Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Bil'am dit à Balak : Construis-moi ici 7 autels et prépare-moi 7 taureaux et 7 béliers" (Balak 23,1)

Bil'am a demandé à Balak à 3 endroits de construire 7 autels, et d'y offrir à chaque fois : un taureau et un bélier.
Ainsi, un total de 42 offrandes a été apporté.

-> La guémara (Sotah 47a et Sanhédrin 105b) enseigne qu'une personne doit toujours s'investir dans la Torah et les mitsvot, même si c'est au début de façon intéressée (lo lichma) car cela deviendra par la suite désintéressée (lichma = uniquement parce telle est la volonté de D.).

Pour illustrer cela, la guémara affirme qu'en récompense des 42 offrandes que Balak a offert à Hachem (apportées d'une façon intéressée = en espérant par cela permettre ou faciliter les malédictions sur Israël), il a mérité que descendent de lui : Ruth, le roi David et ainsi que le machia'h.

-> Rav Mattisyahou Salomon explique que mettre en place des "carottes", avoir de la motivation reposant sur des désirs personnels, est une part essentiel afin de prendre sur nous le joug divin.
Cela va permettre de libérer et canaliser au maximum nos forces et notre potentialité.

-> Le Néfech ha'Haïm rapporte le Zohar, disant qu'un joug est ce qui permet aux animaux de tirer un poids le plus lourd possible, avec un minimum d'effort, de fatigue.
De même, à nos yeux, la Torah ne doit pas peser des tonnes (que c'est lourd! fatiguant!).

Nous devons trouver les moyens qui vont rendre notre accomplissement des mitsvot le plus joyeux, le plus agréable possible (dans le respect de la loi juive), nous permettant ainsi d'en réaliser le plus possible (sans ce rendre compte de ce surpoids).

D'un côté, nous devons avoir en tête que faire des mitsvot, c'est mieux que de ramener chez nous un sac lourd de diamants, et d'un autre côté, nous devons en permanence nous trouver des "carottes" personnelles qui vont être moteur dans notre service divin.

Le joug de D. ne doit pas nous écraser sur le poids, au contraire il doit nous rendre joyeux, fier, ...

-> "L’essentiel du plaisir et de la satisfaction que l'on procure à Hachem en prononçant les mots de Torah ou de prière, c’est quand cela est fait avec joie et plaisir. Au point que certains maîtres disaient des propos amusants avant l’étude pour réjouir les élèves, car il est dit : "Servez Hachem dans la joie". "
[Maor vaChemech]

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-> Au cours de l'histoire, 7 personnes ont érigé des autels à D. : Adam, Evel, Noa'h, Avraham, Its'hak, Yaakov et Moché.

Bil'am dit à D. : "Pourquoi ces [autels] T'ont-ils été agréables? N'est-ce pas parce que ces hommes T'ont servi? Ne vaut-il pas mieux que Tu sois servi par 70 nations que par un seul peuple?"

Cependant, D. ignore ses arguments et lui dit qu'à Ses yeux, ce n'est pas le nombre de sacrifices qui compte, mais la sincérité de celui qui les offre : les innombrables sacrifices que pourraient offrir les 70 nations sont insignifiants en comparaison du dévouement d'Israël pour la Torah.

[midrach Tan'houma]

"Que (מַה) sont agréables tes tentes (ohalé'ha) ô Yaakov, tes demeures (michkénoté'ha) ô Israël" (Balak 24,5)

-> Rachi : Parce qu’il a vu que les entrées [de leurs tentes] ne se faisaient pas face (pour des raisons de pudeur).
[Autre explication : ] Comme sont bons la "tente" de Chilo et le Temple pendant leur existence, parce qu’on y présente des offrandes destinées à leur expiation.

-> Le verset nous enseigne que les tentes d'Israël sont bonnes en raison du "ma" (מַה) : "Que suis-je?", qui fait allusion à la mida d'humilité.
En se comportant ainsi, le peuple juif a mérité de s'attacher ici-bas avec Hachem (michkénoté'ha).
[le Ben Ich 'Haï]

["Ma Tovou" (que sont agréables) : s'il y a l'humilité (ma?), alors on peut se connecter à Hachem et à sa Torah (il n'y a de véritablement bien (tov -> tovou) que la Torah)]

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-> Les "tentes" font référence aux lieux d'étude [de la Torah] ; les demeures font allusion aux Temples et aux synagogues, où le peuple prie à Hachem.
[Sforno]

Selon la guémara (Sanhedrin 105b), les "tentes" font allusion aux maisons d'étude.
[lieux où l'ont y apprend la Torah et les mitsvot, cela va rendre une personne tsadik et cela sanctifie le nom de D. ]

Nos Sages (guémara Ouktzin 3,13) enseignent que Hachem récompense chacun des tsadikim par 310 mondes.
Rabbi David Feinstein fait remarquer que la valeur numérique de : "Que sont agréables tes tentes ô Yaakov"(מַה-טֹּבוּ אֹהָלֶיךָ, יַעֲקֹב) est de : 310.

Selon le Yatsev Avraham, l'ordre du verset, nous enseigne qu'il est bien d'étudier la Torah avant de prier, car cela donne davantage de kavana et aide à ce que nos prières soient acceptées.

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-> La tente qui est temporaire représente le peuple juif dans le désert, se préparant pour entrer en terre d'Israël.
La demeure qui est permanente représente le peuple juif lorsqu'ils résideront en Israël, et seront alors à un niveau supérieur méritant d'être appelés : "Israël" (passage de : Yaakov -> à Israël).
[le Malbim]

-> Le nom "Yaakov" est à un niveau inférieur que le nom "Israël".
Si nous voulons être spirituellement à un niveau élevé, nous devons voir la Torah et la prière comme une belle demeure, et non comme une tente à l'écart de tout.
[adaptation d'un commentaire du rabbi Zevi Hirsch Friedman]

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-> "Qu'elles sont belles tes tentes, ô Yaakov! Tes demeures, ô Israël" (מַה טֹּבוּ אֹהָלֶיךָ יַעֲקֹב מִשְׁכְּנֹתֶיךָ יִשְׂרָאֵל - Kora'h 24,5)

Le verset est composé de 6 mots, lesquels correspondent aux 6 localisations successives des "tentes", dans le sens de "Sanctuaire" : Nov, Guivone, Guilgal, Chilo et les 2 premiers Temples. [Baal Hatourim]
Par ailleurs, il comporte 26 lettres en allusion au Tétragramme (יהוה) dont la valeur numérique est 26 et qui représente l’Attribut de Miséricorde d’Hachem.

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-> "Qu'elles sont belles tes tentes, ô Yaakov! Tes demeures, ô Israël"

La "tente" exprime l’idée d’une habitation provisoire, tandis que la "demeure" indique l’idée d’une habitation fixe.
D’un côté, le Peuple d’Israël se suffit de peu, dans la mesure où il sait que ce Monde n’est que provisoire (la "tente").
D’un autre côté, le peuple juif est un Peuple de Sages qui, par le mérite de l’Etude et de la Prière, rendent leurs vies saintes, à tel point que leurs maisons deviennent comme de "petits Sanctuaires", où la Présence divine repose de manière fixe (la "demeure").
[le feuillet de la communauté Sarcelles - Balak 5781]

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+ "Tes tentes" :

-> Rabbi David Feinstein enseigne que les lettres du mot : tes tentes (אֹהָלֶיךָ) permettent de former : Ton D. (Elohékha - אלהיך).
En allant étudier la Torah (dans tes tentes), tu y trouveras Hachem, source de bénédictions, te liant toujours plus avec Lui.

Par ailleurs, la façon élevée avec laquelle se comportent les étudiants en Torah, permet de glorifier Hachem (qu'il sont grands ces personnes, et combien est grand leur D.)

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-> Il y a une utilisation à la forme plurielle de : "ohalé'ha (tes tentes - אֹהָלֶיךָ), car Yaakov a résidé dans une tente terrestre et dans une tente céleste sur le Trône de Gloire (de Hachem).
[Baal haTourim]

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-> Le rabbi de Belz enseigne l'idée suivante :
Rachi (Béréchit 4,20) explique la notion de tentes comme étant mobiles (un berger allait planter sa tente ailleurs en fonction des pâturages), à l'opposé d'une maison/demeure qui est fixe.

La guémara (Méguila 29a) dit que dans le futur tous les lieux d'étude et synagogue en dehors d'Israël vont être déplacés jusqu'à Jérusalem.
=> Ceci explique l'utilisation du terme : "tes tentes", car ils ne sont pas installés durablement.

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-> Il est écrit : "Yaakov se construisit une maison, et pour son bétail, il fit des cabanes (Souccot)" (Vayichla'h 33,17)

En ce qui concerne ce monde, qui est celui de la matérialité (son bétail), Yaakov va faire une structure temporaire, car c'est secondaire dans sa vie.
On a ainsi d'abord : "Tes tentes ô Yaakov", faisant référence à l'ordre des priorités de Yaakov dans ce verset.

Par contre, en ce qui concerne le monde à venir (pour lui = sa néchama), il va bâtir une structure solide et permanente, qui demande de s'investir de toutes ses forces pendant longtemps. C'est de la plus haute importance!
On a ainsi d'abord : "Tes demeures ô Israël".
Les lettres du mot : Israël (יִשְׂרָאֵל) permettent de former : yachar El (ישר אל - directement vers Hachem).

[Pné David]

[Nous sommes de passage sur terre dans des tentes éphémères, afin de construire de notre mieux notre maison éternelle, en orientant chacune de nos actions vers Hachem (yachar El).

Par ailleurs, on peut noter qu'en reliant ensemble les tentes et les demeures, cela nous enseigne que même en exil, même de passage dans ce monde éphémère, nous devons trouver cela aussi agréable que d'être dans une demeure.
En effet, c'est la condition pour avoir la tranquillité d'esprit nécessaire pour pouvoir prier et étudier pleinement.
Certes, tout ne va peut être pas comme je le voudrais, mais pourquoi me prendre la tête puisque ce n'est que temporaire. Le fait de déjà penser à notre magnifique demeure future, nous aide à être moins focaliser sur notre tente actuelle.]

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-> "Quelles sont belles tes tentes, Yaakov! Tes demeures, Israël!"

Selon le rav Moché Sternbuch (Taam vaDaat), cette annonce formulée par Bil'am invite les Bné Israël à ancrer dans leur cœur la conscience du caractère éphémère de ce bas monde.
En effet, la "tente" symbolise la précarité : on n'y réside généralement pas de manière permanente, elle n'est qu'un palliatif pour remédier à un problème d'habitation passager.

Ainsi, Bil'am déclare que le peuple juif doit savoir que ce monde-ci est éphémère, et qu'il n'est qu'un vestibule conduisant à notre existence future.
Le prophète souligne ainsi que "ces tentes sont belles" = c'est-à-dire que ce sentiment de précarité doit nous accompagner durant toute notre vie.
[le caractère éphémère de ce monde nous rappelle que notre vie est très courte, que notre mort arrive. Cela génère une grande humilité, responsabilité (le yétser ara ma vie est courte je n'ai malheureusement pas de temps à te consacrer!), ...]

De plus, ce conseil s'adresse à tout un chacun, puisque l’appellation "Yaakov" désigne même les gens du peuple, évoluant à un niveau spirituel ordinaire.
Quant aux hommes d'envergure morale supérieure, ils sont nommés "Israël". Pour leur part, il ne leur suffit pas de ressentir le caractère éphémère de ce monde : encore doivent-ils sanctifier toute leur existence terrestre "tes demeures, Israël" : afin de transformer leurs habitations en des Sanctuaires.

-> En ce sens le 'Hafets 'Haïm a répondu à un riche étonné devant la sobriété de sa maison : "Dans ce bas monde, je me considère comme un voyageur qui ne fait que passer. Ma véritable résidence se trouve dans le monde futur, là où je compte m'installer.
C'est la raison pour laquelle je n'ai pas jugé utile de meubler richement ma maison.
Ici-bas, dans le vestibule de mon existence, je concentre tous mes efforts pour accroître et embellir ma récompense éternelle par mon service du Créateur, afin de pénétrer dignement dans la Salle principale que constitue le monde futur."

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-> On a vu que dans notre verset, on parle des lieux d'étude de la Torah et des lieux de prières (synagogues), on a le verset suivant qui commence par : "Comme des rivières elles se déploient".
=> Quel est le lien entre les 2?

La guémara (Baba Kama 17a) dit que l'eau est une référence à la Torah.
De même qu'une rivière peut purifier une personne d'un état d'impureté (touma) à celui de pureté (tahara), de même pour ces lieux, qui ont un véritable pouvoir d'élévation vers la pureté.
[Béér Moché]

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+ "Combien sont belles tes tentes, Yaacov" (Balak 24,5)

-> Rachi explique que Bilam a prononcé cette bénédiction quand il a vu que les ouvertures des portes (des tentes) n’étaient pas orientées les unes face aux autres (de sorte que d’une tente on ne voyait pas ce qui se passait dans les autres, cela est une mesure de pudeur et de discrétion).

-> Le rabbi Baroukh de Méziboz explique cela d'une façon allusive.
Nos Sages (midrach Chir haChirim rabba 5,6) enseignent que celui qui ouvre une petite "porte" dans son cœur (même : "de la taille d’un chas d’une aiguille"!), pour le service de D., alors Hachem lui ouvrira une "porte" grande comme celle d'un palais.
Ainsi, les "portes" ne sont pas orientées l’une face à l’autre, car la "porte" qu’Hachem exige de l’homme est très petite, et celle qu’Il ouvre en réaction est très grande.
=> Quand Bilam a vu cet immense Amour d’Hachem pour Israël, Il a compris qu’il ne pouvait pas les maudire.

["Combien sont belles tes tentes" =
- d'un côté = avec sincérité, nous faisons une ouverture minuscule à notre "tente" ;
- et de l'autre côté = Hachem nous donne tellement en retour, que d'une façon très imagée c'est comme la différence de taille entre le chas d'une aiguille, et l'immensité d'une entrée d'un palais.
=> Hachem nous aime tellement que pour chaque millimètre que nous faisons vers Lui, nous sommes comblés d'énormes bénédictions.
A la vision de cette réalité, Bilam a compris qu'il ne pouvait rien nous faire!]

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-> "Qu’elles sont bonnes tes tentes, Yaakov, tes demeures, Israël" (Balak 24,5)

Les Sages (guémara Sanhédrin 105b) ont dit : Des bénédictions de ce racha tu apprends ce qu’il avait dans le cœur, il voulait dire qu’il n’y ait pas de synagogues et de maisons d’étude, qu’elles sont bonnes tes tentes, Yaakov ...
Rav Abba bar Kahana a dit : toutes sont redevenues des malédictions, sauf les synagogues et les maisons d’étude.

=> Quelle est la différence entre cette bénédiction et les autres bénédictions, pour que toutes soient redevenues des malédictions et pas celle-ci?
Pourquoi ses bénédictions ont-elles été écrites dans la Torah, alors qu’elles n’ont aucune utilité?

Le rav David Pinto (Pa'had David) explique :
C’est parce que Bil'am le racha, malgré toute sa méchanceté et sa puissante haine envers Israël, quand il a vu les tribus camper autour du Michkan, l’endroit qui les reliait à leur Père du Ciel, et qu’il a regardé comment le peuple d’Israël oubliait la vie de ce monde-ci pour se consacrer entièrement au but de la vie, la vie éternelle, en se tuant dans la tente de la Torah, s’est émerveillé et considérablement ému, au point que son cœur s’est abaissé et s’est brisé en lui, et qu’il n’a pas eu honte de reconnaître "qu’elles sont bonnes tes tentes, Yaakov".
C’est pourquoi comme il avait sincèrement l’intention de dire ce qu’il a dit, cette bénédiction a été écrite dans la Torah.

Et si de loin, quand il a vu les tentes de la Torah, il s’est ému au point que son cœur fonde en lui et qu’il ait béni les bné Israël, au point de se souhaiter à lui-même "que mon âme meure de la mort des justes, et que ma fin ressemble à la leur" (Balak 23,10), il est évident que s’il s’était approché d’un endroit de Torah et s’était assis avec le peuple d’Israël, il aurait été ému jusqu’au plus profond de son âme et serait devenu un autre homme.
Mais l’amour de ce monde-ci qui était en lui l’a empêché de faire ce petit pas, et il a détruit son monde de ses propres mains.
[...]
La raison pour laquelle les autres bénédictions ont aussi été écrites dans la Torah, qui ne contient rien de superflu et dont chaque lettre contient des mystères, est de ne pas fermer devant lui les portes du repentir.
S’il s’était repenti, toutes ses bénédictions se seraient réalisées.
Et de ce passage, nous pouvons apprendre combien nous devons nous rapprocher d’un endroit de Torah et nous attacher à lui pour profiter de la lumière de la Torah. [si même sur Bil'am le racha elle a eu un effet!]
Alors, cette lumière finira par pénétrer jusqu’au plus profond de nous et nous caressera le cœur.

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-> "Qu’elles sont belles tes tentes, ô Yaakov, tes demeures, ô Israël!" (Balak 24,5)

-> Le rav David Pinto (la voie à suivre n°1193) enseigne :
Dans son ouvrage Or Torah, le Maguid de Mézéritch écrit que les portes des tentes des enfants d’Israël sont une allusion aux paroles de Torah émanant de leur bouche, comme dans le verset "Surveille les portes de ta bouche" (Mikha 7,5).
Lorsque Bilam constata que les Bné Israël débattaient de Torah, non pas afin de se contredire et de s’attaquer les uns les autres, mais par amour mutuel et désir de parvenir à la vérité, il comprit pourquoi ils avaient droit à la résidence de la Présence divine parmi eux, leur intention étant d’amplifier l’honneur de la Torah. Il réalisa que les paroles émises de leurs bouches n’avaient pas pour but la démonstration de leur grandeur, mais étaient désintéressées, visaient avant tout à appréhender pleinement la volonté divine.

Rabbi Yonathan Eibechitz explique qu’à ce moment, Bilam comprit que la Torah étudiée par les enfants d’Israël n’était pas uniquement importante pour eux, mais également pour le monde entier, dont elle assure le maintien. Par conséquent, même les nations du monde en dépendent. Ainsi, les bénit-il en disant : "Qu’elles sont belles tes tentes", en référence aux maisons d’étude, soutenant l’ensemble des mondes.

Hachem désirait que nous aussi en prenions conscience, pour que cela ait sur nous un effet bénéfique, de même que Bil'am en vint à nous bénir en le réalisant. C’est pourquoi Il mentionna dans la Torah tout cet épisode, qui aboutit à la bénédiction de Bilam.

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-> "Il vit Israël qui résidait selon ses tribus" (Balak 24,2)

Rachi explique que Bilaam remarqua que les portes de leurs tentes n’étaient pas orientées les unes face aux autres, pour ne pas risquer de regarder dans la tente de l’autre. Alors Bilaam comprit qu’il ne pourrait pas nuire au peuple juif.
=> Mais qu’y a-t-il de si extraordinaire dans cet acte de ne pas orienter les ouvertures des tentes face à face.

-> De façon générale, l’homme cherche à cacher ses biens pour ne pas que les autres puissent regarder ce qui lui appartient et en concevoir de la jalousie car cela risquerait de lui causer des dommages.
Mais Bilaam remarqua que la raison pour laquelle les juifs ne placent pas les tentes face à face, c’est pour ne pas risquer de regarder dans la tente de son prochain. Ce qui les inquiétait encore plus que d’être endommagé par le regard de l’autre, c’est de soi-même être celui qui endommagerait autrui par son propre regard. Et effectivement, cela est bien une attitude d’une noblesse énorme. Chaque juif éloignait sa tente de celle de son prochain pour ne pas risquer de regarder involontairement chez lui et en concevoir une certaine jalousie qui risquerait de lui causer du tort.

Cette leçon est fondamentale dans toutes les relations humaines. La racine de tous les conflits provient du fait que chacun cherche à satisfaire ses intérêts, et quand les intérêts s’opposent, alors naissent les conflits. Mais la Torah demande à l’homme de chercher à combler les intérêts de son prochain avant même les siens.
Il convient particulièrement d’adopter cette conduite dans son couple. Une vie basée sur ce principe est remplie d’harmonie et de bénédictions. En voyant une telle noblesse, Bilaam comprit qu’il ne pourra pas nuire à Israël.
[rav Mikaël Mouyal]

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+ La paix du foyer :

-> Le rav Yaakov Israël Pozen (Adéraba) écrit :
Beaucoup payeraient cher pour savoir quelles sont les bases de la paix, et quelles sont les conditions pour vivre en paix, en particulier au sein du foyer. Il ne fait aucun doute qu'en première place vient le fait de savoir se retenir de répliquer en cas de conflit, savoir se taire, et retenir les mots acerbes qu'on a sur le bout de la langue.

On voit une allusion à cela dans la bénédiction de Bilam (Balak 24,5) : "Qu'elles sont belles tes tentes, ô Yaakov, tes demeures, ô Israël".
Rachi explique : "il a vu que les ouvertures n'étaient pas orientées les unes en face des autres".

L'ouverture, c'est aussi la bouche : "les ouvertures n'étaient pas orientées", c'est-à-dire que les bouches ne s'ouvraient pas pour parler contre les autres. Ils savaient retenir les paroles inutiles et pardonner en cas de désaccord ou d'altercation. C'est le secret de la bénédiction de Yaakov.

Sainteté – Garder nos yeux (1ere partie)

+ Sainteté - Garder nos yeux (1ere partie) :

-> "Nous avons une tradition selon laquelle le yétser ara ne peut influencer que ce que les yeux d'une personne regardent" [Rava - guémara Sotah 8a]

-> Ne vous égarez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux qui vous entraînent à l'infidélité." (Chéla'h Lé'ha 15,39)
Rachi commente : Le cœur et les yeux sont les explorateurs du corps et ils se font ses courtiers pour les péchés : l’œil voit, le cœur désire et le corps les commet.

[c'est notre regard sur la vie qui va nous pousser à fauter. En effet, si à l'image du roi David nous avions toujours D. en face de nous (shiviti Hachem lénegdi tamid - Téhilim 16,8), alors nous ne fauterions jamais!
Le rav Mordé'haï Gifter affirme : "Ce que tu vois est très dépendant de la direction vers laquelle est tournée ton cœur".]

-> En ce sens, le Chem miChmouel (Lé'h Lé'ha) enseigne que là où se trouve l'esprit d'une personne, c'est là où elle se trouve. En effet, la totalité de notre être va être attiré vers ses pensées.

[on regarde la réalité de la vie en fonction de notre esprit.
Si l'on veut voir du positif ou du négatif, on trouvera toujours matière à alimenter un tel regard.
De même, une personne qui voudra avoir des visions interdites pourra toujours trouver de bonnes raisons justifiant son désir de les voir.]

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-> "Une personne a 248 membres dans son corps, et tous suivent les yeux"
[midrach Chir haChirim rabba 4]

-> "Qu'est-ce qu'un homme?
Il est ce qu'il voit."
['Hafets 'Haïm - rapporté par le rav Yaakov Galinsky]

-> Le machia'h aura des yeux magnifiques car il n'aura jamais rien vu d'incorrect.
[Targoum Yonathan ben Ouziel - Béréchit 49,12]

Le rav Moché Shmouel Shapiro note que de toute évidence, ce qu'un juif voit l'affecte même physiquement.
Il cite l'exemple de Yaakov qui n'a été rassuré sur son fils Yossef, qu'une fois qu'il a pu observer sa totale sainteté dans ses yeux physiques, témoignant qu'il avait surmonté l'épreuve.
["maintenant, je puis mourir après avoir vu ton visage" (Vayigach 46,30)]

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-> "Dignes d'éloges sont ceux qui ... ferment leurs yeux afin de ne pas profiter d'une sujet de faute dans ce monde. En effet, grâce à cela, ils vont mériter d'accueillir la Présence Divine [dans le monde à Venir]."
['Hafets 'Haïm - Ma'hané Israël - chap.12]

-> "Tandis que les autres [hommes] regardent [les femmes] et que lui ne le fait pas, il mérite [de recevoir] les grandes bontés qui sont entreposées de côté, comme il est écrit : "qu’elle est grande Ta bonté, que Tu tiens en réserve pour Tes adorateurs, que Tu témoignes à ceux qui ont foi en Toi" (Téhilim 31,20).
Ses yeux seront alors rassasié de la splendeur de la Présence Divine, [comme il est écrit : ] "Tes yeux contempleront le Roi dans Sa beauté" (Yéchayahou 33,17)"
[Séfer 'Hassidim - siman 9]

-> Celui qui fait attention à ne pas regarder une vision interdite, méritera de voir le rayonnement lumineux de la Torah.
[midrach Etamar p.317]

-> "Lorsque quelqu'un est poussé dans une épreuve [par le yétser ara a avoir une mauvaise vision,] et qu'il reste malgré tout solide, ne regardant pas ce qui est interdit, alors à ce moment la présence Divine est proche de lui, prête à le bénir et à accepter sa demande."
[rav Its'hak Zilberstein, citant le Shomer Emounim (Séfer Kédouchat ha'Haïm)]

-> "Celui qui garde l'alliance des yeux aura une subsistance abondante.
[rav 'Haïm Palaji - Tochachat 'Haïm, rapporté dans le Nétivot haHalakha p.329]

A l'inverse, le Beit Avraham (Nétivot haHalakha p.315) affirme que celui qui ressent un plaisir au regard de visions interdites, aura sa subsistance proportionnellement réduite.

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-> "Saches que les yeux ont un pouvoir d'influencer les choses pour le bien ou pour le mal ...
C'est ainsi que Hachem a averti le peuple juif de ne même pas regarder les idoles, car en faisant cela on nourrit le yétser ara, qui en tire des forces ..."
[rabbi Ména'hem Recanati]

-> Le rav 'Haïm Chmoulévitch enseigne que nous nous lions à ce que nous voyons, et il rapporte que rabbi Yéhouda haNasssi affirmait qu'il était supérieur à ses camarades car il avait pu voir rabbi Méir, quoique seulement de l'arrière/dos.
De même, la guémara Yérouchalmi rapporte que rabbi Yo'hanan et Reich Lakich ont dit qu'ils ont mérité de comprendre la Torah uniquement parce qu'ils ont pu voir une seule fois les doigts de rabbi Yéhouda haNassi.

Rav 'Haïm Chmoulévitch suggère à celui qui veut se débarrasser des dommages qu'il a causé en ayant pu regarder des choses interdites, de s'efforcer à regarder des personnes qui sont saintes (kadoch), et grâce à cela elle va acquérir de la sainteté.

=> Il en résulte qu'une vision n'est pas anodine, et nous influence positivement ou négativement.
A nous de prendre soin de ce pouvoir énorme que D. nous a confié.

L’importance de la sainteté – Garder nos yeux (2e partie)

+ L'importance de la sainteté - Garder nos yeux (2e partie) :

-> Par le mérite de celui qui préserve sa sainteté, un bouclier protecteur est créé [afin de protéger le peuple juif], si puissant qu'aucune force ennemie ne peut le casser.
[Zohar - Béréchit 66b]

-> Le Shomer Emounim (Séfer Taharat haKodech - maamar Chmirat Enayim chap.5) ajoute que garder ses yeux a une influence énorme sur le monde, pas uniquement matériellement, mais également spirituellement.
Il écrit que par le mérite d'un seul acte de protéger ses yeux, des centaines de personnes auront la capacité de surmonter les tentations liées à la sainteté.

[le Shomer Emounim développe l'idée qu'après notre mort, on nous montrera les milliers de personnes que nous avons sauvé de la mort physique, que nous avons permis d'éviter de fauter, ... grâce à notre attitude de protéger nos yeux.
Dans ce monde, nous n'en avons pas conscience (libre arbitre oblige), mais l'impact est phénoménal!
=> Combien cela nous sera précieux pour avoir un bon jugement pour notre éternité!]

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-> "Celui qui ferme les yeux pour ne pas se complaire au mal, celui-là habitera dans les hauteurs" (Yéchayahou 33,15-16)

Selon le Shomer Emounim (Séfer Taharat haKodech - maamar Chmirat Enayim chap.2), cela signifie que dans le futur, le lieu de résidence pour l'éternité de celui qui a préservé ses yeux, ne sera pas parmi les gens simples, mais plutôt parmi les tsadikim et les saints de la terre.

-> Le rav Moché Shmouel Shapiro, citant le rav Boruch Ber Leibowitz, dit : un élève de yéchiva qui reste fort [en gardant ses yeux] et qui continue à étudier la Torah, est sans aucun doute considéré par Hachem comme rabbi Akiva Eiger dans sa génération.

[le rav Leibowitz a vécu au début du 20e siècle, sans la présence d'internet, des smartphones, des habits féminins plus "sexy", ... => de nos jours où les épreuves/tentations pour rester kadoch sont encore plus nombreuses, certes cela est difficile, c'est un défi permanent, mais cela témoigne que nous sommes portés en très très haute estime par Hachem.

Le rav Asher Arieli affirme qu'à notre génération, celui qui fait tout pour rester fort dans la sainteté (kédoucha), son niveau et sa proximité avec D. sont élevés au-delà de l'imaginable.]

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-> Selon le rav Eliyahou Lopian, puisque nous sommes la génération qui accueillera le machia'h, c'est les derniers instants de bataille, et les forces du mal rassemblent ainsi toutes leurs forces pour nous éloigner de Hachem.
Ceci explique qu'il n'a jamais été si facile de tomber dans l'impureté, que de nos jours.

En ce sens, le rav Shimshon Pinkous a appelé internet : "la bombe atomique des forces du mal" (appuyer sur un simple bouton suffit à faire en nous des dégâts spirituels considérables!)

=> Plutôt que d'être déprimé par ses attaques visant notre sainteté, nous devons nous renforcer en affirmant sans cesse que c'est un signe évident de l'arrivée imminente du machia'h.
En effet, sinon pourquoi les forces du mal auraient-elles tant de moyens de nos jours, par rapport au passé.
==> Ainsi, comment puis-je me souiller alors que la fin est si proche!

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-> Le rav Tsadok haCohen (Pri Tsadik - Kédochim 12) enseigne :
"Les âmes les plus précieuses se trouvent particulièrement dans les endroits les plus sales, comme le Zohar (vol.II,184a) nous l'apprend : "la lumière la plus lumineuse est celle qui brille dans l'obscurité ... Au final, il sera révélé que toutes les âmes d'Israël, Ta nation, sont des tsadikim [cf. "Ton peuple : tous sont tsadikim" (Yéchayahou 60,21)] ... même quelqu'un qui a fauté dans ce sujet [de la sainteté].

C'est parce qu'en réalité notre désir est de faire Ta volonté, mais "la levure dans la pâte" (le yétser ara) nous en empêche ...
Grâce à la téchouva tout peut être réparé ... et davantage de lumière peut briller du milieu des ténèbres."

=> Lorsque nous tombons dans la faute, au lieu de désespérer (je ne vaux rien! je suis nul), il faut avoir conscience que : "Les âmes les plus précieuses se trouvent particulièrement dans les endroits les plus sales".
[ce n'est pas parce qu'actuellement je suis sale (sans l'avoir fait exprès!) que je ne vaux rien, au contraire!]
De plus, en faisant téchouva, nous avons la possibilité d'allumer dans l'obscurité de ce monde/notre vie, une lumière d'une intensité très élevée.

-> "Même une personne qui faute durant toute sa vie, elle peut quand même être considérée comme un tsadik, tant qu'elle n'abandonne jamais et qu'elle continue à se battre [pour vaincre son yétser ara]."
[Séfer Ménou'ha véKédoucha - écrit par un élève du rav 'Haïm de Volozhin]

-> "Rien ne peut s'opposer à la téchouva.
Même si quelqu'un a pu commettre toutes les fautes du monde, il pourra faire téchouva sur chacune d'elles"
[Chla haKadoch - Roch Hachana - Dérékh 'Haïm To'ha'hat Moussar 114]

[Précision: une personne qui faute volontairement, pensant qu'elle pourra ensuite faire téchouva, il lui sera alors extrêmement difficile de le faire car ce qui l'a poussé à fauter est cette capacité à se faire pardonner]

L’importance de la sainteté (3e partie)

+ L'importance de la sainteté (3e partie) :

-> "Une simple [mauvaise] pensée laisse une marque et va souiller l'âme d'une personne au point où elle a besoin d'être punie au Guéhinam (Enfer) afin d'être purifiée [de cette faute]"
[rav Eliyahou Lopian - Lev Eliyahou - Shevivé Lev 21]

[à propos d'une pensée, on a malheureusement tendance à se dire : "Ce n'est pas si grave! c'est rien du tout!"]

-> Le Shomer Emounim (Séfer Taharat haKodech - Pgam haEnayim chap.1) écrit : "Chaque fois qu'on regarde de façon interdite une femme, nous réalisons une faute ... et [à chaque fois] un ange du Mal est créé".

[tant que l'on ne fait pas téchouva dessus, ces anges Accusateurs créés vont tout faire pour empêcher les bénédictions de venir sur nous, et au contraire nous attirer de mauvaises choses!]

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-> Le Choul'han Aroukh (Even haEzer 21,1) statue : "Une personne doit beaucoup beaucoup s'éloigner des femmes [qui lui sont interdites]."

Le Bach commente que l'on doit se protéger et mettre en place des barrières protectrices pour cette faute plus que pour toute autre, car par nature, un homme peut en venir à la désirer ardemment, plus que toute autre faute.

[Le Gaon de Vilna (Chir haChirim 2) dit qu'avec la diminution continuelle du niveau des générations (l'influence non-juive étant plus importante), de nouvelles protections sont nécessaires pour fermer les brèches"]

Le Beit Chmouël écrit qu'une personne habituée à cette faute aura davantage de difficulté à s'en séparer, plus que toute autre faute (d'où la nécessité de s'en éloigner plus que de toute autre faute).

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-> Le roi Salomon, dans son dernier verset de Kohélét (12,14) écrit : "Toutes les actions, D. les appellera devant Son tribunal, même celles qui sont entièrement cachées, qu'elles soient bonnes ou mauvaises."

Le Targoum commente :
"A la fin, toutes les choses réalisées en privé dans ce monde sont destinées à être rendues public, et révélées à l'ensemble de l'humanité!
C'est pourquoi, crains les paroles de Hachem et observes Ses mitsvot, ne fautes pas en secret ... car Hachem amènera chaque acte au jour du Grand Jugement, et Il rendra public ce qui est [initialement] caché des gens, que ce soit bon ou du mauvais."

[ainsi, lorsque notre yétser ara nous propose de fauter par la pensée en cachette, n'oublions pas de se rappeler qu'au final la terre entière sera au courant. Nous serons alors couvert de honte, et devrons payer très cher le prix d'avoir fauté, oubliant que rien n'échappe à D. ]

-> Le rav Shlomo Zalman Auerbach dit : "Mon père m'a enseigné qu'à chaque acte que nous faisons, nous devons nous imaginer qu'il est photographié/filmé par le Ciel [à la fois l'acte, et les pensées!].
Toute ma vie, j'ai peiné pour ressentir que des photos sont constamment prises sur toute chose."

[la vidéo/photo de toute notre vie sera rendu public, et nous restera associée éternellement.
Si un géant en Torah a passé sa vie à travailler pour prendre conscience en détail d'une telle réalité, c'est que nous avons tous besoin d'en faire autant!]

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-> "A chaque fois qu’une personne se prive d’un plaisir interdit de ce monde, afin d’être fidèle à la volonté de D. ; [il en résultera que plus tard,] au cours de sa vie, elle recevra un plaisir [d’intensité] similaire qui lui sera permis."
[le Steïpler – Karyana déIgarta – vol.I, lettre 15]

=> En terme de sainteté, on ne perd jamais à renoncer à une mauvaise vision, une mauvaise pensée, ...

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-> "Celui qui essaie de préserver la pureté de sa pensée, et qui retire les mauvaises pensées, a essentiellement purifié le Kodech haKodachim (le Saint des Saints).

[selon le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm), le corps de tout juif est similaire au Temple, et son cerveau est comme le Saint des Saints de ce Temple.
(ainsi lorsque nous avons une pensée interdite, c'est comme si nous avons commis une faute dans le lieu le plus saint du Temple!)]

Il a réalisé le même acte qu'on pu faire les 'Hachmonaïm dans le Temple [au moment de 'Hanoucca après que les romains l'avaient intégralement souillé]"

[rav Shimshon David Pinkous]

-> A la lumière de cela, nous pouvons comprendre l'affirmation de nos Sages : "Des pensées de faute sont pires que la faute elle-même" (guémara Yoma 29a)

=> Nous devons être particulièrement vigilants à garder la pureté de l'endroit le plus saint de notre corps.
En effet, il est plus grave d'y introduire des impuretés/saletés qu'ailleurs.

-> Le Sfat Emet explique que les mauvaises pensées entraînent davantage de dommages à l'âme, que de mauvais actes.
Par ailleurs, il est plus difficile d'arrêter d'agir ainsi, et de les rectifier (par exemple : on a tendance à les considérer à la légère : ce n'est que des pensées, ça arrive à tout le monde, et ce n'est pas comme si j'avais mal agi!).

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-> Dans ce qui est relatif aux plaisirs interdits liés à la kédoucha, plus on s'y investit, plus on a davantage de désir d'en réaliser de nouveau.
[le Bach - Even haEzer 21,1]

-> "Il y a un petit d'organe chez l'homme, lorsqu'on l'affame il est rassasié, et lorsqu'on le rassasie il est affamé"
[guémara Soucca 52b ; Sanhédrin 107a]

=> Il en découle qu'on est alors perpétuellement dans un état de manque, de frustration de ne pouvoir totalement assouvir nos désirs.
Ainsi, c'est se refuser d'apprécier toute chose que l'on peut déjà avoir, car étant toujours à la recherche d'une nouvelle dose.

-> "Les juifs servent l'idolâtrie uniquement afin de pouvoir se permettre publiquement ce qui est lié aux relations sexuelles interdites (arayot)."
[guémara Sanhédrin 63b]

[l'homme a tendance à se créer son dieu personnel, qui va lui permettre d'accomplir ses envies, voir même de les justifier comme étant des mitsvot!]

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-> "Même si quelqu'un a échoué à de nombreuses reprises [à préserver sa sainteté], s'il continue à se battre et qu'il réussit plusieurs fois, alors ses victoires sur son redoutable yétser ara vont brûler en lui et entraîner le déversement d'une Lumière de sainteté pas uniquement sur lui-même, mais également sur tous les Mondes.
Une grande partie des dommages qu'il a pu occasionner avec ses fautes sont alors réparée.

Il est impossible d'estimer l'énorme niveau de sainteté de celui qui a conquis ses désirs dans le feu de la force du yétser ara ...
De même que la transgression est terrible, de même le mérite qu'il gagne [en dominant sa tentation] est impressionnant."

[Steïpler - Karyana déIgarta - lettre 12]

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-> "A celui qui domine son yétser ara dans le domaine lié aux relations sexuelles interdites (arayot), il est accordé un faisceau de lumière qui brille sur sa tête : une lumière qui était réellement visible à l'époque de nos Sages.

Réalisez également que celui surmonte son yétser ara, spécialement de nos jours, en l'honneur de Hachem, méritera sans aucun doute un niveau très élevé dans le monde à venir ... et il méritera même dans ce monde, que lui et ses enfants soient parmi les puissants du peuple juif, accomplissant toujours ce qu'il est juste et correct."

['Hafets 'Haïm - Nid'hé Israël - chap.23]

=> Mon attitude m'impacte positivement, ainsi que tous mes descendants, ainsi que le monde entier.
[on peut y ajouter nos ancêtres qui reçoivent indirectement nos mérites.]

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-> "Les portes de la sagesse en Torah sont fermées devant le fauteur." (Zohar III,1123 ; Ohr ha'Haïm Dévarim 12,28).

Le rav Shmouël Wosner (Shéelot ouTéchouvot Shévét haLévi IV,160) commente qu'à l'image du feu et de l'eau qui ne peuvent pas co-exister dans un même récipient, de même il est impossible pour un juif d'avoir 2 désirs contraires dans son cœur.

[laisser ses yeux désirer des visions interdites, avoir de mauvaises pensées, ... c'est faire partir nos désirs de grandir en Torah/spiritualité. D'une certaine façon, c'est se dévêtir de son habit de juif, pour celui d'animal (qui est au service de ses pulsions physiques).]

-> Le rav Yérou'ham Lévovitz (Daat 'Hokhmat ouMoussar vol.II) écrit : "La Torah provient du Ciel, son existence est infiniment sainte, c'est la pureté ultime.
Toute personne qui souhaite s'en approcher doit se revêtir du maximum de sa sainteté personnelle, car sinon, il est impossible d'étudier la Torah, puisque sinon elle le quitte immédiatement."

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+ Quelques exemples :

+++ 1°/ Yossef :

-> Yossef était tellement beau que les femmes égyptiennes montaient sur les murs afin de pouvoir y jeter un coup d’œil sur sa beauté lorsqu’il passait.
[celles qui épluchaient des légumes, se coupaient des doigts tellement elles étaient hypnotisées par sa beauté incroyable.
Les femmes égyptiennes lui envoyaient aussi des cadeaux/bijoux afin d’attirer son attention sur elles]

Mais le vertueux Yossef en détournait ses yeux, refusant d’y poser son regard.
[midrach Béréchit rabba 98,1]

Le midrach (Yalkout Chimoni Béréchit 49,161) ajoute : "il a ainsi mérité les 2 mondes (celui-ci et celui à Venir)."

[de même, il a fui avec la femme de Potiphar, ne prenant pas le risque de rester une seconde de plus, car lorsque les yeux voient ... ]

-> La guémara (Sotah 36b) rapporte qu'au moment où la femme de Potiphar s'est approchée de lui pour lui attraper son vêtement (et le pousser à la faute), Yossef a vu une représentation de son père par la fenêtre.

Le 'Hatam Sofer (Béréchit 18,1) explique que : "même si un juif a énormément fauté, il ne sera jamais rejeté, car il prend racine dans la sainteté".

=> Ainsi, l'épisode de Yossef, nous renvoie au fait que tout juif a pour ancêtres les Patriarches, dont les mérites nous protègent et font que nous serons toujours aimés, importants aux yeux de D.
Et cela, en plus d'avoir en nous une partie Divine (l'âme), qui ne nous quitte pas et qui reste intrinsèquement toujours pure.

-> "Le 1er prérequis [pour le service Divin] est qu'une personne connaisse sa propre valeur, qu'elle réalise ses qualités, de même que ceux de ses ancêtres : leur grandeur, leur importance et leur affection aux yeux du Créateur"
[Rabbénou Yona - Chaaré Téchouva - début du chaar haavoda]

=> Plus nous avons en tête notre grandeur, plus nous avons conscience que Avraham, Its'hak et Yaakov nous regardent à chaque instant en souhaitant le meilleur pour nous, en tant que leur descendant, plus nous souhaitons sincèrement marcher dans leurs pas, en agissant de la manière la plus élevée, kadoch, en fonction de nos capacités propres.

Nous devons observer que : nous faisons partie de la lignée la plus prestigieuse du monde (Patriarches + nous sommes juifs!), nous possédons une âme provenant de l'intériorité de D. (et nous de l'extériorité comme chez les autres nations), ... et cela doit nous conduire à voir les fautes avec davantage de mépris.
[comment quelqu'un d'aussi élevé que moi, peut-il s'abaisser si bas!]

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+++ 2°/ Rabbi Akiva :

-> Lorsque rabbi Akiva est parti en exil, le monarque lui a envoyé 2 femmes exceptionnellement belles, et il les a paré comme des mariées, afin de pousser à la faute rabbi Akiva.

Pendant toute la nuit, elles ont essayé de l'amener à fauter.
L'une et l'autre lui disant : "Viens me voir!", il s'est assis entre elle, et leur a craché dessus.

Le lendemain, le monarque a interrogé rabbi Akiva : "Ne sont-elles pas magnifiques? Ne sont-elles pas des être humains comme toi? N'est-ce pas Celui qui t'a créé, qui les a créé?"

Rabbi Akiva a répondu : "Qu'aurais-je pu faire? Pour moi, elles sentaient comme de la chair de carcasses!"

[Avot déRabbi Nathan - chap.16]

-> Le Maor vaChémech (Mattot) explique que cela nous apprend qu'il faut développer un dégoût envers la faute, au moins où cela devient réellement répugnant.

Rabbi Akiva a tellement cultivé cela, que réellement il ressentait autant de dégoût qu'en présence d'une carcasse d'animaux délaissée et qui sent extrêmement mauvais.

[si nous mangeons un aliment nocif/répugnant, cela sera dégoûtant à nos yeux, alors à combien plus forte raison pour ce qui abîme notre âme, notre lien éternel avec Hachem et sur lequel nous devrons rendre des comptes.]

Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou vol.5) dit que la 1ere image est celle qui va produire l'impact le plus fort dans notre esprit.

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-> De même que notre yétser ara utilise notre imagination au service de notre vision, nous devons en faire de même :

1°/ en développant un imaginaire effrayant associé à ce qui est lié à la faute, au yétser ara (chacun utilisant ce qui lui fait peur).
[la démarche doit rester positive, et dans un objectif de mieux démarquer notre chemin dans la vie face aux tentations/tempêtes du yétser ara.]

2°/ en développant les punitions que nous recevrons pour avoir commis une telle faute.
L'Alter de Kelm écrit : la majorité des gens pense que la différence entre un tsadik et un racha se trouve dans leur différence d'émouna : le tsadik croit en l'existence de D., et un racha non.
Cependant, en réalité la différence entre eux se trouve dans leur pouvoir d'imagination.

Le tsadik ancre dans son esprit une image la plus réaliste possible de la grandeur de Hachem, et de sa justice (tant en récompenses qu'en punitions), tandis que le racha ne le fait pas.

=> d'une certaine façon, un racha est une personne qui se laisse aller en terme d'imagination, plutôt que de s'en saisir et de l'utiliser au service d'une vie réussie selon les conseils de D.
Le yétser ara nous vend de l'illusion dans notre tête, et si nous n'y développons pas de la réalité, comment pouvons-nous lutter contre lui!

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+++ 3°/ rabbi Tsadok :

-> "Lorsque Rabbi Tsadok a été capturé et transféré à Rome, une femme noble distinguée l'a pris et lui a envoyé une sublime servante.
A partir du moment où il l'a vue, il a placé ses yeux en face du mur, et s'est assis paisiblement pendant toute la nuit."
[midrach Pessikta déRav Kehana]

-> Le 'Hafets 'Haïm ne portait pas de lunettes, affirmant : "ce que je vois autour de moi est suffisant, pourquoi devrais-je regarder les choses plus distantes [avec tous les risques que cela comporte]."

De même, il écrit (Chmirat haLachon vol.II) qu'il est particulièrement opportun de regarder ses tsitsits lorsque des pensées impures entrent dans notre esprit, car par cette vision notre inclinaison à la faute va être réduite.

[on voit ici comment nos yeux peuvent être impactés positivement ou négativement.]

-> "Dans chaque génération, il y a une épreuve particulièrement difficile, et dans notre génération, il s'agit de l'épreuve de la kédoucha (sainteté)"
[rav 'Haïm Kanievsky]

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-> "Tous les hauts et les bas spirituels d'un homme dépendent de la préservation de sa sainteté.
Les échecs dans ce domaine semblent agréables au début, mais se montrent amers à la fin.
En effet, au final ils augmentent les sentiments de tristesse et un manque d'accomplissement, et ils volent à une personne son bonheur dans la vie."
[rav Shmouël Wosner - Shéelot ouTéchouvot Shévét haLévi IV,160]

[le but de notre vie est de se rapprocher de notre Créateur, or l'impureté nous en éloigne, ce qui génère obligatoire une frustration interne]

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-> "Vous serez saints, car Je suis saint" (Kédochim 19,2)
Le Ramban commente : "Je souhaite que vous soyez saint, car ainsi vous serez adaptés à Moi, à s'attacher à Moi, car Je suis saint"

-> "Je suis Hachem qui vous a fait monter du pays d'Egypte" (Chémini 11,45)
Le Ibn Ezra explique : "Je vous ai sorti d'Egypte uniquement pour être votre D. ; si vous ne serez pas saint alors Je ne serais pas votre D.
Si vous désirez que Je sois votre D., alors soyez saints!"

-> "Vous serez saints ... Je vous ai distingués d'entre les peuples pour que vous soyez à Moi" (Kédochim 20,26).
Le rav Na'houm Kister (béNétivot haHalakha vol.45) enseigne que la sainteté est la force qui sépare les juifs de la bassesse des autres nations, et elle permet de se lier exclusivement avec Hachem.

-> "Vous ne vous rendrez pas impurs par elles [les pratiques immorales des autres nations], Je suis Hachem votre D." (A'haré Mot 18,30)
Rachi commente : Si vous vous rendez impurs par ces fautes, Je ne serai plus votre D., car vous vous serez séparés de Moi.

En ce sens, Bil'am a envoyé les femmes moabites pour pousser à la faute les hommes juifs (guémara Sanhédrin 106a).
De même, le midrach (Yalkout Chimoni Esther 1057), affirme que Haman a manigancé le festin du roi A'hachvéroch avec un même objectif (faire fauter les juifs avec des femmes!).

"Qui peut compter la poussière de Yaakov, nombrer la multitude d'Israël? Puissé-je mourir comme meurent ces justes, et puisse ma fin ressembler à la leur!" (Balak 23,10)

-> Rabbénou Efraïm fait remarquer que les mots : "מָנָה עֲפַר יַעֲקֹב" (compter la poussière de Yaakov) sont équivalents à la guématria de la 1ere lettre du nom de chacune des tribu.

-> Le mot עפר (poussière - afar) a la même guématria que : ערלהע בחול (la orla dans le sable - orla ba'hol).
C'est une allusion au fait que pendant la brit mila, les juifs coupent l'excroissance/prépuce (la orla), qu'ils placent ensuite dans le sable, la terre.
[le Baal haTourim]

-> Le Pirké déRabbi Eliézer (chap.28) rapporte que lorsque Bil'am a vu que le désert était rempli de Orlot (les prépuces issus de la mila des juifs), il a dit : "qui peut leur résister lorsqu'ils ont le mérite du sang de la brit mila, et qu'ils le recouvrent de terre".

-> Selon le Ktav Sofer, en enterrant le prépuce nous nous assurons de ne pas devenir arrogant d'avoir le mérite de faire une mitsva aussi énorme.
En effet, grâce à elle nous nous différencions des autres nations en étant celle choisie et préférée par Hachem (on passe du statut de simple homme à celui quasi divin de : juif).

=> Bil'am s'interroge : Comment puis-je aller à l'encontre d'une nation qui malgré le mérite d'une aussi grande mitsva ne devient pas arrogant, en enterrant la Orla dans le sol?

[le prépuce est mis dans la terre, comme rappel qu'on le rejoindra un jour, que notre vie est éphémère.
Cette prise de conscience matérialisée est une force pour vivre intensément dans la Vérité, de rester humble, de pas en venir à se disputer (on finira tous au même endroit, sans possession matérielle), ...]

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+ La poussière de Yaakov (suite) :

-> Selon le Zohar (Balak 211a), cela fait référence aux tsadikim qui se considèrent comme de la poussière (afar).

-> Le mot עפר (afar - poussière) peut se décomposer en : ע (chiffre 70) + פר (par - taureau).
Le peuple juif apporte 70 korbanot (de taureaux) au nom des 70 autres nations du monde (guémara 55b).
Ainsi, Bil'am dit à Balak que c'est par le mérite des juifs que les autres nations peuvent continuer à vivre et avoir leur subsistance dans ce monde.
[Rabbénou Yoël]

-> Contrairement aux autres nations, la force du peuple juif ne réside pas dans leur nombre, mais plutôt dans le fait qu'ils servent Hachem comme il le faut.
[Rabbi Chimchon Raphaël Hirsch]

[Même si extérieurement nous pouvons sembler être de la "poussière", en réalité nous sommes imbattables car nous avons D. avec nous!!]

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-> Bil'am voulait vivre comme un goï et être comme un juif dans la mort.
C'est une erreur car le fait d'être un juif tient principalement dans le fait de vivre en tant que bon juif.
[Ohel Yéhochoua]

[contrairement aux autres nations, nous n'avons pas à avoir peur de la poussière d'après la mort, où nos efforts faits pour les mitsvot seront la seule monnaie en cours, et qui plus est Hachem n'a pas de limite de bonté pour nous récompenser d'avoir été fidèles à Sa volonté.
=> Pas étonnant que Bil'am nous envie : "puisse ma fin ressembler à la leur!"]

"On prendra pour celui qui est impur, des cendres de la combustion de [l'animal de] purification" ('Houkat 19,17)

La vache rousse en raison de sa rareté et de son importance dans la vie juive, que lui donne la Torah, devait avoir une valeur/prix très élevée.
Et qu'est-ce qu'on faisait à ce bien si précieux?

On le brûlait, le réduisant en cendres afin de les utiliser pour purifier ceux qui ont été exposés à l'impureté d'un mort.

[seule la procédure de la vache rousse peut rendre pur, celui qui est devenu impur suite à un contact avec un mort. ]

=> Que pouvons-nous apprendre de cela?

-> Selon la guémara (Béra'hot 18b), une personne qui est remplie de fautes est considérée comme morte même de son vivant.

Rabbi David Feinstein explique qu'en effet, puisque l'objectif de la vie est de grandir spirituellement, celui qui est spirituellement mort est considéré également comme mort physiquement, car sa vie est sans but.
Pour en sortir, il faut revoir ses priorités, et se rappeler que la fin de toute personne est de finir en poussière (nous ne garderons rien de nos possessions matérielles).

La vache rousse symbolise cela :
-> Sa valeur monétaire très importante renvoie aux plaisirs matériels de ce monde dont les gens accordent tant d'importance, et pour lesquels ils sont prêts à dépenser tellement de temps, d'efforts et d'argent afin de les acquérir.

-> Mais au final, il ne reste rien de cela.
La vache rousse est brûlée, et c'est seulement ses cendres qui ont une utilité, puisqu'elles vont transmettre cette leçon de la vanité de l'éphémère matérialité, afin que l'on s'investisse pleinement dans l'éternel spirituel.
Cette réalisation/constatation va retirer l'impureté, et restaurer toute la magnifique pureté qui est en nous.

=> En constatant que le temps passant, ce que le yétser ara nous vend comme important n'est en réalité que de la poussière (éfer - אפר), on en vient à se guérir (rapé - רפא - même lettres que éfer) de notre mauvaise vision des choses, à redéfinir nos priorités.
Redevenant alors pur, nous brillons de beauté, de splendeur (péér - פאר - même lettres que éfer).

-> "Et maintenant, voilà, je m'en vais chez mon peuple. Viens que je t'instruise" (Balak 24,14)

-> "Que sont agréables tes tentes ô Yaakov, tes demeures ô Israël" (Balak 24,5).

=> Comment comprendre que Bil'am loue le peuple juif pour sa pudeur, sa moralité, et que peu après il pense réussir en les faisant tomber dans l'immoralité, la débauche?

Bil'am avait la capacité de déterminer le moment exact où Hachem se met en colère (guémara Béra'hot 7a et Sanhédrin 105b).

Les Tossafot affirment que cela ne dure qu'une seconde, durant laquelle il disait un seul mot : "kalèm" (détruis-les).
Le Gour Aryé précise qu'à ce moment, il regardait une partie du peuple (car en regardant tout le peuple cela ne pouvait pas marcher).

=> Pourquoi est-ce que cela n'a pas marché avec le peuple juif?

-> La guémara répond que Hachem se retenait de ce moment de colère pendant la période où Bil'am voulait nous maudire, le privant de son pouvoir.
C'est ce qu'on appelle : "Les bontés de Hachem" (tsidkot Hachem - Mikha 6,5)

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-> D'après la guémara (Béra'hot 7a ; Avoda Zara 4b), la colère d'Hachem ne dure que le temps de prononcer le mot : réga (רגע - instant), c'est-à-dire le temps de dire 2 syllabes.
Bil'am qui était le seul à connaître l'instant précis de la colère d'Hachem, chaque jour, projetait de maudire le peuple juif en prononçant ce mot à 2 syllabes : kalèm (כלם - anéantis-les!) à cet instant.
Cependant, Hachem bienveillant avec Israël ne s'est pas mis en colère ce jour-là, exceptionnellement, pour empêcher la malédiction de Bil'am.
Mieux que cela, Hachem intervint pour changer en faveur d'Israël la malédiction en bénédiction en inversant les lettres de : כלם en מלך (mélé'h - roi), puisque Bil'am a finalement dit : "Hachem, son D., est avec lui (Israël) et l'amitié du Roi le protège" (Bamidbar 23,21).

D'après rabbi Eliyahou, il aurait suffit à Bil'am de commencer sa malédiction à l'instant de la colère Divine, même s'il la termine après cet instant.
[Tossefot - guémara Avoda Zara 4b]

-> Du fait que l'homme doit imiter Hachem dans Ses comportements, et que Hachem se met en colère chaque jour durant un temps très court (1/16e de seconde d'après certains), il est possible qu'il soit demandé à ses créateurs de se comporter avec rigueur (midat hadin) durant un court instant, chaque jour.
[rav Dessler - Mikhtav méEliyahou (tome 2,p.236)]

[cela est vrai dans notre relation avec notre prochain, mais également avec Hachem, où nous devons concentrer toutes nos "frustrations" en un moment de prière, où nous demandons alors de tout cœur à l'aide à D., et ensuite nous devons être serein, plus de joie!]

-> Lors de la colère de Hachem, une grande tristesse s'abat sur le monde, durant ce court laps de temps, même chez les animaux.
[Hakotev - dans Ein Yaaakov]

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-> Un être humain a 3 aptitudes fondamentales : la pensée, la volonté et l'action.
Nos Sages nous ont enseigné qu'elles résident dans 3 organes vitaux du corps humain : le cerveau, le cœur et le foie.
Ils ajoutent que cela est en correspondance avec les 3 parties de l'âme :
- la néchama (partie supérieure de l'âme qui réside dans le cerveau, d'où provient la capacité de réflexion de l'homme);
- le roua'h (2e partie, qui réside dans le cœur) ;
- et le néfech (réside dans le foie qui purifie le sang).

-> Nos Sages nous enseigne que le but de la création de l'homme est de faire dominer sa néchama sur la volonté qui provient du cœur. Les désirs du cœur ainsi dominés par la néchama, pourront entraîner le néfech à réaliser la volonté d'Hachem dans l'accomplissement de la Torah et des mitsvot.
Ainsi l'homme pourra agir de façon ordonnée, d'après l'ordre de ses organes : le cerveau, le cœur et le foie qui font référence à la royauté qui elle aussi est toujours strictement structurée de façon hiérarchique.
L'homme doit donc parvenir à gouverner son corps tel un souverain qui gouverne son royaume.
Cette aptitude à laquelle tout juif doit tendre est subtilement contenue en allusion dans les initiales de ces 3 organes : le cerveau (moa'h - מח), le cœur (lev - לב) et le foie (kavéd - כבד), qui une fois assemblées, ces lettres forment le mot roi (mélé'h - מלך).

Cependant, si cet ordre venait à s'inverser, autrement dit si le néfech, qui représente le côté animal de l'homme, dominait la volonté du cœur, cela entraînerait un éveil ardent aux envies primaires de ce monde.
La pensée serait alors utilisée pour assouvir un manque toujours grandissant et asservie à des fins tristement triviales.
Nos 3 organes organisés dans le sens inverse seraient alors : le foie (kavéd - כבד), le cœur (lev - לב) et le cerveau (moa'h - מח). Les initiales de chacun de ces mots forment le terme : kalem (exterminer - כלם), car l'homme qui évoluerait à travers une telle organisation irait inéluctablement à sa perte, aussi bien spirituelle que corporelle.

C'est le sens de la Torah lorsqu'il est rapporté que Bil'am voulut maudire les Bné Israël avec un seul mot : exterminer (kalem), c'est-à-dire que Bil'am voulut inverser cet ordre fondamental afin que le côté animal s'unisse avec le cœur et asservisse la néchama divines aux envie du corps.
[d'après le rav Pin'has Friedman - Shvilei Pin'has - Térouma]

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-> Selon la Kabbala, tout amour que nous pouvons ressentir provient d'une seule source : de Hachem, de l'amour phénoménal qu'il déploie sur le monde.
=> Pourquoi est-ce que Hachem a-t-il besoin de se mettre en colère?

La réponse est que trop d'amour n'est pas une bonne chose.
Sous couvert d'un amour débridé tout peut devenir permis.
Par exemple, en listant les relations interdites, la Torah (A'haré Mot) décrit la relation entre un frère et sa sœur par : 'hessed ou (c'est de la bonté).
[Par amour, je peux en venir à tuer, voler, ...]

L'amour est magnifique, mais s'il ne se maintient pas dans des limites, il peut être destructeur.
C'est pourquoi, Hachem a un bref instant de colère quotidien, afin de contrôler le flux de Son amour pour qu'il soit utilisé comme il le faut, et non pas abusé.

=> Lorsque Bil'am a vu que ses malédictions ne fonctionnaient pas, il a compris que Hachem a du suspendre son moment de colère.
Puisqu'à ce moment il n'y avait pas de contrebalance à l'amour fou de D. à notre égard, il a pensé que les juifs seraient plus réceptifs aux femmes de Midiyan.
Et il a eu raison.

Il est écrit : "la gauche repousse tandis que la droite rapproche" (guémara Sotah 47a).
Dans toute relation d'amour, il faut de la discipline, des limites à ne pas dépasser.
[c'est ce que nous enseigne Hachem à son niveau avec 1 seconde de colère sur 86400 secondes d'une journée]
Nous devons avoir de l'amour de D., mais il est également indispensable d'y ajouter de la crainte de D.!

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-> "Balak fils de Tsipor vit ce qu'Israël avait fait au Emori" (Balak 22,2)

-> Le Ohr Chemouel commente :
Telle est l'habitude de ceux qui haïssent le peuple juif. Certes, ils voient ce que les juifs ont fait au Emori, aux autres nations. Mais, en revanche, ils ne voient pas tout ce que le Emori a fait à Israël!
Cette sélection est un comportement ancré chez les antisémites et s'est vérifié au fil de toutes les générations.

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-> "Balak, fils de Tsipor, a vu" (Balak 22,2)

Qu’a vu Balak ?
D’après le Ba’al Hatourim, il a vu que le soleil s’était arrêté pour Moché.

Mais en réalité, qu’a perçu Balak dans ce miracle, qu’il n’avait pas vu dans les autres miracles réalisés jusque-là?
Le Rabbi de Satmar explique : "Nos Sages ont dit que la force de Bil’am était de cibler le moment où D. Se met en colère chaque jour, comme il est dit ‘‘Le Tout-Puissant fait sentir Sa colère tous les jours.’’ Or, il s’agit du moment où le soleil brille et où les rois de l’ouest se prosternent devant lui.
=> Voilà donc ce que Balak a craint. En voyant que le soleil s’était arrêté pour Moché, il a eu peur que cela ne se reproduise et que Bilam ne puisse plus cibler le moment précis et maudire le peuple d’Israël.

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-> "Parole de celui qui entend les paroles de D. et connaît la connaissance d'Hachem" (Balak 24,15)

-> Rachi explique ce que recouvre "connaît la connaissance d'Hachem" = pour fixer le moment où Il se met en colère.

C’est ce que disent nos Sages (guémara Béra'hot 7a) : Aucune créature ne peut fixer ce moment, à l’exception de Bilam, dont il est écrit qu’il « connaît la connaissance d'Hachem".

-> On a demandé au machguia’h Rabbi Méïr ‘Hadach : Pourquoi Moché ne connaissait pas ce moment mais que Bilam le connaissait?
Il a répondu : Moché lui-même ne voulait pas connaître cela, c’est pourquoi il ne le savait pas.

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-> b'h, également sur ce verset : https://todahm.com/2018/08/08/6811-2

"Les morts lors de l’épidémie furent de 24 000 personnes" (Balak 25,9)

Selon le Gaon de Vilna, l’épidémie suite à l’idolâtrie de Péor et la débauche entraîna 24 000 morts, mais Hachem compta parmi eux les personnes qui sont morts naturellement, leur heure étant arrivée.

=> Ainsi, même dans la rigueur et la sévérité, Hachem réalisa une grande bonté.
Certes, il devait y avoir 24 000 morts, mais en comptant parmi eux tous ceux qui sont morts naturellement, cela permit d’épargner beaucoup de personnes.

On voit que même la Rigueur Divine est tempérée par la Miséricorde.