit au nom de rav Yéhouda bar Zvida : On a envisagé d'inclure la section de Balak dans le Shéma.
Pourquoi ne l'a-t-on finalement pas fait?

Pour ne pas peser sur l'assistance ...
Rabbi Yossi bar Avin affirme : [On l'a envisagé] parce qu'il est écrit dans ce passage : "Il se couche, il repose comme le lion et le léopard : qui osera le réveiller?"
[guémara Béra'hot 12b]

-> "Il se couche, il repose" = ce qui fait écho au [verset figurant dans le Shéma] : "A ton coucher et à ton lever" = c'est-à-dire que Hachem nous protège à notre coucher et à notre lever, afin que nous puissions dormir paisiblement comme le lion et le léopard.
[Rachi - guémara Béra'hot 12b]

-> Il aurait convenu que nous lisions la section de Balak quotidiennement ...
Rabbi 'Hina dit : Parce qu'il y est question de coucher et de lever.
[guémara Yérouchalmi]

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-> "Mon peuple! Rappelle-toi seulement ce que méditait Balak, roi de Moav, et ce que lui répondit Bil'am, fils de Béor, de Chittim à Guilgal, et tu connaîtras les bontés de Hachem" (Mikha 6).

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-> "Hachem mit Sa parole dans la bouche de Bil’am" (Balak 23,5)

-> Hachem a dit à Israël : "Mes enfants! Ce racha a voulu vous maudire, mais J’ai déformé sa parole et J’ai transformé ses mots en bénédictions".
En effet, il est dit : "Mais Hachem, ton D., n’a pas voulu écouter Bil’am" (Balak 23,6).
Un ange s’est installé dans sa gorge. Lorsque Bil’am voulait prononcer une bénédiction, l’ange le laissait faire.
En revanche, s’il s’apprêtait à maudire le peuple, l’ange lui fermait la bouche et l’en empêchait.
Ainsi, le terme "Sa parole" désigne en réalité "un ange", comme dans le verset : "Il envoya Sa parole pour les guérir" (Téhilim 107,20).
[midrach Yelamdénou]

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-> Pour la plupart des récits de la Torah, les événements relatés se sont déroulés sous les yeux de Moché et du peuple juif.
Or, la paracha de Balak est une exception à cette règle : hormis ses 9 derniers versets, toute la narration de ce passage rapporte des faits et des échanges qui se sont produits loin du campement d'Israël. Pas un hébreu n'a vu les messagers de Balak se rendre chez Bil'am, et personne n'a été informé de leurs sombres desseins.

De même pour la suite de ce récit : ni Moché ni aucun des Bné Israël n'ont eu connaissance des manœuvres déployées par ces hommes ou des bénédictions de Bil'am. Et selon toute vraisemblance, ces machinations ont été gardées secrètes, et hormis les anciens de Moav et Midiyan, nul n'a été mis dans la confidence.
=> Comment Moché a-t-il pu transcrire un rapport détaillé des événements entre Balak et Bil'am?

Le rav 'Hanokh Erentrau (Komets haMin'ha) explique que la réponse apparaît clairement dans le verset : "Quelqu'un peut-il se cacher dans un lieu secret, sans que Je le voie, dit Hachem" (Yirmiyahou 23). Rien de tout ce qui se passe dans le monde n'échappe à Hachem : c'est donc Lui qui informa Moché de ce projet et qui lui en fit le récit.
=> Notre paracha constitue donc une preuve irréfutable de l'origine Divine de la Torah.

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-> De plus, ce miracle s'est produit de manière totalement secrète : personne n'eut vent du complot contre le peuple juif, et seuls Balak et ses ministres virent comment les malédictions se transformèrent miraculeusement en bénédictions.
C'est à ce sujet qu'il est écrit : "Celui qui accomplit, Lui seul, de grands prodiges" (Téhilim 136).
Dans ce contexte, "Lui seul" ne signifie pas que D. n'a besoin de l'aide de quiconque, ce qui serait une évidente vérité.
L'explication apparaît dans cette sentence de la guémara (Nida 30a) : "Le bénéficiaire d'un miracle n'en a [souvent] pas conscience".
Si le Créateur accomplit "Lui seul" ces miracles, c'est parce que l'homme n'est souvent au courant ni du danger qui le guettait, ni de la délivrance dont il a été l'objet.
["Il ne dort ni ne ne sommeille, le Gardien d'Israël" (Téhilim 121,4)]

=> Ceci et la preuve irréfutable de l'intervention de la Providence Divine, qui constitue l'un de nos principes de foi.

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-> Le rav Yossef Albo (Séfer ha'Ikarim) recense 3 articles de foi élémentaires :
1°/ l'existence du Créateur ;
2°/ l'origine de la Torah ;
3°/ l'intervention de la Providence dans le monde.

Le Léka'h Tov commente :
Dans le passage du Shéma, nous proclamons le 1er de ces principes, à savoir l'existence d'un D. unique.
Si nos Sages ont envisagé d'y inclure également la lecture de la paracha Balak, c'est parce qu'ils y ont décelé les 2 autres principes : celui de l'origine Divine de la Torah et celui de la Providence dans le monde.
La lecture de ces 2 passages aurait ainsi permis d'évoquer ces 3 fondements de notre foi, en complétant le Shéma avec notre paracha.

Moché écrivit son livre (le 'houmach), la paracha de Bil'am et le livre de Yov.
[guémara Baba Batra 15a]

=> Pourquoi la guémara dit-elle que Moché a écrit la paracha de Bil'am? Ne fait-elle pas partie du 'houmach rédigé par Moché?

-> Rachi commente :
Bien que la paracha de Bil'am, dans le livre de Bamidbar (Balak), soit incluse dans les 5 livres du 'houmach, elle doit être considérée comme une paracha indépendante. En effet, les prophéties et les allégories de Bil'am sur les nations du monde n'ont aucun rapport direct avec Moché, sa Torah et les événements de sa vie et du peuple juif.

-> Le Ritba enseigne :
La paracha de Bil'am du 'houmach a été rédigée comme toutes les autres parachiot par Moché, sous la dictée d'Hachem.
Par contre pour la section de Bil'am rédigée par Moché, dont parle la guémara, il s'agit d'un livre spécial désigné : "Séfer Bil'am" où est raconté, plus longuement que dans la paracha Balak, le déroulement des événements. Ce livre (séfer) a été perdu par la suite, comme ont été perdus d'autres séfarim.

-> Le Avi Ezri (sur Rambam dans Yessodé haTorah 6,7) écrit :
Tous les prophètes reçoivent leur prophétie selon leur niveau et la comprennent selon leur état de préparation.
Moché recevait sa prophétie avec une grande clarté et sans énigmes, selon le verset : "Je lui parle face à face, dans une claire apparition et sans énigmes" (Béaaloté'ha 12,8).
Bil'am aussi a bénéficié ici, exceptionnellement, d'une prophétie claire afin d'être obligé, malgré lui, de bénir le peuple juif.
Cependant, le manque de préparation de Bil'am pour cette prophétie a obligé Moché à réécrire cette section comme une copie ; c'est cela qui différentie la paracha Bil'am des autres parachiot du Séfer Torah écrites directement par Moché.

[du fait que les bénédictions que contient la paracha Balak ont été imposées au prophète des nations Bil'am, qui avait l'intention de maudire ce peuple, Moché a dû réécrire cette paracha de Bil'am, afin que ces bénédictions émanent d'une source pure et non d'une source impure. Ainsi, le "canal" par lequel transite une information est plus important que l'information elle-même, serait-ce une bénédiction aussi extraordinaire.]

"C’est un peuple qui demeure solitaire, et parmi les peuples il n’est pas considéré" (Balak 23,9)

-> Quand les juifs prient avec 10 personnes, ce qui est la valeur numérique du mot "badad" (solitaire - בָדָד), alors D. demeure parmi eux et exauce leurs prières.
"Et parmi les peuples il n’est pas considéré" = même si tous les autres peuples s’unissent pour détruire les juifs, ils sont considérés comme rien.
[le Vayessof David]

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-> b'h, également sur ce verset : https://todahm.com/2013/10/27/sans-paire-mais-pas-sans-pere

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+ La Torah sauve et protège :

-> "C’est un peuple qui demeure solitaire, et parmi les peuples il n’est pas considéré"

Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°631) enseigne :
Ce verset n’est dit qu’en fonction de l’amer exil de l’approche du machia’h. Il est presque impossible à un juif de sortir de chez lui, chaque coin de rue est rempli d’impureté et il est impossible de ne pas se laisser aller à regarder, et alors comment ne pas fauter?
Nous devons savoir qu’il est impossible à l’homme d’être préservé de la débauche à moins d’être attaché à la Torah à chaque instant, mais la Torah protège et sauve.

Dans la guémara (Ketoubot 17a) il est dit sur Rabbi Yéhouda bar Ilaï qu’il prenait une tige de myrte et dansait devant la mariée, en disant : "La mariée est belle et bonne".
Rav Chemouël bar bar It'hak dansait en jonglant.
Rav Zira dit : "Ce vieux sage nous fait honte!"
Mais quand il mourut, une colonne de feu vint séparer entre lui et le reste du monde, et nous savons que cette colonne de feu n’apparaît qu’une seule fois par génération, ou deux fois au maximum.
Rav A’ha prenait la mariée sur ses épaules et dansait avec elle. Les autres rabbanim lui dirent : "Pouvons-nous faire la même chose?"
Il leur répondit : "Si elle est pour vous comme une planche, vous le
pouvez, et sinon, non".
Rachi explique : comme une planche = un objet qui n’inspire absolument aucune pensée.
=> Comment ces tsaddikim se conduisaient-ils ainsi sans en venir à des pensées impures ?

Parce qu’ils étudiaient la sainte Torah, elle les protégeait pour qu’ils n’aient pas de pensées malhonnêtes. Ils regardaient, et pourtant cela ne les impressionnait pas.
Dans le même ordre d’idées, on trouve dans la guémara (Béra'hot 20a) : Rav Guidel avait l’habitude de s’asseoir aux portes du mikvé pour expliquer aux femmes comment faire la tévila (l'immersion).
Les rabbanim lui dirent : n’avez-vous pas peur du yetser ara?
Il répondit : pour moi, elles ne sont pas plus que des volatiles blancs.

Le Rambam (Issourei Bia 22, 21) nous enseigne que : "Les pensées
impures ne prennent de force que dans un cœur dénué de sagesse".
Cela se trouve en allusion dans le verset : "C’est un peuple qui demeure seul".
Le mot "lévadad" (seul) a la valeur numérique de 40, allusion à la Torah qui a été donnée au bout de 40 jours. Cela nous enseigne que du fait que l’homme étudie la Torah, il parvient à accomplir "il n’est pas compté parmi les peuples".
Et ainsi, bien qu’il ait l’occasion de rencontrer des choses "laides", comme il étudie la Torah, il a la possibilité de les voir sans que cela
déclenche des pensées impures.

"Il n’est pas compté parmi les peuples" = Cela enseigne qu’il ne pense pas aux mêmes choses que les autres peuples, parce que sa préoccupation est dans la Torah.

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-> Le Kouzari dit qu'il y a 4 catégories dans ce monde : les minéraux, les végétaux, les animaux, les êtres humains et les juifs.
[On peut remarquer qu'à chaque passage à une catégorie supérieure, il y a un ajout toujours plus conséquent de nouvelles capacités.
Il en découle d'un juif ne peut pas se comporter, voir la vie, comme un non-juif, car il y a des potentialités et un impact sur le monde considérablement plus important (ex: un mot positif ou négatif a des conséquences folles pour un juif!).
De même qu'un homme ne s'enorguellit pas d'être supérieur à un animal, de même un juif ne doit pas s'enorgueillir à l'idée d'être supérieur à un non-juif.
Par contre, on se doit d'être joyeux, fier d'être juif, pour développer notre conscience et notre responsabilité d'agir comme il faut.

"C’est un peuple qui demeure solitaire, et parmi les peuples il n’est pas considéré" = un juif est une catégorie à part ("solitaire") aux capacités supérieures par rapport aux autres êtres humains, et personne n'a conscience de leur grandeur phénoménale (il n'est pas considéré!).
Selon nos Sages, la plus grande faute d'un juif, est d'oublier, de négliger, ce qu'implique le fait d'être juif!
"Si un juif savait [réellement] ce qu'est être un juif, alors il danserait jusqu'à 120 ans!" (im yéhoudi aya yodéa ...)]

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-> La plus grande faute que puisse commettre un juif est d'oublier qu'il fait partie de la famille royale, fils du Roi des rois, car en faisant cela il quitte son piédestal et se dirige alors vers des fautes toujours plus graves."
[Rabbi Moché de Kobrin]

-> Un jour, après avoir été accueillie chaleureusement par le rav Moché Chmouël Shapira, une personne a a dit : "Je ne suis qu’un simple juif ..."
Le rav Shapira lui a alors répondu en tremblant : "Un simple juif est une chose qui n’existe pas! Savez-vous ce que signifie être juif?
Je vais vous montrer ce qu’être juif implique : je me lève en votre honneur car vous êtes un juif!"
Et le rav Shapira s’est levé de toute sa hauteur et lui a serré dignement la main.

[une des plus grandes forces du yétser ara est de nous faire perdre notre grandeur à nos yeux, pour nous pousser à agir avec moins de grandeur.
En effet, moins nous avons de valeur de nous-même, moins nous tendons vers des sommets spirituels!

L'humilité ce n'est pas s'enorgueillir de "je ne suis rien", mais c'est d'abord prendre conscience des capacités sublimes que Hachem m'octroie, et ensuite tout faire pour les exploiter au mieux.
Plus on se connait réellement (forces/faiblesses - notre moi = ani - אני), alors plus on tend vers le "je ne suis rien" de Moché (en changeant les lettres de ani, on a : én - אין - rien).
Le problème est que le yétser ara inverse l'ordre des choses!]

"Voyez! Ce peuple se lève comme un léopard, il se dresse comme un lion ; il ne se reposera qu’assouvi de carnage" (Balak 23,24)

=> Comment Amalek put-il se tromper en pensant vaincre le peuple juif? Quelle fut son erreur?
D’où eut-il l’audace de combattre les Bné Israël après tous les miracles que Hachem accomplit en leur faveur?

Le ‘Hatam Sofer note que le nom Amalek correspond aux initiales des noms : Amram, Moché, Lévi et Kéhat.
Amalek, constatant que son nom recelait une allusion à ces 4 grandes figures de la tribu de Lévi, en déduisit qu’il détenait le pouvoir de lutter contre le peuple juif.
Cependant, il ne tint pas compte du fait que les lettres finales de ces noms forment le mot mita, allusion au fait que quiconque leur livre bataille est destiné à la mort.

Cette idée peut se lire en filigrane à travers l’oracle de Bil'am concernant Amalek : "Amalek était le premier des peuples (réchit goyim) ; mais son avenir (véa’harito) est voué à l’échec" (Balak 24,20)
Les mots "réchit goyim" peuvent se référer aux 4 personnalités (réchit) du peuple juif (goyim) évoquées ci-dessus, tandis que le terme véa’harito peut être interprété comme signifiant les lettres finales [des noms de ceux-ci], qui comme nous l’avons dit, forment le mot mita (la mort).

"Ce peuple se lève comme un lionceau, il se dresse comme un lion" (Balak 23,24)

-> Le "lion" est plus fort que le "lionceau".
Quand un juif se lève pour servir Hachem, il est seulement comme un "lionceau", mais rapidement on lui vient en aide du Ciel, "celui qui vient se purifier, on l’aide", et il se dresse comme un lion.
[Maayana chel Torah]

Rabbi El'azar fils de Rabbi Yossi dit : "Tout acte de bonté ('hessed) ou de charité (tsédaka) que le peuple juif accomplit dans ce monde-ci contribue à une grande paix et crée des anges défenseurs auprès de notre Père Céleste" ...
Rabbi Yéhouda enseigne dans une "braïta" : "la tsédaka a une grande vertu : elle nous rapproche de la guéoula, car il est dit : "Ainsi parle Hachem : Observez la justice et pratiquez la tsédaka ; Mon salut est prêt de venir et Ma délivrance (guéoula) à se manifester" (Yéchayahou 56,1).
[...]
La tsédaka nous délivre de la mort, d'après le verset : "la tsédaka nous sauve de la mort" (Michlé 10,2).
[guémara Baba Batra 10a]

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=> Comment comprendre la double vertu du 'hessed et de la tsédaka : l'instauration du Shalom (paix) et la création d'Anges défenseurs?

-> Le Maharcha explique :
Quiconque prodigue des bienfaits (guémilout 'hassadim) à autrui, ou lui distribue de l'argent de tsédaka, fait preuve de miséricorde envers son prochain.
Or, selon Rabban Gamliel (guémara Shabbath 151b), Hachem sera Miséricordieux avec celui qui est miséricordieux envers les créatures, mesure pour mesure, d'après ce verset : "Il témoigne Sa miséricorde à ceux qui sont miséricordieux" (Réé 13,18).
La miséricorde Divine envers cet homme généreux, qui a pitié d'autrui, se manifestera essentiellement par un état de Shalom (paix) et par la création d'un Ange intercesseur auprès de Lui.

-> Le Torat 'Haïm écrit à ce sujet :
Selon le midrach (Béréchit rabba 8,5), au moment où Hachem s'apprêtait à créer l'homme, il consulta les serviteurs Célestes.
La Bonté ('hessed) dit : que l'homme soit créé, car il est capable d'actes de guémilout 'hassadim.
La Justice (tsédek) dit également : que l'homme soit créé, car il pratiquera la tsédaka.
Par contre, la Vérité (émet) dit que l'homme ne soit pas créé, car il pratiquera souvent le mensonge.
De même, la Paix (shalom) protesta : que l'homme ne soit pas créé, car il est porté sur les querelles et les disputes.
Que fit Hachem?
Il prit la Vérité et la jeta sur terre, d'après ce verset : "Il prit Vérité et la jeta sur terre" (Daniel 8,12).

Ainsi, lorsqu'Israël pratique le 'hessed et la tsédaka, la paix ne protestera plus, car son avis devient minoritaire après que la Vérité soit "à terre".
Mais si Israël ne pratique pas le 'hessed et la tsédaka, la paix pourra protester contre la création de l'homme, et donc il n'y aura pas de paix entre Israël et Hachem.

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=> Comment comprendre que la tsédaka rapproche l'instant de la guéoula (Délivrance)?

-> Le Maharcha explique :
Selon le principe de réciprocité, mesure pour mesure, lorsqu'Israël accomplit la mitsva de tsédaka, Hachem accomplit à son tour un acte de tsédaka envers les Bné Israël en les délivrant de l'exil.
Même si pendant l'exil, Hachem n'abandonne pas Son peuple et fait pour lui de la tsédaka discrètement, si Israël pratique la tsédaka, il sera récompensé par une tsédaka révélée lors de la guéoula.

-> Le 'Hida dit :
Selon le midrach (Dévarim rabba 5,3), alors que les sacrifices (korbanot) ont le pouvoir d'expier seulement les fautes involontaires, la tsédaka a le pouvoir d'expier aussi bien les fautes involontaires que les fautes volontaires.
C'est pourquoi, la tsédaka, qui diminue les fautes même volontaires qui bloquent l'arrivée de la guéoula a le pouvoir de rapprocher la guéoula.

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
Si, selon Rabbi Yéhouda, seule la tsédaka a le pouvoir de rapprocher la guéoula, pourquoi le verset cite aussi la Justice : "Observez la justice et pratiquez la tsédaka" (Yéchayahou 56,1)?
C'est pour nous enseigner que la pratique de la tsédaka n'a le pouvoir d'accélérer la manifestation de la guéoula que si l'argent distribué aux nécessiteux est obtenu avec droiture et justice par le donateur.
C'est pourquoi le verset commence par l'observation de la Justice, pour rappeler que c'est la condition d'efficacité de la tsédaka pour amener la guéoula.
[...]
Le mot tsédaka (צדקה) est formé des 4 lettres qui s'écrivent en "plein" :
- on a : צדי (tsadi [appelé aussi : tsadé, tsadik]) ;
- puis : דלת (dalet) ;
- et : קוף (kouf) ;
- et enfin : הה (hé).
Les secondes lettres respectives (dalét, lamed, vav et hé) ont une guématria totale de : 45, qui est la même guématria que celle du mot : guéoula (גאולה).
De plus les lettres finales restantes (soit : youd, tav et pé) ont une guématria totale de 490, qui est égale à celle du mot פדות (pédout - délivrance), et également à celle du mot : תמים (tamim - complet).
=> Nous avons ainsi une allusion numérique au fait que la tsédaka conduira à une délivrance complète.

-> Les mots : "Si tu prêtes de l’agent à [quelqu'un de] Mon peuple" (Michpatim 22, 24) ont la même valeur numérique que : "Je vous enverrai rapidement le machia'h fils de David".
[Imrot Téhorot]

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=> Pourquoi la tsédaka a t-elle le pouvoir de nous sauver de la mort?

-> Le Maharal ('Hidouché Agadot) donne les 2 justifications suivantes :
1°/ La tsédaka sauve de la mort selon le principe de réciprocité, mesure pour mesure.
En effet, la tsédaka, distribuée à un pauvre considéré comme "mort" par manque total de moyens, redonne vie à ce dernier. Réciproquement, le donateur, pour qui la mort a été prévue dans le Ciel, est digne d'être sauvé de cette mort.

2°/ La tsédaka n'est pas une chose naturelle, car distribuer une partie de ses biens à autrui sans contrepartie s'oppose à la nature humaine.
C'est pourquoi, la tsédaka ordonnée par Hachem a un caractère spirituel et a donc le pouvoir d'être plus puissante que la mort qui est un évènement naturel attaché à la matière.

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
La mort est qualifiée d'obscurité ('hochekh) d'après le verset : "Avant que s'obscurcissent le soleil et la lumière" (Kohélet 12,2), et la vie est qualifiée de lumière (or) d'après le verset : "Car près de Toi est la source de vie ; à Ta lumière nous voyons le jour" (Téhilim 36,10).
Or, la guématria du mot : tsédaka (charité - צדקה) est de 199.
Si l'on retranche : mavét (mort - מות) de guématria : 446, à la valeur numérique de la tsédaka, on obtient : 207 (446-199), qui est la guématria du mot : or (lumière - אור).
Ainsi, il y a une allusion numérique au fait que la tsédaka repousse la mort symbolisée par l'obscurité et maintient la vie symbolisée par la lumière.

Le puits de Myriam

+ Le puits de Myriam :

-> Grâce au puits de Myriam, on identifiait les sites de campements des différentes bannières et on marquait leurs frontières.
Les puits s'arrêtait à l'endroit où devait se placer le Michkan, précisément à l'entrée du parvis, près de la tente de Moché. Ainsi, on dressait les 12 piliers du Michkan autour du puits.

Ensuite, au début du chant des Lévi'im (évoqué dans la paracha 'Houkat), l'eau de ce puits commençait à surgir de la terre et à se diviser en plusieurs ruisseaux. L'un d'eux se partageait pour couler [vers l'intérieur] en direction des 4 angles de l'enceintE du Michkan et [vers l'extérieur] en direction de l'extrémité du camp.

L'un de ces ruisseaux traversait le camp des Lévi'im dont il faisait le tour, puis il atteignait chaque famille individuellement. Les autres affluents jaillissaient en direction des tribus juives et encerclaient chacune d'elles. De la sorte, chaque tribu connaissaient les limites de son territoire.

De plus, une voie d'eau reliait une bannière à l'autre. Ainsi, chaque fois qu'une femme désirait passer d'un camp à l'autre [par exemple pour épouser une homme d'une autre tribu], elle s'y rendait en bateau.
[cela se passa en plein désert aride pendant 40 ans pour des millions de personnes!]
[Méam Loez - Bamidbar 2,25-31]

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-> Tout comme la manne a servi de nourriture aux Bné Israël pendant les 40 années passées dans le désert, le puits de Myriam leur a fourni une alimentation liquide. Et tout comme la manne pouvait avoir le goût de n'importe quoi, le liquide du puits de Myriam pouvait avoir le goût du liquide que l'on voulait. [midrach Talpiot yayin]
Selon la Mékhilta (Yitro), on pouvait goûter du vieux vin, du vin nouveau, du lait, du miel et n'importe quoi de sucré.

-> L'eau coulait au milieu du camp comme un fleuve (Hadar Zékénim - 'Houkat), et autour du puits poussaient toutes sortes d'herbes dans lesquelles les gens se roulaient et qui devenaient pour eux un parfum (midrach Shocher Tov 23).
Dans l'eau, il y avait toutes sortes de poissons gras (Béréchit rabba 66,3), et grâce à l'eau, chacun pouvait planter des figues, des raisins et des grenades à proximité et ils produisaient des fruits en un seul jour (Tan'houma Kédochim 7).

"Prends Aharon et son fils El'azar et fais-leur gravir le mont Hor. Dépouille Aharon de son costume et revêts-en son fils El'azar. Aharon rejoindra [ses ancêtres] et mourra là-bas" ('Houkat 20,25-26)

-> Le Méam Loez enseigne :
Hachem ordonna à Moché de faire monter Aharon au sommet du mont Hor, vêtu des 8 vêtements de prêtrise.
Une fois arrivés, il devait lui ôter ses vêtements dans l'ordre où ils avaient été passés.
Par exemple, la tunique portée à même la peau devait être enlevée la première et ainsi de suite.
De plus, au fur et à mesure que ses vêtements de grand prêtre (Cohen Gadol) étaient retirés, son fils El'azar devait les porter.
Ainsi, Aharon aurait la satisfaction de voir El'azar porter les habits de Cohen Gadol en tant que son successeur.

Selon nos Sages, le fait que les vêtements fussent ôtées de cette façon représentait un grand miracle.
Théoriquement, il n'était pas possible d'enlever la tunique intérieure sans commencer par ôter la ceinture qui soutenait le pectoral et l'éphod. Pourtant, c'est ce qui se produisit.
Ainsi, alors que El'azar revêtait les 8 vêtements dans l'ordre où Aharon les avait mis, il ne fut pas nécessaire de dévêtir entièrement Aharon.
[...]

Un commentateur remarque qu'Aharon n'eut pas besoin de revêtir ses habits sacerdotaux pour cette occasion car il les avait déjà mis ce jour-là pour accomplir le service sacré.
Dès qu'il termina d'offrir le sacrifice quotidien avec l'encens et d'allumer la ménora, Moché l'emmena, encore vêtu de ses vêtements sacerdotaux, aux sommets de la montagne.
Là, Moché les lui ôta et les passa à El'azar.

Pendant que Moché retirait à Aharon ses vêtements l'un après l'autre, D. l'habillait d'un vêtement spirituel venant des "habits" de la Présence Divine (chékhina).
Ainsi, il ne fut privé d'aucun des habits de prêtrise.

[Lorsque Moché apprit la mort prochaine d'Aharon,] il s'exclama : "Maître du monde! Pourquoi désires-Tu sa mort si rapidement? Est-ce à cause de Ton serment qu'il n'entrerait pas en terre d'Israël? Qu'il reste dans le territoire qui sera donné en héritage aux descendants de Gad et Réouven, hors de la terre d'Israël. Les Bné Israël entreront au pays sans lui. Il n'est pas nécessaire de causer sa mort."
D. lui répondit : "Sache que cela est impossible. La terre d'Israël dont Je fais présent aux Bné Israël est conditionnelle à la mort d'Aharon. Si tu ne veux pas qu'Aharon meure, les Bné Israël n'entreront pas en terre d'Israël".
[...]

Lorsque tous trois (Moché, Aharon, El'azar) parvinrent au sommet de la montagne [Hor], Moché commença à dévêtir Aharon.
Il lui demanda : "Aharon, mon frère, que vois-tu?"
Aharon répondit : "Je ne vois rien d'autre que les Nuées de gloire".
Moché dit : "Entre dans cette grotte, mon frère".
Lorsque Aharon y pénétra, il vit un lit préparé, auprès duquel se trouvait un candélabre à 7 branches.
Aucun tsadik ne mérita un tel privilège.

Cependant, la Torah avait déjà fait allusion à cette distinction par les mots : "Lorsque tu allumeras les lampes, les 7 lampes illumineront la ménora" (Béaaloté'ha 8,2).
Hachem faisait savoir à Aharon que pour le récompenser d'avoir accompli le commandement d'allumer la ménora dans le Michkan, 7 lampes seraient allumées à sa mort.

Moché pria Aharon de s'allonger sur le lit, d'allonger les bras et les jambes puis de fermer la bouche et les yeux. Aharon s'exécuta.
Moché demanda : "Que sens-tu?"
Aharon répondit qu'il ne pouvait pas décrire la sensation du moment de la mort mais qu'un instant plus tôt, il avait perçu un goût indescriptible. C'est alors que la Présence Divine emporta l'âme d'Aharon par un baiser, et la colonne de nuée le couvrit.

Après que Moché et El'azar aient embrassé Aharon, D. leur ordonna de quitter la grotte. Lorsqu'ils furent sortis, l'entrée de la grotte se referma.
Après avoir vu la mort d'Aharon, Moché pria : "Puisse-t-il être Ta volonté que ma mort soit semblable à la sienne!"
Lorsque vint le moment où Moché devait quitter ce monde, D. lui dit : "Meurs sur la montagne que tu as gravis et sois réuni à ton peuple, comme ton frère Aharon mourut sur le mont Hor et fut réuni à son peuple" (Haazinou 32,50).
D. annonça à Moché que comme il l'avait demandé, sa mort serait identique à celle d'Aharon.

Après la fermeture définitive de la grotte, Moché descendit de la montagne avec El'azar, pratiqua une déchirure sur son vêtement et se lamenta : "Malheur! Oh! Aharon, mon frère! Toi qui portes toutes les prières des Bné Israël en ce jour où par ta mort tu fais expiation pour eux! Malheur! Ce protecteur d'Israël n'est plus!"

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"Moché fit comme D. le lui avait ordonné. [Tous trois] gravirent le mont Hor en présence de toute la communauté. Moché dépouilla Aharon de son costume et en revêtit son fils El'azar.
Aharon mourut là, au sommet de la montagne.
Moché et El'azar descendirent de la montagne. Le peuple se rendit compte qu'Aharon était mort. Toute la famille d'Israël pleura Aharon pendant 30 jours" ('Houkat 20,27-29)

-> Le Méam Loez commente :
Lorsque les Bné Israël virent que seuls 2 des 3 hommes qui avaient gravi la montagne revenaient, ils émirent 3 opinions.
Un groupe affirmait que Moché avait tué son frère pour s'approprier la prêtrise, le 2e qu'El'azar avait assassiné son père pour prendre sa place, et le 3e que le moment de la mort d'Aharon était venu.
Ils interrogèrent Moché et El'azar à leur retour et ceux-ci leur répondirent qu'Aharon était mort.
Ils leur demandèrent comment cela était possible alors qu'après la révolte de Kora'h, Aharon avaient vaincu l'Ange de la mort et arrêté l'épidémie. Ils s'exclamèrent : "Comment l'Ange de la mort avait-il pu abattre Aharon alors qu'il s'était interposé entre les morts et les vivants et avait mis fin à l'épidémie" (Kora'h 17,13).

Les Bné Israël menacèrent donc de lapider Moché et El'azar s'ils ne leur rendaient pas Aharon.
Consterné, peiné et perplexe, Moché implora D. et sa prière fut acceptée.
Hachem ordonna aux anges de sortir le corps d'Aharon et de l'exhiber en l'air afin que les Bné Israël le voient et cessent d'accuser Moché et El'azar.

Les anges exécutèrent l'ordre de D. : le lit portant le corps d'Aharon fut suspendu en l'air. Hachem passa devant et fit son éloge funèbre : "La Torah de vérité était dans sa bouche et on ne trouvait pas d'iniquité sur ses lèvres. Il marchait avec Moi en paix et avec intégrité, et il détourna de nombreuses personnes de la faute" (Mala'hi 2,6).
[...]

Lorsque les Bné Israël entendirent l'éloge funèbre de D. et les anges, ils se mirent eux aussi à prononcer l'éloge d'Aharon, jeunes et vieux, hommes et femmes.
Une période de deuil profond s'ensuivit ; elle dura 30 jours.

Le deuil général qui s'ensuivit ne fut jamais égalé.
Lorsque Myriam était morte, seuls Moché et Aharon prirent le deuil. Moché lui-même ne fut pas pleuré par tous les Bné Israël car beaucoup d'entre eux avaient des griefs contre lui à cause des fréquents reproches qu'il leur avait adressés.
Par contre, tout le monde aimait Aharon. Ses paroles étaient toujours aimables et conciliantes. Même lorsqu'un homme péchait, il ne l'accusait jamais brutalement d'être un fauteur. Il s'adressait à lui avec respect et lui disait : "Mon fils, je t'en prie, n'agis plus comme cela car c'est contraire à la volonté de D."
Chaque fois qu'il voyait un homme se disputer avec son épouse, il ne les quittait pas avant d'avoir rétabli la paix entre eux. Pas un seul Bné Israël ne l'aimait pas.