Aux délices de la Torah

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L’aspect spirituel de la guerre de gog et magog

+ L'aspect spirituel de la guerre de gog et magog :

-> Au-delà de l'aspect d'une bataille physique, Gog et Magog sera un combat spirituel royal entre l'impureté et la pureté.
[ à l'image d'une flamme qui fait un dernier sursaut de lumière avant de s'éteindre, les forces d'impureté vont se déchaîner juste avant leur fin avec la venue du machia'h.
Nos Sages enseignent que lorsqu'il y a une bataille, bien qu'elle a lieu dans ce monde terrestre, en réalité l'essentiel se déroule au Ciel. En ce sens, lors de Gog et Magog, Hachem va détruire au Ciel l'ange responsable de chaque nation, et cela va permettre qu'elles soient détruites dans ce monde.]

-> Le rav Chatzkel Levenstein a répété une fois les paroles du 'Hafets 'Haïm au sujet d'à quel point sera terrifiante la 3e partie de la guerre de Gog et Magog : elle sera bien pire que les horreurs de l'holocauste, car selon le 'Hafets 'Haïm : la 2e partie sera comme un jeu d'enfant en comparaison de la 3e partie.
[selon le midrach (Téhilim 118), il y a 3 parties dans la guerre de Gog et Magog. Le Hafets 'Haïm les met en lien avec les guerres mondiales)]

Le rabbi Shalom Schwadron était là à ce moment, et il a remarqué que les auditeurs étaient vraiment terrifiés. Il a alors demandé au rav Levenstein : quel est le but de révéler cela? Quel avantage pouvait-il y avoir à effrayer si terriblement les auditeurs?

Le rav Chatzkel Levenstein a répondu qu'il a été mal compris :
le 'Hafets 'Haïm voulait signifier que la 3e guerre allait être très largement pire dans un sens spirituel.
[parmi toutes les batailles spirituelles, il donna l'exemple de celles liées à la émouna.
(en ce sens le rabbi Ezriel Tauber fait remarque que notre période précédant la venue du machia'h est appelée : 'hévlé machia'h (חבלי משיח), qui vient du mot : 'hévél (une corde - חבל).
En effet, juste avant l'arrivée du machia'h, Hachem va "secouer le monde", à l'image d'une corde (symbolisant la émouna, notre liaison à D.), et uniquement ceux qui y resteront attachés mériteront d'être sauvés.]

Le rav Chatzkel Levenstein explique que la raison pour laquelle il (ainsi que le 'Hafets 'Haïm) mentionne cela n'est pas pour semer la peur, mais plutôt pour nous faire prendre conscience des grands combats spirituels dont les juifs serons confrontés, afin que nous nous protégeons autant que possible.
[ex: à l'image du capitaine de l'avion de l'avion qui avertit de quelques turbulences avant l'arrivée à destination.
Cela doit nous faire dédramatiser les secousses, et toujours nous permettre de garder à l'esprit que c'est notre papa Hachem qui est aux commandes pour notre bien ultime.]

Le rav Levenstein concluait que cette seule connaissance doit nous motiver à faire téchouva, et à supplier pour une arriver rapide du machia'h.

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-> Nos Sages rapportent qu'il y aura 2 machia'h : machia'h ben Yossef et machia'h ben David, et que le machia'h ben Yossef pourra être tué.
[en ce sens, le Arizal dit que lorsque nous disons dans le "véliYérouchalayim Irkha", les mots "vékissé David avdékha mééra létokha takhin", nous sommes supposés avoir à l'esprit que le machia'h ben Yossef ne se fasse pas tuer.]

=> Pourquoi Hachem va-t-il faire qu'un machia'h se fasse tuer?

-> Le rav 'Haï Gaon et le rav Saadia Gaon répondent :
"Hachem veut nous donner une épreuve de émouna à l'époque du machia'h. Si le machia'h ben Yossef est tué, alors les gens se diront : "Vous voyez, le machia'h, que nous attendons depuis si longtemps a été tué!", et alors de nombreuses personnes ne surmonteront pas ce challenge."

=> Ceci est un exemple des épreuves que Hachem peut nous donner sur notre émouna à la venue du machia'h. Ainsi, lorsque nous avons des périodes de déception, où nous perdons espoir sur une guéoula proche, cela peut être un des tous derniers tests avant que le machia'h arrive.

Tout ne se passe que pour le peuple d’Israël

+ Tout ne se passe que pour le peuple d'Israël :

-> "Tout malheur qui arrive sur le monde n'arrive qu'en raison du peuple juif [afin qu'il ouvre les yeux et fasse téchouva], comme il est écrit : "J'ai anéanti des nations, leurs tours fortifiées sont en ruines ; j'ai dévasté leurs campagnes, qui ne voient plus de passants, leurs villes sont ravagées, abandonnées de tous, dépeuplées. Je disais : "Si seulement tu me craignais et acceptais une leçon!"" (Tséfania 3,6-7)"
[cela indique que les autres nations sont punies afin que les juifs en viennent à s'améliorer, à faire téchouva.]
[guémara Yébamot 63a]

[Selon Tséfania, Hachem amène des destructions et désolations sur les non-juifs comme une leçon de moussar d'Hachem pour Ses enfants adorés. En étant témoins de cela, les juifs renforcent leur conscience de la force infinie d'Hachem, ainsi qu'une crainte de la punition Divine et des comptes que nous aurons à rendre (si l'on ne fait pas téchouva).]

-> La guémara (Yébamot 63a) nous dit que "les familles du monde" sont bénies "bichvil Israël" (en raison d'Israël). De même, les malheurs viennent aussi dans le monde en raison des juifs ("bichvil Israël").
Le Sidouro chel Shabbath (5,4,3) explique que le mot "bichvil" est lié au terme : "chvil"(un chemin), et cela nous signifie que le chemin que prend le monde dépend du chemin que les juifs prennent.

-> "D. a arrangé les choses de telle sorte qu'on le craigne" (véaElokim assa, chéyir'ou milfanav - Kohélét 3,14).
Rachi commente que cela signifie que Hachem amène des catastrophes sur le monde ou effectue des changements inhabituels de la nature afin d'accroître la crainte du Ciel (yirat chamayim) chez les êtres humains.

-> Nos Sages expliquent cela par l'analogie d'un père qui punit son esclave devant son fils afin que son fils en vienne à se comporter comme il le faut.
Le père aime son fils intensément et ne souhaite pas le frapper [directement]. C'est pourquoi, il inflige une punition sévère en présence de son fils, mais sans frapper son fils.
De la même façon, Hachem amène une punition sur les nations du monde, afin que le peuple juif en prête attention et les pousse à s'améliorer.

-> "Des vents tu fais tes messagers; des flammes ardentes, tes ministres" (Téhilim 104,4)
Le 'Hafets 'Haïm explique que lorsque nous avions des prophètes, Hachem nous envoyait des messages de faire téchouva par leur biais, mais de nos jours, Hachem envoie des messages par "des vents et des flammes ardentes".

-> Le rav El'hanan Wasserman (maamar Daat Torah - ot zaïn) écrit :
Tant que nous avions des prophètes (névi'im), Hachem nous frappait et les prophètes nous en expliquaient qui se cachait derrière et le but de ce qu'Il nous fait. [à l'image d'un père qui ne frappe son enfant que si celui-ci sait qu'il le frappe et le pourquoi]
Actuellement, nous devons essayer de comprendre les messages d'Hachem par d'autres moyens.

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-> Le Smak (Séfer Mitsvot katan - mitsva 9) définit le verset : "Vous circoncirez l'excroissance de votre coeur" (oumaltem ét orlat lévav'hem - Ekev 10,16), comme étant une obligation positive de la Torah : celle d'aimer le moussar.
Cela inclut à la fois l'apprentissage réel du moussar et l'attention portée au moussar qui nous est dirigé : soit par d'autres personnes, soit par Hachem lui-même, comme par le biais d'événements mondiaux, ce que le rav Israël Salanter appelle : le "moussar chamayimi" (la réprimande céleste).
[ainsi, nous avons une mitsva de la Torah de prendre à cœur le 'moussar chamayimi' qu'Hachem nous transmet! ]

-> La guéoula est un processus à atteindre, et par exemple le midrach dit que la "voix d'Eliyahou haNavi" (kolo chel Eliyahou) qui arrivera avant le machia'h sera des circonstances effrayantes ou douloureuses (ex: tsunami, tremblement de terre, ...) dans un but de nous réveiller à Hachem (sortir du sommeil du train train de notre vie) pour que l'on soit prêt à cette nouvelle période du machia'h.
Le rav Moché Sorotzkin dit que nous sommes au courant de l'existence d'une "voix d'Eliyahou" (kolo chel Eliyahou), mais nous ne la percevons pas clairement, car sinon on n'aurait plus la possibilité de choisir (libre arbitre).

-> En ce sens, le rav Yéhochoua Leib Diskin expliquait que malgré l'évidence qu'Hachem a créé le monde et qu'Il s'en occupe en permanence, il se doit d'exister une possibilité d'hérésie. [chacun ayant un degré plus ou moins important]
En effet, de même que Hachem a créé la lumière et l'obscurité, le bien et le mal, Il a créé un yétser ara spécial pour l'hérésie, afin qu'il puisse y avoir une récompense pour ceux qui restent forts dans leur émouna.

-> Le rav 'Hatzkel Levenstein enseignait à ses élèves la nécessité vitale d'utiliser le temps à bon escient et d'éviter de lire les journaux, même lorsqu'ils ne contiennent aucun matériel ou publicité inapproprié.
Il a ensuite ajouté que la seule raison pour laquelle il s'intéressait parfois aux informations était de voir s'il y avait des signes dans l'évolution du monde indiquant que le machia'h était en route.

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-> Le Gaon de Vilna décrit les événements de ce monde comme étant un "échantillon" de la vraie réalité dans le royaume d'en-Haut (méén dougma chél maala).

-> Comme machal (parabole) pour expliquer les paroles du Gaon de Vilna, le rav El'hanan Wasserman dépeint l'image d'un magasin de fruits qui a un étalage de fruits en plastique dans la vitrine pour attirer les clients dans le magasin.
Le fruit en plastique n'a pas la sensation d'être un fruit, ne sent pas le fruit et n'a pas le goût du fruit.
Cependant, l'affichage ressemble à la réalité et informe les gens dans la rue de ce qui est vendu à l'intérieur du magasin.
De même, bien que nous ressentions que nous vivons ce monde comme une réalité absolue, en vérité, ce que nous voyons se produire dans notre monde en est une représentation symbolique.
Ce qu'il se passe dans la "devanture" de ce monde n'est que pour nous permettre de comprendre ce qu'il se passe au Ciel.

-> S'adressant à ses élèves à la fin des années 1930, le rav El'hanan Wasserman a transmis cet enseignement du Gaon de Vilna et l'a appliqué aux événements de l'époque : la montée au pouvoir d'Hitler.
Le rav Wasserman a explique que la menace dangereuse que représentait Hitler n'était que la façade ; la vraie menace était évidemment une accusation qui se produisait contre le peuple juif au Ciel.

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-> "Prenez-moi et jetez-moi à la mer, vous la verrez s'apaiser, car je reconnais que c'est par mon fait que vous essuyez cette violente tempête" (Yona 1,12)

=> Comment Yona savait-il que la tempête était à cause de lui?
De plus, sur ce bateau il y avait 70 prêtes idolâtres qui faisaient les pires avérot. Peut-être que la tempête était une punition pour leurs mauvais comportements (à l'inverse de la sainte conduite de Yona)?

Le rav de Brisk explique que Yona comprenait que, si l'on peut dire, Hachem ne "perd pas Son temps".
Une tempête ne serait provoquée que pour que quelqu'un reconnaisse et comprenne cet appel à changer.
Puisqu'il était le seul juif à bord du bateau, Yona était conscient qu'il était le seul auquel le message était destiné, le seul qui devait ressentir un éveil à se rapprocher d'Hachem.
Ainsi, il comprenait que la tempête lui était destinée.

[on apprend là que lorsqu'il se passe des choses inhabituelles, des malheurs, dans le monde, on ne doit pas perdre émouna, au contraire on doit avoir conscience que c'est notre papa Hachem, qui nous aime infiniment, qui nous appel à revenir plus proche de Lui.]

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-> Au Maroc, un terrible tremblement de terre a frappé une grande zone, tuant plusieurs milliers de personnes.
Cette même semaine, en Israël dans la yéchiva de Kfar 'Hassidim, le rav Eliyahou Lopian a expliqué dans un cours que bien que ce tremblement de terre a eu lieu dans un endroit très éloigné, il s'est déroulé afin que nous, le peuple d'Israël, nous puissions renforcer notre crainte d'Hachem et nous améliorer.
Si nous ne réagissons pas et que nous classifions simplement cela comme un événement fruit du hasard, de la naturalité des choses, alors il est probable que la catastrophe va s'élargir et des choses plus terribles vont se produire.
[rav Eliyahou Lopian - Lev Eliyahou - Yitro]

-> Le Ran écrit que les choses se passent tout d'abord dans des lieux éloignés, nous donnant l'opportunité de faire téchouva.
Si nous ne tenons pas compte du message, alors Hachem amène la punition plus proche, et encore plus proche si cela est nécessaire.
Tout cela afin que nous nous réveillons et réalisons que Hachem est en train de communiquer avec nous, nous demandant de rectifier nos fautes.

-> Le rav El'hanan Wasserman (Kovets Maamarim - maamar Daat Torah - ot vav) enseigne que lorsque Hachem juge bon de punir les juifs, d'abord il va amener une calamité sur la population générale et les juifs vont souffrir dans ce groupe.
Si nous écartons cet évènement et disons : "ce n'est qu'une simple coïncidence, c'est des choses qui arrivent", alors les difficultés vont reposer spécifiquement sur les juifs, et cela afin qu'ils n'en viennent plus à se tromper sur le fait que Hachem est en train de leur parler [dans les habits de la nature de ce monde].

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-> Nos Sages (midrach Béréchit rabba 49,6) rapporte que Hachem a envoyé des tremblements de terre et des inondations (des "catastrophes naturelles") à Sodome, comme avertissements pour amener les citoyens de la vielle vers le changement pour aider à éviter la catastrophe, et cela pendant une durée de 25 années avant la destruction de Sodome (selon d'autres midrachim, c'était 52 ans avant!).
Mais les habitants de Sodome n'ont pas tenu compte des avertissements.

[cela doit nous faire réfléchir : est-ce que nous sommes si différents aujourd'hui?
Nous avons tendance à avoir la même vision que les non-juifs, alors qu'en réalité Hachem cherche à nous réveiller spirituellement de nombreuses année avant la venue du machia'h. ]

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-> Rabbénou 'Hananel (commentaire sur la guémara Béra'hot 59) écrit sur la cause des tremblements de terre et des tsunamis :
"Lorsque Hachem voit les horreurs que le peuple juif est forcé d'endurer aux mains des nations du monde, Il doit se contrôler (si l'on peut dire) pour ne pas détruire le monde.
Il pleure sur la douleur du peuple juif, et 2 "larmes" tombent du Ciel, créant un bruit assourdissant et des ravages lors de leur chute.
Au final, elles éclaboussent dans la Yom haGadol (la mer méditerranée).

Hachem fait cela uniquement pour montrer au peuple juif qu'Il ne les a pas délaissés, qu'Il ne les a pas oubliés, qu'Il ne les a pas abandonnés, et qu'Il va les ramener à la maison.
Le but de cela est afin de renforcer leurs coeurs afin qu'ils ne désespèrent pas de la guéoula ; mais plutôt, qu'ils se renforcent à endurer les peines de l'exil ...

Hachem montre des signes merveilleux (les catastrophes naturelles) dans le monde afin de faire savoir que cela lui est difficile pour Lui de supporter de voir le peuple juif qui est asservi et errant dans l'exil ...

Lorsque le peuple juif voit tout cela, les juifs se disent : "Regardez! Hachem est nôtre! Sa miséricorde est sur nous, et notre souvenir est devant Lui!"
Avec cette reconnaissance, le peuple juif renforce sa crainte du Ciel (yir'at chamayim) et s'attache à la Torah et aux mitsvot d'Hachem."

[ainsi bien que les désastres naturels peuvent être classés comme des "punitions", ils sont simultanément des signes de la part d'Hachem de Sa proximité et de Son amour à notre égard.
Si nous utilisons ces événements pour nous réveiller spirituellement et pour faire téchouva, alors ces punitions apparentes peuvent être des catalyseurs pour d'énormes bénédictions (en mérite d'avoir exploité cet appel d'Hachem).]

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-> Le midrach (Béréchit rabba 4,6) dit que les désastres naturels comme les tremblements de terre, et ainsi que toute cruauté peuvent être attribués aux conséquences des actions des juifs.

-> Une fois, un juif venant de très loin se rendit chez le ‘Hafets ‘Haïm et lui raconta qu’un ‘Tsunami’ avait eu lieu en Amérique. Le tsadik se mit subitement à trembler de tous ses membres.
Le voyageur s’étonna : "Eh bien, Rav, que se passe-t-il? Cela ne concerne que des milliers de non-juifs? Pourquoi le Rav se tourmente-t-il?
- Si un juif, répondit le ‘Hafets ‘Haïm, voyageait en Chine et se mettait à parler en Yiddich devant des milliers de non-juifs, il est clair qu'il ne s'adresserait qu'au juif unique qui se trouverait parmi eux.
Il en est de même ici : est-ce pour des centaines de milliers de non-juifs qu'Hachem fait trembler la Terre alors qu'ils ne comprennent rien à ce qui se déroule devant leurs yeux?
Tout cela n'est destiné qu'aux Bné Israël que D. a choisis parmi tous les peuples et à qui Il a donné un coeur pour écouter et l'intelligence pour comprendre. Du Ciel, on nous parle et on nous demande de modifier notre conduite pour être meilleurs et plus saints!"

-> Après avoir rapporté ces paroles, le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Ces paroles du ‘Hafets ‘Haïm restent valables même à notre époque et il est certain qu’Hachem est en train de nous parler.

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-> Le rav 'Haïm Palaggi (Réfoua vé'Haïm - sof chap.5) écrit au sujet d'une épidémie à son époque (au 19e siècle). Lorsque les gens ont essayé de l'arrêter, Hachem a juste envoyé quelque chose de pire et de plus contagieux.
Un fléau survient à la suite de fautes et sert un but bien précis. En tant que tel, ce n'est terminé qu'une fois qu'Hachem juge que c'est le bon moment, lorsque nous faisons téchouva et revenons à faire Sa volonté.
[de même que le 'Hafets 'Haïm disait que chaque balle d'une arme à son destinataire précis, de même Hachem décrète avec une précision totale quelle maladie, à qui, combien de temps elle va durée et avec quelle intensité, ... ]

-> A l'époque du 'Hatam Sofer (1762-1839), il y a également eu un épidémie importante.
Lorsqu'elle s'est finalement arrêtée, le 'Hatam Sofer a déclaré : "Nous devons réaliser que ce monde n'est pas libre pour tous et que nous ne pouvons tout simplement pas revenir à notre ancien mode de vie. Il serait impensable que nous agissions comme Pharaon, qui immédiatement après avoir vu l'apaisement de chaque plaie, endurcissait son coeur."
Il disait aussi : "Nous ne pouvons absolument pas revenir à la normale! Si nous ne tirons pas une leçon de ce qui s'est passé, les conséquences peuvent être très dures, que D. nous en préserve."

-> Le Ran (Drachot haRan - drouch aachiri) écrit au sujet de la peste noire à son époque, qui a durée 13 ans.
Le Ran explique que le but des difficultés est de nous amener à la reconnaissance de ce qui est important dans ce monde (c'est-à-dire les réalisations de spiritualité et le développement d'un lien de proximité avec Hachem).
Par le biais des difficultés, on en vient à faire téchouva, à se recentrer sur ce qui est émet (vrai).

-> De même, après la production du vaccin contre la polio en 1954, le rav Eliyahou Dessler a déclaré :
"Maintenant, tout le monde respirera facilement, mais ils ne se rendent pas compte que Hachem joue avec nous, pour ainsi dire. Tout au long de l'exil, Il apporte à plusieurs reprises des maladies sans remède, puis l'homme découvre un remède et tout le monde s'excite, mais par la suite Il apporte quelque chose de nouveau.
C'est l'un des moyens d'Hachem pour nous punir et nous tester. Nous ne serons pas méritants d'être exemptés de problèmes de santé tant que nous n'arrivons pas à notre plein tikoun (réparation), le moment de "véhassiroti ma'hala mikirbé'ha" (et j'enlèverai la maladie du milieu de vous)."

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-> "La guerre est un présage de la rédemption" (guémara Méguila 17b).
Le midrach (rabba 42,4) affirme : "Si tu vois des royaumes se quereller, attends-toi aux pas du machia'h. D'où l'apprenons-nous? D'Avraham, car lorsqu'une guerre opposa des rois, Avraham connut une délivrance".

-> En 1809, en temps de guerre, le 'Hatam Sofer a écrit que puisque nos Sages nous ont dit que que les guerres font partie du processus de la guéoula, ce serait à la fois faux et contre-productif pour les juifs de prier pour que la guerre se termine, à la place ils devraient demander la guéoula.

Le rav 'Haïm Kanievsky dit que les souffrances qui précèdent la guéoula ont pour objectif de nous motiver à prier pour la guéoula.
[ainsi, notre réflexe principal en temps de guerre dans le monde est d'y voir un appel d'Hachem pour que l'on prie davantage de tout notre cœur pour une guéoula au plus vite.]

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-> voir également les paroles du Rambam : https://todahm.com/2016/08/22/le-regard-juif-face-a-une-catastrophe-dans-le-monde

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+ Nécessité d'appéhrender les choses avec les lunettes de la Torah :

-> Selon le rav Moché Sorotzkin : De même que la Création initiale du monde n'a été faite que pour le peuple juif, de même depuis, sa "maintenance" continue est également pour nous. Ainsi, en tant que tel tout ce qui se passe dans ce monde arrive pour le peuple juif. Même lorsqu'il y a une guerre à l'autre bout du monde, c'est tout pour le peuple juif.

Le Ram'hal (Daat Tvounot - sima 146) souligne que de nos jours nous avons une avantage majeur sur ceux qui ont connu la sortie d'Egypte. Ils n'avaient pas la Torah, et ils leur étaient ainsi très difficile de reconnaître l'implication d'Hachem dans tout ce qui se passait.
De nos jours, bien que nous soyons en exil et que nous n'ayons pas de prophète ou de miracle dévoilé, nous avons la Torah à travers laquelle la présence et l'implication d'Hachem nous sont connues.

Le rav 'Yé'hezkel Abramsky ('Hazon Yé'hezkel) dit que bien que les miracles avec les plaies et l'ouverture de la mer Rouge étaient sans précédent, où moment où le peuple juif l'a vécu, ils n'avaient pas la "lentille" parfaite pour voir (au plus haut niveau) ce qui se passait devant leurs yeux.
[Malgré la grandeur des événements,] le peuple juif n'a pas pu comprendre pleinement ce qui s'est passé, et la révélation ultime d'Hachem n'a été qu'une fois qu'ils ont reçu la Torah et la capacité de voir les choses avec "les yeux de la Torah".

-> Le rav El'hanan Wasserman a écrit dans une lettre à ses disciples, pendant les années tumultueuses de l'avant 2e guerre mondiale :
"tu tomberas en démence, au spectacle que verront tes yeux" (véayita méchouga, mimar'é éné'ha acher tir'é - Ki Tavo 28,34).
"tu tomberas en démence" = cela sera notre réaction si la façon dont nous traitons ce que nous voyons est basée sur notre propre intelligence. Mais si nous regardons les événements dont nous sommes témoins et les situations qui se déroulent à travers le prisme de la Torah, alors tout est clair et compréhensible.
Tout ce qui arrive au peuple juif a été prédit dans la Torah Ecrite et Torah Orale.

-> Le rav El'hanan Wasserman écrit ailleurs :
Nous vivons une époque chaotique. Les gens sont confus ; les choses se passent si vite qu'il est difficile de comprendre ce qui se passe. Même si nous pouvions trouver les solutions les plus appropriées aux problèmes d'aujourd'hui, demain elles ne valent rien ...
Il n'y a qu'un seul moyen : regarder dans la Torah et essayer de comprendre pourquoi Hachem nous fait cela.
Car c'est seulement alors que nous trouverons des explications et des éclaircissements pour tout ce qui se passe.

Il ajoute ensuite :
Si nous avions la possibilité de demander à Hachem Lui-même pourquoi Il fait ce qu'Il fait, Il répondrait : "Allez apprendre! Cherchez dans la Torah et vous trouverez les réponses à toutes vos questions!"

-> Ces paroles prennent racines dans celles du Gaon de Vilna :
"Tout ce qui arrive dans le monde, au peuple juif dans son ensemble et à chaque individu, depuis le début des temps jusqu'à la fin des temps, tout est suggéré dans la Torah."

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-> Nos Sages expliquent que chaque événement dans le monde est planifié en pensant aux juifs.
La guémara (Avoda Zara 2b) nous dit qu'après la venue du machia'h, les nations du monde essaierons de réclamer une récompense pour avoir tout fait. Elles diront : "Nous avons créé des infrastructures au profit du peuple juif!"
Hachem répondra : "Imbéciles, vous l'avez fait pour vous-mêmes".

=> S'il s'agit d'une retranscription d'une conversation qui aura lieu après la venue du machia'h, lorsque la Vérité sera absolue, comment sera-t-il possible pour les nations du monde de faire une telle affirmation?
Et pourquoi Hachem traite-t-il les nations d'imbéciles/fous? Ne serait-ce pas plus judicieux de les traiter de menteurs?

Le rav de Brisk (paracha 'Hayé Sarah) explique que les nations du monde dans ce cas ne mentiront pas. En vérité, tout dans le monde est pour le peuple juif. Tout ce qui est fait pour la civilisation et son développement est pour notre bénéfice. A ce moment-là, après la venue du machia'h, il sera démontré que les non-juifs étaient des imbéciles, pas des menteurs, car bien qu'ils aient fait le travail pour le peuple juif, ils ne l'ont pas reconnu à l'époque, et ils n'avaient pas non plus l'intention de nous faire du bien. Pour cette raison, il sera inapproprié pour eux d'attendre une récompense.

De son côté, le rav Moché Sorotzkin commente : bien que cette prise de conscience ne se produise pour les non-juifs qu'après la venue du machia'h, à un niveau subconscient, le monde entier connaît cette vérité. C'est pourquoi ils nous blâment constamment pour tout ce qui se passe dans le monde, même s'ils ne peuvent articuler aucune raison logique pour le faire.

[ on a pu voir précédemment que :
La guémara (Yébamot 63a) nous dit que "les familles du monde" sont bénies "bichvil Israël" (en raison d'Israël). De même, les malheurs viennent aussi dans le monde en raison des juifs ("bichvil Israël").
Le Sidouro chel Shabbath (5,4,3) explique que le mot "bichvil" est lié au terme : "chvil"(un chemin), et cela nous signifie que le chemin que prend le monde dépend du chemin que les juifs prennent.]

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Il est intéressant de préciser que
-> Selon les Richonim (Rachba - 'Houlin 91a ; Akédat Its'hak chaar 56), l'exil est un décret d'Hachem, et une partie de l'essence de ce décret est que nous sommes placés sous la juridiction des nations du monde.
Si nous essayons de combattre cela, les répercussions peuvent être terribles.
-> De pus, la guémara (fin de Kétoubot), sur le verset : "hichbati ét'hèm bnot Yérouchalayim" (Chir haChirim 2,7), enseigne que nous avons reçu l'ordre avec un serment de ne pas nous rebeller contre les nations du monde.
Si nous annulons ce serment et nous rebellons contre elles, les répercussions pourraient être terribles.
[d'où l'importance de plutôt supplier Hachem pour la Délivrance. ]

-> "Aux temps pré-messianiques, la face de la génération sera comme la face du chien." [guémara Sota 49b]
Le rav Itzele de Volozhin explique que le chien avec sa compréhension limitée, réagit en mordant le bâton, ne comprenant pas que la cause de sa souffrance est vraiment l'homme qui utilise le bâton pour le frapper.

Le rav El'hanan Wasserman (Ikvéta déMessikha) apporte cela en référence à ceux qui ont choisi de blâmer les nations du monde sur ce qui se passait en Europe juste avant la seconde guerre mondiale, et en particulier Hitler (c'est à cause lui! S'il n'avait pas été là alors ...). A cette époque, il y avait une partie des juifs qui voulait tenter de combattre l'antisémitisme par des démonstrations de force physique et d'autres en soumettant des articles dans les journaux non-juifs dénonçant la discrimination et l'injustice raciste.

Le rav Wasserman a expliqué que tenter de riposter, que ce soit physiquement ou en s'en prenant à une tribune publique était une erreur, car nous devons réaliser que tout vient d'Hachem, et que la seule façon de rectifier la situation est par la Torah et la prière.

[et même lorsque nous sommes dans une situation où une hichtadlout est nécessaire, néanmoins cela ne doit pas être l'attention principale de nos efforts, mais plutôt de se tourner vers Hachem en prière et téchouva.
L'essentiel est de toujours maintenir en nous une clarté dans le contrôle absolu d'Hachem. ]

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+ L'exemple du tonnerre :

-> Selon la guémara (Béra'hot 59a), l'objectif du tonnerre et des cauchemars est de "rendre droit ce qui ait tordu dans le cœur" d'une personne.
Cela est déduit du verset : "D. a arrangé les choses de telle sorte qu'on le craigne" (Kohélet 3,14).

-> Le rav Israël Moché Sorotskin dit que c'est de cette façon que nous devons aborder toutes les choses qui nous font peurs.
Nous devons réaliser qu'elles viennent d'Hachem, et qu'il n'y a pas de place pour la crainte de la chose elle-même ; nous devons lui permettre d'éveiller notre crainte d'Hachem (yirat chamayim).

-> Le rav Eliyahou Lopian fait remarquer que les tonnerres sont pratiquement toujours suivis par de la pluie. Pourquoi cela?

Il donne la réponse suivante :
La pluie n'est pas une chose naturelle. C'est une bénédiction d'Hachem, et nous avons toujours besoin de quelques mérites pour recevoir une pluie abondante.
Parfois, nous n'avons pas assez de mérites pour cela, et alors Hachem va produire tout d'abord des tonnerres qui vont conduire à agiter la crainte d'Hachem (yirat chamayim) chez quelques personnes.
Grâce à ces mérites supplémentaires, le monde est alors capable de recevoir la bénédiction de la pluie.

La même chose est vraie pour chaque bénédiction que Hachem désire nous donner.
Nous devons être méritants pour la recevoir, et si ce n'est malheureusement pas le cas, alors Hachem nous envoie différentes choses pour nous réveiller.
A la suite de cet éveil spirituel en nous, cela va générer le mérite nécessaire pour recevoir la bénédiction d'Hachem.

Shabbat Shékalim – un jour d’abondance

+ Shabbath Shékalim - un jour d'abondance :

-> Le midrach (Tan'houma Ki Tissa 3) rapporte que Moché dit à Hachem : "Maître du monde, lorsque je mourrai, je ne serai plus rappelé en souvenir", et Hachem lui répondit alors : "Par ta vie, tel que tu te tiens à présent pour leur transmettre (aux Bné Israël) la paracha Shékalim, et que tu fais le relevé de leur compte (litt. de leur tête), il en sera ainsi chaque année lorsqu'ils la liront devant Moi : ce sera comme si tu te tenais là-bas au même moment et que tu faisais le relevé de leur compte".

-> Le 'Hidouché haRim (Séfer haZékhout) écrit : "Ce midrach constitue la promesse que dans chaque génération, au moment de la lecture de paracha Shékalim, Moché ''relève la tête'' des Bné Israël".

Néanmoins, afin de mériter ce "relèvement", l'homme doit entamer le processus et vouloir sortir de la fange et de la boue dans laquelle il est plongé, comme le dit le 'Hidouché haRim lui-même : "Ce Shabbat, l'homme doit soumettre tout son corps (ses tendances animales) à sa tête (à son esprit), car si ses membres ne suivent pas sa tête, il demeurera "sans tête"."

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Ce "relèvement'' a été défini par nos Sages (guémara 'Haguiga 16a) : "Six choses ont été dites au sujet de l'homme, enseigne la guémara, trois dans lesquelles il ressemble aux anges, et trois dans lesquelles il ressemble à l'animal".
Une des choses par lesquelles il ressemble aux anges est qu'il se tient debout comme eux, alors que les animaux vont la tête dirigée vers le sol. Car ce membre est constamment occupé à rechercher les choses terrestres.
Et c'est précisément cet aspect que l’homme doit travailler : soumettre son mauvais penchant, s'habituer à "se tenir debout", à diriger son regard vers le haut.

Et durant le Shabbat Shékalim, il jouit d'une aide du Ciel particulière pour y parvenir, car Moché s'occupe de "relever les têtes d'Israël".
Dès lors, la possibilité nous est offerte de nous élever au-dessus des contingences matérielles et des actes purement bestiaux, de nous tenir debout devant Hachem, comme les anges célestes.

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-> Paracha Shékalim : Lue le Chabbat qui précède le début du mois d’Adar (ou à Roch ‘Hodech Adar, s’il tombe un Shabbat).
Passage = les versets de Ki Tissa 30,11-16.

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-> Le Rama miPano (Assara Maamarot) enseigne que le Temple qui se tenait à Jérusalem correspond à un Temple qui se tient au Ciel.
Tout comme Aharon haCohen est le Cohen Gadol d'en bas, l'ange Michael est le Cohen Gadol d'en-Haut. [Pérouch haRoch Al haTorah - trouvant une allusion à cela dans le verset Chémini 9,4 ]
Tout comme les korbanot sont offerts en bas, les korbanot sont offerts en haut.

-> Alors que le Temple inférieur (en-bas) est absent et que nous ne pouvons plus apporter de pièces d'argent pour les korbanot physiques, dans le Temple céleste (en-Haut), les korbanot sont offerts comme à l'accoutumée.
=> Comment ces korbanot célestes sont-ils "achetés"?
D'après les shékalim spirituels générés par notre lecture de la paracha Shékalim.
[rabbi Tsadok haCohen - Pri Tsadik Shékalim 2]

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+ Moché élève chaque juif :

-> Moché dit à Hachem : "Quand je mourrai, serai-je oublié ?"
Hachem lui répondit : "Par ta vie, comme tu te lèves pour leur donner la paracha de Shékalim, et "ki tissa ét roch" (tu les comptes - littéralement = tu lèves leur tête - Ki Tissa 30,11), ainsi chaque année quand ils lisent [la paracha de Shékalim] devant Moi, ce sera comme si tu te tenais là à ce moment-là et que tu levais leur tête.
[midrach Tan'houma - Ki Tissa 3]

-> Lever la tête de quelqu'un signifie le transformer d'un animal terrestre, ayant la tête tournée/regardant vers le bas, en un être humain, qui peut regarder vers le ciel. ['Hidouché haRim - début Ki Tissa]
Même dans l'obscurité matérielle et la profondeur de notre génération, lorsque la paracha Shékalim arrive, notre fidèle berger, Moché Rabbénou, nous remonte le moral.

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-> Le rav Pin'has de Koretz zy'a (séfer Imré Pin'has) attendait avec impatience les "Quatre Parachiot" (Shékalim, Za'hor, Para, ha'hodech).
Il disait : "J'ai hâte que la Arba Parachiot arrive pour pouvoir me réunir avec Hachem!"

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-> Le midrach Tan'houma (Ki Tissa 3) rapporte que Moché Rabénou dit à Hachem : "Maître du monde, après ma mort, on ne se souviendra plus de moi."
Hachem répondit : "Je promets que, tout comme tu es avec eux maintenant et que tu leur as donné la paracha Shékalim et relevé leur tête, tu seras avec eux chaque année lorsqu’ils liront cette paracha, comme si tu te tenais devant eux et leur relevais la tête."

-> Le Sfat Emet explique la déclaration du midrach selon laquelle la puissance des Chekalim relève la tête d’une personne en citant le verset de Michlé (14,34) : "La tsédaka élève".
Il cite le Zohar ('helek 4, 142b) qui dit que les actions faites dans ce monde inférieur influencent les choses dans le monde supérieur et affirme qu'après la faute du Veau d'or, un grand tikoun était nécessaire pour les deux mondes. Ce tikoun (réparation) a été réalisé grâce au pouvoir de la tsédaka, qui a été accompli par les Shékalim.
Ainsi, les Shékalim ont relevé les têtes du peuple juif en leur accordant une expiation pour leur faute.

-> Le Sar Shalom de Belz explique qu’à notre époque, lorsque nous n’avons pas de Temple et que nous ne pouvons pas apporter les Shékalim au sens littéral, nous accomplissons cette mitsva en lisant la paracha des Shékalim.

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+ Shékalim = prise en compte de nos mitsvot futures :

-> La guémara (Méguila 13b) déclare : "Il était connu et révélé à Hachem qu’Haman rassemblerait un jour des shékalim pour les utiliser contre le peuple juif. C’est pourquoi Il a placé nos shékalim avant les siens. C’est ainsi qu’il est dit que le premier jour d’Adar, ils annoncent les shékalim."

Le Sefer Tiferet Shmouel demande comment les shékalim protégeaient les juifs à l’époque de Mordé'haî et d’Esther si le Beth Hamikdosh n’existait pas alors et que personne ne donnait de shekalim.

Il répond en citant ce qui est écrit dans nos séfarim Hakédochim concernant la place importante qu'occupe le peuple juif auprès d'Hachem. Chaque fois qu'une nation est en guerre avec une autre et a besoin d'aide, Hachem consulte son registre pour voir si elle possède un mérite qui la rende digne d'être sauvée. S'il ne trouve pas de mérite, Il ne l'aide pas.
En revanche, si le peuple juif a besoin d'aide, même s'il ne possède aucun mérite qui le rendrait digne d'un miracle, Il compte les mérites de mitsvot qu'ils accompliront à l'avenir et noud sauve grâce à ce mérite, car nous avons un historique de mitsvot et Il sait que nous les accomplirons.

Cela s'est même produit à la Création du monde. Bien que le peuple juif n'ait encore accompli aucune mitsvot, Hachem lui a tout de même attribué les mitsvot qu'il accomplirait à l'avenir.
Nos Sages disent qu'Hachem a créé le monde grâce au mérite de ces mitsvot futures.
[Beréchit bara = Au commencement, Il a créé, par le mérite d'Israël, ceux qu'on appelle "les premiers"" (Rachi - Béréchit 1,1).

On retrouve la même idée lors de la sortie d'Égypte (voir Rachi - Bo 13,11-12). Moché demanda à Hachem par quel mérite le peuple juif était sorti d'Égypte et Hachem répondit qu'Il les sauvait par la mérite des mitsvot qu'ils accompliraient à l'avenir, après avoir reçu la Torah.

Nous pouvons maintenant expliquer le midrach selon lequel Hachem a placé les shékalim du peuple juif avant ceux d'Haman. Cela signifie qu'Hachem a placé le mérite de nos shékalim que nous donnerions à l'avenir afin de contrebalancer les shékalim d'Haman, même si ces shékalim ne seraient pas donnés avant la reconstruction du Temple.

C'est également le sens de la guémara : 'Le premier Adar, ils annoncèrent les shékalim". Cela signifie qu'Hachem annonce dans le Ciel que le mérite des shékalim à venir est déjà suffisant pour aider peuple juif.

Il en va de même aujourd'hui. Lorsque nous avons besoin de l'aide d'Hachem, nous Lui demandons d'avoir pitié de nous par le mérite des mitsvot que nous accomplirons après qu'Il nous aura sauvés de nos ennemis.

Nous récitons également ceci dans le piyout : "Que la lumière de la géoula générale et personnelle brille sur nous par le mérite des shékalim que nous donnerons lors du Temple à l'avenir."

[ainsi en ce Shabbath Shékalim, c'est un moment propice pour réaliser qu'on est sublime et aimé par Hachem, car peu importe ce que l'on actuellement, Il en compte les mitsvot que nous désirons faire (mais que nous ne pouvons pas faire) et celles que nous ferons ultérieurement.
Cet amour d'Hachem, qu'on compte à Ses yeux, doit nous motiver à faire de notre mieux pour lui témoigner concrètement de notre amour.]

 Le livre d'Esther contient 166 versets. Cela représente le nombre de mots des sections de la Torah traitant d'Amalek (Chémot 17,8-16 ; Dévarim 25,17-19).
Le "Grand Hallel" (Téhilim 136), louange à D. pour nous avoir sauvés de tous nos ennemis, contient également 166 mots.

Le Livre d'Esther commence par le terme Vayéhi et se termine par : zar'o. La valeur numérique de ces deux mots est 314, la même que le nom de D. "Sha-daï".
La méguilat Esther est une prière que D. mette fin à tous les problèmes des juifs.
[Méam Loez - Méguilat Esther 10,3 ]

Quelques éléments sur le récit de Pourim (1ere partie)

+ Quelques éléments sur le récit de Pourim (1ere partie) :

-> A'hachvéroch haïssait les juifs plus encore qu'Haman ...
Bien que les juifs fussent de bons citoyens, A'hachvéroch pensait avoir une bonne raison de les haïr. Ses astrologues lui avaient prédit qu'un juif s'emparerait de sa couronne et régnerait à saplace.
Leur prédiction concernait Darius II, fils d'Esther (et d'A'hachvéroch, qui est né 1 an après qu'Esther devienne reine.).
[La mère de Darius étant juive, il était juif lui aussi.] Toutefois, A'hachvéroch ne le savait pas. Il était encore marié (à ce moment) avec Vachti et n'aurait jamais pu imaginer engendrer un héritier juif.
[ Darius II va succéder à son père A'hachvéroch, et il va ordonner la consturction du 2e Temple, 70 ans après la destruction du 2e.]

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-> Suite la mort de Vachti, on organisa un "concours de beauté" pour trouver la nouvelle reine.
Chaque jolie jeune fille ne pouvait pas se présenter à Chouchan. Il fallut envoyer des administrateurs dans chacun des 127 états chargés de choisir la jeune fille la plus belle et la plus convenable de chaque état. Elles seraient jugées à la fois sur la beauté physique et sur leur personnalité.
La meilleure de chaque état serait ensuite amenée à Chouchan pour que le roi choisisse celle qu'il préférait.
127 jeunes filles seraient rassemblées : une pour chaque état.
Elles seraient toutes placées sous la direction de Hégaï, le maître du harem royal.

Bien entendu, Haman savait ce qu'il se passait et il s'arrangea pour pousser sa fille devant l'émissaire du roi.
Hachem fit qu'elle eut soudain une forte diarrhée et se souilla ; l'odeur répugnante la fit rejeter immédiatement par l'émissaire royal.

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+ L'élévation sociale d'Haman :

-> "Après ces événements (du complot de Bigtan et Térech), le roi A'hachvéroch promut Haman, fils d'Amdata, l'agaguéen, et l'éleva. Il plaça son siège au-dessus de tous ceux des princes qui étaient avec lui" (Esther 3,1)

-> Haman va être promu à une faute fonction afin d'inciter les juifs au repentir ; ensuite, il fut très rapidement détruit et les juifs sauvés.
D'ailleurs, 'Harbona va raconter au roi qu'Haman avait fait partie du complot de Bigtan et Téréch pour tuer le roi (Eshter 7,9), et le roi le fit pendre immédiatement.

Haman ne demeura au zénith de son pouvoir que pendant 70 jours.
De son envoi des lettres demandant l'extermination des juifs (le 13 Nissan 3404 - Esther 3,12) au jour où Mordé'haï envoya des missives pour abolir ce décret (le 23 Sivan - Esyher 8,9).

Les Méam Loez fait remarquer que du verset : "Après ces événements, le roi A'hachvéroch promut Haman" (Esther 3,1) jusqu'au verset : "on pendit Haman" (Esther 7,10), on compte exactement 70 versets, qui correspondent aux 70 jours durant lesquels Haman reçut les pleins pouvoirs.

Le Alchikh haKadoch dit que chaque jour, A'hachvéroch accordait à Haman de nouveaux pouvoirs, et ce ne fut que lorsque Haman atteignit le sommet de sa puissance qu'il s'effondra.

Selon le midrach, Haman reçut également un char spécial. Lorsqu'il circulait dans les rues, un crieur annonçait qu'il était le favori du roi.
A ce moment-là, l'Attribut de Justice prit la parole devant D. : "Maître de l'univers! Haman a fait le voyage de Chouchan à Jérusalem dans le but de faire cesser la construction du Saint Temple. C'est un descendant du racha Amalek. Comment supportes-Tu de le voir accéder à une si haute position?"
D. répondit : "Jusqu'à présent, personne ne connaissait Haman. Je vais l'élever et le rendre si célèbre que, lorsqu'il tombera, le monde entier connaîtra Ma vengeance".[midrach Esther rabba 3,1]

-> Le midrach (Yalkout Chimoni Esther 1053) à propos du verset : "Il
plaça son trône au-dessus de celui de tous les princes qui étaient avec lui" = il se fit une estrade plus haute (que celle d'A'hachvéroch), et il fut ainsi placé au-dessus de tous les princes qui étaient avec lui. De ce fait, il fut en mesure d'ordonner au roi de pendre Mordé'haï.
[v.6,4 : "Haman se rendit au palais royal pour dire au roi de pendre Haman sur la potence" ]

La guémara (Méguila 15a) enseigne explicitement : "Hamane s'éleva au-dessus d'A'hachvéroch".

[Hachem fit en sorte qu'Haman s'élève très haut du fait de son opposition aux juifs, pour mieux tomber d'encore plus haut lorsque les juifs ont fait téchouva. ]

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+ La relation Mordé'haï & Haman :

-> Après la promotion d'Haman, les gens lui témoignèrent du respect (dans l'Orient d'autrefois, il était accepté de s'agenouiller et de se prosterner devant les ministres).
Cependant, tout le monde connaissait les modestes origines d'Haman, qui avant de devenir politicien, avait été un employé dans un établissement de bains et coiffeur.
Certains à Chouchan, s'étaient fait coiffer par lui.
Pour que tout le monde se soumette au premier ministre du roi (Haman), le roi A'hachvéroch ordonna qu'on fasse à Haman le même signe de soumission qu'envers le roi lui-même.

-> Lorsqu'il paradait dans la ville, Haman portait son idole sur sa poitrine. (Pirké déRabbi Eliézer 50)
Il avait foi en ce fétiche, auquel il attribuait sa victoire sur Vachti et son ascension à une haute fonction.
Haman ayant fait en sorte que tout signe de soumission envers lui s'adressât également à son idole, Mordé'haï n'eut pas le droit de s'incliner devant Haman, fût-ce au prix de sa vie.
Le Yossef Lékéa'h rapporte que Mordé'haï ne prétendait pas ne pas le voir, au contraire il regardait Haman bien en face à son passage et publiquement refusait de faire le moindre geste. Ainsi, il sanctifiait le nom de D. et servait d'exemple à tout son peuple.

-> Mordé'haï avait une autre raison de ne pas respecter Haman.
En l'an 3393 (soit -368 avant l'ère vulgaire) [pendant la 2e année du règne d'A'hachvéroch], une province d'Inde se rebella contre l'empire perse. Le roi envoya 12 000 soldats pour écraser la révolte.
Les 2 généraux à la tête de l'armée étaient Mordé'haï et Haman. Chacun d'eux, responsable de 6 000 soldats, reçut des provisions pour 3 ans. Mordé'haï et ses soldats firent demi-tour et attaquèrent par l'est tandis qu'Haman attaqua directement de l'ouest.
Haman gaspilla ses provisions, et après une année de campagne, il les avait déjà épuisées. Il vint trouver Morde'haï pour lui demander son aide. Morde'haï lui expliqua que, s'il donnait de ses vivres, lui et ses soldats viendraient à manquer.
Lorsque les soldats d'Haman commencèrent à souffrir de la faim et menacèrent de se mutiner, Haman retourna chez Mordé'haï et le supplia de l'aider.
Finalement, Morde'haï accepta, à condition qu'Haman devienne son esclave un jour par semaine. N'ayant pas le choix, Haman accepta. Etant donné qu'il n'y avait pas de papier sur le champ de bataille, Mordé'haï écrivit sur sa jambière le contrat scellant leur accord.

Dès lors, Mordé'haï ne se sentit nullement contraint de se prosterner devant Haman. Il faisait exprès de porter sa jambière, qu'il observait d'un air significatif lorsqu'Haman passait devant lui.
Haman comprenait son allusion et bouillonnait de frustration.
[Pessikta Rabbati]

-> Haman savait aussi que Mordé'haï ne se prosternait pas devant lui parce qu'il était amalécite.
En tant que juif, Mordé'haï considérait tout amalécite comme maudit.
La colère d'Haman était donc dirigée contre Mordé'haï précisément parce qu'il était juif.
[Alchikh haKadoch]

-> Haman demanda à des agents de suivre Mordé'haï et d'établir un rapport sur lui.
Il apprit ainsi que Mordé'haï était un homme amical qui saluait chaque homme qu'il rencontrait et inclinait la tête devant l'homme le plus ordinaire.
Lorsqu'Haman se rendit compte que Mordé'haï refusait de s'incliner devant lui seul, sa fureur ne connut plus de bornes.
[Yad haMélé'h]

-> Mordé'haï avait une raison importante de refuser obstinément de s'agenouiller, quitte à mettre tout le peuple juif en danger. Ils avait que les juifs avaient commis un péché très grave en se prosternant devant la statue de Névou'hadnezar. Par son abnégation, Mordé'haï tentait d'expier cette faute.
Mordé'haï était un descendant de Benjamin, le plus jeune fils de Ra'hél. Il connaissait la tradition selon laquelle les descendants d'Essav seraient vaincus par ceux de Ra'hél.
S'il sanctifiait le nom de D. en public, il pouvait être assuré de l'intervention divine.
[Ibn Ezra]

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+ Le tirage au sort :

-> "Le 1er mois (Nissan), durant la 12e année du roi A'hachvéroch, le "pour" (loterie, tirage au sort) fut tiré devant Haman, pour examiner chaque jour et chaque mois. Il tomba sur le 12e mois, le mois d'Adar" (Esther 3,7)

-> Déterminé à exterminer les juifs, Haman chercha le moment propice. Utilisant la méthode du tirage au sort, Haman tenta de déterminer quel serait le jour le plus favorable.
Il fit ce tirage le 1er Nissan [3404] ; qui est le mois de la sortie d'Egypte, représente une période où les juifs sont capables de vaincre leurs ennemis. [Alchikh haKadoch]

-> Le premier tirage au sort ressemblait à des dés. Sur ces cubes, des chiffres de 1 à 6 étaient inscrits sur les 6 faces de façon à ce que les chiffres opposés fassent un total de 7.
Ainsi, les faces opposées portaient respectivement les paires : 1-6, 2-5 et 3-4.
Les dès qu'Haman choisit utilisaient pour chiffres des lettres hébraïques si bien que les paires ainsi formées étaient : aléf-vav, bét-hé et guimel-dalét.

Haman utilisa 3 dès.
La première fois, les chiffres tirés furent : 1-3-3. c'est-à-dire : aleph-guimel-guimel. Ces lettres formaient, à coup sûr "Agag" (אגג), nom de l'ancêtre d'Haman. Quel mauvais augure!
Puis Haman retourna les dés pour voir quelles lettres se trouvaient au-dessous. En face du aleph se trouvait un vav alors que sous chaque guimel se trouvait un dalet.
Les 3 lettres du dessous étaient dalet-dalet-vav qui, réarrangées, formaient le nom "David" (דוד).
Haman pensa qu'il s'agissait d'un signe évident qu'Agag terminerait en haut et le peuple de David, en bas.
Hachem dirigea le tirage au sort de façon a induire Haman en erreur et le conduire dans le piège. Haman, quant a lui, était ravi de ce résultat. [midrach Talpiot]

Ensuite, Haman tira au sort les jours et les mois. La façon habituelle de tirer au sort est, par exemple, d'inscrire les 12 mois de l'année sur 12 morceaux de papier puis d'en lier un. Cependant, cela ne pouvait lui garantir la réussite car, quelque soit le papier tiré, un mois serait inévitablement choisi.
Haman voulait une preuve supplémentaire que la chance lui souriait, Il prépare donc une série de papiers contenant les noms des 12 mois lunaires. Dans une autre série, les papiers portaient les numéros de 1 à 354, soit un pour chaque jour de l'année lunaire
Puis Haman fit 2 tirages indépendants, 1 un pour les mois et l'un pour les jours. Si tous 2 coïncidaient c'était que le tirage était vraiment de bon augure. Sinon, il saurait qu'il était peu propice.
Ainsi par exemple, si le tirage des mois désignait Adar et celui des jours, le chiffre 100, il serait clair que le tirage était peu propice. En effet, le 100e jour de l'année tombe en Tamouz. non en Adar.

Finalement, le tirage des mois désigna le mois d'Adar et celui des jours donna le chiffre 337, dix-sept jours avant la fin de l'année. Mais, plus important, puisque Adar était le dernier mois de l'année, le 337e jour coïncidait exactement avec Adar.
Le jour choisi fut donc le 13 Adar. [Yaarot Dvach]

Selon le midrach, celui qui procéda au tirage au sort, sur l'ordre d'Haman et en sa présence, était le scribe Chimchi, fils d'Haman.
Ils leur sembla que le mois d'Adar était parfait, car le 7 Adar correspondant à la mort de Moché, ce mois était donc de fort mauvais augure pour Israël.
Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que Moché était né également en cette date d'Adar (car cachée 3 mois, il fut découvert par la fille de Pharaon en Sivan, mois où sera donné la Torah).

[source : compilations personnelles issues du Méam Loez - Méguilat Esther ]

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+ Le trône d'A'hachvéroch :

-> "Lorsque le roi A'hachvéroch se fut établi sur son trône royal, à Chouchan la capitale, la 3e année de son règne, il donna un festin" (Esther 1,2-3)

-> Le Gaon de Vilna rapporte, dans son commentaire de la Méguila, les paroles du Targoum Chéni selon lesquelles le roi Chlomo possédait un trône à l'instar du Trône Céleste.
Lorsque Pharaon et Nabukodonosor voulurent s'y asseoir, ils reçurent un châtiment corporel (d’où le fait que Pharaon fut surnommé Nékho, "l’estropié", car lorsqu’il voulut monter sur ce trône, l’une des formes de lion qui y était gravée le mordit et il se retrouva alors boiteux pour le restant de ses jours).

[Le Méam Loez (1,2) écrit que :
A une époque, A'hachvéroch prit place sur le trône du roi Salomon. C'était un trône très rare, décoré de toutes sortes de pierres précieuses ainsi que d'animaux mécaniques mobiles. Lorsque Nevou'hadnezzar s'empara de Jérusalem, il fit emporter ce trône à Babylone. Lorsqu'il en monta les marches pour s'y asseoir, un des lions se désarticula, lui cassant le pied.]

Lorsque A’hachvéroch devint roi, brûla en lui le désir de s'asseoir sur un tel trône, mais il fut, en même temps, saisi de crainte à l'idée d'être puni comme ses prédécesseurs. Que fit-il?
Il se mit à la recherche d'artisans capables de lui en construire un semblable, et il n'en trouva que dans la ville de Chouchan ; c’étaient les seuls qui seraient en mesure de s'atteler à une tâche aussi difficile.
De fait, ils construisirent le trône tant convoité durant 3 années.
Lorsqu'ils eurent terminé, ils ne parvinrent pas à le déplacer pour le ramener chez le roi, et on fut obligé de le laisser à Chouchan.
Le roi y fixa donc son lieu de résidence et Suse devint alors la capitale de son royaume (puisqu'il convient au roi de ne résider que dans la capitale).
C'est ce qui est écrit : "Lorsque le roi A'hachvéroch se fut établi sur son trône royal, à Chouchan la capitale ; la 3e année de son règne", car c'est à ce moment que cette ville devint la capitale.
Et tout cela parce qu' : "Il y avait un homme juif, à Chouchan la capitale, du nom de Mordé'haï", et comme on voulait (dans le Ciel) élever son rang dans le royaume, afin qu'il siège à la porte du palais, toute la maison royale se déplaça ainsi à Chouchan, la ville de Mordé'haï.

=> Si l’on y réfléchit, cette histoire peut sembler très étonnante : pourquoi toutes ces tribulations? N'était-il pas plus logique, pour parvenir à ce but, que Mordé'haï déménage vers la capitale existante?

Selon le rav Elimélé'h Biderman, la réponse est que même ce désagrément, Hachem désirait l'éviter à Mordékhaï. C'est pour cela qu'il suscita chez A'hachvéroch le désir de se faire construire un trône à l'image de celui du roi Chlomo, et que faute d'artisans suffisamment expérimentés, ce dernier fut contraint de le bâtir à
Chouchan, pour découvrir finalement ... qu'il était impossible de déplacer un trône aussi imposant, et que Chouchan fut ainsi transformée en capitale du royaume.
Et tout cela afin qu'un seul juif ne soit pas tourmenté par le déménagement d'une ville à l'autre et par les désagréments du voyage.

==> Le rav Elimélé'h Biderman conclut :
Il en ressort que le monde entier n'a été créé que pour le peuple d'Israël, et est dirigé selon une providence minutieuse et calculée dans les moindres détails, en vue de prodiguer des bienfaits au peuple juif.
Et chacun peut également en retirer une leçon personnelle : lorsque l’on sera contraint de s'exiler d'un endroit à un autre, loin de s'en irriter, on devra penser que cela a fait assurément l'objet d'un grand "calcul" céleste, en considérant combien Hachem a bouleversé le cours des évènements afin d'éviter l'indisposition d'un déménagement à Mordé'haï.

-> Le Rambam (dans l'introduction à son commentaire des
michnayiotes) écrit : il se pourrait qu'un jour, Hachem mette dans l'esprit de quelqu'un l'idée de construire un véritable chef-d'œuvre de palais, "il se pourrait alors que ce magnifique palais soit, en fait, destiné à un homme attaché à D. à la seule fin qu'il vienne, une fois dans l'avenir, s'abriter à l'ombre de l'un de ses murs et échapper ainsi à la mort".
Plusieurs années auparavant, le Hachem aurait ainsi préparé la délivrance de cet homme.

[ cela doit nous renforcer dans notre fierté d'être juifs (à quel point Hachem fait en sorte que tout soit à notre avantage!), et nous pousser à agir de notre mieux en tant que juifs (rendre Hachem fier de nous!). ]

Quelques éléments sur le récit de Pourim (2e partie)

+ Quelques éléments sur le récit de Pourim (2e partie) :

-> "Dans chaque pays, partout où la parole et le décret du roi arrivaient, il y avait un grand deuil parmi les juifs avec jeûne, pleurs et lamentations. Toile de sac et cendres étaient portés par beaucoup" (Esther 4,3)

-> Bien que les Juifs de Chouchan aient appris qu'un décret de mort était issu contre eux, ils savaient au moins qu'il ne prendrait effet que le 13 Adar. Dans sa capitale, le roi pouvait préserver l'ordre.
Mais dans les provinces plus lointaines, l'antisémitisme montait et l'on craignait que les non-juifs ne tuent les juifs bien avant le moment prévu. Les persécutions croissaient. Dans plusieurs villes, des Juifs étaient déjà assassinés. De nombreux Juifs prenaient déjà le deuil de leurs proches parents.
[Yad haMélé'h]

-> D. les punissait mesure pour mesure : ils s'étaient réjouis au festin d'A'hachvéroch pendant 6 jours (et ne restèrent chez eux que le Shabbat). A présent, ils étaient accablés de 6 tourments : deuil, jeûne, pleurs, lamentations, toile de sac et cendres.
Généralement, une tragédie est plus facile à supporter lorsqu'on la partage ; une personne peut consoler l'autre. Mais là, toile de sac et cendres étaient portés par tous. Puisque personne n'allait survivre, il ne pouvait y avoir de consolation.

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+ Le sort de Daniel :

-> "Esther convoqua Hatakh, l'un des domestiques du roi désigné pour se tenir devant elle, et lui ordonna [d'aller interroger] Mordé'haï. Que se passait-il? Et pour quelle raison?" (Esther 4,5)

-> Hatakh n'était nul autre que Daniel. (guémara Méguila 15a)
La valeur numérique du nom Daniel étant de 95, la même que celle d'Haman, Daniel changea de nom. [Manot haLévi]

Selon la guémara (Méguila 15a), il fut appelé Hatakh parce qu'il avait été retranché ('hatakh) de sa haute fonction. [En tant que l'un des principaux conseillers de Belchazar, Darius et Cyrus] il avait accédé au pouvoir suprême dans le gouvernement.
Le Maamar Mordé'haï ajoute que sachant qu'il était juif et non indifférent au décret issu contre son peuple, le roi l'avait démis de sa fonction et l'avait mis à la disposition d'Esther.

-> "Ils dirent à Mordé'haï ce qu'Esther avait dit" (Esther 4,12)
[Le pluriel montre que d'autres que Hatakh transmirent le message d'Esther.]
Certains commentateurs disent qu'Haman remarque les fréquentes rencontres entre Haman et Mordé'haï. Il les soupçonna de conspirer pour l'abrogation du décret contre les juifs.
Haman ignorait qu'Esther était juive mais il savait qu'elle avait grandi dans la maison de Mordé'haï et qu'elle était probablement favorable aux juifs.
Même si elle ne pouvait tous les sauver, elle pourrait tenter d'épargner Mordé'haï, le pire ennemi d'Haman. [midrach Yalkout Chimoni]
Afin d'empêcher toute communication entre Esther et Mordé'haï, Haman fit exécuter Hatakh.

[Ceci ne dissuada pas Esther, qui trouva d'autres messagers de confiance.]
La mort de Daniel aux mains d'Haman constitua une expiation pour Israël. Quand un saint meurt et que le peuple prend convenablement le deuil, D. pardonne Son peuple.

Selon le Manot haLévi, lorsque Esther demanda aux juifs de jeûner pendant 3 jours pour expier les 3 fautes qu'elle aura à commettre : premièrement, lorsqu'elle entrera chez le roi, elle devra consommer volontairement sa nourriture non-cashère. Deuxièmement, elle devra se soumettre à lui de son plein gré, quoi qu'il lui demande. Auparavant elle était sa femme malgré elle, mais là elle devait s'y rendre de son plein gré.
Enfin, elle demanda aux juifs de prier principalement pour que D. pardonne sa responsabilité dans la mort de Hatakh.

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-> Esther jeûna et pria également de son côté pour que D. pardonne au peuple d'avoir mangé et bu au festin d'A'hachvéroch.
Elle retira ses robes royales et se revêtit de toile de sac et de cendres. Pendant 3 jours, elle jeûna et pria, se couchant à terre et supplia Hachem : "D. d'Israël! Tu as créé le monde et Tu le gouvernes. Aide-moi, je T'en prie! Je n'ai personne d'autre que Toi. Aide-nous, mon peuple et moi, à venir à bout de notre redoutable ennemi. Pardonne nos fautes et écoute-nous lorsque nous T'implorons dans le malheur. Fais que le roi me considère avec bienveillance lorsque j'irai à lui. Fais que j'entre en paix et que je sorte en paix".

Les 3 jours de jeûne, de prière et de méditation avaient amené Esther à un niveau très élevé de perception spirituelle (roua'h hakodech).

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-> "Mordé'haï partit et fit tout ce qu'Esther lui avait ordonné" (Esther 4,17)

-> Mordé'haï fut d'accord avec Esther et décréta un jeûne bien que ce fût Pessa'h.
Puisque des vies étaient en jeu ; même un jour de délai pouvait s'avérer dangereux.

Mordé'haï rassembla tous les juifs de Chouchan, parmi lesquels 12 000 Cohanim. Chacun prit un Shofar dans la main droite et un rouleau de la Torah dans la gauche.
Ils pleurèrent et prièrent : "Maître de l'univers! Tu nous as donné une Torah pour que nous l'étudiions et que nous l'accomplissions et que nous l'accomplissions. Si Ton peuple est annihilé, qui l'observera? Qui prononcera Ton Nom? Même le soleil et la lune cesseront de briller".

Mordé'haï envoya également des lettres disant aux juifs des provinces éloignées de jeûner pendant 3 jours.
Selon une opinion (Téchouvot Rivach), les juifs ne devaient pas jeûner 3 jours de suite car cela est pratiquement impossible. Ils reçurent pour instruction de jeûner 3 jours, le lundi, le jeudi et le lundi suivant, comme certaines personnes le font encore aujourd'hui.
Comme pour les jeûnes importants, ils jeûnèrent pendant 24h, nuit et jour.

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-> "Cette nuit-là, le sommeil du roi fut troublé. Il demanda qu'on lui apporte les Archives, les chroniques, qui furent lues en présence du roi" (Esther 6,1)

[contexte : Haman avait participé au 1er festin de la reine Esther avec le roi A'hachvéroch, puis il a construit la potence avec la volonté le lendemain matin de demander une petite faveur : se débarrasser de Mordé'haï. (la potence étant si haute qu'on la voyait du palais)]

-> Après avoir construit la potence, Haman alla voir Mordé'haï une dernière fois. Il le trouva vêtu de toile de sac en train de donner un cours à une foule d'enfants.
Haman ordonna à ses hommes d'enchaîner les enfants et de les jeter en prison afin de les tuer avant de s'occuper de Mordé'haï.
Apprenant que leurs enfants étaient en prison, les mères s'empressèrent de leur apporter à boire et à manger. Elles sanglotaient : "Mangez au moins avant de mourir!".
Les enfants fermèrent leurs livres, les placèrent sur leur cœur et jurèrent sur la vie de Mordé'haï qu'ils mourraient en gardant le jeûne.
Restés en prison, ils prièrent de tout cœur. Leurs prières sincères secouèrent les cieux.
[c'est la signification du verset : "Cette nuit-là, le sommeil du roi fut troublé" = ces enfants ont troublé le Roi de l'univers (Hachem)]

Ce furent ces prières qui annulèrent le décret divin contre les juifs.
Hachem perturba le sommeil d'A'hachvéroch. Dans ses rêves étranges, il vit Haman se diriger vers lui et lui enlever sa couronne et ses vêtements d'apparat avec, en main, une épée brandie pour le tuer. Le roi s'éveilla en sursaut et se rendit compte qu'il ne s'agissait pas là d'un rêve anodin. C'était le signe qu'Haman complotait contre lui.
La potence qu'Haman avait construite devait lui être destinée autant qu'à Mordé'haï. [Yaarot Dvach]

Cette nuit-là était le soir de Pessa'h, jour propice aux prodiges et aux miracles. Les juifs célébrèrent le Sédèr et louèrent D. pour le miracle de la sortie d'Egypte. Hachem se souvint de la foi avec laquelle les Bné Israël Le suivirent dans le désert lorsqu'ils quittèrent l'Egypte et décida d'intervenir en leur faveur,

Après son festin avec Esther, le roi, ivre et épuisé, tituba jusqu'à son lit, à peine capable de garder les yeux ouverts. Cependant, dès qu'il fut allongé, il se trouva brusquement tout à fait éveillé, comme si quelqu'un essayait de le tirer de son sommeil. [Alchikh haKadoch]
C'était comme si quelqu'un le secouait d'avant en arrière, puis le soulevait et le laissait tomber plusieurs fois de suite. Il entendit une voix lui dire : "Ingrat! Ingrat! Lève-toi et dédommage ton bienfaiteur!"
Le roi, ne comprenant pas à quoi il était fait allusion, en fut fort troublé.

Le roi A'hachvéroch demanda donc à voir les archives, un livre citant toutes les dettes d'honneur du roi.
Lorsque la dette était payée, on faisait une marque dans ce livre et le paiement était enregistré dans els chroniques du palais. Tous le faits devraient donc être passés en revue avant qu'Esther ne fasse sa requête (dans la journée lors du 2e festin). [Yossef Léka'h]
[il a alors pu voir que Mordé'haï avait sauvé la vie du roi, en rapportant à Esther le complot de Bigtan et Térech qui étaient en train de vouloir tuer le roi par empoisonnement. Or, Mordé'haï n'a reçu aucune récompense cela.]

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-> "Le roi dit à Haman : Hâte-toi! Prends les vêtements et le cheval comme tu l'as dit et accomplis cela pour Mordé'haï, le juif" (Esther 6,10)

-> Le roi A'hachvéroch était prêt à accorder tous les honneurs à Mordé'haï en dépit de sa haine contre les juifs car celle-ci n'était pas le résultat d'un préjugé mais de la crainte de les voir se rebeller et lui prendre la couronne. Les astrologues royaux avaient prédit qu'un juif porterait la couronne royale ; A'hachvéroch ne savait pas que leur prédiction portait sur Darius, le fils né de son mariage avec Esther.

A présent, A'hachvéroch entrevoyait à ce moment une solution simple : que Mordé'haï porte sa couronne durant le défilé. Cela sera suffisant que soit réalisée la prophétie et il n'aurait désormais plus rien à craindre à ce sujet (ses astrologues lui ayant prédit qu'un juif porterait la couronne royale).
Par conséquent, lorsqu'Haman fit tout son possible pour empêcher le roi d'accorder cet honneur à Mordé'haï, le roi insista sans relâche.
[Yaarot Dvach]

-> "Haman prit les vêtements et le cheval et habilla Mordé'haï. Il le fit chevaucher dans la rue principale de la ville et annonça devant lui : "Ainsi sera fait à l'homme que le roi désire honorer"" (Esther 6,11)

-> Esther avait appris que Mordé'haï allait être conduit à travers la ville de Chouchan et honoré pour avoir sauvé la vie du roi. Elle donna l'ordre que tous les magasins soient fermés afin que le peuple puisse assister au défilé.
Lorsqu'Haman tenta de trouver un établissement de bain et un coiffeur, il n'en trouva pas d'ouverts.
En fin de compte, Haman n'eut pas d'autre choix que de faire chauffer de l'eau et de faire couler un bain pour Mordé'haï. [guémara Méguila 16a]
Selon le Maharacha, comme cela n'étant pas inclus dans l'ordre du roi, Haman peina encore davantage en le faisant. Mais il avait vu la colère du roi et craignait que le roi ne le soupçonne de désobéissance. Il dut donc donner un bain à Mordé'haï de ses propres mains.

Haman alla ensuite chercher un coiffeur pour lui faire couper les cheveux mais n'en trouva guère. Tous avaient fermé leur échoppe en attente du grand défilé. [guémara Méguila 16a]
Haman voulut appeler l'un de ses esclaves pour le faire mais Mordé'haï s'y opposa. Un autre qu'Haman pourrait lui faire du mal et dire que c'était un accident. Haman, lui, savait que le roi le surveillait.
Sans autre alternative, Haman rentra chez lui prendre ses ciseaux et son équipement. Il soupirait et gémissait en coupant les cheveux de Mordé'haï.
Mordé'haï demanda : "Pourquoi gémis-tu?"
Haman lui répondit : "Te rends-tu compte? Un homme comme moi! L'homme que le roi a promu au-dessus de tous les gouverneurs et qui dirige le royaume entier. Et je suis réduit à faire office de coiffeur! Est-ce cela qui arrive à l'homme que le roi désire honorer?"
Mordé'haï dit : "Tu parles comme si cela était une chose que tu n'as jamais faite. Je sais très bien que toi et ton père étiez coiffeurs et employés dans un établissement de bain à Circésium (dans le Talmud : Kartzoum). C'est pour cela que tu possèdes ces ciseaux et cet équipement".
Lorsqu'il eut terminé de raser Mordé'haï, Haman l'habilla des somptueux vêtements de cérémonie et plaça la couronne sur sa tête.

Mordé'haï enfourcha le cheval du roi et se mit à louer Hachem : « Je te louerai, D., car Tu m'as élevé et que Tu n'as pas laissé mes ennemis se réjouir à mes dépens" (Téhilim 30,2).
Il y avait 27 000 hommes portant des verres en or et des coussins qui défilèrent devant Mordé'haï en chantant : "Ainsi sera fait à l'homme que le roi désire honorer".
Tous les hommes juifs suivirent Mordé'haï, débordants de joie. Les femmes juives qui ne pouvaient quitter leur demeure regardaient le défilé par la fenêtre et chantaient aussi : "Ainsi sera fait à l'homme que le roi désire honorer".

Esther s'avança pour saluer Mordé'haï. Le voyant chevaucher le cheval du roi et porter ses vêtements, elle offrit des remerciements à Hachem. Elle dit à Mordé'haï : "C'est la réalisation du verset : '[D.] relève les indigents de la poussière ; des ordures Il élève les désespérés" (Téhilim 113,7). Grâce à ta toile de sac et à tes cendres, Dieu t'a élevé". [Targoum ; Manot haLévi]

Le défilé passa bientôt devant la maison d'Haman. La fille d'Haman regardait, elle aussi, par la fenêtre. Elle vit un homme mener le cheval, totalement humilié et brisé. L'homme assis sur le cheval doit être père tandis que Mordé'haï conduit son cheval. Quelle occasion rêvée d'humilier Mordé'haï!
Elle attendit que l'homme à pied se trouvât juste sous sa fenêtre. Accompagnant son geste d'une insulte, elle vida son pot de chambre sur sa tête, pensant qu'il s'agissait de Mordé'haï.
Le contenu répugnant du pot atterrit sur la tête d'Haman. Il leva les yeux pour voir qui avait osé lui faire pareille offense. A ce moment-là, la jeune fille reconnut son père. Pris de panique, elle tomba de la fenêtre et mourut sous l'effet de sa chute. [guémara Méduila 16a ; Yéfé Enayim]

-> "Haman fut poussé chez lui, désespéré et le visage couvert" (Esther 6,12)
Une odeur repoussante émanait d'Haman à cause des saletés qui le couraient et les gens le repoussaient loin d'eux.
Au-delà de son humiliation personnelle, Haman perdait sa fille préférée, celle qu'il aurait tant voulu qu'elle devînt reine et voilà le résultat.
Il avait si honte qu'il ne voulait être reconnu par personne.
En une matinée, il était tombé des plus hauts sommets aux plus profonds abîmes. [Yad haMélé'h]

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-> "Mordé'haï retourna à la Porte du Roi" (Esther 6,12)

-> Mordé'haï retourna au Sanhédrin qui s'était rassemblé à la Porte du Roi. Il ôta ses vêtements royaux et poursuivi son jeûne. Il revêtit une toile de sac, répandit des cendres sur sa tête et pria jusqu'au soir.
II demanda aussi à tous les juifs d'aller à la synagogue et de prier pour une intervention divine. [Maamar Mordé'haï]

En fait, Mordé'haï était très inquiet de l'honneur qui lui avait été accordé.
Il dit aux juifs assemblés : "J'espérais obtenir une audience avec le roi et lui demander de rétracter le décret. Mais à présent qu'il m'a récompensé pour lui avoir sauvé la vie, j'ai perdu toute possibilité d'action. Notre seul espoir est en D., à présent".
[ensuite dans la journée va se tenir le 2e festin d'Esther, avec une issue positive pour le juif b'h.]

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-> "Le roi A'hachvéroch donna à la rein Esther la maison d'Hamn ...le roi ôta sa bague, qu'il avait reprise à Haman, et la remit à Mordé'haï. Esther mit Mordé'haï à la tête de la maison d'Haman" (Esther 8,2)

-> Le premier ministre détenait la chevalière du roi. Jusqu'alors, D. fit qu'elle se trouvât dans la main d'Haman afin que les juifs aient peur et se repentent. Dès qu'ils se furent repentis, D. les prit en pitié. [Manot haLévi]
Le roi A'hachvéroch décida de nommer Mordé'haï premier ministre et lui donna la bague royale.
La reine Esther, en nomma Mordé'haï comme exécuteur de la propriété d'Haman.
Esther recommanda à Mordé'haï de distribuer la richesse d'Haman aux juifs en compensation du tort qu'il leur avait causé par ses décrets.
Dès lors que le roi avait donné à Mordé'haï sa chevalière, il se rangea à toutes les décisions de Mordé'haï vis-à-vis des biens d'Haman.

[en donnant une énorme richesse à Haman, nous seulement Hachem lui assurait une chute de plus haut, mais également Il préparait de grandes richesses à venir pour les juifs.]

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-> "Dans chaque pays et chaque ville où la parole et la loi du roi arrivait, il y avait joie et bonheur pour les juifs, un festin et un jour de fête. Un grand nombre des gens du peuple acceptèrent le judaïsme car la crainte des juifs était tombée sur eux" (Esther 8,17)

-> Le roi envoya des copies de l'édit de Mordekhaï à toutes les provinces reculées. Partout où le décret était lu, joie et bonheur régnaient chez les juifs. Ils comprirent que c'étaient eux qui devaient être prêts pour le jour fatidique et ils se réjouirent comme pour un jour de fête. [guémara Méguila 16b]

-> Les membres de l'aristocratie prirent si fortement le parti des juifs que c'était comme s'ils s'étaient convertis. [Manot haLévi]
Selon le Yad haMélé'h, de nombreux ennemis des juifs se déguisèrent en juifs tant leur crainte était grande.

De nombreux juifs ignorants avaient abandonné les commandements, pensant que, lorsque leur vie était en danger, ils pouvaient renoncer totalement à l'observance de la Torah. Cependant, lorsqu'ils virent Mordé'haï et ses disciples pratiquer ouvertement leur judaïsme aux plus hauts échelons du gouvernement, ils renouèrent leur lien au judaïsme. Pour beaucoup, c'était presque comme s'ils apprenaient une nouvelle religion.

[source : compilations personnelles issues du Méam Loez - Méguilat Esther ]

"Il fit les planches pour le tabernacle (michkan), 20 planches du côté sud ... Et pour le 2e côté du tabernacle au côté nord, il fit 20 planches ... Et au fond du tabernacle vers l'ouest, il fit 6 planches.
Et il fit 2 planches pour les angles" (Vayakel 36, 23&25&27&28)

-> Dans le Yalkout Chimoni (365), nos maîtres rapportent que lorsque Hachem ordonna à Moché de construire le michkan (le sanctuaire), celui-ci s'étonna :
"L'honneur de Hachem remplit les mondes supérieurs et inférieurs : comment peut-Il m'ordonner de construire un michkan pour y faire résider Sa présence?"
Hachem lui dit : "Cela n'est pas comme tu le penses ; mais tu le feras en plaçant 20 poutres au nord, le même nombre au sud et 8 à l'ouest. De plus, Je descendrai et Je ferai régner Ma présence dans un autel d'une coudée de côté".

Rav Aharon Yéhouda Leib Steinman explique que nos maîtres nous dévoilent ici comment l'homme peut faire résider la présence divine dans le monde : c'est en exécutant tous les commandements de Hachem. En effet, si D. n'avait pas précisé comment construire le michkan, et qu'il avait laissé Moché le faire selon sa compréhension et sa volonté, la présence divine et la sainteté n'auraient pas été aussi grandes.
C'est pourquoi Hachem fit savoir à Moché qu'il suffisait d'exécuter de manière précise tous Ses commandements : 20 poutres au nord, 20 au sud, 6 à l'ouest et 2 aux angles pour qu'Il puisse résider le michkan.
Ainsi, conclut Rav Steinman, même sans le michkan, nous pouvons aujourd'hui bénéficier de la présence de Hachem parmi nous, en accomplissant précisément toutes les mitsvot qu'Il nous a ordonnées.

"Ils vinrent, tout homme que portait son cœur, à l'esprit généreux, qui apportèrent le tribut de Hachem pour la construction de la tente d'assignation et pour tout son service, ainsi que pour les vêtements sacrés" (Vayakel 35,21)

-> Le Ben Ich 'Haï fait remarquer que, pour la construction du michkan, en plus de bonne volonté, les Bné Israël devaient faire preuve de "sentiments élevés".
C'est ce que signifie l'expression "tout homme que portait son cour" = il s'agissait effectivement de participer avec joie à cette construction.
Dans notre verset, la Torah tient à nous avertir que lorsque l'homme veut donner la tsédaka (la charité), le mauvais penchant s'efforce, par différents arguments, de le convaincre qu'il lui est difficile d'accomplir cette mitsva. Ainsi, ce don sera fait, sinon avec tristesse, du moins avec peine, et altérera sa valeur.

Rav Haïm Vittal écrit que, concernant la mitsva de tsédaka, il faut veiller particulièrement à la réaliser avec joie.

Le Ben Ich 'Haï ajoute que la tristesse est symbolisée par la terre, le plus inférieur des 4 éléments : la terre, l'eau, l'air et le feu.
En revanche, pour susciter la joie, il faut porter son regard vers le haut, vers Hachem, et de cette façon élever son cœur vers la spiritualité. On pourra alors réaliser la mitsva de tsédaka, ainsi que toutes les mitsvot, dans la joie.

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"Tout homme dont le cœur est inspiré viendra" (Vayakel 35,21)

-> Le Ramban écrit que la Torah se réfère à ceux qui vinrent tisser, coudre et construire. Où ces personnes avaient-elles appris à effectuer des tâches si habiles?
Le Ramban répond qu’elles découvrirent ce talent caché, grâce à leur profond désir d’accomplir la volonté d’Hachem, d’aider à construire le Michkan. En voyant une telle ardeur, Hachem leur donna la possibilité de faire des choses qu’elles n’avaient jamais apprises.

-> Le rav Yéhonathan Gefen commente :
Hachem accorde à chacun des talents uniques qui doivent l’aider à atteindre son objectif sur terre. Connaissant nos forces et nos faiblesses, nous risquons de limiter nos activités aux secteurs dans lesquels nous excellons et d’ignorer ceux dans lesquels nous nous sentons moins doués.
Si quelqu’un s’estime, par exemple, incapable de parler en public, il sera intimidé, même quand il sera nécessaire de discourir, parce qu’il s’est "étiqueté" comme incompétent dans ce domaine. Le Ramban nous prouve que cette attitude est erronée ; les hommes qui se sont lancés dans la construction du Michkan n’étaient pas conscients de leur savoir-faire. Mais leur dévouement leur fit découvrir des talents jusqu’alors cachés, qui purent être utilisés pour accomplir la volonté Divine.

Plusieurs personnes décidèrent de dévoiler des dons insoupçonnés et accomplirent, par conséquent, de grandes choses. L’un des exemples les plus remarquables est celui du Nétsiv. Ce dernier raconta que dans son enfance, il manquait de sérieux dans son étude de la Torah. Ses parents déployèrent tous les efforts possibles pour l’aider à changer, mais en vain. Un soir, il surprit l’une de leurs discussions à propos de ses échecs, ils conclurent qu’il n’avait aucune chance de devenir un Talmid ’Hakham (érudit en Torah) et qu’il valait donc mieux qu’il devienne cordonnier. Ils espéraient toutefois qu’il resterait pratiquant, honnête et dévoué.
En entendant cela, le Nétsiv, choqué, décida de prendre ses études de Torah au sérieux ; cet incident lui fit un tel effet qu’il changea complètement d’attitude et il devint un Gadol (littéralement, un "Grand" ; dirigeant spirituel). Comment réussit-il à atteindre un si haut niveau? Grâce à son désir de persévérer dans l’étude, c’est ce qui lui fit découvrir ce potentiel exceptionnel ...

"Plusieurs efforts ont parfois été fournis sans porter de fruits et c’est peut-être la preuve que nous sommes dispensés de trop en faire", pourrait-on ajouter.
Le 'Hafets 'Haïm répond à cet argument ; il montre tous les efforts que nous sommes prêts à fournir pour nos intérêts personnels. Par exemple, si les affaires déclinent, on ne va pas abandonner rapidement ; on va réfléchir sans cesse à tous les moyens possibles pour améliorer la situation (ex: on prendra même conseil chez d’autres hommes d’affaires) jusqu’à ce que celle-ci se stabilise. Si la volonté d'Hachem avait la même valeur à nos yeux, on chercherait toutes sortes de stratégies, on prendrait conseil, on demanderait de l’aide, etc. pour soutenir la Torah afin que son étude ou son observance ne soit affaiblie. Et Hachem nous aiderait certainement à mener à bien cette tâche. Mais nos motivations ne sont pas si nobles. On a tendance, quand on ne voit pas de solution, à esquiver immédiatement toute initiative ...
[on abandonne trop vite, et on s'investit pas de toutes nos capacités, au point où peut s'accomplir les paroles ci-dessus du Ramban : "elles découvrirent ce talent caché, grâce à leur profond désir d’accomplir la volonté d’Hachem, d’aider à construire le Michkan. En voyant une telle ardeur, Hachem leur donna la possibilité de faire des choses qu’elles n’avaient jamais apprises".
A cause de cela on se prive de réaliser tellement de belles et grandes choses dans notre vie, tout cela parce qu'on écoute notre yétser ara qui endort notre aspiration intérieure à faire la volonté de D., au mieux.]

=> Ainsi, les gens dont le cœur fut inspiré pour accomplir la volonté d’Hachem et construire le Michkan découvrirent des forces et des talents complètement insoupçonnés. Nous avons tous également la capacité de dépasser nos limites et de réaliser ce qui nous parait impossible!

Les festins d’A’hachvéroch

+ Les festins d'A'hachvéroch :

-> A'hachvéroch n'ayant pas bien compté, il était rassuré que les juifs n'aient pas été délivrés et ramenés de Babylonie en terre d'Israël au bout de 70 ans, en accord avec la promesse d'Hachem.
Cependant, A'hachvéroch se rendait bien compte qu'il n'y aurait aucune garantie que la promesse de D. ne fût pas exécutée un jour ou l'autre. Ce n'était pas D. qui l'empêchait mais les juifs eux-mêmes. S'ils se repentaient, ils seraient délivrés aussitôt.

Haman conseilla au roi de donner un grand festin, d'utiliser les ustensiles du Temple et d'inviter tous les juifs à boire et à manger.
Ce festin d'A'hachvéroch allait célébrer un laps de 70 ans sans délivrance des juifs. Même s'ils ne mangeraient et ne buvaient pas, leur place n'était pas à ce festin. Leur participation indiquait qu'ils avaient abandonné tout espoir, ce qui, en soi allait empêcher leur délivrance.
Haman donna ce conseil à A'hachvéroch dans le but de dissiper ses craintes. [Zéra Béra'h - Tétsavé]

Selon midrach (Yalkout Chimoni), au cours des 3 premières années de son règne, A'hachvéroch ne mit pas la couronne sur sa tête ni ne s'assit sur son trône royal. Il ne se sentait pas en sécurité et appréhendait sans cesse une révolution (des juifs, voulant retourner en Israël).

Le verset (Esther 1,3) nous apprend que pendant la 3e année de son règne (soit en -366 avant l'ère vulgaire), il fit un grand festin qui durera 180 jours (Esther 1,4).

Parmi les autres raisons de ce festin, on peut citer : la fabrication de son trône à Chouchan fut achevée, la marine d'A'hachvéroch a vaincue et capturée une armée navale qui avait attaqué ses frontières, il a épousé Vachti en cette année, il voulait montrer sa richesse.

-> "Il (A'hachvéroch) leur montra la glorieuse richesse de son royaume et la majesté de son faste royal, pendant 180 jours" (ESther 1,4)
Chaque jour, A'hachvéroch apparaissait au festin revêtu des vêtements du Cohen Gadol que Névou'hadnezar avait rapportés de Jérusalem.
Telle était "la gloire" (kavod) et la "majesté" (tiféret) dont parle verset.
En effet, à propos des vêtements du Cohen Gadol, D. avait dit à Moché : "Tu feras des vêtements sacrés pour son frère Aharon en tant que gloire et que majesté" (Tétsavé 28,2).
[rabbi Elicha ben Gavriel Gallico - pérouch al Méguilat Esther]

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-> Le festin commença au mois de Nissan lorsque les journées commencent à s'allonger.
A'hachvéroch profita de la lumière du jour pour montrer ses richesses à loisir. Les longues journées d'été furent passées à festoyer.
Aucun jour ne ressemblait à l'autre. Les trésors exhibés étaient changés quotidiennement et aucun ne fut exposé plus d'une fois. Le menu du festin était chaque jour différent lui aussi ; le même plat ne fut jamais servi 2 fois.
Pour que cela dure pendant 6 mois, d'immenses ressources étaient nécessaires, ce qui mit au grand jour la puissance d'A'hachvéroch. [Maamar Mordé'haï]

A'hachvéroch était si riche que les 180 jours de festin ne lui furent pas plus difficiles à organiser qu'un festin d'un jour.
Les repas d'un seul jour de ce banquet auraient suffi pour 180 jours d'un autre festin. Son banquet entier de 180 jours équivalait donc à un festin habituel de180 fois 180 jours, c'est-à-dire 32 400 jours (soit plus de 88 ans). [Dena Pichra]

Certains commentateurs disent qu'A'hachvéroch divisa son banquet en 18 sessions de 10 jours (soit 180 jours) destinées, chacune, à différentes catégories d'invités. Au cours des 7 premiers jours de chaque session de 10 jours, il offrait à boire et à manger à ses hôtes et pendant les 3 derniers jours, il déployait sa fortune.
A chacune de ces 18 sessions, il invita les gouverneurs de 7 pays différents, si bien qu'au total, 126 pays participèrent à ce festin.
Le seul pays à ne pas y être représenté était la ville-état de Chouchan, sa capitale.

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+ Le festin de Chouchan :

-> "A la fin de cette période, le roi fit un festin pour tous les habitants de la capitale Chouchan, grands comme petits, pendant 7 jours, dans la cour du jardin du palais royal" (Esther 1,5)

A'hachvéroch dépensa autant d'argent pour ce festin de 7 jours qu'il en avait dépensé pour le banquet de 180 jours.
Ce festin pour les citoyens de Chouchan coïncidait avec les 10 jours de téchouva, et il allait prendre fin le jour de Yom Kippour. [Yaarot Dvach]
Durant ces jours, les juifs devaient particulièrement éviter de participer à un banquet de non-juifs.
Par conséquent, lorsque le roi lança ses invitations à ce banquet, aucun des dirigeants juifs n'étaient présents. Les menaçant de peines très sévères, le roi contraignit les juifs à revenir à Chouchan pour assister au banquet.
En tout 18 500 personnes s'y rendirent, et une fois présentes y prirent part. [midrach Yalkout Chimoni ; midrach Esther rabba 7,13]

Etant donné qu'A'hachvéroch voulait montrer aux citoyens de la capitale une considération particulière, il ne les fit pas asseoir là où il avait fait son festin de 180 jours. Il préféra les installer dans la cour du jardin du palais. C'était un jardin splendide, planté d'arbres rares et de fleurs parfumées, et décoré des plus beaux joyaux. [midrach Yalkout Chimoni]

-> A'hachvéroch fit un banquet qui flattait 4 des 5 sens : celui du goût, par la nourriture et la boisson ; le sens de la vue, par les belles tentures et les décorations (il y en avait tout autour attachées à des colonnes de marbre pour protéger les invités des éléments naturels extérieur - cf. Esther 1,6) ; le sens de l'odorat, par le parfum des arbres en fleur; le sens du toucher, par les belles couches mises à la disposition de chaque invité.

Le seul sens non éveillé était celui de l'ouïe.
Bien que le roi eût à sa disposition les musiciens les plus habiles, il ne fit pas jouer de musique à son banquet. En effet, les gens ont des goûts différents et ceux qui n'apprécient pas la musique ne peuvent éviter de l'entendre.
De plus, la musique peut conduire l'homme à un état spirituel très élevé. Elle peut même amener l'homme à un niveau où l'âme est prête à quitter son corps ; elle le fait pénétrer dans un monde mystique transcendant.
A'hachvéroch ayant précisément préparé le banquet pour faire transgresser aux juifs la Torah, cette élévation spirituelle était la dernière chose qu'il souhaitait. [Manot haLévi ; Alchikh haKadoch]

Dans le verset (Esther 1,6) décrivant cela, le mot 'hour, signifiant "blanc", la lettre 'het est écrite en grand. Sa guématria est de 8, allusion au fait qu'A'hachvéroch portait les 8 vêtements du Grand-Prêtre à son banquet. Pour cette faute, il fut puni par la rébellion de Vachti qui transforma son festin en cauchemar. [Manot haLévi]

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-> "On servait la boisson dans des verres d'or et chaque verre était différent, avec beaucoup de vin royal comme il est digne d'un roi" (Esther 1,7)

Selon Rachi : l'homme le plus simple se voyait servir du vin dans une coupe d'or. Chaque verre utilisé au banquet était de forme différente : nul n'était semblable à l'autre.
Selon le midrach : chaque fois qu'un homme buvait dans un verre, il avait le droit de le garder. A chaque fois qu'il était servi, il recevait un verre neuf.
On pourrait penser que, puisque les verres étaient offerts, les serveurs auraient ordre de ne pas les donner sans compter. Mais non, le verset affirme : "avec beaucoup de vin royal, comme cela est digne d'un roi".

Le Pirké déRabbi Eliézer (49) enseigne que les verres et les plats utilisés au festin venaient du Saint Temple. Comparé à ces magnifiques ustensiles, l'or le plus fin d'A'hachvéroch était semblable à du cuivre ou du plomb.
Pour avoir utilisé des ustensiles du Temple, A'hachvéroch méritait la mort comme son beau-père Belchazzar. Il fut sauvé parce qu'il était destiné à épouser Esther et à engendrer Darius II qui reconstruisit le Temple et en restituerait les ustensiles, mais son festin fut quand même gâché par l'incident de Vachti.

-> Selon le Imré Shéfer (Tétsavé), A'hachvéroch et Haman tentèrent, mais en vain, de faire boire aux juifs du vin non-juif. Le vin servi aux juifs avait été fabriqué par des juifs et leur était servi dans des pichets scellés. Etant donné que les verres étaient constamment changés, le risque qu'un juif bût du vin laissé par un non-juif était nul. Ce vin est appelé le "vin royal" ou "vin du royaume" parce que les juifs l'avaient donné en impôt au gouvernement.

La guémara (Méguila 7b) enseigne : "A pourim, un homme doit s'enivrer jusqu'à ce qu'il ne sache plus la différence entre 'maudit est Haman' et 'béni est Mordé'haï'".
=> Pourquoi un homme ivre devrait-il maudire Mordé'haï ou bénir Hamna?
Le Méam Loez explique que la principale excuse des juifs était d'avoir été ivres lorsqu'ils fautèrent au festin d'A'hachvéroch. C'est donc le vin qui leur valut d'être délivrés. Et pourtant, ils durent jeûner et se repentir pour s'être laissés aller à s'enivrer.
Après la délivrance des juifs, Mordé'haï et Esther firent statuer par le Sanhédrin que le jour de Pourim, les juifs se souviennent qu'ils avaient été sauvés en raison de leur ivresse. Ils devraient boire jusqu'à ne plus reconnaître la différence entre le motif d'Haman et celui de Mordé'haï pour ne pas vouloir que les juifs soient forcés à boire au festin d'A'hachvéroch. Lorsque l'on est à peine ivre, on oublie facilement ce point.

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-> Ni le Sanhédrin ni les autres sages juifs de Chouchan ne mangèrent au banquet, ils s'y dérobèrent en quittant la ville.
Toutefois, Mordé'haï ne put s'y soustraire car en tant que représentant juif, il était responsable du festin avec Haman. Bien qu'il fût présent durant tout le festin il ne mangea rien. [Pirké déRabbi Eliézer 49]

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+ Le festin de Vachti :

-> "La reine Vachti fit également un festin pour les femmes dansle palais royal du roi A'hachvéroch" (Esther 1,9)

-> A'hachvéroch fit son festin notamment pour célébrer son mariage avec Vachti.
Cette dernière fit également un festin semblable pour les épouses des gouverneurs et leurs dames de compagnie. Son festin était en tous points égal à celui d'A'hachvéroch.
A'hachvéroch espérait que les juifs fauteraient en consommant le repas et en compromettant leur vertu. Vachti tenta de faire commettre aux femmes juives les mêmes fautes.
[comme A'hachvéroch, Vachti déploya sa richesse devant les femmes rassemblées. Elle alla jusqu'à pénétrer dans la salle du festin en portant les vêtements du Cohen Gaol, comme son mari l'avait fait. [midrach Yalkout Chimoni]

Selon le Achikh haKadoch, Vachti agit ainsi par fierté. Elle estimait qu'A'hachvéroch n'était devenu roi que grâce à son mariage avec elle, la fille du célèbre Belchazzar, et qu'il était semblable à Cyrus qui hérita le royaume de son beau-père Darius I. Elle pensait qu'elle aurait dû être couronnée en tant que régente mais que, puisque ce rang n'était pas accordé aux femmes, A'hachvéroch avait été nommé roi à sa place. Elle n'accordait pas plus de respect à A'hachvéroch que s'il avait été le concierge de son père.
La réalité était bien différente. A'hachvéroch hérita du trône de son père Cyrus, roi de Médie et de Perse. Après l'assassinat de Belchazzar,Vachti n'était plus qu'une simple orpheline. Si Darius n'avait pas eu pitié d'elle, elle aurait été tuée avec le reste de sa famille. C'était une étrangère qui ne devint reine que par son mariage avec A'hachvéroch.

Vachti désirait donc que son festin soit en tous points semblable à celui de son mari. Elle ne voulait pas lui être redevable en quoi que ce soit. Elle désirait montrer que c'était elle qui était réellement de sang royal.

Pour préserver les apparences, certains commentaires (ex: Manot haLévi) pensent que les femmes étaient assises sur un patio ouvert à l'intérieur d'un du palais de façon à ce que les hommes puissent les voir et les désirer. Vachti souhaitait effectivement montrer ses charmes aux hommes présents mais en fut empêchée pour les raisons que nous verrons bientôt.

Selon le Michkénot Yaakov, l'un des principaux motifs de Vachti était de faire fauter les juifs afin qu'ils ne soient plus dignes de reconstruire le Temple que son grand-père, Nevou'hadnezar, avait détruit.
D. la punit pour cela et la fit faire exécuter. Après sa mort, ce fut justement Esther qui prit sa place et son fils, Darius II, qui fit reconstruire le Temple (voir Ezra 5).

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-> Le premier jour du festin, Modé'haï et le Sanhédrin se rassemblèrent. Ils jeûnèrent pendant 6 jours, de dimanche à vendredi. Toute cette semaine, ils prièrent que D. n'anéantisse pas Israël.
Le 7e jour, Shabbath, leur prière fut agréée.
Hachem fit en sorte que cet épisode (Esther 1,11), où A'hachvéroch convoqua Vachti, se produisit un jour de Shabbath pour montrer que le Shabbath protège les juifs.
L'exécution de Vachti, qui marqua le début de leur délivrance, eut lieu un Shabbath.

Le Manot haLévi rapporte que bien que les juifs eussent participé au festin toute la semaine, ils restèrent tous chez eux le Shabbath de peur de profaner par inadvertance ce jour saint. C'est par ce mérite qu'ils furent sauvés.

-> Hachem provoqua la chute de Vachti le jour de Shabbath pour lui donner une punition appropriée.
Vachti avait l'habitude de convoquer des jeunes filles juives qu'elle faisait travailler nues à son service le Shabbath.
Vachti voulait que les juifs transgressent ce jour saint car son observance donne au peuple juif beaucoup de bienfaits. [Yaarot Dvach]
De plus, le Shabbath rapproche leur délivrance. Vachti tenta donc de toutes ses forces de faire oublier le Shabbath aux Juifs afin qu'ils n'aient plus espoir en la guéoula et la reconstruction du Temple.
Elle savait très bien que, lorsque les juifs l'observent, aucune nation du monde n'a de pouvoir sur eux. En le leur faisant transgresser, elle espérait consolider leur soumission envers elle et son mari.

Vachti fit un effort particulier pour inciter les femmes juives à fauter car elle savait qu'une femme peut exercer une grande influence sur son mari. Si les femmes devenaient immorales, les hommes ne tarderaient pas à les suivre.

Il y avait une raison supplémentaire à la chute de Vachti ce jour-là.
Comme le 7e jour du festin coïncidait avec Yom Kippour, ce jour où selon nos Sages (Yoma 20a) le Satan n'a pas le pouvoir d'accuser les juifs.
C'est un jour que le juif passe à jeûner et à prier à la synagogue. Par conséquent, en ce jour-là, la délivrance des juifs commença par la chute de Vachti.
Par le 2e festin (après celui de 180 jours), A'hachvéroch espérait faire fauter les Juifs en neutralisant leur sens moral. Il passa chaque jour de longs moments à élaborer des plans dans ce but.
Le 7e jour, Yom Kippour, les juifs quittèrent le festin pour prier dans les synagogues. N'ayant rien faire, A'hachvéroch conçut une nouvelle idée. Il fit appeler Vachti et lui dit : "Toute cette semaine, nous avons usé la résistance des juifs. A présent, ils sont prêts à renoncer à leur vertu mais ils ont honte. A nous de faire tomber leurs inhibitions! Je veux que tu te promènes dénudée parmi les invités.
Lorsque les courtisans te verront, ils feront de même et leurs femmes les suivront. Quoi que nous fassions, les femmes juives se promèneront nues aves hommes. Ensuite, nous pourrons laisser les choses suivre leur cours. Ils fauteront tant que que nous pourrons dormir tranquilles.
Le Temple ne sera jamais reconstruit et ils ne seront jamais délivrés de l'exil." [Michkénot Yaakov]

-> Vachti sur le point d'aller rejoindre le festin des hommes pour se présenter nue, elle jeta un dernier coup d'œil à son miroir, et elle vit qu'une éruption répugnante lui couvrait le corps. Sur son dos avait poussé une grande excroissance de sa peau qui ressemblait presque à une queue.
C'était là une punition divine pour sa fierté. [Manot haLévi]

-> Vachti fut brûlée vive. [Ibn Ezra]
Le roi A'hachvéroch ne haïssait pas Vachti pour ce qu'elle avait fait ; il la fit mettre à mort impulsivement sur le conseil d'Haman. Désormais, A'hachvéroch garda à l'extérieur de lui une haine profonde envers Haman pour lui avoir conseillé de tuer sa femme.
Au lieu de punir Haman ouvertement, le roi le traita comme son meilleur ami et l'éleva au plus haut rang du royaume, dans l'intention de l'élever suffisamment pour que sa chute fût d'autant plus rude.

[source : compilations personnelles issues du Méam Loez - Méguilat Esther]

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[ -> Plus nous prenons conscience de la grandeur du royaume d'A'hachvéroch, qui s'illustre par son incroyable richesse comme en témoigne ces festins totalement fous, alors plus nous pouvons prendre conscience de la grandeur du miracle de Pourim.
Et donc d'à quel point Hachem peut tout, à quel point Il veille sur nous et nous aime! En ce rappelant cela, la fête ne peut être que totale à Pourim! ]

"Pendant 6 jours sera fait le travail, et le 7e jour sera saint pour vous, un repos absolu en l'honneur de Hachem ; quiconque travaillera en ce jour sera mis à mort" (Vayakel 35,2)

-> Rachi précise au nom de nos Maîtres (Mékhilta Vayakel), l'interdiction du travail pendant le Shabbath a été placée avant la construction du michkan, pour signifier que cette dernière ne repoussera pas le Shabbath.

-> Le rav Yé'hiel Mikhel Feinstein écrit qu'on peut déduire de là le principe suivant :
même pour l'accomplissement d'une grande mitsva, il n'est pas permis de transgresser certains interdits.
Bien que la construction du michkan soit une grande œuvre (celle de faire résider Hachem dans ce monde), il est malgré tout interdit de transgresser le Shabbath pour le réaliser.

Nous remarquons également dans la paracha Chémot (2,4) que Moché fut puni pour n'avoir pas circoncis son fils le moment venu, bien qu'il fût envoyé par Hachem pour délivrer les Bné Israël (qui souffraient atrocement de l'esclavage) et leur faire recevoir la Torah.
En effet, on ne doit pas prendre uniquement en considération l'objectif fixé : du début jusqu'à la fin, notre travail doit être accompli dans les règles, selon la volonté de Hachem.
Dans le cas contraire, l'homme n'aura pas seulement commis un manque à son devoir, mais il en aura entaché le but.

Le Gaon de Vilna disait que celui qui étudie dans une maison dans laquelle se trouve un clou volé ne pourra pas réussir dans son étude.