Aux délices de la Torah

Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Moché réexpliqua les miracles à Yitro

"Et Moché raconta à son beau-père tout ce que Hachem avait fait" (Yitro 18,8)

-> Le Zéra Shimshon pose la question suivante, tirée du Zéra Béra'h.
Si Yitro s’est joint au peuple juif parce qu’il avait entendu parler de tous les miracles qui leur étaient arrivés, comme le dit clairement le verset (Yitro 18,1) : "Et Yitro entendit tout ce qu'Hachem avait fait", pourquoi Moché a-t-il dû lui raconter à nouveau tous ces miracles? Ne les connaissait-il pas déjà?

Le Zéra Shimshon lui-même pose la question suivante : bien que la Torah écrive que Yitro avait entendu parler de tous les miracles qui étaient arrivés aux juifs, elle précise qu’il avait entendu parler du miracle de la sortie d’Égypte. Rachi explique que, comme il s’agissait du plus grand de tous les miracles qui s’étaient produits, la Torah en a fait mention de manière particulière.
Le Zéra Shimshon demande : l'ouverture de la mer Rouge n’était-elle pas le plus grand de tous les miracles? Le renversement des lois de la nature qui s’est produit lors de la division de la mer n’avait pas d’équivalent dans aucune des étapes des 10 plaies et de la sortie d’Égypte.

Un autre point qui nécessite une clarification est qu’après que Moché eut fini de raconter à Yitro tout ce qu’il semblait déjà savoir, Yitro s’exclama : "Baroukh Hachem ..." (Loué soit Hachem - Yitro 18,10).
Qu’est-ce qu’il a entendu dans la version des miracles donnée par Moché qu’il ne savait pas encore et qui lui a fait ressentir la nécessité de bénir à nouveau le nom de Hachem?

Le Zéra Shimshon explique qu’Yitro était à l’origine un prêtre de haut rang de l'idolâtrie en Égypte. Cela signifiait intrinsèquement une chose : il était un maître en sorcellerie.
Il croyait que si la sorcellerie avait la capacité d’accomplir des choses dans le monde, cela prouvait que la puissance d'Hachem était soit limitée, soit inexistante.

Par conséquent, lorsqu’il apprit que le peuple juif avait réussi à quitter l’Égypte, cela fut pour lui le plus grand de tous les miracles. En effet, aucun esclave n’avait jamais réussi à s’échapper de l’esclavage égyptien en raison de la sorcellerie et de la magie noire que les égyptiens avaient spécifiquement mises en place pour s’assurer que les esclaves ne puissent s’échapper.

Ainsi, lorsque les juifs réussirent à quitter l’Égypte, cela prouva à Yitro qu’il existait une puissance supérieure, plus forte que le pouvoir de la sorcellerie qu’il avait considéré comme la puissance suprême.
Pour lui, cela était encore plus grand que l'ouverture de la mer, car pour diviser la mer, il n’était pas nécessaire de défier les pouvoirs de la sorcellerie, mais seulement le cours de la nature.
Uniquement la sortie d’Égypte exigeait de lutter contre les forces de la sorcellerie. Aux yeux de Yitro, qui avait été sur le terrain, c'était là le plus grand miracle.
C'est pourquoi la Torah souligne que Yitro a entendu parler de la sortie des juifs d'Égypte avant tous les autres miracles, et Rachi commente que c'est parce que c'était le plus grand de tous les miracles, selon la compréhension de Yitro.

Ce que Yitro n'avait pas réalisé, c'est que dans tous les autres miracles, les forces de la sorcellerie et l'impureté qui les alimente avaient également été combattues.
Et c’est pourquoi Moché a répété à Yitro tous les miracles dont il avait déjà entendu parler, pour lui montrer comment, en eux aussi, les pouvoirs de l’impureté et de la sorcellerie avaient été vaincus.

En ce qui concerne l'ouverture de la mer, le Zohar (vol.2,54-56) écrit que les pouvoirs de l’impureté ont été grandement affaiblis lorsque les égyptiens ont été ballottés dans la mer.
Et Rabbénou Bé'hayé (Béchala'h) écrit qu’Amalek a utilisé la sorcellerie pour tenter de dominer le peuple juif, mais qu’il a échoué.

C’est pourquoi Yitro a alors dit "Baroukh Hachem", car il comprenait désormais que non seulement la sortie d’Égypte était une démonstration qu'Hachem avait plus de pouvoir que les forces de la sorcellerie, qu’il considérait comme toutes-puissantes, mais que tous les miracles en étaient également la preuve.

Hachem est notre guérisseur

"Toutes les maladies que J'ai infligées à l'Égypte, Je ne vous les infligerai pas, car Je suis Hachem, celui qui vous guérit (ani Hachem rof'ékha)" (Béchala'h 15,26)

+ D'un point de vue halakhique, Hachem ne peut infliger de souffrances sans avoir préalablement prévu un remède :

-> Le Zéra Shimshon explique ce verset en se basant sur une halakha du Shoulchan Aroukh ('Hochen Michpat 420:21). La halakha stipule que si quelqu’un blesse une autre personne, l’auteur du préjudice est tenu de payer pour soigner les blessures.
Le Shoulchan Aroukh stipule que même si l’auteur du préjudice affirme pouvoir soigner la personne qu’il a blessée, nous n’acceptons pas son offre ; au contraire, on fait appel à un bon médecin pour soigner les blessures de l’autre personne et l’auteur du préjudice est tenu de payer.

Étant donné qu'Hachem est notre seul médecin, s’Il nous affligeait, Il ne pourrait plus être Celui qui nous guérit. Cela nous laisserait sans guérisseur.
Tel est le sens du verset susmentionné. Puisque Hachem est notre seul guérisseur, Il ne nous affligera pas des maux d’Égypte, car nous n’aurions alors aucun moyen d’être guéris.

Cependant, cette explication soulève une question évidente : les juifs tombent malades et ils guérissent aussi, et tout cela n’est l’œuvre de nul autre que Hachem. Selon la halakha mentionnée ci-dessus, cela ne devrait-il pas être impossible?

Le Zéra Shimshon répond à cette question par un midrach (Shir HaShirim raba 4,12) qui dit qu’avant d’affliger le peuple juif, Hachem crée toujours d’abord le remède. Alors qu’avec les non-juifs, Hachem les afflige d’abord, puis, lorsque vient le moment de les guérir, Il crée le remède nécessaire.

Le Zéra Shimshon explique que la raison en est qu’une fois qu'Hachem nous afflige, Il ne peut plus jouer le rôle de notre médecin ; c’est pourquoi Il crée d’abord le remède et le met en place avant même de nous affliger. Ainsi, lorsque l’affliction survient, le remède est déjà en place pour commencer automatiquement à guérir.

<--->

+ La différence entre l’affliction des juifs et celle des autres nations :

-> Le Zéra Shimshon aborde un autre point dans ce verset. Si Hachem ne nous afflige pas de maux, pourquoi Se nomme-t-Il notre Guérisseur? Nous n’aurions alors pas besoin d’un Guérisseur.

Le Zéra Shimshon explique que le verset ne dit pas que le peuple juif ne tombera pas malade. Au contraire, le verset explique la différence entre le moment où Hachem envoie des maux aux non-juifs et celui où Il les envoie au peuple juif.

Lorsque les égyptiens ont été frappés (par les plaies), c'était en représailles de ce qu'ils avaient fait.
Cependant, lorsque Hachem frappe le peuple juif (en leur infligeant des souffrances), c'est dans un but tout à fait différent : c'est pour le guérir de ses maux spirituels et l'amener à se repentir.
Par conséquent, le verset ne signifie pas que les juifs ne tomberont pas malades. Il signifie plutôt que, bien qu’ils tombent malades, c’est parce que Hachem est notre guérisseur et qu’Il veut que nous nous repentions.
Le verset vise uniquement à établir une distinction entre les maux dont les égyptiens ont été frappés en guise de châtiment et les maux qui peuvent affliger les juifs et qui ont pour but de guérir le peuple juif de ses péchés, puisque Hachem est notre guérisseur.

Je suis éperdument amoureux d’Hachem

Qui peut comprendre les profondeurs de ma souffrance, qui peut la saisir?
Je suis emprisonné dans de nombreuses contraintes et limitations.
Mon âme aspire à des hauteurs infinies. Mon âme a soif d'Hachem.
La vie de mon esprit est la lumière la plus exaltée. La joie de ma vie est la foi en un D. infini, sans aucun obstacle de nature, de logique, de comportement ou d’éthique. Tout ce qui est bien défini est profane aux yeux de la sainteté suprême, ce que je recherche.
Je suis éperdument amoureux. Comme il m’est difficile d’étudier. Comme il m’est difficile de m’adapter aux détails. J’aime les océans et les royaumes célestes, je les désire ardemment.
"Ouvre mes yeux et je verrai les merveilles de Ta Torah" (Téhilim 119,18).
[rav Avraham Kook - Shemoné Kévatsim 3,222 ]

Hachem avait promis à Avraham qu’après 400 ans d’exil, ses enfants retourneraient en terre d'Israël, comme le dit le verset : "Ils reviendront ici à la 4e génération" (dor révi'i yachouvou éna - Lé'h Lé'ha 15,16). [le terme "ici" implique en Israël]
Cela ne s’est pas produit, car après la sortie d’Égypte, les juifs ont erré dans le désert pendant encore 400 ans.

Par ailleurs, comment les juifs ont-ils pu immoler le Korban Pessah en Égypte alors que l’agneau devait être immolé (sacrifié) sur le site du Temple?

La réponse donnée est qu'Hachem a miraculeusement transporté les juifs sur les ailes des aigles, le 14e jour de Nissan, jusqu’au site du Temple pour y apporter le korban.
Par conséquent, Hachem a bien tenu Sa promesse de ramener les juifs en Israël après les 400 ans lorsqu’Il les a ramenés pour qu’ils apportent leur sacrifice.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiferet Yéhonatan Béchala'h ]

Lorsque les trois anges vinrent rendre visite à Avraham, Sarah les entendit dire qu’elle et son mari seraient bénis d’un fils.
Sa réaction fut de rire et de remettre en question leur assurance.

Afin que nous ne nous trompions pas en supposant que la réaction de Sarah était inappropriée, ils ont nommé leur fils Its'hak, ce qui signifie "rire", car Avraham et Sarah n’auraient pas nommé leur fils "rire" pour qu’il leur rappelle constamment la réaction inappropriée de Sarah lorsqu’elle a appris pour la première fois qu’elle allait être bénie d’un enfant.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan Vayéra ]

+ Rabbi Eli'ézer dit : Les réchaïm, éloignés de la Torah et de D., qui ne croient pas en la résurrection des morts, doivent savoir que le bâton d'Aharon qui avala les serpents créés par les sorciers égyptiens se transforma momentanément en une créature, animée d'un souffle de vie.
Et si D. a pu donner une vie à ce bout de bois sec, il ressuscitera certainement les corps qui ont déjà abrité une âme sainte et qui se sont appliqués jour et nuit aux mitsvot.

En amollissant, par une rosée régénératrice, un os resté intact dans la terre, Hachem le rendra comme le levain d'une pâte, qui s'étendra de tous les côtés pour reconstituer tous les membres du corps, dans lequel Il mettra un nouveau souffle de vie.
On assistera alors à une véritable résurrection, et non à une nouvelle Création.
[Zohar - Vaéra p.28a ]

Les repas copieux renforcent le mauvais penchant ...
Ceux qui s'enivrent interrompent le flux de bénédictions qui se déverse sur Israël.
[...]

Il ne faut pas manger comme un glouton, mais comme si on était en présence du Roi des rois, pour que la nourriture soit bénie dans les entrailles, tandis que "le ventre des réchaïm n'en a jamais assez" (Michlé 13,25).
[séfer Dévarim Chéakédoucha - chap.1]

+ "Éloigne-toi du mal et fais le bien" (sour méra vaassé tov - Téhilim 34,15).

-> Cela signifie s'éloigner du mal en le transformant en bien.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 69]

<--->

-> Il existe 2 façons d’aborder le mal : le surmonter et le dompter, ou le transformer, comme il est dit ici. Alors que la voie du surmontement implique une lutte constante et repose sur la perception d’un mal inhérent, la voie de la transformation implique un changement de perception, la prise de conscience que tout mal perçu n’est en réalité qu’une illusion (rien ne pouvant se passer, exister, un seul instant sans un décret du Ciel le permettant).

Chaque mot qui sort de la bouche d'une personne [juive] s'élève dans le Ciel et agit pour le bien ou pour le mal.
[Zohar - Béchala'h p.47b ]

Le mot hébreu pour "argent" est "kessef", qui a la même racine que le mot "désir".
Ainsi, en voyant à quel point l’humanité est submergée par toutes sortes de désirs, ou lorsqu’un désir indésirable surgit dans son propre esprit, on peut renverser la perspective et le percevoir ainsi : Si le plaisir tiré de cette chose terrestre est si grand, combien plus grand est le plaisir d’être avec Hachem, la Source et le Créateur de tous les plaisirs.
Cela peut conduire à une expérience intense de plaisir en étant en présence d'Hachem. Alors, ces désirs des autres ou de soi-même, qui sont en réalité des étincelles déchues de sainteté, des désirs déchus et égarés pour Hachem, sont élevés vers leur Source.
[d'après le Baal Shem Tov]