Aux délices de la Torah

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"Shabbath est la source de toute berachah, comme il est dit : "Hachem a béni le 7e jour" (Béréchit 2,3).
Le Zohar dit que les 6 jours de la semaine reçoivent toutes leurs bénédictions du Shabbath lorsque le 7e jour est honoré et que le travail cesse.

Lorsqu'on "vole" le Shabbath (en ne le respectant pas, comme par ex: en y travaillant pour gagner de l'argent), c'est à nous-même qu'on se vole. On perd la bénédiction d'Hachem, qu'on aurait reçue pendant la semaine si on avait observé le Shabbath comme il se doit.

Le 'Hafets 'Haïm disait : "Si vous voulez une bénédiction, pourquoi me demandez-vous de vous la donner? Vous pourriez prendre la bénédiction du Shabbath et la bénédiction d'Hachem, qui Le sanctifie."
['Hafets 'Haïm - Dougma miSi'hot Avi 31]

Ne pas critiquer le peuple juif

+ Ne pas critiquer le peuple juif :

-> Aucune personne vertueuse n’a le droit d’accuser le peuple juif ni de tenir des propos négatifs à son égard, même si ce peuple est véritablement racha. Hachem ne s’intéresse pas à ceux qui l’accusent, car qui est plus grand que Moché Rabbénou?
Il avait décrit le peuple juif comme "un groupe de fauteurs" (anachim 'hata'im - Matot 32,14), et malgré sa grandeur, Hachem considéra sa remarque comme une faute (midrach Tan'houma - Vaét'hanan siman 6).

Bien que Moché eût dit la vérité, Hachem ne souhaitait pas qu’il critique le peuple juif.
De même, Eliyahou a dit : "Les Bné Israël ont abandonné Ton alliance" (Méla'him I 19,14). Par la suite, Hachem dit à Éliyahou : "Oins plutôt Élicha comme prophète", car Hachem ne souhaite pas d’un prophète qui accuse le peuple juif.

Puisque le peuple juif est le peuple d'Hachem, la bouche qui souhaite l’accuser auprès d'Hachem devrait plutôt prier Hachem pour qu’il se repente, comme nous le trouvons dans la guémara (Béra'hot 10a - Rabbi Méïr était profondément troublé par les rebelles qui vivaient dans sa communauté. Il souhaitait prier pour qu’ils meurent, mais sa femme, Brouria, lui suggéra plutôt de prier pour qu’ils se repentent. Il l’écouta et ses prières furent exaucées. ]
Par conséquent, Hachem souhaite que nous réprimandions les fauteurs [en leur parlant], et que nous priions Hachem pour qu’ils reviennent sur le droit chemin.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Kédochim 19,16-17]

Essav & la tsédaka

+ Essav & la tsédaka :

-> Essav se présentait à son père, Its'hak, comme un homme vertueux. Il posait à son père des questions relatives à la loi juive.
L’une des questions qu’il posait était de savoir s’il fallait verser la dîme sur le sel. Pourquoi a-t-il choisi précisément une question concernant la dîme et non l’un des centaines d’autres commandements?

L’un des principes fondamentaux de notre foi est la croyance dans le monde à Venir.
Le monde à Venir comprend deux périodes. La première période commence après le décès d’une personne. À ce moment-là, l’âme se rendra au Gan Eden.
La deuxième période commence après l’ère messianique, lorsque nous vivrons et serons témoins de la résurrection des morts.
Au cours de ces deux périodes, une personne sera récompensée pour tous les commandements qu’elle aura accomplis durant sa vie.

Le seul commandement pour lequel nous serons récompensés pendant notre séjour dans ce monde concerne la charité (tsédaka) que nous pratiquons. La logique voudrait que si nous donnons notre argent, cela diminue notre richesse et nous rende plus pauvres.
Nos Sages écrivent que ce n’est pas le cas ; la récompense pour avoir fait la tsédaka est que Hachem nous bénira de son vivant en nous accordant une abondance de richesse, bien plus que ce que nous avons donné à la tsédaka. Et il nous est permis de mettre Hachem à l’épreuve pour voir si c’est bien le cas.

Essav ne croyait pas au monde à Venir ; par conséquent, il ne pouvait y avoir de récompenses dans un monde inexistant. Aux yeux d’Essav, le seul monde auquel il pouvait croire était celui qu’il pouvait voir et toucher. La seule récompense accordée dans ce monde est celle qui découle du paiement de la dîme et de la charité. C’est pourquoi Essav interrogea son père au sujet de la dîme sur le sel.
[rav Yonathan Eibshitz - Tiféret Yéhonatan - Toldot ]

Les téfilines = un rappel constant

La mitsva des téfilines, selon laquelle tout homme âgé de plus de 13 ans attache à sa main gauche une petite boîte en cuir appelée téfilines chél yad et une boîte de taille similaire sur sa tête appelée téfilines chél roh.
La main symbolise l’activité et les actions d’une personne. La tête symbolise l’esprit et le processus de pensée d’une personne.
En portant les tefillin, d’une manière très concrète, nous nous rappelons que notre existence même et tout ce que nous vivons font partie du Plan Divin, et qu'Hachem est conscient de tout ce que nous faisons et pensons.
C’est pour cette raison que nos rabanim nous ont enseigné à toucher périodiquement nos téfilines ; ce faisant, nous nous rappelons la signification profonde des téfilines : nous souvenir qu'Hachem est constamment présent dans le monde et dans nos vies.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach 1,3 ]

La terre d'Israël est l'endroit naturel où un juif doit vivre ...
Un juif vivant en dehors d'Israël est comme un ours polaire qui a été retiré de son habitat arctique et placé dans le zoo du Bronx (ou de Paris).
[rav Shraga Feivel Mendlowitz]

"Il n’existe pas de plus grand plaisir que celui d’étudier un paragraphe de la Torah et de constater sa pertinence, et son bon sens … "

[Rav Chakh - Ma’hchévet Moussar]

Kippour & fautes envers autrui

"Car ce jour fera expiation pour vous, pour vous purifier de tous vos fautes devant Hachem, vous serez purifiés" (A'haré Mot 16,30)

-> Tana Kama nous enseigne dans la guémara que les transgressions commises entre l'homme et Hachem sont expiées le jour de Yom Kippour tandis que les fautes commises entre les hommes ne sont pas expiées le jour de Yom Kippour, tant que l'on n'a pas reçu le pardon de son prochain.

Rabbi Éléazar Ben Azaria interpréta ce verset de la manière suivante : "De tous vos fautes devant Hachem, vous serez purifiés" (A'haré Mot 16,30).
Seules les transgressions commises "devant Hachem" (entre l'homme et Hachem) sont expiées le jour de Kippour tandis que les transgressions entre les hommes ne sont pas expiées ce jour-là, tant que l'on n'a pas reçu le pardon de son prochain.

Rabbi Akiva déclare : "Heureux soyez-vous Israël! Remarquez devant qui vous vous purifiez! Qui vous purifie? Votre Père qui est dans les cieux comme il est écrit : "J'ai aspergé sur vous de l'eau pure qui vous purifie." (Yé'hezkel 36,25) et il est également écrit : "Mikvé d'Israël, Hachem" -Yirmiyahou 17,13).
[guémara Yoma 85b]

=> Quelle est la différence entre l'opinion de Tana Kama et celle de Rabbi Éléazar Ben Azaria ; tous deux ont utilisé un langage totalement identique?

-> Le Rif, décisionnaire incontournable de la Loi, explique que Rabbi Éléazar Ben Azaria est venu ajouter un principe fondamental sur l'enseignement de Tana Kama. Selon lui, si l'individu ne s'est pas excusé envers son prochain du tort qu'il lui a causé, alors même les transgressions entre l'homme et D. ne seront pas expiées le jour de Yom Kippour.

Il déduit cette règle de notre verset : à partir de quand "ce jour sera une expiation pour vous de tous vos fautes devant Hachem?" En d'autres termes, quand seront expiées les fautes commises entre l'homme et partir du moment où vous commencerez à "vous purifier" entre vous sur les fautes commises entre les hommes.

Le Rif explique ensuite que Rabbi Akiva est en désaccord avec cette règle. Il pense que même si son prochain n'accepte pas son pardon, les transgressions entre l'homme et D. seront tout de même expiées car il n'y a pas de lien entre ces 2 catégories de fautes

Le décisionnaire de notre génération, le rav Ovadia Yossef écrit dans sa responsa que même d'après la lecture du Rif, la Loi suivra l'opinion de Rabbi Akiva. Il n'y a donc pas de lien entre les transgressions que l'homme commet vis-à-vis de son prochain et celles qu'il commet vis-à-vis d'Hachem.
Nous avons ainsi comme règle générale que la Loi (halakha) suive l'opinion de Rabbi Akiva lorsqu'il est en désaccord avec d'autres érudits. (Erouvin 46b ; Kétoubot 84b).

+ "Rabbi Akiva dit à ses nouveaux élèves : "Mes enfants, les premiers moururent seulement parce qu'ils ne se regardaient pas généreusement l'un l'autre.
Faites attention à ne pas agir comme eux". "

[Midrach Béréchit Rabba 61,3 ]

+ Supplément :

-> Il est écrit dans la guémara (Yébamot 62b) :
"Rabbi Akiva avait 12 000 binômes d'étudiants de Guivat a Antiprat et ils moururent tous parce qu'ils ne se respectaient pas mutuellement.
Le monde était désolé jusqu'à ce que Rabbi Akiva vint voir les Rabbis du Sud et leur donna cours.
[Ils s'agissait de : ] Rabbi Méir, Rabbi Yéhouda, Rabbi Yossi, Rabbi Chimon et Rabbi Elazar ben Chamoua.
Ce sont eux qui ré-établir la Torah à ce moment-là.

On enseigne que 24 000 élèves moururent tous entre Pessa'h et Atséret ( =Shavouot).
Rav 'Hama bar Abba, ou peut être qu'il s'agissait de Rabbi 'Hiya bar Avin, disait qu'ils moururent tous d'une mort terrible.
A quelle type de mort est-il fait référence?
Rabbi Na'hman dit : askara (mort par diphtérie)."

-> Le rav Aaron Kotler (1891-1962 ; Michnat Rabbi Aaron vol.3) de tirer une belle leçon :
"Il vaut la peine de penser à cela d'une autre manière : à quel point le mérite des Rabbins du Sud (qui ré-établirent la Torah) était grand.
La Torah aurait du passer par les 24 000 élèves de Rabbi Akiva, et passa finalement par ces 5 élèves.

Ceux qui peinent à étudier la Torah dans notre génération ont un mérite similaire.
[Sans eux] le monde serait abandonné, et par ces quelques individus, des rescapés que D. appelle : "Ceux qui peinent dans la Torah", la Torah n'est pas oubliée par le peuple juif."

"La source principale de vie, de lumière et d’existence de tous les mondes dépend uniquement de l’implication du peuple juif dans l’étude de la Torah.
...

Et c’est pour cela que nos Sages enseignent que celui qui étudie la Torah de manière désintéressée est appelé : "compagnon".

Cela signifie qu’il est un compagnon, un collègue de D., si l’on peut s’exprimer ainsi, en maintenant l’existence du monde à travers son étude de la Torah.
[De même que D. a créé le monde et le maintient à travers la Torah, ainsi en est-il de l’individu qui étudie la Torah.] "

[Rabbi 'Haïm Volozhin - Néfech ha'Haïm 4,11]

Base du développement ci-dessus :
+ "Lorsque D. créa le monde, Il consulta la Torah et créa [basé sur ce qui y est écrit].
C’est à travers la Torah que le monde a été créé. "

[Zohar - Térouma 161]

"Tout endroit que la Torah a éclairé de sa lumière et de sa sainteté, ne serait ce qu’une seule fois, sera éternellement empreint de sainteté et restera constamment saint."

[Rabbi 'Haïm Volozhin - Néfech ha'Haïm 4,30]