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Un vrai tsadik ne voit pas le mauvais chez autrui

-> Le Méor Enayim (paracha 'Houkat) cite le Baal Chem Tov disant qu'un vrai tsadik ne voit pas de faute chez les les autres. Si quelqu'un voit le mal chez les autres, c'est le signe qu'il n'est pas un véritable tsadik.
Il compare cela à quelqu'un qui qui se regarde dans un miroir. S'il voit un visage sale, cela signifie que son propre visage est sale. S'il voit un visage propre, sans tache, cela signifie que son propre visage est propre. De même, si l'on voit le mal chez les autres, c'est parce qu'on y voit nos propres défauts.

De même, il explique le verset : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18), comme signifiant : de la même manière que l'on ne se détesterait pas si on reconnaissait un défaut en nous, de même on ne devrait pas avoir de sentiments négatifs envers son prochain, même si l'on voit un défaut en lui.

Il conclut par une allusion au verset : "Qui est l'homme qui désire la vie, il aime jours pour voir le bien" (Téhilim 34,13). Cela peut être compris comme signifiant que celui qui vit la vie d'un tsadik (ou veut tendre vers l'exemplarité d'être un tsadik) désire ne voir que le bien chez ses ses semblables.

Grandeur et nécessité de prier pour nos Sages

+ Nos Sages : leur grandeur dépend de nous :

-> "Le dirigeant est fonction de la génération"
[guémara Arakhin 17a]

Le Bina lé'Ittim (2,3) explique que lorsque la génération est faible, elle ne mérite pas de grands tsadikim comme les générations passées.

-> Nos Sages se sont réunis une fois à Yéricho, et D. leur a dit : "Il y en a un parmi vous qui mériterait d'avoir la présence divine qui repose sur lui comme Moché rabbénou, mais sa génération ne le mérite pas".
[guémara Sanhédrin 11a]

Les sages se sont alors tournés vers Hillel haZaken, dont on nous enseigne (guémara Soucca 28a) qu'il avait 30 élèves qui méritaient que la présence divine repose sur eux, et 30 autres élèves qui méritaient que le soleil s'arrête pour eux, comme avec Yéhoshoua bin Noun.

Le rav Galinsky dit que la pureté de l'âme de ses tsadikim et leur service de D., leur étude de la Torah et leur humilité les a rendu capables d'atteindre les plus grandes hauteurs, mais leur génération les a limité et ils n'ont pas pu atteindre ces hauteurs.

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-> "Lorsque Moché levait sa main, Israël prenait le dessus et lorsqu'il baissait sa main, Amalek prenait le dessus" (Chémot 17,11)

La guémara (Roch Hachana 3,8) commente :
"Étaient-ce les mains de Moché qui gagnaient la bataille ou la perdaient?
En fait, [la Torah] t'apprend que lorsqu'Israël regardait vers le Ciel et soumettait son cœur à son Père céleste, il avait le dessus ; lorsqu'il ne le faisait pas, il avait le dessous."

Le Séfer Yom Téroua vient expliquer :
Comment Moché pouvait-il permettre à ses mains de descendre et de causer la chute d'Israël?

Lorsqu'Israël soumettait leur cœur à D., leur dirigeant avait un surcroît de forces, et il avait davantage de puissance de prières pour son peuple.
Lorsqu'il ne se comportait pas ainsi, cela conduisait au fait que ses mains étaient trop faibles pour être levées, et il n'avait pas la capacité d'agir pour le sauver.

=> La "puissance de frappe" des tsadikim de notre génération dépend de notre comportement.

-> D'ailleurs, la grandeur de Moché venait également de la grandeur de sa génération, qui était appelée : la génération de la connaissance (dor déa - Vaykira rabba 9,1), et l'attribut de Moché était la connaissance (daat - Zohar II,221a).

Lorsque nos ancêtres ont fauté avec le veau d'or, D. dit à Moché :"Va, descend" (lé'h réd - Chémot 32,7), qui selon la guémara implique : "Descend de ta grandeur" (Béra'hot 32a).

=> Notre conduite impacte directement nos Sages.

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-> Pour conclure, on peut citer les paroles du Beit Israël :
"Ils veulent des rabbanim comme ils en avaient dans le passé, mais ils veulent vivre selon leur époque."

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-> "Israël est comparaît à un oiseau. De même qu'un oiseau ne peut voler sans ses ailes, Israël ne peut rien accomplir sans ses anciens"
[midrach Vayikra rabba 11,8]

Nos Sages ne sont pas des "boulets", des "rebuts" de la société, mais au contraire, ils sont nos joyaux les plus précieux, nos ailes qui vont nous permettre d'exprimer au mieux toutes nos potentialités.

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+ Prions pour nos Sages :

-> Rabbi Yonathan Eibeschutz écrit dans le Yaarot Dévach, que lorsque nous prononçons la prière de Réfaénou (dans la amida), nous devons implorer la guérison de tous les juifs malades, comme si leurs membres douloureux faisaient partie intégrante de notre propre corps.

Puis, il ajoute un commentaire à propos de la prière pour nos Sages :
"Nous avons l'obligation de prier pour le bénéfice, le bien-être et la vigueur [des Sages], car nous dépendons d'eux.
En effet, ils sont les gardiens de la Torah et les dépositaires de la tradition authentique, de la Torah Orale.

Si nous n'avions pas de Sages, D. nous en préserve, nous n'aurions pas de vie.
Par conséquent, il en va de notre responsabilité de prier D. de tout notre cœur, afin qu'ils puissent recouvrir la vigueur de leur jeunesse, déployer leurs ailes et voler comme des aigles.
[...]
Nous sommes donc tenus de multiplier nos prières à leur égard, parce que nous vivons sous leur ombre protectrice."

-> Le rav Mattitiahou Salomon dit :
"A notre époque, nous n'avons plus de géants de la Torah comme en avaient les anciennes générations.
Nous devons chérir la contribution de chaque Sage vivant parmi nous.
Ils représentent des trésors inestimables.

Si nous les pleurons lorsqu'ils nous quittent, nous n'en devons pas moins prier sincèrement pour leur bien-être lorsqu'ils sont encore de ce monde."

Source (b"h) : traduction et compilation personnelle d'un dvar Torah du rav Yaakov Galinsky (pour le 1er) + extrait d'un dvar Torah du rav Mattitiahou Salomon (pour le 2e)

L’unité du peuple juif

+ L'unité du peuple juif :

-> "Quand un homme se coupe un doigt de la main gauche en découpant de la viande, lui viendrait-il à l’esprit de prendre le couteau, et de se couper un doigt de la main droite?
C’est un seul corps …

De même, les enfants d’Israël sont garants l’un de l’autre, et il ne saurait y avoir entre eux, ni vengeance, ni rancune."

[Guémara Talmud de Jérusalem – Nédarim 9,4]

-> Le 'Hazon Ich (Kovets Igros II,62) explique que de même que chacun des membres et des organes d'un corps ont une utilité, de même, le peuple juif, qui est semblable à un corps, est composé d'une multitude d'individus dont chacun a une mission dans la vie qui lui est propre.

-> Rabbi Yehezkel Levinstein (Ohr Yéhezkel - Middot) dit que malgré le fait que nous ayons tous des corps et des aspirations personnelles différentes, nous partageons une âme juive commune, qui aspire à l'unité, à l'image d'une famille dispersée qui se retrouve réunie lors d'une joie familiale.

Il fait également remarquer que lorsque nos ennemis souhaitent nous exterminer, cela conduit à mettre de côté toute distinction entre nous (dont l'origine est dans la matérialité), et à nous voir tous comme une seule entité : des juifs (dont l'origine est la spiritualité, le service de D.).

Rabbi Yehezkel d'enseigner que lorsque nous faisons des efforts afin de nous rapprocher de D., la distance entre nous diminue.

-> Le Tomer Déborah enseigne : "Toutes les âmes juives sont liées ensemble, chacune a son lot, son destin ... lorsqu'une personne faute, elle va s'endommager elle-même, et ainsi que le destin de son prochain".

-> "C'est parce qu'il y a de l'amour entre une personne et son prochain, que le peuple juif peut être considéré comme un seul corps, et qu'il peut alors véritablement s'unir pour accomplir pleinement toutes les mitsvot"
[le Anaf Yossef - guémara Shabbath 31a
-> sur le fait que plusieurs mitsvot ne sont réalisables que par certaines personnes - ex: un Cohen, un Lévi, un riche, ...
La religion juive, par nature, impose une cohésion afin que l'on puisse être quitte de toutes les mitsvot.]

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+ "Rassemblez-vous et je vous dirai ce qui vous arrivera à la fin des jours. Regroupez-vous et écoutez" (Béréchit 49,1-2)

Le Rambam explique "la fin des jours" comme en relation avec les jours du Machia'h.
Par ces mots, Yaakov révèle à ses descendants la condition nécessaire à l'accueil de la guéoula : "Regroupez-vous".

-> Le midrach (Béréchit rabba 98,1) dit : "A l'heure où les juifs s'unissent et se rassemblent ensembles, vous serez délivrés"

-> Un autre midrach (Tan'houma Nitsavim) va en ce sens : "Lorsque les juifs sont liés ensembles, ils accueilleront la présence divine"

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-> "Israël campa là en face de la montagne" (Chémot 19,2)

Rachi de commenter : "la multitude des enfants d'Israël a campé comme un seul homme, animé d'un seul et même désir".

Selon le midrach (Masseches Déréh Eretz - Pérék Shalom), D. a dit :"Parce que le peuple juif déteste la discorde et aime la paix, qu'il a campé comme un, alors maintenant, je vais lui donner la Torah".

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+ Dans la Torah, pour décrire Yaakov et sa famille descendant en Egypte, il est écrit :
-> "Toutes les personnes arrivant avec Yaakov en Egypte ... toutes ces personnes (néfech) [au nombre de] 70" (Béréchit 46,26)
-> "Toutes les personnes (néfech) issues du flanc de Yaakov étaient 70 âmes" (Chémot 1,5)

On peut remarquer qu'un terme pluriel (des personnes, âmes) est dénommé par un terme singulier (néfech : une âme).
De plus, ce terme de néfech (âme) renvoie à une notion de spiritualité.

=> Ainsi, nos ancêtres nous apprennent que dans l'exil, la nation juive se doit de rester unie, et cela passe par un objectif spirituel commun.

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-> Mordé'haï dit à Esther : "Va rassembler tous les juifs" (Méguilat Esther 4,16)

Le Maharal dit que c'est parce que les juifs se sont rassembler tous ensemble, afin de se tourner vers D., en prières et en téchouva, que la délivrance est arrivée.

Une brindille se casse facilement, mais un beau bouquet de brindilles est très difficilement cassable.
Telle est la force de l'unité ...
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-> Egalement sur ce sujet (b'h) : https://todahm.com/2017/09/27/5662
-> et aussi (b'h) : https://todahm.com/2019/10/03/10956
-> le bel exemple des Nassi des tribus à l'inauguration du Michkan : https://todahm.com/2021/04/25/31478

Lorsque le beau-frère du rav Yonathan Eibshitz est décédé, il a écrit une lettre à sa sœur veuve pour lui donner du 'hizouk.
Après avoir compati à sa douleur, il a ajouté : "Je t'en supplie, honore Hachem et ne souffre pas trop. Accepter la volonté d'Hachem avec amour te guérira et apportera la bénédiction à tes enfants. C'est Hachem qui élève nos enfants et Il n'a besoin de l'aide de personne pour le faire".

+ Le mensonge :

Suite du dvar Torah sur la vérité (b"h), disponible ci-après : https://todahm.com/2015/12/27/la-verite/

1°/ Un mensonge se dit en hébreu : "shéker" (שקר), mot ayant une valeur numérique de : 600.
A qui appartient le mensonge?

A celui qui est mauvais (לרשע - laracha), mot ayant également une guématria de 600.

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2°/ Quel est le crime commis par Amalek pour que l'on doive s'en souvenir toujours en mal?

Il est écrit dans la Torah (Dévarim 25,17-18) : "Souviens-toi de ce que t'a fait Amalek, lors de votre voyage, au sortir de l'Egypte ; comme il t'a surpris chemin faisant" (achèr kar'ha badéré'h)

Le mot : "kar'ha" (קרך - il t'a surpris) a pour racine le mot : "kar" (קר - froid).
Malgré toutes les manifestations éclatantes de la grandeur de l'aide divine à notre égard, Amalek a osé attaquer le peuple juif, comme une personne qui saute dans une baignoire brûlante, dans le but de montrer que c'est envisageable et que la température baisse un peu en son contact.

Amalek a refroidi notre passion, notre amour pour D. et Ses mitsvot.
C'est également la conséquence du mensonge (שקר : shéker, shékar), qui refroidit tout idéalisme qu'inspire la vérité.

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3°/ Le mot émet (vérité - אמת) est composé de la 1ere lettre de l'alphabet (א), de celle du milieu (מ), et de la dernière (ת). Chacune de ces lettres a au moins 2 appuis au "sol" (en bas).
Ce qui est vrai l'est du début à la fin, et est solide, éternel.

Le mot shéker (mensonge - שקר) est composé de 3 lettres de la fin de l'alphabet, qui se suivent, indiquant comme un semblant d'ordre, de logique.
De même, un mensonge pour fonctionner doit avoir une partie de vérité.
Chacune des lettres de ce mot n'a qu'un seul appui, indiquant un concept peu solide, bancal, basé sur une réalité tronquée, faussée.

On peut noter que la lettre qui suit celles du mot Shéker (שקר) est le : "tav" (ת), faisant référence à la Torah (תורה).
Celui qui dit un mensonge peut se convaincre qu'il est dans le vrai, mais à la fin c'est toujours la vérité qu'il l'emporte.

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4°/ En réorganisant les lettres du mot shéker (mensonge - שקר), on obtient le mot : késer (קשר), qui renvoie à la notion de bande, de groupe.
Qu'est-ce qui contribue à donner de la force à un mensonge?

L'effet de groupe donne de la crédibilité, de la légitimité, renforce le sentiment de vérité d'un mensonge, et va contribuer à le diffuser le plus largement possible.

Selon la Torah, le diffamateur (motsi ra) devient lépreux (métsora), et il doit être isoler d'autrui, afin entre autre, d'arrêter de donner du poids et du partage aux mauvaises paroles.

Source (b"h) : traduction, adaptation et compilation personnelle de divrei Torah du rabbi Benjamin Blech

Le rayonnement des âmes saintes est extraordinaire et immense.
[Ohr ha'Haïm haKadoch - Ki Tétsé 21,11]
[zohar néchamot hakédochot moufla véatsoum ou]

Une personne qui étudie la Torah et fait plaisir à son Créateur parce qu’elle étudie pour l’amour d'Hachem (léchem chamayim), afin d’observer et d’accomplir les commandements, trouvera le repos à sa mort et ne se réincarnera pas.
[Arizal - séfer haLikoutim 427 ]

Tout ce qui existe sur la terre ferme a son équivalent dans la mer.
[Zohar - Vayétsé 23 - vé'hol ma di béar'a, a'hi namé béyama]

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-> Il est écrit dans la guémara ('Houlin 127a) :
Les Sages ont enseigné dans une baraïta (Tossefta, Kilayim 5:10) : pour chaque animal existant sur terre, il existe un équivalent dans la mer (kol chéyéch bayabacha yéch bayam), à l'exception de la belette, qui n'existe que sur terre.
Rabbi Zeïra demande : quel est le verset dont cela est déduit? Il est écrit : "Écoutez, vous tous, habitants du monde [ 'ḥéled]" (Téhilim 49,2). La terre ferme est appelée 'ḥéled* car elle est l'unique habitat de la belette [ 'houlda].

Poursuivant la discussion sur les créatures vivant dans un environnement spécifique, Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, a déclaré : les castors de la région de Neresh ne sont pas considérés comme des animaux de la terre ferme, car ils vivent exclusivement dans l'eau et non sur la terre ferme. Par conséquent, quiconque consomme leur chair n'est pas passible de coups de fouet pour avoir enfreint l'interdiction : Tout animal rampant qui rampe sur la terre est une abomination ; il ne doit pas être mangé" (Vayikra 11,41).

Etre défendu par les maîtres que nous avons étudié

+ Etre défendu par les maîtres que nous avons étudié :

-> Celui qui défend la Torah d’un grand maître qui l’a précédé peut mériter de l’accueillir à l’avenir.
C’est ce que nous voyons dans la guémara (Baba Kama 111b), où Rava dit : "Quand je mourrai, Rabbi Ochaya viendra à ma rencontre, car j’ai interprété la Michna conformément à son enseignement."

Le séfer Hassidim (559), rédigé par rabbi Yéhouda 'Hassid (1150-1217), écrit que lorsqu’un tsadik qui a expliqué les paroles d’un autre tsadik, comme un Amora qui a expliqué les paroles d’un Tana, meurt, alors le Tana vient à sa rencontre avec un visage radieux.
Il marche avec lui et demande aux mala'him (anges) d’être indulgents à son égard. Il le présente devant Hachem pour parler en sa faveur.

-> Le Shach (1621-1662) écrit ('Hochen Michpat) qu’il est certain que lorsque son heure viendra de quitter ce monde, les Tanaïm l’accueilleront, car il a défendu leurs positions.

Le Shach est décédé à l’âge de 41 ans et, au cours de sa jeune vie, il a rédigé son commentaire sur Yoré Déa et 'Hochen Michpat. Dans le registre de la famille Rappaport (Otzar Plaot Hatorah, Dévarim p.881), les descendants du Shach ont écrit que, comme le Shach était décédé avant d’avoir pu achever son commentaire, il revenait chaque jour de l’académie céleste (Metivta dérakia) dans sa chambre.
C'était dans cette chambre qu'il avait l'habitude d'étudier et d'écrire, et il continua à rédiger ses 'hidouchim jusqu'à ce que son commentaire soit achevé. Ils découvrirent que le Shach avait écrit ce qui suit dans la marge de ses 'hidouchim, qu'il avait rédigés de son vivant, avant de monter à l'académie céleste : "J'ai d'abord écrit ceci (un 'hidouch), mais après être entré à l'académie céleste, je me suis rétracté." Et il l’explique là, dans la suite de ses propos en marge.
Lorsque les enfants du Shach ont préparé les paroles de leur père pour l’impression, ils ont décidé d’omettre ce qu’il avait écrit en marge à partir de la Torah qu’il avait entendue à l’académie céleste, en vertu du principe "lo bachamayim hi", ce n’est pas au ciel (Dévarim 30,12).
Seul ce qu’il a retenu alors qu’il était encore parmi les vivants est la Torah de vérité pour statuer sur la halakha.

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-> Le séfer Maguid Mécharim (Vayakel) nous dit que, parce que le rav Yossef Karo (1488-1575) a commenté le Rambam (1135-1204) et le Tour (vers 1269-vers 1343), ceux-ci seraient de bons défenseurs pour lui devant Hachem et viendraient accueillir sa néchama (âme) lorsqu’il serait temps pour lui de quitter ce monde.

-> Le rav Yéhochoua Heschel 'Harif (1593-1648) est l’auteur d’un séfer intitulé Maguiné Shlomo. Ce séfer défend Rachi (1040-1105) contre les questions de Tossafot. Il s’appelle donc Maguiné Shlomo, car il a protégé (magen signifie bouclier) Rachi, dont le nom était Shlomo ( Srabbihlomo Its'haki).
Dans la Hakdama, il est écrit que Rachi est apparu à l’auteur de son vivant avec une grande joie et lui a dit : "Tu es digne d’éloges dans ce monde et tout ira bien pour toi dans l’autre monde, car tu m’as sauvé des puissants lions que sont les Baalé Tossafot. Je viens t’accueillir dans l’autre monde avec tous mes élèves."
C’est ce qui s’est produit, car environ une demi-heure avant le décès de rabbi Yéhochoua Heschel 'Harif, des guédolim de Cracovie se trouvaient à son chevet. Rabbi Yéhochoua leur a dit : "Faites de la place, car Rachi et sa sainte suite sont arrivés, et il m’a accueilli avec joie pour me montrer le chemin de la vie. C’est parce que j’ai toujours été à ses côtés pour résoudre les questions posées par Tossafot sur son commentaire."

Les témoins au jugement après notre mort

+ Les témoins au jugement après notre mort :

=> Qui va donc témoigner contre le défunt?

-> Il existe plusieurs réponses à cette interrogation.
Premièrement la guémara ('Haguiga 16a ; Taanit 11a) rapporte que les poutres et les pierres de la maison du défunt témoigneront contre lui.
D'autres avis soutiennent que c'est l'âme qui témoignera.
Rabbi Haïm Vital (Ets 'Haïm - chaar 26, chap.1) enseigne que ce sont les deux anges c'est-à-dire le bon et le mauvais penchant qui accompagnent l'homme durant toute sa vie.
Enfin un avis soutient que ce sont les membres du corps de l'homme qui témoigneront.

Nous pouvons expliquer que ces quatre types de témoignages sont complémentaires : en effet, les poutres et les pierres de la maison témoignent sur les actes que son propriétaire aurait pu commettre de façon cachée dans sa maison. L'âme peut témoigner sur les pensées et les mensonges commis par l'homme. Les anges qui l'accompagnent pourront témoigner des fautes commises à l'extérieur de la maison. Et les membres pourront témoigner notamment lorsque la personne se rend aux toilettes. En effet, les anges n'entrent pas là où l'homme fait ses besoins. (Béra'hot 60b)

-> Toutefois, à propos des anges qui témoignent contre le défunt, un autre avis soutient qu'il ne s'agit pas du bon et du mauvais penchant mais plutôt des anges créés par les fautes commises. (Zohar - Nasso 126b)
Il est également rapporté que le soleil et la lune témoignent contre l'homme. (Zohar - Michpatim 125a)
Par ailleurs il rapporté qu'il s'agit de Samaël et de ses campements. (Zohar - A'haré Mot 63b)
D'autres références encore précisent que la Torah elle-même témoigne contre le défunt. (Zohar - A'haré Mot 75b)

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=> Qui seront les juges du Tribunal céleste et quelles sont les questions posées dans le Tribunal céleste?

-> Avant de rejoindre le Tribunal céleste pour y être présenté pour son jugement, l'âme quitte le monde ici-bas en passant par 'Hevron, où se trouve le caveau des Patriarches. Avant de s'élever dans les mondes supérieurs, l'âme rencontre Adam. (Zohar - Noa'h 65b)

-> Il est rapporté dans le Zohar (Balak 185b) que deux anges saisissent l'âme et l'élèvent jusqu'aux portes du Tribunal céleste. À ce moment-là, l'âme n'a aucune forme précise mais ressemble à un concentré de lumière. Si cette dernière est opaque, des anges de destruction l'accablent tandis que si elle est éblouissante, ces derniers ne peuvent l'approcher. Les Justes (tsadikim) du Gan Eden se rassemblent pour assister au procès et les livres sont ouverts.

-> Rabbi Yéhouda Petaya (dans Yen haRokéa'h) note que les juges du Tribunal céleste sont des Justes de la même génération que le défunt, et ce, afin de prendre en considération le niveau et le contexte spirituel de la personne jugée.

-> Selon le Zohar (Nasso 220a), les proches du défunt se rendent également au jugement. S'ils sont absents, c'est un mauvais signe qui doit inquiéter la personne en question.
Nos Sages (Shabbath 31a) enseignent que lorsque l'homme se présente devant le Tribunal céleste, on lui demande : "As-tu été honnête? As-tu fixé des moments pour l'étude de la Torah? As-tu engendré des enfants? As-tu guetté la Délivrance?"
[il est à noter que ces questions ne représentent que les têtes de chapitres. L'enquête et les questions du Tribunal céleste pour établir le statut du défunt sont d'une profondeur inouïe et difficile d'accès à la
A l'issue du procès divin, l'âme [de tout juif] donne raison à la justice Divine et déclare : "Maître de l'univers! Tu as bien jugé, Tu as bien innocenté, Tu as bien condamné et Tu as bien fait d'avoir institué le Guéhinam pour les réchaïm et le Gan Eden pour les justes (tsadikim)." - guémara Erouvin 19a ]

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-> Il est rapporté dans le Nézer haKodech (sur parachat Matot), dont l'enseignement s'appuie sur le Zohar (fin Adra Zouta) :
"Sache que dans le Ciel, il y a deux Tribunaux célestes : le premier est le Bet Din d'Hachem, dont la rigueur de la justice est atténuée par la miséricorde. Le second est le Bet Din de Matatron (מטטרו"ן), le Sar Hapnim des mondes supérieurs, dont la rigueur de la justice est implacable.
Tu dois savoir que celui qui n'est ni juste (tsadik) ni racha passe par le Tribunal céleste de Matatron. Par contre, seuls les tsadikim guémourim (entèrement Juste) qui soutiennent la Présence divine seront présentés directement devant le Maître de l'univers en personne sans passer par aucun intermédiaire."

-> Tu dois savoir également que le jugement du Tribunal céleste n'est pas figé mais il se modifie constamment dans les mondes supérieurs, lieu où la matière et la temporalité n'existent pas. En effet, bien que le défunt ait été jugé favorablement et mérite d'accéder au Gan Eden, ce dernier a toujours la possibilité de s'élever encore davantage et de progresser grâce notamment à sa descendance ou encore grâce aux mitsvot qu'il a pu accomplir durant son vivant et qui continuent de lui apporter du mérite.
Comme par exemple, une personne qui a fait construire une synagogue ou qui a fait imprimer des livres de Torah. Dans les deux cas, par son mérite, des mitsvot sont accomplies par l'intermédiaire d'autres juifs.

-> Il existe quatre verdicts possibles : le Guéhinam, la réincarnation, le kaf hakéla ou le Gan Eden.
Le Guéhinam est la plus légère des punitions car elle permet de rectifier de légers manquements.
La guémara (Sota 10b ; Erouvin 19a) rapporte que le Guéhinam a 7 compartiments.

Concernant la réincarnation, le Arizal (chaar haguilgoulim - hakdama 8) explique que l'homme se réincarne pour trois raisons essentielles :
la première raison est la transgression d'un commandement de la Torah qui impose à son auteur de revenir en guilgoul (réincarnation) pour réparer son acte.
La seconde est un commandement non accompli, cet homme devra revenir sur terre pour l'accomplir.
La troisième raison est que l'homme peut se réincarner pour le besoin d'autrui, le guider, l'aider à se parfaire et à réparer ses fautes.
Dans la plupart des cas, la réincarnation est une punition très difficile, bien plus que celle du Guéhinam.
En effet, les Sages (Erouvin 13b) nous ont déjà enseigné : Il aurait été préférable pour l'homme de ne pas avoir été créé.

La punition la plus difficile est indiscutablement le kaf hakéla qui se définit par une errance sans fin de l'âme qui ne trouve à aucun moment le repos.

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+ La récompense au Gan Eden :

-> Une fois que l'âme aura réparé tous ses manquements, elle pourra réintégrer ses lévouchim (litt. habits, vêtements). Ce terme désigne l'enveloppe corporelle originelle conçue à partir de lumière pure, que nos Maîtres les Mékoubalim appellent la 'Halouka déRabanan. [Zohar Noa'h 66a ; Zohar Pékoudé 247a ; Ets 'Haïm chaar 49,4]

Cette dernière pourra enfin se réjouir et se délecter d'une autre dimension la Création.
Comme nous le savons, l'âme se subdivise en trois parties essentielles : le néfech, le roua'h et la néchama. Chacune de ces trois parties trouvera repos dans des lieux différents. Le néfech sera en partie attachée encore monde ici-bas dans la tombe. Le roua'h trouvera le repos dans le Gan Eden inférieur tandis que la néchama se délectera du le Gan Eden supérieur. (Zohar - hakdama 7)

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-> Tant que les ossements du corps se trouvent dans la tombe, une partie du néfech s'y trouve également. (chaar hakdamot 26b)
Durant les jours de Shabbat, de Roch 'Hodech et des jours de fête, la néchama s'élève dans le Gan Eden supérieur, renouvelant ainsi sa lumière et portant avec elle le roua'h qui s'élève du Gan Eden inférieur vers le Gan Eden supérieur et jouir de cette nouvelle émanation de lumière infinie.
Puis le roua'h redescend résider dans le Gan Eden inférieur à la sortie du Shabbat, rempli d'abondance et de lumière qu'il a reçu dans le Gan Eden d'en haut.
Puis le néfech qui se trouve dans la tombe se revitalise par cette lumière et chacun des ossements se fortifie dans la tombe et multiplie les louanges au Créateur, comme il est écrit : "Tous les ossements proclameront : Eternel, qui est comme Toi?" (Téhilim 35,10).
Le verset s'exprime précisément au futur pour faire référence à la résurrection des morts lorsqu'ils se relèveront de la tombe. (Zohar - Térouma 141a)

-> Le Arizal (Ets 'Haïm - chaar 22,chap.2) explique que seule une toute petite partie du néfech que l'on appelle "havalé dégarmé" reste dans la tombe afin d'alimenter les ossements pour qu'ils puissent se maintenir jusqu'à la résurrection des morts.
C'est ici que se trouve le secret du louz, os à partir duquel le corps va se reconstituer durant la résurrection.

-> Parallèlement, si la partie du néfech qui reste dans la tombe, le "havalé dégarmé" n'est pas alimentée par la néchama qui a reçu la lumière du Gan Éden supérieur pour la transmettre au roua'h qui la transmettra à son tour au néfech, tous les ossements se décomposeront y compris le louz.
Dans ce cas, cet individu ne pourra pas se relever pour la résurrection des morts et il s'agit tout simplement du secret de karet c'est-à-dire le retranchement d'un individu du peuple d'Israël.

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-> En effet, le Zohar (Térouma 142b) rapporte que le néfech obtient le repos par le mérite d'avoir soumis les klipot à l'aide de son corps durant son vivant. C'est ainsi que l'âme va se réjouir dans le monde des âmes.
L'ange, que l'on appelle ידומיע"ם, accompagné de ses officiers qui sont au nombre de plusieurs milliers de myriades, iront à la rencontre cette âme. Elle sera escortée et on la fera entrer dans tous les portails du Gan Eden afin qu'elle se délecte de la vision exquise du plaisir des Justes (tsadikim).
On lui montrera l'honneur réservé aux Justes qui se trouvent là-bas ainsi que l'honneur qui lui est réservé. Cette âme se vêtira de son vêtement créé à partir de l'air du Gan Eden.
La dimension de sa 'Halouka déRabanan sera en fonction des mitsvot qu'elle aura accompli durant son vivant. Le néfech deviendra un réceptacle pour le roua'h et ils se réjouiront de la récompense des commandements réalisés. Elle sera mise au courant de tous les sujets du monde ici-bas qui se dérouleront à l'avenir.

Tout ceci prendra place durant les jours de la semaine. Cependant, durant le jour de Shabbat, les mondes supérieurs s'unissent et le roua'h s'élèvent durant chabbat pour être couronné avec la néchama qui se trouve dans le Gan Eden supérieur.
Ainsi, le néfech qui s'est attaché au roua'h reçoit l'éclat de sa lumière, comme la lune reflète la lumière du soleil. Lorsque le roua'h s'attache à la néchama, cette dernière bénéficie directement de l'émanation de la lumière sans fin.
C'est alors que le repos atteint son paroxysme car les mondes supérieurs et le monde inférieur s'unissent directement à l'émanation divine, créant un lien et une unité entre toutes les dimensions de la Création.
Hachem se réjouit des actes des hommes et les éclaire.
Ainsi, le repos de l'âme qui se trouve ici-bas bénéficie de la lumière sans fin en s'attachant aux mondes supérieurs, comme il est écrit : "véayéta néfech adoni tséroura bitsrour a'haïm" (Et voici que l'âme de mon Maître est attachée au Tsror ha'Haïm (faisceau de la vie) - Chmouël I 25,29)

-> Il s'agit de la vie éternelle, après la séparation de l'âme et du corps. C'est grâce à cette élévation exceptionnelle que le néfech se nourrit de lumière lorsqu'il redescend à la sortie de chabbat au point que les ossements et tous les membres qui se trouvent dans la tombe se nourrissent et sont rassasiés de cette lumière, comme il est écrit : "Hachem te guidera constamment, Il prodiguera à ton âme des jouissances pures et fortifiera tes membres. Tu seras comme un jardin bien arrosé, comme une source jaillissante dont les eaux ne se tarissent pas" (Yéchayahou 58,11).
[lorsque le Zohar fait référence à une émanation de lumière, il s'agit du ohr haganouz, la lumière originelle de la création qui a été cachée pour que seuls les tsadikim en bénéficient. ('Haguiga 12a)]
Heureux sont les Justes qui ont craint Hakadoch Baroukh Hou dans ce monde ici-bas et dont les trois parties de l'âme vont bénéficier de ces trois niveaux de repos.

-> Il existe 7 portails dans le Gan Eden et ils sont reliés à la source des sept attributs divins qui émanent des mondes supérieurs. De même qu'il existe sept portails dans le Gan Eden inférieur, il existe également 7 portails dans le Gan Eden supérieur. Les six premiers portails du Gan Eden inférieur accueillent les âmes en fonction de leur statut tandis qu'aucune âme ne réside dans le septième portail.
En effet, il a uniquement pour fonction d'élever l'âme du Gan Eden inférieur au Gan Eden supérieur en fonction des mérites. Le Gan Eden inférieur a pour fonction de faire un monde intermédiaire entre le monde matériel ici-bas et le Gan Eden supérieur qui est totalement dénué de matière. C'est la raison pour laquelle le Talmud rapporte à plusieurs reprises, l'existence de notions sensorielles ou matérielles qui ont lieu au Gan Eden.
Par exemple, Rabbi Chimon bar Yo'hai se trouve assis sur 13 trônes en or (Kétoubot 77b) ou encore Hachem qui promet à Rabbi Eléazar ben Pedat qu'il pourra jouir de 13 rivières d'huile de balsamier (Taanit 25a) ou encore Alexandre le Grand qui remonta un cours d'eau l'amenant jusqu'aux portes du Gan Eden (Tamid 32b).

Concernant le Gan Eden supérieur, la guémara (Béra'hot 17a ; Nida 30b) enseigne : "Il n'y a pas de boisson et de nourriture dans le monde futur."

Ainsi, chaque fois où sera évoqué une réalité sensorielle ou matérielle, il s'agira du Gan Eden inférieur où réside le roua'h, intermédiaire entre le néfech qui est totalement rattaché à la matière et la néchama qui est totalement détachée de la matière.
A l'inverse, lorsque la notion de matérialité est absente, il s'agit du Gan Eden supérieur.

[d'après le Tsor ha'Haïm - A'haré Mot 16,1]