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La bénédiction du Shabbath

+ La bénédiction du Shabbath :

"Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier ; six jours tu travailleras et tu accompliras tout ton labeur, et le septième jour sera un Shabbat en l’honneur d’Hachem ton D. ; car six jours, Hachem fit les cieux et la Terre, la mer, et tout ce qu’ils contiennent, et Il se reposa le septième jour ; c’est pourquoi Hachem bénit le septième jour et le sanctifia" (Yitro 20,8-11)

-> L’Admour d'Ozerov fait remarquer que le terme employé pour exprimer qu’Hachem se reposa est וינח (vayana'h - litt. "Il a fait se reposer"] et non le terme exact ונח (véna'h - "Il se reposa"), ce qui suggère ici qu’Hachem fit se reposer autrui.

Pour expliquer cet emploi apparemment incorrect grammaticalement, il rapporte ce qu’écrit le kabbaliste rabbénou Yossef Gikatilla (dans son Chaaré Ora - chaar 2) :
"Lorsqu’un homme respecte le Shabbat suivant ses lois, il devient un siège et un char pour Hachem, c’est pourquoi le Shabbat est appelé מנוחה (ménou'ha - "repos") qui se rapporte à נח (na'h - "poser" [lanou'ah]) car le Nom d'Hachem se pose sur cet homme et réside sur lui comme un Roi sur son Trône."

D’après cela, l'Admour d'Ozerov écrit qu'on peut expliquer pourquoi le verset emploie le terme וינח (vayana'h ) et non pas נח :
"L’intention est que [ceux qui respectent le Shabbat] entraînent qu'Hachem fasse reposer son grand Nom béni sur ceux qui respectent le Shabbat suivant ses lois, et c’est le sens des paroles du chantre (dans le chant de Shabbat "Barou'h E-l Elione") : "Heureux sont les gens intègres s’il est respecté (le Shabbat), une couronne de diamants Il fera sur leur tête, le Rocher des mondes (Hachem) sur eux Il fera reposer son esprit" (ואשרי לתמימים אם יהיה נצור כתר הלומים על ראשם יצור צור עולמים בם נחה).
Car si le Shabbat est respecté et gardé comme il se doit, alors ils seront heureux, les gens intègres qui le respectent, car Hachem formera une couronne de diamants sur leur tête en faisant reposer son Esprit sur eux, et ils mériteront ainsi d’être (si on peut s’exprimer de cette manière) un char pour la présence Divine."

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-> Le Zohar pose, à propos du verset : "C’est pourquoi Hachem bénit le septième jour et le sanctifia" (Yitro 20,10), la question suivante : "Quelle bénédiction y a-t-il le Shabbat puisque la manne ne tombait pas le septième jour?"
Le Zohar y répond ainsi : "C’est comme cela qu’il faut comprendre : toutes les bénédictions d’En-Haut et d’ici-bas dépendent du septième jour, et c’est pourquoi la manne ne tombait pas en ce jour, car tous les six jours puisent leur bénédiction de ce jour-là."

-> Le Ohr ha'Haïm hakadoch fait remarquer que dans le verset, il n’est pas écrit : "en six jours, Hachem fit les cieux et la Terre", mais "six jours, Hachem fit les cieux et la Terre" et il en demande la raison :
"C’est une allusion au fait qu'Hachem ne créa le monde que pour six jours, et chaque Shabbat, la création se renouvelle grâce au Shabbat pour six nouveaux jours".
Il s’étend ensuite sur le passage "vayé'houlou" de la Torah (Béréchit 2,3) en disant que s’il se passait ne fût-ce qu’un Shabbat qui ne serait observé par aucun juif, le monde serait annulé et reviendrait au néant.

Il explique par cela l’enseignement de la guémara (Shabbat 119b) : "Celui qui récite le soir de Shabbat la prière de "vayé'houlou" (le kidouch) la Torah lui compte comme s’il était associé dans la création du monde."
A priori, comment comprendre, en effet, que l’on puisse être associé dans l'œuvre de la création alors que le monde a déjà été créé (en apparence depuis des milliers d'années!)?
C’est qu’en fait, grâce au respect du Shabbat et à la récitation du "vayé'houlou", la force est donnée au monde de se renouveler et l’homme devient réellement l’associé dans cette création.
La règle est, dès lors, celle qui régit toute association : selon sa part d’investissement dans l’association, l’associé recevra les bénéfices. Il en est de même pour le Shabbat : selon la manière dont on s’investit dans le Shabbat et dans le respect de sa sainteté, on recevra les bénéfices promis par celui-ci.

-> On raconte que lorsque l’on mentionnait des noms de personnes nécessitant une guérison devant le rav Itzikel de Pshevorsk, si l’une d’elles devait subir une opération, il recommandait que l’on vienne lui en parler après Shabbat. Cela se comprend selon l’enseignement du Or ha'Haïm mentionné plus haut, puisqu’après Shabbat, le monde est créé de nouveau.

=> Ainsi, le Shabbat est la source de la bénédiction. Il est comme une fontaine dont émanent toutes les bonnes influences spirituelles comme matérielles dans tous les mondes supérieurs et inférieurs.

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-> Le jour du Shabbath est appelé "jour de joie" (Sifrei - Béaaloté'ha), "jour de repos" (dans la prière) , "un goût du monde à Venir (olam aba)" (Mékhilta - Ki Tissa) , "la source des bénédictions" (Zohar II 88a), "le jour de l'âme" (Zohar 205a) et "le jour où les mondes s'élèvent [spirituellement]" (rav Avraham Kluger - Yi'houd haShabbath).

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