Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

+ "Et la boisson était selon la règle, sans contrainte" (Méguilat Esther 1;8)

La Guémara Méguila 12a = "les disciples de Rabbi Chimon bar Yohaï lui demandèrent :
"Pourquoi les juifs de cette génération méritaient-ils d'être exterminés?
Répondez vous-même! leur a-t-il rétorqué.
Parce qu'ils ont tiré profit du festin de ce scélérat", ont-ils expliqué."

On ne servit pas d'aliments interdits aux juifs, comme il est écrit dans la suite de notre verset : "pour procéder selon la volonté de chaque homme" (kirchon ich va'ich = cette expression étant interprétée dans notre guémara : "selon le désir même de Mordé'haï et de Haman").

Ainsi, pourquoi le fait d'avoir participé au festin d'A'hachvéroch est-il considéré comme une faute si grave?

Le Rav Kotler répond en citant la guémara Sanhédrin 103b = "Grande est la gorgée, qui unit ceux qui étaient éloignés."
== c'est le plaisir tiré du festin qui a entraîné un rapprochement des esprits/cœurs et qui a porté atteinte au sentiment d'écart et de distance par rapport aux nations ; à leur us et coutumes et envers leur vision du monde où le matérialisme est roi.

[D'ailleurs, il est écrit dans la Méguilat Esther (3;8) : les juifs sont : chonot mikol am = "שֹׁנוֹת מִכָּל-עָם" (= "différents de tous les [autres] peuples" ).
On remarque que les 1eres lettres de ces 3 mots forment le mot "שמע", comme dans "שמע ישראל" ... ]

 

Source (b"h) : compilation d'un dvar Torah issu du livre "Talélei Orot" du Rav Yissa’har Dov Rubin (+ pour le passage sur le verset 3;8 = issu du livre "au coeur de Pourim" du Rav Aryeh Strickoff)

"Et toi [Moché], tu ordonneras (tétsavé) aux Bné Israël" (Tétsavé 27,20)

-> Le Divré Chmouël fait remarquer que le mot tétsavé (תצוה) contient les initiales de l'expression : tsa'akat adal takchiv vétochia (צעקת הדל תקש'ב ותוש'ע) = "tu écoutes la prière du pauvre et Tu le délivres" .
[mots que nous disons dans la prière de Shabbath]

"L'homme Moché était plus humble que tous êtres de la terre" (Béahaloté’ha 12,3).
Néanmoins, ce sentiment d'humilité ne l'empêcha pas pour autant de prier Hachem.
Chaque fois que ce fut nécessaire, il sut s'épancher en supplications devant Hachem à tel point que lors de la faute du Veau d'or, il alla jusqu'à demander : "Et sinon (si Tu n'exauces pas ma prière de pardonner aux Bné Israël), efface-moi du Livre que Tu as écrit" (Ki Tissa 32,32).
Et il le fit non seulement pour les besoins de la communauté mais également pour ceux de chaque individu comme ceux de sa sœur Myriam, lorsqu'il se tint devant Hachem en suppliant : "de grâce, D. Tout Puissant, guéris-là".

=> C'est ce que ce verset de notre paracha vient évoquer en allusion : "Et toi, tu ordonnes aux Bné Israël", à chacun des Bné Israël : qu'il sache que même du plus bas de sa situation, son Père céleste désire entendre sa prière et qu'il ne dise pas : "je suis tellement pauvre en mitsvot", car "tu ordonneras" : "tu écoutes la prière du pauvre et Tu le délivres" (tsaakat adal takchiv vétochia).

[la Torah atteste que personne n'est plus humble que Moché, c'est-à-dire que personne ne pourra jamais tout attribuer à D. et rien à lui que Moché, et ainsi personne n'est plus "pauvre" que Moché.
Or Hachem a ordonné (tétsavé) que la prière a un impact énorme même au plus pauvre en mitsvot possible.
La règle est valable pour tous sans exception : tu pries, alors Hachem peut y répondre et te délivrer de tes problèmes.]

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-> Notre paracha traite de l'allumage de la ménora qui fait allusion à la Torah.
Ainsi, on ne peut sous prétexte d'étudier la Torah, être sourd au cri de celui à qui il faut porter secours.
L'étude de la Torah ne dispense pas d'être attentif à apporter aide et soutien à celui qui est dans le besoin ...
[rav Gabriel Cohen - Séfer Guévourot aTorah]

+ "Tu ordonneras (tétsavé) aux enfants d'Israël ... " (Tétsavé 27,20)

Le Or ha'Hayim = le mot tétsavé (tu ordonneras) évoque un lien (tsavta).
D. dit à Moché : "Tu te 'lieras' aux enfants d'Israël".
== en chaque Juif, de chaque génération, se trouve une étincelle de Moché.

Le Sfat Emet = comme Moché s'est dévoué pour le peuple juif, il a mérité que sa force demeure éternellement à l'intérieur du peuple juif.

D'ailleurs, certains expliquent que "personne ne connaît l'endroit de la sépulture de Moché" ; car il est enfoui dans le cœur de chaque juif.

 

Source (b"h) : le livre "Mayana chel Torah" du Rav Alexander Zoucha Friedman

+ "Quant à toi, ordonne aux enfants d'Israël et ils prendront pour toi de l'huile pressée pour l'éclairage, afin d'allumer la lampe perpétuellement" (Tétsavé 27,20)

Rachi explique que lorsque que l'on pressait une olive, la 1ere goutte correspondait au meilleur de l'olive, et était destinée à l'allumage de la ménora.
Le restant de l'huile, d'une pureté moindre que la 1ere goutte, était utilisé pour les offrandes (les korban min'ha étaient mangés ensuite!).

Normalement, on utilise la meilleure huile pour cuisiner et la moins bonne pour allumer une bougie.
Pourquoi est-ce l'inverse dans le Michkan?

- La ménora est la représentation de la spiritualité, et représente la Torah et les mitsvot ("nér mitsva véTorah or" - Les Proverbes 6;23)
- Les offrandes renvoient à la matérialité et aux besoins matériels d'une personne.

Malheureusement, beaucoup de personnes invoquent le fait de manquer de moyen quand il s'agit de dépenser de l'argent pour la Torah et les mitsvot, mais ont plein d'argent lorsqu'il s'agit de le consacrer à leurs affaires personnelles.

Nous pouvons apprendre les vraies priorités de la façon de faire dans le michkan :
- pour la Torah et les mitsvot = il faut y consacrer du temps et ce qu'on a de meilleur et de plus pur ;
- pour les plaisirs personnels = il faut savoir se retenir et se suffire de peu.

 

Source (b"h) : traduction & adaptation personnelle d’un commentaire de Rabbi Moshe Bogomilsky (livre : védibarta bam)

+ "Quant à toi, ordonne (véata tétsavé) aux enfants d'Israël ... afin d'allumer la lampe perpétuellement (léaalot nér tamid) :

Pourquoi n'est-il pas écrit "véata tsavé"?

Notre paracha parle de l'allumage de la ménora dans le Michkan et ensuite dans le Temple.

Nos Sages disent qu'en absence du Temple, la table au sein d'un foyer juif est comparable à l'autel des sacrifices (guémara 'Haguiga 27a).
Dans le même ordre d'idée, les bougies de Shabbath sont à mettre en parallèle avec la ménora.

Un allusion se trouve dans le mot tétsavé, qui peut se décomposer en :
- la lettre tav = 400 = guématria du mot : nachim (= les femmes) ;
- et le mot : tsiva (= une obligation).

Ainsi :
- véata tétsavé (=tav + tsiva) = et vous, le commandement/l'obligation des femmes ;
- léaalot nér tamid = de toujours perpétuer la mitsva d'allumer les bougies de Shabbath.

 

Source (b"h) : traduction & adaptation personnelle d’un commentaire de Rabbi Moshe Bogomilsky (livre : védibarta bam)

"Un bon caractère est une condition préalable à l'accomplissement des 613 mitsvot [...]
Se laisser aller à un mauvais caractère est beaucoup plus sérieux que transgresser un commandement [...]
Il faut être extrêmement attentif aux mauvaises réactions, plus encore qu'à l'observance des commandements positifs et négatifs."

(Rabbi 'Haïm Vital)

"Arrange ta personnalité et ensuite tu pourras arranger les autres."
(Guémara Baba Métsia 107b)

" Tout érudit dont l'intérieur n'est pas comme l'extérieur n'est pas un érudit." (Guémara Yoma 72)

["Recouvre-la à l'intérieur et à l'extérieur..." - Paracha Térouma 25;11]

« Quiconque fait souffrir Israël devient un dirigeant. » (Guittin 56b)

+ "Ce fut, aux jours d'A'hachvéroch, c'est A'hachvéroch régnant de Hodou jusqu'à Kouch" (Méguilat Esther 1;1)

Guémara Guittin 56b = "Quiconque fait souffrir Israël devient un dirigeant."

Puisque D. combat celui qui s'en prend à Son peuple, il ne sied pas à Sa gloire de livrer la guerre à un roi ayant un faible pouvoir.

A'hachvéroch n'était pas digne de régner ; il n'avait aucune aptitude à la royauté (cf.guémara Méguila 11a), mais du fait même qu'il s'en prenait à Israël et le tourmentait, il a pris de l'importance et a été hissé à la tête de tous les royaumes.

Après qu'il fut hissé à la tête des royaumes et qu'il devint un puissant chef "régnant de Hodou jusqu'à Kouch", c'est alors qu'est venue la délivrance ...

 

Source (b"h) : compilation d'un dvar Torah issu du livre "Talélei Orot" du Rav Yissa’har Dov Rubin

"Tu feras une Ménora d'or pur, d'une seul pièce battue sera faite la Ménora." (Térouma 25,31)

L'expression "sera faite la Ménora" (téassé aMénora) est une forme passive.
Rachi l'explique ainsi = "comme Moché éprouvait des difficultés, D. lui a dit : "Jette au feu le bloc de métal, et elle se fera d'elle-même!" "

Si la Ménora s'est faite d'elle-même, s'étonne le Sfat Emet, pourquoi D. devait-Il montrer à Moché comment la confectionner?

-> Le Sfat Emet répond que cela nous apprendre un principe fondamental.
Quand on essaie de toutes ses forces de réaliser une mitsva, même ce qui dépasse nos possibilités s'accomplit tout seul.
On peut être assuré que le Ciel s'en occupera pour nous : "Jette le bloc dans les flammes (=le feu de l'action que nous aurons initié) , et elle se fera d'elle-même!"

En effet, il est certainement hors de nos possibilités d'exécuter les mitsvot à la perfection, mais ce n'est pas ce qu'on attend de nous.
Notre devoir est de déployer les plus grands efforts possibles, et ensuite D. s'occupera du reste, comme il est écrit dans la guémara (Shabbath 104a) : "Quiconque vient pour être purifié est aidé par le Ciel."

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-> Rachi commente : "Moché éprouvait des difficultés à concevoir la construction du candélabre. Hachem lui dit alors : “Jette le bloc d’or au feu et il se fera de lui-même.” C’est pourquoi il n’est pas écrit “Tu feras”."
Rabbi Israël de Mozits en déduisit un conseil pour toute personne en proie à des difficultés de quelque nature que ce soit : "Il suffit de s’en remettre à D. et Il pourvoira à nos besoins, la chose se fera d’elle-même."

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+ La primauté de nos efforts, sur nos résultats :

Au début de la paracha (v.25,7), nous pouvons remarquer que les pierres à enchâsser étaient les objets les plus précieux dans l'inventaire des dons destinées au Michkan. Mais alors pourquoi ne sont-elles mentionnées qu'à la fin de la liste (après l'or, l'argent et le cuivre), au lieu d'y figurer en tête?

Le Ohr ha'Haïm haKadoch explique qu'elles étaient ce qui coûtait le plus cher, mais elles représentaient une moindre valeur que d'autres objets quant à l'acte même de donner.
Tous les autres matériaux avaient été acquis par les efforts de ceux qui les ont offerts au Michkan. Mais ce n'était pas le cas des pierres précieuses à enchâsser qui ont été apportées par les colonnes de Nuée depuis la rivière Pichone et le Jardin d'Eden (Targoum Yonathan ben Ouziel 35;27-28).

Puisqu'elles n'ont coûté aux juifs aucune difficulté/effort (leur tombant dans les bras!), ni aucune dépense, elles n'ont pas été aussi précieuses aux yeux de D. que les autres contributions.

=> Cela nous apprend comment Hachem observe, juge nos actes.
Nous n'aurons pas de compte à rendre sur les résultats de nos actions, mais sur nos efforts investis dans les moyens mis en œuvre pour les accomplir.
[quel est ton ratio : efforts réellement dépensés durant ta vie/efforts que tu pouvais potentiellement y dépenser]
A la fin de notre vie, nous n'emporterons rien de ce monde, à part l'énergie que l'on aura investie pour faire la volonté de D.

Source (b"h) : compilation issue du livre "Talélei Orot" du Rav Yissa’har Dov Rubin

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+ "Tu feras une Ménora d'or pur, d'une seul pièce"

-> Le terme "d’une seul pièce" se dit dans la Torah : "Mikcha" (מקשה), que l'on peut rapprocher du terme "Kaché" (קשה), qui signifie : "difficulté".

Le verset peut alors se lire : "Une difficulté c’est l’or pur" = l’une des grandes difficulté c’est de trouver de l’or (ou argent) pur, c’est-à-dire étant obtenu de la façon la plus pure et la plus honnête possible : ne provenant ni d’un vol, ni d’une tromperie, ...
[le Maharam Schick]

-> Dans le même sens, on peut comprendre pourquoi cette paracha de Térouma suit celle de Michpatim : c’est pour nous apprendre que les dons et la charité ne sont valables que si l’argent donné provient d’une source droite.
La Térouma (un prélèvement), allusion aux dons, ne peuvent venir qu’après avoir bien vérifié que l’argent est valable d’un point de vue judiciaire (Michpatim : paracha traitant des lois civiles).
[le Beit haLévi]

-> C'est vrai que c'est une tâche difficile (kaché) à atteindre (de vivre au niveau de l'or pur = notre argent est 100% casher, sans impureté/faute), mais celui qui y parvient est comparé à la Ménorah elle-même, dont la pureté illuminait le Ciel lui-même.
[le Richpé Aish - Rabbi Mordé'haï de Neshchiz]

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-> "Ses calices, ses boutons et ses fleurs feront corps avec elle" (Térouma 25,31)

Le 'Hatam Sofer donne à partir de ce verset une instruction pratique qui s’y trouvait en allusion : on ne doit pas décorer les paroles de la Torah par des décorations étrangères venant de l’extérieur, en expliquant les paroles de la Torah par des sagesses extérieures.
Mais même "ses calices, ses boutons et ses fleurs" doivent "faire corps avec elle", c’est-à-dire que même les explications et les commentaires de la Torah doivent venir d’une source pure.

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-> b'h, divré Torah sur la Ménora : https://todahm.com/2016/06/30/4624

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-> "Tu feras une Ménora d'or pur ... vois et exécute, d'après les plans que l'on t'a fait voir sur la montagne" (Térouma 25,31-40)

-> Rachi explique, d'après la guémara (Ména'hot 29a), que Moché avait des difficultés à réaliser la Ménora jusqu'à ce que Hachem lui montre une Ménora de feu.

-> Moché n'arrivait pas à comprendre comme une Ménora, qui est un élément matériel, pouvait avoir une influence spirituelle.
Ainsi, nous devons savoir que la Ménora recèle des secrets d'une telle profondeur qu'il est impossible à un être humain de les saisir intellectuellement.
[Tsor ha'Haïm - Térouma]

-> Le Gaon de Vilna (Adéret Eliyahou) écrit :
Les Sages (guémara Baba Batra 25b) nous ont enseigné : "Celui qui souhaite la sagesse s'oriente vers le sud, et celui qui souhaite s'enrichir s'orientera vers le nord. Voici une indication pour s'en souvenir : la Table au Temple était au nord tandis que la Ménora était au sud".
Il ressort de cet enseignement de la guémara que l'allumage des bougies de la Ménora fait allusion à la lumière de la Torah qui est descendue du Ciel.
Il est également enseigné par nos Sages (guémara Roch Hachana 21b) : "50 portes de compréhension furent créées dans le monde, toutes furent données à Moché, sauf une".

Lorsque nous observons la Ménora, nous constatons qu'elle est constituée de 7 branches, 11 pommeaux, 9 fleurs, 22 coupes, ce qui représente un total de 49 éléments correspond aux 49 portes de compréhension qui furent données à Moché.
En comptabilisant la Ménora elle-même, nous obtenons 50 éléments soit la 50e porte manquante.
Ainsi, la raison pour laquelle il fut si difficile pour Moché de concevoir la Ménora était que la Ménora elle-même, qui symbolisait la 50e porte de compréhension, ne lui fut pas transmise.
Hachem fit donc apparaître une Ménora de feu.

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-> Le Arizal nous enseigne : avant que le peuple d'Israël ne faute avec le veau d'or, Moché réussit à atteindre la 50e porte de la Torah. Mais après la faute du veau d'or, cette 50e porte lui fut reprise.

-> Le Chla haKadoch ajoute à cet enseignement que le jour où Moché rendit son âme au Créateur, il réussit de nouveau à atteindre la 50e porte de compréhension.