Aux délices de la Torah

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L’importance du minyan

+ L'importance du minyan :

-> "Rabbi Yo'hanan enseigne que lorsqu'Hachem se rend dans une synagogue et n'y trouve pas 10 hommes, Il se met immédiatement en colère, comme il est écrit : "Pourquoi suis-Je venu sans qu'il n'y ait aucun homme? Pourquoi ai-Je appelé sans que nul ne réponde?" (Yéchayahou 50,2) [guémara Béra'hot 6b]

-> Le Tsor ha'Haïm (Emor) explique :
Nous apprenons de ce passage de Yéchayahou que si 10 hommes se réunissent, Hachem s'associe à leurs prières. Mais bien plus encore, la guémara rapporte : "Lorsque 10 hommes prient ensemble, la Présence divine les devance en venant avant même que tous ne soient arrivés" (Béra'hot 6a).

De plus, nous pouvons expliquer d'après un autre passage : "D'où apprenons-nous que Hachem prie?
Car il est écrit : "Je les amènerai vers Ma sainte montagne et Je les réjouirai dans la Maison de Ma prière" (Yéchayahou 56,7). Il n'est pas écrit : "la maison de leurs prières" mais plutôt "la maison de Ma prière".
D'ici, nous pouvons en déduire qu'Hachem, Lui-même, prie" (Béra'hot 7a).
Ceci nous permet de saisir pourquoi Hachem s'associe aux Bné Israël afin de prier avec eux.
[...]

Parce que le Maître de l'univers est miséricordieux, comme il est écrit : "Hachem est bon pour tous, Sa pitié s'étend à toutes Ses créatures" (Téhilim 145,9).
Il se rend à la synagogue afin de pouvoir déverser Son flux d'abondance à Ses enfants. Mais s'Il n'y trouve pas 10 juifs, il manquera un réceptacle pour déverser cette abondance de Miséricorde.
C'est la raison pour laquelle Il se met immédiatement en colère faute de pouvoir déverser l'abondance de bonté qu'Il a préparée à Ses enfants.

Tel est le sens de la guémara (Béra'hot 8a) : "Quelle est la signification de ce verset : "Quant à moi, ma prière est à Toi, Eternel, au moment propice" (Téhilim 69,14). Quand est donc ce moment propice? C'est lorsque vient le moment où la communauté se rassemble pour prier."

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-> Selon le Arizal (chaar hakavanot 4a), la synagogue est appelé "beit haknesset" qui signifie : la "maison du rassemblement". Cela nous avertit que ce lieu a le pouvoir de rassembler [bien plus facilement] l'abondance d'Hachem sur nous.

Roch Hachana est le Jour du Jugement, et le Satan accuse le peuple juif et présente ses fautes devant Hachem pour qu’Il les juge.
Ce jour-là, nous devons sonner le shofar, et les lèvres qui le font résonner doivent être pures. Sinon, cela reviendrait à dire qu’il n’y a ni prière ni son du shofar.
[en effet, tout comme la prière provenant d’une bouche impure ne monte pas vers le haut, de même le son du shofar produit par une bouche impure ne monte pas vers le haut (selon le Binat ha'Hotam).
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Béaaloté'ha 10,2-8]

Quand on récite la bénédiction "Qui nous a délivrés, nous et nos ancêtres", et qu’on croit que Hachem continue de nous délivrer encore aujourd’hui, on sera préservé de tout malheur.
[le rabbi d'Apt ]

La birkat Cohanim

-> Les bienfaits que nous recevons des bénédictions des Cohanim sont infinis.
Comme mentionné dans le Zohar (Vol.III, 147b) et les écrits du Arizal (Shaar HaKavanot 41b), lorsque les Cohanim récitent ces bénédictions, tous les mondes supérieurs sont pleinement rectifiés du début à la fin, et la bénédiction descend du plus haut de tous les mondes jusqu’au plus bas d’entre eux.
Comme nous le savons, le Kéter est la plus haute de toutes les Sefirot, tandis que le Malkhout est la plus basse d’entre elles.
Grâce aux bénédictions des Cohanim, la bénédiction descend de la source de toutes les bénédictions, qui est le Kéter, la Séfirah la plus élevée, jusqu’à atteindre la fin de toutes les Séfirot, qui est la Malkhout.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Nasso 6,23-27]

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[les séfirot sont : kéter, 'hokhma, bina, gédoula ['hessed], guévoura, tiféret, nétsa'h, hod, yessod, malkhout. ]

Lors du Séder de Pessa'h, le Maharal enseigne que la raison pour laquelle certains ont la coutume de porter un kittel, un habit blanc, et que certaines femmes ont pour coutume de porter des vêtements blancs, est de nous faire prendre davantage conscience du fait que, le soir du Seder, chacun d’entre nous atteint le rang de Cohen gadol. Nous ne nous contentons pas d’aspirer à ce rang, mais nous l’incarnons réellement!

Dans ses mots :
"[Le soir du séder de Pessa'h,] nous sommes tous à l'image du Cohen Gadol, qui pénétrait dans le saint des saints vêtu de blanc en raison des niveaux spirituels les plus élevés qu'il atteignait. Et "lél shimourim" (nuit du séder) est, sous cet aspect, semblable à Yom Kippour."
[Maharal - Guévourot Hachem 51 ]

La nuit de Pessa'h brille comme le soleil, avec une lumière céleste impressionnante et un potentiel spirituel.
Il faut donc être vigilant, car le yétser ara nous guette dans ces moments importants. Ne soyez pas critique, colérique ou dur avec les membres de votre famille ou avec "le personnel".
Heureux est l’homme sage qui prend soin d’investir cette avoda avec amour et patience.
['Hida - Avodat Hakodech - Moré b'Etsba 7:208 ]

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-> Un moment sublime et exalté tend paradoxalement à conduire les êtres humains vers une chute subséquente dans la katnout, la petitesse et la frustration. L’angoisse (même inconsciente) de se montrer à la hauteur d’une occasion spirituelle à venir, telle que la nuit du Séder, peut nous amener à être durs envers nous-mêmes et envers les autres.

[notre yétser ara a conscience de l'incroyable grandeur de ce moment, et il cherche à nous empêcher de recevoir le flux de bénédictions du Ciel, comme en nous poussant à s'énerver. ]

Monter spirituellement peut réveiller les forces du mal contre nous

+ Monter spirituellement peut réveiller les forces du mal contre nous :

"Dina, la fille que Léa avait enfantée à Yaakov, sortit pour faire connaissance avec les filles du pays. Chékhem, fils de 'Hamor ... vit [Dina, fille de Léa], il la prit, cohabita avec elle et lui fit violence" (Vayichla'h 34,1-2)

=> Pourquoi cela est-il arrivé à Yaakov précisément après qu’il eut atteint un tel niveau de perfection?
N’est-il pas écrit : "Aucune iniquité n’atteindra le juste (tsadik)" (Michlé 12,21) ?

-> Peut-être pouvons-nous l’expliquer ainsi : lorsque la sitra a'hara (force du mal) constate une augmentation de la sainteté, ce qui signifie que son propre pouvoir diminue et qu’elle est sur le point d’être anéantie, alors elle rassemble toutes ses forces. Elle porte accusation sur accusation, même pour la moindre infraction, dans l’espoir de trouver un moyen de frapper la sainteté et de la souiller, à D. ne plaise.

C’est par exemple ce qui s’est produit lorsque le peuple juif a reçu la Torah. La nation tout entière avait atteint un très haut niveau de sainteté et toute contamination spirituelle avait été éliminée (guémara Shabbat 146a).
La sitra a'hara était presque entièrement détruite, comme l’expliquent nos Sages (Erouvin 54a) à propos du verset (Ki Tissa 32,16) "gravé ('harout) sur les tables", lisez-le plutôt comme "libéré" ('hérout), car le peuple juif avait été libéré du yétser ara et de l’ange de la mort.

Lorsque la sitra a'hara vit qu’elle était sur le point d’être détruite, elle lança accusation après accusation, et tentation après tentation, jusqu’à ce que le Veau d’or soit formé et que la sainteté soit entachée.
La sitra a'hara se comporte toujours ainsi face à la sainteté.

De même, en ce qui concerne Yaakov Avinou.
Il venait de la maison de Lavan, bastion de l’impureté, et avait néanmoins conservé un niveau de sainteté extrême. Il arriva en état de perfection au pays de Canaan, et acquit une portion de la terre de 'Hamor pour le prix de 100 kessita (קשיטה), mot qui signifie "mérite".
En d’autres termes, Yaakov disposait de 100 mérites qu’il utilisa pour acquérir cette terre, un lieu qui était auparavant contrôlé par la sitra a'hara.
Auparavant, cette terre était certes un lieu saint, mais la sitra a'hara en avait pris le contrôle.

C’est pourquoi, dès que Yaakov l’acheta ... "il proclama : "Hachem, le D. d’Israël"(vayikra lo : El Eloké Israël - Vayichla'h 33,20). Nos Sages (Méguila 18a) expliquent ce verset : Yaakov atteignit un niveau si élevé qu'Hachem l’appela אל (El).
Yaakov, par ses bonnes actions (mitsvot), fit naître une augmentation de la sainteté. C’est pourquoi, par la plus infime ouverture que constituait "Dina sortit", la sitra a'hara trouva un moyen d’attaquer la sainteté et de la souiller.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayichla'h 34,1-2]

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=> lorsque l'on a pu faire des efforts et parvenir à de belles réussites spirituelles, il se peut qu'on ait des difficultés dans la vie. Notre yétser ara cherche à nous faire croire que c'est un signe que nous ne sommes pas aimés/importants aux yeux d'Hachem (ex: regarde ce que tes bonnes actions t'ont apporté comme galères, c'est qu'elles n'ont pas eu d'impact auprès d'Hachem, sinon pourquoi aurais-tu des difficultés en récompense? Alors diminue tes efforts spirituels, et kiff ta vie!).
Mais la réalité c'est qu'on a fait des choses magnifiques, qui vont rendre "jalouse" la force du mal, qui en désespoir de cause va chercher à nous nuire (pour nous perturber moralement).
[nos Sages disent également qu'après avoir fait de bonnes actions, cela apporte tellement de plaisir à Hachem qu'on soit maintenant plus proche de Lui et plus méritant, qu'Il va nous amener d'autres défis car Il a envie qu'on soit encore plus proche de Lui pour l'éternité. (D. ne nous envoie rien que nous ne soyons capables de surmonter). ]

Guéoula & mois de Nissan

Nos Sages (Roch Hachana 11a) nous enseignent que le peuple d’Israël a été délivré d’Egypte au mois de Nissan, et qu’il en sera de même pour la délivrance définitive, qui aura lieu au mois de Nissan.

Pourquoi avons-nous besoin de connaître le mois au cours duquel la Délivrance future aura lieu?
Il suffit que nous sachions avec certitude que la guéoula aura lieu.

Ici, nos Sages ont voulu nous enseigner que même si le mérite de la dernière génération est insuffisant pour justifier la guéoula, nous ne devons pas désespérer. Nous avons entre les mains le mérite supplémentaire de nos ancêtres qui ont été délivrés d’Égypte au mois de Nissan, ainsi que le mérite du mois de Nissan lui-même, qui est alors devenu un moment propice à la survenue de futurs miracles.

Tel est le sens du verset : "Comme aux jours où vous êtes sortis d’Égypte, je vous ferai voir des prodiges" (Mikha 7,15). Il ne dit pas simplement "comme lorsque vous êtes sortis d’Égypte", mais "aux jours où vous êtes sortis d’Égypte", nous enseignant qu’il y a un mérite particulier à ces jours.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Bidgé Hasrad]

A chaque nuit du (séder de) Pessa'h, nous séparons les forces de sainteté de la klipa (forces du mal), et les ajoutons à la force des Bné Israël.
C'est là le modèle même de la sortie d'Egypte. Et [Bilam] dit : "C'est D. qui les fait sortir" (au temps présent), car [il faisait référence] non seulement à la sortie d'Egypte originelle, mais au fait que chaque année, Hachem les fait sortir ("À chaque génération, une personne est obligée de se percevoir comme si elle avait quitté l'Égypte" - michna Pessa'him 10,5).
[Ohr Hachaim hakadoch - Balak 23,22 ]

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-> La descente de nos ancêtres dans l'exil d'Egypte, proclame le Zohar (196a), n’avait pour but que "de purifier et d’affiner les âmes du peuple d’Israël, afin qu’elles soient élevées spirituellement pour l’éternité".

-> Pessa'h (passa'h = Hachem est passé sur les maisons juives, ne tuant que les premiers -nés égyptiens) implique diloug (un bond), faisant allusion à notre capacité à bondir vers un niveau spirituel supérieur. En un éclair, nous atteignons un niveau qui nécessiterait normalement une longue période d’avoda.
En effet, à Pessah, de grandes forces agissent dans le domaine de la spiritualité et du potentiel humain ; lors du Seder, nous avons accès à une aide Divine particulière.
Tout comme Hachem a "sauté" par-dessus nos demeures (en Egypte), nous avons la possibilité de sauter par-dessus les niveaux où nous résidons habituellement.
[rav Yéhouda Mischel]

Pessa’h = un dévoilement d’Hachem

+ Pessa'h = un dévoilement d'Hachem :

-> Lors de la sortie d’Égypte, nous avons atteint le niveau le plus élevé de conscience de D. et avons été témoins de la Chékhina, la Présence divine.
Le rav Joseph B. Soloveitchik commente la Haggadah (sur "oubémora gadol, zo galouï Chékhina) : Chaque homme, chaque femme et chaque enfant du peuple d’Israël fait l’expérience de ce même niveau impressionnant de révélation [de la Chékhina] lors de la nuit du Seder.

Le rav Daniel Schreiber (Noraot haRav) cite le rav Soloveitchik :
"[Au moment de la sortie d'Egypte,] tout le monde, soudainement, pendant une minute ou une heure ... était sage, avisé, intelligent, sensible, et ressentait la Présence d'Hachem ...
La nuit du Séder, lorsque nous nous efforçons de nous voir vivre la sortie d'Egypte de nos propres yeux ... nous sommes initiés aux plus grands esprits sacrés ... et chaque juif est confronté au dévoilement de la Chékhina."

-> L'expérience impressionnante du dévoilement de la Chékhina est généralement réservée aux 'hakhamim (sages) et aux névonim (prophètes), ceux qui sont accomplis intellectuellement et spirituellement. Mais cette nuit-là, cette révélation de la Présence divine est accessible à nous tous.