Aux délices de la Torah

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Les mitsvot que nous accomplissons dans ce monde donnent de la force aux mondes supérieurs.
[rav 'Haïm Vital ]

Le principal héritage que nous avons reçu des Patriarches (Avot) et des Matriarches (Imahot) est la émouna simple en l’unicité d'Hachem. Même si la Torah n’avait pas encore été révélée à leur époque, ils ont su s’attacher au Créateur avec amour et crainte révérencielle grâce à la force incroyable de leur émouna.
Nous devons croire qu’au plus profond de nous-mêmes (de tout juif) se trouve une étincelle brillante de cette émouna, capable de nous élever au-dessus de tous nos doutes et de toutes nos souffrances.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran I, 64 ]

La forme des Tables de la Loi

-> De nombreuses personnes argumentent que les Tables de la loi (Lou'hot) avaient une forme carrée. Toutefois, depuis plusieurs siècles, nous pouvons constater que les Tables de la loi qui sont représentées dans les différentes synagogues présentent une partie carrée à leur base en bas tandis qu'elles sont arrondies sur le dessus.

Sur ce point, le rav Moutsafi rapporte une source qu'il a trouvée dans les paroles de Rabbi Moché Cordovéro qui a écrit que les Tables de la loi étaient conçues de lumière spirituelle qui descendait depuis les hauteurs des mondes supérieurs, ressemblant à deux gouttes d'eau de grande taille sur lesquelles étaient inscrites les 10 Paroles divines.
Lorsque Moché Rabbénou est revenu avec les Tables de la loi pour les faire descendre sur terre, elles ont pris une forme carrée depuis le bas, tout comme une goutte d'eau qui aurait été congelée prendrait une forme carrée et saisie en fonction du moule. Par contre, leur forme supérieure est restée intacte, comme dans les cieux, bien qu'elles soient descendues sur terre.
C'est la raison pour laquelle elles ont gardé une forme arrondie, comme une goutte d'eau, tandis qu'elles étaient carrées à leur base inférieure.
Nous apprenons d'ici une source selon laquelle les Tables de la loi étaient bien de forme arrondie au-dessus, tandis qu'elles avaient une forme carrée en dessous.

Les 613 mitsvot

-> Nous avons 248 commandements positifs et 365 commandements négatifs. Les 613 commandements définissent nos vies depuis le moment où nous naissons jusqu’à notre mort.
Pourquoi avons-nous autant de commandements?

Pour répondre à cette question, nous devons d’abord comprendre la relation unique que nous entretenons avec Hachem. Notre lien avec Hachem est comparable à celui d’un soldat qui est toujours en service, même lorsqu’il dort.
Et notre devoir, en tant que soldat fidèle [d'Hachem], est de reconnaître que nous sommes constamment en présence d'Hachem et que nous sommes tenus de lui offrir des dons ; ces dons sont les commandements que nous accomplissons.

En nous donnant tant de commandements, Hachem nous offre des occasions de lui offrir des dons à chaque instant de notre vie.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan ]

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+ Les mitsvot - une question de perspective :

-> Parfois, le parent devra se montrer strict avec son enfant et devra peut-être même le punir pour s’assurer qu’il fasse ce qu’il est censé faire. Lorsqu’il est réprimandé, l’enfant ne perçoit que le fait que son parent le réprimande. Il est incapable de voir la situation dans son ensemble.
Le parent, en revanche, voit au-delà du moment présent et sait à quel point il sera bénéfique pour son enfant d’accomplir cette tâche spécifique. Il se rend compte que le désagrément mineur et temporaire que l’enfant devra endurer sera largement compensé par les bienfaits dont il profitera à la fin.

De même, Hachem, qui voit le grand schéma des choses [dans sa globalité], sait qu’en accomplissant ses commandements, nous en tirerons un grand bénéfice.
Il peut y avoir des moments où nous n’apprécions pas cela, et Hachem n’a d’autre choix que d’être strict avec nous pour s’assurer que nous menions à bien la tâche.
La discipline perçue d'Hachem est en réalité une expression de son amour pour nous, car son désir ultime est de nous récompenser et de nous bénir pour avoir accompli ses commandements.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,1 ]

La tsara’at vient susciter des prières publiques

-> La guémara (Moéd Katan 5a) dit que la raison pour laquelle la personne atteinte de tsara'at doit s’écrier : "Je suis impur, je suis impur" (Tazria 13,45), est de susciter la miséricorde du public afin qu’il prie en sa faveur.

La raison pour laquelle il a besoin que le public prie en sa faveur est précisément qu’il n’a aucun espoir. [au regard de la gravité de tout lachon ara. ]
Ce n’est que grâce à l’intervention du public, dont le pouvoir de la prière peut annuler même les décrets les plus sévères (Roch Hachana 18a), qu’il peut être pardonné.

Ainsi, la tsara'at est en réalité une affliction (provenant du lachon ara - Arakhin 16a) qui conduit à son expiation, mais pas en raison de la souffrance causée par la maladie.
C’est plutôt parce que les gens savent désormais qu’il a besoin de leurs prières et que, grâce aux prières de la foule, il est pardonné.
S’il ne dépendait que de lui seul, il n’aurait en effet aucun espoir.
[Zéra Shimshon]

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[d'une certaine façon, nous avons besoin de l'aide d'autrui, comme pour expier notre attitude de lachon ara, où l'on a dénigrer, mal parler des autres. ]

"Mordé'haï sortit de chez le roi en costume royal, bleu d'azur et blanc, avec une grande couronne d'or (atéret zahav guédola)" (Esther 8,15)

-> Le rav 'Haïm Kanievsky dit que si Haman avait mentionné une "kéter malkhout" (couronne royale), alors cela ferait référence à la couronne personnelle d'A'hachvéroch.
Mais on a ici "atéret zahav", impliquant que Mordé'haï portait une couronne à caractère décoratif, plutôt qu'un symbole de pouvoir (ici le rav Kanievsky fait référence à Sotah 49b, qui traite d'autres types de couronnes qui ne sont pas de nature royale).

-> Le Targoum affirme que la couronne d'or portée par Mordé'haï fait référence à ses téfilin, qui étaient en or.
Le rav Kanievsky note que la halakha interdit le port de tefillin en or (Méguilah 24b) ; ainsi, le Targoum doit signifier que Mordé'haï plaçait ses tefillin ordinaires, en cuir, dans un réceptacle en or.

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+ "Et il habilla Mordé'haï" (Esther 6,11).

-> Lorsque Haman apporta à Mordé'haï les vêtements royaux, Mordé'haï protesta en disant qu'il était faible et sale à cause du jeûne et du fait qu'il portait un sac et de la cendre.
Comme tous les salons de coiffure et les bains publics de Shoushan avaient été fermés en l'honneur du défilé de Mordé'haï, Haman fut contraint de laver Mordé'haï et de lui couper les cheveux (Méguila 16a).

Cependant, Rachi (Méguila 16a) indique que le défilé de Mordé'haï eut lieu le 16 Nissan, le 2e jour de Pessa'h, qui est un jour de fête dans la diaspora.
Comment Mordé'haï a-t-il pu se faire couper les cheveux un jour de fête?

Le rav 'Haïm Kanievsky répond que, puisque Mordé'haï s'est fait couper les cheveux par un non-juif (Haman), il ne s'agissait que d'une restriction rabbinique.
Par respect pour le roi, une restriction rabbinique est levée le deuxième jour de Yom Tov. Comme il aurait été honteux de porter des vêtements royaux alors qu'il était sale et négligé, Mordé'haï a été autorisé à se faire couper les cheveux.

Le rav 'Haïm Kanievsky explique un verset de la Torah de la même manière.
La Torah indique que lorsque Yossef fut sorti de prison et amené devant Pharaon, il se rasa et changea de vêtements (Mikets 41,15). Cependant, les Sages (Roch Hachana 10b) enseignent que Yossef fut libéré de prison le jour de Roch Hachana. Comment aurait-il pu se raser?
Le midrach (Sechel Tov) dit que c'est le chef des échansons, qui était responsable de la libération de Yossef, qui l'a rasé. Comme c'était un non-juif qui l'avait rasé, il ne s'agissait que d'une restriction rabbinique, qui a été levée par respect pour le roi, car il aurait été inexcusable que Yossef se présente devant Pharaon sans être soigné.

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-> "La rose de Yaakov (shoshanat Yaakov) était joyeuse et heureuse lorsqu'ils virent ensemble Mordé'haï vêtu d'un habit bleu royal (té'hélét)" (chant de shoshanat Yaakov)

-> Le sens littéral de cette phrase est que les juifs se réjouirent lorsqu'ils virent Mordé'haï vêtu de l'habit royal.
Le rav 'Haïm Kanievsky suggère une autre interprétation. Le mot "té'hélet [Mordé'haï]" fait référence au té'hé'let, le fil bleu royal du tsitsit.
Avant d'enfiler les vêtements royaux d'A'hachvéroch, Mordé'haï prit soin d'y ajouter des tsitsit. Lorsque les juifs virent Haman faire défiler quelqu'un dans les rues, ils ne reconnurent pas tout de suite Mordé'haï dans ses atours royaux. Mais lorsqu'ils virent les tsitsit, ils comprirent que la personne à cheval était Mordé'haï, et ils se réjouirent.
Ainsi, le chant de Shoshanat Yaakov nous dit que les juifs étaient joyeux et heureux lorsqu'ils virent Mordé'haï vêtu de té'hélet ; c'est-à-dire que lorsqu'ils virent les tsitsit sur les robes royales, ils reconnurent Mordé'haï et se réjouirent.

Cependant, le rav Kanievsky ajoute qu'en réalité, il est peu probable que les vêtements d'A'hachvéroch aient nécessité des tsitsit. Seuls les juifs portaient intentionnellement des vêtements à quatre coins afin d'accomplir la mitsva des tsitsit. Les vêtements des non-juifs n'avaient généralement pas quatre coins et ne nécessitaient donc pas de tsitsit.

Alternativement, le rav Kanievsky dit que la phrase "lorsqu'ils virent ensemble Mordé'haï vêtu de té'hélet" peut faire référence à ce qui suit.
Le Tiféret Tsion dit que lorsque Haman réalisa qu'il n'avait d'autre choix que de conduire Mordé'haï à travers la place de la ville, il réfléchit à un moyen de minimiser son embarras. Lorsque Mordé'haï revêtit les habits royaux, Haman enfila les vêtements de Mordé'haï, espérant que les gens qui le voyaient supposeraient que c'était Mordé'haï qui conduisait le cheval (comme le supposa effectivement la fille d'Haman, qui vida un pot de chambre sur sa tête ; Méguila 16a).

Cependant, Haman n'a pas revêtu tous les vêtements de Mordé'haï. Mordé'haï n'avait pas retiré ses tsitsit et Haman ne pouvait donc pas les porter. Les juifs ont donc vu la personne conduisant le cheval revêtue des vêtements de Mordé'haï, mais ils ont réalisé que la personne chevauchant le cheval portait les tsitsit.
Malgré son déguisement, les juifs ont compris qu'Haman conduisait Mordé'haï, et ils se sont donc réjouis : "La rose de Yaakov était joyeuse et heureuse, lorsqu'ils virent ensemble Mordechai vêtu de té'hélet" ; c'est-à-dire que lorsqu'ils virent que Mordechai portait les tsitsit, ils furent heureux.
[c'est l'une des raisons possibles de la coutume de porter des costumes à Pourim : pour rappeler qu'Haman a tenté de se déguiser en Mordé'haï. ]

La longueur du sceptre

+ La longueur du sceptre :

"Et Esther s'approcha et toucha l'extrémité du sceptre (vatiga ét roch acharbit)" (Esther 5,2).

-> La guémara (Méguila 15b) indique qu'un miracle se produisit et que le sceptre d'A'hachvéroch s'allongea jusqu'à atteindre 200 amot (selon une opinion), de sorte qu'Esther put l'atteindre bien avant de s'approcher du roi.

Le rav 'Haïm Kanievsky note que le verset y fait allusion : le mot בְּרֹאשׁ (la tête, l'extrémité [du sceptre]), est l'acronyme de : bésof réch ama chénimta'h, à la fin des 200 amot qu'il s'était allongé.
Autrement dit, lorsque Esther toucha "l'extrémité", elle touchait le sceptre royal qui s'était allongé de 200 amot (soit environ 100 mètres).

"Et il le fit passer à travers la place de la ville" (Esther 6,11).

=> Pourquoi Haman fut-il puni en étant humilié publiquement, en devant conduire Mordé'haï à travers la place de la ville? Il est compréhensible qu'Haman méritait d'être tué, en raison de sa tentative d'exterminer les juifs, mais pourquoi méritait-il une humiliation publique ?

-> Le rav 'Haïm Kanievsky fait référence au midrach (Esther raba 7,25), qui décrit comment, lorsque Haman a publié son décret, les ennemis des juifs se sont réjouis à l'idée de leur faire du mal. Et bien que le décret ne devait entrer en vigueur que 11 mois plus tard, les ennemis des juifs ont immédiatement commencé à les humilier ; chaque fois qu'ils voyaient un juif, ils le raillaient en lui faisant part de leurs plans pour leur nuire.
Ainsi, le décret d'Haman a causé une grande humiliation aux juifs. Comme Hachem rend beaucoup d'humiliation aux juifs, il a été puni en étant humilié devant Mordé'haï.

"Je n'ai pas été convoqué auprès du roi depuis 30 jours" (Esther 4,11).

-> Le matin de Pourim, pendant que le rav 'Haïm Kanievsky prenait son petit-déjeuner, il discuta de la Méguila avec son disciple, le rav Eliyahou Mann. "Pourquoi, demanda rav 'Haïm, Mordé'haï a-t-il dit à Esther d'aller immédiatement voir le roi, risquant ainsi sa vie, plutôt que d'attendre que le roi la convoque à nouveau? Après tout, si le roi ne l'avait pas convoquée pendant 30 jours, il allait probablement l'appeler bientôt."

Le rav 'Haïm Kanievsky expliqua :
"La raison pour laquelle les juifs étaient menacés par le décret d'Haman était qu'ils avaient assisté et apprécié le festin d'A'hachvéroch, comme le dit la guémara (Méguila 12a). Cependant, Mordé'haï avait averti les juifs de ne pas assister au festin.
Pourquoi n'ont-ils pas écouté Mordé'haï?
On peut supposer que les juifs ont estimé qu'éviter un festin organisé par le roi mettrait leur vie en danger ; ils ont donc été autorisés à y assister. Cependant, Mordé'haï soutenait que le festin avait le statut d'un décret maléfique émis par un roi qui détestait les juifs (guézérat chmad), qu'une personne est tenue d'éviter même si cela met sa vie en danger (Rambam - Hilkhot Yessodé haTorah 5,3). Mordé'haï avait bien sûr raison, et les juifs furent donc punis par le décret d'Haman.

Comment pouvaient-ils rectifier leur faute?
La faute devait être rectifié "mesure pour mesure" : puisqu'ils avaient fauté en ne risquant pas leur vie pour l'amour d'Hachem, ils devaient rectifier cela par messirout néfech, en mettant leur vie en danger pour l'amour d'Hachem. C'est pourquoi Mordé'haï dit à Esther qu'elle devait se rendre immédiatement auprès d'A'hachvéroch, même si cela mettait sa vie en danger, plutôt que d'attendre qu'A'hachvéroch la convoque.

Cela explique également pourquoi Esther invita Haman à son banquet privé avec A'hachvéroch. Esther savait que Mordé'haï était assis à la porte du roi ; lorsque Haman quitterait le palais, il passerait devant Mordé'haï, et Mordé'haï, au péril de sa vie, refuserait de s'incliner devant Haman. Elle invita donc Haman au palais afin de lui donner l'occasion de passer devant Mordé'haï, afin que Mordé'haï le défie avec messirut néfech, donnant ainsi aux juifs les mérites dont ils avaient besoin pour être sauvés."

"Jeûnez pour moi ; ne mangez ni ne buvez pendant trois jours, nuit et jour" (Esther 4,15).

=> Pourquoi Esther a-t-elle demandé un jeûne de trois jours?

-> Le Targum Shéni (5,1) cite une longue prière qu'Esther a prononcée avant de s'approcher d'A'hachvéroch. Dans cette prière, Esther dit que le jeûne de trois jours correspondait au voyage de trois jours nécessaire à Avraham Avinou pour atteindre le site de la Akédat Its'hak, ainsi qu'aux trois jours que le peuple juif passa au pied du mont Sinaï avant le don de la Torah. Par son jeûne, Esther souhaitait invoquer les mérites de ces événements au nom du peuple juif.

Le rav 'Haïm Kanievsky ajoute qu'une interprétation plus simple est qu'Esther voulait que le jeûne soit significatif ; un jeûne de trois jours est bien plus significatif qu'un jeûne d'un jour. Bien qu'il soit possible de jeûner plus de trois jours (Rambam - Hilkhot Shevuot 1,7 indique qu'une personne peut jeûner jusqu'à sept jours), Esther n'a pas demandé plus de trois jours de jeûne, car elle estimait que ce serait trop demander.
Trois jours étaient le juste milieu : c'est un jeûne significatif et, bien que difficile, il n'est pas trop difficile à accomplir pour la plupart des gens.

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-> Le midrach (Esther raba 8,7) dit que le jeûne a eu lieu les 13, 14 et 15 Nissan.
Rachi (Esther 4,17) affirme que les juifs ont jeûné les 14, 15 et 16 Nissan.
Le Targoum (5,1) indique qu'ils ont jeûné les trois premiers jours de Pessa'h (c'est-à-dire les 15, 16 et 17 Nissan).
Tous s'accordent cependant à dire que les juifs jeûnaient pendant Pessa'h et n'ont pas observé pas le Séder (dont l'obligation de manger de la matsa).