"Et Hachem forma l’homme de la poussière de la terre, et Il insuffla dans ses narines un souffle de vie, et l’homme devint un être vivant" (Bérechit 2,7)
=> Nous apprenons ici que oui, l’âme existe bel et bien ("souffle de vie"), mais que le corps vient en premier, ce qui lui confère une certaine priorité ; que le corps et l’âme, ensemble, font d’une personne "un être vivant" ; et que l’âme a elle aussi une certaine primauté, en ce qu’elle anime le corps et selon le principe du "le plus important vient en dernier" (a'haron a'haron 'haviv).
Cette dualité inhérente à l’être crée une tension qui conduit certaines personnes à minimiser l’importance du corps, voire à le négliger.
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-> Un jour, alors qu'Hillel l’Ancien prenait congé de ses élèves, il continua à marcher avec eux [dans une direction différente de celle qu’il empruntait habituellement]. Ils lui dirent : "Rabbi, où vas-tu?"
Il répondit : "Accomplir une mitsva." Ils demandèrent : "Laquelle?"
Il répondit : "Me laver aux bains publics." Ils s’écrièrent : "Mais est-ce une mitsva?"
Il répondit : "Oui! Voyez comment la statue d’un roi, érigée dans les théâtres et les arènes, est frottée et maintenue propre ; on la garde, on lui donne à manger, et elle est même placée au rang des personnalités importantes du royaume. À plus forte raison moi, qui ai été créé bétsélem [à l'image du Roi des roi - Hachem] (je dois prendre soin de mon corps)!"
[midrach Vayikra raba 34,3]
=> Selon Hillel, le corps d'un juif a une vocation sacrée : il est le véhicule d’un être bétsélem (ayant une âme très élevée provenant de sous le Trône Divin. Tout juif héberge dans son corps une partie très haute et interne d'Hachem [infiniment plus sublime que celle présente chez les non-juifs]).
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-> Le roi Shlomo écrit : "L'homme bon assure son propre bonheur" (gomel nafcho, ich 'hassed [חָסֶד] - Michlé 11,17)
Le midrach sur ce verset rapporte l’histoire de Hillel qui se rendait quotidiennement aux bains publics. Lorsque ses élèves lui demandèrent pourquoi il s’y rendait, il répondit qu’il était en route pour accomplir une mitsva. Face à leur perplexité, de quelle mitsva s’agissait-il?, il expliqua que prendre soin de son corps, qui était le véhicule par lequel il servait Hachem, était un impératif divin.
Le rav Shaya Karlinsky commente :
Nous avons l’habitude de considérer le 'hessed comme se limitant à ce que nous faisons pour les autres. Le roi Salomon le Roi et Hillel, s’appuyant sur le verset ci-dessus, nous enseignent que nous avons une obligation tout aussi impérieuse de faire preuve de 'hessed envers nous-mêmes et notre corps.
Selon Hillel le fait de prendre soin de son corps et une mitsva "impérative" (si le véhicule, corps, est bien entretenu alors le pilote, l'âme, peut naviguer sur la route de notre vie avec davantage d'efficacité et de confort).
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-> Le Rambam (Messilat Yécharim III,27) écrit :
"L’homme possède deux perfections : une première perfection, qui est celle du corps, et une perfection ultime, qui est celle de l’âme. La première perfection consiste à être en bonne santé et dans le meilleur état physique possible ...
Une fois la première perfection atteinte, il est possible d’atteindre la perfection ultime, qui est indubitablement plus noble et constitue la seule cause de la préservation permanente."
=> Notre corps est un don précieux, plus précieux que la voiture la plus chère du monde, doté d’une vocation sacrée. L’apprécier comme un don qui mérite d’être chéri est le fondement de la santé et de la forme physique selon la Torah.
(le corps humain est d'une complexité et perfection total, signature de son Créateur, et de la confiance qu'Il a en nous l'octroyant dans un but élevé. )
Une âme a besoin d'un corps en bonne santé.
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+ L'équilibre entre le corps et l'âme :
-> Le corps humain est si incroyablement stupéfiant qu’il n’est pas étonnant que certaines cultures et religions l’élèvent au rang d’objet de culte tandis que d’autres le dénigrent comme étant tout à fait profane.
La voie de la Torah est un équilibre : l’apprécier sans l’adorer, tout en le minimisant sans le sous-estimer.
-> En ce sens : après la mort, notre âme et notre corps se feront juger ensemble : https://todahm.com/2022/09/28/notre-ame-et-notre-corps-se-feront-juger-ensemble
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-> Le corps et l’âme sont fusionnés dans un partenariat, l’un portant et l’autre guidant. Lorsque ce partenariat est harmonieux, le Béhéma (l'aspect animal, matériel) sert de véhicule au Bétselem (la partie divine en nous, l'âme).
[ex: parfois le véhicule a besoin de carburant, d'autre d'être au repos pour mieux repartir. Par ailleurs nous devons accepter aussi que ce véhicule n'est pas toujours au top, car parfois c'est ainsi qu'Hachem désire que nous le servions (sur cette partie du chemin de notre vie). Notre devoir est de faire de notre mieux, et de prier Hachem pour nous aider à avoir un véhicule fonctionnant au mieux. ]
-> Même si nous ne savons pas ce qu’est une âme (néchama), étant l’un des mystères de la Création puisque notre néchama décrite comme une " 'hélek Eloka" (partie de D.), est totalement pure et sublime et n’a rien à voir avec le monde physique, mais elle dépend néanmoins du corps.
C’est pourquoi il faut prendre soin de cet "hôte".
[rav Asher Zelig Weiss ]
-> Le 'Hafets 'Haïm (Déah véHachkafa - 387) enseigne :
"Le corps est comme un serviteur de l’âme, car c’est grâce à lui que la personne est capable d’accomplir la volonté divine en observant les mitsvot de la Torah ... ainsi, chaque membre d’une personne est capable d’acquérir le mérite des mitsvot de la Torah."
-> Nous ne pouvons imaginer à quel point le corps d’une personne est précieux aux yeux d'Hachem.
[rav Shnéour Zalman de Liadi ]
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["chaque membre [du corps humain] d’une personne est capable d’acquérir le mérite des mitsvot de la Torah."
Le corps est au service de l'âme, et en un sens il bénéficie également de la nature précieuse de l'âme.
Comme une entité où les deux sont liés, avec le corps qui a aussi une finalité sacrée : être là pour donner le plus de force à l'expression dans le réel de notre divinité interne (âme).
La Torah appuie beaucoup sur la bonté avec autrui, mais il est tout aussi important de l'être avec soi-même pour répondre à nos manques/besoins nécessaires en terme physique, moral, émotionnel ... ]
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-> Lorsque le corps est malade (physiquement, moralement), l’âme aussi est affaiblie, et on est incapable de prier correctement même lorsqu’on est pur de toute faute. Vous devez donc veiller très attentivement à la santé de votre corps.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 106]
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-> b'h, sur la notion : d'être en bonne santé : https://todahm.com/category/z-divers/3-etre-en-bonne-sante