-> Rabbi Nathan de Breslev (Likouté Halakhot - Birkat Hayaréa'h 4,31-33) écrit :
"Pendant la Révélation du mont Sinaï, tous les juifs furent amenés à un niveau de prophétie qui accrut l'acuité de leur imagination. Ce qui signifiait qu'ils auraient toujours la capacité de renouveler et accroître leur foi.
C'est Moché qui amena les juifs à ce niveau. Sans sa direction, ils n'auraient pas été dignes de recevoir la Torah, la prophétie ou la foi ...
Cela nous enseigne que nous devons constamment rechercher le Tsadik authentique à chaque génération, car il possède un aspect de cette prophétie, et en clarifiant notre imagination, il nous aide à renouveler notre foi.
Il semble que nous ayons ici à faire face à un paradoxe : nos Sages disent que tous les juifs se trouvaient présents sur le mont Sinaï pour le don de la Torah : nos âmes s'y trouvaient et accédèrent toutes au niveau de prophétie, indispensable à la clarté de l'imagination et à la foi. Pourquoi alors, ce besoin de rechercher le Tsadik?
Nous avons déjà subi cette purification au Sinaï, et notre foi a déjà été purifiée.
Cette question est en fait similaire à l'objection qui s'élève souvent : pourquoi se rendre chez le Tsadik? Si la Torah, que nous avons reçue au Sinaï, peut purifier notre foi, pourquoi s'obliger à un voyage chez le Tsadik dans ce but?
Nous pouvons y accéder par l'étude de tous les ouvrages de Torah en restant chez nous. Rabbi Na'hman ne met-il cependant pas l'accent sur le fait que nous devons nous rendre chez le Tsadik, car sans un lien très fort à sa personne, notre foi ne peut être pure."
Rabbi Nathan explique que les enseignements de Rabbi Na'hman sont la vérité éternelle ; ils sont clairs pour quiconque recherche la sagesse. La foi est quelque chose dont nous devons nous imprégner quotidiennement.
Chacun des jours de la création, chacun des jours de la vie de l'homme, est quelque chose d'entièrement nouveau et différent, qui n'a jamais existé auparavant. Chaque jour par conséquent, la Royauté et la Gloire de Dieu se manifestent d'une manière absolument première et unique, ce qui nécessite que notre recherche de Dieu soit un processus continu et croissant. Chaque jour doit donc voir un renouveau de foi.
Il ne suffit pas d'avoir eu la foi, même une foi très pure, hier ou plusieurs jours auparavant.
Nous avons tous en outre été créés avec la possibilité d'exercer notre libre arbitre. En d'autres termes, aussi longtemps que nous vivons, nous devons constamment relever le défi de choisir entre le bien et le mal. Et, comme chaque jour est une création nouvelle, le Penchant du Mal (yétser ara) cherche toujours, par toutes sortes de moyens, à réduire à néant notre foi en Hachem.
Cela signifie que nous devons constamment surmonter de nouvelles épreuves, de nouveaux obstacles, susceptibles de nous éloigner d'Hachem et saper notre foi. Pour les vaincre et demeurer absolument fidèles à notre foi, avoir reçu la Torah et l'étudier personnellement est manifestement insuffisant.
Seuls les Tsadikim authentiques de notre génération sont en mesure de nous révéler des enseignements et des interprétations de Torah qui, dans leur originalité, favorisent notre combat quotidien contre toutes sortes de doutes.
Ce n'est que par l'intermédiaire du Tsadik que nous pouvons parvenir à de nouvelles révélations de Torah et de foi.
On peut mieux comprendre cela à la lumière de ce qui se passa lors de la faute du Veau d'or. Les juifs avaient été miraculeusement libérés d'Egypte; ils furent témoins d'une suite de miracles, lors de la traversée de la mer Rouge et dans le désert, miracles dont l'apogée fut la Révélation d'Hachem Lui-mêmesur le mont Sinaï.
Ils furent purifiés de leurs souillures et doués de prophétie. Et quarante jours plus tard ... ils firent une idole!
Nous devons nous demander : "Y a-t-il quelque chose de plus puissant que l'exercice du libre arbitre? Imaginons un peu la force du Penchant du Mal, qui put égarer le peuple après tant de prodiges."
La guémara (Shabbath 89a) enseigne que le Satan poussa les juifs à faire le veau d'or, en leur montrant que Moïse était mort. Livrés à la panique, croyant avoir perdu leur guide, le Tsadik de leur génération, ils se dépêchèrent de façonner une idole destinée à les guider et les protéger. Aussitôt que Moïse réapparut, il détruisit l'idole et apporta plus tard les secondes Tables de la Loi. En agissant de la sorte, il put réinstaller la foi dans le cœur du Peuple juif. La leçon que nous tirons de tout cela est claire: nous devons constamment décupler nos forces par une foi renouvelée, inspirée du pouvoir du Tsadik.
-> Rabbi Nathan continue :
Ce qui se passa pour les juifs dans le désert se passe pour nous de nos jours. C'est la foi dans les Tsadikim qui est le champ de bataille entre le Satan et le Peuple juif.
Le Penchant du Mal renouvelle constamment ses attaques, et plus particulièrement contre le Tsadik authentique de la génération, le mettant en butte à l'opposition humaine, provenant souvent des individus les plus éminents des communautés juives.
En agissant de la sorte, le Satan espère cacher et isoler le Tsadik de la génération, tout comme il convainquit les juifs du désert que le Tsadik authentique, Moché, avait disparu.
L'Histoire n'est qu'un éternel recommencement : un certain Tsadik apparaissait dans une génération et les gens ne cessaient de le critiquer, d'émettre des doutes quant à ses possibilités. Des années plus tard, après sa mort, les gens se projetaient quelques années en arrière, pour prendre conscience qu'il s'agissait en fait d'un vrai Tsadik, dont les enseignements étaient réellement de nouvelles révélations de Torah et de foi.
Le Tsadik de leur propre génération ne leur aurait pas inspiré les mêmes vues. Il aurait été ridiculisé et ses capacités mises en doutes, tout comme le Tsadik de la génération précédente.
Par la suite évidemment —quand il cesse d'être le Tsadik de la génération en cours - on le reconnaît naturellement à sa juste valeur. La génération se pose alors des questions sur son propre Tsadik... et le processus se poursuit ...
Qui ne reconnaît pas par exemple aujourd'hui Arizal comme le plus grand Cabbaliste des temps modernes, Tsadik authentique sans conteste de sa génération?
Il rencontra cependant une opposition farouche de la part de ses contemporains, qui refusaient d'admettre qu'à leur époque, il était possible à un Tsadik de pénétrer si profondément les enseignements ésotériques redoutables de la Kabbale et d'en tirer de nouveaux éclaircissements ; ils n'arrivaient pas à croire qu'il pouvait accéder à un tel niveau de prophétie et de sainteté.
Des années plus tard, quand la génération connut un nouveau Tsadik, le Satan ne chercha plus à cacher la grandeur d'une telle figure et le Arizal fut accepté par tous.
Il en fut de même du Baal Shem Tov qui, malgré (ou à cause de) la lumière merveilleuse et impressionnante qu'il diffusait, dut faire face à un antagonisme farouche et fut sans cesse persécuté. Ses détracteurs avaient déjà reconnu les immenses qualités de Rabénou haAri et son caractère unique, mais ils ne pouvaient pas accepter le Tsadik de leur propre génération, le Baal Shem Tov.
Néanmoins, quelques années plus tard, il fut lui aussi reconnu comme ayant été le Tsadik authentique de sa génération.
Du fait que le Tsadik authentique doit malheureusement être sans cesse exposé à l'antagonisme de ses contemporains, sa lumière est cachée au monde. Les efforts qu'il déploie pour révéler la vérité dans les ténèbres sont un combat continu, semblable à celui que nous menons par nos efforts constants pour reconnaître, accepter le Tsadik authentique, et nous attacher à lui. Toutes sortes de dissimulations, sous forme de conflits et d'argumentation stérile nous empêchent de nous lier à lui et, par conséquent, de renouveler notre foi.
Nous n'avons donc, en fin de compte, d'autre choix que de rechercher sans répit la vérité ..., car là où se trouve la vérité, on peut reconnaître le Tsadik authentique."
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-> Ailleurs, rabbi Nathan de Breslev (Likouté Halakhot - Chélou'hin 5,10-12) examine en détail la faute perpétrée par les juifs qui firent le Veau d'or. S'approchant d'Aharon, ils lui dirent : "Fais nous un dieu qui marche à notre tête, puisque Moché, l'homme qui nous a fait sortir du pays d'Egypte, a disparu" (Ki Tissa 32,1).
Rabbi Nathan écrit : "O vous, qui cherchez à étudier en toute sincérité la Torah, considérez que toute la faute commise par les juifs était de ne pas avoir recherché notre maître Moché. Ils conclurent très vite qu'il avait disparu et finirent par s'adonner à l'idolâtrie.
C'est ce que signifie le verset : "Car je sais qu'après ma mort, vous serez corrompus" (Vayélé'h 31,29). Mais ne savons-nous pas que le Tsadik ne meurt jamais? (Cf. plus haut). C'est nous qui sentons qu'il n'est plus avec nous ...
Aussi longtemps que nous sommes liés au Tsadik, nous pouvons tirer largement profit de lui et de ses enseigne-ments. Mais quand il ne fait plus partie de notre réalité, c'est nous qui nous corrompons.
Notre recherche du Tsadik authentique doit donc se poursuivre continuellement, sans répit. Même après sa disparition, il reste toujours un individu, et parfois même plusieurs, qui s'étant imprégnés de ses enseignements sont à même de les transmettre aux autres.
Nulle génération n'est orpheline ; le Tsadik laisse toujours sa bénédiction, c'est-à-dire ses enseignements, dans ce monde et on peut les retrouver chez ses disciples.
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-> Rabbi Na'hman ('Hayé Moharan - 307) disait :
"Je ne suis pas venu dans ce monde pour moi-même. J'y suis venu pour rapprocher de Hachem l'âme des juifs. Je ne peux cependant aider que celui qui vient à moi et me dit ce dont il a besoin."
-> Rabbi Na'hman ('Hayé Moharan - 332) disait : "Je suis une rivière qui nettoie toutes les taches." Quiconque a suivi les conseils de Rabénou et parlé à Hachem en hithbodédout connaît la merveilleuse sensation d'être capable d'épancher son cœur et d'exprimer ses sentiments les plus intimes. Il sait que là où il se trouve, Hachem est avec lui et attend qu'il se repente et se rapproche de Lui.
Il sait aussi qu'indépendamment des difficultés de la vie, quand l'heure arrive et que ses jours touchent à leur fin, il peut toujours compter sur la force et le pouvoir du Tsadik authentique qui plaidera sa cause devant la Cour Céleste. Il sait qu'en fin de compte, le Tsadik authentique, Rabbi Na'hman, rectifiera et purifiera son âme.
[rav 'Haïm Kramer]
-> Sachons enfin que Rabbi Nahman ressent envers nous la même sympathie que nous ressentons pour lui et ses enseignements. "Si une personne ne fait simplement que s'attacher à Rabénou, dit une fois Rabbi Nathan de Breslev (Sia'h Sarfé Kodech I-713), le Rabbi ne l'abandonnera pas avant d'avoir rectifié son âme."
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-> Rabbi Na'hman ('Hayé Moharan - 227) dit :
"C'est sûr, l'homme doit lutter principalement pour atteindre le but ultime. On ne peut dans cette vie savourer réellement la signification ou le sentiment de cette proximité du Tsadik à cause de la matérialité de notre corps et de tous les autres obstacles.
L'essentiel par conséquent est de s'efforcer d'atteindre le but ultime : quand on quittera ce monde après une longue vie bien remplie, on comprendra ce qu'on a entendu longtemps auparavant. Chacun en outre accédera aux joies spirituelles.
Heureux celui qui croit d'une foi profonde en Hachem et au Tsadik authentique, et qui accomplit ce que dit le Tsadik. Il ne connaîtra jamais l'humiliation, ni la honte, ni dans ce monde, ni dans le monde futur."