Aux délices de la Torah

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La déprime du sacré

+ La déprime du sacré :

Très souvent, lorsqu'une personne qui vit sa vie avec enthousiasme s'approche d'un acte sacré, elle ressent soudain une fatigue et une lourdeur accablantes.
Comment se fait-il qu'elle soit pleine d'énergie lorsqu'il s'agit de choses profanes, et léthargique lorsqu'il s'agit du judaïsme et de la Torah?

Lorsqu'une personne entre en contact avec la sainteté, son âme se trouve dans un état d'illumination supérieure. Elle perçoit plus clairement ce qu'implique la perfection absolue.
En conséquence, la personne ressent ses propres limites et son néant, et éprouve de l'amertume à l'égard de l'acte saint ou de l'idéal qui a provoqué ces sentiments.
Par exemple, lorsqu'une personne s'assoit pour étudier la Torah, elle ressent les exigences d'Hachem en matière de moralité ; elle perçoit la grande responsabilité de l'homme ; elle comprend que chaque action de l'homme est imprégnée d'une importance de vie ou de mort.
En ouvrant le Talmud, elle sent qu'elle s'engage dans un projet si cosmique qu'il est au-dessus de ses forces. Cette personne est peinée et affaiblie par la profondeur insondable de la tâche.
[de même que Hachem est infini, lorsque notre âme fait face à l'expression de l'infinité du divin, elle a comme un vertige, une sorte de déprime paralysante en comprenant la grandeur infinie et éternelle de ce qu'elle s'apprête à faire (ex: étudier la Torah, faire une mitsva ... on impacte le monde, on est très proche et encore plus attaché avec Hachem, ... ) ]

Pourtant, ce sentiment est le fondement même de la téchouva. Toute personne qui se sent accablée lorsqu'elle s'approche des mitsvot et de l'étude de la Torah doit savoir que c'est le signe qu'elle est profondément liée à eux. Qu'il se réjouisse de son angoisse et qu'il aille de l'avant jusqu'à ce que sa douleur soit remplacée par un grand et saint plaisir.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 16,5]

Le masque du mal

+ Le masque du mal :

Il existe une élite de tsadikim qui perçoivent le monde entier sous un jour positif.
Ils voient le bien en toute chose. Dans la clarté de leur vision, ils voient comment le mal lui-même joue un rôle positif. Ils comprennent que le mal dans le monde est un écran qui tempère la lumière divine, afin qu'elle puisse illuminer le monde, mais le mal n'endommage ni ne détruit la lumière.
Ils comprennent que la lumière pure est bien trop grande pour que le monde puisse la contenir, et pourtant la lumière doit briller.
Par conséquent, il doit y avoir des écrans pour atténuer la lumière, et ces écrans sont le mal dans le monde et ses perpétrateurs.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 16,12]

Toute téchouva, même celle qui est motivée par la crainte d'une punition, découle en fin de compte du désir de s'unir à Hachem.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 16,8]

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-> En ce sens : "Chaque juif a son propre chemin vers la téchouva. Un téchouva standard, général, ne suffit pas. Chacun doit trouver la voie qui convient à son âme unique et à son rôle unique dans la vie."
[Orot haTéchouva 16,10]

Lorsqu'une personne est trop dure envers elle-même et ne s'attarde que sur le mal, elle risque de ne pas voir le bien dans sa vie, ce qui peut provoquer le désespoir.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 16,7]

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[sans se reposer sur nos lauriers, par moment on doit "saméa'h bé'helko" (se satisfaire de sa part, de son sort), apprécier les capacités, les moyens spirituels dont Hachem nous a dotés, et que nous devons exploiter au mieux.
Tout en étant sincère et honnête avec nous-même, cela permet de lutter contre notre yétser ara qui cherche constamment à nous attrister, en faisant que nous ne sommes jamais satisfaits de nous (on n'est pas saméa'h bé'helko), conduisant au désespoir et donc au laisser aller, à la faute, ... ]

Chaque âme [juive] possède une "facette" spécifique de la Torah qu'il est impossible de révéler par le biais d'une autre âme.
Seule cette âme peut révéler ces secrets. De plus, si cette âme ne les révèle pas, Hachem ne les révélera pas aux tsadikim.
[rabbi Avraham Azoulaï - 'Hessed léAvraham]

Un manque de plaisir dans l'étude de la Torah est le signe d'un défaut dans l'âme.
Dès qu'un juif pense à améliorer ce défaut (par la téchouva), la lumière naturelle et élevée de la sainteté de l'âme revient et brille, et la joie de la Torah se révèle.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 14,26]

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-> Dans la mesure où une personne a des pensées de téchouva avant d'étudier la Torah, que ce soit au sujet de son étude précédente, de ses actes ou de sa vie en général, son étude sera plus claire et remplie d'une plus grande compréhension.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 14,27]

-> Lorsqu'une personne fait téchouva par grand amour et reconnaissance claire d'Hachem, son étude de la Torah est doté par Hachem d'une profondeur et d'une fécondité que l'on ne peut trouver dans aucune autre étude.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 14,28]

Rien ne peut s’opposer à la prière

De même que rien ne peut s'opposer à la [force de la] téchouva, rien ne peut s'opposer à la prière ...

Bien qu'il y ait des barrières qui empêchent une prière [de monter au Ciel], la personne qui est confrontée à cela, mais qui continue à appeler Hachem, croyant fermement au pouvoir de la prière, pour elle toutes les barrières tomberont finalement.
Alors la lumière de la prière qui était étouffée par les barrières jaillira puissamment, avec une force exaltée, frayant des chemins à des myriades de prières qui étaient bloquées, tant ses prières que les prières de tous les peuples (à l'avantage du peuple juif et d'Hachem).
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 15,8]

La douleur naturelle qui brûle dans le cœur à la suite de l'expérience de la téchouva provient de la souffrance que l'âme ressent lorsqu'elle est restée statique, alors qu'elle aurait dû constamment s'élever de plus en plus haut, conformément à sa véritable nature.
Cependant, ce feu ardent peut se transformer en une flamme de grand amour remplie d'un plaisir élevé, lorsque l'âme trouvera la force de revenir à son objectif constant d'ascension.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 15,3 ]

Les mitsvot

+ Les mitsvot :

-> Il n'y a pas un seul aspect de notre vie qui ne soit pas régi par la Torah, pas un seul élément de notre existence qui ne soit pas affecté par la halakha (loi juive). L'observance des mitsvot est un système qui nous lie à Hachem dans tout ce que nous faisons. Les élèves du Baal Shem Tov enseignent que le terme "mitsva" est un dérivé de "tsavta" (lien, connexion).
L'accomplissement des mitsvot nous permet d'actualiser en permanence notre lien intime avec Hachem.

-> Le Zohar définit les "tariyag mitsvot" comme les tariyag pikoudin, les 613 commandements, mais aussi comme les tariyag itin, les 613 étsot, les 613 conseils.
Il s'agit de lignes directrices et de méthodes permettant de se connecter à Hachem.

-> Le Méor Enayim expliqué "cha'har mitsva, mitsva" (la récompense principale d'une mitsva est la mitsva elle-même - Pirké Avot 4,2). La connectivité spirituelle, le lien et l'attachement générés par la réalisation d'une mitsva sont sa propre "récompense".
Lorsque nous accomplissons une mitsva avec joie et vitalité, nous révélons la lumière, l'étincelle qu'elle contient.
L'engagement avec cette étincelle divine nous connecte à sa source divine. Notre connexion avec Hachem, est révélée, et c'est le bénéfice le plus grand et le plus joyeux que nous puissions recevoir.

Le mot pikoudin (de tariyag pikoudin) a la même racine et la même signification que pikadon (un dépôt) et fait référence à la lumière qui est déposée, cachée et latente dans chaque mitsva.
Loin d'être de simples "règles", les lois d'une mitsva nous permettent de vivre chaque aspect de notre vie avec la beauté, la joie et un lien avec la volonté d'Hachem.
Rabbi Na'hman de Breslev enseigne que la halakha (הלכה) est un acronyme de "הריעו ליהוה כל הארץ" (acclamez Hachem, toute la terre - ariou l'Hachem kol aarets - Téhilim 98,4), parce que la halakha nous enseigne et nous guide graduellement comment faire sortir de la lumière céleste, et avec elle, illuminer nos vies et la terre entière.

-> Nos Sages ont écrit dans le Zohar que le mot mitsva (מצוה) se compose des lettres du nom de D. (יהוה), en appliquant le système At-Bach.
[ le système de guématria At-Bach (א"ת ב"ש) permet d'échanger les lettres d'un mot : la 1ere lettre de l'alphabet (alef) est échangée avec la dernière (tav), la 2e lettre (bét) avec l’avant dernière (shin), … ]
Ainsi en l'appliquant au 2 premières lettres de mitsva (מצוה) : le mém se transforme en youd (י), et le tsadik en hé (ה). En l'ajoutant à l'autre moitié des lettres (וה), on obtient : יהוה.
Car lorsque nous réalisons une mitsva ... alors nous prenons sur nous quelque chose de très grand et de très puissant : Hachem notre D., notre Roi.
[à chaque mitsva nous nous attachons, nous recevons davantage de liens avec Hachem. ]
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

=> chaque mitsva est une occasion de décapsuler davantage de présence, de proximité d'Hachem en nous et dans le monde. Quel honneur et joie!

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-> b'h, également : Réflexions sur les mitsvot - se connecter à l'infini : https://todahm.com/2024/02/29/reflexions-sur-les-mitsvot-se-connecter-a-linfini

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-> Rabbi Avraham de Kalisk était une 'havrouta du Gaon de Vilna. A son retour de Mézéritch, il dit au Gaon de Vilna :
"La Torah est donnée à l'homme pour que nous puissions célébrer la vie en présence d'Hachem. Le Maître du monde veut que nous le connaissions de toutes les manières, dans tous les aspects de notre vie. Vé'haï bahem!"

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-> Nous devons rechercher Hachem dans les chemins sur lesquels Il nous guide, et de même dans tout ce que nous faisons [dans la vie], car en vérité, il n'y a rien dans le monde qui ne soit pas pour la gloire d'Hachem.
Par conséquent, toutes nos activités sont des actes de mitsva et de désir divin, et nous devrions rechercher Son nom en elles, en nous efforçant avec toute notre intelligence et tous nos pouvoirs de faire tout ce que nous faisons avec une perfection absolue.
[rav Avraham Kook - Moussar Avi'ha]

-> Selon le Sfat Emet : "Même dans les choses les plus matérielles et les plus banales se cache la volonté divine".
Nos activités les plus "non spirituelles", qu'il s'agisse de la lessive, des couches, de la cuisine, du nettoyage, des trajets quotidiens, du comptage de notre monnaie, .... sont des expressions de l'honneur d'Hachem (kevod Chamayim), car elles soutiennent les voies de Son monde, Sa demeure dans ce monde (dira ba'takhtonim).

-> Avant de dire ou de faire quoi que ce soit, une personne devrait dire : "Je veux donner [par cela] de la satisfaction (na'hat roua'h) à mon Créateur, qu'Il soit béni et exalté".
[Yessod véChorech haAvoda - chap.11]
[en reliant toutes nos actions à Hachem, à une occasion de se lier davantage à Lui, et à renforcer Sa présence dans le monde. ]

-> Nos Sages (dans la Pessikta - Vayikra 8,25) déclarent : "Il n'y a rien qu'Hachem ait créé qui ne comporte un élément de mitsva".
Chaque moment de la vie a un sens en soi. "Connaître Hachem dans toutes nos voies" signifie vivre avec conscience, en accédant à la force de vie divine présente dans les choses, en l'appréciant activement et en en profitant.

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-> "celui qui ne voit pas Hachem partout n'est pas capable de Le voir nulle part" [rabbi Mendel de Kotzk].

Chaque faute, même la plus petite transgression, suscite la haine d'une personne envers une créature, et grâce à la téchouva, l'amour reprend sa place.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 12,4]

-> Le rabbi Filber explique que la faute rompt l'harmonie entre l'individu et le monde, provoquant une division et un éloignement qui conduisent à l'animosité et à la haine.