Aux délices de la Torah

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La signification de la mitsva d’étudier la Torah

+ La signification de la mitsva d'étudier la Torah (selon le Ba'h) :

-> Le Temple a été détruit du fait que les juifs ne récitaient pas la bénédiction [consacrée] avant l'étude de la Torah.
[guémara Nédarim 81a]

-> Le rav Yaakov Adès enseigne :
Dans la guémara (Nédarim 81a), Rav Yéhouda dit au nom de Rav Maï : On a posé la question suivante aux Sages, aux prophètes et aux anges : qui est l'homme sage et doté de compréhension qui puisse expliquer ce qui a causé la perte de la terre [d'Israël, la destruction du Temple]?
Personne ne fut capable de donner une réponse, jusqu'à ce qu'Hachem Lui-même affirme : "C'est parce qu'ils ont abandonné Ma Torah, qu'ils n'ont pas écouté Ma voix et qu'ils ne l'ont pas suivie".
Rav Yéhouda dit au nom de Rav : c'est parce qu'ils n'ont pas récité les bénédictions de la Torah avant l'étude.

=> Le Ba'h demande : comment est-il possible que les juifs aient mérité une telle punition pour une faute qui ne semble pas si grave?

Et il répond : Hachem désire que nous étudions la Torah afin que notre âme se lie à Sa spiritualité et à Sa sainteté : les 248 mitsvot positives et les 365 mitsvot négatives servent à unir nos 248 membres et nos 365 tendons à Hachem.
Si les juifs avaient étudié la Torah dans cette intention, la Providence aurait véritablement résidé parmi eux, la terre aurait été entièrement illuminée par Sa Gloire et l'armée céleste se serait unie à celle de ce monde.

Cependant, ils étudiaient la Torah par intérêt personnel, pour connaître les lois du commerce ou pour prouver leur sagesse, et ils n'avaient pas l'intention de s'attacher à la sainteté et à la spiritualité de la Torah afin d'attirer la Providence sur la terre et afin que leur âme atteigne un niveau très élevé après leur mort.
C'est pourquoi une séparation s'est formée entre la Providence et la terre : la Providence est restée au Ciel et la terre est demeurée à son niveau matériel, sans sainteté, ce qui a engendré sa perte.

C'est ce qui est dit dans la guémara : "Quel est l'homme sage qui puisse nous dire ce qui a causé la perte de la terre? Et Hachem a dit : Parce qu'ils ont abandonné Ma Torah"
L'expression "Ma Torah" signifie : "La véritable Torah que Je leur ai offerte, que Je leur ai expliquée dans les moindres détails afin qu'ils s'attachent à la sainteté de Ma Torah et que la Providence réside parmi eux. Ils ont abandonné Ma Torah et ne l'ont pas suivie, parce qu'ils n'ont pas étudié dans l'intention de lier leur âme à l'essence sacrée de la Torah".

Les accuser de ne pas avoir récité les bénédictions de la Torah signifie qu'avant d'étudier, ils n'avaient pas l'intention de s'attacher à la sainteté d'Hachem. En effet, dans les bénédictions de la Torah, on remercie Hachem de nous avoir donné la Torah afin que notre âme se lie à l'essence de sa sainteté et de sa spiritualité et que la Providence réside parmi vous.
La terre est donc restée entièrement matérielle et a pu être détruire, puisque la Providence s'en est retirée pour remonter au Ciel.

-> Grâce à l'étude de la Torah, la luminosité de l'âme se fond avec celle de la Torah, et un flux de luminosité divine se déverse sur elle.
Le commentaire du Ba'h ne vient pas ajouter un sens supplémentaire à la mitsva d'étudier la Torah ; il précise simplement que le but essentiel de l'étude est de créer un lien profond entre Hachem et l'homme, et de faire bénéficier l'homme d'une luminosité divine particulière.
Ainsi, lorsque ce but a manqué de se réaliser, la terre a été détruite et Israël a été exilé.

=> Il est très important que l'homme prenne conscience qu'à chaque fois qu'il entreprend d'étudier la Torah, il s'attache à Hachem et bénéficie d'un flux de spiritualité sacrée de Sa part.

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+ L'importance de l'obligation d'étudier la Torah :

-> Rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 4e partie chap.15) écrit :
"La Torah nous a donné une interdiction extrêmement importante : 'Ce livre de la Torah ne quittera pas ta bouche, et tu t'y absorberas jour et nuit' (Yéhochoua 1,8).
Il est écrit dans le Zohar : 'La Torah est très puissante et supérieure à tout, c'est pourquoi il faut s'y adonner jour et nuit et ne jamais s'en séparer. Celui qui s'en sépare est comparable à quelqu'un qui quitterait l'arbre de la vie'."

-> Le Tana déBé Eliyahou (chap.15) affirme : "L'homme doit se consacrer à l'étude des paroles de la Torah, qui sont comparables au pain et à l'eau".
De même qu'il est impossible de vivre sans pain et sans eau, il est impossible de vivre sans Torah".

-> Le rav Yaakov Adès enseigne :
Il est écrit : "La Torah est un arbre de vie pour ceux qui s'y attachent" (Michlé 3,18).
L'homme doit s'imaginer qu'il est en train de se noyer dans un fleuve et qu'il voit devant lui un arbre solide ; il est évident qu'il essayera de toutes ses forces de s'y accrocher et qu'il ne le lâchera pas, même un instant, puisque toute sa vie dépend de cet arbre.

De même, la Torah est appelé un "arbre de vie". C'est seulement pendant les moments où l'homme est attaché à la Torah qu'il vit une véritable vie, une vie où il est attaché à Hachem, puisque Hachem et la Torah forment une même entité.

Depuis la destruction du Temple, les juifs ont été exilés, la Providence erre (il s'agit d'une parabole), et il ne reste plus que la Torah.
Lorsque les juifs s'y adonnent , ils deviennent un sanctuaire en miniature où elle peut se réfugier et se reposer.
Cette idée illustre l'affirmation de nos Sages (guémara Béra'hot 8a) : "Depuis la destruction du Temple, il ne reste plus à Hachem dans ce monde que les 4 coudées du domaine de la loi".

Nos Sages ont également dit : "D'où sait-on que même si une seule personne étudie la Torah, la Providence Divine réside avec elle? C'est parce qu'il est dit : 'En tout lieu où Je mentionnerai Mon Nom, Je viendrai vers toi et Je te bénirai'.
[en étudiant la Torah on permet que Hachem réside davantage en nous, et qu'Il nous bénisse!]
De plus, il est écrit dans le midrach (Michlé) : 'Car celui qui Me trouve a trouvé la vie : Hachem dit : Je Me trouve en tout lieu avec tout celui qui est plongé dans les paroles de la Torah, c'est pourquoi il est dit : 'Car celui qui Me trouve a trouvé la vie'."

"Et tu feras le candélabre en or pur, c'est d'une seule pièce que sera fait le candélabre" (Térouma 25,31)

-> Rachi commente : Moché rencontrait des difficultés à le réaliser, Hachem lui dit : "Jette le Kikar (le morceau d'or) dans le feu et il se formera de lui-même."

-> Le Divré Chmouel voit dans ce commentaire une allusion à la voie à suivre pour acquérir la émouna : lorsqu’une personne est confrontée à un obstacle ou une épreuve dans le domaine de la subsistance évoquée par le Kikar (litt. morceau de pain) et que, écrasée par le poids des vicissitudes de l’existence, elle désespère de voir sa situation s’améliorer, elle se jettera entièrement avec l’épreuve qui la tourmente dans le feu (allusion à D. qualifié dans la Torah de ‘feu dévorant’).
En agissant de la sorte, "il se formera de lui-même" (son épreuve se solutionnera d’elle-même), comme il est dit : "Transmets à Hachem le joug (de ta subsistance) et Il te nourrira" (Téhilim 55, 23).

"Tu feras la table en bois de Chittim ... et tu lui feras 4 anneaux en or" (Térouma 25,23-26)

-> Le Kli Yakar rapporte l'allusion suivante :
"Les anneaux sont ronds, ils viennent par-là évoquer que l'homme doit se rappeler que la réussite dans ce monde est une roue qui tourne comme cet anneau.
Dès lors, il se souviendra de faire participer les nécessiteux à "sa table" en pourvoyant à leurs besoins.
En effet, lorsqu'il pensera en permanence que tout son argent et tous ses biens ne sont qu'un don du Ciel et qu'Hachem peut à Sa guise les lui reprendre, cela l'incitera à utiliser son argent pour faire du bien autour de lui.
Hachem l'aidera alors à conserver cet argent qu'Il a lui-même entreposé dans ses mains."

"Ils Me feront un Sanctuaire, et je résiderai parmi d’eux" (Térouma 25,8)

-> Rabbi 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm 1,4) enseigne :
"Que l’homme ne se dise pas : qui suis-je ? Et dans quelle mesure mes actions auront-elles une quelconque influence?
Mais qu’il sache et qu’il fixe dans son cœur que chacun des détails de ses actions, de ses paroles, de ses pensées, à chaque instant, possède des effets extrêmement grands.
Comment ne pas trembler lorsque l’on se rend compte des conséquences de nos bonnes actions et des destructions terribles de nos mauvaises actions qui sont bien pires que celles que Névou'hadnétsar ou Titus ont pu commettre ; car si ces deux derniers ont pu détruire le Temple d’en bas, leurs actes n’ont eu aucun effet en haut ; alors que par nos fautes nous empêchons Hachem d’exprimer Sa force et Sa bonté sur terre et nous laissons son Temple, en haut et en bas, être rendu impur.

Ce n’est que par les fautes des Bné Israël en bas, que les Temples ont été détruits, comme nos Sages l’ont dit (Midrach Eikha) : "de la farine moulue, Titus est venu moudre" ...
Celui qui a une mauvaise pensée dans son cœur (débauche), il la fait rentrer directement dans le Kodech haKodachim (saint des Saints) d’en haut car le cœur du Temple qui est le Kodech Hakodachim et le Arone est parallèle au cœur de l’homme en bas.
C’est pourquoi Hachem n’a pas dit : ‘"fais-moi un Michkan et Je résiderai en lui", mais "fais-moi un Mikdach (Temple) et Je résiderai en eux (dans les bné Israël)" ... car tout l'essetiel du Temple, de la résidence de la Chekhina, du Kodech Hakodachim est centralisé autour de l’homme qui, s’il se sanctifie et s’élève par les mitsvot, deviendra lui-même un Temple (beit midrach) et Hachem sera en lui."

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-> Nos Sages (guémara Roch Hachnaa 18b) disent que : la mort d’un tsadik est aussi grave que la destruction du Temple aux yeux d’Hachem.

"Quand un homme frappera l'œil de son esclave ... s'il fait tomber la dent de son esclave ou la dent de sa servant, il les renverra libres" (Michpatim 21,26-27)

-> Nous apprenons de ce verset que si le maître de maison a frappé son esclave cananéen et a endommagé une dent ou un œil, l'esclave sera affranchi de son esclavage.

=> Pourquoi la Torah précise-t-elle la dent et l'œil?

Le midrach explique que les esclaves cananéens sont des descendants de 'Ham.
Or, 'Ham fauta précisément avec la vue et la parole comme il est dit : " 'Ham, père de Canaan, vit la nudité de son père et l'annonça à ses 2 frères" (Noa'h 9,22).
Ainsi, l'esclave sortira en liberté contre une dent ou un œil car lorsque ce dernier subit un dommage à la dent ou à l'œil, il expie par cela les fautes commises durant sa précédente réincarnation et peut donc s'affranchir de sa condition d'esclave, sa réparation ayant été réalisée.
[Tsor ha'Haïm - Michpatim]

"Quand un homme vendra sa fille sa fille comme servante, elle ne sortira pas comme sortent les esclaves. Si elle déplaît aux yeux de son maître à qui elle n'était pas destinée, il la fera racheter mais il n'aura pas le pouvoir de la vendre à un peuple étranger après l'avoir trahie" (Michpatim 21,7-8)

-> Le Zohar compare l'âme (néchama) à une pierre précieuse de très grande valeur appartenant à Hachem.
Il va la transmettre gratuitement à l'homme sans aucune contrepartie financière et c'est le sens de notre verset d'après le Zohar :
- "Quand un homme vendra" = c'est-à-dire Hachem ;
- "sa fille" = c'est la néchama ;
- "comme servante" = pour être soumise dans ce monde ici-bas.
- "elle ne sortira pas comme sortent les esclaves" = lorsqu'arrive le moment pour l'âme (néchama) de quitter ce monde, elle ne sortira pas comme sortent les esclaves, c'est-à-dire salie et souillée par les fautes.
Elle sortira libre, en d'autres termes immaculée et pure afin de réjouir Hachem, qui va la rétribuer et lui donner un très grand salaire dans le monde futur.
- par contre : "Si elle déplaît aux yeux de son maître" = si la néchama s'est souillée par des transgressons dans le monde d'en bas, alors "elle n'était pas destinée" = il s'agit du corps qui ne lui était pas destiné et ne méritera pas de se relever pour la résurrection des morts.
- Cependant, si "il la laisse se racheter" = si l'homme se repentit, il rachète toutes ses fautes.

- Et c'est ainsi qu' "il n'aura pas le pouvoir de la vendre à un peuple étranger" = lorsque la néchama descend dans le monde d'en bas et demande à remonter dans le gan eden, "un peuple étranger" = c'est-à-dire les anges de destruction qui ont été créées par les fautes commises par cette néchama ne pourront pas la dominer.
- "après l'avoir trahie" = Hachem confectionne un habit pour cette néchama qui la protège et forme un bouclier contre ces anges.

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+ "S'il est rentré seul, il sortira seul. S'il a une épouse, sa femme sortira avec lui" (Michpatim 21,3)

-> Le Ménorat haMaor, explique ce verset d'après le midrach (Tan'houma) :
"S'il est entré seul, il sortira seul" = il s'agit du racha qui vient dénué de Torah dans le monde et en repart comme il est venu.
Par contre, "s'il a épousé une femme" = c'est-à-dire que si l'homme a mérité de rencontrer la Torah qui est comparée à la femme (selon la guémara Pessa'him 63b), alors "sa femme sortira avec lui" = il ne sortira pas de ce monde complètement dénudé comme il est arrivé mais sa Torah l'accompagnera dans le monde futur qui est entièrement bon, comme il est dit : "ta vertu marchera devant toi" (Yéchayahou 58,8).

"Dès que le mois d'Adar débute, on augmente la joie (marbim béSim'ha) " (guémara Taanit 29a)

En entrant dans le mois d'Adar, nous devons augmenter notre joie à un niveau remarquable.
Le mot "béSim'ha" (avec joie) a la même valeur numérique que "shana" (année), impliquant que nous bénéficierons l'année toute entière de la joie que nous avons pu atteindre pendant ce mois.
[le Ohév Israël - le rabbi d'Apta]

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[nos Sages nous demandent d'augmenter notre joie pendant le mois d'Adar (même en nous forçant un peu), car par cet investissement nous illuminerons de joie l'année à venir! ]

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-> Nos Sages nous enseignent : "Dès que le mois de Adar débute, on multiplie les manifestations de joie" (guémara Taanit 29a)
Durant ce mois, on devra principalement écarter de son cœur toute inquiétude et tristesse. [rav Chlomo Zalman Auerbach]
On devra étudier et prier avec joie, faire des choses qui nous mettrons de bonne humeur. On s’efforcera aussi de sourire, ... [rav Nathan Meïr Wachtfogel - Lékét Réchimot]

-> Nous trouvons dans les écrits de l’un des Richonim (Mikhtam), qu’il faut également réjouir les nécessiteux, c’est-à-dire en distrayant les personnes tristes et en multipliant les actes de charité envers les pauvres : tel est le sens profond de "marbim béSim'ha" = "multiplier les actes de joies" vis-à-vis des autres.
Nos Sages écrivent qu’en ce mois, le Mazal d’Israël est plus élevé et plus fort. C’est pourquoi ils nous conseillent si nous avons un procès avec un non-juif durant les mois précédents, de le reporter au mois de Adar [Maguen Avraham 686,5]

"Toute maison où l'on n'entend pas de paroles de Torah durant la nuit, un feu la dévore" (guémara Sanhédrin 92)

 

-> Rabbi Nissim Yaguen (Nétivé Ohr) commente :
Le problème n'est pas réellement le feu, car dans ce cas on peut appeler les pompiers.
Par contre, si le mari ne se rend pas à des cours de Torah, ne prévoit pas des moments fixes pour étudier la Torah, cette maison ne pourra pas subsister. Il y aura des disputes dans le couple, ce sera le début de la destruction du foyer ...
La lumière de leur Torah doit éclairer la maison (ex: éviter de crier grâce à une amélioration des midot, une étude commune mari-femme).

"Plus les juifs orthodoxes seront nombreux à monter en terre d'Israël, plus grande sera leur influence et plus elle contribuera à préserver la sainteté du pays ...
De cette façon, l'influence du judaïsme orthodoxe grandira et l'établissement en terre sainte sera fondé sur l'esprit de notre sainte Torah, Ecrite et Orale."
[rabbi de Gour - rapporté dans le Ossef Mi'htavim]

"Si quelqu’un détourne un objet consacré" (Vayikra 5,15)

-> Le ‘Hida trouve dans ce verset une allusion à ce qu’ont dit les Sages, à savoir que le mot "maal" (מַעַל - détourner un objet consacré) est l’acrostiche de : Maakhalot (la nourriture), Arayot (les relations interdites), Lachon (le bon usage du langage).
En effet, la plupart des gens tombent dans le vol, une minorité dans les relations interdites, et tout le monde dans le lachon ara.

C’est l’allusion contenue dans les mots : "si quelqu’un détourne un objet consacré" (ma’al), il détourne la vie que lui a donnée D. pour se livrer à ces fautes principales, car à cause du désir de nourriture on en vient à voler, et à cause d’une trop grande abondance de nourriture on en vient aux relations interdites dans lesquelles tombe une minorité.