"Qui est Tsadik? Celui qui garde l'Alliance (shmirat haBrit)"
[Zohar I,59b]
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+ Qu'est-ce que l'alliance? :
-> "Voici l'alliance entre Moi et vous ... Vous devez circoncire tout enfant mâle" (Lé'h Lé'ha 17,10).
Hachem dit à Avraham qu'Il conclut une alliance avec lui et avec toute sa descendance après lui. Par cette alliance, Hachem s'engage à rester fidèle au peuple juif, et le peuple juif à Hachem.
Quelle est cette alliance? C'est la circoncision.
-> "Tous les juifs sont appelés Tsadikim parce qu'ils sont circoncis."
[rabbi Na'hman - Likouté Moharan I, 23, fin ]
-> Le mérite de la brit mila (circoncision) est immense : il suffit à lui seul à distinguer le juif, en le sanctifiant et lui octroyant le titre de Tsadik.
Voici comment le Zohar (II,32a) illustre cela :
"Sur ordre d'Hachem, Avraham circoncit son fils aîné Ichmaël. En conséquence, pendant 400 ans, son ange gardien ne cessa de réclamer pour lui une récompense devant la Cour céleste.
- N'est-il pas vrai que quiconque s'est fait circoncire a une part dans Ton Nom? demanda-t-il.
- Oui, répondit Hachem.
- Dans ce cas, demanda l'ange, pourquoi donc Ichmaël n'a-t-il pas reçu la même part de sainteté que l'autre fils d'Avraham, Its'hak?
- La circoncision d'Ishmaël n'a pas été faite pour le respect de la mitsva, répondit Hachem.
- Toujours est-il qu'il a été circoncis, fit remarquer l'ange. Ce à quoi Hachem répondit : "Ishmaël recevra une part de sainteté comme récompense. Mais du fait que sa brit (son alliance) a été fait sans motivation profonde, la part de sainteté qu'il recevra sera vide de signification. Il recevra la Terre Sainte en récompense, mais seulement quand elle sera vide de juifs."
La possession de la Terre Sainte par Ishmaël constitue en fait le facteur majeur qui empêchera le peuple juif de revenir sur sa terre. Il n'y rentrera que lorsque le mérite d'Ismaël prendra fin."
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+ Garder son Alliance (chmirat haBrit) ;
-> Le signe spécifique de l'Alliance d'Hachem avec le Peuple juif, l'organe où l'on opère la brit, possède la capacité remarquable d'engendrer une nouvelle vie. Mais la procréation ne peut être accomplie que dans le cadre d'une union. La guémara (Nidda 31a) enseigne qu'il existe trois partenaires dans la création de l'enfant : le père, qui fournit les parties blanches du corps (ex: les os, les ongles) ; la mère, qui fournit les parties rouges (ex: la peau, la chair) et Hachem qui insuffle la vie à l'enfant. Les trois partenaires doivent fonctionner ensemble. Comment cela se passe-t-il?
Nos Sages (cf. Sotah, 17a) se réfèrent au mariage comme KiDouCHin, de la racine KoDeCH (saint).
Cela nous enseigne que le mariage, l'union entre époux et épouse devrait être un acte sacré. C'est alors que la Chékhinah (Providence divine), le troisième partenaire, réside entre eux.
L'union sexuelle accomplie dans la sainteté témoigne de l'honneur et du respect accordés aux pouvoirs de la procréation octroyés par Hachem. Ainsi, vivre dans le cadre de la Torah et adhérer à ses lois, assure l'observance du signe de l'Alliance, et par conséquent de l'Alliance elle-même.
-> "Quiconque se marie et se conduit dans sa vie conjugale selon les lois de la Torah est considéré comme observant l'Alliance."
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan I 11,7]
-> Rabbi Nathan (Likouté Halakhot - Shabath 6,23) enseigne :
"Si vous essayez d'élever vos enfants dans la connaissance d'Hachem, vous assurez une très grande rectification de la brit.
L'homme ne sait jamais quel genre de descendance il va engendrer ; de sa semence peut naître un Tsadik, peut être un très grand Tsadik. Même dans l'ascendance de Rabbi Chimon bar Yo'haï se trouvaient des juifs très simples et très ordinaires. Ils engendrèrent cependant un Tsadik de cette envergure, qui révéla au monde de tels niveaux redoutables de Divinité et de Sainteté.
Rabbi Chimon fut en mesure de rectifier toute son ascendance. Il assuma même la responsabilité de rectifier le monde entier (cf. Soucca 45b)."
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-> Respecter la brit, c'est-à-dire observer ces lois de la Torah qui y ont trait, permet, comme nous l'avons vu (cf. Zohar ci-dessus), au juif le plus simple d'accéder au niveau de Tsadik, même s'il n'est pas érudit en Torah. L'individu moyen se montrera assurément sceptique à ce sujet. Est-ce là tout ce qui est requis pour qu'on devienne un Tsadik? Oui, répond Rabbi Na'hman de Breslev.
Il existe 613 (TaRiaG - תַרְיָג) commandements dans la Torah.
Or, la valeur numérique du mot BRIT est 612, et celle du terme TORaH, 611. Cela nous enseigne que le fait d'observer l'Alliance est équivalent à toutes les 612 autres mitsvot.
Tout effort que nous déployons en vue de l'observer, en accédant à la pureté sexuelle, nous fait accéder à la Torah et à la sainteté.
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+ La violation de l'Alliance (le pgam haBrit) :
-> Rabbi Na'hman (cf. Likouté Moharan I 9,4) enseigne qu'il existe une rosée de sainteté dont les gouttes descendent dans le monde, apportant avec elles bénédiction et prospérité abondantes.
Cela correspond aux "gouttes", à la semence qui provient de l'esprit de l'homme.
S'il conserve son esprit dans la sainteté, ses "gouttes" font descendre cette abondance dans le monde. Si en revanche il viole l'Alliance (la Brit), il gâche et perd sa semence, en perdant toutes les bénédictions et l'abondance qui se transforment en forces d'impureté.
-> Le niveau de base de l'observance de l'Alliance implique l'attachement aux lois sacrées du mariage et la pureté familiale. Cette observance constitue un processus de sanctification.
Lorsqu'il y a une perte de semence (en dehors du cadre permis par la loi juive), il a alors un transfert de toute l'abondance et des bénédictions vers les forces du mal.
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+ Comment observer et rectifier l'Alliance :
-> "Si tu accèdes à la joie réelle, au point de danser, Hachem Lui-Même gardera alors ton Alliance, ta pureté."
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan I, 169]
-> La tristesse, c'est la "morsure du serpent". Elle mène à la violation de l'Alliance.
La joie en revanche constitue la meilleure arme contre la tristesse, et est ainsi la meilleure méthode pour vaincre la concupiscence et observer l'Alliance.
-> L'étude de la Torah est une autre façon d'observer l'Alliance.
Rabbi Na'hman disait que l'étude de la Torah a un immense pouvoir. Elle peut élever la personne de tout abîme où il a plongé.
Interrogé sur la violation du brit, Rabbi Na'hman répondit : "La Torah (la séfira de Tiféret) se trouve plus élevée que la Brit (la séfira de Yessod)!" ('Hayé Moharan - 573).
-> "Réciter avec ferveur la Haggada de Pessa'h la nuit du séder rectifie l'Alliance (la Brit)" (Likouté Etsot - l'Alliance 20).
-> "Pousser autrui à servir Hachem contribue à rectifier l'Alliance" (Likouté Moharan I, 14, fin).
-> "La vérité protège le signe de l'Alliance" (Séfer haMidot - Vérité).
-> "Quand une personne est bienveillante à l'égard de ceux qui aiment Hachem, elle répare les dommages causés par sa conduite" (Séfer haMidot - Charité).
-> "Celui qui rompt l'Alliance [en étant immoral] doit réparer cette faute en cherchant et en poursuivant la paix" (Séfer haMidot - Adultère et immoralité).
-> Et, naturellement, la prière et la hitbodédout sont également efficaces. La prière joue un rôle majeur dans la quête de la pureté et la rectification de l'Alliance.
En outre, Rabbi Na'hman a révélé le Remède Général (Tikoun haklali) comme un moyen pour combattre la concupiscence et rectifier le dommage spirituel causé par les transgressions sexuelles.
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+ Le Mikvé :
-> Le mikvéh a toujours joué un rôle important dans la vie juive.
Clé de la pureté familiale, son but premier est de purifier les femmes après leur période menstruelle. Les hommes s'y immergent aussi par tradition pour se purifier et se sanctifier (Bérakhoth, 2a). Rabbi Na'hman recommandait à la plupart de ses disciples de prendre bien soin de s'immerger dans le mikvéh au moins les jours où il y a une réjouissance (Roch 'Hodech, Lag Ba'omer, Pourim, etc..., La Sagesse de Rabbi Na'hman, #185).
Avant de recevoir la Torah au mont Sinaï, les juifs durent se purifier par immersion (Kérithouth, 9a). D'autre part, avant de se convertir, un non-juif doit également s'immerger dans le mikvéh (Yoré Déah 268:1).
Nous voyons par là qu'afin d'accéder à quelque niveau de sainteté que ce soit, du plus bas au plus haut, on doit absolument s'immerger dans un mikvé.
[Rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Mikvaot 1,4 ]
-> Rabbi Nathan dit : "L'importance du mikvé est inimaginable. Quiconque s'astreint à s'immerger fréquemment dans un mikvé arrivera sans nul doute à tout rectifier ...
Nous savons que les Juifs s'étaient mariés à des non-juives pendant l'exil de Babylone (Ezra 10,2).
Quand ils retournèrent en Terre Sainte, ils voulurent se repentir. Se présentant devant le Prophète, les dirigeants lui demandèrent : "Mais n'y a-t-il plus mikvé (d'espoir)?"
Le terme généralement utilisé pour espoir est tikva. Le verset choisit spécifiquement celui de "mikvé" pour nous enseigner que, si terrible que soit la transgression, il y a toujours de l'espoir, il y a toujours la puissance du mikvé qui aide à se repentir sincèrement.
[Avané'ha Barzel - p.80 - n°37 ]
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+ Le Remède Général (Tikoun Haklali) :
-> Pour chaque faute, il existe un tikoun spécifique, un acte particulier qui rectifie le mal spirituel causé par cette faute. Mais qu'arrive-t-il si nous voulons rectifier un grand nombre de fautes, ou même un fautedont les ramifications sont nombreuses? Est-il nécessaire (et possible) de faire agir tous les tikounim spécifiques?
La réponse est négative, car il existe un concept de remède général pour toutes les fautes (Likouté Moharan I 29,4).
-> Le Remède Général, révélé par Rabbi Na'hman, se réfère aux dix types de Mélodies qui composent le Livre des Psaumes (cf. Pessa'him, 117a; Zohar III, 101a).
Le chant a le pouvoir de trier le bien du mal et d'annuler la souillure spirituelle produite par la faute.
Rabénou nous conseille ainsi de réciter dix chapitres du Livre des Psaumes et bien que dix chapitres des Psaumes (Téhilim) quels qu'ils soient, comprennent les dix types de Mélodies, Rabbi Na'hman révéla lesquels constituent le Remède Général.
Ces 10 Téhilim sont : 16, 32, 41, 42, 59, 77, 90, 105, 137, 150.
Ils constituent spécifiquement un remède spécial contre la pollution nocturne. Néanmoins, c'est précisément parce qu'ils rectifient cette faute, la violation du signe de l'Alliance, qu'ils servent également de rectification générale pour tous les autres fautes.
Nous avons déjà vu que l'observance de l'Alliance (pacte conclu entre Dieu et le Peuple d'Israël) exige la pureté sexuelle. Nous avons vu également que chemirat habrit équivaut à toutes les autres mitsvoth.
Il s'ensuit que la violation de l'Alliance par l'impureté sexuelle cause une souillure spirituelle beaucoup plus grave que n'importe quelle autre faute. La violation de l'Alliance est par conséquent une faute spécifique avec des ramifications générales. C'est exactement la raison pour laquelle une rectification générale est nécessaire pour y remédier.
En récitant ces dix téhilim, nous enseigne donc Rabbi Na'hman, nous pouvons rectifier toutes les souillures causées par la pollution nocturne, et toutes nos fautes, et accéder de la sorte au repentir sincère (Si'hot haRan - 141).
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-> Il serait bon de noter que Rabbi Na'hman conseillait la récitation du Tikoun Haklali comme rectification d'une pollution nocturne accidentelle, mais pas de perte délibérée de semence (Si'hot haRan - 141).
Il faudrait bien prendre soin de ne pas prendre à la légère cette faute intentionnelle, parce qu'on connaît la valeur du Tikoun Haklali.
En fait, le Zohar (I, 188a) enseigne qu'en ce qui concerne l'émission séminale volontaire, le repentir n'existe pas.
Malgré la gravité de la faute, Rabbi Na'hman met cependant un accent particulier sur le fait qu'il ne faut pas prendre à la lettre cet enseignement du Zohar. Il soutient que le repentir est efficace contre toutes sortes de fautes, aussi graves soient-ils.
Le vrai repentir suppose que l'on ne commette jamais plus la faute : étant replacé dans la même situation, soumis à la même tentation et malgré tout ne pas répéter la faute (Si'hot haRan - 71) ...
Et comme le dit Rabbi Na'hman : "Le désespoir n'existe pas!" (Likouté Moharan II, 78).
[lorsqu'on dit que la téchouva n'est pas possible, en réalité elle est toujours possible, mais elle doit être avec plus d'intensité, et on ne bénéficie pas forcément d'une aide Divine pour la faire. ]
-> Rabbi Nathan (Likouté Halakhot - Téfilin 2,11) écrit :
"Il existe au sein de chaque juif un "point" qui est vraiment saint. Ce point est détruit quand il y a une émission séminale vaine ; le mal et même la mort menacent alors l'univers (Nidda 13a).
On peut cependant se repentir en veillant à recouvrer ce point de sainteté, ce qu'on fait en s'attachant au Tsadik et en révélant par son repentir de nouveaux niveaux de la Miséricorde divine.
Ayant perdu ce point, on ne peut prétendre au repentir. Si on le fait néanmoins, on provoque la révélation de nouveaux niveaux de Miséricorde."
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-> Rabbi Na'hman (Si'hot haRan) dit :
"Sortez, répandez l'enseignement de ces dix Psaumes (tikoun haklali). Bien qu'il semble aisé de réciter ces dix Psaumes, cela sera en fait bien difficile à réaliser ...
Le fait de réciter ces dix Psaumes constitue un remède merveilleux, tout à fait original. Depuis le début des temps, de nombreux Tsadikim ont cherché un remède contre cette faute ... Hachem a eu la bonté de m'accorder le mérite de le comprendre et de le révéler au monde."