La terre d'Israël est comme le cœur du monde. Tout comme le cœur est le centre du corps et pompe le sang vers tous les membres, la terre d'Israël est la source de nourriture pour toutes les autres terres.
C'est pourquoi, expliquait le Gaon de Vilna, même ceux qui vivent en dehors de la terre d'Israël prient pour être rassasiés de ses bienfaits (ex: vénichba mitouva), car les produits de toutes les autres terres tirent leur subsistance de la terre d'Israël.
[rav Moché Sternbuch - dans la Haggada chel Pessa'h à son nom]
Le rav Eliyahou Dessler explique pourquoi nous disons qu'Hachem est "mé'hayé métim" au présent : c’est parce qu’Il ressuscite déjà les morts en ce moment même.
Lorsqu’une graine est plantée dans le sol, elle pourrit, et cette pourriture fait partie du processus de germination et de poussée.
De même, le processus de la résurrection des morts commence dès maintenant.
[rav Moché Sternbuch - dans sa Haggada chel Pessa'h]
Prononcer le nom divin avec crainte
"Vous ne profanerez pas Mon saint Nom" (Emor 22,32)
-> Rabbénou Yona (Shaaré Téchouva 3,61) écrit que si une personne prononce le Nom d'Hachem sans révérence (crainte, grand respect), elle enfreint l’interdiction de ce verset.
Il écrit :
"Sachez que la perte et la destruction que l’on trouve le plus souvent dans l’âme des masses sont dues à la parole, car ils prononcent le Nom du Ciel en vain, et ils le prononcent également sans la crainte qui lui est due."
Nous prononçons le Nom de Hachem des centaines de fois chaque jour, et si nous ne prenons pas soin de le prononcer avec révérence, nous risquons de transgresser une interdiction de la Torah et de profaner le Nom de Hachem à chaque fois que nous le prononçons.
[rav Moché Sternbuch]
Etre parmi ceux qui sanctifie la terre d’Israël
-> La terre d'Israël est sanctifiée pour l’éternité, mais sa sainteté n’est pas la même en tout temps. Lorsque le peuple juif observe la Torah, la terre d’Israël est très sainte, mais s’il transgresse, sa sainteté est profanée, comme l'affirme le verset : "mais vous êtes venus souiller Ma terre et faire de Mon héritage une abomination" (Yirmiyahou 2,7).
Depuis que les laïcs sont venus en terre d'Israël, ils ont diminué sa sainteté. En revanche, lorsque les gens étudient la Torah dans la sainteté en terre d'Israël et y accomplissent les mitsvot, ils sanctifient la terre d'Israël.
C’est pourquoi nous disons dans la lecture du Shéma : "aarets atova achèr Hachem notèn la'hem" (la belle terre que Hachem vous donne), Hachem, nous le disons au présent (notèn), car la sainteté de la terre d'Israël fluctue à chaque instant en fonction des actes de ses habitants.
Heureux ceux qui méritent de sanctifier la terre d'Israël par leurs actions, détournant ainsi la colère de Hachem du peuple juif.
Veillons à faire partie de ceux qui sanctifient la terre d'Israël, et non de ceux qui la souillent."
[le gaon de Rogatchov]
Un jeûne = un sacrifice de soi à Hachem
-> Lorsqu’une personne jeûne, cela tient lieu d'un sacrifice (un korban à Hachem).
Tout comme le sang et les graisses sont prélevés sur un animal offert en sacrifice, de même, lorsqu’une personne jeûne, elle donne une partie de ses propres graisses et de son propre sang.
Lors d’un jour de jeûne, une personne doit également faire un don à la tsédaka, à l’instar de la portion du sein de l’offrande qui est donnée au Cohen, afin que son offrande soit complète ...
En réalité, un jeûne doit s’apparenter à un sacrifice de deux manières.
Premièrement, tout comme la graisse et le sang d’une offrande sont donnés à Hachem, de même, lorsqu’une personne jeûne, elle renonce à sa graisse et à son sang.
Deuxièmement, tout comme la partie de la poitrine d’une offrande est donnée au Cohen, de même, lorsqu’une personne jeûne, elle doit donner la tsédaka, et la tsédaka lui apporte du mérite en Haut.
[...]
Il faut comprendre que c’est la tsédaka qui réveille les mérites de cette personne au Ciel.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Tsav 7,29-30]
Parfois, on peut réciter les prières avec amour et crainte, et une grande hit'lahavout (ferveur ; enthousiasme ardent), sans bouger du tout, de sorte qu’à un autre, on puisse sembler qu’on prononce les mots sans aucune dvékout (attachement à D.).
[Lorsqu’on est fortement attaché à Hachem], on peut Le servir avec l’âme [seule], avec un immense et grand amour [d'Hachem].
C’est là la meilleure forme d’adoration. Elle se déroule plus rapidement, avec un plus grand dvékout envers Hachem, que la prière qui est visible extérieurement dans les membres.
La klipa (force du mal) ne peut s’attacher à cette prière [idéale], car elle est entièrement intérieure.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 105]
Yétser ara & matérialité
-> Chaque être humain possède deux penchants, ou deux forces motrices : un penchant vers le bien (yétser atov) et un penchant vers le mal (yétser ara).
Le yétser ara ne souhaite que nous fassions le bien, comme accomplir la volonté d'Hachem.
Le yétser ara, bien qu’il s’agisse de la mauvaise inclination, ne souhaite pas nécessairement que nous fautions. Son but et son intérêt sont que notre moi physique se livre aux plaisirs de ce monde et en profite.
Et plus nous nous adonnons aux plaisirs physiques (matériels) que le monde a à offrir, moins nous serons sensibles et ouverts à la spiritualité et à la divinité.
Si nous parvenons à convaincre le yétser ara que le plaisir véritable et éternel se trouve dans la parole d'Hachem et que les plaisirs physiques sont futiles et éphémères, notre yétser ara deviendra une force motrice dans la quête de la spiritualité.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 9 ]
Réflexion sur la mort (rav Kook)
-> Notre existence temporaire n'est qu'une étincelle au sein de l'existence éternelle, la gloire de la vie éternelle. Il est impossible de réaliser le bien potentiel caché au cœur de cette vie temporaire si celle-ci n'est pas alignée sur la vie éternelle.
Cette conscience intérieure réside au cœur de l'esprit de toute existence ...
Au sens profond, l’éternité est le fondement puissant qui sous-tend toute vie sociale.
Le désir de se relier à la gloire de l’éternité vainc la mort. Il essuie toutes les larmes humaines.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 2:141-142 ]
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-> La peur de la mort est une maladie de l'humanité.
Elle résulte de la faute. En effet, c’est la faute qui a créé la mort. Et la téchouva / la croissance spirituelle est le remède principal pour éliminer la mort du monde.
Tous les efforts des êtres humains tournent autour de leur salut face à la mort. Pourtant, ils n’atteindront leur but qu’en renforçant le lien de leur âme avec sa source intérieure.
Lorsqu’une personne s’immerge dans la poussière du matérialisme et se laisse emporter par les préoccupations du corps, cela renforce la mort. Cela ajoute la peur à la peur.
Peu importe les efforts qu’une personne déploie pour ne plus avoir peur de la mort, elle n’y parviendra pas. La raison en est que toute son existence est plongée dans des domaines que la mort contrôle. C’est la mort qui détruit et anéantit tous ces domaines.
Comment le cœur d’une personne pourrait-il ne pas trembler à l’idée que la beauté se transforme en immondice, et que ce qu’elle chérissait devienne quelque chose de répugnant?
Lorsque la vie est dépourvue d’un but supérieur, la mort devient automatiquement terrifiante. Lutter contre la mort est vain. Le courage n’y changera rien.
Le remède ultime et véritable qui libérera le monde de l’esclavage de la mort est caché dans le trésor de la vie, dans l’âme de la Torah lorsqu’elle se révèle dans toute sa gloire.
De tels remèdes sont cachés dans l’endroit le plus sûr.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 1:486 ]
+ "L’Esprit de D. planait au-dessus des eaux" (Béréchit 1,2)
-> "L’Esprit de D." (roua'h Elokim) désigne l’âme humaine, qui doit planer au-dessus de "la surface des eaux" (al péné amayim), qui fait référence à la Torah.
Puis, "Hachem dit : "Que la lumière soit!"", ce qui signifie qu'Hachem illuminera alors la personne de la Lumière sainte de la Torah.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 13]
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-> Le midrach (Yalkout Chimoni - Béréchit 4) dit que cette phrase fait référence à l’esprit d’Adam et à l’esprit du machia'h.
En réalité, Adam (אדם), le premier homme, englobait toute l’humanité, et son nom est considéré comme l’acronyme de A(dam), D(avid), M(achia'h).
Le Baal Shem Tov ajoute ici que cet enseignement, qui s’appuie sur le verset évoquant le but de la Création, "Que la lumière soit", s’applique à chacun d’entre nous.
Chacun de nous peut apporter davantage de lumière dans sa propre vie, et par conséquent dans le monde, et faire partie du "machia'h", en se connectant à Hachem à travers Sa Torah.
L’honneur reçu fait perdre nos mérites futurs
+ L'honneur reçu fait perdre nos mérites futurs :
-> Le Yérouchalmi (Péa 8,6) rapporte que Rabbi Eliezer était un gabaï tsédaka qui accueillait des invités.
Lorsque ses invités le bénissaient et priaient pour lui, il disait que pour cette hospitalité, il ne recevrait pas de récompense. Lorsque d’autres invités l’humiliaient et le maudissaient, il disait que pour ces invités, il recevrait une récompense.
En effet, le séfer 'Hassidim (84) déclare : "Que ton cœur ne se réjouisse pas si les gens t’honorent, car selon l’honneur et le plaisir qu’une personne reçoit en ce monde pour ses actes, on lui enlève de ses mérites dans le monde à Venir."
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-> On demanda au 'Hafets 'Haim de prononcer le discours d’ouverture à la Knessia Guédola, mais il refusa. On lui a dit qu’en toute logique, il devrait être le premier à prendre la parole, puisqu’il était un Cohen et le plus âgé des sages du groupe.
"Je ne suis ni un rav, ni un roch yéchiva", répondit-il. "Je ne suis qu’un simple vendeur de séfarim (livres), mais je reçois beaucoup d’honneurs, et je crains qu’il ne me reste plus rien dans l’Olam Haba (monde à Venir). Laissez-moi un peu pour le monde à Venir, et cessez de m’honorer!"
-> On raconte qu’après le décès de rav Méir Shapiro, il apparut à l’un des directeurs de la yéchiva et lui révéla qu’au Ciel, l’accent n’était pas mis sur sa yéchiva 'Hakhmé Lublin ou sur sa fondation du Daf Yomi, mais sur le fait qu’il ait été humble et soumis.
Nous pouvons expliquer que, bien que ses réalisations prodigieuses aient certainement été notées au Ciel, la cour céleste examine d’abord s’il en a tiré de l’honneur et du plaisir, auquel cas il a peut-être déjà "mangé" son monde de son vivant.
-> A la fin de sa vie, le rav Elazar Ménachem Mann Shach demanda à quelqu’un : "Qu’emporterai-je avec moi en Olam Haba?"
La personne ne comprit pas la question. "Le rav viendra avec 70 ans d’enseignement de la Torah!" répondit-elle.
"Qu’emporterai-je avec moi au Olam Haba?" répéta le rav Shach.
"Le rav viendra avec les volumes de son Avi Ezri sur le Rambam", répondit la personne.
"Qu’emporterai-je avec moi dans l’Olam Haba?" demanda-t-il à nouveau.
"Je ne comprends pas la question", dit la personne.
"Pour toutes ces choses, j’ai déjà reçu des honneurs", dit le rav Shach, "et une mitsva pour laquelle on a été honoré est comme un ticket de bus usagé."
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-> Le 'Hafetz 'Haïm dut un jour se rendre à Moscou pour les besoins de sa yeshiva, et il écrivit une lettre à une de ses connaissances dans cette ville, le priant de ne pas faire connaître son arrivée, afin que les gens ne l’accueillent pas publiquement.
Plus tard, son hôte lui demanda pourquoi il empêchait ses nombreux admirateurs de gagner le mérite de lui rendre l’honneur dû à un sage de la Torah.
"Aimez-vous le kugel?" demanda le 'Hafetz 'Haim en réponse.
"Oui", répondit l’homme, surpris par la question.
"Votre femme prépare-t-elle du kugel pour le Shabbat?"
"Oui", répondit-il, de plus en plus perplexe.
"Et mangez-vous le kugel le soir du Shabbat?"
"Non", dit-il. "Je le mange le jour du Shabbat".
"Vous comprenez donc que cet honneur nous est également réservé dans le monde de la récompense", expliqua le 'Hafets Haim. "Si nous en jouissons dans ce monde, que nous restera-t-il dans le monde de l’éternité?"
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-> "Sachez que toute publicité autour d’une mitsva accomplie dissipe nos mérites.
C’est comme un billet de train déjà utilisé! …"
[Rav Chakh]
-> Qu'est-ce qu'une mitsva accomplie à la perfection?
Le rav Chakh disait souvent :
"[Il s'agit] d'une mitsva accomplie si discrètement qu'aucun de ceux qui sont là ne le sauront jamais.
Personne n'en sait rien, c'est là le mérite le plus grand, de loin plus élevé que celui de réunir des masses et de leur enseigner la Torah!
Car la sensation de "gloire" ou de tout autre plaisir escompté réduit considérablement la valeur d'un acte méritoire."
"Une mitsva doit être naki, propre, sans honneur, sans publicité.
Seul D. doit le savoir ...
Et il faut le faire pour Lui et pour rien d'autre ... c'est cela qui fait mériter la vie éternelle"
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-> Parfois, on a besoin de reprendre des forces dans notre service divin, et le regard positif d'autrui (en public) peut nous encourager, nous donner des forces pour repartir plus fort de l'avant dans notre relation personnelle avec Hachem.
Il est aussi nécessaire de faire des actes publiques afin d'impacter par l'exemple nos enfants. Notre comportement positif étant l'outil pédagogique le plus puissant.
-> Occasionnellement, il peut être utile de "composter" notre "billet de train" (mitsva) pour impacter positivement autrui :
- le fait que je donne en public (de l'argent, du temps, ...) va entraîner d'autres à donner ;
- le fait que je fasse publiquement une mitsva, va inciter d'autres à suivre l'exemple (ex: si lui il prie alors pourquoi pas moi!) ;
- partager la Torah à autrui ;
- ...
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-> Rabbi El'azar dit : Celui qui donne la tsédaka en cachette est plus grand que Moché Rabbénou.
[guémara Baba Batra 9b]
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-> Le Pélé Yoets explique que les actes et les conduites obéissant à la halakha peuvent être exécutés en public, mais ceux qui correspondent à des ajouts volontaires faits par piété doivent être accomplis dans la discrétion. Celui qui désire faire des 'houmrot doit le faire entre lui et lui-même, sans publicité.
-> S’appuyant sur le Zohar, le 'Hida écrit que, si quelqu’un publie ses bons actes, il reçoit ainsi sa récompense dans ce monde, tandis que, dans le suivant, il sera puni pour cela. Non seulement il ne recevra pas de récompense, mais en plus, il sera puni.
A l’inverse, celui qui cache ses bonnes actions, Hachem le protège et le cache, le mettant à l’abri des puissances impures, comme le souligne le verset : "Je veux ... suivre la droiture de mon cœur dans l’enceinte de ma maison ... Je déteste les agissements des pervers : rien de commun entre eux et moi" (Téhilim 101, 2-3).
Celui qui œuvre discrètement dans ce monde en sera grandement récompensé dans le suivant, en vertu de la promesse du verset : "Ah! Qu’elle est grande Ta bonté, que Tu tiens en réserve pour Tes adorateurs" (Téhilim 31,20).
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-> Le Sfat Emet résidait dans la ville de Gour où il étudiait la Torah jour et nuit et s'affairait au service d'Hachem. Il ne quittait jamais sa ville. Quand son épouse tomba malade, il voyagea avec elle à Vienne pour consulter les médecins.
Quand le Rav attendait le train dans la gare de Varsovie, ses disciples lui demandèrent de leur transmettre un enseignement avant de se séparer.
Alors le Sfat Emet leur dit : "On doit apprendre des enseignements pour le service Divin à partir de chaque chose. Mais que pouvons-nous apprendre du train?
La locomotive traîne, par la force de la vapeur, des dizaines de wagons, des centaines de personnes, des tonnes de marchandises. Mais d'où vient sa force? Quel est son secret?
Toute sa force vient du fait que la locomotive renferme en elle la vapeur sans la laisser s'échapper.
Il en est de même dans le Service d'Hachem. Plus une personne renferme en elle-même le feu de l'enthousiasme sans le laisser transparaître à l'extérieur, plus il recevra de la force et de la puissance dans le Service Divin!"