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"Fais-toi un maître" (Pirké Avot 1,6)

Pourquoi n'est-il pas écrit : "trouve-toi un maître" ?

Un 'hassid de Rabbi Shneur Zalman de Liadi a dit que par l'orgueil, on peut surmonter son envie de fauter.
A chaque fois que le yétser ara nous approche, on peut lui dire : "Est-ce que tu sais qui je suis? Je suis une personne importante, un élève d'un très grand Rabbi.
Comment veux-tu que je fasse cela?"

=> Dans cette michna, Yéhochoua ben Péra'hya conseille à chaque juif :
"Fais-toi un maître" = déclare-toi comme étant un être distingué, une personne importante, dont il ne sied pas d'agir de façon incorrecte (selon la Torah).

=> En ayant une vision élevée de nous-même, nous pouvons nous éviter de tomber dans les pièges que nous tend notre mauvais penchant.

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Le yétser ara use facilement de notre manque de confiance, d'espérances futures : "cette faute, n'est pas si grave pour quelqu'un de mon niveau (je ne suis pas un tsadik!)", "pourquoi me dépêcher, j'ai le temps de profiter de la vie, je ne suis pas un rav pour vouloir faire cette mitsva maintenant", ...

=> Cher yétser ara : certes, je ne suis pas un rav, mais j'ai des rêves plein la tête, et par mes actes, je montre à D. que je veux tendre autant que possible vers ces êtres d'exception, modèles!
Pas de place pour la bassesse, je vise mon excellence b"h!

Source (b"h) : traduction personnelle issue d'un dvar Torah du rabbi Bogomilsky (Védibarta Bam)

Introduction aux Pirké Avot

+ Introduction aux Pirké Avot (cours 5776) :

b"h, on avait déjà pu faire une introduction à ce sujet : https://todahm.com/2014/01/03/introduction-aux-pirke-avot

-> "Une personne peut apprendre autant, si ce n'est plus, de la vie privée de nos Sages, que de leur enseignement dans la salle d'étude"
[guémara Béra'hot 7a]

-> "Les conversations ordinaires des érudits en Torah sont dignes d'étude"
[guémara Avoda Zara 19b]

-> Les Priké Avot ont été compilés par rabbi Yéhouda haNassi, qui a été également le rédacteur de la michna (loi Orale).
En effet, le Talmud aurait été incomplet, s'il ne contenait que des discussions à propos du rituel et de la halakha.
La Torah modèle, forme totalement une personne, et non seulement son cerveau.
Elle définit des valeurs, et pas uniquement des normes d'exécution.

-> Une guémara (Baba Kama 30a) enseigne :
"Toute personne qui veut être pieuse ('hassid), laisse-la accomplir les mots [et les lois] de Nézikin.
Rava dit [laisse-la réaliser] les mots [et les enseignements] des Avot.
D'autres disent, [laisse-la réaliser] les mots [et les lois] des Béra'hot [les bénédictions que l'on récite avant de tirer profit d'une nourriture, boisson, ...]. "

Les Pirké Avot sont la conclusion du Séder de Nézikin (les dommages), qui traite des lois pénale et civile juive.
Tant qu'une personne ne cherche pas à affiner son caractère, et à améliorer sa conduite avec autrui, elle est un danger pour la société et pour elle-même.

Les dommages de "personnes" (suite à la transgression des principes des Pirké Avot) ont souvent des conséquences plus graves que les dommages matériels (Nézikin).

=> Les Pirké Avot sont indispensables pour vivre entièrement selon notre Torah de vie ...

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-> Le Bnei Yissa'har dit que le terme "Avot" fait référence à nos Patriarches (Avraham, Yits'hak et Yaakov).
Il fait remarquer que du début de la Torah au 1er commandement donné à la nation juive (Chémot 12,2 -> celui de Roch 'Hodech), il y a le récit de ce qui a pu arriver à nos Patriarches et Matriarches, et qui a façonné toute l'histoire du peuple juif au travers des "gènes spirituels".

[Il y a eu 26 générations, entre Adam et le don de la Torah au mont Sinaï].
-> Le Eitz Avot et le Bina léItim disent que le mot "Avot" renvoie aux parents, qui se doivent de le maîtriser et de l'internaliser, afin d'inculquer à leurs enfants les valeurs morales de vie.

-> Le midrach Shmouel voit dans le mot "Avot", une connotation de : majeur, principal.
Les travaux de Shabbath ont 39 catégories principales, d'où découle beaucoup de sous-parties.
De même, les principes majeurs du comportement humain sont à trouver dans les Pirké Avot, et tout le reste en découle.

-> "Le déré'h éréts vient avant [l'étude de] la Torah" (Vayikra Rabba 19 - déré'h éréts kadma léTorah).

Le Tiféret Ysraël fait remarquer que comme le succès dans l'étude de la Torah dépend directement de l'évolution positive de notre caractère, les Pirké Avot sont les "pères" de la grandeur en Torah d'une personne.

La guémara (Yoma 86a) dit : "Malheur à celui qui se consacre à la Torah, mais qui ne se conduit pas honnêtement dans son commerce, et qui n'agit pas cordialement avec les autres".

[Le fait d'étudier la Torah va faire se développer une personne.
Si elle a des tuteurs ( = les principes des Avot), alors elle va pouvoir se développer pour s'épanouir et exprimer toute sa splendeur.]

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-> Nous avons l'habitude de lire les Pirké Avot (un chapitre par semaine) pendant la période entre Pessa'h et Shavouot.
Le rabbi Moché Zwecker fait remarquer qu'en général nous commençons cette lecture aux semaines des parachiot de Nasso, Pin'has et Shoftim, dont l'acrostiche est : "néfech" (l'âme).
C'est une allusion au fait que ces chapitres de Pirké Avot sont une cure saine et un remède pour l'âme.

Chaque mitsva effectuée crée un ange

+ Chaque mitsva effectuée crée un ange :

-> Le roi David dit : "J'ai réfléchi à mes voies et j'ai ramené mes pas vers Tes témoignages" (Téhilim 119,59). Nos Sages expliquent : "Chaque jour, j'ai l'intention d'aller à un endroit, mais mes pieds me conduisent toujours au beit midrach" (midrach Yalkout Téhilim - rémez 890).
Comment se fait-il qu'il se mette en route vers une destination et que ses jambes l'emmènent toujours ailleurs sans qu'il le veuille?

"Pour chaque mitsva qu'une personne accomplit, un ange est créé en son nom" (Pirké Avot 4,13).
Nos Sages disent également : "Celui qui va et ne fait pas (c'est-à-dire n'étudie pas) est récompensé pour être allé" (Pirké Avot 5,17). Si l'on est récompensé simplement pour être allé, combien plus grande est la récompense pour celui qui étudie également.
Aller et étudier ne lui accorde pas seulement une récompense, cela crée également un ange qui agit en son nom ; les jours où il ne souhaite pas aller au beit midrach, celui-ci le conduira néanmoins là-bas.
Lorsque le roi David dit que ses jambes l'ont conduit au beit midrach (maison d'étude), il fait référence aux anges créés lors de ses précédentes visites au beit midrach ; ce sont eux qui le ramènent là-bas.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Béréchit 4,19-21 ]

"Sans farine [de quoi se nourrir], point de Torah ; sans Torah, point de farine" (Pirké Avot 3,17)

Le Knesset Israël commente : S'il n'y a pas de satisfaction avec les nécessités de base, symbolisées par la farine, et qu'une personne recherche le luxe, alors elle ne méritera pas de véritables accomplissements dans la Torah.

-> Les juifs ont reçu l'ordre de compter à partir du 1er jour où [l'offrande du] Omer (le 2e jour de Pessa'h), qui était fait à partir de farine d'orge, était amenée [au Temple], et ce jusqu'à Shavouot, le jour où ils ont reçu la Torah.
Cela est pour nous enseigner la notion que dans la vie il est nécessaire de combiner la farine et la Torah ("Sans farine [de quoi se nourrir], point de Torah ; sans Torah, point de farine " - im en kéma'h, en Torah - Pirké Avot 3,17).
[le Maharal de Prague]

[la farine sert de base au Korban du 1er jour du Omer, et la Torah nous est donnée après le compte des 49 jours. Cela symbolise que la parnassa est certes nécessaire, mais à nos yeux elle doit rester que la base de l'échelle nous permettant de nous élever spirituellement au maximum de nos capacités. ]

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-> Si vous manquez de parnassa, c'est un signe que vous n'étudiez pas [assez] la Torah, car la Torah amène la parnassa.
Comme il est écrit : "sans Torah, point de farine" (Pirké Avot 3,17).
[Ohr ha'Haïm haKadoch - début de Bé'houkotaï]

-> "Mon enseignement s’abattra comme la pluie" (Haazinou 32,2)
La pluie symbolise la subsistance, puisque c'est elle qui fait pousser le blé ainsi que toutes sortes de fruits et d'aliments. Ainsi, sans la pluie, il y a la famine.
Certes, Hachem demande à l'homme d'étudier la Torah. Seulement, Il n'exige pas l'impossible. Si une personne manque de moyens et que sa subsistance lui est insuffisante, il pourra interrompre son étude pour s'occuper de ses affaires, en vue d'obtenir de quoi vivre.
C'est à ce propos que nos Sages disent : "S'il n'y a pas de farine, il n'y a pas de Torah"(Pirké Avot 3,17).

Cela est en allusion dans notre verset : "Mon enseignement s'abattra comme la pluie", c'est-à-dire qu'en fonction de la pluie et de la subsistance, ainsi tu devras t'occuper de Mon enseignement et de l'étude.
L'enseignement de la Torah est fonction de la subsistance. Si le besoin se fait ressentir, on pourra interrompre l'étude et travailler pour sa subsistance.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

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+ Shavouot = Assurer sa subsistance :

-> La guémara (Pessa'him 68b) dit : "Tous les décisionnaires s'accordent à dire que lors de Shavouot, nous avons aussi besoin de "la'hem" (une partie de la journée à consacrer à notre propre plaisir)".

Le rav Meir Yé'hiel d'Ostrovtza explique que l'explication simple de la guémara est que lors de Shavouot, il faut se faire plaisir en mangeant un repas (séouda) et en appréciant la nourriture et les boissons.
Cependant, nous pouvons également dire que la guémara nous enseigne que Shavouot est un moment propice pour trouver le succès dans la parnassa.
La guémara affirme qu'à Shavouot, Hachem nous offre "la'hem", le succès pour nous-mêmes. En effet, c'est ce jour-là que nous recevons la Torah, et si quelqu'un n'a pas de moyens de subsistance (kéma'h), il ne peut pas avoir la Torah (voir Pirké Avot 3,17 = "Sans farine [kéma'h - de quoi se nourrir], point de Torah. )

"Celui que les créatures apprécient (no'ha - נוֹחָה ), est apprécié d'Hachem ; mais celui que les créatures n’apprécient pas, n’est pas apprécié d'Hachem." (Pirké Avot 3,10)

-> Le Baal Chem Tov donne l'explication suivante :
L'être humain est un microcosme, tout comme l'ensemble de la nation juive. Un individu correspond à la tête, un autre au pied. Ainsi, nous trouvons les "têtes de la génération" (Chéla'h Lé'ha 13,3) ou les "yeux de la congrégation" (Chéla'h Lé'ha 13,3 & 'Houkat 20,27).
Lorsque la tête de la génération se transforme en un réceptacle pour la présence Divine (Chékhina), celle-ci rayonne de lui vers le reste de sa génération.

Ainsi, la michna peut être lue comme suit : "Lorsque l'esprit de ses semblables repose sur eux (no'ha) à partir de lui", c'est parce que l'esprit d'Hachem repose sur le monde entier à travers lui.
L'inverse est également vrai. Si l'esprit d'Hachem ne repose pas sur eux, c'est lui qui est à blâmer, et non la génération.

[Toldot Yaakov Yossef - p.98a ]

Introduction aux pirké avot

+++ Introduction aux pirké avot :

 

== "Kol Israël yech lahem 'hélék laolam aba" (= tout Israël a une part dans le monde à venir)

 

+ Pourquoi cette Michna de la guémara Sanhédrin a été choisie pour introduire les pirké avot?

1°/ Le but des pirké avot est d'encourager les hommes à vivre de façon morale et éthique, insistant sur le principe : "déré'h érets kadma laTorah" (le savoir-vivre a précédé la Torah - Vayikra Rabba 9;3).

La récompense pour l'observance de la Torah est le monde à venir (olam aba).

Cette introduction vient nous rassurer, en nous disant qu'il n'y a aucun risque que le monde à venir affiche complet, car tout juif à une place qui lui est réservée.
Par contre, c'est à nous de la mériter!!

2°/ Le mot 'kol' (כל) est l'abréviation : de Cohen et de Lévi.
Ainsi, "Kol Israël" = Cohen + Lévi + Israël
Les juifs quelques soit leurs statuts, ont part au monde à venir (yech lahem 'hélék laolam aba).

3°/ La valeur numérique des dernières lettres des mots "Kol Israël yech lahem 'hélék laolam aba" = 541 = valeur numérique du mot : Israël.

Ceci insiste bien sur le fait qu'au final, tout juif, sans exception a une place dans le monde à venir.

On va maintenant s'intéresser à cette part dans le monde à venir ...

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+ "a une part dans le monde à venir"

1°/ Il y a quelques années, lorsqu'un mariage avait lieu dans un petit village/ville, tous les habitants y étaient conviés.

Les participants étaient divisés en 3 catégories : la famille, les invités et les pauvres (tsédaka).
Tous étaient présents et participaient à la fête, mais on pouvait facilement remarquer :
- au devant de la pièce = la famille = très bien habillée et dansant avec ardeur et grande joie durant toute la nuit ;
- au milieu : les amis/connaissances = dansant moins que la famille directe ;
- dans un coin de la salle : une table réservée pour les pauvres.

Le monde à venir (olam aba) fonctionne de la même façon.
Notre place dépend de notre préparation.

En effet, ce monde est un vestibule pour le monde à venir (=la finalité).

Sachons l'utiliser pour faire partie de la famille proche de D., et non pas y assister par pitié, par tsédaka.

2°/ Le mot 'hélék semble superflu.
On aurait pu dire : "Kol Israël yech lahem olam aba"

-- Que nous apprend la présence du mot 'hélék?

Le mot 'hélék vient du mot 'hélka = un champ, un terrain.

Certains possèdent un terrain et le laissent non cultivé, pendant que d'autres en prennent grand soin et y plantent des fruits et des légumes.

D'autres, sont plus entreprenant, et utilisent leur terrain pour y construire une maison, pendant que d'autres vont plus loin, en y construisant un palace ou un gratte-ciel.

De même, chaque juif possède un terrain dans le monde à venir (olam aba), qui est non cultivé, et c'est à lui de le développer dans ce monde.
Comment voyons-nous notre terrain sur lequel nous vivrons pour l'éternité?
Désirons-nous résider dans un palace ou à même le sol sur un terrain plein de mauvaises herbes?

Chaque acte sur cette terre à la possibilité d'embellir pour toujours notre terrain ('hélék).
Une fois dans le monde futur, aucune modification n'est plus possible (trop tard!).

Les pirké avot nous enseignent comment utiliser au mieux notre terrain.

 

Source (b"h) : traduction & adaptation personnelle de commentaires de Rabbi Moshe Bogomilsky

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-> kol Israël yéch lahem 'hélék laolam aba, chénéémar : "... l'œuvre de mes mains, de laquelle Je suis fier" (maassé yadaï lé'itpaer - Yéchayahou 60,21)

-> Le Pri 'Haïm de Zlotchov enseigne que Hachem est extrêmement fier de voir les juifs qu'Il a créé avec un corps physique, qui ont un yétser ara, qui vivent parmi les nations du monde qui les empêchent de servir Hachem comme il le faut, mais néanmoins les juifs servent Hachem de toutes leurs capacités, et cela est une fierté énorme pour Hachem.