Aux délices de la Torah

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Dans la mesure où une personne se sanctifie, la Torah sera en mesure de l'élever et de l'amener aux plus hauts sommets. En revanche, si une personne étudie la Torah sans s'être d'abord sanctifiée, sa Torah donne de la force aux forces du mal.
Une indication à ce sujet peut être trouvée dans les lettres du mot תורה (Torah). Ces lettres sont précédées dans l'alphabet par les lettres qui composent le mot קדושה (kédoucha - sainteté).
La sainteté est une condition préalable à l'étude de la Torah. C'est pour cette raison que la toute première michna de Shass traite de la mitsva de réciter le Shéma, par lequel nous acceptons sur nous-mêmes le joug du Royaume des Cieux. Dans la mesure où une personne s'engage à respecter la royauté d'Hachem, dans la pureté de son corps et de son esprit, elle sera en mesure de s'élever grâce à l'étude de la Torah.

Le rav Naftali de Ropshitz (Zéra Kodech - Kédochim) ajoute qu'il y a 5 parties de la bouche utilisées pour prononcer les différentes lettres de l'alphabet hébraïques. Les lettres du mot קדושה utilisent les 5 parties de la bouche. Cela nous apprend qu'une personne doit sanctifier toutes les parties de sa bouche, de sorte que chaque mot soit prononcé avec sainteté. Ainsi, les mots de son étude de la Torah brilleront de perfection.
[rabbi David Abou'hatséra]

Le Ohr ha'Haïm haKadoch (Yitro 19,20) écrit que lorsque Hachem est descendu au mont Sinaï, la montagne entière est devenue vivante et s'est élevée de sa place vers la sainte Chékhina.

Si même une montagne inanimée peut être imprégnée d'une telle force vitale sainte provenant de la Torah, alors à plus forte raison un juif peut-il l'être lorsqu'il étudie la Torah.
[rabbi David Abou'hatséra]

Le rav 'Haïm Vital (Chaaré Kédoucha 3,5) compare l'âme à un arbre, dont les racines restent attachées à leur source, tandis que les branches s'étendent vers l'extérieur de l'arbre.
De même, les racines de l'âme restent attachées à leur source dans la lumière céleste, tandis que les branches de l'âme s'étendent dans ce monde pour habiter un corps physique.

"Quiconque rend visite à son rav est considéré comme s'il avait rendu visite à la Présence Divine (Chékhina)".
[guémara Yérouchalmi - Erouvin 5:1]

"Les 248 commandements positifs correspondent aux 248 membres (du corps humain), tandis que les 365 interdictions correspondent aux 365 tendons.
Par conséquent, toute la bonne fortune de l'homme est incluse dans les mitsvot, puisque grâce aux mitsvot, son corps tout entier est sanctifié."
[Alchikh haKadoch - Kohélet 12,13]

Les boîtes des tefillin peuvent être comparées à une chambre de sainteté, à l'intérieur de laquelle la Chékhina peut reposer sur nous. Les Noms d'Hachem écrits sur les parchemins des téfilins apportent un flux de sainteté sur une personne.
[Zohar, midrach Néelam, 'Hayé Sarah 129a]

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-> Rabbi David Abou'hatséra enseigne :
Nos Sages (guémara Ména'hot 44a) nous disent que le verset "Hachem est sur eux, ils vivront" (Yéchayahou 38,16) fait référence aux téfillin, qui sont une ségoula pour une longue vie.

Lorsqu'un juif met des tefillin, son corps devient comme le Temple (Beit haMikdach). C'est pourquoi le Zohar (midrach Néelam, 'Hayé Sarah 129a) affirme que le secret des téfillin se trouve dans le verset "Ils feront pour Moi un Mikdach" (Térouma 25,8).
Grâce aux tefillins, nous faisons un Mikdash pour Hachem dans ce monde inférieur.

De plus, lorsqu'un juif met les tefillin, il devient comme le Cohen Gadol, qui porte le Tsitz d'or sur son front.
Le Cohen Gadol devait toucher le Tsitz de temps en temps, afin de se rappeler le saint Nom qui reposait sur sa tête. Le Tsitz ne portait qu'un seul Nom saint, alors que les téfilin portent 21 fois le Nom de D. Havaya (הוי"ה) sur les tefillin des bras et 21 fois sur les téfilin de la tête. Il est donc d'autant plus important de nous rappeler constamment que nous sommes conscients de leur sainteté. [Rambam, Hilkhot Téfilin 4,14 ; Ména'hot 36b]

Une autre ségoula des téfilin est qu'ils remplissent le cœur de crainte d'Hachem, provoquant que l'on fait attention à éviter les fautes. Le Rambam (Hilkhot Téfilin 4,25) écrit ainsi : "Les téfilin ont une très grande sainteté. Tant qu'une personne porte les tefillin sur la tête et sur le bras, elle est humble et craint D., et n'est pas attirée par la légèreté ou les bavardages insensés. Il n'a pas de mauvaises pensées, mais il oriente son cœur vers la vérité et la droiture".

La véritable grandeur de l'homme (juif-ve) réside dans son âme sainte, qui vient des plus hauts lieux du Ciel.
Elle descend de dessous le Trône de Gloire jusqu'à ce monde matériel.
Dans ce monde, l'homme peut sembler être un simple être physique, mais la source de son âme au Ciel est plus élevée que celle des anges.
Les anges ont été créés pendant les 6 jours de la Création, tandis que les âmes des tsadikim ont été créées avant le premier jour. Nos Sages nous disent qu'avant de créer le monde, Hachem a pris conseil auprès des âmes des tsadikim. Le midrach (Béréchit rabba 8,7) dit : "Les âmes des tsadikim sont assises auprès du Roi des rois. Hachem a pris conseil auprès d'eux lorsqu'il a créé le monde".

Le corps de l'homme a également une grande sainteté.
Le Zohar (dans Pasa'h Eliyahou) déclare : "Tiféret goufa". Le corps même de l'homme donne de la splendeur à Hachem. De toutes les créations d'Hachem au Ciel et sur terre, seul l'homme a la capacité de sanctifier et d'élever le monde physique/matériel.
Même les anges ne comprennent pas la sainteté secrète qu'implique le fait de manger. C'est pourquoi, lorsqu'Avraham servit un repas à ses invités : 3 anges, "il se tint au-dessus d'eux" (Vayéra 19,8), ce qui signifie que pendant qu'ils mangeaient, il se tenait près d'eux et contemplait les kavanot qu'une personne doit avoir à l'esprit en mangeant. Puisque les anges étaient incapables d'avoir ces kavanot, Avraham devait le faire pour eux. [rabbi Zousha d'Anipoli]
[rabbi David Abou'hatséra]

Le sommeil

+ Le sommeil :

-> La place de l'âme, pour l'essentiel, est au Ciel. Lorsque nous dormons la nuit, la partie de notre âme qui existe dans ce monde retourne au Ciel, apportant avec elle les étincelles sacrées qu'elle a libérées tout au long de la journée.

Il arrive parfois qu'une personne accomplisse une mitsva, mais que, par ses fautes, elle gâche les étincelles saintes qu'elle a rassemblées. C'est pour cette raison qu'Hachem appelle nos âmes au Ciel chaque nuit. C'est là que nous devons enregistrer tout ce que nous avons fait ce jour-là et signer nos actes de notre nom. Les étincelles saintes qu'on a élevées ce jour-là sont renvoyées à leur source, de sorte que même si on faute le lendemain, les étincelles ne risquent pas d'être endommagées par notre péché.

Ceci est particulièrement vrai si on prend un moment avant de s'endormir pour faire téchouva pour les fautes de ce jour. On peut ainsi assurer l'ascension en toute sécurité des étincelles saintes qu'in a rectifiées ce jour-là.
[rabbi David Abou'hatséra]

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-> "Chaque soir, avant de s'endormir, une personne doit faire le compte de tout ce qu'elle a fait ce jour-là, faire téchouva et prier pour la miséricorde" (Zohar - Kora'h 178a).

-> Le Zohar ('Hayé Sarah 224a) affirme que lorsque le moment est venu pour l'âme d'une personne de monter au Ciel, elle "s'habille" avec les jours qu'elle a passés sur la Terre.
Ensuite, les jours qui ont été ternis (en ne servant pas correctement Hachem pendant ces jours) sont retirés du vêtement de l'âme. Si ces jours sont nombreux, l'âme n'a plus rien pour s'habiller dans le monde à Venir.

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-> Avant de t'endormir, allonge-toi dans la crainte, agité et tremblant devant la crainte du Créateur, béni soit-Il. Ainsi, tu ne commettras pas de faute, comme il est écrit : "Soyez agités et ne fautez pas" (Téhilim 4,5).
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 23 ]

-> Au moment de se coucher, il faut être agité (trembler) dans la crainte d'Hachem (Zohar III , 113b). C'est un moment propice à l'introspection et au bilan (Zohar III, 178b).

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+ La raison du sommeil :

-> Le rav Its'hak de Neshchiz enseigne, au nom du Baal Shem Tov :

Pourquoi les gens ont-ils besoin de dormir?

On peut répondre à cette question par l'exemple d'un prince qui part à la guerre. Avant son départ, son père, le roi, lui ordonne de ramener au château tout le butin qu'il aura pris sur le champ de bataille.
Plutôt que d'attendre d'avoir amassé un gros butin, il doit envoyer à la maison tout ce qu'il a capturé dès qu'il l'a obtenu.

Le prince demande à son père : "Ne vaudrait-il pas mieux que je ramène tout d'un seul coup? J'aurais beaucoup plus d'honneur si je rentrais avec un énorme trésor!".

Son père lui répond : "Non. Je crains que l'ennemi ne te domine et ne te reprenne tout ce que tu as. C'est pourquoi il vaut mieux que tu le renvoies chez toi dès que tu l'auras obtenu."

Le nimchal, c'est que chaque juif acquiert chaque jour beaucoup de Torah et de mitsvot. Lorsque nous nous endormons, notre âme monte au Ciel pour y stocker nos trésors dans un endroit protégé. Nous devons toujours nous inquiéter que le yétser ara puisse un jour nous dominer et prendre tout ce que nous avons. C'est pourquoi nous dormons chaque jour afin de renvoyer notre Torah et nos mitsvot "à la maison", de sorte que le yétser ara ne puisse pas nous les prendre.

C'est dans cet esprit que rav Its'hak de Neshchiz explique le midrach qui dit qu'avant le don de la Torah, le peuple juif dormait jusqu'à ce qu'Hachem vienne les réveiller. Pourquoi dormaient-ils à ce moment crucial?
Parce que les préparatifs pour recevoir la Torah ont créé une grande excitation spirituelle qu'ils avaient besoin de se protéger du yétser ara. Ils se sont endormis pour apporter tout ce qu'ils avaient déjà obtenu à Shomayim afin de le garder en sécurité.
[miGuédolé haTorah vé'Ha'hassidout - p.71 ]

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[on peut se demander si à l'image du fait qu'on doit éviter de trop exhiber nos richesses matérielles de peur de réveiller le ayin ara, de même est-ce qu'on doit dormir pour pouvoir cacher au Ciel nos richesses spirituelles afin de ne pas réveiller davantage d'accusations de notre yétser ara. (ex: ça à l'air d'être un juif simple, n'ayant pas beaucoup de biens spirituels, alors pourquoi trop m'acharner sur lui.) ]

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-> Le Ohr Ha'Haïm hakadoch (Vayé'hi 47,29) explique, d'après le Arizal, le verset suivant : "Les
jours d'Israël, Yaakov, approchant de leur terme" (Vayé'hi 47,29) :
Chaque juif a une âme (néchama) pure et divine qui est divisée en une multitude d'étincelles correspondant exactement au nombre de jours de la vie de l'homme dans ce monde ici-bas.
Ainsi, chaque jour de la vie d'un juif incarne précisément une de ces étincelles. L'homme a le devoir d'accomplir la réparation de chacune des étincelles de son âme par l'intermédiaire de l'étude de la Torah et de l'accomplissement des mitsvot jour après jour.
En agissant ainsi, il répare chaque jour l'étincelle relative à la journée en cours. Par contre, s'il ne s'affaire pas dans l'étude de la Torah et l'accomplissement des commandements une journée entière, que D. nous en préserve, l'étincelle de l'âme relative à ce jour est endommagée.

De plus, le Ohr ha'Haïm explique la raison pour laquelle Hachem créa le sommeil. Durant la nuit, l'étincelle d'âme de la journée passée s'élève et réintègre les mondes supérieurs.
C'est le secret des paroles de nos Sages : "Le sommeil représente 1/60 de la mort" (guémara Béra'hot 57b).
Hachem, dans Son infinie bonté, donne à l'homme l'opportunité de ne plus jamais risquer de détériorer cette étincelle spécifique qui a réintégré les mondes supérieurs, s'il faute les jours suivants, à D. ne plaise.
Aussi, il pourra en réaliser intégralement le tikoun si toutefois elle s'était détachée sans avoir été réparée entièrement, par une téchouva sincère et complète à n'importe quel moment de sa vie.

-> La source de cet enseignement se trouve dans le Arizal (Ets 'Haïm - chaar 26, pérek 1) qui nous enseigne que lorsque l'homme pratique les commandements, chaque jour, il répare l'étincelle de la journée reliée à son tsélem, son corps de lumière éternelle. C'est de cette façon que l'homme répare ses lévouchim qu'il revêtira au Gan Éden.
Chaque jour donne l'opportunité de réparer une étincelle bien précise et ceci est le sens profond de la venue de l'homme sur terre. Il devra réparer chacune des étincelles de son âme et retrouver sa dimension originelle.
Le Arizal explique quelques chapitres plus loin (Ets 'Haïm - chaar 49, perek 5) que les jours de la vie sont fixés en fonction de ce que l'homme doit compléter pour fabriquer son vêtement spirituel.

-> Nous pouvons à présent comprendre le verset du Shéma Israël que l'on récite avant de s'endormir : "Dans Ta main je confie mon âme" (béyadé'ha afkid rou'hi - Téhilim 31,6) = c'est-à-dire que nous déposons entre les mains d'Hachem l'étincelle de notre âme (néchama) de la journée que l'on vient de passer afin qu'elle puisse rester dans les mondes supérieurs auprès du Créateur jusqu'à la résurrection des morts.
Alors, se rassembleront toutes ces étincelles incarnant tous les jours de la vie de l'homme, qui furent réparées par la Torah et les mitsvot, et retourneront dans le corps pour le faire revivre.

-> Rabbi Its'hak Ayzik, élève et ami du Gaon de Vilna, nous décrit exactement ce processus dans son livre פתחי שערים.
D'après ceci, nous pouvons comprendre la première phrase que l'homme juif dit tous les matins : "Je suis reconnaissant devant toi, ô Roi vivant, d'avoir rendu en moi mon âme" (modé (moda) ani léfané'ha mélé'h 'haï vékayam ché'hézarti bi nichmati).
Hachem nous restitue chaque matin une étincelle nouvelle pour la journée à venir.
... En nos donnant une nouvelle étincelle d'âme, nous jouissons chaque matin d'une véritable résurrection des morts par la bonté divine. Il est très important de souligner le fait que l'étincelle de l'âme du jour étant neuve, elle n'a jamais accompli de mitsvot. Ainsi, chaque jour, l'étincelle de l'âme qui nous anime, va prier pour la première fois les trois prières quotidiennes, mettre les téfiline, lire le Shéma Israël et accomplir tous les commandements quotidiens.

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+ Quand l'homme dort, son âme tente de rejoindre sa source :

-> La nuit, pendant que l'homme dort, l'âme quitte le corps pour s'envoler vers les hautes sphères et contempler la Présence divine.
Cependant, ce privilège n'est accordé qu'à l'âme qui ne s'est pas rendue impure durant la journée ; elle seule pourra traverser sans encombre les «écorces» qui s'opposent à son ascension.

Heureux sont les tsadikim auxquels Hachem révèle Ses secrets dans leurs rêves nocturnes.
Malheur aux réchaïm qui rendent impure leur âme durant la journée, et la condamnent ainsi à errer durant toute la nuit entre les "écorces" (forces impures/du mal), sans pouvoir contempler la Présence divine.
[Zohar - Lé'h Lé'ha 83a]

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-> Mon maître (le Arizal) observait le front d'une personne après le coucher du soleil et déterminait les sujets sur lesquels son âme allait se pencher cette nuit-là une fois parvenue dans les cieux (pendant son sommeil).
Il demandait ensuite à cette personne de lire le verset de la Torah correspondant avant de s'endormir.
[rav 'Haïm Vital ]

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-> Lorsqu’une personne pure s’endort, son âme s’élève parmi les anges saints, qui lui révèlent un fragment de vérité.
[Zohar - 'Hayé Sarah 17 ]

"Dans la Torah, les Néviim et les Kétouvim, nous constatons que Shabbath est équivalent à toutes les mitsvot de la Torah."
[guémara Yérouchalmi Nédarim 3:9]

Prier avec kavana pour mériter l’aide d’Hachem

Nous disons dans le vidouï de Yom Kippour : "Il (le yétser ara) est de feu alors que je suis de chair et de sang, et je ne peux pas le vaincre".
Selon la profondeur et la sincérité de nos prières, nous méritons la force et l'assistance Divine dont nous avons besoin pour vaincre cet ennemi amer et en sortir victorieux.
Hachem éveille la sainteté de nos âmes, nous donnant la force dont nous avons besoin pour vaincre le yétser ara. Sinon, nous n'aurions aucune chance contre lui.
[rabbi David Abou'hatséra]

[en faisant nos prières avec un feu intérieur, nous méritons que Hachem illumine, donne de la force à notre âme pour vaincre notre yétser ara.]