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Etudier la Torah qui fait vibrer notre âme

+ Etudier la Torah qui fait vibrer notre âme (par le rav Kook) :

Beaucoup de gens ont quitté la religion (juive) parce que, dans leur étude et leur perfectionnement spirituel, ils ont trahi leur personnalité unique.
Par exemple, quelqu'un peut avoir un talent naturel pour les questions d’ "aggadah" et ne pas être fait pour une immersion constante dans les questions de halakha.
[Ici "aggadah" désigne tout sujet non juridique, ce qui inclut les questions de philosophie, de mysticisme et de développement personnel (c’est-à-dire le mousar).
Et "halakha" désigne tout type d’étude qui se concentre strictement sur les lois et les détails pratiques. Cela peut inclure les aspects juridiques de la Michna et de la Guémara ainsi que leurs commentaires.]

Pourtant, comme il ne reconnaît pas ses talents uniques, elle se consacre à l’étude de la Guémara et de ses commentaires, car elle constate que c’est la coutume dans le monde religieux d’aujourd’hui. Mais au plus profond de son âme, il éprouve de la haine envers la matière qu’il étudie, car s’y consacrer sans relâche ne correspond pas à ses dons naturels uniques.

Cependant, s’il venait à trouver le type spécifique de Torah qui correspond à ses talents uniques et s’y plongeait, il reconnaîtrait alors immédiatement que le sentiment de nausée qu’il éprouvait lorsqu’il s’occupait de questions de halakha ne provenait pas d’un quelconque défaut de ce type d’étude sacré et important. C’était plutôt son âme qui exprimait son désir de se plonger dans un autre type de Torah. Cette personne resterait alors véritablement fidèle à la Torah et deviendrait un expert dans le type de Torah qui lui est propre. En fait, il serait même capable d’aider ceux qui sont plus doués en halakha en leur faisant découvrir la paix intérieure de l’aggada, de la poésie et des émotions.

Malheureusement, comme cette personne ne reconnaît pas la véritable raison de son sentiment de nausée face à la "halakha" (ex: michna, guémara), elle ignore de force sa nature. Et dès qu’une voie de vie éloignée de la Torah s’ouvre à elle, elle s’en échappe, puis en vient à haïr la Torah et la religion, dont elle devient l’ennemie. Elle passera d’une faute à l’autre.
C’est de ce genre de personnes que se nourrissent ceux qui haïssent notre peuple. Ils tentent de proclamer une nouvelle vision et d’aveugler les yeux du monde.

[...]
D’une manière générale, toute cette question dépend de l’âme unique de chaque personne.
[rav Avraham Kook - Kévatsim Miktav Yad Kodcho 1, Pinkas A'haron b'Koisk 52 ; aussi dans Orot haTorah 9,6 (version non censurée)]

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-> Un homme dit un jour au rav Kook : "Mon fils n’est pas motivé pour étudier la Torah."
Le rav Kook répondit : "Quand j’étais jeune, moi non plus je n’étais pas enthousiaste à l’idée d’étudier la "halakha" (ex: guémara, michna). Mon cœur était attiré par la aggadah.
Cependant, c’est en étudiant la aggadah que j’en suis venu à étudier la halakha. Je vous suggère d’enseigner la aggadah à votre fils ; ainsi, il en viendra lui aussi à étudier la halakha."
[Shivché HaRéiya - p.180 ]

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+ Ne mentez pas à votre âme :

-> Il ne faut pas mentir à son âme ; il ne faut pas nier ses émotions intérieures sous l’effet du tourbillon de l’approbation extérieure. Si l’on se sent inspiré et en communion avec le sacré dans un domaine particulier de l’étude, alors il faut sans cesse se nourrir de ce plaisir profond que désire notre cœur.
Quant à moi personnellement, je suis envahi par un puissant sentiment de satisfaction divine lorsque j’étudie la Torah mystique. Même si je sais que cette forme d’étude est abstraite, je dois rester fort intérieurement et ne pas m’en détourner.
Évidemment, il faut également consacrer du temps aux besoins pratiques, qu’il s’agisse d’actions concrètes ou des aspects pratiques de la Torah et de la sagesse.
[Shmoné Kévatsim 8,24 ]

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+ Trouver son propre régime spirituel :

-> Il existe un principe bien connu selon lequel une personne ne devrait pas s’aventurer dans le pardès (les domaines kabbalistiques et philosophiques) avant d’avoir d’abord rempli son estomac de viande et de vin (Tanakh, Guemara, halakha, ...). Peut-être cela fait-il référence à une personne qui ne souhaite que remplir l’obligation fondamentale selon la lettre de la loi.
Cependant, pour celui qui ressent au fond de son cœur une forte passion pour l’étude d’idées profondes, le principe correct pourrait être le suivant : "On doit toujours étudier la Torah dans le domaine que son cœur désire" (guémara Avodah Zara 19a).

Le fait même de posséder un talent particulier pour les sujets philosophiques ou mystiques est en soi une preuve que la volonté d'Hachem est que cette personne se plonge dans des idées profondes.
De plus, toute idée devenue essentielle à sa quête d'Hachem, et sans laquelle on ressentirait un manque profond, devient pour une telle personne la viande et le vin.

Cela n’est pas en contradiction avec le principe interdisant de s’aventurer dans le pardès, car celui-ci ne concerne que les sujets qui dépassent les besoins essentiels d’une personne.
Par conséquent, celui ou celle qui ressent un profond attrait intellectuel et émotionnel pour la compréhension d'Hachem doit avoir confiance en sa voie et être sûr(e) de réussir.
Bien sûr, il ne fait aucun doute qu’il faut consacrer suffisamment de temps à l'étude des fondements de la Torah et de ses lois de manière appropriée. Néanmoins, l’essentiel de l’étude doit porter sur le sujet qui passionne le plus le cœur de chacun.

Et si l’on observe autour de soi et que l’on constate que la plupart des gens ne se comportent pas ainsi, il faut comprendre que pour ces personnes, il n’est pas approprié d’entrer dans le monde des pensées profondes avant de s’être d’abord développées progressivement.
De plus, il faut veiller à ne pas devenir orgueilleux, car tout cela dépend en réalité des différences naturelles entre les âmes. On peut même aller plus loin en affirmant que celui qui éprouve le besoin naturel de connaître toutes ces idées profondes sous une forme claire et structurée ne pourra pas véritablement se connecter à Hachem sans emprunter cette voie spécifique.
Cela peut être comparé à suivre un régime alimentaire inadapté à son type de constitution. Certes, celui qui agit ainsi se sentira naturellement faible et fatigué, alors qu’un autre pourrait être en parfaite santé avec ce même régime. Par conséquent, il faut veiller à ne pas comparer le régime d’une personne à celui d’une autre.

Ainsi, celui qui est naturellement attiré par les idées profondes et complexes ne doit pas se laisser intimider par ceux qui ne le sont pas. Au contraire, il doit prendre conscience qu’il s’agit là de son devoir personnel.
Bien sûr, il va sans dire que malgré tout cela, les types d'études de base (le fondamental, indispensable) ne doivent pas être complètement abandonnés. Néanmoins, il faut savoir que l’on ne sera jamais satisfait tant qu’on n’accordera pas une attention particulière à ce que l’âme exige. Ce n’est qu’alors que l’on réussira à servir Hachem avec un sentiment de bonheur véritablement profond.
[Orot haTorah 9,12 ]

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-> En fin de compte (concernant ce qui nous attire dans l'étude de la Torah), il s’agit d’un don personnel, et il convient de se réjouir de son talent unique.
[Orot haTorah 10,4 ]

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-> b'h, voir également : Nécessité de personnaliser sa vie juive : https://todahm.com/2023/05/30/necessite-de-personnaliser-sa-vie-juive

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+ Trouver un sens spirituel dans la Halakha

-> Il arrive parfois qu’une personne dotée d’une âme capable d’atteindre les plus hauts sommets spirituels se sente déprimée et attristée lorsqu’elle se plonge dans les moindres détails de la Halakha.
Une telle personne peut se sentir emprisonnée, presque comme si elle était enchaînée au sein même de la loi.
Néanmoins, la solution n’est pas d’abandonner la Halakha. Il faut plutôt s’entraîner à rechercher la valeur de chaque détail jusqu’à ce que l’on trouve sa source spirituelle et sa signification.
[rav Avraham Kook - Orot haTorah 9,8 ]

-> Le degré de clarté dont on dispose en matière de halakha (loi juive) déterminera le degré de bonheur que l'on éprouve à la mettre en pratique. Un manque de clarté et de compréhension engendre un sentiment de lourdeur.
Certains vont même jusqu’à éprouver une paranoïa épuisante qui engendre un ressentiment envers la Torah, à D. ne plaise.
À l’inverse, ceux qui jouissent d’une grande clarté ne sont nullement tourmentés par les détails. Bien au contraire : le souci du détail est un signe d’expertise, tout comme le souci de la grammaire témoigne de la qualité de ses propos.
[rav Avraham Kook - Orot haTorah 9,4 ]

-> Tout comme il y a des lois dans la poésie, il y a de la poésie dans les lois.
[rav Avraham Kook - Otsrot Haréiya 2 - p.393 ]

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