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"Sois excessivement humble" (Pirké Avot 4,4)

-> Le rav Its'hak de Komarno (Notser 'Hessed) explique que puisque l'orgueil est une faute grave semblable à l'idolâtrie, une personne ne peut pas parvenir à s'en distancier toute seule sans l'aide d'Hachem.
Et cela est vrai même pour les saints tsadikim avec des âmes élevées, qui doivent également surmonter l'arrogance.

Lorsque le Arizal était sur le point de quitter ce monde, ses lèvres murmuraient une prière à Hachem : "Garde-moi de l'orgueil".
De même, avant de mourir, on entendait le Baal Chem Tov murmurer : "Ne me fais pas aller [même] un pas dans l'orgueil".

Le Maguid de Mézéritch disait : "On ne peut pas [complètement] déraciner de soi [l'orgueil] ... mais plutôt on doit s'en protéger même à notre dernier souffle de vie".

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-> "Sois humble devant tout homme" (Pirké Avot 4,10)

=> Pourquoi la lettre "youd" symbolise le juif, que nous appelons un Yid?

Le rav Sim'ha Bounim de Pshis'ha répond : de même que c'est la plus petite et la plus humble des lettres de l'alphabet hébraïque, de même c'est par son humilité qu'un juif maintient son identité de Yid.

Si on allonge le "youd" vers le bas cela devient un "vav", si on l'allonge vers le haut c'est un "réch", sur les côté cela devient un "zaïn".
Ainsi, ce n'est que dans son état de petitesse, d'humilité (sans s'allonger en-haut, en bas, sur les côtés), qu'un individu reste un juif (Yid).

Rabbi Chimon dit : "Si 3 personnes ont mangé à une même table et n’y ont pas prononcé de paroles de Torah, c’est comme si elles avaient consommé des sacrifices offerts aux morts [aux idoles]" (Pirké Avot 3,4)

-> Le Tiféret Shlomo commente :
Même quand quelqu'un peine dans la Torah jour et nuit, il a quand même besoin de réciter et d'étudier de la Torah à sa table.
La raison est parce que Adam, le 1er Homme, avait en lui une âme collective, qui comprenait toutes les âmes qui seront amenées à naître après lui.
Lorsque Adam a fauté, ces saintes âmes ont été souillées, et sont descendues à un niveau spirituel plus bas, se réincarnant en animal, en végétal, et en minéral.
La seule façon pour que ces âmes puissent se réparer et être élevées de leur niveau est grâce à un juif qui va manger ces nourritures dans la sainteté et la pureté, en prononçant les bénédictions relatives, avant et après les manger.
Suite à cela, pour que ces âmes puissent être réincorporées dans le peuple juif, elles doivent accepter de nouveau la Torah.

Ainsi, des mots de Torah doivent être récités à la table où l'on mange, afin de renouveler et revigorer ces âmes.
Si aucune parole de Torah n'est prononcée (en plus des bénédictions), bien que ces âmes seront libérés de leur servitude des klipot (écorces d'impureté), néanmoins, elles n'auront aucune source d'alimentation et elles resteront comme des carcasses mortes.

C'est pourquoi, la michna nous dit que "n’y ont pas prononcé de paroles de Torah, c’est comme si elles avaient consommé des sacrifices offerts aux morts" = cela fait référence aux âmes "mortes" d'un malnutrition (spirituelle), puisqu'elles n'ont pas pris part à une nourriture de Torah.

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[ainsi, lorsque nous mangeons, nous devons également penser à nourrir les étincelles d'âme qui peuvent être contenues dans notre alimentation, que ce soit par les bénédictions et par quelques mots de Torah.]

"Considère trois choses et tu n’en viendras pas à la transgression : sache d’où tu proviens, où tu aboutiras et devant qui tu es appelé à rendre compte.
D’où tu proviens : d’une goutte putride ; où tu aboutiras : dans un lieu de poussière, de vermine et de vers ; et devant qui tu es appelé à rendre compte : devant Celui qui est souverain sur les rois des rois, Hachem" (Pirké Avot 1,3)

=> Pourquoi cette michna se répète-t-elle inutilement en posant 3 questions, puis en les répétant de nouveau lorsqu'elle en donne les réponses?

-> Le rav Ména'hem de Vitebsk explique que la michna nous enseigne la leçon suivante :
dans la vie nous sommes des voyageurs et des invités de ce monde.
Lorsqu'on rencontre un voyageur, on lui pose 3 questions : d'où venez vous, où allez vous, et que ferez vous une fois parvenu là-bas?
En résumé, quel est le but de votre voyage?

Chaque voyageur dans ce monde doit se poser ces 3 mêmes questions :
- d'où viens-je?
- où vais-je?
- et que vais-je faire quand j'y serais arrivé?
En effet, nous serons destinés à être jugés au Ciel sur chacune de nos actions (cachées comme dévoilées) que nous avons pu faire au cours de notre voyage dans ce monde-ci.

[notre yétser ara nous pousse à croire que nous sommes immortels, que nous résidons durablement dans ce monde.
Un juif doit travailler à voir ce monde comme un lieu de bref passage, vers l'essentiel : le monde à Venir.
Ainsi, d'un côté on est persuadé que nous sommes des résidants (on a une maison, un entourage qui nous apprécie, des biens, ...), nous sommes bien ancrés dans ce monde, nous avons notre train-train quotidien confortable, et surtout nous sommes contaminés par la vision non-juive qui ne voit pas plus loin que ce monde.
Mais d'un autre côté, nous devons travailler à s'imaginer déjà dans la réalité du monde à Venir.
On doit davantage préparer l'éternité de l'après notre mort, que les quelques années de vie la précédant.
En ce sens, en se posant sans cesse les 3 questions de ce Pirké Avot, on s'assure d'être un voyageur et non un habitant de ce monde.]

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-> De son côté, le rav Israël de Vizhnitz explique ainsi l'apparente répétition de notre michna :
cette michna s'adresse à 2 formes différentes du yétser ara : la fausse humilité et le faux orgueil.
Notre yétser ara utilise ces 2 tactiques contre nous.

1°/ la 1ere fois, la michna s'adresse à la fausse humilité.
Sous couvert d'humilité, le yétser ara nous pousse à croire que nous sommes tellement sans valeur, tellement sans importance, tellement mauvais, alors pourquoi se préoccuper d'une chose élevée comme servir Hachem.
Ainsi, il nous murmure sans cesse : "Quelle est la valeur de ton service Divin? Quelle importance et quel bien peuvent avoir tes prières et ton étude de la Torah?"
[ex: c'est ainsi que certes on va faire la prière, mais on ne va pas y mettre d'intention (kavana), car après tout quelle importance ont mes mots pour le Maître du monde (Hachem), moi qui suis si quelconque. Pour un tsadik oui, mais moi!]

A cela, la michna répond :
- "sache d’où tu proviens" = tu viens des saints Patriarches (dans ton ascendance il y a Avraham, Its'hak et Yaakov : quelle lignée!) ;
- "[sache] où tu aboutiras" = aux Portes du Ciel largement ouvertes devant toi. [chaque âme juive retournera à Sa source réelle, sous le Trône Divin, mais sa proximité avec D. dépendra de ses actions dans ce monde.
En ce sens, chaque mitsva est un conseil de D. pour encore davantage se lier, se rapprocher de Lui pour toujours. Et c'est pour cela qu'il y a autant de mitsvot, pas pour nous faire souffrir, mais pour multiplier les occasions d'encore plus se rapprocher pour l'éternité de papa Hachem.
Les mitsvot témoignent que Hachem désire que nous soyons éternellement le plus proche possible de Lui!! ]
- "devant qui tu es appelé à rendre compte" = le moindre de nos efforts, la moindre de nos pensées, ... absolument tout ce que nous pouvons faire (ou ne pas faire) est extrêmement précieux devant Hachem.
[comment expliquer que le Maître du monde va nous convoquer personnellement, et va analyser chacune de nos pensées, actes, ..., si nous étions quelqu'un de sans valeur, sans importance. Ainsi, la seule explication est qu'on a beaucoup d'importance à Ses yeux, que chacune de nos actions peuvent impacter fortement le monde! ]
Ainsi : ne te rabaisse pas!

2°/ la 2e partie de la michna s'adresse au faux orgueil, à la fausse arrogance, dont notre yétser ara cherche à nous remplir.
Pour combattre cela, la michna nous dit :
- Est-ce que tu sais d'où tu viens? "d'une [vulgaire] goutte putride". Alors, pourquoi alors es-tu si arrogant? ;
- Et où est-ce que tu vas forcément aller? "dans un lieu de poussière, de vermine et de vers" ;
- Et devant qui tu devras [obligatoirement] te tenir en jugement? "devant Celui qui est souverain sur les rois des rois, Hachem". Y a-t-il une seule personne qui peut se tenir devant la court Céleste et ne pas trembler et dont le cœur ne sera pas rabaissé?

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-> Rabbi Bounim de Pshis'ha enseigne
"Chaque personne doit toujours avoir 2 morceaux de papier dans sa poche.
Sur l’un, il inscrira : "Je ne suis que poussière et cendre."
Sur l’autre : "Le monde n’a été créé que pour moi."
Une personne doit avoir l'intelligence de lire chaque papier au bon moment."

=> En effet, notre yétser ara va par moment développer en nous de la fausse modestie, et d'autres fois du faux orgueil. A nous d'ajuster la bonne température de notre valorisation de soi.

"Deux personnes assises ensemble qui n’échangent pas de paroles de Torah" (Pirké Avot 3,2)

-> Le rav Israël Its'hak de Kalish (de Vork) disait :
si 2 juifs s'assoient ensemble, et qu'il ne se passe pas entre eux : ni de conflit ni de désaccord, alors cela en soi est considéré comme s'il y avait des mots de Torah entre eux.

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[cela illustre à quel point Hachem apprécie le fait que Ses enfants soient en paix l'un avec l'autre]

"Les dîmes préservent la richesse" (Pirké Avot 3,13)

-> Les dîmes (masrot) servent comme d'une clôture pour garder notre richesse des étrangers et des intrus.
Si une personne échoue à donner la tsédaka et la dîme de sa richesse, alors elle va perdre sa richesse.
En effet, les forces étrangères du mal auront alors le contrôle sur sa richesse et ses biens, et seront capables de les lui prendre.

Cependant, une fois que l'on prend la dîme (maaser) de sa richesse et que l'on donne la tsédaka, alors cela sert de clôture encerclant et protégeant sa richesse et ses biens, afin que les forces négatives étrangères ne puissent pas entrer.
[Dévarim Né'hmadim]

"Bien-aimé est le peuple d’Israël, car il lui a été accordé un objet précieux" (Pirké Avot 3,14)

-> Le rav Ména'hem Mendel de Kotzk enseigne :
Tout le monde nait avec une capacité innée d'aimer et de désirer l'étude de la Torah.
Cependant, quiconque est privé de véritable intelligence, va canaliser cet amour et cette passion dans du mensonge et de la vanité, comme peut l'être la nourriture.
Par contre, celui qui est sage, va [bien] canaliser son désir, et il peut alors désirer ce qu'il vaut vraiment la peine de désirer.
[Ohel Torah]

"Les valeurs numériques des mots sont comme un dessert sucré pour la sagesse" (guématriot parpéra'ot la'hokhma - Pirké Avot 3,18)

-> Le rav Its'hak de Komarno (dans son Notser 'Hessed) donne un exemple de douce guématria qui exprime un message caché de la Torah.

Nous avons 2 versets dans 2 livres de la Torah (Vayikra & Dévarim) :
- "Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hachem" (véa'avta léréa'ha kamo'ha, ani Hachem" - וְאָהַבְתָּ אֵת יְהוָה אֱלֹהֶיךָ - Vaét'hanan 6,5) ;
- "Tu aimeras Hachem, ton D." (véa'avta ét Hachem Eloké'ha - וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ אֲנִי יְהוָה - Kédochim 19,18).

=== on constate que ces 2 passages ont une guématria identique de : 907.
Cela nous enseigne que leur message est également équivalent, car l'amour de notre prochain (aavat Israël) va de pair avec l'amour d'Hachem (aavat Hachem).
Ce sont des choses impressionnantes et merveilleuses.

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[les guématriot ne sont pas le plat principal de notre étude de la Torah, mais elles peuvent lui mettre une touche, un goût encore plus agréable.]

"Il n'y a ... rien qui n'ait pas sa place" (Pirké Avot 4,3)

=> Si tout à sa place, alors pourquoi certaines personnes ne trouvent-elles pas leur place et se sentent si à l'étroit dans leur vie?

Le rav Avraham Yaakov Friedman de Sadigura répond que la raison en est que personne n'est content de sa place (celle prévue par Hachem), mais plutôt souhaite saisir la place de son prochain.

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[plutôt que d'apprécier notre place (car c'est ce qu'il y a de mieux pour nous selon Hachem), on va passer notre vie à convoiter celle d'autrui (car c'est ce que nous croyons être le mieux pour nous), en étant perpétuellement à la recherche de ce que nous avons pas.
Puisque nous ne sommes pas à notre place, alors nous prenons le risque de marcher et de gêner celle d'autrui. ]

Juge chaque personne favorablement

"Juge chaque personne favorablement" (évé dan ét kol aadam lékaf zé'hout - Pirké Avot 1,6)

-> Le Tiféret Shlomo demande : qu'est-ce que nos Sages essaient d'induire en nous faisant juger autrui favorablement? Qu'est-ce que notre jugement favorable peut-il ajouter ou bien retirer?
La vérité étant clairement ouverte et révélée devant Hachem, alors qu'importe notre avis sur autrui?

-> Le Tiféret Shlomo répond :
Nos Sages démontrent ainsi le pouvoir de la parole d'un juif dans ce monde.
Un juif a la capacité d'éveiller les forces spirituelles d'en-Haut pour qu'elles agissent comme lui.
En ce sens, lorsqu'un juif en-bas va prendre la défense d'autrui et va le juger favorablement, alors par cela il va éveiller un ange avocat qui va plaider au Ciel pour son prochain, et il va trouver faveur et expier pour lui.

L'opposé est également vrai.
Si un juif parle négativement contre son prochain, lui lançant une pique [verbale], alors la même chose se déroule au Ciel.

Nous devons réaliser que nos mots et nos paroles ont un impact en-Haut.
Le Zohar enseigne que le mouvement des lèvres d'une personne est également considéré comme une action.

[à notre niveau, on se dit : "ça va ce n'est rien, ce n'est que bouger des lèvres, remuer du vent", mais en réalité par cela nous créons des anges défenseurs ou bien accusateurs envers cette personne au Ciel.]

-> Le Tiféret Shlomo ajoute :
Bien qu'une personne peut avoir fautée en secret, et qu'elle est coupable puisque Hachem a vu ses actions, néanmoins l'attribut de jugement est très lent à se mettre en application. [D. laissant le plus de temps possible pour que la personne fasse téchouva]
Cependant, si quelqu'un en bas va se dépêcher de révéler ce sujet [une mauvaise attitude], alors l'Accusateur céleste va également se dépêcher de commencer à juger l'affaire contre lui.
[ainsi juger autrui défavorablement, c'est faire qu'au Ciel on juge immédiatement avec rigueur autrui sur cette faute, c'est empêcher que notre prochain ne bénéficie de la miséricorde, de la longanimité d'Hachem.]

L'inverse est également vrai.
La guémara ('Haguiga 15b) rapporte le récit de la rencontre entre Rabba bar Sheila et Eliyahou haNavi.
Eliyahou a dit à Rabba qu'en ce moment, Hachem Lui-même était en train d'enseigner la Torah de nos Sages (rabbanan) à l'exception de celle de Rabbi Méïr, car Rabbi Méïr avait étudié en ayant comme maître A'her (l'apostat rav Elicha ben Abouya, connu ensuite sous A'her - l'autre).
Rabba bar Sheila lui a répondu : "Il a trouvé un grenade, en a mangé ses fruits, et il a jeté l'écorce".
Rabba bar Sheila était en train de juger favorablement, de prendre la défense de Rabbi Méïr, affirmant que bien qu'il a étudié sous la direction de l'apostat A'her, il a pris uniquement ses fruits, c'est-à-dire ses enseignements qui étaient authentiques en Torah, jetant l'écorce, tout ce qui contenait le moindre élément d'apostasie.
Eliyahou haNavi a répondu à Rabba bar Sheila que maintenant Hachem était en train de dire : "Mon fils [rabbi] Méïr a dit que ..."

Ainsi, tant que Rabba bar Sheila n'est pas venu prendre la défense, parler positivement sur Rabbi Méïr, Hachem n'enseignait rien au nom de Rabbi Méïr, bien que sa droiture était très certainement connue et révélée au préalable devant Hachem.
Cependant, Rabbi Méïr avait besoin que quelqu'un prenne sa défense en bas (le jugeant positivement, rapportant ses mérites), pour que cela éveille en haut son mérite, et qu'Hachem en vienne à étudier ses enseignements avec nos autres Sages.

[on voit de là qu'en parlant positivement d'autrui, on peut provoquer qu'on va juger à nouveau cette personne, et que les anges défenseurs qu'on aura créé vont pouvoir gagner ce nouveau jugement pour qu'autrui obtienne un maximum de bonnes choses.]

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-> Le Sfat Emet (sur Pirké Avot 1,6) explique que la façon dont nous jugeons notre prochain, va directement impacter la façon dont il va être jugé.
"Juge ton prochain favorablement" : en réalité, c'est toi qui va impacter son verdict par ton jugement à son égard!

-> La mystique juive nous enseigne que le Satan ne peut accuser quelqu'un sans témoin et lorsque nous jugeons quelqu'un défavorablement, nous nous associons au Satan sans le savoir puisqu'il utilisera notre témoignage.
Le Baal Chem Tov écrit à ce sujet :
"Lorsque le Satan veut accuser un enfant d'Israël devant Hachem, D. le fait taire en demandant qu'il y ait 2 témoins.
Mais lorsqu'un juif interprète les actes de son ami négativement, ne serait-ce que par la pensée, il réjouit le Satan, car il a trouvé un témoin et son accusation sera acceptée.
Par cet acte, il s'associe au Satan pour accuser son ami".

-> Le rabbi Bounim de Pshis'ha nous dit de ne jamais mentionner la faute d'un juif, mais de toujours essayer d'exonérer le peuple juif et de rappeler ses bonnes actions devant D., car tous sont saints et purs, et tous [au fond d'eux-mêmes] veulent accomplir la volonté de leur Maître avec une crainte révérencielle.

-> Lorsque nous jugeons autrui favorablement, cela l'inspire à changer [positivement].
[rabbi Na'hman de Breslev]

[plus on a l'habitude de toujours regarder favorablement les choses, moins on sera enclin à tomber dans la tristesse, que veut nous imposer le yétser ara, car on trouvera toujours des éléments positifs, et grâce à cela on remontera plus rapidement vers les sommets spirituels.]

-> "Celui qui ne reconnaît pas les bontés de son prochain en viendra à ne pas reconnaître les bontés de D."
[midrach haGadol - chémot 1,8]

-> "Juge chaque personne favorablement" :
Rabbi Shlomo de Karlin disait que si l'on doit juger tout être humain favorablement, alors à plus forte raison on doit toujours juger Hachem favorablement, sachant que tout ce qu'Il fait n'est que pour le bien.

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-> "Juge tout homme favorablement" (Pirké Avot 1,6)

-> Lorsque l'on juge quelqu'un favorablement, on attire ce même jugement sur nous-mêmes.
Le Baal Chem Tov explique que lorsque l'on veut juger d'en-Haut la faute d'un homme, on le place dans une situation où il verra son ami faire cette même faute et on observera de quelle façon il jugera celui-ci.
De la même façon qu'il jugera son prochain, on le jugera d'en-Haut sur cette faute : s'il l'a jugé avec rigueur, lui-même sera jugé avec rigueur et s'il l'a jugé favorablement, il sera jugé favorablement.

Le 'Hafets 'Haïm (Chmirat haLachone) d'écrire :
"Si son habitude était de juger favorablement, il sera jugé de la même façon, mais si son habitude était d'accuser ses semblables et de parler d'eux négativement, les anges aussi parleront de lui négativement.
Il faut donc que l'homme soit vigilant sur ses pensées parce qu'au moment où il juge son ami, ses décrets peuvent se retourner contre lui."
=> Il en ressort que les sentences que nous décrétons à l'égard des autres nous sont en fait destinées!

Selon le Baal Chem Tov, en jugeant son prochain favorablement, elle est en train de se juger elle-même!
Ainsi, lorsque j'émets un avis sur une autre personne, c'est sur moi-même que j'émets cet avis.
Ainsi, quel intérêt ai-je à me "flinguer"?

-> Le rav Yaakov Galinsky disait que si D. regarde avec rigueur nos bonnes actions : Est-ce que toutes les halakhot sont respectées en détail? Est-ce que la kavana est adéquate? Est-ce qu'il y avait suffisamment de joie et d'entrain? ...
Ainsi, si D. exige la perfection totale, combien aurions-nous encore de mérites pour nous défendre?
Nous serions même sûrement appelés racha ...
A l'inverse, si durant notre vie nous avons jugés autrui favorablement, alors D. en fera de même : atténuant l'impact des avérot, et au contraire, agrandissant le mérite de nos mitsvot.

Ainsi, juger autrui favorablement, agir avec son prochain de façon miséricordieuse, ... n'est pas un luxe dont nous pouvons nous passer!!
Aime ton prochain comme toi-même = l'autre est toi-même, dans le sens où ta façon d'agir à son égard, va déterminer la façon dont D. va se comporter avec toi.
=> Combien devons-nous avoir à cœur et être vigilant au bien-être, à notre amour de l'autre.

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-> Hillel dit : "ne juge pas ton prochain avant d’avoir été à sa place" (Pirké Avot 2,4)

-> Le Baal Chem Tov dit que nous nous jugeons nous même par inadvertance.
Cela est comparable au prophète Nathan qui a dit au roi David une métaphore d'un pauvre qui n'avait qu'un mouton, et dont quelqu'un le lui a volé.
Lorsque le roi David a répondu que la personne qui a volé le seule mouton de ce pauvre est coupable de la peine de mort, le prophète a pointé son doigt vers le roi David et lui a révélé qu'il était l'homme de cette parabole (Shmouël II 12).

De la même façon, lorsque le Tribunal Céleste souhaite juger une personne au sujet d'une faute, on va lui montrer une parabole légèrement différente au sujet d'une autre personne.
Lorsque cette personne va alors se mettre en colère au sujet du mauvais comportement d'autrui, la jugeant défavorablement d'avoir agit de telle et telle façon, alors le même jugement qu'elle a avec son prochain va s'appliquer sur elle, parce qu'en jugeant l'autre en réalité elle se jugeait elle-même.
[plus on va être pointilleux, rigoureux avec autrui, plus Hachem va agir de même avec nous.
On a l'impression d'avoir gagné à écraser autrui (il est nul, donc moi je suis bien), mais en réalité on perd énormément puisqu'on nous jugera durement en-Haut.]

"Ne juge pas ton prochain avant d’avoir été à sa place" = nous avons sûrement agit un jour d'une façon similaire à notre prochain. La réalité c'est que du Ciel on nous montre les actions de notre prochain et on nous pousse à émettre un avis à ce sujet, puisque la manière dont nous la jugerons va déterminer la manière dont nous serons personnellement jugés.
C'est pourquoi, lorsque l'on émet un jugement sur autrui on doit s'imaginer à sa place en train de faire ce mauvais comportement.
C'est pourquoi également on doit toujours s'habituer à juger autrui favorablement et utiliser notre imagination pour lui trouver des mérites, car alors au Ciel on nous jugera toujours favorablement et on nous trouvera des mérites à nos erreurs.
[rapporté par le Pri 'Haïm de Zlotchov]

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-> La Guémara (Sanhédrin 98a) affirme que le machia’h ne viendra que dans une génération entièrement vertueuse (dor chékoulo zakaï) ou entièrement déméritante, coupable (dor chékoulo 'hayav).
Compte tenu de notre très bas niveau, on peut comprendre cette seconde éventualité d'avoir une génération entièrement coupable, mais comment envisager la 1ère hypothèse d’une génération complètement méritante?

Le Baal Chem Tov (Kédochim 2) dévoile que l’on n’est jugé seulement après avoir été dans la situation sur laquelle on a soi-même émis un avis.
Par exemple: on assiste à un vol dans un magasin. En le jugeant, on se juge soi-même pour un vol antérieur dont nous étions l’auteur. Et si l’on n’a jamais volé au cours de notre existence, cela peut alors se rapporter à un vol dans une vie antérieure, un גלגול (guilgoul = une réincarnation ).
Juger autrui, par effet de miroir, c’est en réalité toujours se juger soi-même.

["Ne juge pas autrui avant d’avoir été à sa place".
Nous pouvons expliquer le double terme דין וחשבון (din vé'Hechbon), jugement et compte, où le mot compte חשבון ('hechbon) devrait être cite en 1er puisqu’il précède a priori le jugement (Pirké Avot 3,1).
D’après ce que l’on a expliqué, on le comprend bien: d’abord on juge (דין) les autres et seulement après nous rendons des comptes חשבון quand nous arrivons au Ciel. (en jugeant autrui je me juge moi-même, et donc je rendrais des comptes après ma mort sur ce jugement que j'ai pu émettre)]

=> Nous pouvons désormais comprendre la possibilité pour le Machia’h de venir dans une génération entièrement méritante. Si nous jugeons les autres favorablement, alors nous jouirons par là-même nous aussi d’un jugement similaire.
[d'après le rav Yéhochoua Alt]

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-> "Juge tout homme selon le bénéfice du doute" (Pirké Avot 1,6)

-> Le Sfat Emet commente :
Littéralement, il est écrit "tout l’homme" = on en déduit notre obligation de considérer le tableau complet d’une personne avant de la juger. Il s’agit de remonter jusqu’aux racines de son enfance, de se pencher en profondeur sur les replis cachés de son âme, d’enquêter sur ses problèmes personnels, ses compétences et sa situation pécuniaire, de se renseigner s’il a la vie facile ou non.
Seulement après avoir trouvé la réponse à toutes ces questions, on sera en droit de le juger. Car, comment savoir de manière instantanée ce qu’il est en train de vivre?

Le jugement d’autrui est une affaire si complexe qu’il est préférable d’entraîner notre esprit à juger positivement, serait-ce d’une manière tirée par les cheveux. Même si, a priori, il n’y a aucune logique de justifier sa conduite, nous sommes tenus de réfléchir de manière tordue, d’orienter nos pensées vers les probabilités les plus irréelles, de trouver des justifications même absurdes à sa conduite, expliquant qu’il ait pu agir comme il l’a fait.

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-> "Juge tout homme selon le bénéfice du doute" (Pirké Avot 1,6)

-> "assé lékha rav" (Pirké Avot 1,16)

-> Le Toldot Yaakov Yossef explique : "fais toi une multitude de personnes" (c'est un autre sens du mot "rav").
Par exemple, il est écrit : "Hachem ne méprise pas la prière de la multitude" (guémara Béra'hot 8a).
Par le fait de s'attacher à d'autres pour prier, on devient membre d'un groupe (d'un minyan), et cela va entraîner que chaque personne individuellement va être jugée favorablement.

On peut citer pour illustrer cela, le Pélé Yoets qui écrit à ce sujet : "Quelqu'un qui prie avec le public (minyan), il lui est promis que sa prière est agréé et acceptée telle quelle, et on ne la regarde pas de trop près.
Et même si c'est une personne mauvaise et méprisable, le D. puissant ne la méprisera pas, et toutes les mitsvot qui accompagnent une prière publique lui seront également comptées favorablement.
Ce n'est pas le cas lorsqu'on prie seul. On perd beaucoup de bonnes choses, et la prières n'est pas acceptée du Très-Haut, à moins que la personne et la prière soient toutes les 2 parfaites.
Celui qui aime prier seul, à moins qu'il n'y soit absolument obligé, se fait du mal, et marche dans l'obscurité sans éclat.
La prière de la communauté (minyan) a toujours une importance, et elle n'a rien de commun avec celle de nombreuses personnes qui prient seules."

-> Le Toldot Yaakov Yossef dit que si l'on est en déplacement et qu'on est contraint de prier tout seul, alors il est bien dans notre tête de penser s'inclure avec tous les autres juifs qui sont en déplacement et ceux qui prient seuls.

-> L'idée à retenir est que dès qu'on s'inclut dans la communauté juive (ex: par notre présence, notre charité, le fait qu'on prie par le "nous") alors Hachem nous juge très favorablement, et nous recevons des flux de bénédictions au-delà ce que nous pourrions prétende sinon (tout seul dans notre coin).

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-> "La voie de D. est de toujours se concentrer sur le bien que font les gens. Bien qu'il y ait aussi du "pas bon" mélangé à cela, Il n'y prête aucune attention, comme il est écrit : "Il n'aperçoit point d'iniquité en Yaakov" (Balak 23,21).
Certainement, il est donc interdit à une personne de porter une regard négatif sur son prochain, de trouver spécifiquement ce qui n'est pas bon et de rechercher les lacunes dans les dévotions religieuses d'autrui.
Au contraire, on est obligé de se concentrer uniquement sur le bien."
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan II,17]

[il est également important de savoir se concentrer sur le bien qui est en nous, afin que ce soit une force pour l'exprimer dans la réalité le plus possible.]

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-> "Malheur à la victime qui crie, plus qu'à celui qui lui a fait du tort" (guémara Baba Kama 93a)

-> Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) commente :
La victime invoque D. pour qu'il punisse celui qui lui a fait du tort, et le ciel traite la victime plus sévèrement! Pourquoi?

Supposons que Réouven demande à D. de juger Shimon pour avoir commis une injustice à son égard. Shimon ne sera pas puni tant que le tribunal céleste ne l'aura pas jugé.
Mais Réouven lui-même a probablement fait du tort à d'autres personnes à un moment ou à un autre de sa vie, et pour lui, on peut se passer des procédures judiciaires [au Ciel]. Il l'a admis lui-même : "Les péchés méritent une punition sévère!"

"Devant qui tu es appelé à rendre des comptes, devant le Roi des rois, Hachem" (Pirké Avot 3,1)

-> Le Gaon de Vilna explique que nous devrons rendre compte non seulement du péché en lui-même, mais également de la perte tragique de temps et d'énergie [, et qui auraient pu être utilisée de manière constructive].

-> Le rav 'Haïm de Volozhin (Roua'h 'Haïm - Pirké Avot 3,1) cite la guémara (Shabbath 125b) :
Hachem prête à chaque être humain un fragment de Sa gloire, une âme céleste.
Les 'idiots' souillent leur âme des tâches du péché, tandis que les sages la polissent grâce aux mitsvot.
Au jour du jugement les transgresseurs seront jugés pour avoir terni leur âme divine et devrons rendre des comptes pour ne pas l'avoir mise en valeur.

-> Le Beit haLévi (Noa'h) voit dans chaque péché une double conséquence.
Les mauvaises actions souillent l'homme et exercent une influence néfaste sur tous ceux qui sont amenés à suivre son exemple.
Mais également, elles ne sont pas limitées au présent : les mauvaises actions se poursuivent dans le futur, en influençant également ses enfants et petits-enfants.
C'est cet effet grave quoiqu'indirect de tout péché qui est également pris en compte au jour du Jugement.

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+ Se représenter le jour du Jugement :

-> Le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.23) nous aide à illustrer cela :
Il faut se forger mentalement une image précise de ce que l'on éprouvera (après la mort) au moment de se présenter au Tribunal Céleste (pour être jugé) devant les Légions Célestes.
L'accusé se tiendra devant le Roi des Rois, source ultime de sainteté et de pureté.
Hachem est entouré de ses anges ministres, qui exécutent Ses ordres avec une perfection absolue.
L'accusé, exposé à leur regard intensément scrutateur, ... se retrouvera douloureusement conscient de ses pires actions.
Effondré, sera-t-il capable de lever la tête? Osera-t-il ouvrir la bouche?
Si la cour demande : "As-tu perdu ta langue? où sont l'honneur et la gloire dont tu t'es vanté durant ta vie?", que répondra-t-il? Comment répondre à cette réprimande?
Si l'on pouvait un instant se faire une image réelle et puissante de cette idée, toute fierté s'envolerait pour ne jamais revenir.

-> La guémara (Taanit 11a) décrit la façon dont les preuves seront présentées au Tribunal Céleste lors du Jugement :
Celui qui pense : "Je peux pécher dans l'intimité de ma maison, qui témoignera contre moi?" se trompe.
Les poutres de bois et les murs de pierre eux-mêmes, qui maintenant se taisent, crieront alors pour condamner ses péchés secrets ...
Sa propre âme sera le témoin de ses mauvaises actions.
Toutes les actions qu'il a accomplies au cours de sa vie le précéderont lorsqu'il se rendra vers le repos éternel en son dernier voyage.
Lorsque la cour prononcera son jugement, le pécheur accablé n'aura pas le choix : il devra apposer sa signature au bas d'une confession écrite et accepter humblement la sentence en disant : "Ce verset est effectivement vrai et juste".

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2018/02/20/apres-la-mort-revoir-toute-son-existence