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Introduction sur la kavana dans la prière

-> La prière est appelée "avoda chébalev" (le service du cœur) [et non des lèvres (qui remuent)]. Comme le disent nos Sages (Taanit 2a ; Sifri - Ekev) : ""Et de Le servir de tout ton cœur". Qu’est-ce que le service du cœur? C’est la prière."
La guémara précise également qu’une prière prononcée avec kavana est acceptée par Hachem, comme le dit le verset : "Guide leur cœur, que Ton oreille soit attentive" (Téhilim 10,17).
Nous demandons à Hachem de nous guider pour prier avec kavana ; Il entendra alors nos prières.
Bien que d’autres mitsvot puissent exiger de la kavana pour leur accomplissement, celle-ci ne fait pas partie intégrante de la mitsva elle-même. En ce qui concerne la prière, cependant, la kavana est l’essence même de la mitsva ; sans kavana, la prière n’a que peu ou pas d’effet.

-> Le Séfer Yéchayahou décrit le châtiment sévère qui attend le peuple juif pour avoir prié sans kavana.
Il est écrit : "Hachem dit : "Dans la mesure où ce peuple s’est approché [de Moi], il M’a honoré de sa bouche et de ses lèvres, mais il a éloigné son cœur de Moi, leur crainte de Moi est comme l'étude par cœur de commandements humains." (Yéchayahou 29,13)
Puisque le peuple juif priait sans kavana, se contentant de prononcer des paroles en l’air, Hachem exhorte le peuple juif : "C’est pourquoi, voici, Je continuerai à accomplir davantage de prodiges contre ce peuple, prodige sur prodige ; la sagesse de ses sages sera perdue et l’intelligence de ses savants sera voilée" (Yéchayahou 29,14).
Les commentaires de nos Sages expliquent ce verset en indiquant que de nombreux événements surviendront au peuple d’Israël qui choqueront celui qui les observera, comme il est dit : "prodige sur prodige". Le Prophète (Yéchayahou) révèle qu’à ce moment-là, la sagesse des sages du peuple d’Israël sera perdue et l’intelligence de ses savants deviendra cachée.
Nous pouvons comprendre cela de trois manières différentes. Premièrement, le sens littéral (pchat) est que la sagesse des sages ne suffira pas à les aider à échapper aux terribles événements qui se déroulent sous leurs yeux. Deuxièmement, Rachi (Yéchayahou 29,14) cite un midrach (Eikha raba 1,37) qui dit que cela fait référence à la mort des tsadikim. Enfin, la guémara explique ce verset en indiquant que la Torah sera oubliée par le peuple d’Israël.

=> Tout ce qui précède survient en punition de ce qui est écrit dans le verset mentionné ci-dessus.
Lorsqu’ils prient, ils se contentent de prononcer les mots, sans aucune kavana ; ils prient simplement par cœur, sans y réfléchir. Prier sans kavana peut entraîner la mort des tsadikim et conduire à la disparition de la véritable étude de la Torah parmi nous. Cela nous enseigne la gravité de la prière sans kavana.

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-> Prier sans kavana revient à offrir au roi un cadeau de grande valeur dans un panier vieux, usé et sale. Un tel cadeau trouverait-il grâce aux yeux du roi? Ce cadeau n’honorerait pas le roi, ce serait en réalité une insulte à son égard!
De la même manière, comment ne pas éprouver de la gêne à nous adresser à Hachem dans notre prière lorsque nous prions sans kavana, alors que nos cœurs sont envahis par les distractions de la vie quotidienne?

Nous devrions notamment nous en préoccuper lorsque nous récitons la Amida.
Le Rambam (Hilkhot Téfila 4,15) dit que celui qui récite la Amida sans kavana n’a pas du tout accompli la mitsva.
Le rav 'Haïm de Brisk explique que la kavana selon laquelle on se tient devant la Chékhina fait partie intégrante de la récitation de la Amida. Si quelqu’un est distrait et ne se perçoit pas comme se tenant en présence (en face à fae) de la Chékhina, il n’a pas accompli la mitsva de la prière.
Tout comme celui qui accomplit un acte par inadvertance, ce que la Halakha appelle "mit'assek" est considéré comme s’il n’avait pas accompli cet acte du tout, de même celui qui prie sans kavana est considéré comme s’il n’avait pas prié. Il est donc clair que la kavana est essentielle pour accomplir la mitsva de la prière de la Amida.
[cela n'a pas zéro impact, zéro valeur, mais en comparaison d'une kavana minimale cela l'est quasiment, tellement la kavana donne de la force à notre prière]

De plus, le Rambam (Hilkhot Téfila 4,15) écrit : "Il est interdit à celui qui se sent confus et distrait de prier tant qu’il n’a pas retrouvé la paix de l’esprit. Par conséquent, une personne qui revient d’un voyage, fatiguée et stressée, ne devrait pas prier tant qu’elle n’a pas retrouvé la paix de l’esprit. Nos Sages ont dit : "Il faut attendre trois jours, jusqu’à ce qu’on soit détendu et apaisé. Ce n’est qu’alors qu’il doit prier" (Choulkhan Aroukh - Orakh 'Haïm 98,2).
Bien qu’aujourd’hui nous soyons loin de ce niveau, et que nous ne statuions (selon la loi juive) donc pas ainsi, nous pouvons tirer de ce concept que la kavana est un élément essentiel de la prière. La plus grande difficulté à laquelle l’homme est confronté quotidiennement dans la prière est de prier avec kavana. [Rokéa'h - Biour Téfilat - Shemoné Esré - Bérakha 2]

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+ La nécessité de la kavana dans la prière :

-> Selon la guémara (Béra'hot 31a) : "Nos Sages nous ont enseigné : "Celui qui prie doit diriger ses pensées vers le Ciel."
Abba Shaul dit : “Une indication [de la justesse] de ce sujet [se trouve dans le verset] : "Ils dirigent leur cœur, tu leur prêtes l’oreille" (ta'hin libam, takchiv ozné'ha - Téhilim 10,17).” (ainsi plus on fait des efforts pour donner notre cœur en prière (plutôt que nos lèvres), plus Hachem écoute notre prière)"

La guémara ajoute ensuite : "Rabbi Hamnouna dit : Combien de halakhot importantes peut-on tirer des versets relatifs aux prières de Hanna, "Or, Hanna parlait dans son cœur" ; de là, [nous apprenons] que celui qui prie doit tourner son cœur [vers Hachem]."

Le Tour (Ora'h 'Haïm 98) explique cette guémara en précisant que lorsqu’on prie, il faut comprendre les mots que l’on prononce.

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-> La guémara (Taanit 8a) rapporte : "Rav Ami dit : "La prière d’une personne n’est acceptée que s’il met son cœur entre ses mains ; [c’est-à-dire que sa prière est sincère], comme le dit le verset : "Élevons nos cœurs avec nos mains [vers Hachem dans les cieux]" (Eikha 3,41)".
Le Maharcha explique qu’il faut prier avec une kavana totale.

-> Il faut être extrêmement méticuleux en matière de kavana lorsqu’on prie. Lorsque le Temple existait encore, celui qui avait fauté apportait un korban. Aujourd’hui, nos prières tiennent la place des korbanot (sacrifices).
Par conséquent, il faut concentrer ses pensées sur sa prière et éviter toute pensée susceptible de le distraire de ses prières ; tout comme des pensées extérieures peuvent invalider un korban, elles peuvent également invalider une prière.
[Shévet Moussar 20:9]

-> Le Eliyah Raba (Ora'h 'Haïm 5 - citant Tséda laDéré'h 10) souligne que bien que nos Sages (Roch Hachana 28b) aient dit : "Les mitsvot ne requièrent pas de kavana", cela concerne les mitsvot qui impliquent une activité physique.
En revanche, la prière est avant tout une mitsva qui fait appel au cœur, à ses émotions et à ses pensées.
Comme le cœur peut facilement être distrait, nos Sages ont établi que, lors des prières, nous devons réciter les mots tout en en intériorisant le sens.
Il suffit de considérer les derniers mots de la Amida : "Que les paroles de ma bouche et la méditation de mon cœur soient agréables devant Toi, Hachem, mon rocher et mon rédempteur", pour s’en rendre compte.
Si l’on se contente de répéter machinalement les paroles de la prière tout en étant complètement distrait, on aura certainement honte de s’approcher de son Créateur pour Lui demander d’accepter les paroles de sa bouche et la méditation de son cœur.

-> Le Chla Hakadoch (Assara Maamarot 3) souligne que la kavanat halev, c’est-à-dire se concentrer sur sa prière avec joie et attachement (dvékout) en Hachem, est une avoda considérable. Il faut s’entraîner à ce que son cœur soit attaché (connecté), lié totalement, sans aucune distraction.
C’est pourquoi nos Sages ont dit que la prière implique un travail spirituel sérieux du cœur : concentrer totalement ses pensées sur la signification des mots prononcés. Le travail spirituel de la prière est donc qualifié de "de tout ton cœur et de tout ton être" (bé'hol lévavé'ha ouvé'hol nafché'ha - Vaét'hanan 6,5).

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-> Le Orkhot 'Haïm l'haRoch (2:36) écrit :
"Aie de la kavana dans ta prière, car la prière est le travail spirituel du cœur. Si votre fils vous parlait sans sincérité, ne seriez-vous pas en colère? Vous ne devriez pas vous comporter comme un serviteur à qui l’on a confié une tâche importante pour son propre bien et qui n’a pas rempli sa mission. Comment un tel serviteur pourrait-il se présenter devant le Roi! ...
S’il n’est pas possible d’avoir de la kavana dans toutes les prières, il faut au moins veiller à en avoir pendant la première bénédiction de la Amida et le premier verset de la Kriat Shéma, car on ne remplit pas son obligation de réciter ces prières si on les dit sans kavana."

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