Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Accepter le daat des tsadikim

Rabbi Na'hman de Breslev dit que la principale raison pour laquelle nous nous éloignons d'Hachem est que nous nous fions à notre propre raisonnement logique. (Likouté Mohoran II,12)
Nous ne réalisons pas que la façon dont nous voyons le monde et nous-mêmes est loin de la réalité véritable. Cependant, il y a toujours un espoir incroyable.
Avec une grande miséricorde, Hachem nous envoie de formidables tsadikim qui se purifient des ténèbres de ce monde jusqu’à ce qu’ils puissent percevoir la vérité ultime.
Ensuite, ils nous révèlent cette vérité d’une manière qui peut nous aider dans toutes les situations possibles.
Par conséquent, la principale façon de faire téchouva est de rejeter notre propre séchel et de recevoir le daat des tsadikim.
[Likouté Mohoran I,123 ]

<--->

-> Le but des enseignements de la 'Hassidout (fondée par le Baal Chem Tov) est de nous faire prendre conscience que nous avons la capacité de faire venir le machia'h en parvenant à la conviction que Hachem est ici même avec nous, même dans l’incroyable amertume de l’exil.
Il est important pour nous de réaliser que lorsque le machia'h viendra, le monde entier aura exactement le même aspect qu’aujourd’hui. Ce qui changera, c’est notre façon de penser, en d’autres termes, la manière dont nous percevons le monde, les autres, nous-mêmes, ...
Notre esprit sera imprégné d’une conscience constante de la Providence divine.

Il est certain que les grands tsaddikim sont si profondément attachés à Hachem qu’ils possèdent déjà cette conscience, qui est un aspect du machia'h.
Grâce à cela, leur Torah a le pouvoir de nous sortir de notre obscurité et de nous rapprocher, nous aussi, de cet état d’esprit. Nous devrions donc cesser d’attendre passivement et prendre un nouveau départ en étudiant les livres des tsadikim, en discutant avec nos amis de leurs enseignements et en diffusant leur lumière aux quatre coins de la Terre.
[rav Nisan David Kivak]

Se réjouir de notre proximité avec Hachem

"Noa'h l’homme de la terre, s’est abaissé et a planté une vigne" (Noa'h 9,20)

-> Rachi commente : "Il s’est profané ('houlin), car il aurait dû d’abord se consacrer à un autre type de plantation."

=> En quoi le fait que Noa'h ait d’abord planté une vigne était-il si grave, au point de le faire passer du statut de tsaddik à celui de 'houlin, de profane?

Le rav Israel Moché Dushinsky, donne l'explication suivante.
Il semble que Noa'h ait appliqué à lui-même le verset (Michlé 31,6) : "Donne une boisson forte à celui qui est dans la détresse, et du vin à ceux dont l'âme est amère."

Après avoir quitté l'Arche et découvert le monde détruit, Noa'h était triste, et c’est pour cela qu’on le critique. Pourquoi avait-il besoin de se réjouir avec du vin?
Un tsadik de son envergure aurait dû se réjouir en s’attachant à Hachem, au point de ressentir tant de plaisir et de joie qu’il n’aurait pas eu besoin de vin du tout.
C’est ce que signifie le fait que Noa'h se soit rendu 'houlin (profane). S’il avait entièrement sanctifié sa vie pour Hachem, il n’aurait pas eu besoin de vin pour être joyeux.

En ce qui concerne la prière spéciale de la Hachkava récitée pour un défunt, comme il est d’usage dans de nombreuses communautés séfarades : mon maître (le Arizal) s’en moquait et disait : "Non seulement cela n'élève pas l’âme du défunt, mais dans certains cas, cela l’abaisse même si le défunt ne méritait pas une telle prière (si les mots élogieux ne sont pas en minimum en adéquation avec la réalité)."
[rav 'Haïm Vital - Shaar HaMitsvot 49 ]

<--->

[il s'agit surtout du fait de dire des propos qui sont beaucoup trop exagérés, voir non réels sur le défunt. Le risque est qu'au Ciel on regarde avec plus de rigueur le dossier de celui qu'on présente comme une si grande personne (un tsadik étant jugé sur l'épaisseur d'un cheveu!).]

Les téfillin transforment notre perception. Ils ont la capacité spirituelle d’imprimer l’essence des mots écrits à l’intérieur des tefillin sur l’âme de ceux qui les portent. Les lettres se gravent dans l’essence même de l’âme.
L’essence spirituelle intérieure, qui est le but de ces passages de la Torah contenus dans les tefillin, contribue chaque jour à façonner l’âme juive. Elle forge les attitudes uniques du peuple juif. Elle contribue à donner une forme et une couleur uniques à tous les aspects de la vie, à la vie de l’âme, à la moralité et à l’essence juive tout entière.
[rav Avraham Kook - Shmoné Kévatsim 1:161 ]

Guéoula & Tou Bichevat

-> Nos Sages nous enseignent que nous avons été délivrés d'Egypte au cours du mois de Nissan et que nous serons également délivrés de notre exil actuel au cours du mois de Nissan.
Cet enseignement suit l'opinion de rabbi Yéhochoua selon laquelle le monde a été créé au mois de Nissan. Selon cette opinion, Adam a été créé le premier jour de Nissan, et le premier jour réel de la Création était le 25e jour d'Adar.
On peut donc supposer que le début du processus de Rédemption (guéoula) n'aura pas à attendre le début du mois de Nissan, mais qu'il aura déjà commencé le 25e jour d'Adar.
Comme ce qui se réalise est conçu 40 jours auparavant (40 jours de formation de l’embryon), c'est 40 jours avant le début de la guéoula que l'idée de délivrer le peuple juif surgira dans l'esprit d'Hachem.
Or, 40 jours avant le 25e jour du mois d'Adar, c'est Tou Bichvat.

Le rabbi de Rouzhin écrit que Tou Bichvat est le kéter (la couronne), des jours de la Rédemption (yémé haGéoula).

Il est de coutume de consommer des fruits à Tou Bichvat car, comme nous le dit la guémara (Sanhédrin 98a), le signe le plus fiable de la venue du machia'h est la prolifération et l'amélioration des fruits provenant de la terre d'Israël.
Tou Bichvat est le moment où nous pouvons avoir le pressentiment que la Rédemption est proche. Le processus définitif de la Guéoula a commencé. C'est une occasion spéciale d'aspirer à la guéoula.

<--->

-> Rabbi Abba dit : "Il n’y a pas plus clair signe de la fin des temps que ce verset : "Et vous, Oh montagnes d’Israël, laissez grandir vos branches et laissez pousser vos fruits pour Mon peuple Israël, car leur venue s’approche." (Yé'hézkel 36,8).
[guémara Sanhédrin 98a]

Rachi d'expliquer : "Lorsque la terre d'Israël produira ses fruits en abondance, la fin sera proche, et il n’y pas de signe plus clair de la fin des temps".

[à Tou biChevat pour vivre cette réalité (que le machia'h est si proche en atteste les fruits d'Israël), nous voyons et goûtons de tels fruits. C'est une réalité concrète, le machia'h arrive immanent. Et une telle émouna renforcée est un mérite accélérant sa venue. ]

‘Hanoucca = première miracle de la guéoula

+ 'Hanoucca = première miracle de la guéoula :

-> Rabbénou Bé'hayé (Kad haKéma'h - 'Hanoucca) écrit que le mot חנכה ('Hanoucca) est une allusion à l'inauguration du Temple ('hanoukat habayit) qui aura lieu dans le futur, lorsque nous mériterons le 3e Temple.
'Hanoucca dure huit jours. Le chiffre huit représente ce qui est au-delà de la nature (lémaala min hatéva). 'Hanoucca reflète bien ce symbolisme, car c'est le moment désigné pour inaugurer l'ère du machia'h (nouvelle ère).

-> La guémara (Yoma 29a) aborde la raison pour laquelle Esther a été comparée à l'ayélet hachakhar, l'étoile du matin (la lueur de l'aube). Tout comme l'étoile du matin marque la fin de la nuit, Pourim était le dernier des nissim (miracles), qu'Hachem a accomplis pour le peuple juif dans l'obscurité de l'exil.
Comment le Talmud peut-il dire que Pourim était le dernier des miracles, alors que Hanoucca vient après Pourim?
Le Sfat Emet ('Hanoucca תר"מ) explique qu'en réalité, 'Hanoucca n'est pas le dernier miracle de la galout (exil), mais le premier miracle de l'ère de la Rédemption (guéoula). C'est la première lueur de l'aube d'une nouvelle ère. Il représente le premier miracle de la guéoula finale, des jours du machia'h (yémé hamachia'h).

"Celui qui sacrifie aux dieux sera détruit ; [sacrifiez] uniquement à Hachem. Vous ne raillerez ni n'opprimerez l'étranger, car vous avez été étrangers au pays d'Égypte" (Michpatim 22,19-20)

-> La juxtaposition de ces deux versets implique ce qui suit : une personne qui se convertit était auparavant idolâtre. Le peuple juif doit veiller à ne pas la railler en lui disant : "Hier encore, tu étais idolâtre, et aujourd'hui, tu veux te placer sous l'aile protectrice de la Chékhina!"
Car, comme le dit la guémara (Baba Métsia 105b) : "Ne critique pas ton prochain pour un défaut que tu possèdes toi-même". Lorsque le peuple juif était en Egypte, il était également idolâtre.

"Il envoya les lettres à tous les juifs qui se trouvaient dans toutes les provinces du roi A'hachvéroch, les proches et les lointains" (Esther 9,20).

-> La Méguila note que Mordé'haï a envoyé des lettres à tous les juifs de l'empire, même ceux qui étaient loin.
La Méguila mentionne cela pour souligner que même si les juifs des coins reculés de l'empire n'avaient pas souffert du décret dans la même mesure que ceux qui vivaient près de Shoushan, puisque les lettres d'Haman n'avaient probablement pas atteint les provinces éloignées dans les quelques jours qui s'étaient écoulés entre la rédaction du décret et l'exécution d'Haman, tous les juifs se réjouirent néanmoins ensemble et acceptèrent la nouvelle fête, afin de remercier Hachem de leur délivrance.
[rav 'Haïm Kanievsky]

"Moi aussi, avec mes servantes, je jeûnerai" (Esther 4,16)

-> Le rav 'Haïm Kanievsky note que les 7 servantes d'Esther se sont converties au judaïsme.
Si tel est le cas, lui a-t-on demandé, pourquoi la Méguila mentionne-t-elle que les servantes jeûnaient?
La Méguila indique déjà que tous les juifs jeûnaient ; si les servantes d'Esther étaient juives, elles jeûnaient évidemment aussi ; pourquoi la Méguila doit-elle mentionner que les servantes d'Esther jeûnaient également?

Le rav 'Haïm répond que même si les servantes d'Esther s'étaient converties, ce fait n'était probablement pas bien connu. Ainsi, les servantes n'étaient pas personnellement menacées par le décret d'Haman, car ceux qui voulaient tuer les juifs ne savaient pas que les servantes étaient juives. (Comme les gens ne savaient même pas qu'Esther était juive, ils ne soupçonnaient certainement pas que ses servantes l'étaient aussi.)
Ainsi, la Méguila mentionne explicitement que, bien qu'elles ne soient pas en danger, les servantes ont jeûné avec le reste de la communauté.

"Bigtan et Térech se mirent en colère et cherchèrent à s'en prendre au roi A'hachvéroch" (Esther 2,21).

-> La guémara (Méguila 13b) indique que Bigtan et Térech étaient tous deux chargés d'apporter des boissons à A'hachvéroch pendant la nuit, et qu'ils étaient en colère contre lui parce qu'il perturbait leur sommeil.
Ils avaient donc prévu de le tuer avec du poison.

<--->

-> Né'hémia, l'un des chefs des juifs qui retournèrent en terre d'Israël à la fin de l'exil babylonien, était l'échanson du roi Darius (Daryavech). [voir Né'hémia 1,11 ; Tossafot, Roch Hachana 3b ]
En tant qu'échanson, Né'hémia devait goûter tout le vin avant qu'il ne soit servi au roi, afin de s'assurer qu'il n'était pas empoisonné.
[Né'hémia avait reçu une dispense spéciale lui permettant de boire le vin non casher du roi - voir Rachi, Kidouchin 69b. ]

-> Le rav 'Haïm Kanievsky note que ce Daryavesh, Daryavesh le Persan, était le fils et le successeur d'A'hachvéroch. Il est possible que la pratique consistant à goûter tout le vin avant de le servir au roi soit un vestige de l'époque d'A'hachvéroch, qui avait institué cette pratique après que Bigtan et Térech aient tenté d'empoisonner sa coupe.