Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Parce que tu n'auras pas servi Hachem ton D. avec joie" (Ki Tavo 28,47)

-> Rabbi Nissim Yaguen enseigne :
Après que avoir énuméré toutes les malédictions réservées à celui qui ne va pas dans ses voies et n'applique pas la volonté d'Hachem, la Torah conclut par ce verset.

Une énorme accusation est prononcée à l'encontre de celui qui ne sert pas son Créateur "avec joie et contentement de cœur", car les mitsvot lui semblent une lourde charge.

Hachem nous demande de Le servir avec joie.
Se lever tous les jours joyeux, porter les téfilin avec joie, prier avec joie, et durant toute la journée se réjouir et profiter de l'application des mitsvot de la Torah ...
=> Comment réussir à être constamment joyeux? Quel est le secret qui rendra l'homme toujours heureux dans l'application de la Torah et des mitsvot?
Par quelle force trouverons-nous dans chaque mitsva une source de profit, et non un fardeau ou une charge?

La réponse est enfouie dans le verset : "En ce jour, Hachem ton D. te recommande d'exécuter ces diverses lois et ces statuts" (Ki Tavo 26,16).
Rachi explique : "Qu'ils te paraissent nouveaux chaque jour, comme si on te les avait ordonnés ce jour-là".

Imaginez que le Steïpler en personne vienne vous demander de lui rendre un service, avec quelle joie et enthousiasme vous vous empresseriez d'agir.
Essayons d'imaginer que le 'Hafets 'Haïm aurait une demande, ou Rabbi Chimon bar Yo'haï ...
Notre exaltation serait difficile à décrire d'avoir un tel mérite ...
Si Rabbi Chimon bar Yo'haï se dévoilait à moi et me demandait de bien prier, je prendrais en main un livre de prières kabbalistes et commencerais à prier doucement en me concentrant sur chaque mot.

Comment dois-je me comporter lorsque Hachem se dévoile à moi et m'ordonne : "Et tu mangeras, et tu te rassasieras et tu rendras grâce"? Pourquoi mon birkat hamazon a-t-il si pauvre allure?

Hachem nous demande quotidiennement : "Appliquez devant Moi telle et telle mitsva".
Pourquoi ne sommes-nous pas choqués par la puissance de cet ordre? Pourquoi ne ressentons-nous pas un sentiment incommensurable?

Le Créateur du monde en personne tape à notre porte ...
Nous sommes stupéfaits : "Maître du monde, pourquoi t'es-Tu dérangé?"
Il nous répond : "Je veux que tu fasses quelque chose".
Nous devons tenter de nous connecter ainsi lorsque nous appliquons les mitsvot.
Chaque fois que nous mettons les téfilin, pensons que Hachem vient nous demander de faire quelque chose pour Lui ...

Si nous réussissons à ressentir cela même durant l'application de la mitsva du Shabbath, nous aurons la force de vaincre la puissance de l'habitude enfouie en nous.
Dès que l'épouse allume les lumières du Shabbath, elle doit penser : "Le Maître du monde vient de me demander d'allumer les bougies ... Il vient également de m'indiquer de couvrir la table avec une belle nappe, de bien m'habiller et non d'allumer en chemise de nuit ..."

Bien heureux celui qui se souvient à chaque instant de ce que lui demande Hachem notre D.!

"L'homme Moché était extrêmement humble, plus que tout homme sur la face de la terre!" (Béahaloté'ha 12,3)

-> Une des explications de nos sages est que :
Lorsque Moché est monté au Ciel, et qu'il a passé 40 jours consécutifs pour recevoir les Tables de la Loi, il a pu être témoin de la réalité d'en-Haut.
Il s'est rendu compte d'à quel point Hachem aime infiniment chaque juif, même le plus grand des racha.
[bien qu'un juif est un fils d'Hachem, l'amour de D. envers nous est d'une intensité infiniment plus grande que celle d'un parent envers son enfant!]
Il a pu voir combien Hachem est attentif et miséricordieux envers chaque juif.
Même si le plus grand racha (juif) souffre, D. souffre également avec lui!

Moché a été témoin d'à quel point Hachem se réjouit et apprécie chaque mot de prière, de chaque mot de Torah, de chaque mitsva réalisée (même la plus simple), de chaque bonne pensée, de chaque joie de faire sa volonté, ...
Moché a vu combien chaque juif par son bon comportement peut donner de la grandeur à Hachem dans le monde d'en-bas et ceux d'en-Haut.

Les juifs sont comparés aux étoiles, car de loin elles ne sont qu'un point négligeable, un point de rien du tout, mais plus on s'en rapproche, plus on réalise qu'elles sont en réalité énormes, grandioses!

On peut rapporter la guémara (Pessa'him 50a) :
Rav Yossef, fils de rabbi Yéhochoua ben Lévi, tomba malade dans un état comateux, puis reprit conscience.
Il répondit à son père qui lui demandait ce qu'il avait vu : "J'ai vu un monde à l'envers : les gens importants (notables et riches) ici-bas (mais peu appréciés aux yeux d'Hachem) sont insignifiants dans le monde d'en-haut"
Son père lui lui dit alors : "Mon fils, c'est un monde ordonné (clair) que tu as vu!"

=> Dans ce monde, les juifs sont considérés (plus ou moins consciemment) comme des : "Sales juifs!", mais en réalité aux yeux de Hachem ils ont une valeur phénoménale.
"L'homme Moché était extrêmement humble" = lorsqu'au Ciel Moché a pris conscience de la véritable échelle de valeur de ce monde, il a pris conscience d'à quel point chaque juif (même s'il fait les pires choses) a une valeur intrinsèque phénoménale, il restera toujours l'enfant adoré de son papa Hachem, le Roi des rois.
Plus Moché a intégré le fait que tout juif est très très très grand, plus l'orgueil naturelle de son égo (son "moi je") s'est réduit à néant, faisant que son humilité a été extrême!

[il est écrit ensuite dans ce verset : "plus que tout homme sur la face de la terre" = car au Ciel (les anges et autres créatures célestes) ont conscience de cette réalité, d'à quel point tout juif est toujours immensément grand et adoré par Hachem.
Dans ce monde, c'est une des grandes armes du yétser ara (libre arbitre oblige), car moins l'on s'accorde de la valeur spirituelle, moins on agit avec grandeur en désirant exploitant le plus possible nos sublimes potentialités!
Le plus on apprécie, on se réjouit, de la beauté d'être juif, le plus on pourra vivre en tant que juif!]

"Plus l'aimant est puissant, plus sa force d'attraction va loin.
Plus la force de la Torah sera puissante à la yéchiva, plus il sera possible d'attirer le peuple d'Israël et de le sauver, même s'il est très loin."
[rabbi 'Haïm de Volozhin]

[à chacune de nos actions, nous avons la possibilité d'attirer davantage nos frères juifs vers Hachem et donc d'amener des bénédictions sur terre, ou bien de les en éloigner et de déverser des malédictions, que D. nous en préserve.]

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-> Rabbi Israël de Salant s'introduit un jour dans l'enceinte de la yéchiva en pleurs. Les étudiants tremblaient en entendant ses cris et ses pleurs, ils supposaient qu'un des élèves avait trouvé la mort.
- Ses élèves lui demandait sans cesse : "Rabbi, que s'est-il passé?"
- Il finit par leur répondre : "J'ai entendu que des juifs à Paris se sont mis à ouvrir leurs magasins le Shabbath!"
- "A Paris? En quoi cela nous concerne-t-il? Quel rapport entre Salent et Paris, éloignées de plusieurs milliers de kilomètres?"
- Rabbi Salanter se calma et répondit : "Si on commence à ouvrir des magasins le Shabbath à Paris, c'est le signe que quelque chose ne va pas dans la yéchiva, nous avons l'obligation de nous corriger!"
[rapporté par rabbi Nissim Yaguen]

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-> Rabbi Nissim Yaguen enseigne :
Ce qui me stimule à consacrer tout mon temps, toute ma vie, c'est la merveilleuse cause de rapprocher des juifs de leur Père qui est aux Cieux.

Il est écrit : "Les enfants d'Israël montèrent armés ('hamouchim) du pays d'Egypte" (Béchala'h 13,18)
Rachi commente : "['Hamouchim (armés) peut être compris comme étant un dérivé de 'hamicha (cinq)].
Seulement 20% (1/5e) des Bné Israël sortirent d'Egypte.
80% n'étaient pas aptes à en sortir et moururent durant les 3 jours de la plaie de l'obscurité.

Le saint Zohar dit qu'il en sera de même à l'époque qui précédera l'avènement du machia'h. Il y aura 15 jours d'obscurité durant lesquels périra la majorité du peuple d'Israël, ceux qui n'auront pas eu le mérite de faire téchouva seulement un cinquième survivra (que 20%!).

Alors qu'un peu de don de soi et de dévouement envers les autres aurait pu les sauver, et que nous n'avons rien fait!
Ensemble par nos actes, nous déterminons le sort du peuple juif.

[nous devons tous être persuadés que le machia'h peut arriver à chaque instant. Dans ce cas qui peut dire si l'on va faire partie de ces 20%?
Mais surtout comment pouvons-nous accepter que seulement 20% du peuple juif va survivre. Nous devons prier de tout notre cœur pour que tous les juifs soient le plus méritants possibles lors de la venue du machia'h, très bientôt.
Nous devons agir selon la volonté de D., afin d'acquérir un maximum de mérites, pour permettre au plus de juifs de survivre à la venue du machia'h, et surtout qu'on soit tous le plus méritants possibles dans l'éternité du monde à venir, ce qui fera un grand kidouch Hachem.
Nos Sages expliquent que si le machia'h ne vient toujours pas c'est parce qu'au Ciel les ancêtres prient pour que leurs descendants fassent téchouva avant la venue du machia'h (où cela ne sera plus possible). Nous devons faire identiquement pour nous même et pour tous les juifs.
Nous sommes dans le sprint final avant la guéoula, et nous devons donc exploiter toutes nos capacités/potentialités. Nous ne pouvons pas se satisfaire du fait que l'intégralité des juifs n'accueilleront pas avec joie et éclat le machia'h, et vivront alors pour l'éternité au plus proche de papa Hachem.
Chacune de mes actions est donc un ajout sur le compte commun du peuple juif pour que notre guéoula soit la plus sublime possible! (b'h!) ]

Notre capacité naturelle à se raconter des histoires

+ Lorsque le prophète Eliyahou s'est tenu sur le mont Carmel, il a reproché au peuple juif : "Jusqu'à quand hésiterez-vous entre les 2 partis? Si Hachem est le vrai D., suivrez-Le ; si c'est Baal, suivez Baal!" (Méla'him I 18,21).

Voici les paroles de Eliyahou haNavi au peuple d'Israël : "Jusqu'à quand clocherez-vous entre les 2 partis?" Hachem n'aime pas "50/50", se conduire "comme-ci comme ça".
Faire seulement ce qui nous est agréable, et non ce qui ne l'est pas ...
[rabbi Nissim Yaguen]

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+ Faire attention à notre capacité naturelle à se raconter des histoires :

-> Selon la guémara (Erouvin 19a) = "Même lorsqu'ils se tiennent à la porte du Guéhinam (l'enfer), les réchaïm ne se repentent pas."
Le rabbi Naftali de Ropshitz explique que les réchaïm pensent qu'ils n'ont fait que de bonnes actions, du coup il n'est pas nécessaire de faire téchouva.
Le 'Hozé de Lublin commente qu'aux portes du Guéhinam les réchaïm pensent qu'ils y entrent afin de libérer de pauvres âmes qui y sont déjà.
[ils se voient tellement beaux, que c'est forcément qu'on a besoin d'eux pour libérer des gens de l'enfer qu'ils y vont!]

-> Rabbi Nissim Yaguen rapporte le Talmud de Jérusalem qui dit que [dans sa tête], Essav le racha était certain d'être un grand tsadik, et qu'il s'envelopperait de son talith le moment venu pour s'asseoir au gan eden parmi les tadikim.

-> N'oublions pas que le monde futur est éclatant de vérité, et toutes nos bonnes justifications qu'on s'est inventé pour avoir en pratique une Torah qui épouse nos désirs (et non ceux d'Hachem), vont voler en éclats.
En ce sens, nos Sages (guémara Erouvin 19a) disent que lorsque les réchaïm arrivent en Enfer, ils déclarent : "Ton jugement est juste! Tu as bien fait de nous condamner!"
[la plus grande douleur du monde à venir c'est la réalisation de ne pas avoir exploité nos capacités potentielles de faire la volonté d'Hachem comme on aurait pu le faire!
On aurait pu être pour l'éternité des milliardaires de milliardaires en biens spirituels, mais au final nous avons si peu!
La bonne nouvelle c'est que nous sommes encore en vie pour agir, et que notre papa Hachem est tellement plein de miséricorde qu'on peut tout réparer, tout obtenir!]

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-> Lorsque Noa'h a construit l'Arche, il a passé 120 années à essayer de persuader les gens à changer leur comportement, et malgré toute sa sagesse il n'y est pas parvenu.
Le midrach dit que le Déluge a été très graduel, avec le niveau de l'eau qui montait petit à petit, et ce afin de laisser au maximum l'occasion de faire téchouva.
Mais même quand l'eau est parvenue à leur cou, les gens n'ont pas fait téchouva.
La guémara (Erouvin 19a) enseigne : "Même lorsqu'ils se tiennent à la porte du Guéhinam (l'enfer), les réchaïm ne se repentent pas."

Comment cela est-il possible? S'ils voyaient que c'était tout proche, pourquoi ne se sont-ils pas repentis?

Le rav Shmouël Felder dit que le problème est que même si une personne comprend logiquement que c'est maintenant ou jamais, et que c'est dans son intérêt de faire téchouva, le fait de fauter est devenu tellement une seconde nature, que cette personne ne peut pas changer sa tendance naturelle. Ainsi, elle ne peut pas faire téchouva.

[nous devons faire très attention à ne pas se faire endormir par le yétser ara dans une routine de la vie, mais au contraire il faut étudier du moussar, faire des points sur notre vie, avoir un regard constructif et véridique, ... ]

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-> Il est écrit dans le midrach (Bamidbar rabba 13,3) :
"L'orgueil de l'homme amène son abaissement" (Michlé 29,23) = cela fait référence à Adam.
Comment cela? Lorsque Adam a transgressé l'ordre de D. et qu'il a mangé de l'Arbre, Hachem a désiré qu'il fasse téchouva et lui a donné l'opportunité de le faire. Mais Adam n'a pas été d'accord de se repentir.
Hachem a dit à Adam : "et maintenant" (Béréchit 3,22) = Hachem lui a dit : "Même maintenant tu peux faire téchouva et Je l'accepterai".
Adam a répondu : "Je ne le ferai pas!"

- Le rav Yaakov Galinsky enseigne :
Il était tellement difficile à Adam d'admettre : "J'ai fauté!"
Car la vérité était que de son point de vue à lui, qu'il n'avait pas fauté.
Après tout, il avait voulu uniquement amener davantage de gloire à Hachem.
[le yétser transforme à nos yeux une faute en une mitsva!]
D'ailleurs selon le midrach (Béréchit rabba 19,12), Adam a dit : "J'en ai mangé [du fruit interdit] et j'en mangerai de nouveau".
[...]

La guémara (Nazir 23a) affirme que Adam a décidé de commettre une "avéra lichma" (une faute pour l'honneur d'Hachem).
Il voulait manger du fruit de l'Arbre, afin d'injecter en lui le yétser et être expulsé du gan eden, dans un monde plein de luttes et d'épreuves, afin qu'il puisse alors les vaincre et amener par cela une sanctification du Nom d'Hachem.
Non seulement il s'est convaincu que cela était la bonne chose à faire [même si cela allait à l'encontre de l'ordre de D.], mais même les anges en ont été persuadés : "les anges ont demandé à Hachem : "Maître de l'Univers, pourquoi as-Tu imposé la sentence de mort sur Adam?" (guémara Shabbath 55a)

Le rav Israël Salanter dit qu'une "avéra lichma" vient avec une condition : elle doit être à 100% lichma, sans en retirer le moindre plaisir en la faisant.
Or, il est écrit : "La femme jugea que l'arbre était bon comme nourriture, qu'il était attrayant à la vue et précieux pour l'intelligence" (Béréchit 3,6). Puisque 'Hava en a tiré un certain plaisir en le mangeant, tout l'acte est devenu invalide.

[on ne juge pas Adam qui était à un niveau spirituel infiniment élevé, mais on peut voir à quel point le yétser peut chez toute personne réussir à la convaincre de faire de bonnes choses alors qu'en réalité c'est contraire à ce que Hachem désire de nous.
D'une certaine façon on se créé une réalité, un dieu, qui correspond à ce que nous voulons. Mais n'oublions pas qu'un jour nous passerons tous en jugement devant D., et que LA Vérité sera éclatante. Alors travaillons à ne pas se faire berner par notre yétser ara, pour que notre réveil à la Vérité soit le plus agréable possible!]

-> Le rav Yaakov Galinsky enseigne que le problème est que nous n'avons pas conscience de ce que cela signifie de fauter.
[le yétser ara nous fait croire que ce n'est rien du tout : "tu vois bien le monde continue à tourner pareillement! C'est que ce n'est pas si grave après tout!"]
Si nous avions conscience de la gravité, des dégâts dans ce monde et au Ciel que génère notre faute, on ne pourrait pas vivre avec le sentiment d'avoir fauté.

Le Meiri ('Hibour hatéchouva) écrit qu'on ne doit pas penser qu'il est nécessaire de se confesser dans les détails (cf. guémara Yoma 86b), cela n'est pas la partie essentiel de la confession (vidouï), car tout ce qui est nécessaire est de dire : "nous avons fauté "(aval ana'hnou 'hatanou - guémara Yoma 87b).
Mais plutôt, l'élément principal est d'avoir honte de sa faute (comment j'ai pu tomber si bas et faire quelque chose qui a des conséquences si grave pour moi et tous les juifs!). S'il manque ce sentiment de honte, il manque un élément important du vidouï, car nous disons à la fin du vidouï : "je suis devant Toi comme un récipient rempli de honte et d'humiliation" (aré ani léfané'ha kikhli malé boucha ou'hlima)

Le rav Yaakov Galinsky conclut : notre mission est de comprendre ce que cela signifie de commettre une faute, et ce que c'est de la faire "devant Hachem" (lifné Hachem).

[ => il en découle que l'essentiel de la téchouva est ce sentiment de honte d'avoir pu se laissé berner, de s'être raconté des histoires, au point d'en arriver à fauter.
En effet, si on avait face à nous la conscience des énormes destructions, dégâts, que nous causons, alors nous n'aurions sûrement pas fauté.
Le principal de la téchouva est la prise de conscience de combien je perds à fauter, de combien il faut être stupide pour ne pas être dans la Vérité, pour ne pas suivre la volonté d'Hachem.]

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-> Le rav Avigdor Nebenzahl écrit :
"il (Its'hak) sentit l'odeur de ses vêtements" (Toldot 27,27), la guémara (Sanhédrin 37a) explique ce verset : ne lis pas "bégadav" (ses vêtements - בְּגָדָיו), mais "bogdav" (ses traites).
Même les traites (les fauteurs) parmi les juifs émettent des odeurs agréables lorsqu'ils font une téchouva complète en ouvrant leur yeux et en découvrant les mensonges de ce monde.

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-> "Si vous vous conduisez selon Mes lois" (Bé'houkotaï 26,3)
Par exemple, tout celui qui emprunte sa voiture le Shabbath ne s'électrocute ni ne meurt immédiatement.
Si Hachem nous a donné le libre arbitre, c'est pour nous éviter de pratiquer les mitsvot uniquement par peur des punitions physiques, mais pour nous entraîner à les appliquer afin de faire la volonté de D.

-> Rabbi Nissim Yaguen enseigne :
"De nombreuses personnes ne connaissent pas la gravité de transgresser le Shabbath!
Ils ne savent pas que cela avait été ordonné dans les 10 Commandements.
Il est plus grave de profaner le Shabbath que de manger du cochon le jour de Kippour!
L'observance du Shabbath a été écrite avant l'interdit de "Tu ne tueras point", afin de faire prendre conscience de sa phénoménale importance!

Par manque de connaissances et de prise de conscience, beaucoup perdent leur vie et gâchent leur monde futur à tout jamais!
[...]
Lorsque Bil'am a vu en prophétie nos saints Patriarches assis dans le gan eden, profitant de la Gloire divine, il a émis ce souhait : plaise au Ciel que je sois avec eux, puissé-je mourir comme meurent ces tsadikim, et puisse ma fin ressembler à la leur!" (Balak 23,10).

Quand il a dit cela, on s'est moqué de lui du haut des Cieux : "Espèce de sot! Tu t'imagines qu'on peut vivre comme un non religieux et mourir comme nos saints Patriarches! Pour mériter une mort comme la leur, il faut mener ta vie comme eux!"

J'ai entendu dire plus d'une fois : "Mon grand-père était un grand tsadik ... Je veux être à ses côtés au gan eden ..."
Il est clair comme le soleil qu'il sera impossible d'être à ses côtés, si toute sa vie a été à l'opposé de celle du grand-père ... Il n'y a aucune chance de vivre comme un non-juif et de mourir comme un tsadik! ...

Certains ordonnent à leurs fils avant leur fin : "Après ma mort, priez pour moi et dites le kaddich ..."
S'imaginent-ils que cela pourra les sauver de l'enfer? Même si Bil'am avait mérité 10 kaddich, il serait resté le même racha.

Faire téchouva est un mérite exceptionnel, qui est réservé à très peu de gens.
[en effet, le yétser ara nous convainc que même si l'on faute : c'est pas si grave! ça arrive à tout le monde! Hachem comprendra ... et du coup on ne se remet pas en question!]
Bien heureux celui qui ne gâche pas cette dernière chance [en croyant les bobards du yétser ara, en se racontant des histoires à son avantage sur la rigueur du jugement après notre mort ...] et sait se préserver d'une terrible chute!"

"La mitsva du Shabbath est équivalente à toutes les mitsvot de la Torah"
[guémara Béra'hot 9a]

-> Le Gaon de Vilna explique qu'il ne s'agit pas de tout le Shabbath. Même une minute durant ce jour saint est équivalente aux 613 mitsvot de la Torah, car le Shabbath est l'essence de la foi.

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-> "Celui qui accomplit [la mitsva positive du Shabbath] est considéré comme ayant accompli les 248 mitsvot positives de la Torah ; et celui qui observe ses interdits, comme ayant observé toutes les 365 mitsvot négatives de la Torah"
[Zohar Yitro 92a]

-> Celui qui accomplit le Shabbath, est considéré comme ayant accompli la Torah dans son intégralité. Celui qui transgresse le Shabbath est considéré comme reniant la Torah dans sa totalité.
[midrach Chémot rabba 25,12]

Celui qui prétend que la Torah est un livre d'histoires, que son souffle cesse et qu'il n'ait aucun droit d'exister, car elle est pour nous une Torah de vie éternelle, l'unique porte d'entrée pour la vie au monde futur.
[Zohar]

"Tout ce que tes propres moyens permettent à ta main de faire, fais-le ; car il n'y aura ni activité, ni projet, ni science, ni sagesse dans le Chéol, vers lequel tu te diriges" (roi Salomon - Kohélét 9,10)

-> Rachi explique que l'homme doit faire la volonté de D. tant que cela lui est possible, car après la mort, il ne peut rien faire qui puisse le rendre méritant.

-> "Que la poussière retourne à la poussière, redevenant ce qu'elle était, et que l'esprit remonte à D. qui l'a donné" (Kohélét 12,7)

-> Rabbénou Bé'hayé (Dévarim 7) explique qu'après la mort, si l'homme veut faire une mitsva et compléter ce qu'il a manqué de faire sur terre, cela lui est impossible. En effet, tous les comptes sont dès lors fermés.

-> Le Rambam (commentaire sur Pirké Avot 4,8) dit : "Après la mort, il n'y a ni complément ni rajout, et dans l'état de spiritualité avec lequel l'homme quitte ce monde il demeurera ainsi pour l'éternité".

=> Voilà pourquoi, l'homme doit prendre conscience de cela et faire sur terre tout le bien (selon la Torah) qu'il lui est possible d'accomplir, tant qu'il est encore temps.
Nos Sages ont dit à ce propos : "Celui qui s'est fatigué vendredi pour préparer Shabbath, mangera le jour du Shabbath".

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-> Le Gaon de Vilna (rapporté dans le Likouté Amaril du rav Chlomo Zalman Bloch) enseigne :
"Lorsque le corps d'un défunt est conduit de sa demeure vers sa tombe, il est envahi d'une telle convoitise, qu'elle n'est pas descriptible tellement elle est forte et puissante.
En effet, à ce moment-là, tous ses sens s'éveillent et il peut voir absolument tout ce qu'il n'a pas pu voir de son vivant : on lui montre les punitions de l'enfer et les délices du gan eden.
Il se rend alors compte qu'il n'a pas exploité convenablement sa vie, que l'argent et l'or pour lesquels il s'est tant donné sont à présents dépourvus d'intérêt ; non seulement ces derniers lui ont fait perdre le gan eden mais ils le mènent droit en enfer suite aux fautes qu'il a commises pour les obtenir.
Cette lucidité lui fait prendre conscience de l'ampleur de la perte car "une heure de repentir et de bonnes actions dans ce bas-monde vaut plus que tout le monde futur" ; il a eu tant d'heures le long de sa vie qu'il a gaspillé et où il aurait pu acquérir une récompense infinie et indescriptible.
En voyant cela, l'âme désire avoir accès à ces délices mais elle ne peut pas car elle doit d'abord "se nettoyer" de la saleté de ses fautes. Elle est tellement attirée par le gan eden qu'elle accepte de rentrer en enfer qui est dur et amer pour pouvoir ensuite avoir accès aux délices du gan eden.
On ne peut imaginer la douleur, la détresse et les regrets de l'homme à ce moment-là.
Si on ressentait sur terre ne serait-ce qu'un millionième de cette douleur, on en mourrait ; ce n'est qu'en-haut que D. Lui donne la force de supporter cette douleur, et à ce moment-là, il désire ardemment que D. lui permette de revenir sur terre pour étudier la Torah et Le servir toute sa vie.
Il s'arrache alors les cheveux pour avoir échanger un monde éternel de délices contre un monde d'obscurité et cette douleur est d'une telle violence qu'elle dépasse le calvaire de l'enfer."

Le Shabbath atteint le monde de la Atsilout (le niveau spirituel le plus élevé de la semaine). Ô combien devons-nous être vigilants et ne pas prononcer des paroles interdites, à fortiori du colportage et de la médisance, car celui qui souille sa bouche et sa langue en ce jour si saint, est considéré comme ayant déposé une idole dans le Tabernacle.
[...]

Nous disons durant la prière de Shabbath : "Tu as sanctifié le 7e jour en faveur de Ton Nom".
Si nous réfléchissons au sens des mots, nous comprendrons que Hachem a sanctifié le Shabbath en l'honneur de Son Nom, en en faisant la couronne de la création, le but de la création du ciel et de la terre.
[rabbi Nissim Yaguen]

"Regarde, J'ai livré le pays devant vous. Allez occuper le pays que D. a juré de donner à vos pères Avraham, Its'hak et Yaakov, et à leurs descendants après eux" (Dévarim 1,8)

-> Moché dit à présent aux Bné Israël : "Voyez à quel point D. voulait vous conduire en terre d'Israël. Il m'a dit de transmettre à chacun de vous : 'Regarde! J'ai livré le pays devant vous'."

Si D. désire renverser une nation, Il commence par renverser son ange protecteur céleste (sar) et le détruire ainsi qu'il est écrit : "Hachem bouleversera avec force l'armée céleste en Haut et les rois de la terre sur terre" (Yéchayahou 24,21).

Les Bné Israël se plaignaient que D. n'eût pas la force de combattre les 31 rois de Canaan.
Qu'a fait D.?
Il a pris les anges protecteurs de ces nations, les a attachés et les a jetés à terre aux yeux des Bné Israël. Ces derniers les ont vus ligotés et précipités à terre devant eux.

C'était un miracle tout à fait exceptionnel : Hachem a donné au peuple la capacité de voir, de leurs yeux, les princes célestes des nations, des êtres spirituels, attachés et couchés à terre comme des cadavres.

"Regarde! J'ai livré le pays devant vous" = ce verset paraît difficile à comprendre. Puisque les Bné Israël n'étaient pas encore entrés dans le pays, comment chaque Bné Israël pouvait-il voir le pays devant lui?
En fait, cette expression fait allusion aux princes célestes de ces nations. Les Bné Israël en ont déduit que le pays leur était livré.
[...]

"Le pays que D. a juré de donner à vos pères Avraham, Its'hak et Yaakov". Hachem nous dit : "Vous allez occuper le pays [d'Israël]. Toutefois, sachez que ce n'est pas dû à votre mérite mais Ma promesse à vos ancêtres. J'ai promis à Avraham, Its'hak et Yaakov, le pays leur sera repris."

Hachem dit qu'Il avait juré aux Patriarches de leur donner le pays [d'Israël] mais qu'ils n'avaient rien reçu de leur vivant. Cela nous apprend que si un fils hérite de bienfaits dans ce monde même si son père est déjà mort, le père en est heureux dans le monde futur comme s'il en avait lui-même bénéficié.
A l'inverse, il en est de même lorsque les souffrances s'abattent dans le monde. Dans le monde futur, le père souffre des tourments que son fils endure ici-bas.
La Torah dit donc : "de donner à vos pères Avraham, Its'hak et Yaakov, et à leurs descendants après eux" = si les enfants obtiennent quelque chose, c'est exactement comme si leur père l'avait obtenu.
[Méam Loez - Dévarim 1,8].

Torah & nécessité de faire des efforts pour l’acquérir

+ Torah & nécessité de faire des efforts pour l'acquérir (par rabbi Nissim Yaguen) :

-> L'objectif de chaque mitsva est de sanctifier l'individu, l'affiner, le préparer à être un ustensile pour recevoir le but de la création : se délecter d'Hachem.
Dans le texte de la bénédiction des mitsvot nos Sages ont instauré : "qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot" (acher kidéchanou bémitsvotav), parce que l'objectif est de sanctifier et d'affiner l'homme.

En vérité, un juif qui étudie la Torah et applique les mitsvot convenablement, cela se reconnaît sur lui. Il se dévoile en lui des traits délicats de noblesse ...

La Torah affine à ce point ceux qui l'étudient qu'elle transforme même leur apparence extérieure, comme ont dit nos Sages (guémara 'Haguiga 12b) : "Celui qui s'affaire de la Torah la nuit, Hachem tire sur lui un fil de grâce le jour".
[...]

Un juif qui s'investit et se donne de la peine pour étudier la Torah, on ne l'appelle pas "un étudiant en Torah", mais sa vraie dénomination est un "fils de la Torah (ben Torah)". Pourquoi cela?

J'ai eu une belle idée. Chaque fils reçoit quelques traits de son père, de sa nature et de ses traits de caractère, et ainsi un homme qui étudie la Torah, il ne lui suffit pas d'avoir des connaissances en Torah (on le nommerait un "connaisseur en Torah") mais il doit être un "fils de la Torah" (ben Torah), un homme dont toute l'essence provient de la Torah, elle désigne toute sa personnalité.

Si on ne voit pas sur un individu la nature, les mesures, la sainteté, la noblesse et la finesse de la Torah, il n'est pas un ben Torah.
Un vrai ben Torah qui a mérité de recevoir la Torah, ça se reconnaît dans sa personnalité, son comportement, ses traits de caractère et la sainteté, qui entourent ses actes.
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"Que doit faire l'homme pour être sauvé des souffrances de l'époque du machia'h? S'affairer dans la Torah" (guémara Sanhédrin 98b).
Il est écrit "s'affairer", mais pas "étudier", c'est-à-dire il faut que ce soit sa principale occupation.

Lorsque la Torah n'est pas la principale occupation de l'homme, et qu'il l'étudie avec laxisme, pour être acquitté de son obligation de l'étudier, son étude n'a pas d'avenir, de valeur, et tout sera vite oublié.
Il faut canaliser toutes ses forces, afin d'atteindre le niveau de "se tuer pour elle", pour mériter que la Torah s'intègre à soi. Et grâce à ça, il sera sauvé des souffrances de l'époque de machia'h.
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Dans toutes nos sources, lorsqu'on traite de l'étude de la Torah, il n'est pas écrit : "étudiez la Torah", mais "donnez-vous de la peine en étudiant la Torah".
Par exemple : "Si vous vous conduisez selon mes lois" (Bé'houkotaï 26,3), Rachi explique : "Donnez-vous de la peine dans l'étude de la Torah!"
Egalement : "Bien heureux celui qui se donne de la peine en étudiant la Torah" (Yalkout Chimoni Iyov 928).

Quelle est la raison pour laquelle il n'est pas écrit "que vous étudiez" mais "que vous vous donniez de la peine"?
La raison est que l'étude de la Torah est extrêmement difficile. Celui qui veut étudier la Torah, le mauvais penchant fera tout pour qu'il ne puisse pas le faire.
Il sera, que D. nous en préserve, malade, et lorsqu'elle guérira, la voiture tombera en panne, et ainsi de suite ...
C'est la raison pour laquelle il est écrit "donnez-vous de la peine", car l'étude de la Torah doit se faire avec dévouement. En effet, depuis le don de la Torah jusqu'à aujourd'hui, il n'y a jamais eu un seul grand sage qui ne se soit pas donné de la peine pour l'étudier.
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"Rabbi Yéhouda a dit, bien heureux celui qui se donne de la peine pour la Torah et procure de la satisfaction à son Créateur" (Yalkout Chimoni Iyov 928).

Rabbi Yéhouda n'a pas dit "bien heureux celui qui étudie la Torah" mais "bien heureux celui qui se donne de la peine pour la Torah". Pourquoi?
La réponse est contenue dans la 2e partie des propos de rabbi Yéhouda : "il procure de la satisfaction à son Créateur".
Rabbi Yéhouda a voulu nous enseigner ainsi que même celui qui se donne de la peine pour la Torah peut irriter son Créateur, s'il est coléreux, a des passions, ...
Et en effet, "bien heureux celui qui se donne de la peine pour la Torah et procure de la satisfaction à son Créateur", bien heureux celui qui mérite de faire les 2 choses ensemble : il se donne de la peine pour la Torah, et il procure aussi de la satisfaction à son Créateur, car les 2 sont liés.
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La paracha du don de la Torah ne s'appelle pas par son nom, mais il y a : paracha Yitro.
Pourquoi? Parce que Yitro s'est distingué par son amour pour la Torah.

Yitro était un homme âgé très riche, il ne manquait de rien, et malgré tout, il est venu se mettre à l'abri sous les ailes de la Présence divine, et il a même converti toute sa famille.
Le peuple d'Israël a voulu le gratifier et l'honorer, et lorsqu'ils ont partagé la terre d'Israël, ils ont voulu lui donner la ville de Yéricho, la ville des dattes, parmi les plus belles montagnes du monde.
Yitro leur a dit : "Je ne suis pas venu de Midiyan pour recevoir un bel héritage, je n'y manquais rien, je désire étudier la Torah".
Ils lui ont dit :"Ici il n'y a pas de Torah, si tu désires l'étudier, rends-toi dans la désert de Yéhouda chez Antinel ben Kénaz".
Yitro est parti avec ses enfants dans le désert de Yéhouda, nos Sages (Psikta Zoutra) disent qu'ils se sont assis à la porte du beit hamidrach sans rien comprendre. Ils se donnaient énormément de peine pour étudier, au point d'avoir mérité d'occuper des sièges au Sanhédrin à l'entrée du Temple de Jérusalem.
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Selon la guémara (Shabbath 88) : "Ceux qui la prennent par la droite (la Torah), c'est une potion de vie, et ceux qui la prennent par la gauche, c'est un poison".
Rachi explique : "Ceux qui s'y affairent de toutes leurs forces et sont occupés à en connaître les secrets, comme un homme qui se sert de sa main droite, qui est la principale".

Nous en concluons que ceux qui la prennent par la gauche sont certes affairés dans la Torah, mais que ce n'est pas l'essentiel pour eux.
Comme la main gauche qui est la plus faible des deux, elle n'est pas la principale.
Et l'homme, pour qui l'étude de la Torah n'est pas l'essentiel, Rava dit que c'est un poison. C'est ainsi qu'est l'étude de la Torah, il n'y a pas 2 chemins, soit on se donne de la peine pour étudier la Torah, soit c'est un poison.
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Le roi Salomon dit : "C'est pour lui-même que travaille le laborieux" (Michlé 16,26), et la guémara (Sanhédrin 99b) commente : si l'individu se donne de la peine pour la Torah, la Torah se donnera de la peine pour lui : il la comprendra.
Rabbi Sim'ha Zissel de Kelm demande : dans ce cas, sur quoi l'homme reçoit-il une récompense? Sur la grandeur de son accomplissement dans la Torah?
Il ne reçoit pas de récompense à ce sujet puisque ce qu'il a accompli lui vient de la Torah qui s'est donnée de la peine pour lui.

Cependant, rabbi Sim'ha Zissel dit : la récompense est uniquement due au labeur, mais pas sur la Torah. Celle-ci appartient à Hachem. Celui qui a mérité d'avoir des connaissances ne mérite pas de récompense pour autant. L'étudiant reçoit une récompense, uniquement sur le labeur, la fatigue, le dévouement et le sacrifice.
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Selon la halakha, un homme qui a mangé le matin et recommence le soir, il est clairement obligé de faire les bénédictions une nouvelle fois le soir.
Et, s'il va manger après son petit déjeuner dans un autre lieu même une heure plus tard, il doit de nouveau bénir.

En contrepartie, pour l'étude de la Torah nous ne bénissons que le matin : "Bénis sois-Tu Hachem ... qui donne la Torah", même si on étudie de nouveau une ou deux heures après, on n'a pas besoin de bénir une nouvelle fois.
Egalement durant le jour, l'après-midi et même le soir, même si entre 2 séances on était occupé à autre chose, comme manger, se reposer, .. Lorsqu'on revient étudier, on n'a pas besoin de répéter la bénédiction de la Torah.

Pourquoi? Quelle est la différence entre la bénédiction pour la nourriture et celle pour l'étude de la Torah?

C'est simple : il est permis et possible de s'arrêter de se nourrir, mais en ce qui concerne l'étude de la Torah, il est interdit de s'arrêter. Il est interdit de détourner sa pensée de la sainte Torah même un seul instant.
En effet, même lorsqu'un homme s'arrête pour manger, c'est la continuation de l'étude et pas une interruption.
Il mange pour avoir la force d'étudier ensuite la Torah. Il s'habille pour pouvoir étudier la Torah, il se marie pour pouvoir étudier la Torah, tout est réalisé en faveur de la Torah.
C'est pour cela que nous ne bénissons pas à chaque nouvelle étude de la Torah, selon le commentaire de Tossefot (guémara Béra'hot 11b) : "De l'étude de la Torah, aucun ne détourne sa pensée, car l'homme a l'obligation d'étudier à chaque instant, selon le verset : "tu la méditeras jour et nuit". C'est comme s'il était assis toute la journée sans interruption."
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C'est une règle qu'on doit se lever devant un érudit en Torah, pour honorer la Torah qu'il a étudiée.
Nous apprenons de la guémara (Nida 30b) qu'un ange enseigne toute la Torah au bébé qui se trouve dans le ventre de sa mère. Lorsqu'il vient au monde, l'ange met son doigt sur sa bouche et lui fait oublier toute la Torah qu'il a apprise.
Ainsi, pourquoi ne nous levons-nous pas lorsqu'une femme enceinte entre dans une pièce?

C'est parce que le bébé n'a pas étudié de lui-même la Torah en se donnant de la peine, mais l'ange la lui a enseignée.
Sur une telle Torah qui n'a pas été acquise par des efforts, il n'y a aucune obligation d'honorer, et ainsi on ne se lève pas devant sa mère.
La règle de se lever devant un érudit en Torah n'a été prescrite que pour celui qui l'a acquise en se donnant de la peine, pas pour celui qui l'a reçue gratuitement, en cadeau.
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[Se donner de la peine pour la Torah = la condition pour la recevoir]

Lorsqu'un homme prend sur lui le joug de la Torah, avec comme but de s'élever et de réussir dans l'étude, pour remplir son rôle dans ce monde et procurer de la satisfaction à notre Créateur, il doit savoir que la première et principale condition sans laquelle on ne peut recevoir la Torah c'est de se donner de la peine pour l'étudier, s'engager à l'étudier en fournissant le maximum d'efforts.
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Hachem a choisi la plus petite montagne pour donner la Torah au peuple d'Israël.
Pourquoi une petite montagne plutôt qu'une plaine?

Il fallait une montagne (le mont Sinaï). Car pour recevoir la Torah, un homme est obligé de s'accrocher, de s'élever.
On ne donne pas la Torah sur une plaine. On ne peut pas mériter la Torah sans dévouement, sans sacrifice, sans ascension ni élévation.

Celui qui désire s'attacher à la Présence Divine et mériter la vie du monde futur, une vie éternelle, est obligé de s'accrocher [déployer des efforts], d'escalader la montagne, subir des ennuis et supporter des épreuves, subir des difficultés naturelles que le mauvais penchant met sur sa route pour l'empêcher de se rapprocher d'Hachem.
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"Partis de Réfidim, ils entrèrent dans le désert de Sinaï et y campèrent" (Yitro 19,1-2)

Ne savons-nous pas qu'ils étaient dans le désert à ce moment-là? Pour quelle raison la Torah précise-t-elle que les Bné Israël sont venus dans le désert de Sinaï après être partis de Réfidim?

Parce que c'est la façon de la recevoir. Quelle est la particularité du désert? On est complètement déconnecté de tous les sujets de ce monde, il n'y a rien d'autre que la terre et le ciel.
Réfidim rappelle le manque d'ardeur (nonchalance), "partis de Réfidim", ils se sont éloignés de la nonchalance qu'ils avaient là-bas. Telle était la préparation des Bné Israël pour recevoir la Torah, se déconnecter de toutes les vanités de ce monde et s'éloigner de la nonchalance.
C'était le moyen, la raison et la condition qui ont permis de faire descendre la Présence Divine et la réception de la Torah.

La Maharal écrit que le don de la Torah n'est pas un événement uniquement destiné à son époque, mais pour l'éternité. Car par le dévouement pour l'étude de la Torah, on peut mériter de recevoir la Torah tous les jours.
[il faut se faire un désert = se déconnecter complètement pour être 100% disponible pour la Torah, il faut "partir de Réfidim" = y investir toute nos forces ; et "camper" = dédier des moments réguliers à l'étude.]
[...]

"Les paroles de Torah ne subsistent que par celui qui se tue pour elle" (guémara 63b) ...
Quel est le sens de qui se tue?
Un homme qui n'a aucun lien avec ce monde, aucune connexion (lorsqu'il étudie la Torah, il éteint son téléphone portable, il ne parle pas de sujets profanes, il se plonge entièrement dans l'étude en se coupant du monde extérieur durant son temps d'études) ...

Si le mauvais penchant était persuadé que l'étude de la Torah est pour toi une question de vie ou de mort, il ne te dérangerait pas.
Si Hachem voit que l'étude de la Torah est pour toi une question de vie ou de mort, Il ne t'en déconnectera pas, mais Il te donnera : "Ouvre largement ta bouche et Je la remplirai" (Téhilim 81,11) : "il s'agit de paroles de Torah" (guémara Béra'hot 50a).

La Torah dit : "En effet, où est le peuple assez grand pour avoir des divinités accessibles, comme Hachem, notre D., l'est pour nous toutes les fois que nous l'invoquons?"
Le Ibn Ezra demande : quel est le sens de "toutes les fois que nous l'invoquons"?
Il répond ainsi : si un homme invoque et prie pour s'élever spirituellement, Hachem répond toujours, "toutes les fois que nous l'invoquons".
[...]

"Au commencement, D. créa le ciel et la terre", et Rachi explique : "Au commencement : le monde a été créé pour la Torah qui est appelée Réchit, comme le verset "le commencement de Sa voie" (Michlé 8,22).
Hachem a créé le ciel et la terre pour la Torah! Pas pour se marier, ni pour avoir des enfants ou pour travailler. C'est un commandement mais non pas un but.
Le but est "béréchit" (au commencement), étudier d'abord la sainte Torah.
Il ne faut pas oublier la sainte Torah.
[...]

La Torah n'est donnée qu'à celui qui a des bonnes manières.
"Tout coeur hautain est en horreur à Hachem" (Michlé 16,5), un homme qui se conduit avec orgueil ne méritera pas de porter la couronne de la Torah, son étude n'a aucune valeur.
Pour que la Torah subsiste, on doit avoir des bonnes manières, et on doit également être prêt au renoncement de temps à autre.
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Un jour, une communauté a intronisé un séfer Torah. Parmi les membres de la communauté, certains ne respectent pas le Shabbath, ils n'appliquent pas la majorité des mitsvot écrites dans la Torah, et ils dansent et chantent autour du séfer Torah, avec joie et enthousiasme.

Je leur ai dit : pauvre Torah, elle ne veut pas que vous la mettiez dans une armoire fermée à double tours et que vous l'embrassiez de loin. La Torah veut être à l'intérieur de votre maison, dans la cuisine, le salon, votre chambre à coucher, en vous, pas dans l'armoire.
La Torah n'est pas un habit que l'on range dans l'armoire, elle est éternelle, une Torah de vie ...

Lorsque nous (les juifs) avons reçu la Torah, Hachem a dit : "En ce jour, tu es devenus le peuple!"
Avec la Torah il y a un peuple, sans Torah il n'y a pas de peuple, et selon rabbénou Saadia Gaon : "Notre peuple n'est un peuple uniquement lorsqu'il se trouve dans la Torah" ...

Puisque Hachem nous a mariés avec la Torah, si un homme n'étudie pas la Torah, la jeune mariée va se plaindre auprès de son père, Hachem : "Avec qui m'as-tu mariée? Mon mari n'est jamais à la maison, il ne m'adresse jamais la parole!" ...

Rabbi Chimon ben Lakich a dit : "celui qui prononce des paroles de Torah, qui ne sont pas exquises à ceux qui les entendent, comme est chère une nouvelle mariée à son époux, il aurait été préférable qu'il ne les prononce pas. Car lorsque Hachem a donné la Torah à Israël, elle leur était aussi chère qu'une jeune épouse pour son époux" (midrach Chémot rabba 41,5).
[...]

La guémara (Béra'hot 17a) demande : "Par quoi les femmes méritent-elles?" Par quoi les femmes mériteront elles la résurrection des morts?

Je ne comprends pas. Les femmes appliquent de nombreuses mitsvot, parmi elles des mitsvot qui leur sont uniquement destinées, et voilà que soudainement, la guémara demande avec innocence par quoi les femmes mériteront la résurrection des morts. Que s'est-il passé, où sont passées toutes leurs mitsvot?

Il est vrai que pour chaque mitsva on reçoit une récompense, mais un mot d'étude de la Torah vaut l'éternité, sa valeur est comparable à toutes les 613 mitsvot.

C'est pourquoi la guémara demande : un homme qui étudie la Torah reçoit un salaire sans fin sur son étude, mais les femmes qui n'étudient pas la Torah, comment vont-elles mériter le salaire de l'étude de la Torah?

A quoi la guémara répond : par le fait d'envoyer leur mari et leurs enfants étudier la Torah, elles reçoivent une part de leurs études, et par cela, elles méritent la récompense de l'étude de la Torah.

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-> La guémara (Méguila 3) enseigne :
"Le Targoum (la traduction) des Névi'im a été enseignée par Yonathan ben Ouziel ... et la terre d'Israël a tremblé [sur une superfice] de 400 parsa sur 400 parsa.
Une voix divine (bat kol) a annoncé : "Qui a révélé mes secrets?"
Yonathan ben Ouziel s'est levé et a dit : "Je révèle les secrets. Et Tu sais que je ne le fais pas pour mon honneur ou celui de ma famille. J'ai traduit les Névi'im pour Ton honneur, afin qu'il n'y ait pas beaucoup de désaccords (makhlokét) en Israël"."

-> Les Tossefot Rid demande : pourquoi la terre d'Israël a-t-elle tremblée sur une distance de 400 parsa lorsque Yonathan ben Ouziel a traduit les Prophètes (Névi'im)?
N'est-ce pas le but de la Torah que les gens en viennent à la comprendre? Qu'a-t-il fait de mal?

Les Tossefot Rid explique que Yonathan ben Ouziel a rendu l'étude de la Torah facile.
Maintenant, lorsque quelqu'un veut comprendre un verset dans les Prophètes, il n'a qu'à regarder le Targoum, et en comprendre l'explication.
Il n'aura pas besoin de travailler durement pour en comprendre son sens. Or, cela n'est pas la façon dont la Torah doit être étudiée. Il doit y avoir un composant d'efforts avant qu'on puisse véritablement la comprendre. Cela ne doit pas devenir de la facilité.

-> Rachi (Yitro 19,5) écrit : "Si vous l’acceptez dès maintenant [d'étudier et d'observer la Torah], cela vous sera agréable ensuite, car tous les débuts sont difficiles".

[le yétser ara nous fait croire que puisque nous devons fournir de gros efforts pour étudier la Torah, alors c'est qu'elle n'est pas faite pour nous (c'est pour nos Sages!).
Mais au contraire, l'effort est le moyen par lequel on doit l'acquérir, et chaque effort est très précieux aux yeux d'Hachem (en fonction de l'effort est la récompense!)]