Aux délices de la Torah

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Le niveau des dirigeants spirituels dépend du niveau du peuple

-> Le niveau spirituel d’une génération influe sur la stature d’un prophète.
Lorsque Moché se rendit en Égypte pour délivrer le peuple juif, il déclara qu’il était muet. Cependant, lorsque les juifs se tinrent au pied du mont Sinaï pour recevoir la Torah, le verset dit : "Et Moché parla" (Yitro 19,19), ce qui signifie que tous les juifs entendirent la voix de Moché, car il n’avait plus de trouble de la parole.
La capacité de Moché à parler clairement était le résultat du niveau spirituel élevé atteint par les Juifs au mont Sinaï.

De même, lorsque les juifs atteignirent le moment de leur rédemption, le Sifri écrit : "Lorsque Moché dit aux juifs qu’il était temps de quitter l’Égypte, sa voix fut entendue dans tout le pays, car les juifs avaient atteint un haut niveau de sainteté". C’est pourquoi, au départ, Moché dit à Hachem : "J’ai un trouble de la parole", ce qui indiquait sans doute que les juifs n’étaient pas dignes d’être délivrés.
[rav Yonathan Eibshitz - Ahavat Yéhonatan - Ekev ]

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-> Le niveau de sainteté d’un prophète est lié au niveau spirituel de la génération.
Le midrach rapporte que lorsque les juifs traversèrent la mer Rouge, les forces célestes s’interrogèrent sur la raison d’être du salut des juifs et de la noyade des égyptiens, car tous deux étaient des adorateurs d’idoles.
Le fait que Moché avait comme des lèvres fermées résultait du déclin spirituel des juifs.
C'est pourquoi Moché déclara : "Comment alors Pharaon m'écoutera-t-il, voyant que je suis muet?"
En d'autres termes : "Pharaon comprendra que mon trouble de la parole est le reflet du déclin spirituel des juifs, et de ce fait, ne voudra pas laisser partir les juifs".
[rav Yonathan Eibshitz - Néfech Yéhonatan - Chémot ]

-> Moché craignait tout autant de ne pas pouvoir persuader les juifs de vouloir partir. Il dit à Hachem :
"J'ai les lèvres fermées".
Pourquoi Moïse pensait-il que le fait d’avoir des difficultés à s’exprimer aurait un impact sur la confiance que les juifs lui accordaient et sur leur détermination à suivre ses instructions?
Les sommets spirituels du prophète sont liés aux sommets spirituels du peuple juif. Plus les juifs sont vertueux, plus grande sera la révélation émanant du prophète.
Moché craignait que lorsque les juifs verraient la difficulté de Moché à transmettre le message d'Hachem, ils y verraient le reflet de leur propre déclin spirituel et se sentiraient indignes d’être délivrés d’Égypte.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan Bo ]

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=> "Donnons de la force à Hachem" (ténou oz l'Elokim - Téhilim 68,35). Hachem attend et est dépendant (si l'on peut dire) nos actes d'être humain juif pour en résulter une force de pouvoir agir.
Mais également, par nos actions nous impactons les dirigeants spirituels de notre génération, leur permettant d'avoir un niveau encore plus élevé.

Commenter la Torah sans fondement

"Tu ne feras pas pour toi de forme gravée" (Yitro 20,4)

-> Bien que, selon le sens simple, ce verset fasse référence à l'idolâtrie, le Zohar explique qu'il peut également s'appliquer à celui qui veut délivrer un nouvel enseignement de la Torah qui n'a aucun fondement et qui ne s'appuie pas sur les paroles de nos maîtres.

Voici le langage du Zohar :
"Combien l'homme devra être méticuleux et prendre garde, lorsqu'il étudie la Torah de façon profonde, de ne pas se tromper dans son étude, ne pas dire que quelque chose est pur lorsque c'est impur ou, à l'inverse, que c'est impur lorsque c'est pur.
Il ne devra pas faire sortir de sa bouche des paroles de Torah qui n'ont aucun fondement chez nos maîtres ou qu'il n'a pas reçues lui-même de son maître. En effet, celui qui enseigne des paroles de Torah sans savoir leur source ou leur origine, sans les avoir reçues de son propre maître, il est écrit à son propos : "Tu ne feras pas pour toi de forme gravée".
En d'autres termes, ne te "sculpte" pas une nouvelle Torah."
[Merkavot Argaman al haTorah]

Produits laitiers à Shavouot

+ Produits laitiers à Shavouot :

=> Pour quelle raison y a-t-il une coutume de manger des plats lactés le jour de la fête de Chavouot ?

-> Le 'Hatam Sofer (drachot 'Hatam Sofer - Shavouot p.291) explique qu'à l'origine, Adam Harichon n'avait pas le droit de manger de la viande et ce n'est qu'à l'époque de Noa'h, après le déluge, lorsqu'il sortit de l'arche, qu'Hachem autorisa la consommation de la viande pour l'humanité.
En effet, il est écrit au sujet d'Adam : "Hachem ajouta : Je vous accorde tout herbage portant des graines, sur toute la surface de la terre, et tout arbre portant des fruits qui deviendront arbres par le développement du germe. Ce sera votre nourriture. Quant à tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui se meut sur la terre et possède une âme vivante, J'assigne toute verdure végétale pour nourriture. "Et il en fut ainsi" ." (Béréchit 1,29-30)

Rav enseigne qu'Adam n'avait pas le droit de consommer de la chair animale, mais seulement des végétaux, et cette interdiction concernait l'homme mais aussi les animaux de la terre. La soumission des animaux qui fut accordée l'homme ne concernait que le travail. (guémara Sanhédrin 59b)

Rachi (sur Béréchit 1,29) explique que les hommes et les animaux sont sur le même plan en ce qui concerne la nourriture. Ainsi, Adam et sa femme n'avaient pas le droit de faire mourir une créature pour manger sa chair. Ils mangeaient tous l'herbe des champs. C'est uniquement à l'époque de Noa'h et de ses enfants qu'Hachem permit de manger de la viande.

[nous apprenons d'ici que la totalité de la création, aussi bien les hommes que les animaux, tous étaient végétariens durant les premières générations de la création. En effet, le Arizal (Ets 'Haïm - chaar ט"ל - pérek 3) nous explique que les aliments contiennent des étincelles de sainteté que l'homme doit élever de la matérialité par le biais de la bénédiction et de sa consommation. Ces étincelles de sainteté retournent à leur source originelle dans les mondes supérieurs. Ce processus est primordial dans la réparation globale du monde.
Lorsqu'Adam pria pour que la pluie tombe et que les végétaux poussent, et lorsqu'il nomma les animaux, en leur attribuant un nom du côté laquelle, durant les premières générations jusqu'au déluge, les hommes ne consommaient pas de viande, car la réparation des étincelles de sainteté n'était pas nécessaire sur le règne animal dont la réparation avait déjà été effectuée par leur simple nomination.
Par la suite, tous les animaux se sont dégradés en s'accouplant avec d'autres espèces.
Le Arizal nous explique donc qu'il était permis de les tuer puis de les manger afin d'effectuer leur réparation. ]

-> Le 'Hatam Sofer poursuit son introduction en rapportant les enseignements du Arizal (haar aMitsvot - Ekev) :
"La finalité de la consommation de viande provenant d'un abattage kasher est d'élever les étincelles sacrées contenues dans la viande, du statut de l'animal à celui de l'homme. Ainsi, lorsque l'homme, après avoir consommé de la viande et reçu de la force, va étudier la Torah et servir Hachem, il élève à son tour les étincelles sacrées qui étaient contenues dans l'animal".

A présent, le 'Hatam Sofer nous révèle un grand 'hidouch : la réparation de la Création ne nécessitait pas de procéder à un abattage rituel sur les animaux pour manger leur chair. Il suffisait, pour apporter la réparation des étincelles de sainteté du règne animal, de consommer leur lait ou des plats lactés.
Toutefois, après la faute d'Adam et de la consommation de l'Arbre de la Connaissance du bien du mal, après que l'humanité et les animaux se furent pervertis, Hachem enclencha le Déluge.
Puis Il permit aux survivants, à Noa'h et ses enfants ainsi qu'aux générations à venir, de manger la chair de l'animal en procédant à un abattage rituel. Car la réparation du règne animal ne pouvait plus uniquement s'effectuer par la consommation de son lait mais en consommant sa chair.
Néanmoins, le jour du don de la Torah, avant la faute du Veau d'or, Israël est revenu à l'état d'Adam Harichon, antérieur à la faute originelle, comme cela est évoqué : "Le peuple juif a accepté la Torah uniquement pour que l'ange de la mort ne les domine plus" (Avoda Zara 5a).
Nos Sages (Shabbath 146b) nous enseignent qu'au moment du don de la Torah, le peuple d'Israël fut complètement épuré de la faute d'Adam le premier homme et lorsque Israël se tint face au mont Sinaï, la souillure de la faute originelle se retira.
Par conséquent, Hachem interdit à Israël de manger de la viande mais autorisa la consommation de plats lactés afin de rectifier toutes les étincelles de sainteté provenant du règne animal, comme ce fut le cas aux prémices de la création.
Toutefois, après la faute du Veau d'or, quand la mort reprit sa place dans le monde, Israël fut de nouveau autorisé à manger de la viande par abattage rituel car il n'était plus possible de réparer le règne animal sans en consommer sa chair.

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-> Ainsi, l'origine de la création, le règne animal ne nécessitait qu'une légère réparation qui pouvait s'effectuer par la consommation de produits issus de leur lait. Toutefois, à cause de la faute de l'Arbre de la Connaissance du bien et du mal, le dommage sur la création a augmenté, nécessitant un plus grand tikoun qui s'est matérialisé par la consommation de la chair de l'animal.
De ce fait, la consommation de la viande éveille la stricte rigueur de la faute de l'Arbre de la Connaissance tandis que la consommation des produits laitiers éveille le 'Hessed d'un monde plus élevé.

Ainsi, durant la fête de Shavouot, nous avons la coutume de manger des plats lactés afin de nous rappeler que la réalisation de la réparation de la faute originelle a déjà été opérée par la génération de la sortie d'Égypte lorsqu'ils ont reçu la Torah au mont Sinaï.
De fait, en consommant des plats lactés, nous nous rappelons l'ultime réparation qui est totalement symbolisée dans la réception de la Torah et dans l'acceptation du règne d'Hachem dans la création.
Ce devoir nous incombe, à nous, à chaque génération, jusqu'à ce qu'il soit totalement accompli, le plus rapidement possible. Amen.

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+ Quelques autres raisons de cette coutume consistant à manger des plats lactés le jour de la fête de Shavouot?

-> Le 'Hafets 'Haim (Michna Broura siman 494) écrit :
"J'ai entendu, au nom d'un grand homme, que la raison exacte de cette coutume est que lorsque les Bné Israël se sont tenus au mont Sinaï pour recevoir la Torah, ils sont redescendus ensuite de la montagne pour rejoindre leurs demeures et n'ont rien trouvé à manger immédiatement si ce n'est des plats lactés.
En effet, la viande nécessite de nombreuses préparations telles que l'abattage rituel à l'aide d'un couteau respectant les normes de la halakha, comme nous l'a ordonné Hachem. Il fallait ensuite retirer les graisses et le sang, nettoyer la viande et la saler, la cuire dans des ustensiles neufs car leurs anciens ustensiles étaient devenus interdits pour eux.
C'est la raison pour laquelle ils se sont adaptés au moment présent en choisissant de consommer des plats lactés et c'et ainsi que nous agissons, en ce souvenir."

Or, nos Sages ont enseigné que la Torah nous a été transmise le jour de Shabbat.
Puisqu'il en est ainsi, il est évident qu'il leur était interdit de procéder à un abattage rituel avec un couteau, d'extraire les graisses et de saler la viande pour ensuite la cuire.

L'Admour de Gour, écrit au nom du gaon rabbi Sim'ha Zissel :
"Bien que le don de la Torah eut lieu le jour de Shabbat, qui a dit que le peuple était redescendu de la montagne pour retrouver leurs demeures durant Shabbat? Peut-être ne sont-ils rentrés qu'à la sortie du Shabbat? Par conséquent, s'ils n'ont pas mangé de plats carnés, c'était uniquement à cause des lois de cacherout concernant leurs ustensiles et non pas à cause de la loi de Shabbath elle-même".

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-> Rabbi Tsadok haCohen de Lublin (Ressissé Laïla - ot 56) écrit que nous avons la coutume de consommer des plats lactés durant la fête de Shavouot car le lait est tété directement du sein de la mère.
En ce sens, le but premier du don de la Torah est de connaître Celui qui nous l'a donnée, car c'est à partir de Lui que nous "tétons" et puisons toute chose.

-> Dans le livre Kol Bo (siman 52), il est évoqué la coutume de consommer du miel et du lait en l'honneur de la Torah, le jour de Shavouot, car ils sont tous deux comparés à la Torah par le plus sage de tous les hommes, comme il est écrit : "Du miel et du lait sous ta langue" (Chir haChirim 4,11).
Nos Sages (Taanit 7a) nous enseigne que la Torah est comparée à trois sortes de liquides : l'eau, le vin et le lait. Ces trois catégories de liquides se conservent uniquement dans des ustensiles peu coûteux comme l'argile ou le bois, contrairement à des ustensiles en or ou en argent.
Le Zohar (Vayé'hi 240a) souligne également que la Torah est comparée au lait et au vin.
Ainsi, nous consommons des produits laitiers durant la fête afin de rappeler, par allusion, à l'homme, que tout celui qui désire acquérir la couronne de la Torah et la conserver se doit d'être humble.
[de même que ces 3 liquides se conservent dans les ustensiles les plus simples, il en est de même pour la Torah qui se conserve et se répand à travers les hommes les simples. ]

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-> Le Divré Yatsiv écrit que la raison pour laquelle nous avons l'habitude de consommer de la pâte avec du fromage le jour de Shavouot est parce que la Torah nous a été imposée lorsque nous étions menacés de mort sous la montagne (Shabbath 88a).
Finalement, la Torah a été acceptée de plein gré lorsque les enfants d'Israël ont ressenti le goût et la douceur de la Torah. D'après ceci, il convient d'expliquer cette coutume de manger toutes sortes de mets dont la pâte renferme, à l'intérieur, des produits laitiers et du miel.
En effet, au départ, nous ne ressentons pas la douceur mais c'est seulement lorsque nous mâchons que nous commençons à ressentir la douceur du goût qui est contenu à l'intérieur. Ceci est une allusion au don de la Torah.

-> Le Zohar (Emor 97b) demande pourquoi nous devons compter sept semaines durant le omer. Ceci afin de pouvoir mériter la purification par les eaux de bonté du fleuve de la Bina qui se déverseront sans interruption. Ces eaux sont appelées les "eaux de la vie" et il est évident que nous devons compter sept semaines pour pouvoir les mériter.

D'après ce passage du Zohar, le Magen Avraham explique que les sept semaines du compte du omer sont comparables aux sept jours de pureté que la femme effectue avant de retrouver son époux.
En outre, c'est à partir du sang utérin que la femme va pouvoir produire du lait pour allaiter son enfant, ce qui fait allusion aux mets lactés et aux mets carnés consommés en ce jour. Il s'agit ainsi de passer de la stricte rigueur à la Miséricorde et la coutume de nos ancêtres est considérée comme de la Torah.

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-> b'h, voir également : https://todahm.com/2015/06/23/pourquoi-est-il-de-coutume-de-manger-des-produits-laitiers-le-1er-jour-de-shavouot

La veillée de Shavouot

+ La veillée de Shavouot :

-> La nuit de Shavouot, on se consacrera à la Torah sans fermer l'œil. En effet, la particularité de l'étude de cette nuit-là, permet de mériter de nombreux bienfaits dans ce monde ici-bas ainsi que dans le monde à venir. On pourra mériter de devenir un érudit et d'avoir une descendance de Sages. ['Hemdat Yamim - Shavouot - chap.3]

-> Le Arizal (chaar hakavanot Shavouot 89a) explique que l'homme peut obtenir une protection particulière qui lui évitera tout dommage au point de lui assurer la vie jusqu'à la fin de l'année car s'il ne dort pas, son mazal ne dormira pas non plus.
Son grand mérite préservera la Présence divine de l'exil. [Moéd léKol 'Haï - siman 8, ot.16]

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=> Comment les Bné Israël ont-ils pu s'endormir la veille du don de la Torah, quelques heures avant la rencontre sacrée entre l'homme et Hachem?

-> Le Ran (fin de Pessa'him) explique au nom du midrach, à propos de la mitsva du compte du Omer : "Lorsque Moche a déclaré au peuple : "Vous servirez D. sur cette montagne" (Chémot 3,12), le peuple d'Israël demanda à Moché : "A partir de quand devons-nous réaliser ce service divin?". Il leur répondit : "A la fin de 50 jours".
Chacun compta pour lui-même et c'est à partir d'ici que les Sages ont institué le compte du Omer."

-> Le rabbi Israël de Koznitz (Avodat Israël - Shavouot) écrit au nom de rabbi Lévi Its'hak de Berditchev :
"Que D. nous préserve de penser que ce peuple saint ait pu s'endormir cette nuit-là dans un élan de fainéantise, emprisonné par le sommeil en ce jour exceptionnel. En effet, ils savaient parfaitement que Hachem devait leur transmettre Sa Torah.
Il faut donc expliquer que leur intention était au Nom du Ciel car depuis le 2e jour du mois de Nissan, ils avaient intensifié leurs préparatifs pour recevoir la Torah et y avaient investi toutes leurs forces et leurs pensées saintes, à tel point que la fatigue s'empara d'eux.
C'est à ce moment-là qu'ils ont eu peur de recevoir la Torah dans un état de fatigue qui n'était pas convenable. C'est la raison pour laquelle ils ont donné la possibilité à leurs paupières de se fermer pour récupérer leurs forces, afin de renouveler leur énergie et se renforcer dans leur esprit, afin de recevoir la
Torah."

=> D'après cela, comment expliquer la nécessité de procéder à une réparation en restant éveillé durant toute la nuit de la fête?

-> Le Yisma'h Israël (Bamidbar ot.1 & sur Shavouot ot.17) répond que c'est Hachem lui-même qui a délibérément endormi Israël et ceci dans le but que le peuple d'Israël n'en vienne pas à croire qu'il était parfaitement prêt et apte à recevoir ce cadeau du Ciel si précieux.
C'est par l'intermédiaire de cette veillée consacrée à l'étude, et réalisée dans l'effort, que le peuple juif se prépare avec un cœur brisé et avec humilité à recevoir la Torah, comme l'ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie : "Un homme doit toujours apprendre des attributs du Créateur, Hachem, qui a délaissé toutes les montagnes et les vallées pour résider sur le mont Sinaï" (Sotah 5a)
En effet, après Roch 'Hodech, ils se sont rapprochés du mont Sinaï dans une totale unité et d'un seul cœur.
Il aurait pu venir à l'esprit de quelques juifs la croyance qu'ils étaient prêts à recevoir la Torah. Ainsi, Hachem a voulu leur montrer que tout le service divin de l'homme ne peut se maintenir sans l'aide divine et que l'homme doit toujours être dans l'effort de sa préparation, afin de constater que tout ce qu'il reçoit est le fruit d'un cadeau céleste.

Avoir de bons juges

"Vous établirez pour vous des juges et des représentants de la loi dans toutes vos portes ... et ils jugeront le peuple avec droiture" (Choftim 16,18)

-> Un juge doit s’efforcer de rendre un jugement qui soit absolument juste, pour l’amour du Ciel, et exempt de toute autre motivation (ex: son honneur personnel).
Nos Sages (voir Yébamot 109b) disent que lorsqu’un juge siège pour rendre la justice, l’ange de la mort et le Guéhinam se trouvent à sa gauche, tandis que la Chékhina et le Gan Eden se trouvent à sa droite.
Celui qui rend un jugement véridique renforce le côté de la sainteté, qui est la vérité, et détruit le côté de l’impureté, qui est le mensonge.
S’il fait le contraire, ce qui arrive malheureusement en raison de nos nombreuses fautes, il donne au mensonge des appuis sur lesquels se tenir et il renforce la sitra a'hara (force du mal).
En revanche, celui qui rend un jugement véridique hâte la rédemption (guéoula), comme le dit le verset : "Observez la justice et accomplissez [des actes de] droiture, car mon salut est sur le point de venir" (Yéchayahou 56,1), et "Sion sera rachetée par la justice" (Yéchayahou 1,27).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayé'hi 49,16-18]

L’état d’esprit d’un homme libre

La différence entre un esclave et une personne libre n’est pas seulement une question de statut ...
On trouve un esclave intelligent dont l’esprit est plein de liberté, tout comme l’inverse, une personne libre avec l’esprit d’un esclave.
La [véritable] nature de la liberté est cet esprit édifiant qui élève l’individu et la nation tout entière pour qu’ils soient fidèles à leur essence et à leur force intérieures, ainsi qu’au cœur de leur âme avec son image Divine.
Avec ce [type de liberté], il est possible de sentir que sa vie a un sens et qu’elle a une valeur égale à celle de toutes les autres. Cela ne peut être vécu par celui qui a l’esprit d’un esclave.
[rav Avraham Its'hak HaCohen Kook - Maamaré Haraaya - vol.1, p.157 ]

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-> Il existe des hommes libres dotés d’un esprit d’esclave, et des esclaves dont l’esprit est plein de liberté. Celui qui est fidèle à son moi intérieur est un homme libre, tandis que celui dont toute la vie n’est qu’une mise en scène de ce qui est bon et beau aux yeux des autres est un esclave.
[Kook - Maamaré Haraaya - vol.1, p.157 ]

Pessa’h = la naissance du peuple juif

+ Pessa'h = la naissance du peuple juif :

-> Le rav Its'hak 'Haver, fut un disciple du rav Ména'hem Mendel de Shklov, qui était un disciple du Gaon de Vilna.
Dans l'introduction de sa Haggada Yad Mitsraïm, il présente une idée du Arizal : le séjour du peuple juif en Egypte fut analogue à une gestation, une période d'incubation, durant laquelle le peuple juif, le fœtus, se développa et attendit d'émerger en tant que nation.
L'Egypte couvait, pour ainsi dire, le peuple juif. La sortie d'Égypte constitua la naissance de la nation juive.
Tout comme le monde renaît au printemps, le peuple juif naquit durant la période de la sortie d'Egypte.

L'Egypte est appelé par exemple : "la nudité de la terre" (érvat aarets - Mikets 42,9).
Pour quelle raison fut-il nécessaire que le peuple juif soit exilé dans un endroit aussi bas et sombre que l'Egypte?

Le rav 'Haver explique que l'Egypte fut choisie parce que la période que le peuple juif y passa correspondait à celle d'incubation du peuple juif, et pour qu'un embryon se développe correctement, il a besoin d'un endroit sombre et exigu.
Sa meilleure croissance a lieu dans un environnement que l'on peut décrire comme "révulsant" (ma'ous). L'Egypte correspondait parfaitement à ce modèle. Il n'y avait aucun endroit au monde qui soit spirituellement plus sombre que l'Égypte.

-> Le rav Its'hak 'Haver poursuit en expliquant que le temps que le peuple juif passa en Egypte peut se répartir en trois périodes distinctes.
1°/ La première période débuta lorsque Yaakov et ses fils émigrèrent de la terres d'Israël vers l'Egypte. Ils vécurent à Gochen, où ils s'occupaient de leurs animaux.
Tant que Yaakov Avinou et les tribus (chévatim) étaient encore en vie, le peuple juif ne fut pas asservi ; il séjournait simplement dans un pays étranger, comme le dit le verset : "vos descendants seront des étrangers dans un pays qui ne leur appartiendra pas (Lé'h Lé'ha 15,13).

2°/ La deuxième période commença après la mort de Lévi, le dernier des tribus (encore en vie). Pharaon mit le peuple juif au travail, le réduisant finalement à l'esclavage, comme l'avait annoncé Hachem à Avraham, "et ils les serviront" (vaavadoum - Lé'h Lé'ha 15,13).

3°/ La troisième période, la plus amère, débuta avec la naissance de Myriam, qui est liée au mot מר (mar - amer). Cette période dura 86 ans pendant laquelle l'esclavage s'intensifia et le peuple d'Israël connut le "ko'hi ha'hiboud" (la dureté de l'esclavage).

Le rav Its'hak 'Haver illustre comment ces trois périodes coïncident et s'apparentent aux trois trimestres de la gestation.

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+ Les 3 trimestres :

-> Pendant le premier trimestre, le bébé en développement est complètement caché du monde extérieur. Le fœtus n'est pas reconnaissable et on ne voit pas que la femme attend un enfant.
De même, lorsque les Bné Israël descendirent en Égypte, Yaakov vint avec ses fils, les Chévatim, et ils furent traités royalement. Ainsi, leur futur esclavage était encore imprévisible; ils étaient simplement des étrangers dans un pays étranger et n'étaient pas esclaves.

Au cours du deuxième trimestre, l'état de la femme commence à être perceptible et il est évident qu'un bébé est en route. De même, nouveau roi s'éleva sur l'Égypte (Chémot 1,8). La mère d'accueil, Mitsraïm (l'Egypte), commença à contraindre le peuple juif à travailler.
L'asservissement débuta, et il devint évident qu'ils étaient en exil (galout).

Enfin, au cours du troisième trimestre, le bébé grandit, le moment de l'accouchement approche et le travail doit commencer. Les douleurs de l'accouchement sont une indication que la naissance de l'enfant est imminente.
De même, le troisième trimestre pour le peuple juif commença avec la naissance de Myriam. C'est à ce moment-là que l'esclavage s'intensifia. Les conditions de vie du peuple juif devinrent de plus en plus difficiles, et les Égyptiens pensèrent que les Bné Israël resteraient esclaves pour toujours, alors qu'en réalité, c'était exactement le contraire.

L'esclavage devint plus difficile et s'intensifia. Cette situation accéléra le moment de la sortie d'Egypte et donc de sa naissance en tant que nation.

Le rav Its'hak 'Haver affirme que les 210 ans en Egypte constituent la période de gestation du peuple juif.
Le travail et l'accouchement du peuple juif commencèrent la nuit de Pessa'h, lorsque Hachem frappa les premiers-nés, et durèrent jusqu'au septième jour de Pessa'h à l'ouverture de la mer Rouge.

[selon le Séder Olam (raba 3), Lévi survécut à tous les autres Chévatim, et à sa mort l'esclavage débuta pour une durée de 117 ans.
Par ailleurs, l'esclavage très difficile n'a commencé qu'à la naissance de Myriam, soit 86 ans avant la sortie d'Egypte. ]

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+ La plaie des premiers-nés = l'intervention personnelle d'Hachem :

-> Hachem dit au peuple juif : "Je traverserai le pays d'Egypte cette nuit-là, et Je tuerai tous les premiers-nés du pays d'Egypte, et sur tous les dieux d'Egypte J'exécuterai des jugements, Je suis Hachem" (Bo 12,12).

Pourquoi était-il si important que Hachem accomplisse tout cela Lui-même, sans avoir recourt à un ange?

Le rav Its'hak 'Haver explique, en s'appuyant sur une guémara (Taanit 32a), qu'il existe trois clés dont Hachem garde le contrôle et qu'Il ne les confie à aucun émissaire. Ce sont:
- la clé de la pluie, car seul Hachem fait pleuvoir, aucun ange ne peut faire pleuvoir ;
- la clé de la résurrection des morts ;
- la clé de la vie, c'est-à-dire de l'accouchement.
Les médecins essaient de prédire quand un bébé naîtra, mais seul le Maître du monde tourne la clé pour permettre la naissance. La sortie d'Egypte fut la naissance du peuple juif, une chose dont seul Hachem détient la clé. Ainsi, cette tâche était réservée à Hachem Lui-même. Ce n'était pas une mission pouvant être remplie par un ange.

-> Le verset rapporte : "et il y eut un grand cri en Egypte" (Bo 12,30).
En fait, il était si fort que le verset affirme : "il y aura un grand cri dans tout le pays d'Egypte, tel qu'il n'y en a jamais eu et tel qu'il n'y en aura plus jamais" (Bo 11,6).
Lorsque Hachem tua les premiers-nés des égyptiens, il y eut un cri comme on n'en avait jamais entendu auparavant et qu'on n'en entendra plus jamais. Pourquoi ce cri est-il sans précédent dans toute 'Histoire?

Selon le rav Its'hak 'Haver, personne ne crie plus fort qu'une femme en travail (à l'accouchement). Mais qu'en est-il de ce cri s'il s'agit de la naissance d'une nation entière?
Ce serait un cri sans précédent! C'est ce qui se passa la nuit de Pessa'h

Il est dit : "et quelle divinité entreprit jamais d'aller se chercher miraculeusement un peuple au milieu d'un autre peuple" (Vaét'hana 4,34).
Hachem fit sortir le peuple juif de la matrice d'Egypte ; ce fut un travail et un accouchement sans précédent, et par conséquent, cela donna lieu à un cri sans précédent.

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-> Le rav Its'hak 'Haver (Haggada Yad Mitsraïm) aborde le concept selon lequel le peuple juif est né au moment de la sortie d'Egypte, pour expliquer la raison pour laquelle l'interdiction du 'hamets est si stricte.

Le 'Hamets et la matsa (חמץ et מצה) sont deux mots essentiellement composés des mêmes lettres. Ils ont chacun un mem et un tsadi.
La seule différence est que le 'hamets comprend un 'het, tandis que la matsa a un hé. La différence entre un 'het (ח) et un hé (ה) est la petite ouverture sur le côté gauche.

Jusqu'à notre départ d'Égypte, ce pays était fermé, ce qui est symbolisé par le 'het, qui est fermé.
[par exemple, sur le fait que l'Egypte était fermée : https://todahm.com/2016/03/12/49445 ]

La sortie d'Egypte constitua la naissance, et l'ouverte présente le l'ouverture qui permit la naissance du peuple juif.
Pour cette raison, à Pessa'h, nous ne pouvons pas consommer de 'hamets. Nous mangeons de la matsa pour signifier que c'est le moment de notre naissance.
Nous devons être extrêmement prudents et vigilants pour nous éloigner même de la plus petite quantité de 'hamets, afin de nous assurer que l'ouverture du hé de la matsa permettra notre sortie d'Égypte.
Cette mesure est essentielle pour que le peuple juif puisse quitter le ventre de l'Egypte et accéder à la liberté.

Nous devons donc nous tenir à distance du 'hamets d'une manière qui est inédite en ce qui concerne les autres aliments interdits. Le 'hamets symbolise un utérus scellé duquel nous ne pouvons pas nous échapper. Nous prenons donc toutes les précautions possibles pour éviter de rester enfermés dans la matrice spirituelle d'Égypte (nous n'en voulons pas même une seule miette de cette mauvaise influence).

C’est le pain de l’affliction (ha la’hma aniya)

+ "C'est le pain de l'affliction" (ha la'hma aniya) :

-> Ce passage soulève une question fondamentale : si toute la Haggada est écrite en Lachon HaKodech (en hébreu), pourquoi ce passage est-il écrit en araméen?

Le Zohar nous enseigne que le mot haggada implique la révélation de significations cachées.

Le passage d'ouverture (ha la'hma aniya) est écrit en araméen, tout comme le Kadich, qui est récité en araméen. Le Kadich a le pouvoir de briser les forces puissantes de la sitra a'hara (forces du mal) et de les soumettre. Les klipot (forces extérieures représentant le mal) comprennent l'araméen. Lorsqu'elles entendent les louanges que le Kadich adresse à Hachem et à Son Saint Nom, elles sont immédiatement maîtrisées.

C'est pourquoi le Kadich est récité à chaque transition dans nos prières, lorsque nous passons d'un monde kabalistique à un autre (les quatre mondes : Atsilout, Yétsira, Béria et Assiya correspondent tous à différentes sections de Cha'harit, et à chaque transition de monde, le Kadich est récité) dans le but de soumettre les klipot et de les empêcher de prendre pied dans le monde supérieur et de s'élever ainsi au niveau suivant.

Le même principe s'applique dans le sens inverse, lorsque l'abondance céleste descend dans le monde. Nous récitons le Kadich après la Amida lorsque nous commençons notre descente avec l'abondance fournie par le Ciel. [la prière suit une progression jusqu'à un pic dans la Amida où nous sommes dans le monde céleste le plus élevé, en tête à tête avec Hachem (même les anges n'y ont pas accès), puis ensuite nous faisons le voyage inverse pour retourner dans ce monde. ]
Lorsque nous passons d'un monde à l'autre dans les deux sens, le Kadich empêche les klipot de prendre pied.

La nuit de Pessa'h commence par la prière d'Arvit suivi du Hallel, moment où nous avons le privilège de recevoir une conscience mentale supérieure (mo'hin).
Lorsque nous terminons nos prières et quittons la synagogue, ces mo'hin s'en vont, pour revenir lorsque nous commençons la Haggada. Il est alors impératif de réciter un passage en araméen afin de briser le pouvoir des forces extérieures, de les soumettre et de les annuler, de la même manière que nous annulons notre 'hamets.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra (Abir Yaakov 367) dit que l'élimination du 'hamets est associée à une destruction des forces mauvaises et impures. ]
Nous devons nous assurer que les forces du mal ne s'attachent pas à ces illuminations (liées au séder de Pessa'h).

A mon humble avis, ce n'est pas une simple coïncidence si le paragraphe הא לחמא עניא contient 28 mots araméens. [le paragraphe contient en réalité 31 mots, mais les deux derniers mots : "bné 'horin" sont en hébreu, et le mot די (di) est utilisé pour une autre dérivation, comme nous allons le voir]
Le Kadich contient également 28 mots, commençant par "amen yéhé chémé" jusqu'à "daamiran béalma". [la guématria de koa'h (force - כח) est de 28]
De plus le mot די (de [ha la'hma aniya] di]) a une valeur numérique de 14. Les 14 ajoutés aux 28 autres mots araméens donnent un total de 42, la valeur numérique de l'un des noms développés d'Hachem.
Ce nom est invoqué pour soumettre les forces du mal qui tentent de s'emparer des mo'hin de niveau supérieur que nous recherchons.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé haSerad ]

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-> "C'est le pain de l'affliction que nos pères ont mangé dans le pays d'Égypte. Que celui qui a faim vienne et mange" (ha la'hma aniya di a'halou ...)

-> Le Arizal explique que la sortie d'Egypte a rectifié les étincelles impures d'Adam HaRichon qui ont été produites (involontairement) lorsqu'il s'est séparé de sa femme pendant 130 ans, jeûnant et s'affligeant dans un effort pour se repentir de sa faute.
Des âmes saintes étaient incrustées dans ces étincelles impures, ainsi que des forces maléfiques (klipot). Ces âmes sont entrées dans le monde pendant la génération du Déluge, mais en raison des fautes de cette époque, elles n'ont pas été rectifiées et séparées des étincelles. Elles sont réapparues à la génération de la Dispersion (tour de Bavél), et une fois de plus, elles n'ont pas été rectifiées.
Elles sont retournées à Sodome et la même chose s'est produite.

Elles sont revenues vers le peuple juif en Egypte, et grâce à l'esclavage lourd et difficile, elles ont été purifiées et rectifiées.
Le mot עני (la matsa est appelé : lé'hem oni - pain de la pauvreté) a une valeur numérique de 130, correspondant aux 130 années pendant lesquelles Adam Harichon s'est repenti.
Le mot לחם (lé'hem - pain) a une valeur trois fois supérieure au nom Havaya (26 x 3 = 72).
Ces âmes saintes sont imprégnées du nom divin Havaya (יהוה) ; cependant, elles se sont mélangées aux klipot décrites comme le lieu "עני".
Ainsi, l'expression הא לחמא עניא fait référence aux étincelles saintes imprégnées de divinité Havaya qui sont tombées dans le lieu "עני", les klipot.
Au début du Séder, nous levons la matsa et nous précisons quand même que ce même est "עני" (la'hma aniya en araméen) pour clarifier le fait que ces étincelles ont été rectifiées en Egypte.

-> Pourquoi déclarons-nous que nos ancêtres ont mangé le pain en Egypte alors qu'en réalité ils ne l'ont mangé qu'après avoir quitté l'Égypte?
Ce que nos ancêtres ont mangé fait référence au travail difficile qu'ils ont enduré pendant leur séjour en Egypte. Les âmes se sont incarnées en Égypte et nos ancêtres en Égypte les ont rectifiées à travers l'esclavage.
Pessa'h, la fête des matsot, est une rectification annuelle au cours de laquelle les klipot sont maîtrisées et les âmes [juives] purifiées. Nous commençons par un passage en araméen afin d'éveiller le pouvoir de la sainteté et de maîtriser les klipot.

Les âmes ont totalement émergé de ces forces maléfiques au moment de la sortie d'Egypte ; ce phénomène se répète chaque année à Pessah.

Le contrôle que les klipot exerçaient sur les âmes variait en fonction de la profondeur de l'immersion de l'âme dans la faute. Certaines étaient dominées par les klipot sans y être complètement immergées, tandis que d'autres y étaient complètement immergées.

Celles qui sont totalement immergées ont soif de sainteté, et nous nous adressons à elles en disant : "Que celui qui a faim vienne et mange".
Celles qui ne sont pas totalement immergées, qui savent ce qu'est la sainteté, nous les invitons à "venir célébrer [la joie de] Pessa'h avec nous".

Pour résumer, nous pouvons expliquer ce passage comme suit : c'est le pain (les âmes dans les étincelles d'Adam HaRichon qui se sont mélangées aux klipot, le lieu du עני) que nos ancêtres ont mangé (une référence au dur labeur lorsqu'ils ont été esclaves) et rectifié en Égypte.
Quiconque est tellement immergé dans les klipot qu'il a faim de sainteté peut venir manger avec nous ; quiconque est moins immergé peut venir célébrer la joie de la fête avec nous.
Cette nuit, comme lorsque nous avons quitté l'Égypte, ces étincelles sont rectifiées. Cette nuit, nous nous débarrassons de notre lien avec les klipot.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé haSerad ]

Mont Sinaï = don de l’âme juive

"Hachem prononça toutes ces paroles en disant" (Yitro 20,1)

-> Lorsque Hachem déclare : "Je suis Hachem ton D." (Yitro 20,2), les Bné Israël ont tremblé et leur âme (néchama) s'est envolée.
La Torah se présenta devant Hachem : "Maître de l'univers, souhaites-Tu me transmettre à des morts? Pourtant il est écrit : "Ce ne sont pas les morts qui loueront Hachem ni aucun de ceux qui sont descendus dans l'empire du silence!" (Téhilim 115,17).

-> Que fit Hachem? Il fit descendre la rosée de la résurrection des morts, comme il est écrit : "Tu fis ruisseler, ô D., une pluie bienfaisante ; ainsi Toi-même, Tu as restauré Ton héritage" (Téhilim 68,10).

-> D'autres opinions soutiennent que Moché Rabbénou s'est élevé dans les mondes Supérieurs, jusqu'au Trône de Gloire, pour faire redescendre, une à une, les âmes de tout Israël.

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=> Pourquoi les âmes des enfants d'Israël se sont-elles envolées pour finalement revenir et restituer la vie?

-> Le Zohar apporte la réponse suivante : jusqu'au don de la Torah au mont Sinaï, les Bné Israël possédaient des âmes identiques aux descendants de Noa'h et chacun d'entre eux était considéré comme un peuple à part. Ainsi, tout comme Israël, les nations avaient le même niveau de néchamot.
Dans ce cas, comment un juif peut-il prononcer la bénédiction du matin : "Béni sois-Tu Hachem, Roi de l'univers, de ne pas m'avoir fait non-juif"?
C'est la raison pour laquelle Hachem leur a retiré toutes leurs âmes, qui se sont envolées. Moché s'est alors élevé dans les mondes supérieurs pour les faire redescendre car il s'agissait d'âmes neuves, afin que chacun des Bné Israël puisse recevoir l'âme d'un juif.
C'est pourquoi Hachem a fait pleuvoir une rosée de la résurrection des morts.

Exiger le Temple

+ Exiger le Temple :

-> Trois fois par jour, nous récitons la Amida, nous demandons à Hachem de reconstruire Jérusalem : "vélirouchalayim ire''ha béra'hamim tachouv vétichkon béto'ha kaasser dibarta" (et à Jérusalem, Ta ville, puisses-Tu revenir dans Ta miséricorde, et puisses-Tu y reposer, comme Tu l'as dit).

Cela ne doit pas être considéré comme une simple demande, mais plutôt comme une exigence qu'Hachem tienne Sa promesse et reconstruise Jérusalem : "comme Tu l'as promis!" (kaacher dibarta). Nous disons à Hachem que nous voulons qu'Il tienne Sa promesse de reconstruire et de restaurer Tzion.

Rabbi 'Haïm Kanievsky cite un Yalkout Shimoni (Shmouël II remez 165) étonnant.
Ce midrach enseigne que la raison pour laquelle de nombreux soldats sont morts à l'époque du roi David est qu'ils n'ont pas exigé la construction du Temple.
Ces soldats, ajoute le midrach, n'avaient jamais vu le Temple (qui ne sera construit qu'après la mort du roi David), mais ils ont été blâmés pour ne pas avoir exigé sa construction, et ils l'ont payé de leur vie.

=> Nous devons tirer les leçons de ce récit et prendre la résolution d'exiger de tout cœur qu'Hachem reconstruise immédiatement le Temple.