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Les démons, esprits maléfiques et fantômes (2e partie)

+ Les démons, esprits maléfiques et fantômes (2e partie) :

+ Le point de vue de nos Sages du Talmud :

-> Il existe de nombreuses références aux démons dans le Talmud babylonien, mais elles sont nettement moins nombreuses dans le Talmud de Jérusalem.
Certains seraient prompts à suggérer que les références aux démons dans le Talmud babylonien ont dû être influencées par les croyances locales de l'époque. Il est intéressant de noter que le rabbin Avraham Its'hak Kook (Ezrat Cohen 6) affirme que la raison de cette absence de mention est qu'en Israël, il n'y a jamais eu de véritables problèmes avec les démons en raison de la sainteté de la terre.
Dans le Talmud, certaines décisions juridiques présupposent l'existence des démons (ex: michna Shabbath 2:5), et à d'autres endroits, les esprits maléfiques sont décrits comme incitant les gens à la transgression (ex: Sotah 3a ; Erouvin 41b).

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+ La création des démons :

La création des démons est décrite de différentes manières :
- Une déclaration affirme qu'ils (les mazikin) ont été créés la veille du premier Shabbath. [Pirké Avot 5,6 ; Pessa'him 54a]
[il est intéressant de noter que nos sages enseignent que les démons avaient été créés la veille du Shabbat, et le rabbi de Komarno mentionne à plusieurs reprises que le rav Tzvi Hirsch de Ziditchov et de nombreuses autres personnes vertueuses ont attesté que tous les moments où leur esprit était restreint se produisaient la veille du Shabbath. Il arrive souvent qu'avant que la sainteté ne se révèle, l'esprit se ferme et que l'on passe par une phase de faiblesse (spirituelle). ]
- Ailleurs, ils sont présentés comme les "descendants" d'Adam et 'Hava après une période de séparation suite à leur expulsion du gan Eden. [Erouvin 18b ; Béréchit rabba 20,11 & 22,11]
- La tradition enseigne que Noa'h a fait entrer les chédim (démons) dans l'Arche, ce qui a préservé leur existence pendant le déluge. [Rachi - Noa'h 6,19 ; Béréchit rabba 31,13]
- de plus, le Pirké déRabbi Eliézer affirme que la génération du Déluge biblique ne se lèvera pas lors de la résurrection messianique à la fin des temps, et qu'elle a été transformée en esprits (rou'hot) et en démons (mazikin).
- ailleurs, la guémara (Sanhédrin 109a) dit que les personnes qui se sont rebellées et ont construit la tour de Babel étaient divisées en trois motivations pour le faire. La faction qui disait vouloir faire la guerre à Hachem a été transformée en démons (chédim).
- dans certains textes du mysticisme juif, devenir un démon est la punition destinée à certains réchaïm. [Zohar III:70a, au nom de Rabbi Yéhouda.]
- il existe également une description plus détaillée, de type évolutionniste, de la formation des démons.
[Baba Kama 16a. Dont voici le texte : Une hyène mâle se métamorphose après sept ans en une chauve-souris insectivore [atalef] ; une chauve-souris insectivore se métamorphose après sept ans en une chauve-souris herbivore [arpad] ; une chauve-souris herbivore se métamorphose après sept ans en un chardon [kimosh] ; un chardon se métamorphose après sept ans en une ronce [ḥo'ha] ; et une ronce se métamorphose après sept ans en un démon. ]

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+ Leur apparence :

-> Comme pour toute description de questions spirituelles mentionnées dans les œuvres des sages, il faut toujours garder à l'esprit qu'il ne s'agit que d'associations anthropomorphiques (on essaie de leur attribuer des réactions humaines). La manière dont les démons sont représentés ne doit pas être prise au pied de la lettre.
De plus, une perspective juive saine sur les démons ne consiste certainement pas à les considérer comme ils sont représentés dans les œuvres d'art religieuses d'autres confessions. En même temps, certaines descriptions physiques rapportées dans la littérature juive représentent de manière emblématique un aspect de la vérité sur la nature des démons.

Le Talmud dit que le nombre de démons dépasse de loin celui des êtres humains. Le fait que nous ne puissions pas les voir (mazikin) est considéré comme une bénédiction, car sinon, nous ne pourrions pas le supporter.
[Dans Béra'hot 6a :
- Abba Binyamin dit : Si l'œil était autorisé à voir, aucune créature ne pourrait résister à l'abondance et à l'omniprésence des démons et continuer à vivre sans être affectée par eux.
- Rav Houna dit : Chacun de nous a mille démons à sa gauche et dix mille à sa droite. Dieu protège l'homme de ces démons, comme il est dit dans le verset : "Que mille tombent à ton côté, et dix mille à ta droite ; ils ne t'atteindront pas" (Téhilim 91,7).

Dans Guittin 68a : Rabbi Yoḥanan dit : Il y avait trois cents types de démons dans un lieu nommé Shiḥin, mais je ne connais pas la forme ni la nature même d'un démon. ]

Les démons sont considérés comme une sorte de niveau intermédiaire entre les anges et les êtres humains.

On dit qu'ils (les shédim) ressemblent aux anges de trois façons, et aux êtres humains de trois autres façons : ils ont des ailes, ils volent d'un bout à l'autre de la terre et ils connaissent l'avenir comme les anges ; et ils mangent, boivent, se reproduisent et meurent comme les humains. ['Haguiga 16a]
Les démons peuvent également prendre l'apparence d'êtres humains. [Méguila 3a]

Rachi (Sanhédrin 109a) distingue les apparences de chaque genre de démon. Les rou'hot n'ont ni corps ni forme, les shédim ont une forme humaine et mangent et boivent comme les gens, et il existe une autre catégorie appelée lillin, qui a une forme humaine et est également décrite comme ayant des ailes.

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+ Leurs effets :

-> Diverses sources affirment que le pouvoir des démons varie au cours de la journée, de la semaine, de l'année et d'autres périodes de temps. [Bamidbar rabba 12,3]
La guémara (Sanhédrin 44a) dit que les mauvais esprits sont plus menaçants le soir, car ils préfèrent l'obscurité. Il ne faut pas saluer quelqu'un dans la nuit que l'on ne reconnait pas, de peur que ce ne soit un démon (shéd).
De plus, on dit que les démons évitent les groupes. Le démon se montrera et fera du mal à une seule personne ; cependant, face à deux personnes, il se contentera tout au plus de se montrer sans rien faire, et face à trois personnes ou plus, le démon n'apparaîtra pas du tout. [Béra'hot 43b]

-> Les démons ont également une juridiction limitée. Dans la guémara ('Houlin 105b), un démon dit à Mar bar Rav Achi : "Nous n'avons pas le droit de prendre quoi que ce soit qui soit emballé, scellé, mesuré ou compté."
[ Selon le Iyoun Yaakov (Baba Kama 21a), Mar bar Rav Achi était versé dans la Kabbale pratique et qu'il était donc capable de voir les démons.
La guémara (Tossafot sur Taanit 8b) explique que si une quantité de biens n'a pas été comptée, Hachem accordera parfois sa bénédiction et augmentera le nombre.
Ainsi, les démons ne sont pas autorisés à prendre des objets emballés, scellés ou mesurés, car tout ce qu'ils contiennent appartient à leur propriétaire. ]
Il est intéressant de noter que, sur la base de cet enseignement talmudique, un grand sage a réagi à un incident particulier. Dans la ville de Shklov, il y avait un homme capable de réciter les mots de n'importe quel livre qui lui était présenté sans l'ouvrir, même des livres qu'il n'avait jamais vus auparavant.
Ils en ont parlé au Gaon de Vilna. Il leur a dit d'emballer le livre et cet individu ne saurait plus rien, car les sages ont dit que les démons n'ont pas accès à ce qui est emballé.

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+ Les apparitions de démons dans la loi juive :

-> Les démons apparaissent assez fréquemment dans la loi juive.
Pour commencer, il existe de nombreux exemples de choses que les juifs doivent éviter à cause du roua'h raa (les démons, litt. esprit mauvais).
[on ne peut pas manger d'œufs, d'oignons ou d'ail pelés qui ont été laissés toute la nuit à cause de l'esprit mauvais (d'impureté) qui repose sur eux (Niddah 17a).
Bien que le Rambam et le Rama omettent cette question lorsqu'ils discutent de diverses actions dangereuses, de nombreuses autorités affirment que la loi est toujours en vigueur (ex: Choulkhan Aroukh Harav - Shemirat Hagouf 7 ; Ben Ich 'Haï - Pin'has 2:14 ; Darké Téchouva 116:74 ; Kaf Hachaim 540:1 ; Igrot Moché - Yoré Déa 3:20 ; Yabia Omer - Yoré Déa 2:7).
De plus, il existe une crainte d'impureté spirituelle concernant les aliments conservés sous un lit dans lequel quelqu'un a dormi pendant la nuit, même si les aliments étaient scellés (voir Yoré Daé 116:5, basé sur Pessa'him 112a).
La mayim a'haronim (ablution fin du repas) ne doit pas éclabousser la nourriture ou les ustensiles de cuisine (Ora'h 'Haïm 181:2) [de même, on essaie de verser un minimum de cette eau pour ne pas donner des forces aux puissances maléfiques]. ]

La loi juive met en garde contre le fait de laisser son livre de la Torah ouvert lorsqu'on s'en éloigne, car cela provoque une réaction d'une entité démoniaque qui fait oublier à celui qui utilise le livre ce qu'il a appris.
[cette entité est appelée "Shéd" ou shin-daled (שד), abréviation de "shomer dapim" (celui qui garde les pages). Cela fait oublier à quiconque laisse un livre ouvert ce qu'il a appris. (voir Choulkhan Aroukh - Yoré Déa 177:1 et le Sach dessus) ]

-> Il existe également des discussions plus ouvertes sur le caractère licite de l'invocation des démons.
Le Tour (Yoré Déa 179) cite une opinion selon laquelle s'adonner aux démons est aussi interdit que la sorcellerie.
En revanche, le Roch, l'autorise, tout comme il autorise de lier les anges par des serments et d'utiliser le séfer Yétsira, car le Talmud distingue ces pratiques de la sorcellerie.
Soit dit en passant, les gens d'aujourd'hui n'ont pas le caractère spirituel nécessaire pour s'adonner à ces pratiques, et le rabbi Yossef Karo, le Beit Yossef, avertit que celui qui s'implique avec les démons n'en sortira pas indemne. [d'une certaine façon si on "dérange" les démons, ils peuvent nous le faire payer après, parfois très cher! ]
Le rabbi de Komarno, fait la distinction entre l'utilisation des démons du "côté de la sainteté", qu'il dit autorisée, bien que potentiellement dangereuse, et l'utilisation des démons du "côté de l'impureté", qu'il interdit. [Zikhron Dévarim - part.2]

-> Bien que la Torah interdise les actes de sorcellerie, le Ramban (Michpatim 22,17) se demande si "conjurer les démons" est inclus dans cette interdiction. Si ce n'est pas le cas, parce que cela est considéré comme une activité différente, alors consulter les démons serait autorisé.
Même si la conjuration est interdite, il est néanmoins permis de consulter un démon conjuré par un non-juif. [Téchouvot haRachba Haméyou'hasot léRamban - n°283 ; Téchouvot haRivach n)92]

-> Dans le même ordre d'idées, il existe une discussion dans la loi juive sur la question de savoir s'il est permis de demander l'aide d'un démon pour retrouver un objet perdu. [Sanhédrin 101a]
La question se pose à la fois dans le contexte de savoir si cela est permis le jour du Sabbath et dans le contexte de savoir si cela est permis tout court.
[La différence dans cette discussion ne porte pas sur la permissibilité essentielle, mais plutôt sur des aspects secondaires. Étant donné qu'il s'agissait d'une pratique ancienne consistant pour ceux qui avaient perdu des biens à demander aux démons de les aider à les retrouver, la question se pose de savoir si le fait de le faire le jour du sabbat constituerait une participation aux "affaires de la semaine", une pratique interdite le jour du sabbat.
Voici un extrait de la guémara Sanhédrin 101a :
Rabban Shimon ben Gamliel dit : ... il est interdit de consulter les démons le Shabbat. Rabbi Yossé dit : Même en semaine, il est interdit de consulter les démons.
Rav Houna dit : La halakha est conforme à l'avis de Rabbi Yossé.
La guémara note : Et même Rabbi Yossé n'a pas dit que l'interdiction de la sorcellerie en semaine était due à l'interdiction de la Torah ; elle est plutôt due au danger, de peur que les démons ne lui nuisent. Cela pourrait arriver, comme dans l'incident concernant Rav Yitzhak bar Yosef, qui consulta un démon et fut, de ce fait, englouti par un cèdre. Un miracle se produisit alors pour lui : le cèdre se fendit et l'expulsa. ]

-> De plus, plusieurs textes juridiques juifs abordent des sujets encore plus spécifiques, tels que le statut marital d'une personne qui a des relations sexuelles avec un démon.
[ le premier à mentionner cette question est le rabbi Its'hak de Vienne (Ohr Zaroua - vol.1, sect.124). Il affirme que de tels rapports intimes n'ont aucune répercussion juridique (juive) viable.
Plus tard dans l'histoire, le rabbi Méir de Lublin (Téchouvot Maharam Lublin 116) a été interrogé sur un cas pratique où une femme avait eu des rapports sexuels avec un démon et se demandait si elle pouvait rester mariée à son mari. Le rabbi Méir est arrivé à la même conclusion, à savoir qu'elle pouvait rester mariée, car les rapports sexuels avec un démon n'ont aucune conséquence juridique (judaïquement parlant).
Cette réponse est même mentionnée dans le Beit Shmouel (Even Ha'ezer 6:17).
Le 'Hida cite également cette conclusion lorsqu'il aborde une question similaire. ]

-> Un autre sujet, quelque peu lié, concerne la rédaction d'une lettre de divorce à l'intention de sa femme. Traditionnellement, le guét, la lettre de divorce juive, doit être initié par le mari.
On va rapporter le Talmud (Guittin 66a) :
"La michna : Concernant un homme jeté dans un puits, persuadé d'y mourir, et qui déclara que quiconque entendrait sa voix devait rédiger un acte de divorce pour sa femme, en précisant son nom, celui de son épouse et tous les détails pertinents, ceux qui l'entendraient devraient rédiger cet acte et le remettre à sa femme, même sans l'avoir vu ni connu.

La guémara demande : Mais craignons que la source de la voix dans le puits ne soit un démon, puisque personne n'a vu la personne dans le puits. Rav Yéhouda répond : Il s'agit d'un cas où l'on a vu que l'être dans la fosse avait une forme humaine.
La guémara objecte : Les démons aussi peuvent apparaître sous forme humaine ; par conséquent, le fait que l'être ait paru humain ne prouve pas qu'il ne s'agisse pas d'un démon.
La guémara explique : C'est un cas où l'on a vu qu'il avait une ombre [bavoua].
La guémara objecte : Les démons ont aussi une ombre.
La guémara explique : Il s'agit d'un cas où ils ont vu qu'il avait l'ombre d'une ombre.
La guémara objecte : Et peut-être que les démons aussi ont l'ombre d'une ombre?
Rabbi 'Hanina répond : Mon fils Yonatan m'a enseigné que les démons ont une ombre, mais pas l'ombre d'une ombre.
La guémara demande : Mais peut-être que la source de la voix dans le puits est une épouse rivale de celle qui doit divorcer. Elle cherche à faire en sorte que sa rivale obtienne un acte de divorce sous de faux prétextes, lui faisant croire qu'elle est divorcée. Forte de cette croyance erronée, elle se remariera sans divorcer et sera alors interdite à la fois à son premier et à son second mari.
La guémara répond : Un Sage de l'école de Rabbi Yichmael a enseigné : En cas de danger, lorsqu'il est probable que l'épouse se considère comme une épouse abandonnée, on rédige et on remet un acte de divorce même si les personnes chargées de le faire ne connaissent pas celui qui a donné les instructions. Là aussi, lorsqu'une voix se fait entendre depuis un puits, on rédige et on remet l'acte de divorce, puisqu'il n'y a aucune possibilité de clarifier correctement la situation.

[Tossafot précise aussi que les démons étaient connus pour se cacher dans des puits. ]

Ainsi, la Michna enseigne que si l'on entend une voix provenant d'un puits, demandant à quiconque peut l'entendre d'écrire une lettre de divorce à sa femme, on doit l'écouter. Le Talmud précise que nous devons écouter la voix provenant du puits si nous pouvons confirmer qu'il ne s'agit pas d'un démon se faisant passer pour le mari.
Certains Richonim soulignent que, dans la pratique, il faut déterminer que la voix ne provient pas d'un démon uniquement si elle provient d'un puits ou d'autres lieux où les démons se rassemblent. [Rach cité par le Ran ; Rachba]

-> Le Choul'han Aroukh (Even Ha'Ezer 17:10) stipule également que si une voix annonce la mort d'une personne et qu'aucune source n'est trouvée, il est possible d'autoriser sa femme à se remarier.
Si cette voix est entendue dans un champ, une citerne ou une ruine, le remariage n'est pas autorisé, car on craint qu'elle provienne d'un démon, étant donné que ces lieux sont fréquentés par des démons.
Il est fascinant de constater que le Choul'han Aroukh est tellement convaincu de l'existence des démons qu'il est prêt à laisser une femme attachée à son mari à moins que la silhouette invisible dans le puits puisse être identifiée comme étant le mari, et non un double qui est démon.

Ces quelques exemples suffisent à donner un aperçu de la manière dont la présence des démons imprègne les écrits talmudiques et juridiques juifs.

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+ Bonus :

-> Voici un extrait de la Jewish Encyclopedia, simplement traduit sans vérification personnelle des sources :
Les démons rôdent autour des maisons et des champs (Béréchit rabba 20), particulièrement dans les basses couches de l'atmosphère (Bamidbar rabba 12 ; Tan'houma Michpaṭim).
Leur demeure principale se situe dans la partie nord de la terre (Pirḳé déRabbi Eliézer 3). Ils affectionnent les câpriers et les sarracénies, où ils vivent par groupes de soixante ; les noyers, où ils se regroupent par neuf ; les endroits ombragés les nuits de pleine lune, notamment les toits des maisons, sous les gouttières ou près des ruines ; les cimetières et les latrines (il existe un démon particulier des latrines, "shed shel beit ha-kisse") ; l'eau, l'huile et les miettes de pain répandues sur le sol. Ils nuisent aux personnes et aux choses qui s'approchent d'eux.
[Pessa'him 3b ; Béra'hot 3a, 62b ; Shabbath 67a ; Giṭtin 70a ; 'Ḥoulin 105 ; Sanhédrin 65b ]

Rabbi Yo'hanan connaissait 300 espèces de démons vivant près de la ville de Shiḥin (Guittin 68a).
Il est dangereux de marcher entre deux palmiers (Pessa'him 111a).
Les démons sont particulièrement nuisibles la nuit. Il est imprudent de saluer quelqu'un dans l'obscurité (qu'on ne reconnaît pas), car il pourrait s'agir d'un démon (Méguila 3a) ; de dormir seul dans une maison, car Lilith pourrait s'emparer de quelqu'un (Shabbath 151b) ; de marcher seul la nuit ou le matin avant le chant du coq (Bera'hot 43a ; Yoma 21a) ; de prendre de l'eau à quelqu'un dont les mains ne se sont pas lavées (nétilat yadaïm) le matin (Béra'hot 51a).
Les veilles du mercredi et du Sabbath sont particulièrement dangereuses, car Agrat bat Maḥlat, "le démon dansant du toit" (Yalḳout 'Ḥadach - Kechafim, 56), hante alors les airs avec sa suite de dix-huit myriades de messagers de destruction, "chacun ayant le pouvoir de nuire" (Pessa'him 112b).

Une autre période périlleuse est le midi du solstice d'été, du 17 Tamouz au 9 Av. Le démon Keṭev Meriri règne alors de dix heures du matin à trois heures de l'après-midi. Il a une tête de veau, avec une corne tournante au milieu, et un œil sur la poitrine ; son corps est entièrement couvert d’écailles, de poils et d’yeux. Quiconque le voit, homme ou bête, tombe à terre et meurt (Pessa'him 3b ; midrach Téhilim 91,3).
Les démons prennent forme humaine, mais n’ont pas d’ombre (Yébamot 122a ; Guiṭtin 66a ; Yoma 75a).
Tantôt ce sont des êtres noirs à l’apparence de chèvres (Ḳiddoucin 72a), tantôt des dragons à sept têtes (Ḳiddouchin 29a).
"Comme des anges, ils ont des ailes et volent d’un bout à l’autre du monde, et connaissent l’avenir ; et comme les hommes, ils mangent, se reproduisent et meurent" ('Ḥaguiga 16b).
Ils sont responsables des évanouissements des étudiants et de l'usure de leurs vêtements dans les écoles et les assemblées de savants (Béra'hot 6a). Mais ce ne sont pas toujours des esprits malins. De par leur nature semi-céleste, ils peuvent entendre les décrets du ciel et les hommes peuvent les consulter quant à l'avenir ; cela se fait au moyen d'huile et de coquilles d'œufs ; seul le jour du sabbat, cela est interdit (Shabbath 101a).
Hillel et Yohanan ben Zakai ont compris leurs paroles de la même manière que le roi Salomon (Massé'het Sofrim, 15,9)

Le saint Abba José de Zaintor sauva sa ville du mal, lorsqu'un démon des eaux vivant à proximité l'informa qu'un démon maléfique y avait élu domicile. Il incita alors les habitants à descendre au bord de l'eau à l'aube, munis de barres de fer et de broches, et à battre l'intrus à mort ; le sang marqua l'endroit où il fut tué (Vayikra rabba 24).
Les magiciens d'Égypte avaient recours aux démons pour accomplir leurs miracles, car toute sorcellerie est l'œuvre des démons (Sanhédrin 67b), bien que les démons ne puissent créer, mais seulement transformer les choses existantes (Sanhédrin 67b).
L'Égypte était considérée comme le bastion de la sorcellerie pratiquée par les démons (Shabbath 104b).

Certains amoraïm babyloniens employaient des shédim comme esprits bienveillants et recevaient d'eux un enseignement précieux, les appelant par des noms familiers tels que "Yossef" ou "Yonathan" (Pessa'him 110a ; 'Ḥoulim 105b ; Yébamot 122a ; 'Erouvin 43a)
Dans l'Antiquité, les démons étaient considérés comme des êtres dotés d'une intelligence supérieure.

Les démons, esprits maléfiques et fantômes (1ere partie)

+ Les démons, esprits maléfiques et fantômes (1ere partie) :

-> Dans le texte biblique, les sages talmudiques et toute la tradition rabbinique, on trouve d'innombrables références à des puissances malveillantes identifiées comme des démons. Ces démons ou esprits maléfiques sont des influences non humaines qui peuvent manipuler les gens de diverses manières.
En discutant de la vision historique générale de ces forces, le rabbi Ménaché ben Israël, un sage du 17e siècle, a écrit : "L'opinion de toutes les autorités juives est que les références bibliques aux esprits doivent être prises au pied de la lettre". [Nichmat 'Haïm 3:12,13,14 - les points de vue dissidents possibles seront abordés ultérieurement ; néanmoins, il semble que cela reste l’opinion générale.]
De plus, le rabbi Tsvi Hirsch Chajes, mieux connu sous le nom de Maharatz Chajes, l'un des plus éminents sages galiciens du 19e siècle, affirme que de nombreuses déclarations talmudiques peuvent être interprétées de manière allégorique, mais que ce n'est pas le cas des démons.
Le nombre impressionnant de références talmudiques à ces forces démontre que nous avons affaire à des phénomènes réels. [Maharatz Chajes - dans son introduction aux Aggadot - imprimé au début du Ein Yakov]

En effet, les démons faisaient souvent l'objet de discussions dans le monde antique.
Les Babyloniens étaient réputés pour leur magie et leur démonologie, à l'instar de l'Égypte à l'époque de Moché, qui était alors connue comme le centre mondial des magiciens (Ména'hot 85a ; midrach rabba Chémot 9).

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+ Terminologie au sujet des démons :

-> Plusieurs termes sont utilisés dans la littérature juive pour décrire ces forces, bien qu'elles soient toutes regroupées sous le terme général de "démons".
Le terme le plus fréquemment utilisé est le mot : mazik, qui signifie littéralement "endommager" ou "détruire".
Un autre terme courant est : shéd, qui est exclusivement associé aux démons. (au pluriel : shédim, comme dans Haazinou 32,17 ; Téhilim 106,37.
Ce mot (shéd) est apparenté au mot hébreu signifiant "désolé". Les démons sont appelés ainsi parce qu'ils occupent généralement des zones désolées ; voir Ramban dans A'haré Mot17,7).
Le Ramban (A'haré Mot 16,8) commente que "les shédim étaient appelés mazikin dans le langage des rabbanim, et sé'irim dans le texte biblique".
Le dernier terme principal couramment utilisé est : roua'h raa, qui signifie littéralement "esprit maléfique" et semble avoir un spectre plus large de ce qu'il décrit.

Outre la terminologie générale, il existe des noms spécifiques désignant soit des démons individuels, soit des classes de démons. Le texte biblique, par exemple, mentionne Réchef et Déver, qui signifient littéralement "plaie" et "peste", mais qui seraient également des noms de forces démoniaques. ('Habakouk 3,5)

Il existe ensuite des démons ou d'autres forces malveillantes qui sont mentionnés à de nombreux endroits dans la littérature juive :

1°/ Achmédaï :
Rachi (Chmouël II 7,14) affirme que le mot "plaie" (nig'é - נִגְעֵי) dans un verset fait référence au démon Achmédaï, qui a été expulsé du ciel après s'être rebellé contre Hachem.
La guémara (Pessa'him 110a) le considère comme le "roi des démons" (malka dé'chédé).
Achmédaï semble être le nom générique du roi des démons, tout comme Pharaon était le nom (le titre) du roi d'Égypte.
[comme l'affirme le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - Guittin 68a) dans sa discussion de l'incident entre Salomon et Achmédaï]. Il est intéressant de noter que le nom Achmédaï et le mot Pharaon ont la même valeur numérologique. ]

Ailleurs, la guémara (Guittin 68a) rapporte comment le roi Salomon demanda à Achmédaï où trouver le ver appelé "shamir" afin de construire le Temple.
[le Maharal a un avis dissident, en affirmant que cette section du Talmud ne peut être prise au pied de la lettre. ]
Plus tard, Achmédaï se fit passer pour le roi Salomon et le chassa du trône. [Guittin 68a ; Maharcha - du Targoum Kohélet 1,12]
Salomon fut projeté à une distance de 40 jours de voyage, et Achmédaï s'assit sur le trône.
Salomon cria qu'il était bien le roi Salomon, mais tout le monde le traita de fou. Il finit par plaider sa cause devant le Sanhédrin, qui prouva qu'il était bien celui qu'il prétendait être et chassa Achmédaï. [Méam Loez - Kohélet 1,12 ]

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2°/ Azazel :
Azazel est mentionné dans la Torah en relation avec le rituel du Yom Kippour. [A'haré Mot 16,8&10&26 ]
En ce jour, Aharon le Cohen Gadol, tire au sort deux boucs, et celui "pour Azazel" est présenté vivant devant Hachem, puis relâché dans le désert. Les versions latines comprennent Azazel comme "le bouc qui s'en va", d'où le terme "bouc émissaire". [un bouc était l'Hachem (offert au Temple), et un autre la Azazel (jetait dans le désert au haut d'une falaise., en cadeau forces du mal - Satan)]
[selon le Pirké déRabbi Eliezer 46, il est clairement fait référence à Azazel dans la Torah : "Pourtant, Azazel persista obstinément dans sa faute qui consistait à égarer l'humanité ... C'est pourquoi deux boucs étaient sacrifiés le jour de Kippour, l'un pour Hachem, afin qu'Il pardonne les fautes d'Israël, l'autre pour Azazel, afin qu'il porte (prennent avec lui) les fautes d'Israël, et c'est là Azazel de la Torah." ]

Certains commentateurs disent que Azazel est le nom de l'endroit où le bouc est conduit.
La guémara (Yoma 67b) enseigne que le sacrifice d'Azazel expie la débauche et l'immoralité, encouragées par les anges déchus, dont Azazel tire son nom.
Le Ramban cite le rabbi Eliezer Hagadol, qui associe Azazel aux démons surnaturels du désert et à l'esprit maléfique identifié ailleurs comme Samaël.
Azazel est identifié au Satan, le grand tentateur. Azazel, en tant que Satan, incite les peuples du monde à fauter et c'est pour cette raison que le bouc émissaire lui était "offert" le jour de Kippour.
Azazel est également mentionné comme un démon dans les manuscrits de la mer Morte.

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3°/ Kétev Mériri :
Cette entité est décrite comme ayant de nombreux yeux, et comme ayant ses yeux dans son cœur. [midrach Bamidbar rabba 12,3 ; midrach Téhilim 91,3 ]
Le midrash enseigne que kétev mériri, ou "destruction amère", une sorte d'esprit dangereux mentionné dans le chant de Haazinou (v.32,24 - קֶטֶב מְרִירִי), prévaut en particulier du 17 Tamouz jusqu'au 9 Av. [midrach Shocher Tov - sur Téhilim 91]
La littérature de la Torah parle de deux esprits "kétev", dont l'un domine du premier au seizième jour de Tamouz, et le second pendant les trois semaines. [Pessa'him 111b ; Yalkout Chimoni - Haazinou ]
Cette force spirituelle domine quotidiennement pendant cette période, de la quatrième heure de chaque jour jusqu'à la neuvième heure. [midrach Bamidbar rabba 12,3 ; Eikha rabba 1,29]

Cette énergie négative a en fait des ramifications dans la loi juive. En raison du danger potentiel, le Choulkhan Aroukh (Ora'h 'Haïm 551:18) stipule qu'il ne faut pas se promener seul pendant cette période.
[certains disent de la fin de la quatrième heure jusqu'à la fin de la neuvième heure de la journée juive (Moéd léKol 'Haï 9,19)], et qu'il faut être prudent même pendant les seize premiers jours de Tamouz. [Biour Halakha sur Choulkhan Aroukh précédant]
Le séfer 'Hassidim rapporte l'histoire d'un groupe d'enfants qui, un midi, alors qu'ils se rendaient à l'école, ont été confrontés à ce démon. Tous sont morts sauf deux, et même ceux-ci n'ont échappé à la mort qu'après une longue maladie.

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4°/ Lilith :
Il n'y a qu'un seul endroit où le nom "Lilith" (לִּילִית) apparaît dans le texte biblique (Yéchayahou 34,14).
Dans le livre de Yéchayahou, qui décrit la désolation d'Edom, ce nom figure dans une liste de 8 animaux impurs, dont certains peuvent avoir des associations démoniaques. [le Radak écrit qu'il s'agit d'un oiseau ou d'un animal nocturne, mais Rachi dit qu'il s'agit d'un démon. ]
Certains commentaires sur ce verset indiquent que Lilith est la mère des démons (ex: le Métsoudat Tsion sur ce verset, et le Radak enseigne que cette créature crie comme un oiseau nocturne), et elle est également décrite comme telle dans le Zohar (Pékoudé 276b).
Lilith est également mentionnée dans les manuscrits de la mer Morte.

Le guémara, qui fait plusieurs références à Lilith, la décrit comme un démon avec un visage humain et des ailes (Nidah 24b ; Rachi-Sahnédrin 109a), et ailleurs comme une femme aux cheveux longs (Erouvin 100b).
À un autre endroit de la guémara (Shabbath 151b), il est recommandé de ne pas dormir seul, de peur de se retrouver entre ses griffes. En effet, selon le Zohar (19b), elle serait une séductrice qui erre toute la nuit, incitant des hommes innocents à se souiller. [certains laissent une légère source de lumière lorsqu'ils dorment seuls, pour se prémunir de cela]

Lilith est aussi parfois associée à d'autres "mères démones" ou "reines démones", à savoir Agrat (אָגְרַת
- Pessa'him 112b), sa mère Ma'halat (מָחֲלַת) [Agrat et Ma'halat représentent des forces qui incitent les gens à adopter des comportements immoraux - Chlah - Ki Tétsé - Torah Ohr], et Naama (Zohar I:55a ; III:76b-77a).
Toutes sont considérées comme les épouses de Samaël, l'ange gardien d'Essav. [Rabbénou Bé'hayé - Béréchit 4,22]
Certains considèrent également la reine de Saba comme une sorte de créature surnaturelle à moitié démoniaque.

Dans certaines sources de la tradition juive, Lilith est présentée comme la première épouse d'Adam.
Lilith a été créée à partir de la terre, tout comme Adam, et les deux n'ont pas réussi à trouver un équilibre entre eux. Une série d'événements s'est produite, et Lilith s'est rebellée et s'est transformée en démon, semant le chaos et se vengeant sur l'humanité, en particulier sur les enfants. [Torah Chéléma - Béréchit 2,256]

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5°/ Samaël :
L'agent (ange) de la mort est appelé "mala'h ha'mavét" en hébreu. Il est parfois associé à Satan ou à Samaël. Certains disent que cet agent a été créé le premier jour de la Création, en même temps que les ténèbres, tandis que d'autres affirment qu'il n'est apparu qu'après la première faute d'Adam et 'Hava (Pirké déRabbi Eliézer 13 ; Avoda Zara 22b).

Chacune des 70 nations énumérées dans la Torah aurait un ange qui symbolise son caractère essentiel. De même, la nation sur terre est une manifestation des traits de caractère de son ange (au Ciel). Samaël est appelé l'ange d'Essav (Rachi - Soucca 29a & Sotah 10b).
Le midrach rabba dit que Samaël est décrit comme le chef Satan, ou ange Accusateur, et comme l'ange de la mort. [Daat Zékénim - sur Lé'h Lé'ha 14,3 ]
Il est intéressant de noter que le Zohar (I:35b) décrit le serpent primordial du gan Eden comme étant synonyme du yétser ara et de l'ange de la mort.
Cela n'a rien de surprenant, étant donné qu'ailleurs, les actions du serpent étaient orchestrées par Samaël. [Pirké déRabbi Eliézer - chap.13 ; Yalkout Chimoni - Béréchit 2,25]
En réalité, Éssav et le serpent originel sont donc les manifestations terrestres de Samaël, le Satan, la force qui défie l'humanité. Dans l'ensemble, il semble que l'ange de la mort, Satan et Samaël soient une seule et même force.

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6°/ Sé'irim :
Ce mot dans le Tanakh signifie "boucs" (chèvres), mais il est également mentionné comme un euphémisme pour "démons" par la plupart des traducteurs et commentateurs. [mentionné par exemple : A'haré Mot 17,7 (שְּׂעִירִם) ; Yéchayahou 13,21 ; 34,14 ]
La corrélation entre ces types de démons et les boucs est qu'ils sautillent et dansent comme des boucs (chèvres) [Rachi - A'haré Mot 17,7], ou peut-être qu'ils ressemblent à des boucs [Radak et Rambam].
Le terme peut également être lié à séar, qui signifie "poil" ou "terreur", ainsi nommé parce que ces créatures étaient poilues ou effrayaient les gens. [Na'houm 1,3 - Ibn Ezra]
D'autres sont mentionnés par leur nom, notamment :
- Hormin (הוּרְמִין), le fils de Lilith (Baba Batra 73a. D'autres l'appelent : "Hormiz" (הוֹרְמִיז) - Sanhédrin 39a, Tossafot, Rachbam),
- 'Hamat (Sanhédrin 101a - Rachi. D'autres suggèrent qu'il s'agit du nom d'un sorcier),
- Shinadon (midrach Béréchit rabba 36,3),
- Ben Temalion (Méilah 17b - בֶּן תְּמַלְיוֹן),
- et Yossef le démon (Yossef chéda - יוֹסֵף שֵׁידָא - qui a profané le Shabbath - Erouvin 43a. Mais qui a également parlé à Rav Yossef et Rav Papa - Pessa'him 110a).

Ceux-ci et d'autres sont des exemples de noms qui se distinguent parmi une myriade d'esprits non identifiés.

Israël = un concentré 7 en 1 …

+ Israël = un concentré 7 en 1 ...

Les juifs sont les descendants des 3 Patriarches (Avraham, Its’hak et Yaakov) et des 4 Matriarches (Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa).
Leur grandeur et leur sainteté ont été transmises à chaque "enfant d’Israël".

D'ailleurs, il est intéressant de remarquer que le nom Israël (ישראל) contient en lui (en acronyme) les noms de tous les Patriarches et Matriarches :
- la lettre youd = ' = Its’hak (צחק') et Yaakov (יעקב) ;
- la lettre shin = ש = Sarah (שרה) ;
- la lettre réch = ר = Ra’hel (רחל) et Rivka (רבקה) ;
- la lettre aléph = א = Avraham (אברהם) ;
- la lettre laméd = ל = Léa (לאה).

=> Trop fier(e) de faire partie du peuple d'Israël, descendant et héritier des qualités/de la grandeur des 7 (Matriarches et Patriarches).
Merci Hachem !!! 🙂

Jeu des 3 lettres concernant le décès

+ Jeu des 3 lettres concernant le décès/la mort ...

Lorsque vient le temps de la "tombe" (קבר - kévèr), qu'on s'y désintégre/pourri (רקב - rékèv), c'est alors le matin (בקר - boker) d'une nouvelle et nettement meilleure existence, car on aura alors trouvé la vraie paix/satisfaction, de par notre plus grande proximité (קרב - karov) avec D.

Dans la tradition juive, on pleure quand on naît (est-ce que je vais réussir à être à la hauteur des potentialités que D. m'octroie), et on est content à la mort (c'est bon j'ai réussi à faire plein de super choses!!).
== ceci est à l'image d'un bateau quittant le port pour un voyage dans l'inconnu (=la vie), où la famille pleure son départ et se réjouit à son retour.

A la vie!! 😉

 

L’importance du prénom

+ L'importance du prénom :

Le mot hébreu pour dire "un nom"  est : שם (shém).
On remarque que ces 2 lettres (le shin ש et le mèm מ) se retrouve au centre du mot : "une âme" (נשמה - néshama).
=> L'âme/l'essence de chaque personne est contenue dans son nom.

D'ailleurs, une tradition mystique dit qu'après la mort, on demande à chaque personne son nom.
En effet, le nom d'une personne renvoyant à sa mission sur terre, on lui demande ainsi si elle a vécu en accord avec les idéaux et les potentialités qui lui ont été donnés à sa naissance.

Il est écrit (Shmouel I 25;25) : "ki kishémo ben ou" (car il ressemble à son nom).

Selon nos Sages, le choix du nom d'un enfant est un des tous derniers pouvoirs de prophétie qu'il reste à notre génération.
Le choix se fait par inspiration divine, les parents sont alors des prophètes.

Il est évident que cela ne remet pas en cause le libre arbitre que tout individu a au cours de sa vie.

[exemple : Abraham et Yaakov ont changé de nom ; lorsqu'une personne est gravement malade on change en dernier recours son nom, en rajoutant par exemple : 'haïm -> Un nouveau nom est une nouvelle personne ...]

Source (b"h) : compilation personnelle issu du livre : "Your Name Is Your Blessing: Hebrew Names and Their Mystical Meanings" du Rabbi Benjamin Blech

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-> Chaque parent reçoit l'inspiration Divine lorsqu'il nomme son enfant.
[Arizal - Séfer haGuilgoulim - Introduction, 23]

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-> "On doit toujours être très attentif au nom qu'on donne à ses enfants, car parfois le nom peut avoir une bonne ou une mauvaise influence, comme nous le trouvons chez les explorateurs."
[midrach Tan'houma - Haazinou 7]

-> "Le nom a une influence, et les combinaisons de ses lettres peuvent avoir une influence active, que ce soit pour le bien ou le mal."
[Zohar]

-> "Même si un racha porte le nom d'un tsadik, ce nom n'est pas pour rien, car il a une bonne tendance à laquelle ce nom fait allusion.
Par exemple : celui qui s'appelle Avraham a une tendance à la générosité, et celui qui s'appelle Yossef sera fort pour surmonter les épreuves des sens, ou bien il fournira de la nourriture aux autres ..."
[rabbi Yossef Caro]

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-> Le changement du nom peut être utile uniquement si le décret contre la personne vient de son destin naturel, mais s'il est dû à ses fautes, seule la téchouva peut quelque chose pour lui.
[Maharcha]

En effet, nos Sages (guémara Roch Hachan 16b) affirment : "4 choses peuvent déchirer le décret pris contre quelqu'un : la tsédaka, le cri, le changement du nom et le changement des actes".

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-> D'où savons-nous que le nom favorise la survenue d'événements futurs?
Rabbi Éléazar a dit : car il est écrit : "Venez, contemplez les œuvres de D. qui ont provoqué des ruines sur la terre" (Téhilim 46,9). Ne lis pas le mot "chamot" (ruines - שַׁמּוֹת) mais plutôt "chémot" (les noms - שמות).
[guémara Béra'hot 7b]

-> Il est également rapporté dans le midrach (Yalkout Chimoni Yéchayahou 247) : "Si les générations avaient été méritantes, Hachem aurait Lui-même attribué un nom à chacun et on aurait pu connaître la nature les actes de chacun."

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-> Le 'Hazon Ich conseillait de ne pas donner aux enfants même le nom des grands-parents décédés quand il s'agissait d'un nom bizarre ou inhabituel dont l'enfant risquait d'avoir honte quand il grandirait.
Non seulement avoir honte est négatif en soi, mais le fait que l'enfant soit un objet de dérision pour ses amis, qui risque également de créer des problèmes mentaux qui empêcheront un développement spirituel normal.
Vouloir honorer un grand-père ou une grand-mère ne justifie pas qu'on sacrifie la santé mentale et sociale de l'enfant.

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-> Les actions d'Hachem seront en conformité avec le nom de l'homme, car le nom exerce une influence.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - Enfants]

-> Rabbi Na'hman de Breslev enseigne : le destin et la mission d'un homme dans la vie sont déterminés par le nom qui lui est donné. [Si'hot haRan n° 95]
Rabbi Na'hman enseigne également que l'essence de chaque personne est définie par une combinaison des lettres de son nom. [Si'hot haRan n° 44 ]

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-> Les lettres du nom par lequel une personne est appelée sont sa force vitale, et c'est ainsi qu'elle s'appelle également au Ciel.
Avec la force vitale et la sainteté des lettres de son nom, elle est capable de servir Hachem tous les jours, si elle choisit de faire le bien.
[Méor Enayim - Vayakel]

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-> b'h, voir aussi selon le Ben Ich 'Haï : https://todahm.com/2023/04/13/39029

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+ Lien entre le nom d'une personne et ses actes :

-> "Venez contempler les œuvres de Hachem qui opère des ruines (la désolation) sur la terre (des nations)" (Téhilim 46,9).
D'après rabbi Eliézer, ne lis pas : "ruines" (chamot - שמות), mais lis "chémot" (noms - שמות), ce qui permet de traduire ce verset ainsi : "Venez observez les œuvres de Hachem qui conduira l'homme dans le futur vers des actions en rapport avec son prénom".
[le nom porté par une personne est ainsi en rapport avec ses actes futurs]
[d'après la guémara Béra'hot 7b]

-> Dans cette même guémara, rabbi Yo'hanan, enseigne que Ruth (רות) porte ce nom, parce qu'elle aura le mérite d'être l'ascendante du roi David qui a abreuvé abondamment (à satiété = révaya - רויה) Hachem de chants et de louanges (dans son Séfer Téhilim).

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-> Yaakov l'interrogea : "Dis moi quel est ton nom, je te prie". Il (l'ange) répondit : "Pourquoi demandes-tu mon nom?" (Vayichla'h 32,30)

Le rabbi 'Haïm Chmoulévitch (Si’hot Moussar - si'ha 91) commente :
Le nom attribué à une entité nous éclaire sur la nature, les propriétés et les qualités de cette entité.
C'est pourquoi Yaakov a désiré connaître le nom de cet ange, donc du yétser ara, qui traduit sa nature profonde, son pouvoir et sa conduite, afin de mieux gérer le yétser ara à l'avenir.
... le yétser ara répond à Yaakov dans le verset cité : contrairement à toute créature, je ne peux être défini par un nom, car je n'ai aucune réalité et je ne suis qu'illusion et imagination.

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-> Une grande signification relative à l'avenir de l'enfant est représentée par le nom que ses parents ont décidé de lui donner ...
Des parents qui nomment leur enfant selon un être impropre et impur, qu'ils ne s'étonnent pas qu'en grandissant leur fils se comporte comme un animal ...
Le nom a un impact majeur sur l'avenir de l'enfant, il faut le choisir avec soin, car il reflète nos aspirations sur son éducation futur et le chemin qu'il va emprunter.
[rabbi Nissim Yaguen - Nétivé Or]

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-> Dans la guémara (Sotah 34b), selon rabbi Its'hak, les noms des explorateurs qui ont fait à leur retour une description négative de la terre d'Israël, ont un rapport avec leurs actes et leur manque de confiance en Hachem.
C'est ainsi, que "Sétour fils de Mikhal", chef de la tribu d'Acher, s'appelait ainsi parce qu'il a réfuté et dérangé (satar) l'oeuvre de Hachem et parce qu'il a ainsi "affaibli" Hachem (makh El).
De même, d'après rabbi Yo'hanan, Na'hbi fils de Vofi, chef de la tribu de Naftali, prote ce nom parce qu'il a caché les paroles de Hachem (il ne les a pas dites telles qu'elles étaient) et il a piétiné (pissa) les dessins de Hachem.

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-> La guémara (Yoma 83b) rapporte que rabbi Méïr, rabbi Yéhouda et rabbi Yossi voyageaient ensemble, et qu'arrivés à une auberge, ils demandèrent à l'hôte : "Quel est ton nom?"
L'hôte répondit : "Mon nom est : Kidor".
Rabbi Méïr s'est dit : "Ce nom me fait augurer que c'est un méchant homme" ...
Rabbi Yéhouda et rabbi Yossi confièrent leur bourse à l'hôte (à la veille de Shabbath), et rabbi Méïr ne la lui confia pas, mais il alla enfouir sa bourse dans la tombe du père de l'hôte ...
Le lendemain, rabbi Yéhouda et rabbi Yossi demandèrent à l'hôte de leur rendre leurs bourses ; ce dernier répondit : "Vous ne m'avez rien confié!"
Rabbi Méïr leur dit alors : "Pourquoi ne prêtez-vous aucune attention aux noms (des gens)?"
Ils répondirent : "Pourquoi ne nous as-tu pas averti, maître?"
Rabbi Méïr répondit : "Je n'avais qu'un soupçon, mais pas une certitude (de méchanceté de Kidor)."
[Une personne est impactée par son prénom, ce qui lui confère une tendance naturelle plus forte à quelque chose (de positif ou négatif), mais le libre arbitre demeure.
En cas d'impact négatif, il lui sera uniquement plus difficile d'agir convenablement/positivement, pour compenser cette tendance naturelle négative, et ce surtout au début, jusqu'à corriger sa nature autant que possible.]

Les 3 rabbanim entraînèrent alors leur hôte dans un bistrot (et le soûlèrent).
Ils virent des lentilles sur sa moustache. Ils allèrent demander à la femme de leur hôte de leur restituer les bourses (soit disant à la demande de son mari) en lui précisant le signe des lentilles (que son mari avait mangé ce jour-là).
Ils récupèrent ainsi leurs bourses.
Lorsque l'hôte revint chez lui, il tua sa femme.

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-> Malgré le libre arbitre d'une personne, son nom a un effet sur son comportement naturel et joue un rôle important dans son caractère.
[Maharam 'Haviv - Tossefos Yom HaKippurim - Yoma 83b).

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-> "Ceci aussi, c'est pour le bien" (gam zou létova)
[Na'houm Ich gam zou (un des maîtres de rabbi Akiva) - guémara Taanit 21a]

Le 'Hida enseigne :
La valeur numérique de l'expression : gam zou létov (גם זו לטוב) est de : 103, qui devient : 104 en ajoutant l'expression elle-même (avec le kollel). C'est la même guématria que celle de : Na'houm (נחום).
Donc, lorsque le père de Na'houm l'a nommé ainsi, le jour de sa circoncision (brit mila), il a été inspiré par le Ciel de choisir ce prénom associé à la qualité future de son fils de pouvoir dire en toutes circonstances "gam zou létov".
De même, chaque père est inspiré par le Ciel dans le choix du prénom de son fils qui définit son intériorité.

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-> 52 ans après la destruction du 1er Temple de Jérusalem par Névou'hanétsar, le roi Koréch (ou Cyrius - כורש) ordonne la reconstruction du Temple.
Ce roi était vertueux et convenable (kasher - כשר) ; son attitude louable était en allusion dans son nom כורש qui contient les lettres כשר.
[Rachi - guémara Roch Hachana 3b]

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-> A l'inverse, le nom du fils du roi David : Avchalom (אבשלום) est composé de 2 mots : av (אב - père) et Shalom (שלום - paix), pour nous enseigner qu'il était prévu initialement qu'il soit uni et en paix avec son père David.
Cependant, il a choisi la haine et la séparation en se révoltant contre son père.
[rav Lumbroso]

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-> "Et quel que soit le nom que donnera l'homme à chaque espèce vivante, tel sera son nom" (Béréchot 2,19).

Le Arvé Na'hal écrit :
Il faut savoir que le nom contient l'essence même de la vie d'une personne.
Les lettres qui forment le nom de l'homme sont des tuyaux par lesquels un flux d'abondance de vie lui parvient. Ainsi, il reçoit sa vitalité par l'intermédiaire des lettres de son nom
, et c'est le sens de : "néfech 'haya ou chémo" (chaque espèce vivante, tel sera son nom) = c'est-à-dire toutes les forces vives de l'homme : "sera son nom".

-> Le Arvé Na'hal enseigne : [version plus longue du commentaire précédent]
Lorsque l'âme quitte le corps de l'homme, un ange se présente devant le défunt et lui demande son nom. Si l'homme était un impie durant sa vie, il ne se souvient pas de son nom et l'ange se met à le frapper.
Pourquoi un impie oublierait-il soudainement son nom?
Nous devons comprendre que le nom d'un homme est la racine de son âme et chaque lettre qui le constitue est un canal par lequel descend l'abondance au cours de sa vie. Ainsi, toute la vitalité de l'homme lui parvient grâce aux lettres de son nom et c'est le sens du verset : "Et quel que soit le nom que donnera l'homme à chaque espèce vivante, tel sera son nom" (Béréchit 2,19).
Lorsque l'homme emprunte le chemin de la Torah et des commandements, il augmente l'abondance qui descend dans sa vie et lui ajoute de la force.
A l'inverse, un homme qui n'emprunte pas la voix de la Torah, que D. nous en préserve, verra le contraire s'accomplir. Plus il commettra de fautes, plus l'abondance de vie va diminuer jusqu'à détériorer les canaux vecteurs de cette abondance que sont les lettres de son nom. C'est pourquoi un impie ne se souvient plus de son nom lorsqu'il est dans sa tombe car les lettres qui le formaient ont été effacées à cause de ses actes et c'est la raison pour laquelle l'ange le frappe.

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-> Le Rabbi Tsvi Hirch de Ziditchov (Atéret Tsvi) nous enseigne :
"L'essentiel du néfech et de la néchama se trouve dans le nom de l'homme. La force des lettres qui s'assemblent pour composer son nom sont venues réparer le monde".

Le rav Pin'has Friedman (Shvilei Pin'has) commente :
Ce n'est pas uniquement le nom de l'homme qui prodigue les forces de vie mais plutôt l'assemblable des lettres de son nom qui contiennent en allusion le but et le sens de sa venue sur terre.

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-> Lorsque les parents donnent un nom au nouveau-né, ils n'ont pas conscience que ce nom n'est pas fortuit ou bien le fruit d'un choix personnel, mais bien l'expression de la Volonté du Créateur de donner à cet enfant le nom qui convient à la racine de son âme. Ce nom est inscrit sur le Kissé haKavod dans les mondes supérieurs, et c'est la raison pour laquelle Rabbi Méïr déduisait du nom de la personne sa personnalité (guémara Yoma 83b).
[Tsor ha'Haïm - Pin'has]

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-> "Je suis très étonné à propos des tsadikim que sont les enfants de Lévi qui ont appelé leur fils Kora'h, qui était le nom d'un des chefs d'Essav.
Les Sages (guémara Yoma 38b) ne nous ont-ils pas enseigné : "Nous ne nommons pas nos enfants avec des noms de réchaïm".
Nous voyons les conséquences désastreuses de ce qui lui est arrivé. C'est pour cette raison que le verset (Kora'h 16,1) énumère son ascendance depuis Lévi pour nous enseigner que même s'il avait la force d'une corde à trois fils, il s'est malgré tout effondré rapidement car il fut nommé par le nom d'un racha.
C'est le sens de "Kora'h prit" : son nom a pris toute la sainteté qu'il avait hérité de Yitsar, de Kéhat et de Lévi."
['Hatam Sofer - drachot Kora'h]

-> Le 'Hatam Sofer (Toldot 120) écrit : "La valeur numérique du nom de Essav (עשו) est de 376 comme celle du mot Shalom (שלום) car Essav détenait l'attribut de la paix dans l'impureté. C'est la raison pour laquelle il est considéré comme haïssant la paix."

=> Par conséquent, Kora'h qui portait le nom d'un racha fut vaincu par l'influence de la klipa d'Essav qui déteste la paix. Il contesta donc le statut d'Aharon en tant que Cohen Gadol car Aharon était la quintessence de la paix du côté de la sainteté.

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Le Bné Yissa'har (Sefer Maayan Ganim, ch.3) explique que Pharaon n'a pas simplement changé les noms de Yo'hévet et Myriam pour les noms égyptiens de Shifra et Pouah afin de refléter leurs nouvelles positions royales (à l'image de Yossef renommé : Tsafnat-Panéa'h), mais plutôt que Pharaon avait un plan sinistre. Il avait compris un secret profond concernant le nom d'une chose : cela reflète la nature intérieure d'une personne et forme la racine de son essence fondamentale.
Par conséquent, en changeant leurs noms en noms égyptiens, Pharaon espérait leur inculquer une mentalité égyptienne, les débarrassant ainsi de leur nature miséricordieuse.

Comment, alors, Yo'hévét et Myriam ont-elles pu surmonter leur nouvelle nature pour résister à la pression interne qui les poussait à se conformer aux instructions de Pharaon?
Bien que leur nature ait pu être affectée par ce changement de nom constituant alors une immense épreuve personnelle, leur libre arbitre n'a jamais été totalement restreint.
En fait, il ressort implicitement du midrach (Bamidbar rabba 16,10) qu'il est toujours possible de s'élever au-dessus de la disposition négative que le nom d'une personne peut posséder, même si cela s'avère difficile, comme l'a dit le célèbre Rav Yisrael Salanter : "Il est plus facile d'apprendre tout le Talmud que de changer un seul trait de caractère".

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-> Le séfer Noam Elimélé'h (paracha Lé'h Lé'ha) enseigne que lorsqu'une personne est appelée par le nom d'un d'une personne juste, le nom lui-même l'influence en bien.
Voici ce que le Noam Elimélé'h dit :
"Par exemple, quelqu'un dont le nom est "Avraham" et qui souhaite servir Hachem, ce nom l'incite et l'aide à devenir juste"

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Le nom d'une personne est lié à son âme. Ses parents reçoivent une sorte de prophétie d'en-Haut afin de donner à l'enfant le nom qui lui convient.
Lorsqu'une personne naît et que son père et sa mère lui donnent le nom auquel ils ont pensé, il ne s'agit pas d'un hasard ; c'est plutôt Hachem qui met ce nom, nécessaire à cette âme, dans la bouche [des parents].
[ le Arizal - chaar haGuilgoulim - Intro 23 ]

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-> Le nom de quelqu'un est cette matière qu'il a été créé pour rectifier ; il a été nommé pour cela.
C'est pourquoi les mauvaises personnes [qui ne rectifient pas ce qu'elles sont censées rectifier au cours de leur vie] oublient leur nom dans la tombe. Yaakov, lui, a non seulement rectifié ce pour quoi il avait été nommé, mais il a aussi mérité d'être appelé Israël [voir Vayichla'h 32,29].

Toute sa vie, une personne est engagée dans sa mission, jusqu'à ce qu'elle l'accomplisse et parte pour le monde supérieur.
Yaakov, qui avait déjà rectifié ce pour quoi il avait été nommé, reçut un autre nom.
[ Sfat Emet - Vayichla'h 5657 ]

=> Chaque individu a une mission dans ce monde, et son nom exprime sa mission unique.
En ce sens, après que Yaakov a totalement rempli la mission de son nom Yaakov, il a été appelé "Israël" et s'est vu confier une mission supplémentaire à remplir dans ce monde.

-> Il faut prier (Hachem) pour que tous ceux qui sont appelés par son nom aient ces bons attributs, et pas un seul des mauvais attributs (traits de caractère).
[rabbi Yéhouda hé'Hassid - séfer 'Hassidim ]

L’argent & l’idolâtrie …

+ L'argent & l'idolâtrie ...

Le 'Hazon Ich a rapporté au nom du Maharal :
"Lorsque les membres de la Grande Assemblée ont fait abroger le penchant à l'idolâtrie, celui-ci a revendiqué l'affection d'un remplaçant.
Les Sages lui demandèrent ce qui le satisferait, ce à quoi il répondit qu'il voulait être relevé par le "goût avide du gain/profit", ce qui fut fait."

=> Le 'Hazon Ich a alors fait remarquer : "Cela signifie que l'attirance pour l'argent et les biens matériels est une émanation de l'inclination à l'idolâtrie ..."

 

Source (b"h) : issu d'un commentaire sur la paracha Matot du livre "Talelei Oroth" du rav Yissa'har Dov Rubin

Espèce de Juif! …

+ Espèce de Juif! ...

-> En captivité (durant la 2e guerre mondiale), le rav Chajkin avait une coutume : chaque fois qu'un non-juif l'insultait en lui disant "Juif", il lui tendait une cigarette en disant : "Tu m'as fait un vrai compliment! Pour te remercier, je t'offre une cigarette!"

D'autres détenus avides de recevoir des cigarettes venaient à leur tour lui crier : "Juif!" ...
Rav Chajkin distribuait ses cigarettes avec largesse et, quand le stock était épuisé, il s'excusait : "Vous méritez également une cigarette, mais que faire? Je n'en ai plus!"

Sa vraie fierté juive et sa bonne humeur face aux insultes et aux difficultés lui valaient le respect des prisonniers qui se sentaient en présence d'un camarade venu d'une autre planète.

Rav Chajkin a noté dans un de ses carnets, que quand les non-juifs criaient "Sale Juif!" au baron de Rothschild, celui-ci lançait des pièces d'or en disant : "Vous me faites beaucoup d'honneur en m'accordant ce titre!"

==> nos ennemis ont conscience de notre valeur (vu les forces qu'ils mettent à nous détruire), alors tâchons (b"h) d'en avoir aussi pleinement conscience afin de réaliser (chacun à son niveau) nos magnifiques potentialités, dont D. nous a doté ...

A propos de l’effrondement des tours jumelles …

+ A propos de l'effrondement des tours jumelles ...

--> "Tu tomberas en démence au spectacle que verront tes yeux" (Dévarim 28;34)

Sur ce verset, le Ha'émek Davar (le rav Naftali Zvi Yehuda Berlin --> 1816-1893) avait fait le commentaire suivant :
"Tu n'arriveras pas à comprendre comment cela a pu se produire : comment quelques bandits ont pu provoquer un tel désastre sans que tu puisses intervenir alors qu'en réalité, tu en avais largement la possibilité.
Ta stupéfaction te rendra fou."

Réflexions sur la différence entre Amalek et le peuple juif …

+ Réflexions sur la différence entre Amalek et le peuple juif ...

Quelle force spirituelle représentons-nous, nous peuple juif?
=On est le peuple qui doit révéler la présence de D. dans le monde.

Il est écrit à notre propos vis-à-vis de D. : "Atem édaï" (=vous êtes Mes témoins).
Les témoins attestent de ce qui ne peut être vu : si une chose est présente et évidente, les témoins n'ont aucune utilité.
Ce n'est que lorsque l'objet ou l'événement ne peuvent être perçus directement que les témoins sont convoqués.

La présence de D. n'est pas directement identifiable dans le monde ; c'est avec nos vies et avec toute notre histoire comme peuple que nous apportons ce témoignage.

Amalek est éternellement voué à effacer ce témoignage à tout prix (même à se sacrifier lui-même), pour supprimer toute preuve de D., pour maintenir un écart entre ce monde et D.
En effet, Amalek est cet écart, cette distance entre le physique et le spirituel, et si cette brèche venait à être comblée, il cesserait d'exister.

=> C'est la bataille entre Amalek et le peuple juif!
La fin d'Amalek, c'est la suppression de la faille qui sépare D. du monde, la restauration de cette proximité révèle que tout est Un.

La Torah décrit la rencontre entre Amalek et le peuple juif en ces termes : "achèr kar'ha badéré'h" (= qui t'est arrivé en chemin).
Le mot kar'ha (arrivé), désignant cette rencontre, est construit sur la racine 'kar', qui veut dire "froid", et se décline aussi dans les mots "mikré" (hasard/coïncidence) et "kéri" (impureté dans la zone intime).

Le mot clé (kar'ha) de cette rencontre, va nous permettre de définir la frontière, la différence entre Amalek et le peuple juif, au travers ces 3 racines :

--> froid (kar) = ils ont refroidi le peuple juif et l'émerveillement du monde devant le don de la Torah.
Le monde vit alors qu'il était possible d'attaquer les juifs, qu'en fin de compte il ne s'agissait que d'hommes, qu'ils étaient au moins potentiellement vulnérables, et les nations firent marche arrière, s'éloignèrent de l'expérience du Sinaï.

Rachi propose l'analogie avec un homme qui saute dans un chaudron d'eau bouillante : il est gravement brûlé, mais il a refroidi l'eau.

Le peuple juif était tout feu tout flamme dans sa dévotion à D. (suite au don de la Torah), et ce feu aurait pu enflammer le monde entier.
Amalek a refroidi les flammes.

=> C'est cela Amalek : il va tout faire pour refroidir, réduire notre ardeur à la faire la volonté de D.

--> Coïncidence (mikré) = l'idéologie d'Amalek est que tout est coïncidence.
Les choses arrivent parce qu'elles arrivent, rien n'a réellement d'importance.
Ce qui peut paraître une évidence (l'implication directe de D. dans les affaires humaines), n'est qu'une coïncidence (car il n'y a aucune preuve du contraire!).

Toute preuve est douteuse (le mot amalek a la même valeur numérique que le mot hébreu 'safék' : le doute), toute évidence est tirée par les cheveux.

=> C'est cela Amalek : doute et distance.

--> Impureté (kéri) = nous sommes les représentants de la loyauté des relations homme-femme, et nous devons en faire la démonstration dans notre mariage avec le Créateur.

Amalek cherche à briser un tel lien, il clame que cette loyauté n'a pas d'objet, que rien ne doit suivre un processus de maturation, que rien n'a de but.
Au contraire, selon lui, les choses n'ont pas de sens, rien n'est significatif, et il n'existe pas d'intimité.

Nous représentons le brit (l'alliance => l'intimité d'une relation exclusive, sans chercher à voir ailleurs).
Amalek représente toutes les ruptures d'alliance.

=> C'est cela Amalek : créer des occasions, des sujets d'occupation pour rompre/réduire nos moments d'intimité avec D., et nous empêcher de développer à chaque instant les liens nous unissant.

===> Amalek vient masquer la réalité, nous luttons pour la dévoiler.

Source (b"h) : compilation personnelle issue d'un divré Torah du rav Akiva Tatz

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+ "Va livrer bataille à Amalek demain" (Béchala'h 17,9)

-> Selon le rav Gamliel Rabinowitz, dans ce verset, Moché dit au peuple d'aller en guerre contre Amalek avec la force de son arme : le "demain" (ma'har - מחר).
De la même façon, que le yétser ara/Amalek déclare : "Bien sûr que tu dois étudier la Torah et faire des mitsvot, mais pas immédiatement, rien ne presse, demain!", de même nous devons lui dire : "Juste aujourd'hui je fais une belle prière, juste aujourd'hui j'étudie la Torah, ... demain on verra!"

La différence entre : מחר (demain - ma'har) et מהר (vite - maér), réside dans une minuscule partie manquante, qui symbolise le fait que notre yétser ara va nous attaquer sur de petites choses, jusqu'à terme nous faire chuter au plus bas.
Il faut savoir faire preuve de rapidité (maér) pour faire la volonté de D., sans toujours remettre à demain (ma'har).

Les 2 Temples …

+ Les 2 Temples :
1°/ Bref historique :
---> le 1er Temple :
Le roi Salomon commença à construire le Temple la 4e année de son règne, en l’an 2928 de la Création (en 832 avant l’ère vulgaire), soit 480 ans après la sortie d’Egypte.
150 000 personnes participèrent aux travaux, qui s’achevèrent 7 ans plus tard.
Au bout de 410 ans, ce Temple fut brûlé par Nabuchodonosor, le 9 Av 3338 de la Création (422 avant l’ère vulgaire).---> le 2e Temple :
La construction du 2e Temple commença en 3408 (soit 352 avant l’ère vulgaire), soit 70 ans après la destruction du 1er.
Les travaux durèrent 5 ans (depuis la 2e à la 6e année du règne de Darius).
Au bout de 420 ans ce Temple fut détruit, dans l’après-midi du 9 Av 3828 (an 68 de l’ère vulgaire), par l’empereur Vespasien, et par Titus, son fils et successeur. Seulement 18 grands prêtres servirent au 1er Temple, contre plus de 300, au 2e Temple.
Ces derniers mouraient au bout de quelques mois, parce qu’ils avaient obtenu leur nomination par des pots de vin.
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2°/ Quelques citations :
---> "Qui n’a pas vu Jérusalem dans sa splendeur, n’a jamais vu de belle ville ;
Qui n’a pas vu le Temple construit n’a jamais vu de construction magnifique."
[guémara Soucca 51b]
---> "Depuis la destruction de Jérusalem et du Temple, il n’y a plus de joie devant D., jusqu’à ce qu’Il reconstruise Jérusalem, et y ramène Israël."
[Yalkout Chimoni Eikha 1009]
---> Rabbi Elazar a dit : "Depuis le jour de la destruction du Temple, une muraille de fer fait écran entre les bné Israël et D., et la présence divine s’est retirée dans les cieux."
[guémara Béra’hot 32b]Néanmoins, nos Sages expliquent (il y a plus de 1500 ans (!!) dans le Yalkout Chimoni, Chir haChirim 2,9) :
" "Voici Il se tient derrière notre mur" = derrière le mur occidental du Temple, qui ne sera jamais détruit, car la présence divine n’a jamais quitté cet endroit."
---> "Qui prend le deuil de Jérusalem aura le mérite d’assister à sa joie, et se rajoute pour le futur une nouvelle lumière vive."
[Chéla, Taanit page 62]
---> "Il y a 3 veilles au cours de la nuit ; à chacune d’entre elles, D. rugit comme un lion et dit :
"Malheurs aux enfants ! A cause de leurs péchés, J’ai détruit Ma maison, J’ai brûlé Mon Sanctuaire, et Je les ai exilés entre les nations."
[guémara Béra’hot 3a]
---> "La Terre d’Israël est le "nombril du monde".
Jérusalem est au centre d’Israël ; le Temple au centre de Jérusalem ; le Hé’hal, au centre du Temple ; l’Arche, au centre du Hé’hal ; et la pierre d’assise (éven chétiya) devant le Hé’hal ; c’est la pierre de fondation du monde."
[Midrach Tan’houma, Kédochim]
Source (b"h) : compilation personnelle issue du "maasé avot" du Rav David Haddad

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-> Le Temple brillait comme l'or et un grand nombre de ses ustensiles étaient faits du même métal précieux.
Nos Sages (midrach Béréchit 16,2) déclarent : "Le monde ne méritait pas de se servir de l'or. Pourquoi a-t-il été créé? Pour le Temple".