Aux délices de la Torah

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Téchouva envers autrui impossible?

+ Téchouva envers autrui impossible? :

=> On peut se demander : d'un côté Hachem nous accorde 'facilement' son pardon pour les fautes à Son égard. Mais avec autrui cela n'est pas toujours évident. Que faire si l’offensé refuse de pardonner, ou n’est pas en mesure de le faire pour diverses raisons, l’offenseur ne méritera pas l’expiation de ses fautes. Est-ce qu'on restera pour l'éternité pénalisé pour cette faute?

En effet, nos Sages (Yoma 85b) enseignent : "Les fautes de l’homme envers D., Yom Kippour les efface. Les fautes de l’homme envers son prochain, Yom Kippour les efface seulement s’il obtient le pardon de celui-ci."
D'un autre côté, le Réma (606,1) affirme : "Celui qui doit pardonner ne fera pas preuve de cruauté en refusant de pardonner."
Et même si la chose lui est difficile, il se montrera indulgent et, grâce à cela, du Ciel, on se montrera indulgent envers lui.
Mais en réalité, tout n'est pas aussi facile!

Ainsi, même au cours de l'année, si on a pu s'emporter à fauter envers autrui, et que ce dernier ne veut pas nous accorder un pardon, est-ce qu'on est condamné à en subir les conséquences à vie, sans pouvoir obtenir une expiation?

-> Le rabbi 'Haïm Tchernowitz (dans son Sidouro chel Shabbat) rapporte les paroles du 'Hovot haLévavot (chaar haTéchouva) qui réfute cet argument :
"Chaque faute commise envers son prochain comprend également, en plus de la faute à proprement dit envers autrui, une faute envers Hachem. En effet, Il nous ordonne de ne pas blesser notre prochain et l’offenseur, par sa conduite, enfreint cet interdit. Il doit donc se repentir et obtenir l’expiation des deux fautes.
C’est pourquoi, dans pareil cas, l’homme devra se repentir sincèrement, selon ses forces, de ce qui constitue une faute à l’égard d’Hachem. Et dans Son immense bonté, au vu de ce repentir sincère et accompli du mieux possible, Hachem lui pardonnera.
Or, cet homme aurait voulu tout réparer, mais n’en a pas eu la possibilité. Aussi, Hachem, dans Sa Toute- puissance, accomplira pour lui la chose suivante : Il fera disparaître cette faute, en suscitant dans le cœur de celui qui a subi le préjudice, où qu’il soit, la pensée de pardonner entièrement, de toute son âme, le tort causé. Dès lors, la faute s’annulera complètement, aussi bien l’atteinte portée à Hachem, que celle portée à son prochain.
Et cela, seul Hachem peut l’accomplir : faire en sorte que ce qui ne lui est pas accessible, un homme puisse l’atteindre quand même par le mérite de son repentir. "

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[ainsi nous devons réaliser la gravité de fauter avec autrui, car les conséquences sont énormes et la possibilité d'avoir une expiation parfois compliquée.
Si on a cela en tête, qu'on est sincère, qu'on fait de notre mieux, et que malgré tout on a fauté envers autrui, on doit au final de notre téchouva se rassurer que Hachem va nous aider, que nous ne sommes pas fichu pour toujours, b'h. ]

Hachem aime toujours chaque juif

L'amour de Hachem pour un juif ne dépend de rien. Il ne s'appuie sur aucune raison particulière autre que le fait qu'il était un enfant de Hachem.
Cela procure un espoir immuable à notre génération. Aucun juif ne devrait jamais penser avoir fauté et s'être conduit de manière telle à ne plus mériter l'amour de Hachem.
Personne ne devrait jamais penser que Hachem ne l'aimerait que s'il étudie et prie bien, ou s'il s'implique dans des maassim tovim.
L'amour de Hachem pour chaque juif est indépendant de tout facteur extérieur. Il n'existe donc rien qu'un juif puisse faire lui faisant perdre son éligibilité à l'amour infini d'Hachem (toute pensée contraire est l'œuvre du yétser ara qui souhaite nous attrister, démoraliser).
[d'après le Maharal - Déré'h 'Haïm - Pirké Avot 5,19]

=> L'amour inhérent que Hachem a pour nous est sans précédent, sans raison particulière. Nous sommes Ses enfants, et c'est une raison suffisante. Un parent n'a pas besoin de motif pour aimer son enfant. Il ne l'aime pas parce qu'il est mignon ou serviable à la maison, mais simplement parce qu'il est son enfant.
C'est le genre d'amour que nous porte Hachem. Parce que nous sommes Ses enfants, Il nous aime.

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-> Comprendre pourquoi nous prenons la arava (à Hochana rabba)?
Nous utilisons la arava, qui n'a ni goût ni odeur, car elle représente la personne n'ayant pas de maassim tovim (bonnes actions) ou de Torah à son crédit.
Comme l'enseigne le Chem MiChmouel (sur Hochana Rabba), nous agitons la arava et la plaçons même au-dessus du Aron Kodech pour bien montrer à tous que l'amour de Hachem pour nous ne faiblit pas avec nos actes, car il est indépendant de notre conduite.
Nous montrons que Hachem ne nous aime pas parce que nous étudions la Torah ou accomplissons des maassim tovim. Au contraire, Il nous aime simplement parce que nous sommes Ses enfants.
En utilisant la arava, nous faisons connaître la valeur intrinsèque d'être un juif(ve), quels que soient nos actes ou nos attitudes.

[ainsi de même que quoiqu'on puisse faire nous restons un enfant d'Hachem, un juif, de même quoique nous ayons pu faire dans notre vie nous restons important et aimé aux yeux d'Hachem. ]

-> À Hochana Rabba, l'accent n'est pas mis sur l'étude de la Torah ni sur les bonnes actions (maassim tovim). Un étrog, un hadas ou un loulav ne sont pas requis. [qui symbolisent les juifs ayant des mérites particulier en étude de Torah, en bonne action, à la différence de l'arava, qui renvoie à une personne démunie de Torah et de bonnes actions. ]
Même si nous nous efforçons résolument d'atteindre ces objectifs, ce ne sont pas des éléments essentiels pour gagner l'amour de Hachem. Ce dont nous avons besoin, c'est d'apprécier la valeur intrinsèque d'être un enfant de Hachem. N
ous secouons la arava, comme pour dire au Maître du monde que nous savons qu'il suffit d'agiter la carte d'identité qui nous déclare juifs. Même si nous manquons de Torah et de maassim tovim, cela suffit pour nous permettre de bénéficier et de nous réjouir de l'amour inconditionnel de Hachem.
Même sans la Torah et les maassim tovim, nous sommes toujours éligibles à l'amour inconditionnel de Hachem. Tel est le pouvoir de Hochana Rabba. Tel est le message de la arava.
[rav Daniel Glatstein]

-> Le 'Hayé Adam commente que le mois d'Elloul offre une occasion unique de revenir à Hachem, car c'est à cette époque que Moché monta au ciel après la faute du Veau d'or pour recevoir les 2e Lou'hot, et il y resta jusqu'à l'expiation à Yom Kippour. Et de dire que bien qu'Hachem soit toujours ouvert à notre repentir, ce phénomène se reproduit chaque année en Elloul, et qu’il est plus facile de trouver grâce à Ses yeux et de voir notre téchouva acceptée avec miséricorde.

Le Akédat Its'hak (Ki Tétsé) écrit que tout comme le remplacement des Lou'hot brisées eut lieu à cette période, ces jours sont propices à la réparation de nos âmes, qui reçoivent une force renouvelée.
Un petit effort (ex: briser notre coeur pour Hachem) produira un grand effet, c’est un moment très propice.

La réussite d'un étudiant dans ses études de Torah dépend souvent, dans une large mesure, de l'encouragement qu'il reçoit de ses parents.
[rav Yaakov Ades - Ahavat Torah - chap.7 ]

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-> Le 'Hazon Ich déclarait que "lorsqu'un juif non religieux fait téchouva et revient au bercail, c'est très souvent le résultat des prières de ses grands-parents, plusieurs générations plus tôt, qui avaient l'habitude de prier pour que leurs enfants et petits-enfants étudient tous la Torah".

-> Le rav Shach disait que lorsque quelqu'un devient un érudit en Torah ou l'un des leaders de la Torah de sa génération, ou lorsqu'il publie des séforim qui deviennent populaires et sont étudiés par de nombreux érudits de la Torah, il est naturel que les gens attribuent au Talmid 'Hakham lui-même le mérite de ses accomplissements. Pourtant, très souvent, les prières de ses parents, grands-parents et arrière-grands-parents ont influencé sa réussite plus que toute autre chose.

Hachem écoute toutes nos prières, Il les accepte et nous donne ce que nous demandons.
La prière elle-même nous unit à notre Créateur. Elle forme un lien qui unit effectivement notre âme à Hachem.
[rav Yaakov Ades - Ahavat Torah - chap.5 ]

La prière est une force très puissante. Nous ne pouvons pas imaginer l'impact qu'elle a sur tout ce qui nous entoure.
[rav Yaakov Ades - Ahavat Torah - chap.7 ]

La guéoula viendra par notre appréciation de la terre d’Israël

+ La guéoula viendra par notre appréciation de la terre d'Israël :

"L'origine de l'exil et de la dégradation du monde [à cause de lui] provient uniquement du fait que les gens ne font pas connaître la terre d'Israël, sa valeur et sa sagesse, et [par conséquent] ne rectifient pas la faute des espions qui ont calomnié la Terre [d'Israël, dans le désert].
[Nous devons rectifier cette faute] par un repentir proportionné (cette faute est si grave que le peuple est resté 40 ans dans le désert, avec la mort des hommes adultes) : apporter de bonnes nouvelles au monde entier et lui parler de sa splendeur et de sa gloire [de la Terre d'Israël], de sa sainteté et de son honneur.

Je souhaite seulement qu'après toutes nos louanges [sur cette Terre], nous parvenions à exprimer ne serait-ce qu'un dix millième de la beauté de la Terre désirable, de la splendeur de la lumière de sa Torah, de l'exaltation de la lumière de sa sagesse, et de l'esprit saint qui se répand en son sein.
[rav Avraham Kook - Igrot haRéiya - lettre 96 ]

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=> plus nous faisons des efforts pour apprécier et faire apprécier la terre d'Israël, plus nous faisons avancer la venue du machia'h.

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-> aussi du rav Kook : Israël - Se sentir mal d'en être éloigné & notre nostalgie à son égard amène la guéoula : https://todahm.com/2024/11/12/israel-se-sentir-mal-den-etre-eloigne-notre-nostalgie-a-son-egard-amene-la-gueoula

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-> En vérité, Jérusalem sera reconstruite quand les juifs en auront une nostalgie extrême, à tel point, qu’ils chériront ses pierres et sa poussière."
[Rabbi Yéhouda haLévi – le Kouzari 5,27]

-> Le Sforno explique que les juifs furent exilés parce qu'ils méprisaient le pays d'Israël, et la délivrance viendra à travers la réparation de cette faute.

-> Le Maharcha (guémara Taanit 15a) écrit que lorsque les habitants d'Israël chérissent les pierres et la poussière de la terre d'Israël, ils hâtent d'autant le moment fixé pour la Délivrance (guéoula).

-> "La guéoula dépend uniquement de l'amour que les juifs témoignent à la terre d'Israël.
Le plus ils la chérissent, le plus vite la guéoula arrivera."
[rabbi Yissa'har Shlomo Teichtal - Ein haBanim Sémé’ha]

-> b'h, également : https://todahm.com/2021/05/23/31757
-> ainsi que : https://todahm.com/2025/01/22/lamour-de-yaakov-pour-la-terre-disrael

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-> Rabbénou Bé'hayé (Kad haKéma'h - guéoula 1) parle de la téchouva qui amènera la rédemption, comme d'un retour de l'exil en quittant la Diaspora et en montant en Israël. Dans ses mots : "Si vous voulez être délivrés, implorez la miséricorde, revenez des terres d'exil et venez à Jérusalem".
[toute personne qui ne pourra sincèrement pas y aller, devra le désirer et le demander à Hachem. ]

L’unicité de la nation juive

+ L'unicité de la nation juive :

-> Hachem dit aux Bné Israël : "C'est vous seuls que j'ai distingués entre toutes les familles de la terre" (rak ét'hem yada'ti mikol mochpé'hot aadama - Amos 3,2)

-> "Tu seras pour Moi un trésor parmi toutes les nations" (Yitro19,5).

-> Hachem dit à Israël : "Vous avez fait de Moi une entité unique dans le monde... Je ferai de vous une entité unique dans le monde", comme il est dit : "Qui est comme Ton peuple Israël, une nation unique sur la terre?" (II Shmouel 7,23)."
[guémara Béra'hot 6a ]

-> Hachem affirme que nous sommes uniques par rapport aux autres habitants du monde, mais cependant, si quelqu'un essayait de rechercher les qualités spéciales et le caractère unique des juifs dans les seuls signes extérieurs (corps humain identique), il est peu probable qu'il trouverait ce qu'il cherche. Au contraire, du point de vue de la nature humaine, les juifs et les autres nations sont identiques.

Le Ram'hal (dans son Déré'h Hachem 2,3 - chapitre traitant d'Israël et des nations écrit :
"L'un des aspects les plus profonds de la gestion divine [du monde] est la question d'Israël et des nations du monde. Du point de vue de la nature humaine, ils semblent vraiment identiques, mais en ce qui concerne les sujets de Torah, ils sont très différents et distincts, comme deux espèces complètement séparées."

-> Le Kouzari (maamar 'hamichi, 20 - hakdama révi'it) enseigne qu'il y a 5 niveaux dans la création : les minéraux/les objets inanimés, les végétaux, les animaux, les êtres humains et le peuple juif.
Le Kouzari précise : bien que physiquement un juif semble identique au restant de l'humanité, en réalité les juifs sont une catégorie totalement séparée, à part entière.
[l'âme des juifs vient de l'intériorité d'Hachem, à la différence des non juifs qui est extérieure. ]

-> Le rabbi de Loubavitch disait que la différence flagrante qu'il y a entre le niveau le plus bas de la création (les objets inanimés, les minéraux) et le niveau des humains, est toujours bien moindre que la différence qu'il y a entre les humains et le niveau le plus élevé de la création : les juifs.

=> Un juif est complétement différent dans son essence, à un niveau entièrement supérieur aux non-juifs. Cela doit nous responsabiliser à agir avec grandeur, à ne pas aborder la vie d'une façon identique, mais plutôt à exploiter au mieux les magnifiques capacités dont Hachem nous a gratifié par amour et confiance en nous.

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-> En plus des quatre formes de création dans le monde : les inanimées (ex: les pierres), les végétaux (ex: les plantes), les êtres animés (les animaux) et les êtres parlants (les humains), il existe un autre type qui est plus élevé que tous les autres : le peuple juif, qui est plus pur à tous égards que toutes les autres créations.
[rav 'Haïm Vital - chaar Hakédoucha ]

[cette idée est reprise par le Ram'hal (dans son Déré'h Hachem 2:1, ainsi que dans son maamar ha'Hokma), ainsi que par le Chem miChmouël (Yitro)]

-> Les enfants de Yaakov se distinguent des autres peuples par des qualités divines, ce qui faisait d'eux, pour ainsi dire, une caste angélique.
[Kouzari 1:103]

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-> "Voici une nation qui habitera seule, et qui ne sera pas comptée parmi les nations" (Balak 23,9).
Le Netsiv de Volozhin (dans son Haémek Davar) explique ce verset ainsi : le peuple juif n'est pas une nation comme les autres. Lorsque les membres d'une autre nation partent en exil et se mêlent à leurs conquérants, ils gagnent l'amour et le respect de ces derniers dans une plus large mesure que s'ils étaient restés séparés d'eux.
Ce n'est pas le cas du peuple juif. Les juifs vivent en paix et dans l'honneur précisément lorsqu'ils restent séparés et refusent de se mêler aux nations. Lorsqu'ils essaient de se mêler aux autres nations, les non juifs ne reconnaissent pas leur valeur et finissent par les haïr et les persécuter.

Le Netsiv cite une preuve tirée du midrach (Chémot rabba 1,8) :
A la mort de Yossef, les Bné Israël ont violé la brit mila en disant : "Soyons comme les égyptiens." Et comme ils firent cela, Hachem transforma l'amour que les égyptiens avaient pour eux en haine, comme il est dit : "Il a transformé leurs cœurs pour qu'ils haïssent sa nation, pour qu'ils conspirent contre ses serviteurs" (Téhilim 105,25).

-> Le rav Méir Sim'ha HaCohen de Dvinsk aborde également ce phénomène, à savoir qu'Israël n'a pas de libre arbitre lorsqu'il s'agit de sa survie. [il y a une loi de préservation fixe, empêchant son assimilation totale, par un réveil de l'hostilité des nations à son égard. ]
Dans son ouvrage Messé'h 'Hokhma (Bé'houkotaï 26,44), il explique : Lorsque la Sagesse Suprême a décrété que le peuple d'Israël devait partir en exil, pour une période de temps spécifique que l' "Objectif Divin" jugeait nécessaire, Elle a pensé à des méthodes et des stratégies par lesquelles les juifs survivraient en tant que Nation unique et ne s'assimileraient pas aux nations.
C'est cette Providence divine qui a permis aux juifs, dès le moment où ils ont été bannis dans le désert des nations, de survivre si longtemps en exil. Personne au monde ne croyait que cela puisse arriver.
Toute personne intelligente qui sait ce que le peuple juif a enduré tout au long de l'histoire ne peut comprendre comment une minorité faible et sans défense a réussi à survivre face à des nations plus nombreuses et plus puissantes.

Parmi les raisons de la perpétuité historique d'Israël, le Messé'h 'Hokhma souligne le fait que la Providence divine permet toujours aux juifs de vivre paisiblement et tranquillement en exil pendant une période de 100 à 200 ans. Ensuite, lorsque les juifs commencent à penser qu'ils sont établis dans leur nouveau lieu comme s'il s'agissait de leur lieu de naissance, une situation qui est susceptible de leur faire oublier leur véritable rédemption (guéoula), qui est le salut de Dieu au moment prévu, la Providence divine fait en sorte que les non juifs haïssent les juifs, ce qui entraîne des pogroms, des expulsions et l'errance des juifs d'un endroit à l'autre.
C'est ainsi que les juifs ont erré d'un endroit à l'autre, comme le racontent les livres d'histoire, tout cela pour s'assurer que le juif ne se noie pas dans l'exil.

-> Sur la base de cela, le Messé'h 'Hokhma a prévu la Shoa (il est mort en 5686 [1926], treize ans avant la Seconde Guerre mondiale) et a mis en garde contre les tentatives d'assimilation à la société allemande :
"Le juif, en général, oubliera d'où il vient, se considérant comme un feuillage persistant dans son sol natal. Il abandonnera l'étude de sa religion pour apprendre des langues qui ne sont pas les siennes ... Il pensera que Berlin est Jérusalem ... Alors un vent impétueux viendra le déraciner de son tronc." (Messé'h 'Hokhma - Bé'houkotaï 26,44).

Depuis le jour où le saint Temple a été détruit, il n'y a plus de rire devant Hachem.
[guémara Avodah Zara 3b ]

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-> Rabbi Chimon bar Yo'haï dit : "Venez voir combien Israël est aimé d'Hachem : partout où le peuple juif est exilé, la Présence Divine (Chékhina) est avec lui."
[guémara Méguila 29a]

La terre d’Israël

+ La terre d'Israël :

-> La première mitsva donnée par le Créateur au premier juif (Avraham Avinou) fut de quitter sa terre, son lieu de naissance et la maison de son père pour se rendre en terre d'Israël.
Selon le midrach (Béréchit rabba 30,10) : Hachem dit à Avraham : "Au lieu d'éclairer [le monde] pour Moi depuis la Mésopotamie (Aram Naharayim), viens éclairer devant Moi en terre d'Israël".

[c'est comme si Hachem lui disait : "Tu veux vraiment avoir une relation de proximité directe avec Moi, alors cela n'est possible qu'en Israël" (où nous sommes directement face à Hachem, avec beaucoup de sainteté inhérente à la Terre, tandis qu'en dehors nous avons l'ange Tutélaire de la nation qui fait l'intermédiaire avec D., et beaucoup moins de sainteté et pureté du lieu.) ]

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+ Résider en Israël est égale en "poids" à toutes les autres mitsvot :

-> Un jour, Rabbi Yéhouda ben Betéra, Rabbi Matya ben 'Harach, Rabbi 'Hanina, et Rabbi Yonatan quittaient la terre d'Israël.
Ils atteignirent Paltoum (un endroit en dehors d'Israël) et se souvinrent de la terre d'Israël. Ils levèrent les yeux, pleurèrent, déchirèrent leurs vêtements et lurent ce verset : "Vous les chasserez et vous habiterez dans leur pays" (Réé 12, 29).
Puis ils retournèrent à leur place, en disant : "Habiter en Eretz Israël équivaut à toutes les mitzvot de la Torah."

Une autre fois, Rabbi Elazar ben Shamoua et Rabbi Yo'hanan HaSandlar se rendaient à Nétsivim pour étudier la Torah avec Rabbi Yéhouda ben Betéra. Ils arrivèrent à Sidon et se souvinrent de la terre d'Israël. Ils levèrent les yeux, pleurèrent, déchirèrent leurs vêtements et lurent ce verset : "Vous les chasserez et vous habiterez dans leur pays".
Puis ils retournèrent à leur place, en disant : "Habiter en terre d'Israël est égal à toutes les mitsvot de la Torah".
[Sifré - Réé 53]

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-> Le rav Avraham Kook avait l'habitude de dire que le Rambam ne compte pas le fait de résider en Israël (yéchivat Eretz Israël) dans son énumération des mitsvot parce qu'il s'agit d'une mitsva qui englobe toute la Torah.
De même, le Ohr Ha'Haïm haKadoch (Nitsavim 30,20) : "Habiter la terre [d'Israël] est une mitsva qui englobe toute la Torah".

Après tout, le Rambam lui-même établit, dans son 4e chorech [règle], "qu'il est incorrect de compter les commandements qui englobent toute la Torah". Ainsi, la raison pour laquelle le Rambam n'inclut pas le yichouv HaAretz dans sa liste de mitsvot n'est pas due à l'infériorité de la mitsva ; au contraire, c'est en raison de son étendue (couvrant toute la Torah).

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+ Plus que cela, résider en Israël n'est pas seulement égale à toutes les autres mitsvot, mais elle est le fondement de l'accomplissement de toutes les mitsvot.

-> Selon le midrach (Béréchit rabba 46,7) :
"Je te donnerai, ainsi qu'à tes descendants après toi, la terre dans laquelle tu séjournes, toute la terre de Canaan ... et je serai pour eux un D." (Lé'h Lé'ha 17,8).
Rabbi Youdan dit : "Si vos enfants entrent dans le pays, ils acceptent Ma divinité, et s'ils ne l'acceptent pas, ils ne l'acceptent pas"."

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+ Une mitsva faite en Israël n'est pas comparable à une mitsva faite en dehors :

-> "Même si Je [Hachem] vous exile en dehors d'Israël, distinguez-vous par les mitsvot, afin qu'elles ne soient pas nouvelles pour vous lorsque vous reviendrez ...
Hachem dit au peuple d'Israël : "Mes enfants, distinguez vous par les mitsvot, afin qu'elles ne soient pas nouvelles pour vous à votre retour".
Car Yirmiyahou dit : "Fixez-vous des repères" (Yirmiyah 31,20) = il s'agit des mitsvot, qui permettent aux juifs de se distinguer."
[Sifré - Eikev 7 ]

-> Rachi (Ekev 11,18) ajoute des exemples aux mots du Midrash :
Vous placerez ces paroles de Moi = même après avoir été exilés (du pays), distinguez vous par des mitsvot ; faites des tefillin et des mézouzot, afin qu'elles ne soient pas nouvelles pour vous lorsque vous reviendrez. En conséquence, il est dit : "Établissez des repères pour vous-mêmes".

-> Le Ramban est d'accord avec ce Rachi, qui affirme que même en ce qui concerne les mitsvot qui sont des obligations personnelles, comme les téfillin et les mézouzot, la Torah oblige un juif à les garder en dehors d'Israël uniquement dans le but de "poser des jalons pour toi-même".
Rabbénou Bé'hayé explique l'intention de nos Sages comme suit : "Cela signifie que même si nous accomplissons les mitsvot en dehors d'Israël et qu'il s'agit d'obligations personnelles à respecter partout, nos Sages nous enseignent que leur accomplissement principal n'a lieu qu'en Terre sainte."

-> Dans sa lettre d'approbation du livre Ahavat 'Hessed du 'Hafets 'Haïm, le Netsiv de Volozhin explique que toute mitsva, même rationnelle, comporte un aspect de dictat divin qui dépasse la raison humaine.
A titre d'exemple, il cite la mitzva d'honorer ses parents, à propos de laquelle la Torah dit : "Afin que vos jours se prolongent sur la terre que l'Éternel, votre Dieu, vous donne" (Yitro 20,12).
La question qui se pose est la suivante : quel est le lien entre cette mitsva, qui est universelle, et la terre d'Israël ?

Voici la conclusion du Netsiv :
"Les lois de la Torah, même celles qui ne dépendent pas de la terre d'Israël et s'appliquent même en dehors de ses frontières, sont plus spéciales en terre d'Israël.
C'est pourquoi [la Torah] est appelée "la loi du D. de la terre" (michpat Elohé aarets - II Melachim 17,26), comme l'écrit le Ramban ...
Par conséquent, la récompense est plus grande sur la terre que n'importe où ailleurs."

=> Ainsi, la Torah indique clairement que même si la mitsva d'honorer ses parents s'applique partout, sa récompense est plus grande [lorsqu'elle est accomplie] sur la terre d'Israël.

-> Le rav Yaakov Filber, écrit que dans son ouvrage LéNétivot Israël (p.197), le rav Tsvi Yéhouda HaCohen Kook, cite le 'Hafets 'Haïm qui dit que chaque mitsva qu'un juif accomplit en terre d'Israël a 20 fois plus de valeur que la même mitzva accomplie en dehors d'Israël.

=> Si nous aimons vraiment les mitsvot, si nous voulons vraiment faire plaisir à Hachem et être proche de Lui par la sainteté qu'apporte chaque mitsva, alors nous devons aspirer à être en Israël car chaque mitsva est beaucoup plus puissante.

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-> Rabbi Simlaï (guémara Sotah 14a) écrit :
Pourquoi Moché a-t-il voulu entrer sur la terre d'Israël? Avait-il besoin de manger de ses fruits? Ou avait-il besoin de se rassasier de ses bienfaits?
C'est plutôt ce que Moché a dit : "De nombreuses mitsvot ont été ordonnées à Israël, et elles ne peuvent être accomplis qu'en terre d'Israël. J'entrerai dans le pays pour pouvoir les accomplir toutes."
Hachem lui dit : "Ne demandes-tu pas simplement une récompense? Je considérerai que tu les as accomplies."

Le rav Yaakov Filber explique :
Il ressort de sa déclaration que l'ensemble des 613 mitzvot "ne peuvent être accomplies qu'en terre d'Israël".
Notre réalisation d'une mitsva en dehors d'Israël ne se situe qu'au niveau de l'expression "posez des jalons pour vous-mêmes". C'est pourquoi Moché voulait avoir le mérite d'accomplir les mitsvot à un niveau plus élevé, en les accomplissant dans leur habitat naturel, et il n'était pas satisfait du niveau que l'on atteint en les observant en dehors d'Israël.
Tout cela en dépit du fait qu'il a atteint le plus haut niveau spirituel humainement possible, comme il est dit [dans la prière de Yigdal] : "Il ne s'est jamais levé en Israël un autre comme Moché" (lo kam béIsraël kéMoché od).

La terre d’Israël & le peuple juif

+ La terre d'Israël & le peuple juif :

-> "La terre d'Israël est plus sainte que toutes les autres terres".
[Michna - Kélim 1,6 ]

-> Quelle est la raison de cette prééminence? La terre d'Israël est dotée de qualités uniques, plus que toute autre terre au monde, avant même que le peuple juif n'apparaisse sur la scène de l'histoire. Dès la Création, cette terre a été distinguée : "la terre d'Israël a été créé en premier, et le reste du monde a été créé après" (guémara Taanit 10a).

-> "Tous nos Sages s'accordent à dire que la sainteté des deux (la terre d'Israël et Jérusalem) est éternelle.
Depuis les temps immémoriaux jusqu'à la fin des temps, elle n'a jamais changé et ne changera jamais."
['Hatam Sofer - Yoré Déa 234]

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1°/ La raison pour laquelle la terre possède des qualités spéciales et est sainte n'est pas qu'elle a été donnée à la nation d'Israël. Au contraire, c'est parce qu'elle possède ces qualités particulières que Hachem l'a donnée à Israël.

-> "Hachem a évalué toutes les terres, mais n'en a trouvé aucune valable pour être donnée à Israël, si ce n'est La terre d'Israël"
[midrach Vayikra rabba 13,2]

-> Hachem dit à Moché : "Voici, la terre m'est chère, comme il est dit : "Une terre que le Seigneur ton D. recherche toujours" (Ekev 11,12), et Israël m'est cher, comme il est dit :"C'est parce que Hachem vous aime (les juifs)" (Vaét'hanan7,8).
Hachem dit : "Je ferai entrer le peuple d'Israël, qui m'est cher, dans le pays qui m'est cher".
[midrach Bamidbar rabba 23,7 ]

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2°/ La sainteté de la terre d'Israël n'est pas non plus le résultat des mitsvot qui en dépendent. Car si cela était vrai, la sainteté de la terre aurait dû se dissiper au moment où les mitsvot de la terre ont été annulées.
L'auteur du Kaftor VaFéra'h (chap.10) l'affirme clairement :
"Notre père Yaakov, le juste Yossef et notre maître Moché, ont tous souhaité être enterrés en terre d'Israël lorsqu'ils se trouvaient en dehors d'Israël, même si la Terre n'avait pas encore été conquise [et que les mitsvot ne s'appliquaient donc pas encore] ...
Ainsi, la sainteté et les qualités de la terre d'Israël existent depuis qu'elle a été donnée aux saints Patriarches, et pas seulement depuis qu'elle a été conquise ... Car la terre d'Israël a de grandes vertus, et celui qui y a une part est considéré comme [celui qui a] une part dans le monde à venir ...

Mais la sainteté de toute la terre d'Israël, selon ses frontières, telles que définies dans la Torah, sa pureté, ses avantages pour les vivants et les morts, et le fait qu'elle est la part d'Hachem, [tout cela] n'a pas changé depuis la sanctification originelle (à sa création).
Cela n'a pas diminué à l'époque de l'exil, lorsque les juifs étaient en Babylonie, ni au cours de notre exil actuel."

-> Rabbi Shlomo Alkabetz (dans son Brit haLévi) établit également que les que les qualités de la terre d'Israël sont intrinsèques :
"Beaucoup de gens pensent que la terre d'Israël est spéciale lorsqu'un grand nombre de juifs y vivent, et que ses qualités uniques disparaissent lorsque les juifs sont absent [de la Terre].
Ils en arrivent à cette conclusion parce qu'ils pensent que cette question (les qualités particulières de la terre d'Israël) n'est que le résultat de l'observance des mitsvot par les bné Israël en son sein, alors que c'est l'observance des mitsvot en son sein qui est le résultat de ses qualités particulières.
C'est une erreur.

Vous devez plutôt savoir que la perfection de la terre d'Israël découle en fait d'elle-même, car elle est le premier point de la création ... À tel point que les Patriarches la désiraient ardemment, même à une époque où elle était remplie d'idolâtrie, ce qui démontre avec force que sa perfection est intrinsèque."

=> Ses paroles indiquent que non seulement le caractère unique de la terre n'est pas une fonction des mitsvot qui dépendent de la terre, mais que le contraire est vrai, parce que la terre est si spéciale, Hachem a donné des mitsvot qui ne s'appliquent qu'à elle.

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3°/ Même si la sainteté du peuple juif ne dépend pas de la terre d'Israël, et que la sainteté de cette terre ne dépend pas du peuple juif ("La terre m'est chère et Israël m'est cher"), une fois qu'une alliance a été conclue entre la nation juive et la terre d'Israël, aucune des deux ne peut révéler ses qualités uniques et sa perfection en l'absence de l'autre.

-> C'est pourquoi le rav Moché 'Hagiz (dans son Sfat Emet - sec. 7) écrit : "Toute l'éminence d'Israël dépend de cette terre, comme il est dit : "Une nation singulière sur la terre" (Chmouel 7,23). Cela montre que ce n'est que lorsqu'Israël se trouve sur sa terre qu'il est appelé une nation singulière".

-> Le Kouzari (2,12) explique que la nation juive ne peut révéler son caractère unique qu'en terre d'Israël, et que la terre d'Israël ne peut révéler ses qualités uniques que par l'intermédiaire de la nation d'Israël.

Deux sections plus loin, il compare ce sujet à "un agriculteur qui trouve un bon arbre fruitier dans le désert et qui le transplante dans un sol cultivé, ce qui favorisera sa croissance. L'arbre passera alors du statut d'arbre du désert à celui d'arbre de verger [de meilleur goût] et produira une grande récolte au lieu d'une petite. Son succès ne peut donc survenir qu'à un moment et en un lieu déterminés".

Le Kouzari (2,16) ajoute que la terre d'Israël a été créée à l'origine pour rectifier le monde entier, mais depuis l'époque de la Tour de Babel, lorsque les langues (c'est-à-dire les nations) ont été séparées, elle a été attribuée exclusivement aux tribus d'Israël.

-> De même que le peuple juif ne peut révéler son caractère unique ailleurs qu'en terre d'Israël, de même la terre d'Israël ne peut révéler sa force que si le peuple juif habite en son sein.
C'est pourquoi le verset dit : "Je ferai de la terre une désolation, et vos ennemis qui l'habitent seront une désolation pour elle" (Béhoukotaï 26,32).
Nos Sages (dans la Sifra) commentent :
"Je ferai de la terre une désolation : c'est une bonne mesure. [Cela signifie que les Juifs ne diront pas : "Maintenant que nous avons été exilés de notre terre, nos ennemis viendront y trouver leur compte".
C'est pourquoi il est dit : "Et vos ennemis qui l'habitent y seront désolés", [ce qui signifie] que même vos ennemis qui viendront par la suite ne trouveront pas de satisfaction dans le pays."

Sur la base de ce Midrash, le Ramban (Bé'houkotaï 26,16) souligne : "Depuis que nous l'avons quittée, elle n'a accepté aucune autre nation, et toutes essaient de s'y installer, mais sans succès."

=> Hachem aime Israël et la terre d'Israël. Pour que les deux puissent exprimer tout leur magnifique potentiel interne, ils doivent être ensemble, pour le plus grand bonheur de papa Hachem.