Aux délices de la Torah

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"Rabbi Akiva disait : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18) : ceci est un grand principe de la Torah."
[midrach Béréchit rabba 24,8]

=> Ce n'est pas un grand principe uniquement dans la Torah, mais dans l’humanité en général, pourquoi alors dire : "ceci est un grand principe de la Torah"?

-> Rabbi Moché Pallier de Kovrin (le Dvach Hassadé) explique que celui qui étudie la Torah avec assiduité et profondeur, a lui aussi besoin de vérifier si son étude est authentique et agréée par le Ciel.
Il doit alors faire passer un test à sa Torah pour vérifier son intégrité. Ce test, c'est l’amour du prochain.

Si cet érudit constate que dans la vie de tous les jours, il considère l’autre, compatit avec lui, tente de l’aider au maximum et lui fait preuve d’intérêt pour lui, alors cela est l’indicateur que sa Torah est valable.

En revanche, celui qui se montre indifférent à autrui, n’essaie pas de l’aider et ressent pour lui de l'antipathie voire de la rancœur, alors même s’il s’adonne à l’étude de toutes ses forces, son étude ne sera pas acceptée.

=> Le test pour vérifier la valeur de notre étude, c’est l’amour du prochain.
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même", c’est un grand principe dans la Torah, c’est-à-dire que c’est le grand principe pour prouver la qualité de la Torah d’une personne.

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-> Le Avné Ezel (l'auteur du Mayana chel Torah) explique que l’humanité sans la Torah n’en est pas une.
En effet, toutes les règles de respect de l’autre et de la vie humaine peuvent être bafouées si les intérêts des hommes s’y opposent. Même les civilisations les plus éclairées en sont venues au meurtre, au vol, et au pires cruautés, prétextant que la situation le recommandait.

=> L’amour de l’autre est un grand principe, quand elle émane de la Torah, qui est immuable et invariable.
Mais, l’humanité indépendamment de la Torah, n’est pas une valeur en soi, car elle ne tient pas et ne fait pas le poids face aux différents intérêts des individus, les poussant à faire ce que leurs cœurs désirent.

[seul la Torah provient de D., Créateur de tout, qui nous connaît mieux que nous-même.
L'homme est perverti par ses intérêts et son ignorance, et il est capable de tout justifier comme étant un bien ultime pour le monde. Je peux alors tuer, voler, ... car c'est pour la bonne cause! ]

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-> Le rav Mikaël Mouyal fait le développement suivant.

Le Ramban dit que tout celui qui ne croit pas dans le fait qu'absolument tout ce qui lui arrive est voulu et envoyé par Hachem, n'a pas de part dans la Torah.
Selon nos Sages, le principe essentiel de toute la Torah c'est la certitude que rien ne vient au hasard.

=> Quelqu'un qui a reçu un préjudice de son prochain, comment lui sera-t-il possible de l’aimer comme lui-même, comme s’il ne lui avait rien fait?

C’est uniquement lorsque l’on réfléchit au fait que tout vient d’Hachem et que ce préjudice ne lui est venu en vérité que parce que D. l’a décidé et l’a organisé, du fait de ses fautes, alors on n’en voudra pas à son prochain mais on essaiera de corriger ses fautes.
En réalité, son prochain ne lui a rien fait. Il n’a été que l'outil, le bâton entre les Mains d’Hachem, pour réaliser Son Décret.

=> Par cette réflexion, ni on haïra, ni on en voudra à celui qui lui a causé ce tord. Il sera alors possible de pouvoir en venir même à l’aimer.
Mais sans la foi en Hachem, comment ne haïra-t-il pas celui qui lui a fait du mal?

=> C’est à cela que Rabbi Akiva fait allusion. L’amour du prochain est un grand principe de la Torah, car seul celui qui a intégré le grand principe de la Torah qui est cette foi et cette certitude que tout vient d’Hachem, seule une telle personne pourra réussir à accomplir cette mitsva d’aimer son prochain comme soi-même.

Cette mitsva implique donc d’avoir intégré le principe fondamental de la Torah : rien ne peut m'arriver directement ou indirectement si Hachem ne l'a pas décrété.

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-> Le rav Mikaël Mouyal rapporte une autre explication.

Certains commentateurs montrent que l’amour du prochain permet la réalisation de toutes les mitsvot de la Torah, et n’est pas une mitsva isolée, comme une autre.
En effet, les 613 Mitsvot ne peuvent pas être toutes réalisées par chacun. Certaines mitsvot concernent le Cohen, d’autres concernent les juges, d’autres encore s’appliquent aux femmes, ou encore à des parents. De sorte qu’il n’est pas possible qu’un même individu réalise toutes les mitsvot.

Mais, il existe un conseil pour toutes les accomplir : c'est de faire UN avec toute la communauté.
Quand une personne s’unit avec tout le peuple au point de ne faire qu’une seule entité, alors il peut bénéficier des mitsvot de chaque juif.
Chaque mitsva réalisée par chacun lui sera aussi attribuée, car il est uni et lié à tous les juifs. Par cela, il pourra lui être considéré qu’il a accompli toutes les Mitsvot, même s’il n’est pas Cohen, ni juge, ...

=> Ainsi, l’amour du prochain est un grand principe "dans la Torah", car c’est le moyen de réaliser l’ensemble de toute la Torah.

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+ "Rabbi Akiva disait : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18) : ceci est un grand principe de la Torah.

Ben Azaï disait : "Ceci est l’histoire des générations de l’humanité : [lorsque D. créa l’homme, Il le fit à Sa propre ressemblance]" (Béréchit 5,1) : ceci est un principe plus grand encore.

[En effet, il en résulte : ] Que tu n’en vienne pas à dire : "Si j’ai été humilié, mon prochain peut l’être aussi", car sache qui tu cherches à abaisser : un être créé à l’image de Hachem."
[midrach Béréchit rabba 24,8]

=> De même que la Torah est d'origine Divine, de même chaque juif doit être considéré avec le plus grand des respects puisqu'il a en lui une partie Divine : son âme ('hélék élokim!).

[nous respectons un Séfer Torah, alors combien infiniment plus devons-nous respecter notre prochain juif!]

=> De même que s'il manque à un Séfer Torah une seule de ses 304 805 lettres alors celui-ci n'est plus cacher, de même nous devons aimer chaque juif car il est indispensable à la réalisation optimale du peuple juif.

Seule la matérialité donne une impression de division, car en réalité tous les juifs composent tous un corps unique, dont chaque membre dépend l'un des autres.
Aimer autrui c'est donc s'aimer soi-même (car si un juif va bien alors la nation juive va bien, et par ricochet je vais bien!), surtout que dans notre génération une même racine d'âme peut se retrouver en morceau au sein de plusieurs personnes.

[un juif peut extérieurement mal se comporter, mais nous devons prier pour que cela s'en aille et qu'il puisse illuminer le monde par son attitude, car il a un apport uniquement à amener à l'histoire juive!]

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-> De même que chacune de nos actions doit se faire selon la Torah pour faire plaisir à Hachem, de même nous devons dépasser notre égo blessé pour préserver à tout prix la paix dans la famille juif, car quoi de pire pour des parents que de voir leurs enfants se disputer.

La vie est courte, alors sachons fermer les yeux pour la grandeur de notre papa Hachem.

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-> Un jour, un non-juif vint trouver Chamaï et lui dit : "J'accepte de me convertir à condition que tu m'enseignes toute la Torah pendant que je me tiens sur un seul pied".
Chamaï le repoussa avec sa règle de mesure.

Cet homme alla trouver Hillel, qui accepta de le convertir. Il lui enseigna : "Ce que tu hais, ne le fais pas à ton prochain : c'est là toute la Torah!"
[guémara Shabbath 31a]

-> Rachi commente : "Ce qui inclut le fait de ne pas voler autrui, de ne pas avoir de relations interdites et la majorité des autres mitsvot".

=> Comment comprendre qu'une mitsva "ben adam la'havéro" contient en elle les mitsovt vis-à-vis de D. (ben adam laMakom)?

-> Au-delà de ce qui a été vu précédemment, on peut rapporter l'enseignement du rav El'hanan Wasserman (Kovets Maamarim).

Il est écrit dans la guémara (Kiddouchin 40b) : "A tout moment, l'homme doit considérer qu'il est à moitié coupable et à moitié méritant.
[...]
S'il accomplit une mitsva, heureux soit-il, car il aura fait pencher sa balance et celle du monde entier du côté des mérites ; et s'il commet une faute, malheur à lui, car il aura fait pencher sa balance et celle du monde entier du côté de la faute".

De même le Ram'hal enseigne : "Si l’homme s’élève spirituellement, l’univers entier s’élèvera avec lui, mais s’il s’abîme, l’univers entier s’abîme avec lui."

=> Quand un homme accomplit les mitsvot de la Torah, il se sanctifie lui-même et suscite ainsi un nouvel apport de sainteté dans le monde, et en conséquence, le bien règne davantage parmi les hommes.
Inversement, lorsqu'un homme faute, l'impureté s'intensifie, et le mal avec elle.

==> Il en résulte que personne n'est plus nuisible au monde que celui qui commet des fautes.
C'est pourquoi même les mitsvot qui sont à priori sans lien avec notre prochain sont tout de même incluses dans le principe de Hillel : ""Ce que tu hais, ne le fais pas à autrui!"

"Avec ceci (bézot - בְּזֹאת) Aharon viendra dans le Sanctuaire" (A'haré Mot 16,3)

1°/ Rachi : la guématria du mot : בְּזֹאת est de : 410, comme le nombre d’années qu'a duré le 1er Temple.

Le Sifté 'Hakhamin fait remarquer que l’allusion concerne le 1er Temple et non pas le second, car des Cohen Gadol de la stature d’Aharon (oints avec l’huile d’onction), n’ont existé qu’à l’époque du 1er Temple.

Rabbénou Bé’hayé ajoute que l'emploi du futur : "viendra" (yavo -יבא) fait allusion au Temple prochainement à venir.

[A l'époque du 2e Temple de nombreux Cohanim Guédolim ne méritaient pas leur poste, et puisque la conséquence de mal faire son Service dans le Temple peut être la mort, de très nombreux Cohanim Guédolim décédaient.

Ce titre de Cohen Gadol pouvait être obtenu par de la corruption, et la guémara (Yérouchalmi Yoma 1,1) rapporte même qu'ils s'attaquaient les uns les autres pour avoir cette position.

En se basant sur la guémara (Yoma 9a), on peut chiffrer cela :
-> le 1er Temple a duré 410 années, pour uniquement 17-18 Cohanim Guédolim ;

-> le 2e Temple a duré 420 années, avec 3-4 Cohanim Guédolim méritants qui ont servi sur 130 années. Ensuite, sur les 290 années restants, il y a eu un total de 300 Cohanim Guédolim, entraînant que chacun était en poste environ 1 année avant de mourir!

(on voit à quel point la soif de pouvoir peut aveugler au point de vouloir acheter, voir tuer autrui pour être Cohen Gadol, sachant que l'on mourra rapidement dans le Temple puisque n'étant pas au niveau requis!)]

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2°/ "Le téchouva, la prière et la tsédaka suppriment le mauvais décret" (prière de Ounétané Tokéf que nous récitons durant les Yamim Nora'im).

Dans la majorité des livres de prières, 3 mots sont écrits directement au-dessus de cette phrase introductive : tsom (le jeûne - צום) ; kol (la voix - קול) ; mamon (l'argent - ממון).
Ils ont tous une même guématria de 136.
En cumulant la valeur de ces 3 mots (136*3), nous obtenons : 408, qui est la valeur du mot : zot (זֹאת).

Ceci est une allusion à notre verset : "Avec ceci (bézot) Aharon viendra dans le Sanctuaire".
Lorsque les juifs font sincèrement téchouva, prient de tout leur cœur, et donnent généreusement à la tsédaka, alors les 3 se combinent pour produire "zot", que va prendre avec lui le Cohen Gadol en entrant dans le Sanctuaire le jour de Kippour, en tant que messager du peuple, et qui va permettre d'accepter sa prière et d'amener le pardon aux juifs.
[Na'hal Kédomim]

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne :
Le jeûne (tsom) amène une personne à dominer ses désirs.
La voix (kol) fait allusion à la Torah, et l'étude de la Torah va permettre de mieux faire la différence entre ce qui est permis et ce qui est interdit, le pur et l'impur.
La réalisation de notre ignorance avant d'avoir étudié, va nous pousser à faire téchouva.

L'argent (mamon) : lorsque nous donnons de notre propre argent à la tsédaka, cela amène à vaincre notre orgueil.
En effet, nous réalisons par cela que l'argent (la matérialité) n'est pas le nôtre, et que nous n'avons aucune raison d'en devenir arrogant. Nous devons simplement utiliser au mieux les ressources que Hachem nous confie.
[le Ben Ich 'Haï]

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3°/ Le mot : "bézot" (בְּזֹאת) a la même guématria que : "kadoch" (Saint - קדוש) [valeur de : 410].

Cela renvoie à la rencontre de tous les summums de la Sainteté : le jour de Kippour (dans le temps), dans le Saint des Saints (dans l'espace) et par le Cohen Gadol (chez les êtres humains).

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4°/ "Avec ceci Aharon viendra dans le Sanctuaire (aKodéch)" (A'haré Mot 16,3)

-> Le midrach déduit 10 leçons du mot : "bézot" (avec ceci - בְּזֹאת), et énumère 10 mérites grâce auxquels Aharon avait le droit de pénétrer dans le Saint des Saints : le Shabbath, la circoncision, la Torah, Jérusalem, les Shévatim, Yéhouda, Israël, Térouma, Maaser et les Korbanot.
[le Avné Nézer]

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-> Le grand Kabbaliste Rabbi Shimshon d'Ostropoli, a interprété ce mot : "zot" (זֹאת - bézot = avec "zot"), comme ayant la même guématria (408) que l'année hébraïque : ת"ח (qui est 5408, soit : 1648).

Il était fermement convaincu que les attaques tragiques des Cosaques, et le massacre de milliers de juifs durant cette année, étaient en réalité un moyen pour l'arrivée du machia'h, délivrant les juifs de ce long exil.

Le rabbi d'Ostropoli expliquait :
- "bézot" = en "zot" (זֹאת), cette année 1648 (ת"ח) ;
- "Aharon viendra vers le Kodéch" = le peuple élu (symbolisé par Aharon, qui a été choisi comme Cohen Gadol) entrera dans un état de pureté et de sainteté (kodech) par la venue du machia'h.

Malheureusement, cela ne se passa pas ainsi.
Le machia'h n'est pas arrivé, et de nombreux juifs qui attendaient avec espoir que les mots du grand kabbaliste deviennent réalité, ont ensuite perdu leur espoir et émouna.

Afin de remonter le moral, le Shach (rabbi Shabsi haCohen) a déclaré publiquement en se basant sur les mots du Hallel :
- "mé'ét Hachem haïta zot" (de Hachem que cela provient) = il est vrai que telle était la volonté de D. de nous délivrer en cette année : "zot" (haïta zot!) ;

- de plus : "hi niflat béénénou" (en elle nos yeux verront des merveilles) = les juifs était sur le point de voir d'incroyables miracles ;

- cependant : "zé ayom assa Hachem" (en ce jour Hachem a fait) = Hachem a pris en compte que nous n'avons pas accompli "ayom" (aujourd'hui), que nous trouvons dans le Téhilim (95,7) : " aujourd’hui encore vous écoutiez Sa voix" (hayom im békolo tichmaou) = que nous ne remplissons pas nos obligations de suivre Sa Volonté.

[il existe certes des périodes propices, mais à tout moment par notre comportement nous pouvons permettre au machia'h d'intervenir!]

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5°/ Le mot : "bézot" (בְּזֹאת) a la même guématria que : "kadoch" (Saint - קדוש) et que : "shafél" (bas - שפל) [valeur de : 410].

L’auteur du Sia’h Yaakov Yossef y lit en filigrane l’idée suivante : Hachem signifie à Aharon qu’afin de Le servir, l’homme a besoin de 2 qualités. Il doit à la fois avoir de l’humilité, pour tout ce qui le concerne, et également de l’estime pour ce qui a trait à l’honneur divin.

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-> "Avec ceci (bézot) Aharon entrera dans le Sanctuaire, avec un taureau"

=> Pourquoi le verset ne dit-il pas plus directement : "Avec un taureau Aharon entrera dans le Sanctuaire"? Que rajoutent ces mots préalables : "Avec ceci", pour ensuite dire : "avec un taureau"?

Une explication consiste à dire que ces mots se rapportent au verset précédent qui dit : "Il ne rentrera pas à tout moment dans le Sanctuaire"
Ainsi, le verset poursuit et dit : "Avec ceci Aharon entrera dans le saint" = c'est-à-dire : avec la conscience et le ressenti qu'il est en train de rentrer dans un endroit où il est interdit de pénétrer à tout moment.
Cette conscience créera en lui une crainte et un respect importants de cet endroit où on ne rentre pas comme on veut et quand on le souhaite. C'est avec cet état d'esprit de respect, de crainte et de vénération que le Cohen Gadol y pénétrera. Et non avec la légèreté d'esprit qu'a une personne qui entre dans un lieu "banal" que l'on peut accéder à tout moment.
[Mélo haOmer]

"Du bois de cèdre, du ver à soie et de l’hysope" (Métsora 14,6)

-> Ces éléments devaient être pris par le lépreux pour sa purification.
Nos Sages expliquent que le lépreux qui s’est enorgueilli comme le cèdre (arbre très haut, large et imposant, symbolise l'arrogance - Rachi), doit se rabaisser comme le ver et l'hysope (arbrisseau, symbole d'humilité - Rachi).
[une des raisons de cette plaie est l’orgueil]

=> Le processus de purification du métsora voulait que l’on brûle le cèdre et l’hysope. Si on comprend que l’on brûle le cèdre allusion à l’orgueil, pourquoi brûler l’hysope, qui indique l’humilité?

C’est que pour celui qui ressent qu’il est modeste et humble, cela aussi est répréhensible et se rapproche de l’orgueil (JE suis = rien = je m'enorgueillis de n'être rien!).

Il faut donc brûler l’hysope pour signifier que même quand on se rabaisse, il ne faut pas ressentir que l’on s’est rabaissé et que l’on a fait une grande chose.

La véritable modestie c’est quand elle devient tellement naturelle qu’on ne la sent même pas.
['Hidouché haRim]

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-> "tola'at" (תוֹלַעַת) se traduit par : "un fil écarlate" ou bien plus littéralement : "du ver [à soie]".
Cela fait allusion au fait que le peuple juif est comparé à un ver ("Ne crains rien, ver (tolaat - תּוֹלַעַת) de Yaakov" - Yéchayahou 41,14).

De même que la force principale d'un ver réside, dans sa bouche avec laquelle il file la soie, de même la force du peuple juif se trouve dans sa capacité à parler des mots de sainteté avec sa bouche par la Torah et la prière.

L'hysope rappelle au métsora l'importance de l'humilité.
Le "fil écarlate" (qui est du rouge vif) nous enseigne qu'on ne doit jamais avoir peur d'ouvrir sa bouche pour poser des questions afin d'acquérir des connaissances en Torah, même si pour cela on doit devenir rouge écarlate de honte.
Nous devons demander jusqu'à comprendre totalement la Torah.
['Hatam Sofer]

[ne pas demander est un signe d'orgueil = je préfère me taire plutôt que de montrer mon ignorance.
Ma recherche de vérité vaut bien cette "petite honte" dans ce monde car telle est la volonté de D., qui sinon risque de devenir une honte éternelle dans le monde à venir (de ne pas avoir acquis la Torah pour préserver son égo dans ce monde éphémère).]

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-> La guémara (Moéd Katan 16b) nous rapporte que lorsque le roi David allait en guerre il était dur comme le bois, mais lorsqu'il étudiait la Torah dans le beit midrach, il se faisait souple comme le ver.

Le métsora amené du bois et du fil écarlate (tola'at = litt. un ver) pour faire allusion à ces 2 traits de caractère.
Il doit se faire humble, comme un ver sans prétention, et en même temps il doit s'élever pour faire face aux défis, de devoir dominer son yétser ara, et ne pas tomber dans ses pièges.

["bois de cèdre" (éts éréz) : le rav Yaakov Schechter fait remarquer que le mot : "cèdre" (éréz - ארז) a la même guématria que : "Yits'hak" (יצחק), qui représente la force (guévoura).]
[le Ohév Israël - Rabbi Avraham Yéhochoua Hechel d'Apta]

[tant que l'on vit, nous menons tous une guerre contre notre yétser ara. Ainsi un juif doit certes être humble (comme le ver), mais par moment il est nécessaire d'empêcher le yéter ara de nous dominer en étant très dur (comme le bois).

De plus, le yétser ara cherche à insérer en nous de la tristesse, du doute. Par exemple, lorsqu'il nous fait croire que nous sommes des bons à rien, qu'il nous fait culpabiliser après avoir fait une faute, nous devons nous dresser comme un cèdre majestueux et lui dire que tous les juifs sont saints (même avec les pires fautes) et qu'avec quelques mots de téchouva on peut repartir de zéro en étant de nouveau aimé par Hachem.
A l'inverse lorsqu'il cherche à développer de l'orgueil en nous, nous devons lui rappeler que même le ver viendra bientôt nous dévorer car la vie est courte et des comptes précis seront à rendre.]

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-> Puisque l’hysope, tout comme le cèdre, est un végétal, contrairement au ver à soie, pourquoi le verset ne les a-t-il pas réuni en disant : "du bois de cèdre, de l’hysope et du ver à soi", comme c'est le cas lors de la purification par la vache rousse, dans la paracha de ‘Houkat ?

La Tsaraat (sorte de lèpre) est une punition Divine pour la médisance. Or le ver, en plus d’être un message d’humilité, a aussi la caractéristique de pouvoir ronger avec sa bouche.
=> En juxtaposant le cèdre et le ver, la Torah enseigne que le médisant doit réfléchir au fait qu’il agit comme le ver (minuscule en taille), mais cependant il peut ruiner même un cèdre [d'apparence majestueuse] par sa bouche.
[Kli Yakar]

[notre médisance est tellement minuscule à nos yeux (ça va ce n'est que quelques mots!), mais ses conséquences sont en réalité tellement énormes!]

[à l'image d'une mite, espèce minuscule (7-10mm) qui peut faire s'écrouler un immense édifice en grignotant sa base.
=> Ce qui semble insignifiant (ex: nos paroles) peut faire des dégâts considérables.]

"Et lorsque celui qui a l'écoulement verra cesser son écoulement, il comptera lui-même 7 jours ...
Le Cohen obtiendra pour lui la réparation devant Hachem, de son écoulement." (Métsora 15,13-15)

-> La paracha Métsora se termine en détaillant les étapes nécessaires pour un zaz (celui qui est affligé d'un écoulement de matière séminale ["zaz" : masculin, et "zaza" : féminin, avec tout ce qui est lié aux lois de pureté familiale]).

Ces 3 versets disent :
- 1er étape = verset 13 : "lorsque celui qui a l'écoulement verra cesser son écoulement, il comptera pour lui-même 7 jours à partir de cette interruption, puis il lavera ses vêtements et immergera sa chair dans l'eau vive, et il deviendra pur."
- 2e étape = verset 14 : "le 8e jour, il prendra pour lui-même 2 tourterelles ou 2 jeunes colombes et il viendra devant Hachem ..."
- 3e étape = verset 15 : "Les Cohen les fera, l'un comme offrande de faute et l'autre comme offrande d'élévation, et le Cohen obtiendra pour lui la réparation devant Hachem, de son écoulement ".

-> Rabbi Guershon Henoch de Radzin fait remarquer qu'il y a des similitudes entre ces 3 versets et le processus de purification des juifs lorsqu'ils sont sortis d'Egypte.

Il y a 49 mots dans ces versets, en correspondance avec les 49 jours entre la sortie d'Egypte et le don de la Torah à Shavouot, durant lesquels les juifs sont passés du 49e niveau d'impureté au 49e niveau de pureté, se purifiant totalement jour après jour.
A l'image du zaz, chaque année pendant la période du Omer (49 jours entre la fin de Yom Tov de Pessa'h et Shavouot), nous travaillons à élever notre niveau spirituel.

Par ailleurs, on peut remarquer que :
- le 33e mots de ces 3 versets est : "moéd", qui renvoie à Lag baOmer (le 33e jour du Omer), qui est un jour de moéd (fête) pour les juifs.

- le 29e mot est : "Hachem", en allusion au fait que le 29e jour du Omer est celui de Pessa'h Chéni, et selon le Zohar en ce jour Hachem ouvre les Portes du Ciel.

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-> Le Zav est un homme qui a eu des écoulements anormaux. Les 3 versets (Métsora 15,13-14-15) qui décrivent sa purification, contiennent en tout 49 mots, allusion aux 49 jours du Omer, qui s'étendent de Pessa'h à Shavouot. Ainsi, la Torah fait allusion que cette période du Omer est également une période de purification et de progression spirituelle, à l'image du Zav qui doit se purifier.
La Torah dit ici que la purification du Zav dure 7 jours, allusion aux 7 semaines de purification du Omer. Et si c'est l'impureté des écoulements qui est la référence pour la période du Omer, c'est que cette période est propice pour se repentir et corriger les fautes commises par la Brit, telle que la faute d'entraîner des écoulements, D. préserve.
[Pardes Yossef]

"Le 8e jour, on circoncira la chair de son excroissance" (Tazria 12,3)

=> Pourquoi la circoncision est-elle tout particulièrement douloureuse le 3e jour?

En effet :

1°/ "Hachem apparut [à Avraham]" (Vayéra 18,1), Rachi commente : On était au 3e jour après la circoncision.
- "Tout homme qui se circoncit éprouve une grande douleur le 3e jour" (Pirké déRabbi Eliézer – chap.29) ;
- "Lorsqu’Avraham se circoncit, il éprouva le 3e jour une très grande douleur à sa plaie" (midrach Yalkout Chimoni – chap.82) ;

2°/ "Chékhem, fils de 'Hamor ... vit [Dina, fille de Léa], il la prit, cohabita avec elle et lui fit violence" (Vayicha'h 34,2)
Les fils de Yaakov ont réussi à faire que tous les hommes de la ville de Chékhem se circoncisent.
"Or, au 3e jour, comme ils étaient souffrants, 2 des fils de Yaakov, Chimon et Lévi, frères de Dina, prirent chacun son épée et marchèrent sur la ville en confiance, et tuèrent tous les mâles. Et 'Hamor et Chekhem son fils, ils [les passèrent au fil de l'épée. Ils prient Dina de la maison de Chékhem et sortirent." (Vayichla'h 34,25-26)]

Le Ibn Ezra de commenter : le 3e jour suivant la circoncision est le jour où la douleur est la plus forte.

[sachant qu'ils seraient très faibles en ce 3e jour, ils étaient confiants de pouvoir tous les tuer]

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-> La michna (Taanit 26a) rapporte que puisque toute la nation juive ne pouvait pas être présente à Jérusalem lorsque l'offrande journalière était apportée, les 1ers prophètes (Shmouel et David) ont institué une division des Cohanim en 24 gardes, entraînant que chaque Cohen servait pendant environ 1 semaine, et ce 2 fois par an.

De plus, pour chacune de ces gardes de Cohanim, il lui était associée une garde composée de Lévi'im et de Israël (juif autre que Cohen et Lévi), qui assistaient en tant que représentants du peuple lorsque le sacrifice quotidien de la nation juive était offert au Temple
Ces représentants de la nation (autre que Cohanim) s'appelaient : les anché maamad.

Ils devaient jeûner toute la semaine où ils étaient appelés à "exercer" à Jérusalem, à l'exception du vendredi, du Shabbath et du dimanche. [ce qui fait 4 jours : de lundi à jeudi].

La guémara (Taanit 27b) explique qu'ils ne jeûnaient pas le vendredi et le Shabbath, car cela aurait été un manque de respect pour le Shabbath, et également le dimanche car c'est le 3e jour qui a suivi la création de l'être humain (Adam ayant été créé le vendredi, veille de Shabbath).

=> Quel est le problème de jeûner 3 jours après notre création?

Rachi explique que ce 3e jour de la Création de l'homme n'est pas un jour propice à jeûner car c'est un jour faible de façon inhérente. Comme source à cette idée, Rachi cite l'épisode abordé précédemment avec Chimon et Lévi.

Selon le rav Yéhouda Wagschal, Rachi nous enseigne que la douleur ressentie le 3e jour suivant une circoncision (brit mila) ne provient pas d'un processus naturel de guérison, comme on serait tenté de le penser.
La réalité est qu'une circoncision est considérée comme une forme de création.

=> Ainsi, puisque l'humain qui est circoncis est considérée comme venant d'être créé, et puisque que le 3e jour suivant la création d'un homme est naturellement un jour faible, c'est pour cette raison que le 3e jour suivant une brit mila est le plus difficile.

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-> La guémara (Kiddouchin 38a) enseigne que Hachem complète les jours des tsadikim, d'un jour à jour, et d'un mois à mois, comme il est écrit : "Je comblerai le nombre de tes jours" (Michpatim 23,26)
Cela est compris traditionnellement comme signifiant que D. leur permet de vivre des années complètes, en les faisant mourir à la date à laquelle ils sont nés.

Cependant, à l'enterrement du rav 'Haïm de Volozhin, le rav David de Novardok a fait remarquer que rav 'Haïm est né le 2e jour de Shavouot (le 7 Sivan), et qu'il est mort le 14 Sivan.
=> Pourquoi un tel tsadik n'a-t-il pas "complété" ses années de vie?

Le rav de Novardok a répondu que le véritable anniversaire d'une personne n'est pas le jour où il sort du ventre de sa mère, mais plutôt celui de sa brit mila, moment où il naît spirituellement parlant.

Ainsi, bien que la source de l'enseignement de la guémara est Moché rabbénou, qui est né et mort le 7 Adar, cela s'explique car il est né déjà circoncis.

Le rav 'Haïm de Volozhin est mort une semaine après son anniversaire, et plus précisément le jour de sa brit mila.

=> Nous voyons de là que la brit mila n'est pas simplement une mitsva, mais comme l'écrit Rachi, c'est considéré comme une véritable création de l'être, c'est la date de naissance d'une personne.

"Le Cohen regardera et voici, il y a une séét blanche sur la peau et elle a rendu le poil blanc, ou bien il y a de la chair saine et vive dans la séét" (Tazria 13,10)

-> Rachi commente : un seul des 2 signes : le poil blanc ou la peau vive suffit à prouver que la plaie est une tsaraat.

-> Le Rambam (Michné Torah) déclare : "[En ce qui concerne le métsora], dans le cas où il y a un doute à savoir ce qui est apparu en premier : les cheveux blancs ou bien la tâche blanche sur la peau, la personne est déclarée impure."

-> La guémara (Baba métsia 86a) rapporte que selon la loi juive, si la tâche blanche (bakérét) apparaît avant le cheveu blanc (séet) alors la personne est impure, mais si c'est l'inverse, alors elle est pure.

Il y a eu un débat dans la yéchiva d'En-Haut, à savoir ce qu'il en était lorsque l'on avait un doute sur lequel de ces 2 signes est apparu en premier.
Hachem était d'avis que l'individu est pur, tandis que les autres membres de la yéchiva soutenaient : elle est impure.
Ils se sont mis d'accord pour que Rabba bar Na'hmani arbitre le débat (ce dernier encore vivant, avait déclaré qu'il dépassé tout le monde dans les lois de la lèpre).

Au moment où l'ange de la mort prenait son âme, Rabba bar Na'hmani a dit que la réponse est qu'il est pur.
Ceci a mis fin au débat de la Yéchiva d'En-Haut sur ce sujet.

=> Puisque cela est rapporté dans la guémara, comment le Rambam a pu émettre une opinion contraire, qui plus est contraire à un Sage qui se déclarait comme sans pareil dans ces lois de tsaraat?

Rabbénou Yossef Karo (Kessef Michné) répond : il y a une règle bien connue : "La Torah n'est pas au Ciel".
Cela signifie que la Torah a été écrite par Hachem, qu'Il l'a transmise aux juifs, et qu'à partir de ce moment Il leur a donné une maîtrise totale d'émettre les décisions finales de la loi juive (par nos rabbanim).
Ainsi quelque soit les décisions dans le beit din d'En-Haut, ce qui compte c'est les décisions dans le beit din d'en-bas.

La guémara (Baba métsia 59b) enseigne que Rabbi Eliezer apporta toutes les réponses du monde pour prouver son opinion mais malgré cela les rabbins refusèrent.

Il leur dit : "si j'ai raison que ce caroubier le prouve" et le caroubier se déplaça de 100 coudées (certains disent 400 cents).
Les rabbins lui dirent: "on n'apporte pas de preuve des caroubiers".

Il continua: "si j'ai raison que la rivière le prouve", et la rivière changea son cours. Ils lui dirent: "on n'apporte pas de preuve des rivières".

Il dit :"si j'ai raison que les murs de la maison d'étude le prouvent". Alors les murs commencèrent à s'affaisser.
Rabbi Yéhochoua gronda les murs : "Si les disciples de sages discutent de la halakha, en quoi cela vous regardent-ils?"
Les murs ne tombèrent pas en l'honneur de Rabbi Yéhochoua, mais ils ne se redressèrent pas en l'honneur de Rabbi Eliézer et ils sont toujours ainsi.

Il leur dit: "si j'ai raison que les cieux le prouvent". Alors une voix céleste proclama: "pourquoi vous opposez à Rabbi Eliézer, alors que la halakha suit toujours son opinion?"
Rabbi Yéhochoua se leva et dit: "Elle n'est plus dans les cieux".

Que signifie : "elle n'est plus dans les cieux"?
Rabbi Yirmiya répond: "du fait que la Torah a été donnée au Sinaï, on ne tient plus compte de la voix céleste puisqu'il est dit dans la Torah : "vous suivrez la majorité".

Rabbi Nathan rencontra le prophète Eliyahou, et lui demanda : "Que fit Dieu en entendant le propos?"
Eliyahiou haNavi de répondre: "Il riait en disant : Mes enfants m'ont vaincu, Mes enfants m'ont vaincu".

=> Rabbénou Yossef Karo conclut en disant que puisque les mots de Rabba bar Na'hmani ont été prononcés au moment où son âme le quittait, sa décision ne peut pas être considérée comme provenant de "ce monde", et c'est pourquoi le Rambam a totalement le droit d'émettre la décision contraire.

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-> Le 'Hatam Sofer dit également que personne n'était présent au moment de sa mort, personne d'autre n'a entendu la proclamation Divine demandant à Rabba bar Na'hmani de décider de la halakha dans cette dispute du Ciel.
Si les Sages ont eu connaissance de cet incident, c'est uniquement parce qu'il leur a été révélé du Ciel, et cela nous permet d'affirmer que : "la Torah n'est pas au Ciel".

"Il [Moché] dit à Aharon : Prends pour toi un veau adulte comme offrande de faute et un bélier comme offrande d'élévation, sans défaut, et offre[-les] devant Hachem.
Et aux enfants d'Israël parle en disant : Prenez un bouc comme offrande de faute, ainsi qu'un veau et un mouton dans leur 1ere année, sans défaut, comme offrande d'élévation" (Chémini 9,2-3)

-> Le Torat Cohanim et le Targoum Yonathan enseignent qu'avant l'inauguration du Michkan, Aharon et le restant des juifs ont demandé à être pardonnés pour leur faute du "début" et leur faute de la "fin".

Celle du "début" = c'est la faute des frères qui ont trempé la tunique de Yossef dans le sang d'un bouc (cf. Vayéchèv 37,31) => le bouc apportait par le peuple venait en expiation.

Celle de la "fin" = c'est la faute du Veau d'or, que les juifs ont crée avec l'aide de Aharon => le veau venant en expiation.

=> Pourquoi demander l'expiation de ces 2 fautes en même temps, le jour de l'inauguration du Michkan?

-> Rabbi Its'hak Danzig (le Maharid) rapporte un midrach selon lequel les frères ont vendu Yossef parce qu’ils ont vu par inspiration Divine, que Yossef allait avoir comme descendant, plusieurs siècles plus tard, un homme du nom de Yéroboam Ben Névat, qui allait instaurer un culte idolâtre et qui allait entraîner beaucoup de juifs dans l’idolâtrie.
[ce roi racha a détourné Israël du service de D., au point que les 18 rois qui lui succédèrent ont tous pratiqué l’idolâtrie en entraînant l’ensemble du peuple à les suivre]

Les frères de Yossef souhaitaient empêcher tout cela en faisant disparaître Yossef, et c'est pour cela qu’ils l’ont vendu.

Ainsi, jusqu’à la faute du Veau d’or, les tribus avaient une sorte d’excuse pour la faute de la vente de Yossef.
Mais quand le peuple fit le Veau d’or et se voua à l’idolâtrie, ils montrèrent par là que eux aussi pouvaient s’adonner à un culte idolâtre. Par cela, toute leur excuse pour avoir vendu Yossef s’effondra, car les tribus aussi allaient avoir des descendants qui firent l’idolâtrie du Veau d’or et Yossef n’était pas le seul.

=> C'est pourquoi au moment où le peuple apporta une expiation pour la faute du Veau d’or, il devait aussi apporter une expiation pour la vente de Yossef, car la faute du Veau d’or réveilla et réactualisa la faute de la vente de Yossef.

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-> Le Messé'h 'Hochma propose une autre explication.

Le Torah évoque que les tribus haïrent Yossef car il rapportait à leur père tous les mauvais comportements qu’il voyait chez eux (cf. Vayéchev 37,2). Ainsi, leur raison était qu’il aurait dû les réprimander directement et non par le biais de leur père.

Mais, lors de la faute du Veau d’or, les enfants d’Israël tuèrent 'Hour, le fils de Myriam, pour les avoir réprimandé. Ils montrèrent par là qu’ils ne sont pas capables d’accepter les réprimandes directement.
Par cela, toute la raison que les tribus invoquèrent pour avoir vendu Yossef s’annula, car Yossef a bien fait de craindre de les réprimander en face à face. Il préféra donc, à juste titre, passer par l’intermédiaire de son père.

=> C'est pourquoi, la faute du Veau d’or réactiva la faute de la vente de Yossef? et à présent que l’on expie la faute du veau d’or, il fallait donc aussi se racheter pour la vente de Yossef.

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-> Le Kli Yakar explique que c’est la faute de la vente de Yossef qui généra la faute du Veau d’or.

Il est écrit :"Ses frères furent jaloux de lui (de Yossef)" (Vayéchev 37,11). C'est cette jalousie qui a entraîné la vente de Yossef.
Suite à cette faute de jalousie, ce défaut s’enracina dans le cœur des juifs pour les générations futures, et c’est cette jalousie latente qui s’éveilla pour entraîner la faute du veau d’or.

En effet, beaucoup d’entre le peuple jalousait Moché, à l’instar de Kora’h et son assemblée, un peu plus tard.

Puisque dans cette génération Moché avait des jaloux, lorsque le peuple dit : "Cet homme Moché, nous ne savons pas ce qu’il est devenu de lui" (Ki Tissa 32,1), ils souhaitaient par cela se libérer de l’autorité de Moché pour "élire" ce Veau d’or à sa place
(en se faisant son propre dieu, on en vient à respecter ses propres commandements, et donc à se servir soi-même! [pourquoi c'est lui le responsable, et pas moi!]).

=> C’est donc bien la faute de la vente de Yossef qui, à travers la jalousie qu’elle imprégna dans le cœurs des juifs, provoqua la faute du veau d’or.

Le Kli Yakar poursuit son raisonnement et explique pourquoi Aharon ne devait pas, lui aussi, offrir un bouc, pour se racheter de la part de son ancêtre, Lévi, qui avait lui aussi participé à cette faute de la vente de son frère.

En effet, Aharon est caractérisé comme l’homme de la paix, comme le dit Hillel : "Sois parmi les disciples d’Aharon, en aimant la paix et en poursuivant la paix, en aimant les créatures et en les approchant à la Torah" (Pirké Avot 1,12).

Aharon a travaillé pour éradiquer la jalousie et la haine de son cœur, et pour n’y faire régner que l’amour de la paix et des hommes.
Il n’avait donc pas besoin d’offrir un bouc pour expier sa part dans la vente de Yossef, puisqu’il s’était déjà amendé pleinement de cette faute, par son travail personnel de renforcement de la paix et de l’amour des autres.

=> Puisqu'il ne lui restait plus aucune trace de ce défaut de la jalousie (racine de la vente de Yossef), il n’avait donc plus aucune raison de l’expier par l’offrande d’un bouc.

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+ Pourquoi la Torah demande-elle précisément un bouc et un veau pour expier ces fautes?

-> On a pu voir que le bouc renvoyait au bouc qui a été tué pour mettre du sang sur la tunique de Yossef, et que le veau faisait allusion au Veau d'or.

-> Rabbi Its'hak Soloveitchik apporte une autre explication.
En demandant à Aharon de lui construire un "dieu" pour remplacer Moché, le peuple avait prouvé sa trop grande dépendance vis-à-vis de son guide. Ils pensaient qu'ils ne pourraient pas subsister sans Moché ou autre chose qui prendrait sa place.

=> C'est donc un veau, un animal docilement attaché à sa mère, qui devait être apporté en sacrifice.

En revanche, en vendant Yossef, ses frères avaient fait preuve d'un esprit de rébellion et avaient refusé de s'incliner devant le choix de Yaakov qui destinait Yossef à être le chef de famille.
Ils s'étaient conduits comme un effronté, et c'est donc cet animal qu'il fallait apporter pour obtenir le pardon.

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+ "Comme offrande d'élévation (léola)" (Chémini 9,2 (pour Aharon) et aussi v.9,3 (pour le restant du peuple))

-> Un sacrifice d'élévation (korban ola) est un moyen pour élever [spirituellement] quelqu'un, comme tout autre sacrifice.

Nous apprenons de là que si une personne souhaite véritablement s'élever et se rapprocher de D. alors "offre[-les] devant Hachem" = on doit sacrifier sa propre volonté, comme nos Sages disent : "Accomplis Sa volonté comme si elle était la tienne, de sorte qu’Il accomplisse ta volonté comme si elle était la Sienne. Efface ta volonté devant la Sienne" [Pirké Avot 2,4 - Rabban Gamliel]
[Maguid de Mézéritch]

=> De nos jours où il n'y a plus le Temple/Michkan, chaque fois que nous sacrifions notre volonté pour respecter celle de Hachem, c'est comme si l'on avait apporté un korban qui nous permet de nous élever spirituellement vers D.
On ne perd pas à renoncer à notre volonté, puisqu'on y gagne une proximité, un attachement accru avec Hachem.

"Ce fut au 8e jour" (vayéhi bayom achémini - Chémini 9,1)

Il est intéressant de constater que ce 8e jour, où fût inauguré le Michkan, possède un mélange :

-> de souffrance. La guémara (méguila 10b) dit : "Nous savons par tradition que partout où il est écrit "vayéhi" (Et ce fut), c’est toujours l’expression d’une douleur".

-> de joie : "Le jour de l'inauguration du Michkan était aussi joyeux pour Hachem que le jour où Il a créé la terre et le Ciel."
[guémara Méguila 10b]
D'ailleurs, la Torah utilise la même terminologie : "Et ce fut le soir et ce fut le matin".
Dans les 2 cas, le verset commence par : "Et ce fut" (vayéhi - ויהי)

De même, au sujet de la joie le Apiryon écrit :
"Nos Sages (Yalkout Chimoni Chémini 98) enseignent que la joie de D. dans les sphères supérieures au moment de l’inauguration du Michkan fut égale à celle régnant lorsque le ciel et la terre furent créés.
Comment en comprendre la raison ?
En fait, quand Hachem créa le monde, Sa Présence emplit la création. Mais alors, l'homme commit la faute, et suite à cela, la Présence Divine se retira. Puis, les générations suivantes aussi fautèrent et repoussèrent la Présence Divine. De la sorte, Hachem n'avait plus où résider dans ce monde.
Cette situation continua jusqu'à la venue de Moché qui inaugura le Michkan. Alors, la Présence Divine reposa dans le Michkan, et par cela, dans le monde, comme ce fut le cas lors de la création du monde.
Ainsi, ce fut la première fois où on revint à la même situation qu'à la création. La joie fut donc semblable à celle de la création du monde.

=> Comment comprendre qu'il y avait 2 sentiments opposés?

1°/ Car 2 enfants de Aharon, Nadav et Avihou, sont morts en ce jour, entraînant de la douleur chez tous les juifs qui ne comprenaient pas pourquoi un jour aussi joyeux devait comporter une si grande perte.

Selon le rav David Hoffman, cela illustre le fait que nous ne comprenons pas pourquoi Hachem agit ainsi, mais néanmoins nous devons croire d'un cœur rempli de émouna qu'il y a une raison derrière chaque chose, et que Hachem fait tout pour le bien.
[c'est la particularité de ce monde où un événement peut sembler bon ou mauvais, mais dans le monde de Vérité, nous prendrons conscience que ce n'était que bonté!
C'est également cette force du yétser ara : le doute (mélange de : Hachem est bon/miséricordieux (inauguration du Michkan, lieu de résidence de la Chékhina) et Il est également cruel/très rigoureux avec nous (mort des tsadikim Nadav et Avihou : comment des personnes aussi élevées sont mortes en voulant faire Sa volonté, à cause de détails!)]

[Rachi (10,3) : Lorsque D. applique la stricte justice même aux tsadikim, on Le craint et on Le vénère, car on dit : si tel est le sort réservé aux tsadikim, à plus forte raison le sort réservé aux réchaïm doit-il être sévère.]

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2°/ Après que les juifs aient fauté avec le Veau d'or, ils ont recherché des signes de pardon de Hachem. Ils ont donné de tout leur cœur au Michkan, et l'ont construit avec un dévouement exemplaire.
Moché les a informé qu'un signe apparaîtra du Ciel symbolisant l'acceptation par Hachem de leur téchouva.

Pendant 7 jours de suite, Moché a construit le Michkan, y a fait le service Divin, avec l'ensemble du peuple qui venait y assister, et rien ne s'est passé.
Le 8e jour (chémini) les juifs étaient déçus, à l'exception de Moché qui était plein de confiance comme au 1er jour.

[ => Vayéhi = mélange de joie liée à l'inauguration, et également de douleur, car pour le moment D. n'avait pas encore manifesté qu'Il leur pardonnait leur faute!]

Le Messekh 'Hokhma écrit que Moché était à un niveau supérieur aux autres, et bien qu'il n'a pas vu de signe de progrès, il est resté quand même totalement confiant dans le fait que Hachem ne les laisserait pas tomber, et c'est par le mérite de sa confiance, que Moché a amené le feu du Ciel.

[v.9,24 : le feu est descendu comme un pilier du ciel vers la terre - Sifra.
Le chiffre 7 représente les 7 jours de la semaine (la naturalité de ce monde), et le 8 correspond à ce qui est au-delà. C'est cette persévérance et cette émouna surnaturelle de Moché qui a permis de créer le miracle!]

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3°/ Rabbi Binyamin Adler enseigne qu'en suspendant au 8e jour l'arrivée du feu comme signe de pardon, Hachem voulait montrer que les sacrifices (de nos jours = c'est la prière) ne sont pas une formule magique, D. désire notre cœur, et sans une connexion sincère nous ne pouvons pas pleinement susciter Son amour.

=> Hachem attend impatiemment de pouvoir nous combler de bénédictions abondantes, mais cela dépendant du cumul : action + intention.

[Ainsi, en ce 8e jour, il y avait un mélange de joie de pouvoir inaugurer le Michkan, mais également de la douleur, allusion au fait de briser totalement son cœur vers D.
Le peuple voulait tellement être pardonné pour le Veau d'or, qu'ils ont vidé toutes leurs forces à papa Hachem. Or, il est écrit : "D. est proche de tous ceux qui L’appellent, de tous ceux qui L’appellent avec sincérité" (Téhilim 145,18).

=> De même, nous devons faire attention à ce que nos prières ne soient pas routinières, un simple mouvement de nos lèvres, car sinon elles produisent beaucoup moins de résultats!]

[pendant nos prières, on doit injecter toutes nos souffrances, en vidant notre cœur à papa Hachem. Il s'y mêle la joie de s'adresser à l'Unique, à notre papa Hachem qui peut tout et qui nous aime tellement! ]

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4°/ Le Sforno enseigne qu'avant la faute du Veau d'or, chacun des juifs étaient digne de la Présence Divine.

[Par exemple, au sein des familles, chaque aîné aurait joué le rôle du Cohen, et suite au Veau d'or ce sont les Cohanim qui ont rempli ce rôle pour tous! ]

Cette faute ayant entraînée une chute désastreuse du peuple, la construction du Mickan devint nécessaire pour servir de résidence à la Présence Divine.

=> Rabbi Israël de Rozhin explique que le regret d'avoir perdu la possibilité d'une sainteté encore plus grande se mêlait à la joie de l'inauguration du Michkan.

Il explique que le but essentiel du Michkan comporte une trace de malheur, car au début Hachem avait envisagé que Son saint Michkan soit dans le cœur de chaque juif, ainsi qu’il est écrit : "ils Me feront un Michkan et Je reposerai en eux".
Le cœur juif devait être un réceptacle pour la Présence Divine, et alors il n’y aurait pas eu besoin de construire le Michkan. Mais comme les bnei Israël ont commis la faute du Veau d’Or, il s’est avéré nécessaire de réduire la Présence Divine entre les murs du Michkan.

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5°/ Vayéhi est un langage de douleur, Moché était peiné de ne pas être le Cohen Gadol (il l'a été jusqu'au 8e jour, où Aharon et ses descendants ont été nommés à ce poste : cf.v.9,1).

Puisque les juifs était des baalé téchouva (faute du Veau d'or), ils avaient besoin d'un baalé téchouva pour accomplir le Service Divin à leur place : Aharon haCohen.
[Sfat Emet]

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6°/ Aharon était si humble et modeste que le fait d'être nommé Cohen Gadol était douloureux pour lui (d'où l'utilisation du Vayéhi).
En réalité, il est plus facile pour un tsadik d'être jeté dans une fournaise ardente, que de devenir renommé comme un des grands tsadikim du peuple d'Israël!

[Rabbi Ouri de Strelisk (le Saraf)]

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7°/ La paracha Chémini (le 8e) aborde ce qui s'est passé le 8e et dernier jour de la période d'inauguration du Michkan, c'était alors Roch 'Hodech Nissan.

Rachi rapporte que pendant chacun des 7 jours précédents, Moché construisait le Michkan, y exécutait à lui seul tout le service, puis démontait le Michkan.
A partir du 8e jour, seul les Cohanim (Aharon et ses enfants) pouvaient exécuter ce service, et c'est en ce jour que le Michkan va être édifié de façon définitive.

=> Quel était la nécessité pour Moché d'édifier, puis de démonter le Michkan à chacun des 7 jours?

Selon rabbi Barou'h Simon, cela nous enseigne la force de la téchouva.
Le midrach (Béréchit rabba 3,7) nous rapporte qu'avant de créer ce monde, Hachem a créé des mondes et les a détruit.

D. étant parfait, pourquoi devait-Il agir ainsi?
Le Noam Elimélé'h répond que c'est parce qu'Hachem voulait intégrer dans la Création le concept de regret, de tout recommencer à zéro, qui est la base de la téchouva.

D'ailleurs, selon la guémara (Pessa'him 54a), la téchouva est l'une des 7 choses qui a été créée avant même la Création de ce monde (au même titre que la Torah!).

=> Même si Hachem ne fait pas d'erreur, Il a quand même agit comme s'Il regrettait Ses actions, voulant recommencer à nouveau, et cela uniquement pour nous apprendre de ne jamais désespérer puisque nous avons la téchouva.

=> Moché a agit de la même façon pour montrer aux yeux de tous que si l'on veut mériter de voir Hachem résider parmi nous, nous devons saisir l'importance de la téchouva.
Cette capacité d'effacer le négatif, pour encore mieux générer du positif.

[on peut imaginer que le terme "vayéhi" renvoyant à une notion de douleur, fait allusion au peuple qui ayant vu pendant 7 jours Moché leur expliquer ce concept, commencer à faire une téchouva très profonde en eux-mêmes, dans la douleur d'avouer leurs fautes à Hachem.
Suite à cela (le 8e jour), la Présence Divine est venue résider dans le Michkan, et en chacun des juifs, ce qui génère la plus grande des joies!]

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-> "Ce fut le 8e jour, Moché appela Aharon, ses enfants et tous les anciens d'Israël" (Chémini 9,1)

=> Pourquoi Moché a-t-il dû les appeler [précisément ce 8e jour] alors que les 7 jours précédents, ils se présentèrent d'eux-mêmes devant Moché?

La guémara explique que le terme "ce fut" (Vayehi), qui introduit ce verset, évoque un malheur et fait ici allusion au fait que ce jour connaîtra le drame de la mort de Nadav et Avihou, deux des enfants d'Aharon.
Et même si bien sûr personne ne pouvait prévoir à l'avance ce drame, malgré tout, selon l'expression de nos Sages, même si eux ne savaient pas, leur âme le pressentait.
Ainsi, sans même savoir pourquoi, Aharon, ses enfants et les anciens, avaient des réticences à s'approcher du service ce jour-là. Leur esprit pressentait que ce service, qui allait attirer le feu céleste, sera la cause de l'acte qui allait entraîner la mort de Nadav et Avihou.
Et comme Moché constatait que Aharon, ses enfants et les anciens ne venaient pas, il fut contraint de les appeler.
[Imré Shéfer]

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-> "Prends pour toi un veau" (Chémini 9,2)

Rachi explique que ce veau que devait apporter Aharon venait en expiation à la faute du veau d'or.

On peut s'interroger : pendant les 7 jours de préparation, on apporta un taureau en sacrifice. Et nos Sages enseignent qu'il venait en expiation pour la faute du Veau d'or, le petit du taureau.
=> Dès lors, pourquoi apporter encore une fois de plus une expiation pour cette faute par ce Veau?

En fait, quand pendant ces 7 jours préliminaires on apporta ce taureau, la faute du Veau d'or fut expiée. Dès lors, le niveau d'Aharon et du peuple s'éleva considérablement, puisque cette faute ne venait plus les freiner.
Mais, une fois qu'ils s'élevèrent, une dimension plus fine de la faute du Veau d'or s'éveilla. En effet, un certain aspect de la faute, qui n'était pas considéré jusqu'à présent comme une faute, apparut. Comme le peuple s'éleva, les exigences envers eux devinrent plus strictes. Et même ce qui n'était pas une faute jusque là apparut à présent comme une faute, selon leur nouveau niveau plus élevé.
Et il fallait dès lors expier même ce nouvel aspect de la faute. Tel était le but de ce veau à sacrifier le 8e jour, en expiation à cet aspect plus fin de cette faute.
[Chem miChmouel]

[d'où une certaine dualité : on termine d'expier la faute du Veau d'or, mais alors un nouvel aspect beaucoup plus fin fait son apparition, qui nécessite à son tour d'être expié]

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-> Chaque fois que le mot "vayéhi" est employé, il exprime la tristesse. Qu’y avait-il donc de triste le jour de l’inauguration du tabernacle?

Le Imré 'Haïm (l'Admour de Vizhnitz), répond ainsi à cette question :
"Le saint peuple juif a 7 jours. L’homme se salit, jour après jour, avec la poussière de la matière et des péchés ; la saleté s’accumule et la couche s’épaissit de plus en plus. La poussière du premier jour ne peut être comparée à celle du sixième. Que faire?
Finalement, vient le 7e jour, le Shabbat, lors duquel l’homme se lave et se purifie de toute la poussière accumulée les jours précédents. Ouvrant une nouvelle page dans sa vie, il a l’air d’un autre homme.

Et le lendemain? Ce n’est pas le 8e jour, mais le premier.
Cependant, s’il ne s’est pas purifié de ses fautes, le Shabbat passera sans laisser sur lui la moindre trace, tandis que l’épaisse couche de poussière et de saleté persistera sur lui et continuera encore à s’épaissir la semaine suivante, si bien que le premier jour, qui sera une continuation de la semaine passée, correspondra à un 8e jour ...
Face à une telle situation, il y a de quoi se désoler en disant : “Quand on fut (vayéhi) au 8e jour”."

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-> Le Tiféret Torah écrit :
"Le jour de l'inauguration du Michkan, on apporta des sacrifices. Puis alors, le verset vient relater que : "Un feu sortit de devant Hachem et consuma (les sacrifices de) sur l'autel".
Ce moment était intense en joie et constitua le moment tant désiré et tant espéré par tout le peuple d'Israël, car alors on a pu voir qu'Hachem a agréé tout le travail de la construction du Michkan et par cela, on comprit qu'Hachem a pardonné la faute du Veau d'or. Ce fut donc un événement d'une joie intense.
Puis, juste après, lorsque les enfants de Aharon allumèrent un feu étranger et offrirent des encens non ordonnés, alors la Torah emploie exactement la même formule et la même expression pour décrire leur punition : "Un feu sortit de devant Hachem et les consuma". Cela constitua bien-sûr un moment très dur et d'une extrême sévérité.

Et ces 2 événements qui se sont suivis, le premier qui constitua un bonheur extrême et l'autre une peine inimaginable, survinrent exactement de la même façon, comme l'atteste l'utilisation de la même formule qui les décrit (vayéhi).
Tout le peuple put alors constater que la grande bonté et l'extrême sévérité proviennent de la même Source et alors on s'est rendu compte par cela de l'Unicité Absolue d'Hachem. Effectivement, le bien et le mal proviennent de la même origine.
Par cela, la mort de Nadav et Avihou a concouru à dévoiler aux yeux de tous l'Unicité d'Hachem et par cela, le Nom d'Hachem a été sanctifié. Et le Michkan a pu aussi être sanctifié. Son inauguration a pu aboutir. Car ce Michkan, où la Gloire Divine allait résider, se doit d'attester l'Unicité d'Hachem.
Ce Michkan qui témoigne du pardon de la faute du veau d'or, quand les juifs ont laissé apparaître l'idée d'une dualité, se doit de proclamer la totale Unicité d'Hachem, Qui va y résider et par cela, s'installer au sein du peuple d'Israël.

Et quand on s'est rendu compte que le mal provient de la même origine que le bien, à travers la mort de Nadav et Avihou, cela a pu renforcer cette Unicité, et constitua justement l'aboutissement de l'inauguration du Michkan, dont la vocation était justement de proclamer cette Unicité. Tout cela attesta de la grandeur de Nadav et Avihou, car ce sont précisément eux qui furent choisis par Hachem pour révéler l'Unicité et ainsi parachever l'inauguration du Michkan ...
Cela a renforcé la conscience de l'Unicité d'Hachem, Qui est le Seul à être l'Auteur de tout ce qui arrive dans le monde."

Les sacrifices

+++ Les sacrifices (par le Méam Loez) :

-> Hachem n'est pas un être physique ... N'ayant aucune existence corporelle, quel profit D. tirerait-Il d'un sacrifice?

En réalité, le sacrifice répare les fautes commises pour de nombreuses raisons. Certaines sont si profondes que l'esprit humain ne peut les appréhender.
Ainsi, Nous ne parlerons que de celles qui sont accessibles à notre entendement.

+ 1ere explication :

-> Le but 1er d'un sacrifice est d'éveiller le cœur de l'homme.
Celui-ci doit savoir que s'il faute et se rebelle contre D., son péché est très grave.
Qu'il médite à la petitesse de son corps ... Rien n'est plus faible que sa chair, substance semblable à la poussière.
Comment aurait-il l'audace de se rebeller contre le Maître de l'univers?

Il doit également considérer les innombrables actes d'amour et de bonté dont Hachem l'a comblé à toute heure et à tout moment. Le monde entier n'a-t-il pas été créé uniquement pour l'homme? ...

Hachem a ordonné qu'une personne ayant fauté se repente, modifie son comportement et offre ensuite un sacrifice.
L'animal offert en sacrifice subit les 4 formes de mort ordonnées par le tribunal (beit din).
L'homme voit alors de ses yeux le châtiment qu'il mérite. Cependant, notre D. miséricordieux donne à l'homme une chance de s'amender et ne le détruit pas.
Le sacrifice remplace l'individu, âme pour âme.
Le châtiment qui aurait dû être administré à l'homme est subi par l'animal.

Chaque fois que la Torah mentionne un sacrifice, elle ne dit pas : "un sacrifice pour Elohim", nom de D. qui désigne l'attribut de Justice.
La Torah emploie plutôt l'expression : "un sacrifice pour Hachem", qui désigne Son attribut de bonté.
=> Cela nous apprend que Hachem accepte le sacrifice du fauteur par compassion et par pitié. Il ne désire pas que l'homme meure à cause de sa faute, Il consent donc à prendre l'animal en échange de sa vie.
Si l'Attribut de Justice (midad hadin) prévalait, Hachem n'accepterait pas de sacrifice, mais anéantirait l'homme pour sa rébellion.

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-> Examinons les différentes étapes du sacrifice :
1°/ tout d'abord, l'animal est jeté à terre. Ceci correspond à la peine de mort par lapidation (shékila) ;
2°/ ensuite, il est égorgé, ce qui rappelle la peine de mort par l'épée ('hérég) ;
3°/ la gorge de l'animal est fermement saisie, ce qui correspond à la peine de mort par strangulation ('hénék) ;
4°/ ensuite, l'animal est brûlé sur l'autel, ce qui équivaut à la peine de mort par brûlure (sréfa).

En assistant au sacrifice, l'homme est pris de remords et se dit :
"C'est moi qui mérite toutes ces punitions. Néanmoins, Hachem a pitié de moi et ne désire pas ma mort. Cet animal est pris à ma place."

Il regrette alors ses fautes et change de comportement.

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-> Les actes d'un individu proviennent pour la plupart de 3 facultés : la pensées, la parole et l'acte.
Avant d'agir, il réfléchit, exprime sa pensée en paroles puis la réalise.

Par conséquent, lorsqu'il offre un sacrifice pour s'amender, il doit repasser par les 3 étapes qu'il a franchies pour fauter.
1°/ il doit accomplir un acte = appuyer les mains sur la tête de l'animal.
2°/ il récite ensuite la confession (vidouy) devant Hachem en énonçant sa faute = ceci correspond à la parole impliquée dans son péché.
3°/ enfin, les organes internes et les reins de l'animal sont brûlés sur l'autel, car ils sont le siège de la pensée et du sentiment = cette étape correspond à la pensée de commettre sa faute.

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-> Hachem s'adresse ainsi : "Je n'ai nul besoin de prendre un taureau de ta maison ni des boucs de ton bétail [en sacrifice], car tous les animaux des forêts et les bêtes qui vivent dans les montagnes par milliers M'appartiennent. Je connais chaque oiseau des montagnes, les animaux des champs sont Miens.
Si J'avais faim, Je ne te le dirais pas car c'est à Moi qu'appartient la terre et tout ce qu'elle renferme.
Est-ce que Je mange la char de taureaux gras? Est-ce que Je vois le sang de boucs?
Sacrifie à Hachem pour Le remercier, et acquitte tes vœux au D. suprême" (Téhilim 50,8-14)

=> De ces versets, nous comprenons que Hachem n'a pas ordonné l'offrande de sacrifices parce qu'Il en a besoin ou qu'Il en tire un quelconque bénéfice ...
De plus, il ne faut absolument pas penser que Hachem soit semblable à un être humain contraint de manger et de boire. Il n'a pas à demander de sacrifice pour Sa nourriture.

Hachem désire seulement la confession du fauteur. Outre l'offrande de son sacrifice, l'homme doit admettre ses fautes, se repentir.
[sacrifier l'animal, doit conduire à sacrifier l'animalité/bestialité en nous, à soumettre notre cœur à D.]

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+ 2e explication :

-> Hachem a ordonné d'offrir les sacrifices pour pourvoir aux besoins des Cohanim.
En effet, les Cohanim n'exerçaient ni artisanat ni commerce car ils devaient être disponibles pour le service du Temple.
Ils avaient donc besoin d'une rémunération quelconque pour avoir l'esprit libre de servir Hachem.
Les sacrifices représentent une forme de charité au profit des Cohanim.

"Faire la charité et la justice est plus agréable à Hachem qu'un sacrifice" (Michlé 21,3).
Ce verset indique que Hachem nous a ordonné d'offrir des sacrifices non parce qu'Il a besoin de présents mais pour assurer des revenus aux Cohanim.

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+ 3e explication :

-> Le sacrifice représente une amende imposée au fauteur. S'il essuie une perte d'argent à cause de sa faute, il ne la reproduira pas. Son péché lui aura coûté très cher!
[d'ailleurs un conseil pour éviter de refaire une faute, est de s'obliger à payer une amende chaque fois qu'on la refait.]

L'holocauste (ola) expie les mauvaise pensées ... [Un jour,] un homme qui avait voulut commettre une faute mais s'en retient, s'exclama au Cohen : "Comme la pensée de commettre une faute est grave! Pour une simple pensée, il faut sacrifier un animal! Si cela est si sérieux, je m'engage désormais à éviter toute pensée interdite [et donc de fauter]".

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+ 4e explication :

-> Un homme doit méditer et éveiller ses sentiments, et lorsqu'il voit l'animal égorgé, brûlé et réduit en cendres, il se rend compte que telle est la fin de tout homme.

Après avoir compris cela, il ne se laissera plus entraîner à des plaisirs matériels et il les considérera futiles.
L'homme n'emporte rien au monde futur si ce n'est l'observance des commandements, les bonnes actions et la charité qu'il a accomplies en ce monde.
Lorsqu'il pense à la mort, son cœur devient humble et son attachement au service Divin est ravivé.
[par exemple : le taureau fait le beau de son vivant, mais qu'emporte-t-il dans sa mort? Le point positif c'est que j'ai une part de Divinité en moi, alors exploitons là à fond!]

La Torah commande que 3 parties de l'animal soient brûlées (cf. Vayikra 3,3-4) :
1°/ la graisse = elle fait fauter l'homme, comme il est écrit : "Yéchouroun engraissa et se rebella" (Dévarim 32,15).
Un homme qui vit dans le luxe est facilement conduit à la faute.
2°/ les reins = ils sont responsables du conseil et des émotions, source des fautes de l'homme.
3°/ le foie = il est à l'origine de la colère, il suscite en l'homme un sentiment d'importance et de fierté qui l'entraîne vers les plaisirs matériels.

=> Ces 3 organes sont brûlés sur l'autel pour nous enseigner que l'homme doit se débarrasser de tous ses mauvais traits de caractère et des désirs matériels pour ne pas qu'ils l'anéantissent.

Il semble que tel soit le sens du verset des Téhilim : "Un vrai sacrifice à D. est un cœur brisé" (Téhilim 51,19).
Le sacrifice que Hachem désire réellement, c'est l'humilité du cœur de l'homme à la vue de la mise au feu du sacrifice.
L'homme doit se rendre compte que sa fin sera semblable, en y réfléchissant, il ne manquera pas de se repentir.

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+ 5e explication :

-> Le but des sacrifices est d'écarter les juifs de l'idolâtrie.

En Egypte, ils s'étaient compromis aux cultes idolâtres. Ils voyaient les égyptiens adorer le signe du Capricorne (talé) et ne permettre nul sacrifice de mouton.
Du reste, ils haïssaient les bergers (Béréchit 46,34), car ils vouaient un culte au mouton ...
[le Méam Loez rapporte aussi que : d'autres peuples idolâtres la vache comme les hindous, d'autres peuples adoraient les démons (chédim) et pensent qu'ils s'incarnent dans les boucs, ...]

Afin d'éloigner les juifs de ces formes d'idolâtries, Hachem ordonna d'offrir en sacrifice les animaux sacrés des nations.
=> Nous offrons ces espèces en sacrifice à Hachem pour montrer que les cultes idolâtres sont dépourvus de fondement.

La Torah dit donc : "Lorsqu'un homme parmi vous offre un mammifère à Hachem, cette offrande doit être prise du gros bétail et du menu bétail" (Vayikra 1,2).
Nos sacrifices proviennent uniquement des espèces que les nations païennes considéraient comme sacrées et qu'elles adoraient ... Ceci doit nous faire comprendre l'absurdité du culte offert à des animaux.

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+ Conclusion :

-> L'âme est une entité spirituelle. C'est un esprit saint qui provient de sous le Trône de Gloire Divine. Nous voyons pourtant que l'âme réside dans un corps formé des mêmes éléments que la poussière ...
Nous devons conclure que la combinaison du corps et de l'âme est une choses inaccessible à notre entendement. Il faut donc présumer que ce mystère est connu de D. seul.

Ainsi en est-il des sacrifices : Hachem est spirituel, tout comme l'âme.
Nous, en tant que peuple, sommes des êtres physiques comme le corps l'est à l'âme. Cependant, la Présence Divine peut reposer parmi nous comme l'âme repose dans le corps.

Du moins en était-il ainsi tant que nous apportions des sacrifices au Temple.
Par la "nourriture" des sacrifices, la Présence Divine reposait parmi nous.
A présent qu'ils nous ont été enlevés, la Présence Divine nous est retirée aussi, comme l'âme quitte le corps en l'absence de nourriture.

Nous en comprendrons le mystère de ce lien entre l'âme et le corps que lors de la venue du machia'h.
Nous saisirons alors le mystère de la Présence Divine.
Nous n'avons pas aujourd'hui à y méditer pour tenter d'y trouver une réponse.
Il nous suffit de constater que tant que nous offrions des sacrifices, la Présence Divine reposait parmi nous.
Cela ressemble à un médicament que le médecin prescrit à un malade. Le patient a-t-il besoin de connaître l'effet du remède pour guérir?
Il lui suffit de constater qu'il a a un effet bienfaisant.

Avec l'aide de D., lorsque viendra le machia'h, nous espérons qu'Il nous révélera tous les mystères de notre Torah ...

Il est écrit dans le Kouzari, que le roi des Khazars dit au Rav : "Il ressort de vos propos qu'à présent, en l'absence de sacrifices, vous êtes semblables à des ânes, à des corps dépourvus d'âme."

Le Rav répondit : "Bien dit! J'irai même plus loin : aujourd'hui, nous ressemblons à des ossements desséchés. C'est exactement ce que Yé'hezkel perçut dans sa vision. Cependant, les os desséchés, que sont Israël aujourd'hui, valent mieux que les corps vivants des nations idolâtres. La prospérité que goûtent les idolâtres leur donne un semblant de vie, mais en fait ils ressemblent à des cadavres, à des statues d'or et d'argent.
Ils paraissent vivants à cause de l'or et de l'argent qui les recouvrent mais si l'on les regarde de l'intérieur, on s'aperçoit qu'ils sont morts, privés d'âme."

[Méam Loez - Introduction à Vayikra]

-> "N'oubliez jamais la grandeur de la prière.
Elle a le pouvoir de changer le cours de la nature, de sauver de tout dommage, et d'annuler les décrets difficiles."
[Rabbénou Bé'hayé - Ekev 11,13]

-> La prière annule non seulement les décrets difficiles, mais c'est aussi la source de toutes les bénédictions spirituelles et matérielles.
[Noam Elimélé'h - Tzetel Katan]

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-> Aujourd'hui avant la venue du machia'h, la principale forme de service [Divin] est la prière.
[rabbi 'Haïm Vittal - rapporté dans le Tzetel Katan du Noam Elimélé'h]

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-> "Les gens doivent savoir que la bataille principale contre le yétser ara se tient pendant la prière.
Car même si une personne étudie une grande quantité de Torah, réalise les mitsvot, et donne son temps et son argent aux pauvres, le yétser ara ne s'y opposera pas totalement, puisque de telles actions ne sont pas une véritable menace pour lui.

Cependant, lorsqu'un juif déverse son cœur en prières à Hachem, alors le yétser ara va l'attaquer sans cesse, perturbant ses pensées. En effet, de telles prières coupent l'essence même du yétser ara, et peuvent le vaincre, davantage que toutes les mitsvot."
[Maor vaChémech - Ki Tétsé]

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-> Une personne peut prier sans retenue pour devenir sage dans le service Divin, car aucune force Accusatrice ne peut se tenir face à de telles prières.
['Hozé de Lublin - Avné Zikaron 563]

-> Le rabbi 'Haïm Kanievsky, se basant sur le ‘Hazon Ich (Ora’h ‘Haïm 156) enseigne :
"Hachem nous donne la pleine liberté de choix de faire le bien ou le mal.
Cependant, tous les juifs étant responsables les uns des autres, ils sont considérés unis comme une seule personne.
Ainsi, lorsqu’un juif utilise son libre arbitre pour prier pour l’amélioration spirituelle d’un autre juif, sa prière peut avoir un effet sur la transformation spirituelle d’autrui, et cela n’est pas considérée comme venant du Ciel, puisqu’étant le résultat d’un choix libre d’un juif."

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-> Face au pouvoir extraordinaire de la prière, dans le cadre du libre arbitre, le yétser ara s'y oppose de toutes ses forces afin qu'on la néglige.

On peut citer par exemple :
1°/ Rav Bibi bar Abaye (guémara Béra'hot 6b) dit : "Que signifie l’expression : "kéroum zoulout aux gens ?"
Il répondit : "Ce sont les choses qui se tiennent au sommet du monde, mais que les gens traitent avec légèreté."
Rachi affirme à ce sujet : "Par exemple, la prière qui s’élève jusqu’au ciel."
[Le rav Moché Sternbuch dit que le fait que tant de personnes ont de si grandes difficultés à prier avec ferveur/concentration est la preuve de son importance.]

2°/ D'après la guémara (Béra’hot 32b) : "Nos Sages enseignent qu’il existe 4 domaines qui nécessitent d’être constamment renforcés, et il s’agit de : la Torah, les bonnes actions, la prière et le déré’h érets."
[si on ne se rappelle pas fréquemment la véritable importance de notre prière, alors on en vient inévitablement à la dévaloriser! ]