Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Tout celui qui passe 40 jours sans avoir aucune souffrance [même légère], il doit être préoccupé d'avoir reçu dans ce monde sa récompense, [et qu'il n'aura alors plus rien dans le monde à venir]
[guémara Arakhin 16b]

-> Le Ramban (dans son Séfer Torat haAdam - Chaar haGuemoul) explique qu'il est contre nature que tout se passe comme une personne le désire, sauf si s'accomplit le verset : "Il rétribue Ses ennemis de leur vivant pour l'anéantir" (Vaét'hanan 7,10).

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-> Lorsque Rabbi Eliézer est tombé malade, Rabbi Akiva a dit : "Tant que je voyais que le vin de mon rabbi ne devenait pas aigre, ... tant que son huile ne s'était pas dégradée et que son miel n'avait pas été ruiné, je me disais à moi-même : "Peut-être que mon rabbi a reçu toute sa récompense dans ce monde".
Maintenant que je le vois souffrir, je suis soulagé.
[guémara Sanhédrin 101a]

[Kohélét (7,20) : "Il n'y a pas d'homme juste sur terre qui fasse le bien sans jamais fauter" => d'où le fait que toute personne doit subir des souffrances pour expier ses fautes (chacun à son niveau).]

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-> "Celui qui divisa la mer Rouge en plusieurs parties" (légozèr yam souf liguézarim - לגזר ים סוף לגזרים), car Sa bonté est éternelle" (Téhilim 136,23)

Selon le midrach, il ne faut pas lire "yam souf" (ים סוף), mais "yom sof" (ים סוף).

Le rav Méïr de Prémichlan explique que dans Sa grande bonté, Hachem divise les souffrances qu'une personne doit recevoir le jour de sa mort, de telle façon qu'elle les reçoit par petits morceaux chaque jour de notre vie.

[non seulement peu de souffrances dans ce monde équivalent à énormément dans le monde à venir, mais en plus en nous le morcelant, cela permet qu'on le sente passer de la façon la moins désagréable possible.]

Pourquoi Hachem agit-Il comme cela? "car Sa bonté est éternelle".

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-> En ce sens, il est également écrit dans le Méam Loez (Ekev 8,5) :
"L'amour de D. envers l'homme se manifeste également lorsqu'Il lui inflige de légères souffrances quotidiennes. Ainsi à la fin de sa vie, l'homme quitte ce monde totalement purifié ...
D. nous punit en ce monde pour toutes nos fautes alors que les non-juifs sont punis dans le monde futur.

Cela peut être comparé à un homme qui prête de l'argent à 2 personnes, l'une est son ami et l'autre son ennemi.
A son ami, il demande un remboursement échelonné afin qu'il lui soit facile de régler le solde à l'échéance.
Avec son ennemi, le prêteur ne conclut pas d'arrangement semblable. Lorsqu'il rappelle à l'emprunteur de payer sa dette à la date fixée, il le prend par surprise.

Comme l'ami du prêteur dans cette parabole, les tsadikim paient leur dette de souffrances à petites mesure. Quant aux réchaïm, leurs nombreuses fautes leur causent une sévère punition après le jugement final.

L'homme qui se réjouit de ses souffrances est supérieur à celui qui offre un sacrifice.
En effet, le dernier se sépare de ses biens tandis que le premier fait le sacrifice de sa personne.
En fin de compte, les afflictions sont pénibles pour le corps mais bonnes pour l'âme.
Une mère qui lave son enfant doit parfois lui faire mal pour enlever les saletés nuisibles. Un père doit réprimander son fils pour le diriger dans la bonne voie. De même, Hachem doit occasionnellement punir Israël pour son bien."

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-> La guémara (Arakhin 16b) détaille à quel point un petit ennui peut correspondre à la définition du terme "souffrance".
Rabbi El'azar dit que l'on peut affirmer que quelqu'un souffre lorsqu'il possède un vêtement tissé sur mesure, mais qui ne lui va pas parfaitement.
La guémara rétorque que le terme couvre des contrariétés encore plus petites que cela : si on avait l'intention de couper son vin avec de l'eau chaude, mais qu'on a utilisé de l'eau froide, cela est considéré comme un cas de souffrance.
D'autres exemples incluent le fait de mettre sa chemise dans le mauvais sens de sorte qu'il faut la retirer pour l'enfiler de nouveau ou celui de mettre la main dans sa poche dans le but de sortir 3 pièces, mais de n'en avoir retiré que 2.
La nécessité d'avoir à replonger la main dans sa poche pour s'emparer de la 3e pièce est qualifiée de "souffrance".

[Le Maharcha (Shabbath 77b) émet l'idée qu'au lieu d'envoyer des souffrances de la taille d'un rocher, pouvant écraser un individu, Hachem broie cela en de tous petits cailloux (ex: douleurs supportables, petits contretemps/malheurs) qui finiront par obtenir le même résultat, tout en l'importunant le moins possible.]

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-> Si un homme voit qu'il commence à connaître des souffrances, il doit examiner ses actes et s'efforcer de se repentir.
[guémara Béra'hot 5a]

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-> Au-delà du fait que les souffrances viennent expier nos fautes, le rav Tsadok haCohen (Ressissé Laïla - Ot.11) enseigne : "Toute douleur et souffrance qu'Hachem place sur notre route, sert à nous éveiller, nous stimuler et nous inciter à prier correctement".

Le Aboudraham écrit : "La prière sera acceptée en fonction du niveau de concentration".

Selon le rav Pinkous (Chéarim beTéfila), celui qui prie peut être comparé à une personne qui creuse un fossé. Plus il creuse, plus la capacité du trou augmente.
"Creuser" (aller  et vider le plus profond de notre être/cœur) profondément notre âme pour créer une meilleure prière augmente notre capacité à nous rapprocher d'Hachem et à mériter Ses abondantes bénédictions.

=> En nous envoyons des difficultés, D. cherche à nous faire creuser davantage en nous, et ce dans un but de pouvoir nous déverser davantage de bénédictions.

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-> La sœur du Gaon de Vilna est morte un jour avant sa 'houppa.
Cette nuit, sa mère lui est apparu en rêve, et lui a dit : "Mon fils (le Gaon de Vilna), si tu savais ce que tu as accompli en acceptant avec plaisir cette énorme tragédie, tu aurais dansé à son enterrement avec une plus grande joie que celle que tu aurais eu en dansant à son mariage."

-> Un jour un couple s'est marié à Radin, et il y avait une terrible tempête de neige qui empêcha l'orchestre de s'y rendre.
A la 'houppa, à la place de la musique des étudiants de la yéchiva (ba'hourim) tapaient des casseroles et des poêles pour mettre un peu d'ambiance.
Le 'Hafets 'Haïm a fait remarqué à son beau-fils : "Regarde cette fête sans musique! Il y a évidemment quelque chose qui manque dans l'atmosphère.
C'est à quoi ressemble le monde futur d'une personne qui n'a pas subi de souffrances [dans ce monde]."
[rapporté dans le 'Hessed léAvraham - 42]

[les souffrances sont notre musique du monde à venir (qui est éternel!).]

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-> "Une mitsva qui est faite avec quelques souffrances vaut 1 000 fois plus qu'une mitsva réalisée sans difficulté."
[Avot déRabbi Nathan 3,6]

Le rav Dessler (Mikhtav méEliayhou - vol.3,p.14-15) explique que cela signifie que celui qui rencontre un peu de peine/douleur en accomplissant une mitsva, c'est comme s'il avait réalisé cette mitsva 1 000 fois.
Il reçoit la récompense comme s'il avait réellement fait 1 000 mitsvot.

Cela vaut quand on le fait avec une seule mesure de douleur (tsaar).
Si on réalise une mistva avec 2 mesures de douleur alors on est récompensé pour 10 000 mitsvot (100 * 100), même si nous n'en avons effectivement fait qu'une seule.

Ainsi, lorsque nous avons un mal de tête, des difficultés à élever nos enfants, des problèmes de santé, des difficultés de parnassa, qu'on a été humilité, ... et que malgré cela nous continuons à faire les mitsvot avec joie, alors la valeur de chacune de nos mitsvot augmente considérablement avec chaque mesure de douleur.
Bien que nous réalisons quelques mitsvot, en réalité nous sommes récompensés pour en avoir fait des millions!

=> Ainsi, la question que nous aurons dans le monde à venir n'est pas : "Pourquoi j'ai eu des souffrances?", mais plutôt : "Pourquoi Hachem Tu ne m'as pas donné davantage de souffrances?".
[une souffrance est un moment certes désagréable, mais éphémère, qui permet d'énormément multiplier notre capital éternel!]

-> Rabbi Mordé'haï Miller (responsable du séminaire de Gateshead) offre un scénario pour illustrer cela :
Après 120 ans, on montre à quelqu'un d'aveugle sa part dans le monde à venir, et il voit à quel point chaque mitsva réalisée, malgré son handicap, va être finalement valorisée des milliards de fois plus que sans cet handicap (aveugle).
On lui demande alors : "Quelle a été ta possession la plus précieuse durant ta vie?"
Il répond : "Ma cécité".

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-> Notre relation avec les souffrances : https://todahm.com/2017/12/11/notre-relation-avec-les-souffrances

"Le Temple est supérieur/plus élevé que toute la terre d'Israël, et la terre d'Israël est supérieure/plus élevée que toutes les autres terres."
[guémara Kiddouchin 69a]

-> Le Maharcha ('Hiddouchei Aggadot Kiddouchin 69a) commente :
La raison est que la terre d'Israël est plus sainte que toute les autres terres, et que le Temple est plus saint que le restant de la terre d'Israël.
Ce qui est plus saint est désigné par : "au-dessus", et ce qui est matériel fait référence à : "en-dessous".

-> Le 'Hatam Sofer (dans ses Chéélot ouTéchouvot - Yoré Déa 234) enseigne :
Il y a des pays qui sont plus haut en altitude, mais le monde est rond comme une balle, faisant qu'une personne peut tourner le globe et décider aléatoirement du point le plus élevé.

Puisque le Temple est le lieu à partir duquel tout le restant du monde a été créé (guémara Yoma 54b), et qu'il est également le centre du monde (Rachi sur la guémara Méguila 15b), la terre d'Israël et le Temple sont considérés comme l'endroit le plus élevé du globe.

Tout celui qui tue son yétser ara [après avoir fauté] et avoue [sa faute, en faisant téchouva], de lui il est écrit que c'est comme s'il avait honoré Hachem dans les 2 mondes : celui-ci et celui à venir.

[guémara Sanhédrin 43b]

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-> Un juif ne peut pas s'imaginer à quel point il sera heureux au Ciel, si rien qu'une seule pensée interdite pouvait lui être retirée de ses actions de ce monde.
[Gaon de Vilna]

=> La téchouva n'est possible que dans ce monde, et nous négligeons trop souvent l'impact de quelques mots de repentir!

La terre d'Israël est appelée la "terre des vivants" (artsot a'haïm), tandis que l'exil est appelé la "tombe".

['Hatam Sofer al haTorah - paracha Vayéhi]

[Grâce à D., les conditions en exil sont actuellement très agréables, au point de nous faire oublier que l'épanouissement d'un juif ne peut se faire pleinement que sur sa terre.
En comparaison, en dehors d'Israël, nous sommes comme morts spirituellement parlant!]

Depuis le jour où le Temple a été détruit, à chaque génération naît un être humain assez vertueux pour être celui qui va amener la guéoula.
Lorsque le moment viendra, Hachem se dévoilera à lui, l'enverra accomplir sa mission, et c'est [seulement] alors que l'esprit du machia'h va venir reposer sur lui.

['Hatam Sofer - dans ses Chéélot ouTechouvot - vol.6 p.98]

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-> Dans la Kabbale, l'âme extrêmement élevée dont sera doté le machia'h est nommée : "Yé'hida" (unique). Elle aura un lien particulier avec le Divin, bien plus qu'un attachement, elle se fondra totalement avec l'Essence de D.
[Rabbi de Loubavitch]

-> Le rav 'Haïm Vital (Likouté Torah) écrit que le machia'h va recevoir une néchama supplémentaire, qui possédera une aide Divine (siyata dichmaya) extraordinaire. Il aura davantage de sagesse que le roi Salomon.
Le midrach (Tan'houma 12) affirme qu'il sera même plus grand que Moché rabbénou.

En réalité, toute personne qui voit l'intervention Divine dans la naturalité, et remercie Hachem pour tout le bien qu'Il fait, est comblée de bontés.

Le mot : "pain" (lé'hem - לחם) est l'acronyme de : "Étends ta bonté sur ceux qui te connaissent" (Téhilim 36,11 - מְשֹׁךְ חַסְדְּךָ, לְיֹדְעֶיךָ).
La bonté est déversée sur celui qui remercie Hachem pour le pain de la terre (le lé'hem), c'est-à-dire sur celui qui reconnait tout le bien que lui fait D. même dans ce qui semble le plus normal, naturel.

['Hatam Sofer - Torat Moché (paracha Massé)]

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-> Pendant 40 ans, tous les jours (sauf Shabbath), la manne tombait pour la génération du désert.
Le 'Hatam Sofer enseigne qu'ils étaient tellement habitués à cela que c'est devenu à leurs yeux un phénomène totalement naturel. Ils pensaient que c'était la façon de fonctionner du monde, que chaque matin la manne tombait du Ciel, enveloppée dans de la rosée.
Par la suite, ils sont entrés en terre d'Israël, et ils y ont vu les résidents enterrer des graines dans le sol, qui tout d'abord pourrissaient, avant d'ensuite germer en des plantes portant de la nourriture comestible.
Ils étaient alors très perplexes et ils ont dit : "Maintenant, ceci est un miracle!"
[comment d'une minuscule bille va pouvoir en sortir des plantes, parfois grandes et portant de nombreux fruits/légumes beaux et délicieux!]

Le 'Hatam Sofer de conclure : Ils avaient raison! Cela n'était pas moins un miracle, que la chute de la manne.

['Hatam Sofer al haTorah (paracha Vaéra)]

Toute mitsva ou moment où l'on fait la volonté de D., va illuminer notre âme avec une lumière qui n'a pas de limite, et l'âme devient alors plus attachée à Hachem.
Ce sentiment de proximité, de lien accru avec D., constitue l'incomparable bonheur du monde à venir.

Pourquoi ne le ressentons-nous pas?

Car l'âme est emprisonnée dans le corps, et pour ressentir cela il faut qu'elle s'en sépare (la mort) ou bien que le corps se purifie au point de ne pas empêcher la lumière de passer.
A ce moment, la lumière de chaque mitsva que nous aurons pu réaliser, va nous envahir, à l'image de l'aube [ce passage de la nuit au grand jour].

[d'après le 'Hatam Sofer al haTorah - Vayikra p.129]

"A chaque fois qu'il y a une protection contre l'immoralité, il y a de la kédoucha (sainteté)."

[midrach Vayikra rabba 32,5]

"Moché exposa les moments fixés de Hachem aux enfants d'Israël" (Emor 23,44)

-> La guémara (Méguila 32a) commente sur ce verset, qu'une partie de la mitsva des fêtes est d'y lire le passage de la Torah traitant d'elle.
[la paracha Emor a cette particularité d'aborder toutes les fêtes juive présente dans la Torah]

=> Quelle est la signification cela?

Nous allons voir la réponse du Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada - Méguila 32a).

-> Le Séfer Chaar Hé'hatser rapporte que :
- les chaloch régalim (Pessa'h, Shavouot et Souccot) viennent en expiation pour la faute du Veau d'or, et à chaque fête lorsque nous lisons son passage afférent dans la Torah, cela apporte du pardon à notre nation.

- le peuple juif a servi le Veau d'or pendant une durée de 6 heures, avant que Moché ne descende du Ciel et que les juifs fassent alors téchouva.

Lorsqu'un morceau de nourriture non cashère se retrouve mélangé dans un récipient, il est nécessaire d'avoir 60 fois plus de nourriture cashère pour que cela s'annule et que la totalité reste considérée comme cashère (le batél béchichim).
De la même façon, les 6 heures de faute avec le Veau d'or, nécessitent 60 fois plus de temps pour parvenir à ce qu'elle soit annulée, expiée.
Il faudrait alors : 6*60, soit 360 heures de sainteté pour effacer les dégâts des 6 heures de cette faute.

Selon la Torah, il y a :
- 7 jours de Pessa'h => soit 7*24= 168 heures ;
- 7 jours de Souccot => soit 168 heures ;
- 1 jour de Shavouot => soit 24 heures.
=> On arrive à un total de : 360 heures.

==> Par la réalisation des chaloch régalim, nous pouvons nullifier la faute du Veau d'or.

De plus en lisant le passage relatif à la fête en cours, nous réalisons la parole de nos Sages : "Celui qui étudie le passage relatif aux korbanot, c'est comme s'il avait sacrifié les korbanot" (guémara Ména'hot 110a).
Ainsi, par notre lecture des mitsvot et des korbanot associés à la fête, c'est comme si nous la faisons de la meilleure des manière possible, contribuant à nettoyer la nation juive de la faute du Veau d'or.

Par ailleurs, la lecture de ces passages est considérée comme une étude de la Torah.
Or, une faute détruit des mondes En-haut, et la téchoua seule n'est pas suffisante pour reconstruire ce qui a été détruit, nous devons rebâtir cela par la Torah.
Ainsi, la guémara (Béra'hot 64a) appelle ceux qui étudient la Torah des bâtisseurs (bona'ikh), car par leur étude de la Torah ils construisent un monde de spiritualité.

=> En lisant ces passages, nous étudions la Torah propre à ce jour, et nous reconstruisons ce que la faute du Veau d'or a pu détruire.

"Le fils de la femme israélite blasphéma le Nom (Divin)… et le nom de sa mère était Chlomit fille de Divri" (Emor 24,11)

-> Rachi explique que la Torah trouve le besoin de préciser le nom de la mère du blasphémateur, pour nous enseigner que parmi tout le peuple, elle fut la seule femme à s’être débauchée.
De là, on voit l’éloge du peuple dont toutes les femmes juives (sauf elle) restèrent pures.

On peut ajouter que l’éloge du peuple ressort encore davantage du fait que cette femme soit la seule à s’être débauchée, plus que si aucune femme ne s’était pervertie. Car si aucune femme ne s’était débauchée, on aurait pu invoquer pour l’expliquer une raison sociologique ou autre. On aurait pu dire qu’il existe un facteur général qui explique ce fait, mais on n'aurait pas vu la réelle valeur de chaque juive.

=> Cependant l’exception prouve que leur pureté ne venait pas d’une règle transcendante liée à la globalité du peuple, mais de par leurs efforts personnels. Et cela renforce encore bien davantage leur éloge [et la grandeur des femmes juives].

[Rav Chimchon Pinkous]

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-> "Le fils de la femme Israelite blasphéma le Nom" (Emor 24,11)

=> Le Zohar dit qu'un homme d'Israël insulta la mère de cet homme, qui était Chlomit Bat Divri. Pour défendre l'honneur de sa mère, il blasphéma. Mais en quoi un blasphème peut-il défendre l'honneur d'une personne?

-> Lors de l'exil d'Egypte, les femmes juives ont toutes réussi à préserver leur pureté. Aucun égyptien ne s'approcha d'elles. A l'exception de Chlomit Bat Divri qui fut abusée par un égyptien et de cette union naquit ce blasphémateur.
Le Chem Michemouel dit que l'homme qui insulta sa mère, la traita de femme de mauvaise moeurs. Alors, pour la défendre, son fils usa du même argument que Caïn quand il tua Hevel : "Suis-je le gardien de mon frère?" = c'est-à-dire, comme l'expliquent nos Sages : "Ce n'est pas moi son gardien, mais Toi!".
C'est Toi Hachem Qui dirige le monde. Si tu l'avais souhaité, tu l'aurais protégé et ne l'aurait pas laissé mourir ! A l'image de Caïn, le fils de Chlomit Bat Divri dit : "Puisque Hachem dirige le monde, s'Il n'a pas empêché ma mère d'être abusée c'est qu'Il l'a souhaité, c'est donc Lui le responsable! Et s'Il n'a pas eu la capacité d'empêcher cela, c'est qu'Il n'est pas Tout-Puissant et ne dirige pas vraiment le monde".

Tel était le blasphème qu'il prononça pour défendre sa mère. Mais il a ici commis une erreur monumentale. Nos Sages disent que Chlomit Bat Divri était la seule femme juive qui avait eu un comportement un peu léger. Elle se permettait de parler (Divri) avec les hommes et de les saluer (Chlomit).
Quand Hachem voit qu'une personne n'est pas vigilante vis à vis d'une certaine faute, alors il ne l'en protégera pas même dans une situation où cette faute sera contre son gré, comme ici où elle fut abusée. Au lieu de remettre la responsabilité à Hachem, il eût mieux fallu qu'il reconnaisse celle de sa mère.
Quand quelqu'un fait très attention à s'éloigner d'une faute, il en sera protégé même miraculeusement, même dans un cas de force majeure. Et à contrario, s'il a dû transgresser un interdit à contre gré, cela révèle un manque de vigilance le concernant.

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-> "Fait sortir le blasphémateur et lapidez-le devant toute l'assemblée" (Emor 24,14)

=> Pourquoi le blasphémateur devait-il être lapidé hors du camp et devant tous les juifs, ce qui n'est pas le cas des autres condamnés?

En fait, cet homme était le fils d'un égyptien (qui avait abusé d'une femme juive). Son père n'étant pas juif, il devait résider hors du camp. Mais, refusant cette situation, il est venu planter sa tente dans le camp, arguant qu'il faisait partie intégrante de la communauté.
Se voyant repoussé, il se mit à blasphémer. Sa punition devait être mesure pour mesure.
Puisqu'il voulait s'installer dans le camp, sa peine était de sortir hors du camp. Et puisqu'il prétendait faire partie intégrante de la communauté, au même titre que tous les autres membres de l'assemblée, sa peine était aussi d'être lapidé en présence de toute l'assemblée.
[rabbi de Loubavitch - Likouté Si'hot]

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-> "Le fils de la femme Israélite a blasphémé le Nom" (Emor 24,11)

-> Nos Sages expliquent que cet homme était le fils de l'Egyptien que Moché a tué pour avoir frappé un Hébreu. Cet égyptien avait abusé d'une femme Hébreu, Chelomit Bat Divri, la seule femme d'Israël qui avait un comportement un peu léger avec les hommes. Elle saluait les hommes qu'elle croisait et tenait avec eux la conversation. Ce qui a éveillé les sens d'un égyptien à vouloir abuser d'elle. Lorsque son mari a compris ce qui s'était passé, l'Egyptien a réagi avec violence envers lui et commença à le battre. Témoin de cette scène, Moché tua l'égyptien. Mais Chelomit Bat Divri conçut un enfant de cet égyptien. Celui-ci devint l'homme qui a blasphémé dans le camp.

Nos Sages disent qu'il a prononcé verbalement le Nom de Hachem pour le bénir (comprenez l'inverse). Bien qu'il était un racha, il connaissait le secret du Nom Divin.
Rabbi Yéhouda Petaya, un des plus grands kabalistes du 20e siècle (disciple du Ben Ich 'Haï et rav Kadouri) écrit dans son Min'hat Yéhouda :
J'ai vu en rêve que l'homme de père égyptien, fut réincarné par la suite en cet homme (le Notsri - idolâtré par les chrétiens [Jésus]), qui prononçait également le Nom Divin en toutes lettres.
Il appliquait sur lui-même le verset de Hochéa : "De l'Egypte j'ai appelé mon fils", car l'origine de son âme provenait de cet homme d'Egypte. Il était lui aussi fils d'une femme de mauvaises moeurs, comme le rapporte la guémara à la fin du traité 'Houlin. C'est pourquoi, lui aussi mourut exécuté par le Tribunal [il fut lapidé comme le raconte la guémara Sanhedrin, dont le Texte a été censuré, mais que l'on peut retrouver dans certaines éditions].
C'est parce que sa mère l'avait conçu d'une relation de débauche, (traité Shabbat) que ses adeptes ont fait circuler l'information selon laquelle il n'avait pas de mère, pour occulter ce scandale.

[ à son sujet voir aussi : https://todahm.com/2015/02/16/guemara-jesus ]

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"Le fils d’une femme israélite sortit, et il [était] le fils d’un homme égyptien, au milieu des enfants d’Israël ; ils se querellèrent dans le camp, le fils de la femme israélite et un homme israélite" (Emor 24,10)

-> Rachi explique que les mots "il sortit" se réfèrent au paragraphe précédent. Il se moqua et dit : " "Le jour du Shabbath il les disposera devant Hachem" : l’habitude du Roi est de manger du pain frais chaque jour, [or celui-ci] est un pain rassis, vieux de neuf jours."

=> L’incident concernant le Mékalel (le blasphémateur) commence par un mot énigmatique : "il sortit" et l’on ne sait pas bien d’où il sortit.
Rachi rapporte plusieurs interprétations, dont l’une affirme qu’il sortit du précédent paragraphe.
Celui-ci évoque le Lé'hem haPanim (le pain de proposition) qui était disposé sur le Choul’han chaque veille de Shabbath et qui y restait toute la semaine durant. Le Mékalel se moqua de cette pratique, arguant qu’il était tout à fait inapproprié de donner au Roi un pain rassis et qu’il ne convenait pas du tout de laisser le Lé'hem haPanim dans le Michkan pendant si longtemps. À la suite de ce débat, il en vint à blasphémer D.

La guémara (Ména'hot 29a) affirme par ailleurs que ces pains étaient sujets à un miracle particulier. Ils étaient placés sur le Choul’han chaque Shabbath et restaient tout de même frais et chauds toute la semaine.
Elle ajoute que quand le peuple montait à Jérusalem lors des Trois Fêtes (Pessa’h, Shavou'ot et Souccot), les Cohanim montraient ces pains à la fin de la semaine passée en ville sainte en leur disant : "Voyez donc combien vous êtes chéris par l’Omniprésent : Il accomplit un miracle et garde le pain frais et chaud durant toute la semaine".
=> Dans ce cas, de quoi le Mékalel se plaignit-il ; les pains n’étaient absolument pas rassis, ils étaient très frais, bien chauds, comme s’ils sortaient du fourneau?

-> Le Imré Émet explique que la nature de ces pains se reflétait dans leur nom : Lé'hem haPanim (littéralement : "le pain du visage").
Or le verset nous informe que "Comme dans l’eau le visage répond au visage, ainsi chez les hommes, les cœurs se reflètent" (Michlé 27,19). Cela signifie que l’individu est considéré de la façon dont il voit les autres. Ainsi, s’il a un regard positif sur son entourage, celui-ci sera mutuel tandis que les autres le verront d’un mauvais œil si lui-même considère négativement autrui.

Le Lé'hem haPanim portait ce nom, parce qu’il servait de miroir à quiconque l’observait. Il avait l’apparence du regard qu’on lui portait.
Donc quand on l’admirait, à la fin des Fêtes de Pèlerinage, et qu’on le voyait tout chaud et frais, on y percevait la bonté d’Hachem et on réalisait à quel point Il nous aime. Par contre, un regard cynique et une attitude négative laissaient apercevoir un pain froid et rassis. C’était le cas du Mékalel et c’est pour cette raison qu’il vit ce pain de manière négative et qu’il en vint à blasphémer le nom de D.

-> Le rav Yéhonathan Gefen enseigne :
Cette leçon est pertinente dans notre quotidien. Notre regard sur le monde joue sur notre approche, sur notre comportement. Une personne optimiste verra tout en rose et ceci influera inévitablement sur maintes situations dans sa vie. À l’inverse, l’individu au regard morose verra tout d’un œil négatif et cela aura un effet dévastateur sur sa manière d’agir.
Comment faire partie de la première catégorie? C’est en observant les lois de la Torah et en appliquant son mode de vie. Ceci inclut les lois du langage et l’obligation de juger autrui favorablement. On ne peut respecter correctement ces mitsvot qu’en étant aimable et en voyant le monde bienveillamment.

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On le mit en lieu sûr, jusqu'à ce qu'une décision intervînt de la part d'Hachem (Emor 24,12)

-> La paracha Emor s’achève avec l’incident du Mékalel, qui blasphéma le Nom d’Hachem.
La Torah (dans le verset ci-dessus) nous raconte qu’après son acte odieux, il fut emprisonné en attendant la sanction qu’il méritait. Rachi rapporte un midrach qui affirme qu’il y avait alors un autre homme qui attendait son verdict : le Mékochech (celui qui avait publiquement enfreint le Shabbat), et il était dans une autre cellule.
La situation des 2 hommes était bien différente. Le Mékochech était condamné à mort, mais l’on ne savait pas quelle peine devait lui être infligée. Par contre, en ce qui concerne le Mékalel, le doute portait sur la sanction même : était-il condamnable ou pas?

-> Le Sifté 'Hakhamim précise que s’ils avaient été incarcérés ensemble, le Mékalel aurait souffert injustement, puisqu’il aurait pu imaginer subir la même peine de mort que son compagnon. Pour lui éviter une anxiété inutile, il fut enfermé séparément.

-> Le rav Mordékhaï Gifter ajoute que s’ils avaient été placés ensemble, cela aurait également pu causer au Mékochech une souffrance superflue : si le Mékalel avait été exempté et qu’il l’avait su, sa douleur aurait été d’autant plus grande, parce qu’il est plus affligeant d’être seul à traverser une épreuve que de la partager. Par conséquent, le Mékochech fut éloigné et inconscient du sort du Mékalel.

-> Le rav Yéhonathan Gefen commente :
Cet incident nous montre la sensibilité qu’impose la Torah : ces 2 hommes avaient transgressé de terribles fautes, mais furent tout de même traités avec égard.
De plus, nous apprenons que même lorsqu’une personne mérite une sanction, il faut faire très attention à ne pas lui causer plus de tort que nécessaire. Malgré la gravité du jugement de ces deux individus, leur souffrance ne devait pas être plus grande que celle exigée par la Loi.

Ce principe est appliqué plusieurs fois dans la Torah, dans la Halakha, par nos Sages. Par exemple, on n’a pas le droit de dire du lachon ara, même à des fins utiles, si cela va causer un dommage plus important que celui mérité. (’Hafets ’Haïm, Hilkhot Lachon ara, Klal 10, Séif 2)

Les Guédolim (dirigeants spirituels de la génération) ont toujours fait preuve d’une grande sensibilité quand il leur fallait réprimander quelqu’un ou agir pour une certaine cause. [un bon objectif ne justifie pas de blesser autrui pour cela ]
Par exemple, il arriva, à maintes reprises que le rav Chakh soit contrarié par l’attitude d’un certain Roch Yéchiva (directeur d’une institution de Torah) ; un jour, il entreprit un long voyage pour lui en faire le reproche. Quand il arriva à destination, il ne resta qu’un court instant et prit congé sans faire aucune remontrance.
Il expliqua ensuite que la femme du Roch Yéchiva était présente durant sa visite et Rav Chakh ne voulut pas le réprimander devant elle. Tous les efforts déployés pour ce déplacement ne valaient pas une peine superflue causée à un juif.

Dans notre quotidien, nous avons maintes occasions de réprimander ou de punir, en particulier nos enfants ou nos élèves. Mais il est essentiel de ne pas être trop dur ; il vaut mieux éviter une remontrance s’il est probable qu’elle cause plus de dommages que nécessaire.

Le fait que la Torah juge important de nous préciser que le Mékalel et le Mékochech furent séparés pour être épargnés de toute souffrance inutile nous montre à quel point nous devons faire attention, dans nos relations avec notre prochain, à ne pas lui infliger une peine non méritée.