Aux délices de la Torah

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"Pharaon ordonna à tout son peuple en disant : Tout fils qui naîtra, jetez-le dans le fleuve!" (Chémot 1,22)

Il existe de nombreux moyens pour tuer les enfants qui viennent de naître. Pourquoi par le biais de l'eau?

-> Rachi rapporte que les astrologues ont vu que le sauveur des juifs venait de naître, et qu'il sera frappé par l'eau. C'est pourquoi, Pharaon a promulgué ce jour-là un décret visant également les égyptiens (car ne sachant pas dans quelle famille il était né).

Ce qu'ils ne savaient pas, c'est que Moché sera un jour puni à cause des eaux de Mériva (Bamidbar 20,7-13) [et que celles du Nil vont au contraire aider Moché à pouvoir sauver les juifs]

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-> Le Kéhilat Its'hak apporte une autre explication.

Selon la Torah, il est clair que l'Egypte de l'époque était la capitale mondiale de la sorcellerie, de la magie noire et de l'illusion.
En souhaitant la mort des nouveaux nés, Pharaon avait peur que les juifs créent de faux bébés par la magie, qu'ils tueraient en les faisant passer pour des vrais.

Selon nos Sages (Sanhédrin 67b), une chose réalisée à partir de la magie retourne à son état d'origine, lorsqu'elle est placée dans de l'eau ou sur un plan d'eau.

La guémara rapporte l'histoire de rabbi Ziri, se déroulant 1700 années après notre esclavage en Egypte.
Il a acheté un âne dans la ville égyptienne d'Alexandrie, sans savoir qu'il avait été créé par le biais de la magie.
Lorsqu'il est arrivé à un point d'eau, afin de donner de l'eau à boire à son âne, celui-ci est redevenu une planche de bois sur laquelle avait été jetée un sort pour la transformer en un animal.

=> On comprend mieux le choix de Pharaon, dirigeant de la capitale mondiale de la sorcellerie, qui voulait être sûr à 100% de la mort des nouveaux-nés juifs.

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-> "Pharaon ordonna à tout son peuple en disant (lémor)" (1,22)

Le terme "lémor" (en disant - לֵאמֹר) nous enseigne que ce n’était pas aux égyptiens de jeter les enfants dans le Nil, mais qu’ils devaient donner l'ordre à chaque juif d'y jeter ses propres fils.
La raison en est que les astrologues égyptiens avaient vu que le sauveur des juifs serait frappé par l’eau, et par quelqu’un de son propre peuple.
C’est pourquoi Pharaon a décrété que les juifs devaient eux-mêmes le jeter dans le Nil.
C’est d’ailleurs ce qui s’est passé, qutand Yo'hévet y a jeté son fils Moché.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

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-> "Tout garçon qui naîtrait, vous le jetterez dans le Nil, et toute fille vous la laisserez vivre" (Chémot 1,22)

=> On peut se demander pourquoi le fait de laisser vivre les filles, fait partie du décret (de tuer les garçons). Pourquoi dans l'énoncé, apparaissent les termes "et toute fille vous la laisserez vivre"? Si on ne tue pas les filles, elles vivront automatiquement.

En fait, les égyptiens ont fait le calcul suivant. Si on décrète de tuer les garçons et les filles, alors les juifs cesseront d'avoir des enfants, sachant qu'ils seraient fatalement jetés dans le Nil. Et si aucun enfant ne naissait, alors aucun ne serait tué.
C'est ainsi que les égyptiens ont décrété que les filles vivraient. Et les juifs continueraient à croître et à se multiplier, dans l'espoir de donner naissance à des filles. Forcément, des garçons naîtront aussi et ils pourront être tués.
Dans leur perversité, les égyptiens ont laissé vivre les filles dans le but de pouvoir tuer les garçons. Le fait d'épargner les filles est donc une partie intégrante de ce mauvais décret.
[Ben Ich 'Haï]

"Hachem a récompensé les sages-femmes et le peuple s’est multiplié" (Chémot 1,20)

En quoi le fait que le peuple se soit multiplié est une récompense pour les sages-femmes ? Est-ce que cela les concerne directement?

En fait, nos Sages disent que la récompense de la mitsva c’est la mitsva.
Cela signifie que quand un homme accomplie une mitsva, Hachem le récompense en lui donnant la possibilité de réaliser d’autres mitsvot qui lui ressemblent.

Ainsi, les sages-femmes ont accompli la mitsva de sauver les enfants juifs, et Hachem les a donc récompensées en multipliant le peuple pour qu'elles aient encore beaucoup d'opportunités d'accomplir cette grande mitsva de sauver les bébés juifs.

[le ‘Hatam Sofer]

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-> Selon le Or ha'Haïm, une personne est récompensée non seulement pour la réalisation d'une bonne action, mais également pour les conséquences indirectes.
Ainsi, plus il y avait de naissances, plus il y a une descendance nombreuse grâce à elle, sur laquelle elles vont recevoir indirectement une récompense pour les bonnes actions réalisées dans le futur par toutes ces personnes.
-> Nos Sages (guémara Sotah 11a ; Sanhédrin 100b) disent que Hachem récompense 500 fois plus puissamment qu'Il ne punit.

Les élèves de Rabbi Méïr rapportent les propos d'Hachem : "Elle est méritoire la confiance qu'ils (les juifs) ont eu envers Moi, assurés que Je diviserai la mer pour eux.

Ils n'ont même pas demandé à Moché : "Comment pouvons-nous sortir vers le désert, sans nourriture pour la route?"
Mais ils ont eu confiance et ont suivi Moché."

[midrach Yalkout Chimoni - Chémot 233]

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+ "Hachem dit à Moché : Pourquoi m'implores-tu? Ordonne aux enfants d'Israël de se mettre en marche." (Béchala'h 14,15)

-> Le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm Portique.1 chap.9) :
"Si les hommes se montrent à la hauteur de la émouna et de la confiance qu'on attend d'eux, s'ils se mettent en marche droit vers la mer sans crainte et en toute sérénité, la force de leur conviction que la mer peut s'ouvrir devant eux suscitera une réaction dans le Ciel, qui donnera corps au miracle et à l'ouverture de la mer"

=> Une confiance absolue en D. est le garant de l'accomplissement du miracle dans lequel l'homme place son espoir.

 

-> "Par quel mérite les juifs purent-ils assister aux miracles et chanter le Cantique de la Mer?
Par le mérite de la foi dont ils avaient auparavant fait preuve."
[midrach Chémot rabba 22,3]

Celui qui surmonte son yétser ara dans une épreuve impliquant des relations interdites verra briller au-dessus de sa tête une grande lumière qui, dans les générations précédentes, pouvait être vue par les personnes qui l'entouraient.
Cette lumière spirituelle n'est autre que la Chékhina d'Hachem reposant sur lui, en témoignage de sa grande réussite à survivre à une épreuve et à apporter une révélation d'Hachem dans le monde.
['Hafets 'Haïm - Nid'hé Israël - chap.23 - sur la guémara Sanhédrin 31b]

-> Cela explique également l'enseignement de nombreux Sages, selon lesquels si l'on a réussi à détourner le regard d'une femme mal habillée, ce moment est propice pour demander ce que l'on veut à Hachem et pour voir sa demande exaucée. Comme il vient d'accomplir le but pour lequel Hachem l'a créé, il est compréhensible qu'à ce moment-là, Hachem soit prêt à le récompenser en conséquence.

"Si les hommes connaissaient l'amour que porte D. au peuple d'Israël, ils Le chercheraient en rugissant comme des lions."

[Zohar - Chémot 5b]

"L'âme du peuple juif est sa sainte Torah, et son corps est la terre d'Israël.
[...]
La terre d'Israël sans Torah n'est qu'un bout de terrain, un corps sans âme ; seuls les 2 réunis en un, sont bons."

['Hafets 'Haïm al haTorah - paracha Bo]

"Si un juif n'a pas été vigilant, de son vivant, quant à ce que ses yeux regardaient et qu'il s'est autorisé à porter son regard sur ce que la Torah interdit, il doit savoir clairement que dans le monde futur il sera comme un aveugle et ne pourra contempler la lumière divine.
[...]
Nos Sages enseignent : si l'homme se sanctifie un peu, alors D. le sanctifie beaucoup ...
Lorsque Hachem voit qu'un homme fait un peu plier son yétser ara et tend légèrement vers la sainteté, Il lui envoie un abondant flux de sainteté.
[...]
Lorsque l'homme se sanctifie dans ce monde-ci, alors D. le sanctifie dans le monde futur : au moment où il monte au ciel et doit se tenir devant le trône divin, on le revêt des vêtements splendides et fastueux de la sainteté."

[le 'Hafets 'Haïm - Chmirat haLachon - 2e partie]

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-> Le 'Hafets 'Haïm ne portait pas de lunettes bien qu'il ait la vue basse, et il disait à ce sujet : "Que gagnerai-je à voir de loin?"

-> "Le roi David priait pour que ses yeux ne voient pas des choses vaines ...
Les pensées et les actes de l'homme sont influencés par ce que ses yeux voient, en bien ou en mal, car l’œil voit, le cœur désire et les membres commettent la faute.
[...]
A l'opposé, voir une bonne chose influence vers le bien, créé une envie de se calquer sur ce modèle ...
C'est la raison pour laquelle, en ce qui concerne l'accomplissement des mitsvot, nos Sages enjoignent : "C'est mon D. et je l'embellirai" (Béchala'h 15,2) : apporte un soin esthétique à leur réalisation, décore ta Soucca, procure-toi un beau Shofar, un beau Loulav, de beaux tsitsit, car tout ce qui ravit le regard influence la conduite de l'homme, en bien comme en mal."

[hé'Hafets 'Haïm 'hayav vépaolo]

"L'homme se définit comme un être en mouvement, car il doit continuellement s'élever d'un degré à l'autre.

Et s'il cesse de s'élever, il régressera fatalement, car il est impossible de stagner.
C'est en ce sens qu'il est dit :"Le chemin de la vie se dirige vers les hauteurs" (Michlé 15,24), car seul ce chemin permettre à l'homme d'éviter sa perte. "

[le Gaon de Vilna]

=> Contrairement à ce que l'on a tendance à croire, il n'y a pas de moment neutre dans notre vie : soit nous visons le Ciel (Hachem), soit nous tombons vers nos pires bassesses humaines.

"Préserve ta langue du mal : ceci est la meilleure recette pour qui cherche la réussite. "

['Hafets 'Haïm - 'Hovat haChemira]

La réincarnation

+ La réincarnation :

-> "Toutes les âmes d'Israël doivent être réincarnées de nombreuses fois afin d 'accomplir la totalité des 613 commandements de la Torah par la pensée, par la parole, et par l'action"
[Tanya - Iguéret haKodech 7,29]

-> "Aussi longtemps qu'une personne ne parvient pas à réaliser sa finalité dans ce monde, Hachem la déracine pour la replanter encore et encore."
[Zohar I ; 186b]

-> "Toutes les âmes sont sujettes à la réincarnation.
Les gens ignorent les voies de Hachem. Ils ne savent pas qu'ils sont amenés devant le tribunal avant d'entrer dans ce monde, comme après l'avoir quitté.

Ils sont dans l'ignorance des nombreuses réincarnations et des processus secrets par lesquels ils sont passés, ainsi que le nombre d'âmes nues et combien d'esprits nus errent dans l'autre monde sans être en mesure de passer l'entrée du palais du Roi.

Les hommes ne savent pas que les âmes tournent comme une pierre lancée par une fronde.
Mais le temps viendra où ces mystères seront dévoilés."
[Zohar II ; 99b]

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-> "La chose essentielle [à garder à l'esprit est que la finalité de la réincarnation] a pour effet de réparer une influence [négative] provenant d'une vie précédente ...

Le type de mal auquel aspire le plus notre âme correspond sans doute à quelque chose auquel nous nous sommes habitués dans notre précédente vie.
Par conséquent, prêtons attention à nos vices [car ils nous indiqueront exactement les domaines sur lesquels nous devons travailler]. "

[Gaon de Vilna - commentaire sur Yona]

[Le mot hébreu pour réincarnation : "guilgoul" a la même guématria que : 'hesséd (bonté).]

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+ Quelques questions/réponses :

-> Un retard dans l'enterrement peut-il affecter la réincarnation?

"Après que l'âme ait quitté le corps, et que celui-ci soit resté sans souffle, il est interdit de le laisser sans sépulture (guémara Moéd Katan 28a ; ainsi que Baba Kama 82b).

Car une personne défunte laissée sans sépulture durant 24 heures ... empêche que le plan Divin soit accompli, car peut-être D. a-t-Il décrété qu'elle devait être réincarnée immédiatement au jour de sa mort.
Cela aurait mieux valu pour elle, mais tant que le corps n'est pas enterré, l'âme ne peut se retrouver en présence de Hachem, ni être transférée dans un autre corps.

En effet, une âme ne peut pénétrer un second corps tant que le 1er n'est pas enterré."

[Zohar III ; 88b]

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-> Un homme peut se réincarner dans une femme, mais pas le contraire.

Un être humain peut se réincarner dans un animal, dans une plante ou même dans un minéral mais pas le contraire (cf. Chaar haGuilgoulim du Ari zal).

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-> "Pourquoi une bonne chose arrive à une personne vertueuse, alors qu'à un [autre] tsadik, ce sont de mauvaises choses qui surviennent?

C'est parce que le [dernier] tsadik avait mal agi dans une vie antérieure, et il en supporte à présent les conséquences."
[Né'hounia ben haKana - Séfer haBahir]

-> Le Ramban fait également remarquer que la réincarnation résout toutes les difficultés liées à cette question : "Pourquoi de mauvaises choses arrivent-elles à de bonnes personnes?"

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-> Quel corps sera ressuscité et qu'arrivera-t-il aux corps n'atteignant pas l'ultime perfection?

"Rabbi Yossé répondit : "Ces corps ne furent pas méritants et qui ne réalisèrent pas leur finalité seront considérés comme n'ayant jamais existé"

Rabbi Its'hak [ne fut pas d'accord et] dit : "A de tels corps, Hachem procurera d'autres esprits, s'ils se révèlent méritants, ils seront capables de se maintenir dans le monde, et sinon, ils seront des cendres sous les pas des Justes". "

[Zohar I ; 131a]

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-> Combien de chances une âme a-t-elle d'atteindre la complétude par le biais de la réincarnation?

Le Zohar (III;216a) et les Tikouné Zohar (6;22b), par exemple, suggèrent 3 ou 4 chances.

Les Tikouné Zohar (69;103a) avancent l'idée que même si l'âme n'effectue qu'un petit progrès à chaque fois, il peut lui être donné l'opportunité de revenir dans ce monde afin d'atteindre sa complétude.