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Réflexion sur la mort (rav Kook)

-> Notre existence temporaire n'est qu'une étincelle au sein de l'existence éternelle, la gloire de la vie éternelle. Il est impossible de réaliser le bien potentiel caché au cœur de cette vie temporaire si celle-ci n'est pas alignée sur la vie éternelle.
Cette conscience intérieure réside au cœur de l'esprit de toute existence ...

Au sens profond, l’éternité est le fondement puissant qui sous-tend toute vie sociale.
Le désir de se relier à la gloire de l’éternité vainc la mort. Il essuie toutes les larmes humaines.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 2:141-142 ]

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-> La peur de la mort est une maladie de l'humanité.
Elle résulte de la faute. En effet, c’est la faute qui a créé la mort. Et la téchouva / la croissance spirituelle est le remède principal pour éliminer la mort du monde.
Tous les efforts des êtres humains tournent autour de leur salut face à la mort. Pourtant, ils n’atteindront leur but qu’en renforçant le lien de leur âme avec sa source intérieure.

Lorsqu’une personne s’immerge dans la poussière du matérialisme et se laisse emporter par les préoccupations du corps, cela renforce la mort. Cela ajoute la peur à la peur.

Peu importe les efforts qu’une personne déploie pour ne plus avoir peur de la mort, elle n’y parviendra pas. La raison en est que toute son existence est plongée dans des domaines que la mort contrôle. C’est la mort qui détruit et anéantit tous ces domaines.

Comment le cœur d’une personne pourrait-il ne pas trembler à l’idée que la beauté se transforme en immondice, et que ce qu’elle chérissait devienne quelque chose de répugnant?
Lorsque la vie est dépourvue d’un but supérieur, la mort devient automatiquement terrifiante. Lutter contre la mort est vain. Le courage n’y changera rien.
Le remède ultime et véritable qui libérera le monde de l’esclavage de la mort est caché dans le trésor de la vie, dans l’âme de la Torah lorsqu’elle se révèle dans toute sa gloire.
De tels remèdes sont cachés dans l’endroit le plus sûr.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 1:486 ]

Le tsadik (par le rav Eibshitz)

+ Le tsadik (par le rav Eibshitz) :

-> Beaucoup d’entre nous qui portons des lunettes à forte correction, lorsque nous les retirons, ne voyons plus rien à plus d’un mètre cinquante.
Nous réalisons bien sûr que rien n’a disparu. Les objets sont toujours là ; c’est simplement que nous ne les voyons pas. De même, lorsque nous utilisons un microscope, nous sommes étonnés de découvrir ce que le monde recèle et que notre œil nu ne perçoit pas.

Lorsque Hachem a créé le monde, il a commencé par créer un certain nombre de mondes spirituels, et dans chaque monde spirituel descendant, la présence d'Hachem était de plus en plus dissimulée.
Dans notre monde, nous ne voyons pas Hachem. Le Divin est dissimulé. Cela ne signifie pas qu’Il n’est pas présent.
Nos rabbanim nous enseignent qu'Hachem recrée constamment le monde, et s’Il cessait de le recréer, le monde cesserait d’exister. Le monde est une manifestation de la divinité.

Cependant, les tsadikim de chaque génération, grâce à leur sainteté, sont capables de voir ce que la personne ordinaire ne peut pas voir. Ils sont capables de voir la Chékhina. C’est comme s’ils portaient des lunettes qui leur permettent de voir Hachem de manière révélée.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan - Vayélé'h ]

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-> Le simple fait de voir quelque chose peut nous toucher spirituellement.
Le tsadik est une personne sainte et juste, et lorsque nous contemplons son visage, nous voyons une expression de sainteté, et par conséquent, nous sommes enveloppés de bénédictions et de sainteté ...

Non seulement lorsque nous voyons une personne juste (tsadik), nous sommes touchés et influencés (par cette vision), mais il est tout aussi vrai que lorsqu’un tsadik ou un grand érudit de la Torah pose son regard sur nous, c’est une source de bénédiction.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,12 ]

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-> De son vivant, le tsadik comble sans cesse les autres de bénédictions. Cela ne s’arrête pas à sa mort.
Comment continuons-nous à recevoir les bénédictions des défunts?
Répéter leurs paroles de Torah ou leurs enseignements spirituels agit sur la partie de l’âme qui reste éternellement attachée à leur tombe. Cette partie de l’âme se connectera alors aux niveaux supérieurs de l’âme et finira par faire jaillir les bénédictions du tsadik.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,16 ]

-> Si nous répétons les enseignements ou les paroles d’un tsadik défunt, l’âme de cette personne vertueuse s’en revêt, et c’est comme si le tsadik se tenait à nos côtés.
C’est ainsi que nous devons comprendre les paroles du prophète qui dit que les justes (tsadikim) vivent dans deux mondes. Ils vivent dans le monde éternel après leur décès, et en même temps, ils vivent dans le monde physique grâce au fait que nous répétons leurs paroles saintes.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 2,7 ]

-> Les tsadikim sont comparables à une source. Plus on puise de l'eau de la source, plus elle se renouvelle. Telle est la vie du tsadik : plus le tsadik donne, plus il reçoit en retour.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan - Vayéra ]

-> Un tsadik, c'est-à-dire une personne qui consacre sa vie au respect de la Torah, mène une existence digne d'être imitée. Lorsqu'il vient à mourir, sa noblesse d'âme ne disparaît pas avec lui.
L'élan qui pousse à suivre ses traces ne s'éteint pas avec son départ. Le tsaddik reste bien vivant dans le cœur et l'esprit des gens.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,12 ]

-> Un tsadik dans le Gan Eden aspire à avoir l’occasion d’enseigner la Torah aux autres, même s’il baigne dans la gloire d'Hachem. Lorsque le tsadik enseigne à ceux qui ont moins de connaissances, il imite D.
Pourquoi considère-t-on que le tsadik imite Hachem lorsqu’il enseigne?
Hachem n’avait pas besoin de créer le monde. Pourquoi l’a-t-Il donc fait?
Hachem est la source ultime du bien, et la nature du bien est de faire le bien. C’est pourquoi Hachem a créé le monde pour répandre le bien sur toute l’existence. De même, en enseignant à ceux qui sont moins instruits, vous leur accordez le bien.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1 ]

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-> Lorsque les tsadikim prient, leurs prières montent immédiatement vers le ciel.
En revanche, pour le juif qui n’a pas encore atteint de tels sommets spirituels, ses prières doivent d’abord passer par le Temple de Jérusalem. Après la destruction du Temple, les prières du juif s’attachent à celles des tsadikim, et les deux séries de prières s’élèvent ensemble comme une seule.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,9 ]

[le judaïsme ne croit pas au concept d’un intermédiaire entre l’homme et Hachem. Nous prions Hachem et aucune autre entité. Quel est donc le rôle des justes en ce qui concerne nos prières?
À titre d’analogie, vous avez désespérément besoin d’un prêt bancaire et devez donc rencontrer votre directeur de banque. Vous avez un ami cher qui est le plus gros client de la banque ; il va de soi que votre ami aura plus de chances de vous obtenir un rendez-vous que vous ne le pourriez par vous-même. Vous pourriez même demander à votre ami de plaider votre cause à votre place. Cependant, vous réalisez que votre ami n’a ni le pouvoir ni l’autorité d’accorder le prêt.
Cette décision revient au directeur de la banque. De même, nous ne prions pas le tsadik. Nous lui demandons plutôt si nous pouvons joindre nos prières aux siennes ou lui demandons de prier Hachem en notre nom. (d'après le rav Yaakov Barber) ]

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-> Rien n’a plus de valeur que la vie elle-même. En ce sens, à l’exception de trois commandements, toutes les lois sont suspendues si la vie d’une personne est en danger.
Pourtant, il arrive qu’un tsadik demande à Hachem de le rappeler à Lui avant l’heure.
Un tsadik ne peut supporter de voir la souffrance du peuple juif, et il préfère mourir plutôt que de vivre dans un monde où ses frères sont dans la douleur et la souffrance.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan - Yitro ]

-> Un tsadik consacre sa vie à éduquer le peuple juif et à l’inspirer à se rapprocher d'Hachem. Pourquoi alors un tsadik accepterait-il de mourir alors qu’il sait qu’il peut encore accomplir tant de choses?
Hachem fait en sorte que le corps du tsadik éprouve une grande douleur et une grande souffrance ; l’âme voit et ressent cela. L’âme ne peut supporter de voir le corps du tsadik endurer tant d’agonie et de chagrin, et elle demande donc à Hachem de prendre son âme pour soulager la souffrance de son corps.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,16 ]

-> Dans son éloge funèbre de son beau-père, le rabbin Its'hak Shapira, le rav Yonathan Eibshitz a déclaré qu'Hachem ne peut prendre l’âme d’un tsadik sans que celui-ci y consente. Lorsqu’un tsadik sent qu’il a accompli sa mission de vie, il autorise Hachem à lui retirer son âme.
De même, Hachem ne fera rien à un tsadik qui soit contraire à sa volonté. En revanche, une personne racha n’a pas son mot à dire quant au moment de son décès.
[Yaarot Dvach 1,16 ]

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-> La sainteté du tsaddik s'étend à ses biens. Tant qu'un tsadik est en vie, tout ce qu'il a bâti ou construit ne peut jamais être détruit. Cela ne peut être détruit qu'après son décès.
Cela explique un aspect intéressant concernant la destruction du premier Temple. Le Temple a été construit par le roi Salomon ; cependant, les portes et les portails ont été construits par son père, le roi David. Lorsque le Temple a été détruit, les portes se sont miraculeusement enfoncées dans le sol et ont été préservées.
Pourquoi les portes du roi David ont-elles été épargnées?

La guémara déclare : "Le roi David, roi d’Israël, vit pour l’éternité".
Puisque le roi David, en un sens, est toujours vivant, tout ce qu’il a construit ne peut être détruit. Cependant, le reste du Temple a été construit par le roi Salomon, et une fois que le roi Salomon est décédé, il est devenu possible de le détruire.
[rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan ]

Même s'il n'y a qu'un seul juif juste (tsadik) en vie, la sainteté de ce seul juif peut protéger et sauvegarder tout le monde juif.
[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach - part.2, drouch.19]

Horaires de fermeture du Guéhinam

+ Horaires de fermeture du Guéhinam :

-> Le rav 'Haïm Kanievsky explique que le jour du Shabbat, la Sitra A'hara, la force du mal et ses anges destructeurs, sont privés de leur pouvoir. Même le Guéhinam ne fonctionne pas le jour du Shabbat, et les âmes qui y souffrent ont également un jour de repos.

Le Zohar (I,62a) enseigne que le Guéhinam "se repose" également pendant les moments où les juifs récitent les 3 prières quotidiennes.
Le Zohar dit qu'il se repose une heure et demie par prière, soit un total de quatre heures et demie par jour.

Le Mégalé Amoukot (127) calcule donc que sur les 168 heures de la semaine, le Guéhinam ne brûle que pendant 117 heures, puisqu'il se repose 27 heures pour les prières (4,5 x 6) et 24 heures supplémentaires le jour du Shabbat, soit un total de 51 heures.

Le rav 'Haïm Kanievsky dit qu'il avait entendu un jour une personne âgée dire que le mizmor "Yochev Besséter" (Téhilim chap.91), que nous récitons à la sortie de Shabbat, comporte 112 mots.
Nous répétons le dernier verset, qui comporte cinq mots, pour un total de 117.
Nous disons cela à la fin du Shabbat, lorsque le Guéhinam reprend, afin d'invoquer la miséricorde divine sur les pauvres âmes qui devront endurer 117 heures de Guéhinam brûlant tout au long de la semaine.
Lorsque Yom Tov tombe en semaine et que le nombre d'heures est donc réduit (car le Guéhinam ne fonctionne pas non plus pendant Yom Tov), nous omettons donc cette prière.

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-> On peut noter que selon le rav 'Haïm Cohen de Tripoli (Naava Kodech), une des raisons pour lesquelles le Chir haChirim (que nous avons coutume de lire le vendredi soir), contient 117 versets, est de se protéger des 117 heures [d'ouverture] du Guéhinam.

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-> Chaque année, 30 jours avant Pessa'h, Hachem commence à faire sortir les âmes qui se trouvent au Guéhinam. Chaque jour, un trentième de toutes les âmes va au Gan Eden.
C’est pourquoi, la nuit du Séder, nous sommes tous libres [béné 'horim] (y compris les âmes des défunts qui normalement prisonniers au Guéhinam).
['Hessed lé'Avraham ]

Lien entre tsadik & juifs de sa génération

-> Lorsque le peuple juif s'approcha du mont Sinaï et souhaita recevoir la Torah, il se débarrassa de cette faiblesse (Béra'hot 5b : ils se sont relâchés dans l'étude de la Torah (réfidim - rifyon), et cette faiblesse a rendu possible l'attaque d'Amalek) ; ils acceptèrent d'observer la Torah avec zèle. Ils se sanctifièrent et se purifièrent, renforça leur amour mutuel et devint "un seul homme avec un seul cœur".

Grâce à leur sainteté, leur pureté et leur unité, Moché put monter vers Hachem. C'est grâce à leur mérite (du peuple juif) que Moché a atteint de tels sommets spirituels, comme le dit la guémara (Sanhédrin 11a) à propos d'autres grands sages : "Une voix céleste a annoncé : "Il y a ici quelqu'un qui mérite que la Chékhina repose sur lui comme sur Moché, mais sa génération n'en est pas digne".
Cela nous montre que le chef d'une génération a besoin du peuple de sa génération ; il ne peut atteindre la perfection sans lui.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Yitro 19,2-3]

Lorsqu'un véritable tsadik vit et s'enracine dans la terre d'Israël, il perd le type d'amour qu'il avait pour la terre d'Israël lorsqu'il vivait dans la diaspora.
A la place de cet ancien amour, un nouvel amour émotionnel et intellectuel se développe : il sent que son lieu de naissance ne peut être que la terre d'Israël.
[rav Avraham Kook - Kévatsim Yad Kadcho 2, Pinkas 5:149 ]

Etre tsadik = préserver sa brit

+ Etre tsadik = préserver sa brit :

"Yaakov envoya des messagers (des anges) devant lui (léfanav) à Essav, son frère" (Vayichla'h 32,4)

-> Le mot "léfanav" (devant lui) semble superflu. Pourquoi est-il nécessaire?

On pourrait l’expliquer ainsi :
Les hauts niveaux spirituels des tsadikim s’acquièrent grâce à leur respect de l’alliance de la brit mila, comme l’explique Rabbi Shimon bar Yo'haï (dans le Zohar - Vol.I, 94a).
Yaakov Avinou a été exemplaire dans la garde de cette alliance, car c’est lui qui est décrit comme "son lit était pur". C’est pourquoi il a mérité que tous ses enfants soient des tsadikim et il a atteint un niveau si élevé que même les anges le servaient.
[...]

"Yaakov envoya des anges" = Yaakov envoya les anges d'Hachem comme messagers. Vous pourriez vous demander : "Comment Yaakov a-t-il atteint un tel niveau que les anges le servaient?"
La réponse se trouve dans le terme "léfanav" (devant lui - litt. en face de lui], car il protégeait le signe de la brit mila qui se trouvait devant lui. C’est ainsi que Yaakov a atteint un tel niveau.
[...]

Le plus grand pouvoir que la sitra a'hara (force du mal) exerce sur un tsadik réside dans le signe de la brit, en y causant une souillure, car c’est la garde de la brit qui définit une personne comme un tsadik.
Par exemple, en Égypte, la sitra a'hara a poursuivi Yossef et a tenté de souiller sa brit. Mais Yossef, avec l’aide d'Hachem, a maîtrisé son désir, est resté sans défaut (à ce sujet), et de ce fait, a été appelé Yossef le tsadik.

Avec Yaakov aussi, la sitra a'hara a tenté de souiller le signe de sa brit, mais a échoué. C’est le mérite d’avoir préservé cette alliance qui a protégé Yaakov et lui a permis de vaincre l’ange.
Il est écrit : "Yaakov étant resté seul, un homme lutta (vayéavék - וַיֵּאָבֵק) avec lui, jusqu'au lever de l'aube" (Vayichla'h 32,25). Cela indique la bataille entre Yaakov et l'ange d'Essav, avec selon Rachi le terme "vayéavék" (וַיֵּאָבֵק) qui est lié à "avak" (אָבָק - poussière), car ils faisaient jaillir, par leurs mouvements, de la poussière sous leurs pieds.
La Torah utilise le terme אָבָק car c'est l'acronyme de : אות ברית קדש (ot bérit kodech - le signe de l’alliance sacrée).
Cela nous indique ce que l’ange avait l’intention de faire : entacher le signe de la brit.
De plus, cela nous indique comment Yaakov l’a vaincu : précisément en préservant sa brit.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - ]

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[la brit d'un juif est le yessod (fondement) sur lequel repose toute sa judaïcité, sa spiritualité. D'où l'importance de la préserver autant que possible. ]

Le niveau des dirigeants spirituels dépend du niveau du peuple

-> Le niveau spirituel d’une génération influe sur la stature d’un prophète.
Lorsque Moché se rendit en Égypte pour délivrer le peuple juif, il déclara qu’il était muet. Cependant, lorsque les juifs se tinrent au pied du mont Sinaï pour recevoir la Torah, le verset dit : "Et Moché parla" (Yitro 19,19), ce qui signifie que tous les juifs entendirent la voix de Moché, car il n’avait plus de trouble de la parole.
La capacité de Moché à parler clairement était le résultat du niveau spirituel élevé atteint par les Juifs au mont Sinaï.

De même, lorsque les juifs atteignirent le moment de leur rédemption, le Sifri écrit : "Lorsque Moché dit aux juifs qu’il était temps de quitter l’Égypte, sa voix fut entendue dans tout le pays, car les juifs avaient atteint un haut niveau de sainteté". C’est pourquoi, au départ, Moché dit à Hachem : "J’ai un trouble de la parole", ce qui indiquait sans doute que les juifs n’étaient pas dignes d’être délivrés.
[rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan - Ekev ]

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-> Le niveau de sainteté d’un prophète est lié au niveau spirituel de la génération.
Le midrach rapporte que lorsque les juifs traversèrent la mer Rouge, les forces célestes s’interrogèrent sur la raison d’être du salut des juifs et de la noyade des égyptiens, car tous deux étaient des adorateurs d’idoles.
Le fait que Moché avait comme des lèvres fermées résultait du déclin spirituel des juifs.
C'est pourquoi Moché déclara : "Comment alors Pharaon m'écoutera-t-il, voyant que je suis muet?"
En d'autres termes : "Pharaon comprendra que mon trouble de la parole est le reflet du déclin spirituel des juifs, et de ce fait, ne voudra pas laisser partir les juifs".
[rav Yonathan Eibshitz - Néfech Yéhonatan - Chémot ]

-> Moché craignait tout autant de ne pas pouvoir persuader les juifs de vouloir partir. Il dit à Hachem :
"J'ai les lèvres fermées".
Pourquoi Moïse pensait-il que le fait d’avoir des difficultés à s’exprimer aurait un impact sur la confiance que les juifs lui accordaient et sur leur détermination à suivre ses instructions?
Les sommets spirituels du prophète sont liés aux sommets spirituels du peuple juif. Plus les juifs sont vertueux, plus grande sera la révélation émanant du prophète.
Moché craignait que lorsque les juifs verraient la difficulté de Moché à transmettre le message d'Hachem, ils y verraient le reflet de leur propre déclin spirituel et se sentiraient indignes d’être délivrés d’Égypte.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan Bo ]

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=> "Donnons de la force à Hachem" (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35). Hachem attend et est dépendant (si l'on peut dire) nos actes d'être humain juif pour en résulter une force de pouvoir agir.
Mais également, par nos actions nous impactons les dirigeants spirituels de notre génération, leur permettant d'avoir un niveau encore plus élevé.

Les kabbalistes (Shaar Hamitsvot 33a) enseignent que lorsqu'un homme étudie la Torah, il doit déployer toute sa force pour briser la klipa, l'enveloppe extérieure, ce qui lui permet ensuite de s'attacher à la Présence divine.
Cela sert à rectifier et à préserver le corps dans la tombe jusqu'au moment de la résurrection, comme le dit le verset : "Quand tu te coucheras, elle te gardera, et quand tu te réveilleras, elle te parlera" (Michlé 6,22).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Béréchit 3,19]

Nos Sages (Yébamot 97a) décrivent une personne qui, durant sa vie, étudie la Torah avec des intentions pures. Ils disent qu'après son départ de ce monde, chaque fois que des paroles de la Torah sont prononcées en son nom, ses lèvres s'ouvrent dans la tombe, comme il est écrit : "les lèvres des dormeurs parleront" (dovev chifté yéchénim - Shir HaShirim 7,10).

Même si le corps peut se désintégrer et retourner à la poussière, lorsque des paroles de la Torah sont citées en son nom, ses os se rassemblent pour former un corps complet, et alors ses lèvres parlent, ce qui est vraiment étonnant ...

De plus, la principale récompense pour le corps aura lieu au moment de la résurrection des morts. Il se relèvera pour ne plus jamais faiblir (voir Kétoubot 111b), pour une vie sans mort, sans mauvaise inclination (yétser ara) et sans malheur.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Béréchit 1,9]