Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Nos Sages disent que lorsque les morts ressusciteront, ils seront transportés à la Méarat HaMa'hpéla, et se lèveront de là.
[Maharal - Gour Ayré - Vayé'hi (47,30) - se basant sur le Zohar]

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-> "S'il te plaît, ne m'enterre pas en Egypte" (Vayé'hi 47,29)

Une des 3 explications de Rachi est : les morts ensevelis hors de la terre d'Israël "vivent" dans la souffrance des migrations souterraines.
[Ils sont obligés d'endurer la souffrance de rouler à travers des tunnels pour atteindre la terre d'Israël pour la résurrection des morts]

Par ailleurs, la guémara (Kétoubot 111b) enseigne qu'au moment de la résurrection des morts, les tsadikim vont jaillir et se lever à Jérusalem.

=> Quel est l'intérêt de l'enterrer à 'Hevron, si Yaakov devra quand même subir des souffrances pour atteindre Jérusalem?

-> Le Mérafsin Igri répond que ceux qui sont enterrés en dehors d'Israël devront rouler dans le sol jusqu'à atteindre Jérusalem, et là ils ressusciterons.
Par contre, ceux qui sont enterrés ailleurs qu'à Jérusalem, vont d'abord revenir à la vie là où ils sont enterrés, et ensuite ils pourront marcher normalement jusqu'à Jérusalem.
Cette cette première douleur (rouler dans le sol) que Yaakov voulait éviter.

-> Le Arizal écrit qu'il existe une cavité souterraine qui relit directement la grotte de Ma'hpéla ('Hebron) au Kotel. D'ailleurs, c'est par ce trajet que chaque veille de Shabbath, après le midi juif, nos Patriarches vont au Kotel.
On comprend mieux pourquoi, Yaakov ne s'est pas préoccupé d'être enterré à 'Hebron.

-> Le rav David Twerski (le premier Rabbi de Tolna) rapporte les paroles de nos Sages que si une personne est méritante, des anges Célestes vont amener sont cercueil jusqu'en terre d'Israël, au moment de la résurrection des morts, lui évitant ainsi les douleurs liées au déplacement.
De même, les anges vont retirer d'Israël ceux qui ne méritent absolument pas d'y être ressusciter.
[par exemple selon le midrach (Michlé chap.17) : "Lorsque les morts ressusciteront, Hachem "secouera" la terre d'Israël (pour ainsi dire) et les réchaïm en seront chassés, ne laissant que les justes (tsadikim). ]

C'est pourquoi, Yaakov a insisté pour être enterré en terre d'Israël, car dans son énorme humilité, il ne se considérait pas comme un tsadik, ne méritant pas que les anges viennent l'apporter en Israël.

Il existe de nombreuses mitsvot qu'une personne n'est pas tenue d'accomplir tant qu'elles ne lui sont pas imposées. Cependant, lorsqu'une personne lit à leur sujet et que son cœur désire les accomplir, Hachem considère qu'elle les a accomplies [à la perfection]. C'est une grande récompense illimitée.
[Smak - introduction ]

Il n'y a rien de plus aimé devant Hachem que la pudeur.
[Pessikta Rabbati - chap.46 ]

Le précepte fondamental du judaïsme est de se soumettre à la sagesse de la Torah et de ses érudits.
Lorsqu'une personne renonce à sa propre sagesse au profit de celle de la Torah et prête l'oreille aux paroles des sages, cela vaut mieux que toute autre chose.

Par conséquent, ne vous inquiétez pas si vous ne parvenez pas à jeûner le jour de Yom Kippour, car si vous écoutez la sagesse des érudits de la Torah qui vous ont ordonné de ne pas jeûner si un médecin vous a conseillé de ne pas jeûner, cela a plus de valeur que le jeûne lui-même.
[Chem miChmouel - Moadim ]

Le principe fondamental de tous les principes fondamentaux [du judaïsme] est la foi en la venue du machia'h.
[ 'Hafets 'Haïm al HaTorah - Noa'h 8,22 ]

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-> Le Ram'hal (Messillat Yécharim - chap.19) écrit que si quelqu'un se demande ce que ses maigres prières pour le machia'h pourraient bien accomplir, il doit savoir que Hachem aime nos prières pour le machia'h même si le moment propice à son arrivée n'est pas encore venu.
Allant plus loin, le Nétivot Shalom cite le Beit Avraham qui dit que le désir ardent de quelque chose est en réalité plus grand que la chose elle-même!
[d'une certaine façon, notre aspiration, notre désir, en la guéoula est plus grande que la guéoula! ]

Une personne est certainement tenue de faire tout son possible pour guider ses fils pendant leur jeunesse afin qu'ils suivent le chemin d'Hachem. Grâce à cela, une personne est incroyablement aimée aux yeux d'Hachem.
Comme nous le voyons concernant Avraham Avinou, tout l'amour qu'Hachem lui portait était dû à cela.
Comme il est écrit : "Car Je le connais, parce qu'il commandera à ses enfants et à sa maison de le suivre et de garder la voie d'Hachem" (Vayéra 18,19).
[ 'Hafets 'Haïm - Shem Olam - introduction ]

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-> Rachi souligne ici que "car Je le connais" est une expression d'affection.

Si seulement les gens comprenaient combien de récompenses et de mérites sont accordés aux justes (tsadikim) lorsque les réchaïm font téchouva grâce à eux, ils courraient après les réchaïm pour les ramener sur le droit chemin comme on court après la vie elle-même.
[Zohar II,129a ]

Rien n'éloigne autant l'homme de son Créateur que le lachon ara.
[Ohr ha'Haïm hakadoch - Métsora 14,9 ]

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-> Quand une personne ferme la bouche et s'abstient de dire du lachon ara sur les autres, Hachem répond mesure pour mesure et empêche les Accusateurs du ciel d'ouvrir la bouche pour parler contre elle.
[ 'Hafets 'Haïm - Chemirat Halachon - chap.2 ]

-> Jusqu'au jour de sa mort, l'homme doit se priver. Non pas par le jeûne ou l'affliction, mais plutôt en contrôlant sa bouche et ses désirs. C'est cela la tachouva, et [la récompense] pour cela est le fruit entier du monde à Venir (olam haba) ...
Cela a plus de valeur que tous les jeûnes et toutes les afflictions du monde.
A chaque instant où une personne ferme sa bouche, elle mérite une lumière cachée qu'aucun ange ni aucune créature ne peut imaginer.
[Gaon de Vilna - Iguéret HaGra ]

Venir vivre en Israël = sonner le plus beau shofar du machia’h

+ Venir vivre en Israël = sonner le plus beau shofar du machia'h :

-> A Roch Hachana 1933, le rav Avraham haCohen Kook (Maamaré HaRéiya - vol.1 p.268) a fait le discours suivant dans la synagogue de la 'Hourva à Jérusalem :

"Ce jour-là, un grand shofar retentira, et ceux qui se sont perdus au pays d'Assyrie et ceux qui ont été rejetés au pays d'Égypte viendront se prosterner devant le Seigneur, sur la montagne sainte à Jérusalem" (Yéchayahou 27,13).

"Notre D. et D. de nos pères, sonnez le grand shofar pour notre liberté" (Moussaf pour Roch Hachana - Shofarot).
Le prophète a prophétisé au sujet d'un grand shofar de la rédemption (guéoula), et nous prions spécifiquement pour que le grand shofar retentisse ; car il existe différents niveaux de shofar de rédemption : Il y a un grand shofar, un shofar ordinaire de taille moyenne et un petit shofar.

Le shofar du machia'h est comparé au shofar ordinaire, c'est-à-dire le shofar de Roch Hachana. La loi juive détermine trois niveaux [de cacherout] en ce qui concerne le shofar de Roch Hachana :
1°/ la manière la plus appropriée d'accomplir la mitsva est d'utiliser une corne de bélier (Shoulchan Aroukh - Orakh Chayim 686:1).
2°/ à posteriori (bédi avad), tous les shofars sont casher (ibid.).
3°/ un shofar provenant d'un animal non casher ou d'un animal appartenant à un non-juif qui était vénéré comme un dieu est invalide (passoul). Cependant, si quelqu'un souffle dans un tel shofar, il s'acquitte de son obligation [à posteriori]. De plus, il est permis de souffler dans n'importe quel shofar si l'on ne peut pas se procurer un shofar casher, à condition de ne pas réciter de bénédiction dessus (voir Michna Béroura, ibid.).

Ces catégories halachiques mentionnées en rapport avec le shofar de Roch Hachana correspondent à différents niveaux du shofar de la rédemption (guéoula).

Qu'est-ce que le shofar de la rédemption exactement?
Lorsque nous parlons du "shofar du machia'h", nous faisons référence à un réveil et à une impulsion qui provoquent la renaissance et la rédemption du peuple juif. Ce réveil est la tékia (son du shofar) qui rassemble ceux qui sont perdus et mis à l'écart, les amenant à la Montagne Sainte à Jérusalem.

A différents moments de l'histoire juive, il y a eu un réveil et un désir [de rédemption] qui trouvaient leur origine dans la sainteté. Même aujourd'hui, il existe des groupes et des individus parmi le peuple juif qui ont un tel désir.
[Ce réveil sacré] repose sur une forte croyance en Hachem et en Sa Torah, [sur une compréhension] de la sainteté d'Israël et de sa mission, et sur le désir d'accomplir la volonté de D., qui est la rédemption complète d'Israël.
C'est là le grand et excellent shofar, le désir d'une nation d'être délivrée en raison de sa noble aspiration à accomplir sa grande mission, ce qui ne peut se faire lorsqu'elle [la nation] est exilée et opprimée.
[nous avons beaucoup de désirs de sainteté et nous comprenons qu'ils ne peuvent se matérialiser uniquement en étant en terre d'Israël. Ainsi, ce désir de sainteté est comme un shofar qui nous réveille à aller en Israël, mettant de côté toute considération de notre égo qui nous endort dans le confort, l'habitude de notre nation natale. ]

Cependant, parfois, ce désir sacré se détériore. Il n'y a pas beaucoup d'enthousiasme pour les idées nobles et sacrées. Néanmoins, la nature humaine saine, qui trouve également son origine dans la sainteté, existe toujours (au moins).
Cette nature humaine saine crée au sein de la nation un désir simple et naturel de devenir souveraine sur son territoire, de se lever et d'être libre, de mener une vie simple et libre, comme toutes les autres nations. Ce désir naturel, qui découle de sentiments patriotiques normaux, est le shofar ordinaire, de taille moyenne, que l'on trouve partout.
Celui-ci est également un shofar casher ; et même si le premier type est préférable, "à posteriori, tous les shofars sont casher".

Cependant, il existe également une troisième catégorie de shofar du machia'h, qui correspond également au shofar de Roch Hachana. Il s'agit d'un petit shofar invalide, utilisé sous la contrainte, lorsqu'il n'y a pas de shofar casher à disposition. Si l'enthousiasme sacré, avec son désir noble de rédemption qui en découle, a expiré, et si les sentiments nationalistes humains normaux, le désir de vivre honorablement en tant que nation, ont également expiré, [c'est-à-dire] s'il est impossible de souffler dans un shofar casher pour notre rédemption, nos ennemis viennent et soufflent [le shofar] de la rédemption dans nos oreilles.
Ils nous forcent à entendre le son du shofar. Ils crient et font du bruit dans nos oreilles, nous refusant le repos dans la diaspora.
Le shofar d'un animal impur devient le shofar du machia'h. Amalek, Petliura, Hitler, ... nous réveillent à la rédemption.
Celui qui n'a pas écouté le son du premier shofar, et celui qui n'a pas voulu écouter le son du deuxième shofar ordinaire non plus, parce que ses oreilles étaient fermées, écouteront le son du shofar impur et invalide. Il l'écoutera contre son gré.

Néanmoins, même lui s'acquitte de son obligation. Même [ce type de] nationalisme, celui du bâton, de la persécution des juifs, contient une forme de rédemption.
Cependant, on ne doit pas réciter de bénédiction sur ce type de shofar, [comme le dit la Michna] : "On ne récite pas de bénédiction sur tout ce qui est une sorte de malédiction" (Béra'hot 6:4).

Nous prions pour que Hachem, ne nous oblige pas à écouter le shofar invalide et impur. Nous ne désirons pas non plus le shofar ordinaire, de taille moyenne, presque profane. Nous prions : "Sonnez le grand shofar pour notre liberté", un shofar qui vient du plus profond de la sainteté de l'âme juive, de notre Saint des Saints. Alors, la rédemption (guéoula) sera totale.

Si tous les juifs étaient revenus en Israël, le 2e Temple n’aurait pas été détruit

+ Si tous les juifs étaient revenus en Israël, le 2e Temple n'aurait pas été détruit :

-> La nation d'Hachem a résidé la Terre de D. pendant près de 900 ans, atteignant les sommets de la sainteté avant de sombrer jusqu'à mériter l'exil. Lorsqu'ils ont quitté Sion, ils ont ressenti cette perte : "Sur les rives de Babylone, nous nous sommes assis et nous avons pleuré, en nous souvenant de Sion ... Comment chanterions-nous les cantiques du Seigneur sur une terre étrangère? Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite oublie [son habileté]. Que ma langue s'attache à mon palais, si je ne me souviens pas de toi, si je n'élève pas Jérusalem au-dessus de ma plus grande joie" (Téhilim 137,1-6).

Alors ils pleurèrent (réalisant la différence spirituelle énorme entre résider en Israël ou pas), mais lorsqu'ils arrivèrent en diaspora et s'adaptèrent à la vie babylonienne, ils s'habituèrent rapidement à leur nouvelle existence en exil. En peu de temps, l'amer devint doux et le doux devint amer.
Même après la déclaration de Cyrus (annonçant la construction du 2e Temple) : "Le Seigneur D. du ciel m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Judée. Que tous ceux d'entre vous qui appartiennent à son peuple, que son D. soit avec eux, montent à Jérusalem, en Judée, et construisent la maison du Seigneur D. d'Israël (Ezra 1,2-3), les "endormis" de Babylone ne se sont pas réveillés.
Et les 42 360 juifs qui sont retournés en terre d'Israël (Ezra 2,64) n'étaient pas les plus distingués : "Dix [divisions] généalogiques sont venues de Babylone ... des convertis, des esclaves affranchis, des illégitimes" (Kidouchin 69a).
Rachi explique : "Ezra a mis de côté tous les [juifs] indignes et les a emmenés avec lui", comme le dit Rabbi Elazar : "Ezra n'a pas quitté Babylone avant de l'avoir rendue [aussi pure] que de la farine fine" (Kidouchin 69b).

-> Rabbi Yé'hiel Halperin (Séder HaDorot 3413) écrit :
"Ezra, le prêtre et scribe, monta de Babylone à Jérusalem ... Nos Sages déclarent (dans le dernier chapitre de Kidouchin) que peu de juifs montèrent avec Ezra à Jérusalem ...
Certains disent que de nombreux juifs qui avaient été exilés en Egypte au moment de la destruction du 1er Temple y restèrent jusqu'à ce qu'Alexandre le Grand construise Alexandrie, moment auquel ces juifs s'y installèrent [à Alexandrie] et se multiplièrent. Ceux qui se rendirent dans les terres d'Ammon, de Moav et de Grèce firent de même. Les exilés qui se rendirent en Espagne firent également de même, car ils ne voulaient pas quitter leurs maisons, affirmant que la construction du 2e Temple n'était qu'un souvenir (comme une simple mémoire du 1ere Temple)."

[lorsque nous avons le confort de notre terre de résidence (bien qu'en exil), nous trouvons toutes les excuses les plus louables pour y rester, plutôt que d'envisager d'aller en terre Israël (ce qui est la véritable volonté d'Hachem). ]

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+ Les juifs du Yémen :

-> Le rabbi Shlomo Adeni (1567-1629), érudit du Yémen (enterré à 'Hevron), écrit dans l'introduction de son monumental commentaire sur la michna (Mélé'het Shlomo) :
"J'ai hérité d'une tradition de la maison de mon grand-père paternel, originaire des villes du Yémen, selon laquelle nous avons été exilés [là-bas] depuis le premier exil ... Nous avons également une tradition selon laquelle nous descendons du groupe auquel Ezra a demandé de venir [à Jérusalem] au moment de la construction du 2e Temple.
Ils ont refusé catégoriquement (aller en Israël, préférant rester au Yémen), alors il les a maudits en leur infligeant une pauvreté éternelle.
En raison de nos fautes, [cette malédiction] s'est pleinement réalisée dans notre exil, [sous la forme à la fois] d'une pauvreté dans la Torah et de difficultés financières, en particulier dans ma jeune famille ... L'indigence et la famine nous ont frappés, de sorte que les deux malédictions d'Ezra se sont réalisées à travers nous."

-> Le rav Yaakov Sapir (1822-1885) évoque également l'exil yéménite (dans son Even Sapir - ce livre est un recueil de ses impressions lorsqu'il a voyagé pour récolter des fonds pour la communauté des Pérouchim de Jérusalem (élèves du Gaon de Vilna) en l'année 1858). Il y écrit :
"Ils ont une tradition [au Yémen] selon laquelle leurs ancêtres sont venus vivre dans ce pays 42 ans avant la première destruction [du Temple] ... Lorsque Ezra est monté [en terre d'Israël] depuis Babylone [pour la construction du 2e Temple] et a envoyé des lettres à tous les juifs [les exhortant] à le rejoindre, il a également envoyé [une lettre aux juifs yéménites], mais ils ne sont pas venus ...
Le Grand Cohen, c'est-à-dire Ezra, s'est mis en colère contre eux et les a excommuniés par une interdiction sévère ... Ils n'ont ni paix ni tranquillité."

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+ Les juifs de Perse :

-> Dans son ouvrage Nid'hé Israël (p.128-129), le 2e président d'Israël, Its'hak Ben-Tzvi, rapporte une tradition préservée parmi les juifs perses, selon laquelle Guillard, un village situé à environ 70 kilomètres de la capitale iranienne, Téhéran, serait en réalité une forme déformée du nom hébreu Guil'ad.
Selon cette tradition, le roi d'Assyrie aurait exilé 60 000 juifs de la région de Guil'ad en Israël et les aurait emmenés en Perse, où ils se seraient installés et auraient construit une grande ville, ainsi que de nombreux villages environnants. Pendant de nombreuses générations, ces juifs de Guil'ad ont travaillé dans l'agriculture et ont vécu en sécurité au milieu des montagnes, libérés du joug des nations. Ils inspiraient même la crainte dans le cœur des tribus environnantes.
La tradition se poursuit et raconte comment Ezra et Né'hémia, ont envoyé des messagers à tous les juifs de Perse, leur demandant de retourner en terre d'Israël (au regard de la construction du 2e Temple).
Ezra lui-même s'est rendu dans le Guil'ad perse et a insisté pour que les descendants de ceux qui avaient été exilés du Guil'ad d'origine quittent leurs champs et leurs maisons et rejoignent les autres juifs qui revenaient de la diaspora.
Cependant, les Guil'adites refusèrent de partir, affirmant que la terre d'Israël était ravagé par la guerre, alors qu'ils vivaient en paix et jouissaient de la liberté dans leur nouvelle terre.
Ils affirmaient également qu'ils avaient beaucoup de terres, d'eau et d'air [dans leur nouvelle patrie], alors pourquoi quitteraient-ils leur lieu de vie pour voyager vers une [terre] lointaine ?

Ezra répondit que les bons moments étaient comme une ombre fugace et qu'il prévoyait des temps difficiles. Tout ce qu'ils avaient acquis leur échapperait : leurs biens fondraient comme neige au soleil et ils subiraient un exil cruel s'ils refusaient d'écouter la voix qui les appelait à retourner sur la terre de leurs ancêtres. Néanmoins, les juifs de Guil'ad s'endurcirent et ignorèrent les supplications et les reproches d'Ezra.
Ezra le scribe ajouta : Même si vous êtes nombreux aujourd'hui, ne croyez pas que cette situation durera éternellement. Des jours viendront, dit le Seigneur, où il ne restera même pas dix d'entre vous. Le peuple fut tellement indigné qu'il maudit Ezra, lui souhaitant de ne pas avoir le privilège de retourner à Jérusalem.
En effet ... les deux malédictions se réalisèrent : Ezra mourut sur le chemin du retour vers Jérusalem, et il ne resta même pas un minyan (quorum de dix hommes) à Guil'ad en Perse.

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+ Les prêtres (Cohen) et les Lévites de Djerba :

-> Une tradition similaire existe parmi les cohanim de Djerba (une île au large de la côte tunisienne), qui sont les descendants de Tsadok, le [grand] prêtre.
Lorsque le Premier Temple fut détruit, ces prêtres émigrèrent en Afrique ... Au début de l'ère du Second Temple, Ezra le scribe entreprit de rassembler les dispersés d'Israël, en particulier les Cohanim et les Lévi'im, qui étaient nés tels depuis leur naissance.
Lorsqu'il arriva à Djerba, il tenta de persuader les Cohanim de retourner à Jérusalem, mais ceux-ci refusèrent, affirmant qu'ils ne croyaient pas que le Second Temple fût divinement ordonné.
Ezra les maudit, eux et leurs descendants, les privant du privilège de se tenir devant Hachem et de Le servir tant que le Temple existerait.

-> Le rabbi Ra'hamim 'Haï 'Havita HaCohen (qui fut grand rabbin de Djerba) écrit également à propos de cette tradition. Il affirme qu'Ezra demanda uniquement aux Lévites de monter, et qu'après les avoir maudits, ceux-ci le maudirent à leur tour.
Les deux malédictions se réalisèrent : Ezra mourut avant d'atteindre la terre d'Israël, et eux moururent peu à peu (au cours d'une année) jusqu'à ce qu'il n'en reste plus aucun. En effet, jusqu'à récemment, aucun Lévite (Lévi) ne vivait à Djerba, et tout Lévite qui venait s'y installer évitait d'y rester une année entière, par crainte de la malédiction d'Ezra ... Il passait plutôt un mois de l'année dans une autre ville, afin de ne pas rester à Djerba pendant une année entière.

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+ La réponse d'Hachem :

-> Cette négligence (de vouloir revenir en terre d'Israël) a eu de graves conséquences, comme le révèle le midrach :
"Les rabbins interprètent le verset (Shir HaShirim 8,8-9) en référence à ceux qui sont sortis de la diaspora [babylonienne].
"Nous avons une petite sœur" = cela fait référence à ceux qui sont sortis de la diaspora (pour aller en Israël). "Petite" car ils étaient peu nombreux.
... "Si elle est un mur [nous construirons sur elle un rempart d'argent]" = si les juifs étaient montés [comme] un mur ("c'est-à-dire tous ensemble" - selon le Etz Yossef) de Babylone, le Saint Temple n'aurait pas été détruit une seconde fois.
[selon le Etz Yossef : "ils auraient dû monter [comme un] mur avant que ce décret [de destruction] ne soit pris, mais comme ils ne l'ont pas fait, leur faute a provoqué la promulgation de ce décret" ]

Rabbi Zéra se rendit au marché pour acheter quelque chose. Il dit à l'homme qui pesait [son achat] : "Assurez-vous de bien le peser". L'homme répondit : "Tu ne quitteras pas cet endroit, toi, le Babylonien, dont les ancêtres ont détruit le Temple!"
À ce moment-là, Rabbi Zéa se dit : "Mes ancêtres sont-ils différents des siens?"
Il entra dans la salle d'étude et entendit la voix de Rabbi Shila, qui était assis et enseignait : "Si elle était un mur = si les juifs avaient quitté la diaspora [comme un] mur, le Temple n'aurait pas été détruit une seconde fois".
[Rabbi Zéra] dit : "Ce juif ignorant (au marché) m'a bien enseigné."
[midrach Shir HaShirim rabba 8,11 ]

-> Le Talmud rapporte le récit suivant :
"Reich Lakich nageait dans le Jourdain. Rabba bar Bar-Chana est arrivé et lui a tendu la main [pour l'aider à sortir du fleuve]. Reih Lakih dit : "Par Dieu, je te déteste! [Rachi : Je déteste tous les habitants de Babylone, qui ne sont pas montés (en terre d'Israël) à l'époque d'Ezra, empêchant ainsi la Chékhina de revenir et de reposer sur le Second Temple.
Comme il est écrit : "Si elle est un mur, nous construirons sur elle une courtine d'argent ; et si elle est une porte, nous l'entourerons d'une planche de cèdre" (Shir HaShirim 8,9) = si vous vous étiez comportés comme un mur et étiez tous montés ensemble à l'époque d'Ezra, vous auriez été comparés à l'argent, qui ne se détériore pas.
Maintenant que vous êtes montés comme des portes, vous avez été comparés au bois de cèdre, qui se détériore [Rachi : une porte à deux battants s'ouvre un battant à la fois ; de même, vous êtes montés par moitié (c'est-à-dire de manière insuffisante)]."

-> Ailleurs, nos Sages (midrach Shir haShirim rabba 8,11) relatent :
"Lorsque Reich Lakich les voyait (les juifs babyloniens) se rassembler sur la place du marché, il leur disait : "Écartez-vous! ... Lorsque vous êtes venus [de Babylonie], vous ne vous êtes pas comportés comme un mur, et ici, vous venez former un mur?
Quand Rabbi Yo'hanan les voyait, il les provoquait en disant : "Si le prophète les a provoqués, comme il est dit : "Mon D. les méprisera, car ils ne l'ont pas écouté, et ils erreront parmi les nations" (Hochéa 9,17), devrais-je m'abstenir de les provoquer?!". "

-> L'auteur du Etz Yosef écrit dans son commentaire sur ce midrach :
"Peut-être Rabbi Yo'hanan voulait-il [tirer sa leçon] de la fin du verset : "Et ils erreront parmi les nations". Errer signifie le contraire de rester [fixement] au même endroit.
Ainsi, lorsque Rabbi Yo'hanan vit les juifs babyloniens se rassembler pour rester au même endroit, il les provoqua verbalement afin qu'ils se dispersent et errent d'un endroit à l'autre.
Il pensa : si le prophète les a mis en colère et les a maudits avec ces mots, ne devrais-je pas les provoquer de la même manière? Autrement dit, j'ai le droit de leur dire la même chose que le prophète leur a dite, étant donné qu'il m'a précédé avec ces paroles de réprimande."

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-> Rabbi Yéhouda HaLévi (1075-1141) détaille ce pont dans son séfer HaKouzari.
A ce sujet, voir : https://todahm.com/2025/06/06/terre-disrael-le-kouzari

On peut citer :
"C'est précisément cette faute qui nous a empêchés d'accomplir ce que Hachem nous avait promis pour le Second Temple, comme il est dit : "Réjouis-toi et sois heureuse, fille de Sion, [car je viens et je vais résider parmi toi, dit D.]" (Zé'haria 2,14).
Cela signifie que la Divinité était prête à résider [dans le Second Temple] comme elle l'avait fait auparavant [dans le Premier Temple], à condition que le peuple juif accepte dans son ensemble de retourner avec empressement en terre d'Israël.
Au lieu de cela, seuls quelques-uns sont revenus, tandis que la majorité, y compris les dirigeants importants, est restée à Babylone. Ils ont préféré la soumission dans la diaspora, afin de ne pas avoir à quitter leurs maisons et leurs affaires.

C'est peut-être ce que Shlomo voulait dire lorsqu'il a dit : "Je dors, mais mon cœur veille" (Shir HaShirin 5,2), comparant les juifs de la diaspora à quelqu'un qui dort. Même si l'on dort, le cœur veille et bat toujours, ce qui représente la constance de la prophétie qui était toujours parmi eux (et attendait leur retour).
[Et dans ce même verset, il est dit] : "Une voix! Mon bien-aimé frappe!", ce qui fait référence à l'appel d'Hachem à retourner en terre d'Israël.
Et "Ma tête est couverte de rosée" (ibid.) fait référence à la Présence divine, qui a quitté le refuge du Temple [et attendait à l'extérieur, comme quelqu'un qui attend dehors tandis que la rosée s'accumule sur sa tête].
Quand il est dit ensuite : "J'ai retiré ma robe" (Shir haShirim 5,3), cela fait référence à la lenteur du peuple juif à revenir [comme quelqu'un qui est trop paresseux pour enfiler sa robe et répondre à la porte].
Mon bien-aimé a passé sa main à travers l'interstice [de la porte] (Shir haShirim 5,4) fait référence à Ezra, Né'hémia et aux autres prophètes, qui ont exhorté le peuple à retourner en terre d'Israël, jusqu'à ce que certains acceptent finalement de revenir. Mais leur consentement à revenir n'était pas sincère, comme il est dit : "La force de celui qui porte les fardeaux s'est affaiblie" (Né'hémia 4,4).

Hachem, à son tour, les a récompensés en fonction de ce qui était caché dans leur cœur, de sorte que toute la sainteté qui est revenue était dans un état diminué, proportionnel à leur état diminué. En effet, la divinité ne repose sur une personne que dans la mesure où celle-ci y est réceptive, que ce soit beaucoup ou peu.
Si nous nous préparions correctement à accueillir le D. de nos ancêtres avec un cœur entier et une âme désireuse, nous Le rencontrerions de la même manière miraculeuse que nos ancêtres en Égypte. [en précision de la venue imminente du 3e Temple, nous devons désirer ardemment la terre d'Israël, et si nous pouvons y résider, en apprenant de notre erreur lors du 2e Temple. ]
C'est pourquoi nos récitations de phrases telles que "Prosternez-vous devant la montagne de Sa sainteté" (Téhilim 99,9), "Prosternez-vous devant Son marchepied" (Téhilim 99,5), "[Béni sois-Tu] qui ramènes Ta présence divine à Sion" (Amida - Shemoné Esré), et autres phrases similaires, ne sont [pour nous] que le gazouillis d'oiseaux [tels que les perroquets, qui imitent la voix humaine (nous ne pensons/vivons pas ce que nous disons!)] ; nous ne réfléchissons pas à ce que nous disons lorsque nous prononçons ces phrases et d'autres similaires. C'est comme vous le dites, roi Khazar."

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-> L'auteur du Otzar Né'hmad commente (le Kouzari ci-dessus) :
"Cela ressemble à un amant fidèle qui frappe à la porte de sa bien-aimée qui dort profondément, en disant : "Réveille-toi, ma bien-aimée! Combien de temps vas-tu dormir? Remplissons-nous d'amour".

"Car ma tête est remplie de rosée" (Shir HaShirin 5,2) fait référence à la Chékhina qui émane des ombres du Temple sacré : cela peut être comparé à un homme qui frappe à l'aube, attendant dehors que quelqu'un lui ouvre la porte. Il dit : "Combien de temps dois-je rester ici sous le ciel ouvert? Jusqu'à ce que ma tête se remplisse de la rosée du matin?!"
De même, la Chékhina attendait avec impatience [le retour des juifs], tandis qu'elle se tient au-delà de Ses ombres protectrices, c'est-à-dire le Temple.
Toutes ces analogies courantes sont un moyen de nous aider à comprendre [le message]."

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-> Le midrach (Tan'houma Tétsavé 13) : "Ezra leur dit de monter en terre d'Israël, mais ils ne voulurent pas le faire".
Le peuple bien-aimé d'Hachem négligea de monter à l'époque d'Ezra, l'empêchant ainsi de le délivrer complètement pendant l'ère du Second Temple.

-> Certes, la haine d'Hachem envers ceux qui ont rejeté la rédemption à l'époque d'Ezra ne s'est pas exprimée de la même manière qu'envers ceux qui ont rejeté la rédemption d'Égypte, mais elle a entraîné une punition qui n'était pas moins sévère. Deux mille ans de difficultés, de persécutions, de souffrances et d'effusions de sang, tel a été notre sort en raison de notre obstination à rester sur une terre étrangère.

Le passage suivant du Séder HaDorot (p.126) confirme cette idée :
"L'auteur du Sma explique pourquoi les mauvais décrets sont plus fréquents à Worms que dans toute autre communauté ou tout autre État. Les juifs se sont installés à Worms à l'époque de la destruction du Premier Temple. Après les 70 ans d'exil babylonien, les exilés sont retournés à Jérusalem et en terre d'Israël. Ceux qui s'étaient installés à Worms, cependant, ne sont pas revenus.
Les habitants de Jérusalem leur ont écrit pour les exhorter à venir s'installer en terre d'Israël ...
Mais ils n'en ont pas tenu compte, répondant : "Vous pouvez habiter dans la grande Jérusalem ; nous habiterons ici, dans la petite Jérusalem".
Cela s'est produit parce qu'ils étaient extrêmement riches et très distingués aux yeux du souverain et des non juifs.
C'est pourquoi les mauvais décrets ont été renouvelés à leur égard plus que dans toute autre communauté ou tout autre pays."